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Vercingétorix.

Vercingétorix, le très grand roi des guerriers[1], est né aux environs de 82 av. J.-C, car César le dit adulescens en 52 av. J.-C , ce qui signifie qu’il a un peu moins de 30 ans. Selon Strabon, il est né à Gergovie, sur le territoire des Arvernes (= Auvergne). Mais Gergovie n’est qu’un oppidum fortifié. Strabon veut certainement parler de Nemossos, l'actuelle ville de Corent[2]. Conduit en Italie, Vercingétorix est traîné enchaîné avec d'autres chefs vaincus dans les rues de Rome, à l'occasion d'une cérémonie du triomphe de César, le 26 septembre 46 av. J.-C. Il est étranglé peu après à la prison Mamertine, où il est détenu[3].

De Gaulle voie lui-même voie en Vercingétorix le premier résistant de notre race [4].

Mais, l'Empire mène une guerre coloniale victorieuse. Pendant quatre siècles il mène une politique de colonisation réussi. Le vainqueur, comme le vaincu, tirent profite de la défaite de ce héros gaulois[5].


Origines Modifier

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Denier d'argent romain représentant Vercingétorix (?)

Les Arvernes et les Rutènes ont été vaincus par Q. Fabius Maximus. Le peuple romain leur a pardonné. Vercingétorix est le fils du chef d'un des principaux clans arvernes, un des peuples Gaulois les plus puissants, qui estt opposé à Rome à la fin du deuxième siècle avant notre ère, Celtillos. Dans la première moitié du Ier siècle, la monarchie semble avoir été interdite chez les Arvernes par le traité de paix des Romains. Celtillos tente de la rétablir. Il exile les chefs de l'aristocratie favorable à Rome[6]. Condamné à mort, son père est exécuté par les chefs de la Cité, nous dit César, dans La Guerre des Gaules. Il est possible que l'oncle maternel de Vercingétorix, Gobannitio soit impliqué dans ce régicide[7]. Vercassiellaunos est un aristocrate, cousin de Vercingétorix.

Né en Auvergne, à Gergovie selon Strabon. Certains historiens et archéologues pensent qu'il est plutôt né en la ville de Nemossos, mentionnée par Strabon. Nemossos c'est de nos jours Corent, où les fouilles révèlent une exceptionnelle urbanisation[8]. Plusieurs raisons invitent à penser que Corent et Gergovie sont le rôle de centre politique du territoire arverne : entre autres leur dimension exceptionnelle en regard de tous les autres sites contemporains[9].






Avant Vercingétorix Modifier

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Les tribus gauloises.

Malgré la révolte du roi arverne, Bituitos, les Éduens, sont reçus au Sénat et sont proclamés amis et alliés du peuple romain. Le sud de la France, appelée narbonnaise ou Provincia. est annexé. Rome a comme alliées des nations gauloises clientes de Rome, Éduens et Lingons et peut compter sur des traîtres dirigeant les tribus, même chez les Arvernes. Quand le père de Vercingétorix en 80 av. J.-C., Celtillos, tente de restaurer un pouvoir régalien sur les Arvernes, comme au temps de Luernios et de Bituitos, il est brûlé vif par l'aristocratie de son peuple. Gobannitio, oncle maternel de celui qu'on va appeler Vercingétorix, devient alors le chef des Arvernes. Le Prince naît après l'exécution de son père et est élevé à une époque où les aristocrates fidèles à Rome sont au pouvoir, d'où sa haine viscérale des collaborateurs de cette époque et de l'envahisseur romain, qui sont pour lui non seulement les ennemis de son peuple, les esclavagistes des Gaulois, mais aussi et surtout les auteurs de la mort de son père.

Quand César commence la guerre des Gaules, il a en face de lui des Celtes, généralement gaulois, mais aussi, au nord-ouest belges; des peuples germaniques celtisés, installés au nord-est de la Gaule[10], des populations pré indo-européennes comme les Ligures et les Rhètes au sud-est, ainsi que les Ibères au sud-ouest, près de la péninsule Ibérique[11].



La jeunesse d'un chef Modifier

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Les Éburons Modifier

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Ambiorix.

L'odyssée glorieuse de Vercingétorix n'est pas la première à s'opposer à l'impérialisme romain.

Lucius Munatius Plancus est envoyé châtier les coupables. Les Éburons, commandés par Ambiorix, au bout de deux semaines, lassés des réquisitions des Romains, aidés de quelques autres insurgés, attaquent le camp romain commandé par ce Lucius Aurunculeius Cotta, en vain.

Ces derniers envoient une députation à Ambiorix, qui les prévient qu'il s'agit d'une révolte de tous les Gaulois. Il affirme être l'allié des Romains. Une légion et des cohortes commandées par Quintus Titurius Sabinus et Lucius Aurunculeius Cotta rejoignent les autres légions romaines de Gaule occupée. Ambiorix mène les Éburons sur le chemin emprunté par les Romains, et leur tend une embuscade. Presque tous les Romains sont massacrés, soit 8.000 hommes[12].

Cette victoire d'Ambiorix répand la révolte chez les Atuatuques, les Nerviens, puis chez les Ceutrons, Grudii, Lévaques, Pleumoxii et Geidumnes, vassaux des Éburons. Tous ces peuples attaquent une légion, la septième, qui résiste. César, à la tête de deux légions, part à marche forcée attaquer les Nerviens, selon Suétone et sa Vie des douze Césars, César. Les Nerviens sont mis en déroute.

Néanmoins, les tribus gauloises attaquent les Romains suite au massacre de la légion par les Éburons, nous dit Dion Cassius, dans son Histoire romaine.

Mais, Labienus met fin provisoirement aux révoltes en Gaule belgique. Tout le nord et le l'ouest de la Gaule est allié ou soumis aux Romains, en 53 av. J.-C., sixième année de campagne de César.

La guerre des Gaules avec ses révoltes toujours vaincues par les Romains continue.



A l'appel de Vercingétorix Modifier

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A l'appel de Vervingétorix.

Obéissant aux ordres des druides, les chefs carnutes (= Beaucerons), en 52, s'assemblent dans des endroits isolés en forêt. Ils se soulèvent, préférant la mort, dans les combats, à la honte de vivre sans recouvrer l'héritage de leurs ancêtres, la gloire et la liberté. Cotuatos et de Conconnetodumnos, chefs des Carnutes, arment leurs peuples et font massacrer tous les négociants romains qui se trouvent dans Orléans (= Genabum). Le chef Tasgétios, un Gaulois, fidèle de César qui l'a rétabli, est assassiné. C'est le début de l'insurrection, De Bello Gallico[13]. Cotuatos semble le Gutuater des druides carnutes. Il dirige le soulèvement[14].

En Auvergne, un jeune aristocrate, Vercingétorix, dont le père Celtillus, a voulu être roi, brûle de punir ses assassins. Dès qu'il apprend le soulèvement des peuples gaulois, Vercingétorix, appelle ses amis à prendre les armes et résister aux envahisseurs romains. Les meurtriers de son père, fausses élites de la capitale des Arvernes soulèvent contre lui la multitude, et le chassent.

L'espérance et la gloire suivent le banni dans son exil. Soutenu par des amis arvernes fidèles, il voit accourir sous ses enseignes tous les Gaulois chez lesquels l'esclavage n'a point éteint l'amour de la guerre et de la liberté. C'est à la tête d'une armée formée surtout de paysans qu'il entre dans la capitale des Arvernes. Il punit les partisans de Rome et se voit proclamé roi par tout son peuple.

Vercingétorix se fait livrer des otages, des armes, des chevaux. Il ordonne des levées de troupes, fixe l'époque de leur réunion, aiguillonne l'ardeur des audacieux par son activité, et décide les faibles par sa vigueur. La mort punit les factieux, la mutilation châtie les lâches et offre en eux un exemple qui force la poltronnerie au courage. Très rapidement, les Sénons, Parisii, Pictons, Cadurques, Turones, Aulerques, Lémovices, Andes, et tous les autres peuples de l'ouest font du jeune prince orphelin le très grand roi des guerriers, Vercingétorix. Même Les Bituriges Cubi, clients des Romains, rejoignent la Résistance.




Les légions de César, en quartiers d'hiver dans le nord de la Gaule, se voient séparées de lui. Tout le centre de la Gaule, vaste contrée, est en armes. Les cités de l'Agénois et du Gévaudan luttent contre l'envahisseur romain. Une partie de l'armée Vercingétorix entre dans le Rouergue, une autre soumet le Berry, où les pro-Romains demandent en vain du secours aux Éduens. César trouve dans la Gaule un rival digne de lui. Lutérius, lieutenant de Vercingétorix, menace déjà la Narbonnaise.

Le proconsul romain doit combattre en hiver les Rutènes, Nitiobroges, et Gabales, qui menacennt d'envahir Rome. Vercingétorix espère fixer César dans la province romaine, mais ce dernier traverse les Cévennes, réputées infranchissables en hiver, et menace la terre des Arvernes. Cependant le général n'a pas suffisamment d'hommes pour attaquer le roi des Gaulois.

Ces derniers n'arrivent pas à isoler César de ses légions[15].



Le siège d'Avaricum (= Bourges) Modifier

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Combat de Romains et de Gaulois.

César vole à Vienne en Dauphiné, y trouve sa cavalerie. iL traverse avec elle le pays des Éduens, rejoint, sur la Loire, deux de ses légions, réunit à lui celles de la Belgique, marche sur Vellaunodunum, ville des Sénons, s'en empare, et ravage Cenabum, ville des Carnutes.

De là il pénètre dans le pays des Bituriges (= Berry) et on lui livre une ville nommée Noviodunum (= Nevers).

Vercingétorix, pendant ce temps, s'efforce de soumettre le Bourbonnais, pays des Boïens, les derniers alliés des Romains. Mais, instruit de la marche de César et de la rapidité de ses progrès, il court à sa rencontre. Noviodunum, à la vue des étendards de Vercingétorix, reprend espoir et rompt toute négociation. Sous ses remparts, les deux armées se livrent un combat de cavalerie, qui d'abord tourne à l'avantage des Gaulois. Après une longue mêlée, 600 auxiliaires germains changent le sort de la bataille. Ils mettent en fuite la cavalerie de Vercingétorix, et le forcent lui-même à la retraite. Noviodunum (= Nevers) se rend à nouveau et livre les chefs qui l'ont excitée à la révolte.

César fait le siège d'Avaricum (= Bourges). Mie en échec il se retrouve déjà victorieux au milieu de la Gaule étonnée.

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Avaricum est une très ancienne cité.

Vercingétorix comprend alors que cet échec exige un nouveau plan. Il rassemble les chefs des cités, leur propose d'éviter les batailles décisives, et ordonne de harceler l'ennemi de tous côtés. Les Romains » ont pour eux, l'union, la science, la discipline, la supériorité de leur armure; épuisons leur courage par une guerre de détail; minons leurs forces par de fréquents, de légers combats, et surtout par la privation des subsistances. Détruisons tous nos fourrages; enlevons tous nos grains; rasons nos villages; incendions nous-mêmes nos villes. Tout sacrifice est préférable à l'esclavage.

Vercingétorix ordonne donc la politique de la terre brûlée. C'est le début de la guérilla[16]. Cet appel violent ne rencontre pas d'opposants. Le désespoir fait place à la fureur. Le feu dévore les champs et les villages. Vingt grandes villes sont livrées aux flammes, et César, que les précipices et les neiges n'ont pu retarder, se voit tout à coup investi de feux et isolé au milieu d'un vaste incendie.

Ce dévouement généreux peut sauver la Gaule : mais les peuples du Berry la perdent, en refusant de sacrifier Avaricum, leur capitale. En vain, Vercingétorix ordonne sa destruction; les citoyens, les guerriers se prosternent à ses genoux, et, les larmes aux yeux, le conjurent d'épargner l'appui, l'ornement, la plus belle ville de la Gaule. Les chefs lui représentent que la position de Bourges rend sa défense facile, qu'elle est entourée d'une rivière profonde et d'un marais impraticable qui ne laissent à l'ennemi pour s'en approcher qu'un défilé étroit et périlleux.

Dans le camp de César on obéit. Dans celui de Vercingétorix on délibère. Cette différence entre deux grands capitaines et les deux peuples fait la fortune de l'un et le malheur de l'autre. Vercingétorix, forcé de céder, place dans la ville 10.000 hommes d'élite. Avec le reste de son armée il se cache dans les bois et de là, surveillent tous les mouvements de César. Ils tombent sur ses détachements, et extermine toutes les troupes qui se hasardent loin du camp pour chercher des subsistances.

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Siège d'Avaricum.

Bientôt l'armée romaine se voit en proie à la plus affreuse famine disette. De ses deux alliés, les Boïens (= peuples du Bourbonnais), malgré leur pauvreté, sont les seuls qui lui envoient des vivres. Les Éduens, au contraire, riches en grains et en troupeaux, ne lui donnent que des promesses. César, admirant la constance héroïque de ses légions, et touché de leurs souffrances, se décide enfin à céder au sort et à son rival. Il propose à ses soldats de lever le siège et de se retirer. Pour la première fois, la fierté romaine surpasse la sienne. Ces guerriers ne demandent plus à vivre, mais à combattre; le courage fait supporter la faim, et ranime la faiblesse ; les travaux redoublent d'activité, les machines se mettent en mouvement, et les tours s'approchent des remparts.

Cependant la trahison d'un Gaulois découvre à César une embuscade dans laquelle les ennemis veulent faire tomber sa cavalerie. Il y marche avec quelques légions, taille en pièces le corps d'armée qui s'y trouve, et le poursuit jusqu'au pied du camp de Vercingétorix, qui s'est posté sur une hauteur inexpugnable, entourée d'un vaste marais.

César, par ses manœuvres, par les défis injurieux de ses soldats, tente vainement d'attirer le général gaulois hors d'une position qu'il ne peut forcer. Vercingétorix s'y tient tranquillement renfermé, et oblige ainsi par sa patience les Romains à la retraite.

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Siège d'Avaricum (Cristiano64).

Les Gaulois, turbulents, indisciplinés, méfiants, loin d'apprécier la prudente habileté de leur chef, accusent sa sagesse de trahison. Ils se rassemblent en tumulte, lui reprochent son inaction dans un instant où il pouvait écraser les Romains. Tous enfin se montrent prêts à le condamner comme un lâche qui veut, en sauvant César, obtenir le sceptre de sa main.

César trouve des qualités à ses adversaires indisciplinés : Leurs murs étaient ainsi construits : ils plaçaient deux grosses poutres en long à deux pieds de distance l'une de l'autre, et les liaient par des traverses : leurs vides remplis de terre étaient revêtus en dehors de grosses pierres qui séparaient cette première couche des autres qu'on élevait sur elles, et qu'on multipliait suivant la hauteur qu'on voulait donner à la muraille; cette construction en échiquier était aussi solide contre les machines de guerre qu'agréable à la vue. Le général voit aussi des mineurs expérimentés détruire les terrasses et renverser les tours élevées par les légions... Leurs remparts sont couverts d'un cuir frais qui les met à l'abri du feu.

Après bien des efforts inutiles, les Gaulois se retirent sans avoir pu détruire la terrasse qui domine leurs murs. Leur ruine est certaine ; tout ce qui porte les armes veut abandonner la ville. Les femmes, les vieillards, les enfants, tous en pleurs, se jettent à leurs genoux, arrêtent leurs pas et les conjurent de les défendre. Ils reviennent sur les remparts ; l'assaut se prépare. Dans ce désordre, César aperçoit une partie des murailles mal gardée ; il y court et la franchit; les légions le suivent en foule ; encore furieuses du massacre d'Orléans, elles n'épargnent ni le sexe ni l'âge. L'infanterie tue les uns dans la ville ; au dehors la cavalerie égorge les autres. Cette journée fait disparaître une population de 30.000 âmes et 10.000 guerriers bituriges . Les survivants sont environ 800, selon Gaius Julius Caesar, De bello Gallico .

Les huit légions de César, environ 35.000 hommes en armes et 4/5.000 cavaliers germains viennent là de vaincre environ 50.000 guerriers gaulois.



Gergovie Modifier

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Les captifs de César.

Vercingétorix pense que l'obstination des habitants de la ville, et la pitié pour eux de ses troupes, sont les seules causes du malheur des Gaulois. Toutefois il voit se réunir les peuples qui n'avaient pas encore pris de parti se rassemblent sous ses étendards

Les envoyés de Vercingétorix parcourent de nouveau les cités pour rassembler un grand nombre d'archers, se faire fournir des armes, et enrôler les volontaires.

César apprend qu'une lutte opiniâtre divise ses alliés Eduens en deux factions, pour le choix d'un vergobrète (= premier magistrat). César se rend dans une de leurs villes, y mande leur sénat, les chefs de leur nation. Après avoir entendu les deux prétendants, il confirme l'élection de Convictolanus. Les Éduens lui donnent toute leur cavalerie et dix mille hommes de pied.

Labiénus, un de ses généraux, reçoit l'ordre de marcher dans le pays des Sennonais, et de s'emparer de Lutèce, capitale des Parisiens.

Enfin, revenu à son armée, César s'approche des bords de l'Allier, dans le dessein d'assiéger Gergovie. Il trouve les ponts de cette rivière rompus, et Vercingétorix campé sur l'autre bord pour lui en disputer le passage. César trompe l'ennemi par ses manœuvres.

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Guerrier gaulois.

Peu de jours après, il investit Gergovie. L'armée gauloise campe près de là, sur une montagne, pour protéger la ville. Les deux armées se disputent avec acharnement une colline située au bas de la montagne.

Pendant ce temps, une révolte imprévue jette César dans de nouveaux périls. Convictolanus, plus sensible à la voix de la patrie qu'à celle de la reconnaissance, s'efforce d'entraîner le sénat des Eduens dans le parti des libérateurs de la Gaule. Sans les Eduens les Romains risquent de ne plus trouver d'asile dans sa patrie. Son discours fait murmurer les vieillards prudents et craintifs. Mais la jeunesse bouillante des Éduens y applaudit.

L'un d'eux, Litavicus, commande les 10.000 hommes qui rejoignent les Romains. À trente milles de Gergovie, il les arrête et leur dit : Compagnons, où courons nous ? Les pièges nous entourent. La mort nous attend : toute notre cavalerie, les princes de notre cité, Eporidorix et Viridomare, sous de vains prétextes, ont été jetés dans les fers, et envoyés au supplice par César... N'exigez pas plus de détails de ce désastre : mes frères, mes parents sont égorgés ; la douleur, ne me laisse pas la liberté de vous en dire davantage ; quelques victimes échappées aux massacres vont offrir à vos yeux ce tableau sanglant que je n'ai pas la force de tracer.

Cette armée, furieuse, demande à grands cris qu'on lui indique ce qu'elle doit faire pour se venger. Litavicus leur dit : Comment pouvez-vous le demander ? nous n'avons d'autre parti à prendre que de nous joindre aux Arvernes (= Auvergnats). Après un tel crime, notre perte est sans doute jurée. Il ne nous reste d'espoir que dans notre courage; vengeons la mort de nos familles, et massacrons leurs meurtriers.

Le soi-disant massacre est juste un prétexte pour piller un convoi de ravitaillement romain qu'ils escortent. La même fable déclenche une énorme révolte dans le pays des Éduens. Le tribun militaire Aristius doit, en combattant, sortir de Châlons (Cabillonum), dont il tait le gouverneur.

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Guerriers éduens.

Cependant César, instruit de ces évènements par la bouche même des deux chefs, Époridorix et Viridomare, qui se trouvent près de lui, avec la cavalerie éduenne, voit d'un coup d'œil le danger qui le menace, s'il permet à ce soulèvement de s'étendre. Laissant donc Fabius avec deux légions à la garde de son camp avancé, il prend quatre autres légions, marche rapidement contre les Éduens, et s'approche d'eux sans combattre. Au moment où ils s'élancent sur lui, il présente à leurs regards les deux princes dont on vient de leur raconter la mort tragique

Les Eduens se soumettent, et Litavicus, échappant à une juste vengeance par une prompte fuite, court à Gergovie encore suivi de ses clients personnels, de ses nombreux soldurii, qui, selon la coutume gauloise, ne peuvent sans crime l'abandonner.

Revenu près de cette place, César apprend que son camp avancé a été attaque par Vercingetorix, momentanément forcé , et que ses deux légions ont beaucoup souffert. Bientôt il s'aperçoit avec surprise que les Gaulois abandonnent la colline qu'ils ont reprise pendant son absence. Ses espions lui rapportent que l'armée ennemie occupe une autre éminence couverte de bois.

César menace par de faux mouvements la colline perdue. La plus grande partie des Gaulois s'y porte. Alors, des légions cachées se précipitent sur l'éminence boisée, taillent en pièces ceux qui la défendent, et détruisent leurs travaux.





César, satisfait, donne le signal de la retraite. Mais la dixième légion, animée par la fuite de l'ennemi, le poursuit, donne impétueusement l'assaut. Mais soudain 30/40.0000 Gaulois, accourent de la colline perdue pour sauver les leurs. Ils s'élancent avec rage contre les Romains. Des deux côtés on combat avec acharnement. Battu, percé de plusieurs traits, on crie aux Romains : Ma mort est certaine, mais je veux qu'elle vous soit utile : auvez-vous; mon corps va vous servir de rempart et couvrir votre retraite. Les Romains voyant tout à coup paraître sur leurs flancs un corps d'auxiliaires éduens se croient tournés. Ils fuient, laissant sur le champ de bataille 7.000 hommes.

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Vercingétorix.

Vercingétorix les poursuit jusqu'au pied d'une montagne où deux légions, postées par César, les rallient. Enfin le roi des Gaules peut rentrer dans Gergovie sauvée par ses armées. Le peuple reçoit en triomphe le seul capitaine qui peut se vanter d'avoir vaincu César.

Le général romain, après avoir reproché vivement à ses légions leur témérité, les rassure en leur prouvant que cette défaite va être bientôt réparée par leur supériorité réelle sur les Gaulois en force et en vaillance. Alléguant ensuite la nécessité de comprimer les mouvements des Éduens agités par Litavicus, il lève le siège et part.

César, en s'approchant de la Loire, en voit les bords gardés et défendus par un grand nombre de troupes éduennes que le bruit de la défaite de Gergovie a déterminées à la révolte. Séparé pour la seconde fois de Labiénus, il lui semble périlleux de continuer sa marche au milieu de tant de peuples ennemis. Vercingétorix le poursuit. Il décide de ne pas fuir par les Cévennes dans la province romaine. Bravant tout danger et se confiant à sa fortune, il traverse à gué la Loire, renverse tout ce qui lui résiste, et parvient sans échec à Sens.



Lutèce Modifier

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Camulogène jeune.

Pendant que ces évènements se passent dans la Celtique, son fidèle Labiénus, s'est porté avec quatre légions contre Lutèce, située dans une île de la Seine. A son approche , tous les peuples voisins se réunissent aux Parisiens pour le combattre sous le commandement d'un chef illustre nommé Camulogène.

Le général gaulois place son camp derrière un marais qui couvre Lutèce. Vainement Labiénus tentez de l'éloigner de cette position ou de la forcer. Cédant à la difficulté des lieux et à la résistance de l'ennemi, il change de plan, regagne Melun (Meulodunum), s'y empare de plusieurs bateaux, y établit un pont, passe la rivière, et revient vis-à-vis de Lutèce sur la rive gauche de la Seine. Camulogène prend alors le parti d'incendier Lutèce, de traverser la rivière, de détruire les ponts, et d'établir son camp en face de celui des Romains.

Labiénus apprend alors la levée du siège de Gergovie, la révolte des Éduens et le soulèvement des Gaules. On répand même le bruit d'un nouveau revers de César sur les bords de la Loire, et de sa retraite dans la province romaine.

Labiénus, se croyant ainsi abandonné, comprend qu'il ne s'agit plus pour lui de conquêtes, mais du salut de ses légions. Il décide de se retirer par le pays des Sennonais, il divise les forces de l'ennemi en le trompant. Quelques troupes restent par son ordre dans le camp.

Plusieurs de ses cohortes remontent la Seine. Tandis que l'ennemi suit ses divers mouvements, il descend la rivière avec la plus grande partie de ses légions, égorge les guerriers postes qui la défendent, se saisit de leurs bateaux, repasse la rivière vis-à-vis de Meudon, et choisit pour établir son camp une forte position. L'armée gauloise vient bientôt l'attaquer ; la victoire est quelque temps incertaine. Camulogène, avec son aile droite, enfonce d'abord la gauche des Romains ; mais, l'autre aile de l'armée gauloise ayant pris la fuite, les légions qui la poursuivent reviennent tomber sur le flanc des Gaulois vainqueurs. Les Parisiens ainsi encerclé rendent leur défaite glorieuse. imitant l'exemple de leur vieux général, ils se donnent la mort. Labiénus poursuit sa route sans obstacle.


Siège d'Alésia Modifier

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Cavalier germain au service des Romains.

Les Éduens, craignant alors que le poids du ressentiment de César ne retombe sur eux, pressent Vercingétorix de venir à leur secours. Il y court et rassembla dans Autun (Bibracte) les États de la Gaule soulevée. Les Trévirois, menacés d'une invasion par les Germains, ne peuvent envoyer de députés dans cette assemblée. Les Rémois et les Lingons persistent dans leur alliance avec Rome. Eporidorix et Viridomare prétendent au commandement général des troupes gauloises. Mais les États le donnent à Vercingétorix.

Ce prince, à la tête d'une infanterie nombreuse et aguerrie, ne croit point nécessaire de l'augmenter. Il demande seulement une levée de 15.000 cavaliers, charge les Éduens de marcher avec un corps nombreux contre les Allobroges (= Savoyards), et dirige les Arvernes (= Auvergnats) sur l'Aquitaine, dans le dessein de menacer la province romaine. Enfin, il invite tous les Gaulois à dévaster leurs champs et à brûler leurs habitations pour affamer les Romains.

L'habileté de ce plan étonne César. Sa cavalerie est tellement épuisée par la fatigue et par les combats, qu'il se voit obligé d'en faire venir de Germanie, et de démonter les chevaliers et les officiers supérieurs des légions pour donner leurs chevaux à ses cavaliers. Pressé par une armée formidable, manquant de vivres au milieu de contrées fertiles que l'amour de la liberté changeait en désert à son approche, et voyant dans le Midi les possessions romaines menacées d'une prochaine invasion, il se décide à la retraite et marche par le pays de Langres vers la Franche-Comté, pour se rapprocher de la Provence afin de la défendre.

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"Pro Alesia", Armes trouvées dans les fosses de César à Alise.

Pour la première fois alors ce fier conquérant recule devant son ennemi, et la Gaule peut encore se retrouver libre. Mais une seule faute décide souvent du sort des États : Vercingétorix, trop enorgueilli de ses succès à Gergovie, ou trop pressé par l'ardeur turbulente des Gaulois, ne se contente pas de voir les Romains se retirer. Il veut les exterminer ou les forcer à fuir.

Il renonce tout à coup à la guérilla qui mine les forces de Rome. Décidé à risquer une bataille, il réunit tous ses guerriers et déclare : L'heure du triomphe est enfin venue. Les Romains s'éloignent de notre patrie et retournent dans leur province. Je sais que leur retraite suffit pour nous faire jouir momentanément de la liberté ; mais ce bonheur sera court, je ne vois dans cette paix qu'une trêve passagère. Bientôt des légions plus nombreuses descendront de nouveau les Alpes pour nous accabler, et nous ne verrons jamais la fin de cette guerre. Ne laissons pas échapper ainsi la fortune qui nous favorise ; poursuivons vivement nos ennemis vaincus ; l'armée de César est embarrassée par ses lourds bagages, et par une foule de chariots remplis des dépouilles de la Gaule : si dans sa marche lente nous osons l'attaquer, ou son infanterie s'arrêtera pour défendre ses richesses, et alors, ne pouvant continuer sa route, elle périra Sous nos glaives; ou, si elle abandonne ses équipages, elle se sauvera avec honte ; poursuivie et dispersée, la faim et le fer consommeront sa ruine. Hâtons-nous donc, par une marche prompte, de redoubler le courage des nôtres, de répandre, la terreur parmi les Romains, et de saisir la victoire que le sort nous présente !

Mi-août 52 av. J.-C., l'attaque surprise de la cavalerie gauloise est mise en échec par les cavaliers germains. Vercingétorix doit se replier de l'autre côté d'une rivière au milieu de son infanterie sur l'oppidum d'Alésia. L'armée gauloise est composée lors du siège, d’après César, de 80 000 hommes, auxquels il faut rajouter de nombreux cavaliers[17]. Trois chefs des Éduens viennent d'être pris dans cette bataille.

Le général gaulois, voyant dans son armée le découragement succéder à la témérité, prend le parti de la retraite et s'enferme dans la ville forte d'Alésia, près d'Auxonne, située sur une montagne escarpée et à demi entourée par une large rivière. L'oppidum compte population locale, des Mandubiens. L'armée gauloise, couvre la partie accessible par de hautes murailles, des tours élevées et des fossés profonds.

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Doubles fortifications romaines à Alésia.

César, poursuivant sa victoire, admire le choix de ses positions, l'habileté du général vaincu, et, décidé à détruire un rival auquel semble attachée la destinée de la Gaule. I il investit Alésia et en forme le siège. Le génie le plus audacieux peut seul concevoir une telle entreprise. Il a à combattre la nature, le talent, le désespoir ; et, tandis qu'il attaque 80.000 braves défendus par des retranchements presque inexpugnables, il s'expose à voir la Gaule armée fondre de tous côtés sur lui et l'assiéger à son tour.

Ce péril, prévu par lui, n'effraie point son courage, et ses dix à douze légions[18], aussi constantes que leur chef est audacieux, après avoir entouré la ville d'un retranchement garni de tours et qui a cinq lieues de circuit, construisent d'autres fortifications pour se défendre d'éventuelles armées de secours.

L'armée de secours se prépare et va compter, selon César, 240.000 hommes et 8.000 cavaliers, sans oublier les innombrables non-combattants. Il est étonnant qu'un peuple dit arriéré et divisé soit capable de réunir une telle armée en peu de temps.

Peu de temps certes, mais pas pour les assiégés. Chaque jour voie les deux camps se livrer une véritable bataille. Le mois d'août expire. Les vivres manquent, et les secours promis n'arrivent point. Vercingétorix rassemble ses chefs. Ils délibèrent. Les uns proposent de capituler, pour sauver le peuple de la mort cruelle dont la famine le menace. les autres demandent une sortie générale, préférant un noble trépas dans les lignes ennemies à la honte de rendre les armes.

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L'appel de Clovis à Alésia.

Un noble arverne, Critognate, se lève impétueusement et dit : Je ne parle point à ceux qui couvrent leur lâcheté du nom de prudence, qui regardent une honteuse capitulation comme un traité nécessaire, et qui veulent acheter le repos par la servitude. Indignes désormais de se montrer dans les conseils de la nation, ils ne sont plus citoyens à mes yeux : je ne m'adresse qu'aux braves qui proposent une sortie générale; je reconnais dans leur résolution généreuse et dans l'ardeur de ceux qui l'approuvent l'antique courage gaulois. C'est cependant leur avis que je viens combattre ; mettons-nous en garde contre la faiblesse de l'esprit humain, souvent elle se cache sous l'apparence de la témérité ; la plupart des hommes supportent plus aisément un court trépas qu'une longue douleur. Ils demandent de courir à la mort parce qu'ils ne savent pas » supporter les privations, les souffrances et la misère. Moi-même j'avoue que, s'il n'était question » que de la perte de notre vie, je me rangerais à leur opinion, car tout ce qui est généreux m'entraîne ; mais il s'agit ici du salut de toute la Gaule ; jugez, si nous périssons, quelle sera la douleur de nos familles, la honte de nos concitoyens et le découragement des armées qui marchent pour nous délivrer. Ils ne trouveront donc ici que nos tombeaux, et seront réduits à livrer bataille sur nos cadavres. Ah ! ne privez pas ainsi de votre secours, par une résolution téméraire, cette foule de guerriers qui abandonnent leurs foyers pour vous défendre, et qui sacrifient leur propre salut au vôtre. Ne forcez point par votre faiblesse la Gaule tout entière à se précipiter dans la servitude.


Vercingétorix La victoire d'une défaite52:19

Vercingétorix La victoire d'une défaite

Eh quoi ! vous doutez de la foi de vos alliés, parce qu'ils n'arrivent pas au jour fixé ! mais, pour dissiper votre inquiétude, contemplez celle des Romains; voyez, depuis le lever du soleil jusqu'à la nuit, leur activité pour se garantir d'une attaque prochaine par la hauteur de leurs retranchements : leurs alarmes continuelles, leurs soins redoublés pour intercepter toutes les nouvelles, leurs travaux assidus et sans relâche vous annoncent évidemment l'approche des secours que vous attendez. Imitons l'exemple de nos aïeux, et osons faire ce qu'ils firent dans une guerre moins funeste : les Cimbres et les Teutons parcouraient, inondaient, dévastaient la Gaule ; nos braves ancêtres, renfermés dans leurs villes et privés de vivres, ne déposèrent point lâchement leurs armes, ou ne coururent pas en aveugles à la mort pour échapper à la disette ; mais ils se nourrirent de la chair de ceux de leurs concitoyens que l'enfance ou la vieillesse rendait incapables de porter les armes. Si je ne trouvais dans le passé l'exemple d'une telle intrépidité, au nom de la patrie, je vous proposerais encore de le donner les premiers à la postérité ; car, dans les circonstances où nous sommes, cette cruelle détermination serait encore plus justifiable que ne le fut celle de nos pères. Jamais en effet on ne vit rien de pareil à la guerre que nous soutenons : les Cimbres entrèrent dans la Gaule, en sortirent comme un torrent et coururent bientôt à d'autres conquêtes ; comme ils ne voulaient que nos richesses, ils nous laissèrent nos droits, nos champs,nos lois et notre liberté ; mais les Romains, animés par la plus basse envie, n'ont d'autre but, en attaquant les peuples qui ont acquis quelque gloire à la guerre, que de flétrir leur renommée, d'anéantir leur indépendance, de s'emparer de leurs terres, de dominer dans leurs cités, et de leur imposer les lois les plus dures. Partout ils se sont montrés les mêmes : si le sort des nations éloignées qu'ils ont assujetties vous est inconnu, portez vos regards sur cette partie de la Gaule déjà réduite par » eux en province romaine ; vous y verrez les terres partagées, les droits anéantis, les lois changées; ces peuples infortunés sont soumis à la hache des licteurs et condamnés à une perpétuelle servitude. Ce discours, à la fois héroïque et féroce, fait frémir l'assemblée. Avant de suivre un avis si cruel, elle résout de tenter un moyen moins barbare, et tous les habitants qui ne peuvent combattre sont renvoyés de la ville.






Fin septembre, cette foule infortunée s'approche des lignes romaines, suppliant l'ennemi de lui accorder des chaînes et du pain. Mais les Romains répondent à leurs larmes par un dur refus. Rejetés de leur ville, repoussés par l'ennemi, ces malheureux remplissent les airs de cris et de gémissements.

Tout à coup les clameurs de la joie succèdent à ces accents de désespoir. Les signaux apprennent l'arrivée de l'armée gauloise. Bientôt son infanterie couronne les hauteurs, et la cavalerie de Comius inonde la plaine.

À cette vue César fait sortir sa cavalerie de ses retranchements. César ordonne à sa cavalerie d'engager le combat contre la cavalerie gauloise renforcée par des archers et de l'infanterie légère. Elle combat toute la journée celle des Gaulois. Cette fois encore les Romains doivent la victoire aux Germains auxiliaires, qui, par leur impétuosité, jettent le désordre dans les escadrons gaulois et les poursuivent jusqu'à leur camp.

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Engins de siège romains à Alésia.

Vercingétorix seul, inébranlable, relève leur courage, et marche à leur tête contre les retranchements romains. Comius, du côté de la plaine, les attaque également. Dde toutes parts les plus terribles assauts se livrent, et, tant qu'on se bat de loin, les archers gaulois ont l'avantage. Leurs traits rapides percent tous les Romains qui paraissent sur les remparts.

Mais, lorsqu'ils veulent franchir les murailles et combattre corps à corps, les Romains, à leur tour, triomphent par leur adresse dans l'escrime, par la solidité de leur armure, par la force de leurs machines qui lancent sur les assaillanTs des balles de plomb, des pierres et de lourds javelots. Un grand nombre de Gaulois est précipité dans les fossés. D'autres s'enferrent dans les chausse-trapes répandues devant les lignes. Malgré tous ces obstacles, ils continuent avec opiniâtreté cette attaque toute la nuit. Déjà même Vercingétorix, parvenu à combler une partie du fossé, se croie au moment de vaincre. Mais, lorsque le jour paraît, il voit que Comius, las de tant d'efforts repoussés, se retire sur les hauteurs avec son armée. Cet abandon, réunissant contre lui les forces romaines, l'oblige de se renfermer encore dans la ville.

Suite à ces deux échecs, une troupe d'élite de 60.000 hommes est constituée et mise sous le commandement de Vercassivellaunos, un cousin de Vercingétorix, et Conius. Après une longue marche de nuit et une matinée de repos, Vercassivellaunos attaque le camp supérieur[19] depuis la montagne nord le 26 septembre 52 av. J.-C. [20].

En même temps, la cavalerie gauloise s’approche des fortifications de la plaine et le reste des troupes se déploie en avant du camp gaulois. Vercingétorix sort de la ville avec tout son matériel d'assaut. Il donne impétueusement l'assaut aux lignes romaines; ainsi la bataille devient générale. Partout on combat avec fureur. Les assiégés pour leur délivrance, les Romains pour leur salut, l'armée gauloise pour conquérir la liberté de la patrie.

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Plan d'Alésia.

Les Romains étonnés entendent l'air retentir devant, derrière eux et sur leurs flancs, de cris horribles. Leur bravoure fléchit. La colline, objet et prix du combat, est enfin emportée par les Gaulois.

César ordonne à Brutus de la reprendre. Il s'y précipite et se voit repoussé. Fabius lui succède et éprouve le même sort. Enfin César y court lui-même, se montre à la fois capitaine et soldat, rétablit le combat, et ne peut pourtant point encore décider la victoire.

Mais alors Labiénus, voyant que de tous côtés les remparts et les fossés n'arrêtent plus que faiblement la fureur gauloise, fait sortir des retranchements trente-neuf cohortes fraîches et intrépides, se précipite avec elles sur les ennemis et les enfonce . La cavalerie romaine leur coupe la retraite, et en fait un carnage affreux. Sédulius, prince des Limousins, tombe percé de coups. Vergasilaunus est pris. Soixante-quatorze drapeaux sont portés à César.

L'armée gauloise fuit, et la garnison d'Alésia perd tout espoir de délivrance. Ainsi 70.000 Romains, par l'habileté de leur général, triomphent de 320.000 Gaulois. La cavalerie poursuivit les fuyards et en massacre un grand nombre.

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Vercingétorix se rend.

Le lendemain de cette funeste journée, Vercingétorix rassemble ses braves et malheureux guerriers. Il leur dit : Je n'ai point entrepris cette guerre pour ma grandeur personnelle, pour mon intérêt privé. Je n'ai combattu que pour la liberté commune; le sort a trompé notre espoir, il faut céder à la fortune; mais, si mon glaive ne peut plus servir la Gaule, mon trépas ou ma captivité peuvent encore lui être utiles; mon existence et ma liberté sont à vous, disposez-en à votre gré, et voyez si vous pourrez adoucir le vainqueur par ma perte : vous apaiserez peut-être César, en ordonnant ma mort, ou en me livrant vivant à son orgueil.

Cette offre généreuse, dictée par le plus noble courage, est acceptée par la crainte. Les Gaulois envoient des députés à César, qui accorde la paix à condition que son noble rival et les principaux chefs lui soient livrés. Il ordonne aussi un désarmement général.

Rangeant ses légions sur le front de son camp, César voit les Gaulois déposer leurs armes à ses pieds. Chaque soldat romain obtient un prisonnier gaulois pour esclave. Les Eduens et les Arvernes sont seuls exemptés fe cet humiliant tribut. Le vainqueur espère par cette clémence regagner leur affection. Comius s'éloigne avec les débris de son armée.



La défaiteModifier

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Vercingétorix jetant ses armes aux pieds de César.

Vercingétorix, trop grand pour être pardonné reste dans les fers. César le traîne quelques années après dans Rome, enchaîné à son char de triomphe, le punit ensuite de sa gloire en l'immolant, et, par cette indigne cruauté, ternissant sa renommée, s'abaisse lui-même au-dessous du héros vaincu.

La victoire d'Alésia consterne la Gaule, et la terreur assure momentanément la tranquillité. César passe l'hiver à Bibracte et établit ses légions en quartiers dans la Franche-Comté, en Vivarais, à Mâcon, chez les Rémois, et dans le Rouergue.

Ces succès inespérés remplissent Rome de joie, et le sénat ordonne vingt jours de prières pour en rendre grâces aux dieux.

La Gaule vaincue n'est pas soumise; terrassée par la force romaine et par le génie de César, elle espère encore se relever. Ses chefs, impatients du joug, mais éclairés par l'expérience, ne songent plus aux levées générales, aux grandes batailles, aux victoires éclatantes; ils s'occupent à diviser, à inquiéter, à fatiguer les Romains, en faisant éclater à la fois sur divers points et dans des lieux éloignés le feu de la révolte. Ils se flattent ainsi qu'ils ruineront et détruiront leurs ennemis en leur faisant partout la guerre, sans leur offrir jamais ni de grandes masses à combattre ni de victoires décisives à remporter.

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Gaulois mourrant.

César pénètre leur dessein, surveille leurs mouvements, et sait toujours saisir et fixer la fortune. Tandis que Marc-Antoine reste à Autun et défend les quartiers d'hiver, il court dans le Berry qui commence aussi à s'agiter, et comprime la révolte. De là, après avoir partagé le butin entre les légions, il paraît dans Orléans, y rétablit la paix, disperse les Carnutes qui ont pris les armes, y laisse deux légions pour les contenir.

César marche ensuite contre les peuples de Beauvais, de tous les Belges les plus nombreux, les plus fiers, les plus puissants, les plus belliqueux. Comme ceux-ci n'ont pas voulu suivre les étendards de Vercingétorix, ils n'ont point partagé son infortune, et leur armée encore entière et intacte s'est grossie par l'arrivée des Calètes (= peuples de Caux), des Atrébates (= peuples d'Artois). Coréus, le plus opiniâtre ennemi des Romains, commande ces troupes. Un autre chef non moins redoutable, Cotnius laissant les Atrébates, est allé chercher des secours en Germanie;

Coréus campe sur une montagne, décidé à se renfermer dans ses lignes, si César marche contre lui avec des forces nombreuses, et à le combattre, s'il en a peu. Le général romain reconnaît qu'il est impossible d'investir une position si étendue et d'emporter d'assaut un camp retranché qui semble inexpugnable. Dans l'espoir de les attirer hors de ce poste avantageux, il cache une partie de ses troupes dans les bois, et se présente avec le reste en face des ennemis. Coréus ne se laisse point tromper par ce stratagème, et reste inébranlable dans sa position.

Peu de temps après, Comius étant arrivé avec 500 cavaliers germains, les deux cavaleries se livrent, entre les deux camps, de fréquents combats. Celle de César est d'abord battue. Comius taille en pièces les escadrons rémois qui servent dans l'armée romaine, et tue Vertiséus leur chef.

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Exécution de Vercingétorix.

Dès que les Romains s'écartent pour aller au fourrage, les troupes légères des Gaulois tombent sur eux et les massacrent. César, fatigué de cette longue résistance, appelle près de lui plusieurs légions dans le dessein d'attaquer le camp de vive force.

Les Gaulois, instruits de l'arrivée de ces renforts, décident d'éviter le combat, allument la nuit de grands feux pour tromper César, et sortent ainsi de leur camp sans être inquiétés... Ces combats de harcélement vont durer des années.

Vercingétorix est maintenu prisonnier dans les geôles du Tullianum (= prison Mamertine) et est probablement étranglé [21], entre août et septembre 46, après la célébration du triomphe de César sur la Gaule, au sein duquel il figure.



Notes de l'article Modifier

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  1. Venceslas Kruta, Les Celtes. Histoire et dictionnaire, des origines à la romanisation et au christianisme. Laffont, coll. Bouquins. Paris, 2000.
  2. Clermont-Ferrand, ville paradoxale - Page 116, Franck Chignier-Riboulon - Presses universitaires Blaise Pascal, Clermont-Ferrand 2009.
  3. Les grandes batailles de l'histoire, Volume 621, Sophie Chautard, Studyrama, 2005.
  4. C’était de Gaulle, Volume 3, Alain Peyrefitte, Fayard, 2000.
  5. Vu de droite: Anthologie critique des idées contemporaines, Alain de Benoist, Éditions du labyrinthe, 2001.
  6. L'identité de l'Auvergne: mythe ou réalité historique : essai sur une histoire de l'Auvergne des origines à nos jours, Daniel Martin, EDITIONS CREER, 2002.
  7. L'identité de l'Auvergne: mythe ou réalité historique : essai sur une histoire de l'Auvergne des origines à nos jours, Daniel Martin, EDITIONS CREER, 2002.
  8. Bulletin de la Societe Histoire et d'Archeologie de Genève, Librairie Droz.
  9. Clermont-Ferrand, ville paradoxale - Page 116, Franck Chignier-Riboulon - Presses universitaires Blaise Pascal, Clermont-Ferrand 2009.
  10. Venceslas Kruta, Les Celtes, histoire et dictionnaire, Robert Laffont, coll. « Bouquins », Paris, 2000.
  11. Jérôme Carcopino, Jules César, PUF (6e éd.), 1990.
  12. Jérôme Carcopino, Jules César, PUF (6e éd.), 1990.
  13. Vu de droite: Anthologie critique des idées contemporaines, Alain de Benoist, Éditions du labyrinthe, 2001.
  14. A. Ferdière, Les Gaules, Armand Colin 2005.
  15. Jérôme Carcopino, Jules César, PUF (6e éd.), 1990.
  16. Vu de droite: Anthologie critique des idées contemporaines, Alain de Benoist, Éditions du labyrinthe, 2001.
  17. M. Reddé, Alésia. L'archéologie face à l'imaginaire, Paris, 2003.
  18. M. Reddé, Alésia. L'archéologie face à l'imaginaire, Paris, 2003.
  19. M. Reddé et S. von Schnurbein... Fouilles et recherches franco-allemandes sur les travaux militaires romains autour du mont Auxois (1991-1997), Mémoire de l'académie des inscriptions, vol. 1, Paris, 2001 réfute ce fait.
  20. Jean-Louis Brunaux, Alésia : Le tombeau de l'indépendance gauloise (27 septembre 52 av. J.-C.), Gallimard, 2012.
  21. César, le dictateur démocrate, Paris, Flammarion, 2001.



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