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Louis XI accueillant François de Paule.

François de Paule est né le 27 mars 1416 à Paola (Italie), en Calabre et mort, le 2 avril 1507, au couvent de Plessis-lez-Tours. La fête de ce saint est célébrée le 2 avril. Son corps est enterré dans l'église du couvent de Plessis-les-Tours, et brûlé, en 1562, dans les fureurs des guerres civiles. Il est canonisé par Léon X en 1519. Il est surnommé de son temps le bonhomme par le peuple qui le vénère. D'abord ermite, François est le fondateur de l'ordre des Minimes. Il est le patron principal de la Calabre, où il est vénéré dans les sanctuaires et les églises. Sambiase abrite le vestige d'un doigt de saint François. Actuellement, une partie de ses reliques sont au sanctuaire de Saint François de Paule, visité par les pèlerins de partout dans le monde.

Le nom de François de Paule ne tarde pas à devenir célèbre. Il est honoré des papes et des rois. L'ordre qu'il a fondé est approuvé en 1471 par l'archevêque de Cosenza, et confirmé en 1474 par une bulle de Sixte IV. Bientôt s'élevent de nouveaux monastères en Italie, en Sicile, et ensuite dans d'autres contrées. On raconte, dans les Acta Sanctorum, que François de Paule a le don de prophétie. Parmi les miracles de François de Paule rapportés par les agiographes se trouvent sept morts ressuscités, dans ce nombre, un de ses neveux, mon ancêtre, Nicolas d'Alesso (vers 1460), qui le suit par la suite en France.

François de paule

François de Paule.

François de Paule obéit au Pape et va à la cour de Louis XI. Il passe par Naples et par Rome, entre en Provence où la peste étend ses ravages, et les Bollandistes remarquent que, pendant que le saint la traverse, le fléau parait suspendre sa fureur. François soigne Louis XI. Logé dans le palais, l'ermite a plusieurs entretiens avec le monarque, seul à seul, et d'autres conférences devant les seigneurs de la cour. Philippe de Comines raconte qu'en écoutant cet homme, qui n'a aucune connaissance des lettres humaines, et l'entendant s'exprimer, avec une haute sagesse, dans un style abondant et facile, il croit que l'esprit de Dieu parle par sa bouche. Enfin, sous l'influence de ses exhortations, Louis XI se résigne, dans ses terreurs de la mort, aux volontés du ciel, et meurt dans les bras du pieux ermite, le 13 août 1483.

Charles VIII, monté sur le trône, retient François de Paule à la cour. Dans sa vénération profonde, il le visite tous les jours. Il prend son avis même dans les affaires d'état, et veut qu'il tienne et nomme le dauphin, son fils, sur les fonts de baptême. Alors des couvents de minimes s'élèvent en France. Après la mort de Charles VIII (1498), François de Paule veut retourner en Italie; mais Louis XII le retient en le comblant, ainsi que ses parents et ses disciples, d'honneurs et de bienfaits.


Sa familleModifier

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Blason des premiers d'Alesso.

Si l'on en croie l'auteur de la Chronique de son ordre, François est issu d'une illustre famille, dont des revers ont renversé la fortune : Parentes afflictœ per tempus fortunœ , à nobili tamen stirpe originem duxisse perhibentur. François de Paule est le fils Jacques d'Alessio, alias d'Alesso dit Bartotile, aliter Martotile, né vers l'an 1380, mort à l'âge de 95 ans, s'étant fait religieux dans l'ordre des Minimes établi par son fils. Il est selon Notices historiques et héraldiques sur la famille Henin de Cuvillers et sur les différentes maisons qui y sont mentionnées (1789) gentilhomme calabrois, cadet de la noble maison d'Alesso, et porte cependant des armoiries différentes, savoir : D'or, à un phénix de gueules, sur son immortalité de même. Il adopte pour nom distinctif de sa branche le nom de Bartotile, que l'on croit le surnom de son père Bartotile d'Alessio, dont il est le fils puîné ou pour d'autres auteurs le nom de sa mère, une Bartolo. Cependant l'opinion, qui ne fait qu'une seule maison des deux familles, celle de Bartotile ou Martotile, et celle d'Alessio ou d'Alesso, n'est pas exempte de contradiction. On peut voir à ce sujet le Martyrologe des chevaliers de Malte, par le Père de Goussancourt. Il est aussi surnommé Giacomo Martolilla[1].


Blason alesso

Blason des d'Alesso.

Quoi qu'il en soit, ledit Jacques d'Alessio, dit Bartotile ou Martotile, épouse Vienne de Fuxeldo, alias Fuscaldo, aussi d'une famille noble de Calabre, qui porte : De gueules, à la croix d'or[2], née à L’Appunto di Fuscaldo. Ils se sont mariés en 1401 et n'ont pas d'enfant pendant 15 ans. Déjà d'un âge avancé, ils font des prières à saint François d'Assise. Né, l'aîné le futur saint se prénomme donc Francesco. Selon un site catholique : ... tandis que Vienne de Fuscaldo, femme de Jacques Martotille, est en train d’accoucher, des gens aperçoivent sa maison environnée de flammes, comme une auréole de feu, et ils entendent des musiques surnaturelles. Les oracles prédisent que ce nouveau-né étonnerait la chrétienté. Giacomo Martolilla est un personnage bizarre. Il pratique la monophagie, ou usage de ne consommer qu'un repas par jour.

Blason des d'Alesso : Coupé de 8 pièces, 4 en chef et 4 en pointe. Au 1 du chef, de Martotille, au 2, de Chazel Fourchault, au 3, de Bossu, au 4, de Maulandrin ; au 1 de la pointe, de La Saussaye, au 2, de Peloquin, au 3, de Vigny, au 4, de du Buisson ; sur le tout, de d'Alesso, selon le Recueil de blasons gravés, donné par J.-P. de Montchal à Pierre d'Hozier, en 1651.

ALESSO

Jean d'Alesso.

François de Paule a une soeur, Brigitte Martolilla, qui se marie avec Antoine d'Alesso[3]. Ils ont plusieurs enfants, dont :
  • Andrea d'Alesso, qui vient en France avec son oncle, le futur Saint François de Paule. Il est Contrôleur au grenier à sel de Lagny-sur-Marne, seigneur de Leseau et Lyons en Beauce, ministre de la fourrerie du roi, valet du Roi Louis XI, échanson en son hôtel. Son contrat de mariage est fait chez Dionet et Charron, notaires au Châtelet, le 21 juin 1501. Il rédige son testament le 19 juillet 1530 et demande que sa sépulture soit en l'église des Bonshommes, près de Tours. Il est le père de Jean d’Alesso, marié à la soeur de l'évêque de l'évêque d'Oléans, Mathurin de La Saussaye, nièce de Jean de Morvillier, évêque,Garde des Sceaux, Doyen du Conseil d'État. Henri III le charge de composer le discours d'ouverture des États Généraux de Blois, de 1576.
  • Nicolas et Pierre d'Alesso, minimes dans un monastère en France.
  • Angèle et Paul, qui sont restés en Calabre et se marient.


EN ITALIE Modifier

Un enfant très malade et très pratiquantModifier

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François de Paule malade.

Enfant, Francesco contracte une forme grave d'infection à un oeil. Toute sa famille prie saint François d'Assise et lui promet, en cas de guérison, que l'enfant serait placé pour un an dans un couvent franciscain. Il guérit très vite.

Dès son plus jeune âge, Francesco est attiré par tout ce qui touche à la religion et devient très pratiquant. C'est un adolescent humble, docile et obéissant.

À l'âge de treize ans il respecte la promesse faite par ses parents et se retrouve au couvent franciscain de San Marco Argentano (province de Cosenza), où il reste un an, accomplissant ainsi la promesse de ses parents à saint François d'Assise.

Dès son entrée il se signale par son mysticisme, son intérêt pour le surnaturel et nous allons retrouver cela toute sa vie et il va être vénéré pour cela après sa mort. Pendant cette première année au couvent, le petit Francesco est très pratiquant, mais accomplit aussi les corvées, comme la propreté des planchers, la cuisine, le service de la cantine...


Pèlerin, ermite, supérieur général... Modifier

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L'extase de Saint François d'Assise de Giovani Bellini.

Pour acquitter leur vœu à saint François d'Assise en cas de naissance, ses parents le conduisent, à l'âge de douze ans, dans le couvent des cordeliers de Saint Marc. Il y passe une année, vêtu de l'habit de l'ordre de saint François, et édifiant les religieux et le public par sa piété et ses bons exemples. Dès-lors il renonce à l'usage du linge et de la viande, et il mène une vie aussi mortifiée que les plus fervents religieux.

Ses parents étant venus le retirer, il leur témoigne le desir de faire quelques voyages de dévotion, et surtout d'aller a Assise prier saint François, et visiter la chapelle de Sainte-Marie-des-Anges. Donc en 1430, à l'âge de 14 ans, il fait avec sa famille, un long pèlerinage à Assise, mais aussi dans quelques-uns des principaux centres de la spiritualité catholique italienne: Loreto, Rome, l'abbaye du Monte-Cassino, et au Mont Luco. Le faste de la Ville Éternelle lui déplaît. Il fait remarquer à un cardinal que Jésus n'avait pas eu habits si somptueux que lui.

Rentré à Paule, il commence à vivre en ermite, dans un endroit inaccessible, le Patrimoine, situé dans l'une des propriétés de sa famille encore riche, au fin fond de la Calabre. Cette vie dans le désert émerveille les habitants de sa ville natale.

Mais trop souvent distrait par les visites des curieux qu'attire le voisinage de la ville, il cherche sur le bord de la mer une retraite plus secrète. Il la trouve près d'un rocher, dans lequel il se creuse une grotte; et là, il peut se livrer à toute sa ferveur. Il couche sur la roche nue, et ne vit que d'herbes qu'il va cueillir lui-même, ou de quelques aliments grossiers qu'il reçoit de la charité des fidèles.

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Clocher de l'ancienne basilique du Sanctuaire de Saint-François, Paola.

En 1435, il est rejoint par d'autres croyants, attirés par sa renommée de sainteté, et qui s'associent à cette expérience. Ils le reconnaissent comme leur guide spirituel. C'est là le premier noyau premier de l'ordre des Minimes Avec ses douze premiers compagnons, François de Paule construit une chapelle et trois dortoirs. Il devient le supérieur général du nouvel ordre, l'ordre des Minimes, signifiant les derniers entre tous. Ils font vœu d'humilité, se livrent surtout à l'exercice de la charité et se font appeler les ermites de saint François d'Assise.

Jamais fondateur d'ordre n'a commencé à l'être dans l'âge de François de Paule : il n'a que dix-neuf ans nos dit le Dictionnaire universel des sciences morale, économique, politique et diplomatique; ou ... , de Jean-Baptiste-René Robinet .

Aux premières adhésions, ils en s'ajoutent beaucoup d'autres. Elles sont tellement nombreuses d'ailleurs que le 31 août 1452 le nouvel archevêque de Cosenza, monsignor Phyrrus Caracciolo, accorde l'approbation diocésaine pour fonder un oratoire, un monastère et une église. L'édification du nouveau monastère est l'occasion pour les nobles de sa ville de lui attester leur estime profonde. Ils travaillent de leurs mains pour en hâter la construction et leurs épouses et leurs filles aussi.


Congregazione eremitica paolana di San Francesco d'Assisi Modifier

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Saint François de Paule aux pieds de Sixte IV.

La réputation de sainteté de Francesco se répand rapidement et à un tel point tellement qu'en 1467 le pape Paul II envoie à Paule son émissaire pour avoir des nouvelles de l'ermite calabrais.

Rentré à Rome, l'envoyé pontifical, Baldassarre de Gutrossis présente un rapport objectif sur la vie de prière et d'austérité qui règne dans ce monastère.

Le 4 juillet 1467, quatre cardinaux signent la lettre qui accorde l'indulgence à ceux qui ont contribué à la construction de l'église du monastère de Paule, ainsi qu'à ceux qui l'ont visitée.

En 1470 commence le procédé juridique-canonique pour l'approbation définitive du nouvel ordre d'ermites. La cause du paolana est défendue par monsignore Baldassarre da Spigno. Dès l'origine, le mouvement érémitique de Francesco Martolilla se caractérise par une alimentation dont la chair, les œufs, les laitages et tous leurs dérivés sont proscrits, dixit Pincio, d'Henri Broise et Vincent Jolivet, École française de Rome (2009).

Le 17 mai 1474, le pape Sixte IV reconnait le nouvel ordre officiellement avec la dénomination : Congregazione eremitica paolana di San Francesco d'Assisi.

La reconnaissance de la règle d'extrême austérité vient par contre avec le pape Alexandre VI, en concomitance avec le changement du nom en celui encore actuel, d'ordre des Minimes.

François, homme de grande taille, ne se tient pas droit, sous le poids des mortifications. Il ne change pas de vêtements et porte une robe de bure, comme ses parents avant-lui. Le futur saint ne se rase pas et se lave rarement. La légende nous dit que son corps, bien entendu très odoriférant, sent l'ambre gris ou le musc. Il erre sur les chemins rocailleux de Calabre et de Sicile, sans chaussures et couche à même le sol, comme certains animaux sauvages. L'ermite ne mange qu'une fois par jour après le coucher du soleil de l'herbe et des racines[4]. Il passe également de nombreux carêmes entiers sans manger.


Les nouveaux monastères Modifier

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vue générale de l'église couvent des Minimes de la Place Royale à Paris.

Avec cette approbation, les ermitages, sur le modèle de celui de Paule, deviennent nombreux en Calabre et en Sicile. L'Annonciade à Paterno Calabro en 1472, Spezzano della Sila, en 1474, la Très-Sainte-Trinité à Corigliano Calabro, en 1476, Jésus et Marie à Cortone, et Milazzo, en 1480, sont les plus actifs.

Francesco devient, donc, un point de référence essentielle pour les catholiques et pour les pauvres de sa terre natale. À lui, ils s'adressent pour des conseils de caractère spirituel, mais aussi pour conseils des conseils sur leur vie matérielle.

Le royaume de Naples est à cette est à cette époque une sorte de protectorat des Aragonais qui ont instauré un régime colonial au détriment de la population. C'est dans ce contexte historique que François de Paule se donne la mission de diffuser la foi chrétienne.


Les miracles Modifier

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Saint François de Paule traversant le détroit de Messine.

Les phénomènes surnaturels attribués à Francesco ne manquent pas :
  • la guérison d'un garçon atteint d'une plaie incurable à un bras, guérie avec des herbes communes banales,
  • des aveugles voient,
  • des lépreux sont guéris,
  • des malades mentaux redeviennent normaux,
  • le jaillissement miraculeux d'une source du Cucchiarella, qu'il fait jaillir en frappant avec un bâton une roche, près du couvent de Paule,
  • les pierres du miracle qui restent en équilibre instable pendant au lieu de tomber sur le couvent
  • la traversée du détroit de Messine sur son manteau étendu, après que le patron de barque Maso lui a refusé de le faire passer avec quelques disciples gratuitement. Ce qui va faire de lui le patron des marins italiens.

Enfant, il dépose avec ses doigts des charbons ardents dans l'encensoir, sans se brûler. Par la suite, il fait la prophétie que la ville d'Otrante va tomber aux mains des Turcs en 1480, mais être reconquise par le roi de Naples.

Et puis François de Paule ressuscite, parait-il, sept morts, ce qui va faire que cet ermite va se retrouver à la cour des rois de France.


EN FRANCE Modifier

A la cour de Louis XI Modifier

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Louis XI reçoit saint François d'Assise.

Louis XI ne veut pas mourir. Il veut se faire soigner par des saints qui accomplissent des miracles. Tous refusent, sauf notre un anachorète (= ermite) de Calabre qui accepte sur l'injonction du pape. Ce disciple de saint François va peser d'un poids politique considérable sur le Royaume de France, nous dit dans Raison d'État, raison de Dieu: politique et mystique chez Jeanne de France, Jean-François Drèze (1991).

Depuis 1481, François de Paule vit à la cour de Ferdinand Ier de Naples. Mais comme celui qu'on surnomme désormais le saint homme, a la réputation d'opérer des guérisons miraculeuses, il ne va pas pouvoir regagner Paule. Les marchands napolitains parlent de ses miracles à Louis XI, dangereusement malade et le souverain écrit au Pape Sixte IV, qui envoie deux brefs à François de Paule[5] pour lui ordonner d'aller en France. Il obéit à ce commandement. Le roi espère être guéri par ses prières. Avant sa venue à la Cour, le roi croyait prolonger ses jours en s'entourant de reliques, mais malgré cela ses jours sont comptés.

Le Pape et le roi de Naples profitent de l'occasion pour renforcer les rapports fragiles avec la grande puissante de l'époque, la France. Leur but est de trouver un accord pour abolir la Pragmatique Sanction de Bourges de 1438. Ce roi et le Pape doivent convaincre Francesco à laisser sa terre natale pour traverser les Alpes, et à abandonner son style de vie austère et se retrouver à la Cour de France.

Sacré voyage d'ailleurs, François de Paule est attaqué par des pirates, le petit navire qui le conduit d'Ostie à Marseille se retrouve aussi en pleine tempête. Bref, arrivé là encore très, miraculeusement à Marseille, notre ermite ne peut débarquer, car la Provence est ravagée par la peste. Toutefois il réussit à débarquer à Bandol. Là, il soigne les malades par l'apposition des mains et cela semble avoir des effets positifs, car il fait tellement de nouveaux adeptes, qu'il crée le couvent Notre-Dame-de-la-Pitié à Fréjus.

Accueilli partout avec de grandes marques de respect et de dévotion, François de Paule le Dauphiné, Lyon et le Bourbonnais au château de Plessis-lez-Tours, le 24 avril 1482. Le Roi se jette à ses pieds et implore ses bénédictions. Il le flatte, il le supplie et fait construire deux couvents de son ordre...[6].

Mais le pieux ermite, rendu sur place, ne peut que préparer le roi, comme son médecin payé 10.000 écus par mois, à se résigner et à mourir chrétiennement. Louis XI décède le 30 août 1483, à l'âge de 60 ans.


Du temps de Charles VIII de France et Louis XIIModifier

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François de Paule reçu par le roi de France Charles VIII.

Après la mort de Louis XI, François de Paule va rester un quart de siècle à la cour de France, où il est protégé par Charles VIII et Louis XII.

Affectueusement surnommé le bonhomme par le peuple, qui le vénère, mais aussi par la cour, par dédain[7], ce simple frère-laïc bénit inlassablement cierges et chapelets. Pourtant il gouverne à merveille la vie spirituelle des prêtres, évêques et rois. Il sait se faire apprécier des plus humbles, comme des savants de la Sorbonne. Il a son logement au château de Plessis-lez-Tours. Jacques-Bénigne Bossuet nous dit que : Cependant l'incomparable François de Paule est solitaire jusque dans la Cour... François ne trouve rien qui soit digne de lui que le ciel.[8]. Et Bossuet ajoute : François de Paule, Ô l'ardent amoureux ! Il est blessé, il est transporté on ne peut le tirer de sa chère cellule, parce qu'il y embrasse son Dieu en paix et en solitude.

Beaucoup de franciscains religieux, bénédictins et ermites, fascinés par son style de vie, se joignent à lui en France, comme par le passé en Italie et contribue ainsi à l'universalisation de l'ordre des Minimes. François de Paule établit en France quelques maisons de son ordre. En 1489, Charles VIII fait bâtir les couvents de Tours et d'Amboise qu’il dote de précieux privilèges.

Lors de la Guerre franco-bretonne (1489-1491), François de Paule plaide pour un mariage entre Anne de Bretagne et Louis XII, qui établirait la paix. La reine Anne de Bretagne fonde le couvent royal de Notre-Dame-de-Toutes-les-Grâces, à Chaillot et un monastère à Gien.

François de Paule meurt dans le monastère qu’il avait fondé au château de Plessis-lez-Tours, le Vendredi saint de l'an 1507. Coïncidence ou récompense divine pour un saint qui avait commencé sa retraite à 12 ans[9] ?


Après sa mort Modifier

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Saint François de Paule accueilli dans les cieux par la Sainte Trinité.

François de Paule est encore à l'origine d'un miracle après sa mort. Son corps, selon ses proches, resté sans sépulture durant onze jours, demeure sans corruption, et rend même une odeur agréable.

En 1507, on ne compte pas moins de 13 couvents dans le royaume de France, puis 38 en 1600 et plus de 150 à la fin du XVIIe s.. L'ordre des Minimes, après l'Italie et la France en Espagne, où les religieux reçoivent arrivent après les succès remportés par Ferdinand II d'Aragon sur les Maures. Dans le Saint Empire, l'empereur Maximilien Ier du Saint Empire les accueille avec dévotion.

Les Minimes respectent une partie de ses règles de vie. Pendant des siècles, ils portent une robe de drap grossier de couleur noire qui descend jusqu'aux talons, une ceinture de laine nouée de cinq nœuds. Ils ne peuvent quitter cet habit ni le jour, ni la nuit. Il leur est interdit de porter des chaussures fermées, sauf en voyage, sabots de bois ou sandales rappelant aux moines qu'ils sont parmi les plus pauvres. En voyage ils vont à pied ou sur le dos d'un âne ou, seulement lorsqu'ils ne trouvent pas d'âne, sur un mulet ou un cheval.

Jules II, en 1512, permet l’ouverture d’un procès apostolique en vue de la canonisation de François de Paule. Léon X qui, par le bref Illius, daté du 7 juillet 1513, avait autorisé son culte privé, le canonise, le 12 mai 1519, par la bulle Excelsus Dominus, la première canonisation de son pontificat, qui loue en saint François de Paule la force confondue par la faiblesse, la science qui enfle cédant à la simplicité qui édifie[10].

Pendant la révolution religieuse du XVIe s., sa dépouille mortelle est brûlée par des réformés.

La famille de François de Paule est éteinte. Mais après la mort du dernier des d'Alesso, les La Saussaye et les Le Fèvre d'Ormesson ont tenu à l'honneur de mettre au nombre de leurs prénoms celui du célèbre consolateur des derniers jours de Louis XI[11]. Le 2 avril 1745, à Paris, dans l’église des Minimes, Jean-Baptiste Massillon prononce le panégyrique de saint François de Paule devant le chancelier Henri François d'Aguesseau et sa femme, Jeanne d’Ormesson, qui descend de la sœur du saint, Brigitte d’Alesso[12].


--De Diderot mars 1, 2012 à 10:50 (UTC)

Notes et références de l'article Modifier

  1. Le site officiel de l'Ordre des Minimes l'appelle Martolilla, ce qui veut dire, propriétaire terrien. L'appellation française est "Martotille" ou Martorel, (Godescart, cité par Héraldique et Généalogie).
  2. Des seigneurs de Chastel-Fourgatel, B.N. Mss D.B. N° 11.
  3. Selon Le Toscan, mais cela reste à vérifier, les d'Alesso sont originaires de la province de Cosenza et de condition nobiliaire. Héraldique et Généalogie précise aussi que le beau-frère du futur saint est son cousin issu de germains, d'où le patronyme commun.
  4. Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les ..., par Hoefer (Jean Chrétien Ferdinand), p. 479
  5. Dictionnaire universel des sciences morale, économique, politique et diplomatique; ou ... Par Jean-Baptiste-René Robinet, Réd Robinet, p. 161
  6. Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle, Par Pierre Bayle, Pierre Desmaizeaux, Eusèbe Renaudot, Anthelme de Tricaud, p. 414
  7. Bossuet écrit qu'il les regarde avec mépris
  8. Oeuvres complètes de Bossuet, Par Jacques Bénigne Bossuet, p. 450.
  9. Oeuvres complètes de Bossuet, Par Jacques Bénigne Bossuet, p. 45.
  10. Saint François de Paule
  11. Héraldique et Généalogie, 92.II.384.
  12. Saint François de Paule


Liens et documents externes Modifier


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