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Drapeau d'Ordonnance.

Régiment de la Ferté Senneterre, dit de la Ferté.

Ce régiment d'infanterie de campagne[1] est levé par Henri II, duc de La Ferté-Senneterre (1599-1681), sous commission royale le 20 mai 1651, sous le nom de la Ferté Senneterre, du nom de son propriétaire[2]. Mais il est communément appelé Régiment de la Ferté.

Henri II, duc de La Ferté-Senneterre (1599-1681) est maréchal de France, en 1651, et gouverneur de la Lorraine. Le duc, qui n'est encore que marquis, lève son régiment dans son gouvernement de Lorraine. Il est surtout formé à partir des compagnies franches du Sieur des Fourneaux, officier distingué de ce temps. Nous trouvons dans un livre intitulé, généalogie de la maison de Senneterre, qu'il fut levé en 1645 et qu'il étoit de quarante compagnies [3].

Si La Ferté intervient de façon brutale pour rétablir la discipline chez ses soldats qui se livrent facilement au chapardage, lui-même ne s'impose aucune limite et vit abusivement sur le pays. Il est vrai qu'en ces temps troublés, ses gages de 18.000 livres n'étaient pas toujours payés dans les temps.

Le régiment de la Ferté porte : habit gris-blanc, paremens bleus, boutons de cuivre, chapeau bordé d'or. Le Drapeau de la Colonelle est blanc, les deux autres rouges & noirs, par opposition, & croix blanches[4].

Le régiment de la Ferté est engagé lors de différentes campagnes et expéditions.

Guerre de la Fronde (1651 - 1653) Modifier

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Henri de Senneterre.

Lieutenant général depuis 1648, Henri II, duc de La Ferté-Senneterre (1599 - 1681) est intronisé maréchal de France le 5 janvier 1651 et reste fidèle à Anne d'Autriche et à Mazarin pendant la Fronde, cette guerre civile qui déchire la France de 1648 à 1652.

Le duc de Lorraine, Charles IV, est en rébellion. Le régiment, en 1651, participe à la prise de Vichery, de Mirecourt et de Chastel. Le lieutenant-colonel de Paillet, le major de Bourgoing et le capitaine de Gibaume se font remarquer devant Chastel. Cette première campagne se termine par la prise d’Épinal et le siège de Ligny, dont la conquête est particulièrement coûteuse en vies pour le régiment.

En 1652, le maréchal le conduit à l’armée royale. Il arrive, le 25 juin, à Provins, fait sa jonction avec Turenne à Lagny, se trouve, le 2 juillet, au combat du faubourg Saint-Antoine, où il prend la place des régiments des Gardes et de La Marine, mis en désordre dans la rue de Charonne, et quitte, en septembre, le camp de Villeneuve-Saint-Georges pour aller au secours des places du Barrois. Il arrive trop tard, et doit faire de nouvelles actions de vigueur pour reprendre le château de Ligny, qui ne capitule que le 22 décembre[5].

Guerre avec l’Espagne (1653 - 1659) Modifier

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Maréchal de La Ferté (à cheval) s'emparant de Belfort.

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Valenciennes, 1656.

Le régiment s’établit alors à Nancy. Il sert, en 1653, à la prise de Rethel et de Mouzon, et passe l’hiver devant Belfort, qui ne se rend que le 7 février 1654, après un siège de cinquante-neuf jours.

Après un repos dans cette place, le Régiment de La Ferté marche au secours d’Arras investi par les Espagnols. Le Régiment de La Ferté retourne ensuite en Lorraine, fait le siège de Clermont-en-Argonne, et, dirigé par le lieutenant-colonel de Paillet, se comporte avec une rare valeur, le 8 novembre, à l’attaque du fort de l’Eglise.

On le trouve, en 1655, devant Landrecies ; dans la nuit du 31 juillet au 1er août, il fait la descente du fossé de l’ouvrage à cornes, et ouvre la route au régiment des Gardes qui, le soir même, monte à l’assaut.

Le Régiment de La Ferté assiste encore à la prise de Condé et de Saint-Ghislain et va passer l’hiver dans les environs de Metz.

En 1656, le Régiment de La Ferté est au siège de Valenciennes. Dans la nuit du 5 au 6 juillet, il attaque avec vigueur le chemin couvert, mais échoue comme le régiment de Piémont avait échoué quelques jours auparavant. Cette affaire lui coûte le brave lieutenant-colonel Paillet : plus du tiers de son effectif est mis hors de combat. Le lendemain, cependant, il reprend une traverse d’où le régiment de Mazarin vient d’être chassé. Dans la nuit du 15 au 16, le prince de Condé attaque nos lignes, et fait prendre aux Espagnols leur revanche d’Arras. Condé détruit la résistance française[6]. Don Juan José de Austria se distingue en raison de son action courageuse, déchaînant ses forces sur les lignes françaises[7]. Turenne puis repousse une fausse attaque de l'Espagnol dans ses lignesquartiers, et va appuyer le Maréchal de La Ferté , mais c'est en vain, de sorte qu'il se sent obligé de reculer aussi loin que Quesnoy, où il réorganise ses forces[8].

L'espagnol capture 400 officiers français, dont le Maréchal de La Ferté, Turenne et 4.000 soldats[9], y compris leurs effets et provisions, dont un convoi composée de 50 canons et toute la correspondance du commandement français avec la cour, ce qui leur permet de connaître les forces ennemies[10]. De l'armée de La Ferté seuls 2.000 hommes réussissent à s'échapper après avoir jeté leurs armes et fuit complètement démoralisés[11]

Le maréchal de La Ferté demeure prisonnier. Vauban, alors capitaine au corps, est dangereusement blessé. Henri II, duc de La Ferté-Senneterre (1599-1681), prisonnier à Valenciennes en 1656, a sa rançon payée par Louis XIV.

Les débris du Régiment vont se reformer et se recruter en Lorraine, et en 1657, La Ferté reparaît au siège de Montmédy, où il s’empare, 23 juillet, d’une place d’armes après un combat de nuit dans lequel Vauban reçoit encore trois blessures. Ce dernier commande depuis 1656 une compagnie du Régiment de La Ferté[12].

En 1658, La Ferté est à l’armée de Flandre. Au siège de Gravelines, dans la nuit du 14 au 15 septembre, le capitaine de Mornas, lieutenant-colonel en 1661, s’empare d’une traverse, chasse l’ennemi de la tenaille et prend une pièce de canon. Mornas a une jambe brisée par une balle de mousquet. Le 19, Vauban, qui ala direction d’une partie des travaux du siège, se met à son tour à la tête du régiment et enlève la contrescarpe de l’ouvrage à cornes. Vauban reçoit encore là trois blessures. La ville est reprise pas La Ferté [13].

Le Régiment de La Ferté termine cette campagne par la prise d’Audenarde et de Furnes, et retourne dans ses quartiers de Bar et de Ligny[14].

Expédition contre les Turcs (1661 - 1671) Modifier

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Reddition de Marsal (Vauban et La Ferté sont à droite).

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Bataille de Saint-Gothard.

Le 4 avril 1661, les sept compagnies qui sont à Bar évacuent cette ville rendue au duc de Lorraine, et vont à Nancy, où elles sont employées à la démolition des fortifications, ainsi qu’il avait été stipulé dans le traité de paix.

En 1663, le duc n’a pas rempli tous ses engagements. Le régiment est réuni au camp de Nomény, et le 1er septembre, 20 compagnies, commandées par Vauban, se présentent devant Marsal, qui ouvre ses portes le 4. La Ferté y est mis en garnison.

En 1664, une portion du corps fait partie du secours envoyé à l’empereur attaqué par les Turcs, elle décide avec le régiment de Turenne le succès de la bataille de Saint-Gothard, en Hongrie, en faisant une dernière et terrible charge sur les troupes ottomanes qui ont réussi à franchir la Raab.

En récompense des bons et loyaux services du maréchal, son marquisat de La Ferté-Senneterre est élevé à la dignité de duché-pairie par Louis XIV en novembre 1665.

Le reste du régiment part en 1665 avec M. de Pradel pour aller combattre l’évêque de Münster, qui cherche une mauvaise querelle aux Hollandais. Ce détachement passe l’hiver à Bois-le-Duc, et le 11 février 1666, conduit par le major d’Espagne, il combat avec la plus valeur à Ouden-Bosch : il tue plus de 600 hommes à l’ennemi. Il rentre en France en juillet.

En 1667, le Régiment de La Ferté fait les sièges de Tournai, Douai, Lille et Charleroi. Il entre en garnison dans cette dernière place, et au commencement de l’hiver il est dirigé sur la Bourgogne.

Le Régiment de La Ferté sert en février 1668 au siège de Dôle, reste dans cette ville après sa prise et l’évacue le 10 juin après avoir rasé les fortifications, conformément au traité d’Aix-la-Chapelle[15].

Guerre de Hollande (1672 - 1678) Modifier

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Bivouac des soldats du Régiment de La Ferté.

Saulnier

Mon ancêtre, François Saulnier du Mesnil, est capitaine dans ce régiment.

Le régiment fait la campagne de 1672 contre la Hollande. Etabli d’abord à Vizet sur la prière de l’évêque de Liège pour garantir cette place contre les entreprises des Hollandais, il rejoint bientôt le prince de Condé et prend part aux sièges de Zütphen et de Nimègue. Le jeune duc de La Ferté, à peine âgé de 16 ans, et qui fait ses premières armes, se distingue par sa bravoure et son zèle.

L’année suivante, le régiment sert au siège de Maastricht, puis il passe à l’armée de Turenne et est mis en garnison à Philippsbourg, où il est resté jusqu’au 12 juin 1674.

Sorti de cette place avec les régiments de Champagne et de Plessis-Praslin, le Régiment de La Ferté se couvre de gloire le 14 juin à l’attaque du poste de Burghausen. Les grenadiers, conduits par le capitaine de Laubanié, vont à découvert jusqu’au pied des murailles, rompent la première porte à coups de hache, mettent le feu à la seconde, et s’élançant dans la cour du château, y engagent un combat corps à corps avec la garnison qui est taillée en pièces. Ce beau fait d’armes ne coûte à La Ferté que six grenadiers : Laubanié et trois autres capitaines sont blessés.

Le surlendemain, à Seintzheim, le régiment est à l’extrême droite avec Plessis-Praslin et s’empare des jardins terrassés qui couronnent le village. Il combat encore à Ensheim et rentre dans Philippsbourg.

Le Régiment de La Ferté en sort au milieu de l’hiver pour se trouver au combat de Durckheim, puis au siège du château de Dachstein, dernière place de l’évêque de Strasbourg qui reste au pouvoir des Impériaux. Le 28 janvier, les grenadiers de La Ferté, soutenus par ceux de Douglas, donnent l’assaut à la tour et s’en rendent maîtres : le régiment autrichien de Koenig, fort de 1 000 hommes, 13 drapeaux et 11 pièces de canon sont les trophées de ce fait d’armes.

Le Régiment de La Ferté franchit bientôt le Rhin et opère dans le pays de Bade jusqu’à la mort de Turenne.

Le Régiment de La Ferté est le 24 juillet au combat d’Offenbourg. Quand l’armée, privée de son chef et battant en retraite, est attaquée au passage du pont d’Altenheim, il fut un des corps qui se ménagèrent le moins, et qui par des efforts incroyables parviennent à arrêter l’élan de l’ennemi.

Le duc de La Ferté reçoit là une blessure très grave. Rentré en France, le régiment contribue à faire lever les sièges d’Haguenau et de Saverne. Il combat, en 1676, à Kokersberg, et en 1677 il prend part à l’attaque du camp du prince Charles de Lorraine, à la défaite du prince de Saxe-Eisenach et au siège de Fribourg, dont il emporte les dehors le 13 novembre : le colonel y est blessé, et avec lui le major de Laubanié.

En 1678, on voit La Ferté à l’attaque du pont de Rheinfeld, au combat de Seckingen, à celui de la Kintzig, à la prise de Kehl et du château de Lichtemberg. Le Régiment de La Ferté s’empare, le 24 octobre, avec Normandie, du fort de Graffenstadt, près de Strasbourg, et il termine cette guerre de 1679 à Minden[16].

Occupation de Strasbourg (1681) Modifier

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Mis en garnison à Fribourg après la cessation des hostilités, il fournit un détachement pour l’occupation de Strasbourg, 3 octobre 1681,

Le Régiment est appelé au camp de La Sarre en 1683.

Le 8 mai 1684, La Ferté ouvre la tranchée devant Luxembourg avec Champagne. Le 14, il fait des efforts prodigieux pour se loger sur le chemin couvert : il perd dans cette occasion le major Menoux, le capitaine Patigny et le lieutenant Renoncourt ; dix autres officiers sont blessés[17].

Le régiment retourne sur La Sarre après la prise de Luxembourg, pour être employé aux défrichements entrepris sur le bord de cette rivière.

Régiment de la Sarre Modifier

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En 1685, Henri II, duc de La Ferté-Senneterre (1599 - 1681) démissionne avant de décéder, le régiment prend alors le nom de Régiment de la Sarre, sous le commandement du Comte de Braque.

Notes et références Modifier

  1. Les oisivetés de monsieur de Vauban, ou ramas de plusieurs mémoires de sa façon sur différents sujets, Les Classiques de Champ vallon, Sébastien Le Prestre de Vauban, Michèle Virol, Champ Vallon, 2007.
  2. La Science Des Personnes De Cour, D'Epée Et De Robe : Qui contient un Dictionnaire du Manege; ... Volume 6, Numéro 2, S. D. V. de Chevigny, Pierre Massuet, Henri Philippe de Limiers, Éditeur Chatelain, 1752.
  3. Dictionnaire géographique, historique et politique des Gaules et de la France, Dictionnaire géographique, historique et politique des Gaules et de la France, Louis Alexandre Expilly, 1764.
  4. La Science Des Personnes De Cour, D'Epée Et De Robe : Qui contient un Dictionnaire du Manege; ... Volume 6, Numéro 2, S. D. V. de Chevigny, Pierre Massuet, Henri Philippe de Limiers, Éditeur Chatelain, 1752.
  5. Painvin, Achille Paul Arsène, 1857, Régiment d'infanterie, 51e, Beauvais, D. Pere 1891.
  6. Rodríguez, Ignacio Ruiz, Don Juan José de Austria en la Monarquía Hispánica: Entre la política, el poder y la intriga. Madrid. Dykinson 2007.
  7. Rodríguez, Ignacio Ruiz, Don Juan José de Austria en la Monarquía Hispánica: Entre la política, el poder y la intriga. Madrid. Dykinson 2007.
  8. Rodríguez, Ignacio Ruiz, Don Juan José de Austria en la Monarquía Hispánica: Entre la política, el poder y la intriga. Madrid. Dykinson 2007.
  9. Martín Sanz, Francisco, La política Internacional de Felipe IV. Segovia 2003.
  10. Rodríguez, Ignacio Ruiz, Don Juan José de Austria en la Monarquía Hispánica: Entre la política, el poder y la intriga. Madrid. Dykinson 2007.
  11. Stanhope (5th earl.) Philip Henry (2005) The life of Louis, Prince of Condé, surnamed the Great.
  12. Les oisivetés de monsieur de Vauban, ou ramas de plusieurs mémoires de sa façon sur différents sujets, Les Classiques de Champ vallon, Sébastien Le Prestre de Vauban, Michèle Virol, Champ Vallon, 2007.
  13. Martin Barros, Nicole Salat et Thierry Sarmant. Vauban. L’intelligence du territoire, Nicolas Chaudun et Service historique de l'armée, Paris, 2006.
  14. Painvin, Achille Paul Arsène, 1857, Régiment d'infanterie, 51e, Beauvais, D. Pere 1891.
  15. Painvin, Achille Paul Arsène, 1857, Régiment d'infanterie, 51e, Beauvais, D. Pere 1891.
  16. Painvin, Achille Paul Arsène, 1857, Régiment d'infanterie, 51e, Beauvais, D. Pere 1891.
  17. Painvin, Achille Paul Arsène, 1857, Régiment d'infanterie, 51e, Beauvais, D. Pere 1891.

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