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La prise de Pékin à la fin du siège.

Le film, Les 55 jours de Pékin correspond au siège, du 20 juin au 14 août 1900, des légations internationales à Pékin, lors de la révolte des Boxers. Menacés par les révolutionnaires de ce mouvement paysan nationaliste et donc anti-chrétien, 650 soldats et volontaires civils, Européens, mais aussi Japonais et Américains protègent leurs femmes et leurs enfants, mais aussi 2.800 réfugiés chinois dans le quartier des légations de Pékin. Ils sont assiégés par les Boxers et l'armée impériale. La Chine déclare la guerre à toutes les puissances étrangères[1].

Les étrangers et les chrétiens chinois dans le quartier des légations vont survivre à un siège de 55 jours par l'armée Qing et les Boxers. Le siège est brisé par une force militaire internationale qui, venant de la côte de la Chine, défait l'armée des Qing, et occupe Pékin. Il délivre les otages. Le siège est, selon le "New York Sun", l'épisode le plus excitant qu'ait jamais connu la civilisation[2].

A environ trois miles de distance du quartier des légations une autre poche de résistance, la cathédrale de Peitang, est défendu par 30 marins français et 10 marins italiens. Ils évitent le massacre de 3.420 civils, dont 71 Européens.



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Shiba Gorō, le plus célèbre des défenseurs.






Avant le siège Modifier

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Quartier des légations Modifier

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Le quartier des légations en 1900.

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La rue des Légations à Pékin.

À la suite de la défaite chinoise durant la Seconde guerre de l'opium (1856-1860), le Zongli Yamen (Ministère des Affaires étrangères) établit ces bureaux dans un quartier de Pékin. Des légations étrangères viennent alors s’y installer également. Le quartier des légations fait environ 2 km². Il est situé dans la zone de la ville assignée par le gouvernement des Qing aux légations étrangères.

En 1900, il y a 11 légations situé dans le quartier ainsi que d'un certain nombre d'entreprises et d'établissements bancaires étrangers. Des maisons et entreprises chinoises y sont aussi installées. Les douze missions chrétiennes de Pékin ne se trouvent pas dans le quartier des légations, mais plutôt dispersées autour de la ville. Au total, il y a de nombreux ressortissants des pays occidentaux et du Japon résidant dans la ville : 473 civils, dont 225 hommes, 149 femmes, 79 enfants[3]. Onze nationalités sont représentées : Grande Bretagne, Etats-Unis, Allemagne, France, Japon, Italie, Russie, Belgique, Pays Bas, Espagne, Autriche-Hongrie.

Le 2 juin, l'hostilité de la population et des Boxers devient telle que les diplomates mettent en place un périmètre de sécurité autour des légations. Heureusement pour eux 450 militaires occidentaux pénètrent dans la capitale chinoise pour protéger les délégations étrangères. L'extrémité nord du quartier des légations est le début de la Cité Impériale où réside l'impératrice douairière Cixi. À l'extrémité sud est l'énorme muraille datant des invasions tartares qui entourent la ville. Les extrémités est et ouest sont des rues principales de Pékin, donc des positions guère faciles à défendre.



Tensions croissantes Modifier

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Boxers venant à Pékin attaquer les chrétiens et les diplomates étrangers.

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Boxers autour de Pékin.

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6.000 chrétiens sont assassinés rien qu'à Pékin.

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Prise des forts de Dagu par les alliés.

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Assassinat du baron von Ketteler.

Au début du siècle, la Chine se voit dépecée par les puissances occidentales. Ces dernières (Grande-Bretagne, France, Russie, Allemagne, auxquelles il faut ajouter le Japon) obligent la Chine à ouvrir ses frontières aux produits étrangers et à importer de l'opium, qui empoisonne les élites chinoise. La Chine lors de plusieurs guerres est battue. Les alliés imposent aussi les missions chrétiennes. Des traités iniques font que les étrangers et les entreprises étrangères en Chine se vient accordés des privilèges et immunités spéciales par rapport à la loi chinoise.

En 1900, la dynastie Qing qui gouverne la Chine depuis plus de deux siècles est décadente. La culture chinoise subit un assaut à la fois des religieux et laïques d'une culture étrangère puissant voulant dominer l'Empire.

En janvier 1900, un édit de l'impératrice reconnait les sociétés secrètes boxers. À partir de mai 1900, la cour impériale arme des milices à Pékin et dans le nord-est de la Chine. Les groupes de Boxers présents dans la capitale sont commandés par deux princes (Duan et Chuang), et un général (Kang-i).

Au début du mois de mai 1900 les rues de Pékin pullulent de Boxers et la nuit des charrettes d’armes commencent à entrer clandestinement dans la ville. Les exécuteurs du Ciel comme ils aiment à se nommer veulent s'emparer du quartier des légations, massacrer les diplomates et leurs familles, mais aussi des milliers de chrétiens chinois.

A partir du 20 mai 1900, l’étau se resserre autour de la capitale. Pendant ce temps à Pékin, des tracts enflammés circulent promettant la protection de Kouang Ti, le Dieu de la Guerre, à tous ceux qui partiront en croisade contre les diables étrangers.

Le 29 mai la situation s’aggrave avec la totale rupture des communications vers l’extérieur : plus de télégraphe, plus de courrier, des rails arrachés sur des dizaines de kilomètres. Le ministre britannique à Pékin, Sir Claude MacDonald, est plutôt lent à reconnaître le danger jusqu'à ce qu'il se sente menacé personnellement[4].

Néanmoins du 31 mai au 2 juin, plus de quatre cent quarante marins de Grande Bretagne, des Etats-Unis, d'Allemagne, France, Japon, Italie, Russie etAutriche-Hongrie arrivent dans la capitale[5]. Dans les légations, malgré les messages apaisants du palais, on conçoit des plans de défense, distribue des armes, fait des tours de garde...

Le 7 juin 1900, d'autres groupes de Boxers commencent à arriver en masse à Pékin[6]. La révolte atteint son paroxysme.

Le 10 juin 1900, le ministre japonais Sugiyama est assassiné. Une force de secours de 2.100 soldats essaie d'atteindre Pékin, mais elle rencontre une vive résistance après avoir quitté Tientsin et n'arrive pas à percer les lignes de défense chinoises ce 10 juin[7].

Le 17, l'armée impériale reçoit l'ordre de soutenir ouvertement les insurgés. Ils changent leur slogan hostile au pouvoir impérial en Soutenons les Qing, détruisons les étrangers.

Le 19 Juin, l'impératrice envoie une note diplomatique à chacune des légations à Pékin pour les informer de l'attaque sur Dagu et ordonnant à tous les étrangers de quitter Pékin pour Tianjin dans les 24 heures. Sinon, dit la note, La Chine ne pourra plus assurer leur sécurité.

Lors de la réception de cet ordre, les diplomates se réunisssent et conviennent qu'il serait suicidaire de quitter le quartier de la légation et d'essayer de gagner au milieu de militaires, miliciens et paysans insurgés.

Le lendemain matin, le 20 Juin, le baron von Ketteler, le ministre allemand, propose d'en rediscuter avec le ministère chinois des Affaires étrangères. Les Boxers organisent un soulèvement nationaliste à Pékin, au cours duquel le représentant allemand, le baron von Ketteler, est assassiné, et ils mettent le quartier des légations étrangères en état de siège[8]. Comme c'est un officier mandchou, le Capitaine En Hai de la Hushenying, qui est l'auteur du crime tous les citoyens occidentaux à Pékin se réfugient dans le quartier des légation. Ainsi, commence le siège de 55 jours.






Boxers Modifier

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Les Poings de la justice et de la concorde Modifier

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Terroristes boxers.

Les autorités divergent quant à l'origine des Poings de la justice et de la concorde, dits Boxers. Ils sont devenus de premier plan dans le Shandong en 1898 et se propagent vers le nord en direction de Pékin. C'est un mouvement paysan, lié aux sociétés secrètes nombreuses en Chine depuis des siècles. Les boxers qui doivent leur nom au missionnaire américain, Arthur H. Smith qui assistent à leurs rituels acrobatiques qui comprennent arts martiaux, maniements d'épées, prières et incantations. Les membres de Ces milices pratiquent le kung fu, dit boxe chinoise[9].

Comme les autres mouvements ennemis de l'Occident et millénaristes à travers le monde, les Boxers croit que leurs rituels rendent les invulnérables aux balles. Les pratiques religieuses et magiques des Boxers Ont "comme objectif primordial l'octroi d'une protection et de la sécurité émotionnelle face à un avenir rempli de dangers. Les Boxers n'ont pas d'organisation centrale mais sont organisées au niveau des villages.

Les Poings de la justice et de la concorde sont xénophobes et donc ennemis des chrétiens. Ils tuent aussi les ingénieurs et les techniciens qui essaient de moderniser la Chine. D'abord hostiles à la dynastie mandchoue des Qing leur slogan devient : Soutenez les Qing ! Détruisez l'Etranger !. Craints comme une menace possible par le gouvernement impérial chinois, ils deviennent influents à Pékin. La plupart des politiciens les voient comme des exécuteurs de basses besognes, utilisable pour éliminer l'influence étrangère en Chine.



Les Boxers massacrent les chrétiens Modifier

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Massacre dans l'église de Moukden.

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Sœur Marie-Adolphine (1866-1900) assassinée par les Boxers.

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Martyrs orthodoxes chinois assassinés par les Boxers.

Au printemps 1900, le mouvement des Boxers se propage rapidement au nord du Shandong dans la campagne près de Pékin.

A Pékin, l'assassinat du ministre d'Allemagne, le 20 juin 1900, marque le début du siège des légations étrangères. Mais depuis six jours, le centre missionnaire du Peitang connait le même sort. Ce siège dure deux mois. Le mouvement, qui s'étend à presque toute la Chine, coûte la vie à 32.000 chrétiens, dont 6.000 sur Pékin[10]. Cinq évêques et 200 prêtres ou religieux étrangers sont massacrés[11].

Les Boxers brûlent les églises chrétiennes. Les chrétiens chinois sont tués et des fonctionnaires chinois battus. Deux missionnaires, le protestant William Scott Ament et catholique Monseigneur Alphonse Favier, informent les diplomates de la menace croissante. L'ambassadeur américain Edwin H. Conger câble à Washington :

L'ensemble du pays connaît une misère incroyable qui crée des mécontents et des oisifs désespérés. Demander à un navire de guerre d'aller mouillé au large de Tianjin, le port le plus proche de Pékin, car la situation devient grave.

Le 30 mai 1900, les diplomates, dirigés par le ministre britannique Claude Maxwell MacDonald, demandent que des soldats de leurs pays viennent à Pékin pour défendre les légations et les citoyens de leurs pays. Le gouvernement chinois acquiesce à contrecœur, et le lendemain, plus de 400 soldats de huit pays débarquent de navires de guerre et prennent le train pour Pékin de Tianjin. Ils mettent en place des périmètres de défense autour de leurs missions respectives.

Le 5 Juin, la ligne de chemin de fer à Tianjin est coupée par les boxers et Pékin est désormais isolée.

Le 13 Juin, nous avons vu qu'un diplomate japonais, Akira Sugiyama, est assassiné. Ce sont les soldats du général Dong Fuxiang qui commettent cet attentat. Le même jour, le premier boxer, vêtu de ses plus beaux atours, est vu dans le quartier des légations.

Le ministre, Clemens von Ketteler, et des soldats allemands capturent un boxer et l'exécute en représailles. L'après-midi, des milliers de boxeurs font irruption dans la ville de Pékin et brûlent la plupart des églises et des cathédrales chrétiennes. Ils tuent de nombreux chrétiens chinois et plusieurs prêtres catholiques. Les chrétiens chinois sont accusés de collaborer avec les étrangers. Les missionnaires américains et britanniques et leurs convertis trouvent refuge à la mission méthodiste. Mais une attaque doit être repoussée par les marines américains.

Des soldats de l'ambassade britannique et de la légation allemande sont abattus par des boxers.




Dilemme du gouvernement chinois Modifier

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L'impératrice et des femmes de diplomates.

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Massacres de chrétiens par les boxers.

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Débarquement à Taku.

À la mi-Juin 1900, le gouvernement chinois est encore indécis sur les Boxers.

Certains responsables, Ronglu, par exemple, conseillent à l'impératrice de traiter les boxers comme des racailles. Il les voit facilement battu par des soldats étrangers. Ce sont là les conseils de prudence émanant du parti chinois inquiet des réactions du monde extérieur.

A la cour, l'impératrice hésite encore, partagée entre les louanges mandchoues envers l’utilité surnaturelle des Boxers. Finalement il semble que l’impératrice ait décidé de pencher vers la position mandchoue et de soutenir les Boxers.

De l'autre côté on trouve des fonctionnaires xénophobes qui conseillent la coopération avec les Boxers. L'impératrice a tendance à écouter les louanges mandchoues sur les boxers. Elle est, elle-même, d'origines mandchoues, comme eux.

Sir Robert Hart déclare :

La Cour semble être dans un dilemme. Si les Boxers ne sont pas supprimés, les légations menacent de prendre des mesures. Mais une tentative de les supprimer rendrait cette organisation patriotique ennemie de la dynastie mandchoue.

Le 20 mai 1900, devant la déliquescence de la dynastie Qing et la progression des actions xénophobes, les alliés comprennent qu'ils vont devoir intervenir militairement. Cette politique d'ingérence est obligatoire à cette époque. Nous retrouvons cette politique de la canonnière hélas encore de nos jours[12].

L'événement qui va irrévocablement pousser le gouvernement chinois du côté des boxers est l'attaque par des navires de guerre étrangers sur les forts Taku, le 17 Juin. La plupart des forts sont démantelés. Les alliés viennent à bout de la révolte locale des Boxers qui terrorisent la population de Tien-Tsin et massacrent les chrétiens. L'attaque a pour but d'essayer de maintenir les communications avec Tianjin et appuyer une armée sous le commandement de l'amiral Seymour devant aller à Pékin renforcer les légations.






Le siège Modifier

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Les assiégés Modifier

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Des femmes d'ambassadeurs et quelques maris, à Pékin, en 1900.

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Soldats allemands et indiens dans les rues de Pékin.

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Défense d'une légation.

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Quelques uns des 450 militaires défenseurs des légations.

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Défenseurs britanniques.

Le 20 juin 1900, le quartier des légations à Pékin est assiégé par les Boxers et l'armée impériale, la Chine déclare la guerre à toutes les puissances étrangères[13].

Les militaires britanniques, américains, français, allemand, japonais, russe défendent leurs légations respectives. Les Autrichiens et les Italiens abandonnent leurs légations isolés. Les Autrichiens rejoignent les Français et les Italiens avec les Japonais. Les forces japonaises et italiennes protègent le Fu - un grand palais avec le parc où la plupart des chrétiens chinois - 2.800 environ - se sont réfugiés.

Les marines américains et les soldats ont des postes sur le mur tartare derrière leurs légations. Les 450 gardes ont la tâche de défendre une ligne qui serpente à travers plus de deux kilomètres dans la ville.

La grande majorité des civils se sont réfugiés à l'ambassade britannique, la plus grande et la plus défendable des légations diplomatiques. Un recensement des civils comptait 473 personnes: 245 hommes, 149 femmes et 79 enfants. Environ 150 de ces hommes se sont portés volontaires pour participer à la défense. Les civils comptent au moins 19 nationalités. Les Britanniques et les Américains sont les plus nombreux. Un grand nombre de chrétiens chinois sont été enrôlés pour construire des barricades de construction.

Le ministre britannique Claude MacDonald est choisi comme responsable de la défense des légations et Herbert G. Squiers, un diplomate américain, devient son bras droit. Les gardes des différents pays, cependant, restent autonomeset MacDonald ne peut que conseiller, mais pas organiser des actions coordonnées.

Les gardes ne sont pas bien armés. Seuls les marines américains ont suffisamment de munitions. Les défenseurs disposent de trois mitrailleuses. Les Italiens ont un petit canon. Heureusement, un vieux baril de poudre et des munitions sont trouvés dans le quartier des légations et une pièce d'artillerie est construite par les Américains qui l'appellent Betsy et les autres défenseurs l'internationale.

Les étrangers récupèrent dans le quartier des légation de la nourriture et d'autres fournitures. La nourriture et l'eau ne vont pas manquer, même si les étrangers sans provisions alimentaires personnelles survivent avec ​​une alimentation régulière faite de viande de cheval et de riz moisi.

Cependant, les chrétiens chinois, en particulier les catholiques, vont connaître la faim à la fin du siège. Les missionnaires protestants prennent soin de leurs convertis, mais les catholiques chinois sont abandonnés à leurs triste sort.

Les médicaments manquent, mais un nombre important de médecins et d'infirmières, pour la plupart des missionnaires, assurent les soins.

Les missionnaires protestants américains se charge la gestion de la plupart des besoins des réfugiés dans le quartier des légations, y compris la nourriture, l'eau, la propreté et leur santé. Le contact le plus important de Mac Donald est le missionnaire méthodiste Frank Gamewell, qui est chef du Comité des Fortifications. Gamewell et son équipe de combattants volontaires sont appréciés de tous. Ils défendent les abords de la légation britannique.

Côté français, Stephen Pichon, Ministre plénipotentiaire de France à Pékin, écrit, le 21 juin, à Monseigneur Alphonse Favier, qui défend la cathédrale de Beitang, à cinq kilomètres au nord du quartier des légations :

La Légation française et les autres ministres doivent se retirer dans la Légation d'Angleterre : le ministre d'Allemagne est bien réellement tué et son interprète blessé ; la Légation d'Autriche est évacuée et va flamber. Le projet de quitter Pékin est abandonné ; préparons-nous au dernier voyage : mais espérons encore [14].




La siège de la cathédrale de Peitang Modifier

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Le site défendu.

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Église du Peitang.

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L'enseigne de vaisseau Paul Henry et ses marins bretons.

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Siège de Beitang.

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L'église Saint-Joseph de Pékin est incendiée.

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Mort de Paul Henry, commandant des défenseurs.

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Cratère produit par l'explosion d'une mine boxer (source ECPAD).

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Les défenseurs de Peitang à la fin du siège.

L'Enseigne de Vaisseau Paul Henry se voit chargé, avec trente marins, de la défense des établissements religieux français groupés au centre de Pékin dans le quartier de Pé-Tang, où se sont réfugiées 3.400 personnes.

Monseigneur Alphonse Favier dans Le Siège du Pé-Tang, extrait de son Journal, écrit que le ministre de France amène 15 marins français pour défendre la cathédrale et des survivants des massacres de chrétiens autour de Pékin, qui font 6.000 victimes[15]. Le ministre d'Italie envoie le 5 juin 10 de ses marins pour défendre l'établissement des sœurs qui appartient à la Sainte-Enfance et où se trouvent plusieurs soeurs italiennes. A sept heures et demie, le gouverneur de la ville vient trouver Monseigneur Favier et lui dit : Vous n'avez rien à craindre, les Boxeurs n'oseront pas attaquer le Pei-t'ang.

A environ trois miles de distance du quartier des légations cette autre poche de résistance est défendu par 30 marins français du d'Entrecasteaux et 10 marins italiens. Ils défendent 111 élèves des Grand et Petit séminaires, 900 hommes ou jeunes gens réfugiés, 1.800 femmes on jeunes enfants, 450 jeunes filles des écoles ou des orphelinats, 51 bébés de la Crèche : total approximatif, 3.420 civils, dont 71 Européens. Ils font face à 10.000 membres de l'armée chinoise et des boxers qui attaquent à l'arme blanche en hurlant. Monseigneur Alphonse Favier dans son Journal, écrit :

A une livre par personne et par jour, nous avons des vivres pour plus d'un mois ; comme armement, les quarante fusils de marins, sept ou huit fusils de tout genre entre les mains des Chinois, quelques mauvais sabres et cinq cents lances ou plutôt cinq cents longs bâtons garnis de fer : c'est tout. Le périmètre à défendre est exactement de 1.360 mètres.

Il n'y a plus de communication pendant le siège entre le Peitang et le quartier de la légation. Ils entendent des fusillades intenses du côté des Légations. Contrairement aux diplomates ils n'ont ni médecin ni chirurgien nous dit Monseigneur Alphonse Favier. Le prince Tuan, l'impératrice et d'autres hauts personnages de la cour viennent parfois assister aux bombardements comme à un feu d'artifices.

Les boxers selon leurs modernes hagiographes sont armés de gourdins, mais 14 pièces d'artillerie Krupp tirent sans interruption des bombes Shrapnel du dernier modèle sur les assiégés.

Monseigneur Alphonse Favier dans son Journal, nous dit que :

Vers cinq heures, un canon ordinaire chinois, braqué à trois cents mètres de notre Grand'Porte, nous envoie un boulet plein qui fait sauter un battant. Surexcités par tant d'audace, le commandant Henry et Mgr Jarlin entraînent quatre marins qui, joints à trente chrétiens, se précipitent au dehors après une salve bien nourrie, et s'emparent du canon qu'ils ramènent chez nous malgré une intense fusillade... Les soldats réguliers, abrités derrière les murs des maisons brûlées, nous tirent dès le matin des milliers de coups de fusil Mauser, leurs fusils sont à chargeur et du dernier modèle.
Lundi 25 juin... Les Boxeurs mettent quelques mannequins sur le toit des maisons ; ce, stratagème enfantin ne nous fait pas gaspiller des munitions. Il reste deux cent soixante-quinze cartouches par homme ; on ne les emploiera qu'à bonne occasion.
Jeudi 28 juin... Nos gens, furieux, se décident, vers minuit, à faire une sortie : ils se précipitent sur les Boxeurs qui nous arrosaient de pétrole à moins de trente mètres ; ils en tuent dix, mettent les autres en fuite et rapportent deux pompes à pétrole, de la poudre, du plomb.... Malgré la fusillade effrénée des soldats réguliers, on parvint à incendier les maisons les plus dangereuses. Les pompes prises contenaient encore cent livres de pétrole chacune.
Vendredi 27 juillet. — Nous entendons distinctement de très fortes canonnades au sud et à l'est : on espère toujours voir venir l'armée. Quelques fusées lancées la nuit nous font supposer que les Légations communiquent par signaux avec des troupes qui seraient en dehors de la ville : on croit volontiers ce que l'on espère...
Lundi 30 juillet. — La nuit a été mauvaise : on n'a cessé de tirer sur le Jen-tsé-t'ang. Dès sept heures du matin, les canons commencent leur œuvre ; appuyée par une violente fusillade des soldats réguliers. Le commandant Henry est sur la brèche avec douze hommes ; les Boxeurs entrent en grand nombre, chargés de fascines pétrolées qu'ils enflamment contre le mur nord. M. Henry se multiplie : plusieurs centaines de Boxeurs sont tués ; malheureusement deux matelots sont blessés par une balle qui pénètre dans le cou du commandant. Il descend alors de l'échafaudage, et reçoit une seconde balle Mauser dans le côté. Malgré ces deux blessures mortelles, il se tient debout ; il s'affaisse enfin sous la véranda entre les bras d'un prêtre qui lui donne les derniers sacrements. Il expire au bout de vingt minutes en brave soldat et en bon chrétien. Nous n'avons pleuré qu'une fois pendant le siège : c'est ce jour-là.
Mardi 31 juillet. — Les Boxeurs nous lancent des flèches [105] auxquelles plusieurs exemplaires de la même lettre sont suspendus : elle contenait à peu près ce qui suit : "Vous, chrétiens, enfermés au Pei-tang, réduits à la plus profonde misère, mangeant des feuilles d'arbre ; pourquoi résister avec tant de rage quand vous ne le pouvez plus ? Nous avons contre vous des canons et des mines, et vous sauterez tous avant peu. Vous avez été trompés par les diables d'Europe, revenez à l'ancienne religion de Fouo, livrez-nous Mgr Favier et les autres, vous aurez la vie sauve et nous vous donnerons à manger. Si vous ne le faites pas, vous, vos femmes et vos enfants, serez tous coupés en morceaux."
Mardi 7 août. — On entend au loin une violente canonnade. Soldats et Boxeurs ne nous attaquent que faiblement : cela nous fait espérer que l'armée s'approche ; mais nos chrétiens sont tellement affaiblis qu'ils se couchent sous les [107] vérandas, maigres, pâles, et comme anéantis. Si l'ennemi tentait un assaut, sur nos cinq cents lanciers du commencement, il n'y en aurait pas vingt-cinq en, état ne les repousser.
Dimanche 12 août. — A six heures et quart du matin, explosion formidable ; une mine plus terrible que les autres éclate chez les Sœurs. Nous y courons tous ; heureusement la plupart des enfants et des religieuses étaient à la messe dans la chapelle, sans cela la moitié du personnel sautait. Les dégâts sont effrayants ; toute la partie est du Jen-tsét'ang n'est plus qu'un amas de décombres : un cratère de sept mètres de profondeur sur quarante de diamètre marque le lieu de l'explosion. Cinq marins italiens et leur officier ont disparu : plus de quatre-vingts chrétiens, y compris cinquante et un enfants de la crèche, sont enterrés pour jamais sous cet immense chaos. Malgré une pluie de balles, on vole au secours des blessés.
Lundi 13 août. — Tout le monde souffre beaucoup de la faim : l'abattement est général ; mais les coups de canon répétés que l'on entend au loin nous laissent encore un peu d'espoir. A onze heures, une nouvelle mine saute au Jentsé-t'ang ; grâce à Dieu, elle n'avait pas été poussée assez loin, et les dégâts qu'elle cause sont relativement minimes. Dans la soirée on entend les Boxeurs crier : «Les diables d'Europe approchent ; nous mourrons, s'il le faut, mais vous sauterez tous avant !»
Jeudi 16 août... Au bout d'une demi-heure un audacieux chrétien monté sur le mur de la Ville Jaune, vint au courant et me dit : «Ce sont certainement des Européens : j'ai vu un officier habillé en blanc avec des galons.» Nous avions déjà posé, au sommet de l'église, un grand drapeau français avec le signal : Demandons secours immédiat.» Le directeur du séminaire et ses élèves portèrent alors un nouveau pavillon à deux cents mètres plus au nord et renouvelèrent les sonneries de clairon. L'officier aperçu vint au drapeau ; on lui passa une échelle et il serra la main de mon Coadjuteur qui était allé de ce côté. C'était un capitaine japonais.


Pendant la bataille les Boxers jettent des milliers de pots à feu et creusent des galeries pour faire sauter les défenseurs. Les canonniers de l'armée chinoise pilonnent sans cesse la cathédrale et les lignes de défense ou les bâtiments où vivent les réfugiés chrétiens. Le siège de Pé-Tang dure plus de deux mois au cours desquels les marins français résistent vaillamment aux escarmouches et aux assauts de milliers de Boxers et de réguliers chinois. C'est en repoussant l'un d'entre eux que l'Enseigne de Vaisseau Paul Henry est mortellement blessé le 30 juillet 1900.







Attaques chinoises Modifier

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Barricade à Pékin défendue par des marins autrichiens.

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Combattants chinois.

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Affiche du film "Les 55 jours de Pékin".

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Le canon dit "l'international" des légations.

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Attaque chinoise.

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Marins français défendant les légations.

Le 21 juin 1900, l'impératrice déclare la guerre aux puissances étrangères, place les Boxers sous commandement impérial et les encourage à attaquer les légations étrangères, qui sont groupées au centre de Pékin. Les gouverneurs généraux des provinces du Centre et du Sud se dissocient de la politique d'alliance avec les Boxers adoptée par la Cour impériale. Ils ne reconnaissent pas la déclaration de guerre lancée par Pékin le 21 juin 1900 contre les puissances étrangères[16].

En effet, l'impératrice Cixi promulgue le 21 juin 1900 un édit ordonnant l'assassinat de tous les étrangers. Tang (alors gouverneur général de Nankin) lui envoie quelques troupes mal entraînées à Pékin et garde les meilleures auprès de lui[17].

Pendant plusieurs jours après le 20 juin, le début officiel du siège, les étrangers à l'intérieur du quartier des légations, ou les soldats chinois n'ont pas de plans de défense ou d'attaque. Le nombre de soldats chinois attaquant les légations est incertain, mais certainement se compte par milliers. À l'ouest se positionnent les troupes musulmanes du général chinois Dong Fuxiang et à l'est des unités de l'armée de Pékin. Le commandant en chef des forces chinoises est Ronglu - qui méprise les Boxers et désapprouve le siège[18].

La politique chinoise hésite entre faire preuve d'agressivité et esprit de conciliation pendant ce siège de 55 jours. Plusieurs tentatives de Ronglu pour obtenir une trêve échouent en raison de soupçons et de malentendus des deux côtés.

Côté alliés, la première tentative pour délivrer les assiégés des légations a lieu le 26 juin. Une force de plus de 2.000 marins et marines commandés par l'amiral britannique Edward Seymour n'arrive pas à percer les lignes chinoises défendues par des milliers de combattants.

Pendant ce temps les Chinois à Pékin essaient d'obtenir la reddition des étrangers en incendiant le quartier de la légation et les bâtiments autour de la cathédrale de Beitang. Ils détruisent ainsi les bâtiments autour de la légation britannique. Le 23 juin, l'Académie Hanlin et la bibliothèque nationale de Chine, avec ses livres, souvent irremplaçables, sont brûlés. Les deux parties en rejettent la faute sur leurs adversaires.

L'armée chinoise décide d'attaquer le palais du Fu et son parc, refuges pour la plupart des chrétiens chinois. Mais le Fu est défendu par le lieutenant-colonel Shiba Gorō, l'officier militaire le plus valeureux durant dans le siège. Shiba, avec son petit groupe de soldats japonais, met en place une défense habile contre les Chinois qui avance derrière des murs construits sans cesse plus près des positions japonaises, menaçant de les encercler et les écraser. Les soldats britanniques sont souvent envoyés pour renforcer les Japonais pendant les attaques et tous admirent les qualités de chef du samouraï et futur général Shiba Gorō.

Les combats les plus désespérés ont lieu près de la légation française, où 78 volontaires français et les Autrichiens sont attaqués au milieu des habitations. Les positions des adversaires ne sont distantes que de 50 pieds (15 m). Les Français craignent également que les Chinois creusent des tunnels pour mettre des mines sous leurs positions.

Les Allemands et les Américains occupent le plus crucial de tous les postes défensifs : le mur tartare. Il fait 45 pieds (14 m) de haut et 40 pieds (12 m) de large. S'il est tombe aux mains des Chinois, ils risquent d'avoir un point de vue imprenable pour pilonner le quartier des légations. Les barricades allemandes face à l'est sont prolongées à l'ouest par les positions américaines. Les Chinois s'avancent vers les deux positions par des barricades de construction toujours plus rapprochées. Tous les hommes sentent qu'ils sont pris dans un piège, déclare le commandant des marines américains, le capitaine John T. Myers, et ils attendent l'heure de leurs exécutions.

S'ajoutent aux progressions quotidiennes de la Chine les tirs nocturnes de fusils, d'artillerie et de fusées, conçus pour maintenir les étrangers éveillés et en alerte. Du 20 juin au 17 juillet ils doivent repousser des attaques nocturnes, déclare une femme missionnaire. L'ambassadeur américain Conger déclare : que certains tirs sont tellement intenses qu'ils dépassent tout ce qu'il a connu lors de la Guerre de Sécession. Les gardes de la légation sont de moins en moins nombreux et souvent blessés.

Les Chinois sont divisés sur la poursuite du siège. La faction anti-Boxer, dirigé par Rong Lu, et la faction anti-étranger, dirigé par le prince Duan, se chamaillaient à la cour. Cixi, l'impératrice douairière, hésite à poursuivre les attaques. Elle annonce une trêve pour négocier le 25 juin, mais elle dure seulement quelques heures. Elle a déclaré un autre cessez-le-feu le 17 juillet qui durée néanmoins pendant la majeure partie du reste de l'état de siège. En signe de bonne volonté, elle envoie de l'approvisionnement aux étrangers.

Les désaccords entre les Chinois génèrent des altercations et des violences entre boxers et des soldats des différentes unités de l'armée impériale.



Combats sur ​​le mur Modifier

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Marines américains défendant la muraille.

La menace la plus grave pour la survie des étrangers a lieu au début de juillet. Le 30 juin, les Chinois chassent les Allemands du mur tartare, laissant les Marines américains seul sur cette ligne de défense.

Dans le même temps une barricade chinois est édifiée aux pieds des positions américaines et il devient clair que les Américains vont devoir abandonner le mur contraints par la force par les Chinois de se replier.

À 2 h le 3 juillet, 26 Britanniques, 15 Russes, et 15 Américains, sous le commandement du capitaine américain John T. Myers, lancent un assaut contre la barricade chinoise auprès du mur Comme ils l'espéraient l'attaque surprend les Chinois endormis, et tue environ 20 d'entre eux, et expulse le reste des barricades. Deux Marines américains sont tués et le capitaine Myers est blessé et passe le reste du siège à l'hôpital. La prise des positions chinoises sur le mur est saluée comme le tournant de la bataille par un des assiégés.

Les Chinois n'essaient plus de faire avancer leurs positions vers le mur tartare le reste du siège.




Les jours les plus sombres, puis la trêve Modifier

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Dernières attaques des boxers.

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"Dernières angoisses" (Le Petit Parisien).

Sir Claude MacDonald dit que le 13 juillet est le jour où ils sont le plus harcelé du siège. Les Japonais et les Italiens dans le palais du Fu doivent se replier sur leur dernière ligne de défense.

Alors que le Fu était connait des attaques massives, les Chinois font aussi exploser une mine sous la légation française, détruisant le batiment, tuant deux soldats et repoussant les Français et les Autrichiens de plus en plus de la légation française. Le Révérend américain Frank Dunlap Gamewell (1857-1950) commence à creuser des abris à l'épreuve des bombes pour créer un dernier refuge pour les assiégés. La tâche de fortifier le quartier de la légation incombe au personnel des légations et aux chrétiens chinois dont le chef d'état-major est ce très capable Révérend Frank D. Gamewell, assisté de MM Chapin, Ewing, Killie, Norris, Smith, Stonehouse et d'autres. Ce missionnaire devait partir en congé lorsque les troubles de mai 1900 ont commencé. Là il sent que la fin est proche[19].

Le lendemain, 14 juillet, cependant, un message conciliant est reçu venant des autorités chinoises. Il suscite de nombreux s espoirs.

Le 16 juillet l'officier britannique le plus apprécié est tué et le journaliste George Ernest Morrison (1862–1920) blessé. Mais le ministre américain Conger entre en communication avec le gouvernement chinois et le 17 juillet les tirs cesses des deux côtés et un armistice débute.

Le siège a déjà fait soixante tués et cent quarante blessés européens. Il est temps, ce sont surtout les militaires protégeant les légations qui ont trinqué.

La motivation des chinois c'est probablement la prise de conscience qu'une force alliée de 20.000 hommes a débarqué en Chine et que les boxers vont payer pour leurs crimes. D'ailleurs toujours le 17 juillet 1900, il y a une pétition, puis un décret impérial pour protéger les marchands et les missionnaires étrangers dans toutes les provinces[20].

Pékin en 1900 est entourée de hautes murailles fermées par de nombreuses portes. L'emplacement du quartier des légations est signalé sur les cartes de la colonne de secours alliée.






Les secours Modifier

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La marche sur Pékin Modifier

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Des forts de Taku à Tientsin 41 km, de Tientsin à Pékin 120 km.

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Colonne arrivant sur Pékin.

Le soulèvement des Boxers et l'assassinat du ministre allemand à Pékin, puis la préparation d'un corps expéditionnaire sous commandement allemand pour libérer les légations étrangères provoquent une excitation extraordinaire de l'empereur Guillaume II[21]. Il invente l'expression péril jaune, et fait référence aux invasions hunniques repoussées. Toutefois l'organisation de secours et leur progression à l'autre bout du monde n'est pas chose facile.

Après la victoire à Tientsin (13/14 juillet 1900), les généraux alliés décident que l'avance sur Pékin doit être retardée jusqu'à ce que des renforts arrivent.

Le 7 août, une nouvelle conférence des généraux alliés a lieu sous la présidence du général Liniévitch. Il est décidé qu'en raison de la démoralisation de l'ennemi et de la nécessité de porter le plus tôt possible secours aux légations assiégées, la marche sur Pékin doit continuer sans délai. Le peu de bravoure des soldats chinois et l’inefficacité de leur résistance à l'expédition Seymour le permettent. Certains alliés veulent demeurer à Tientsin jusqu'à l'arrivée de renforts dans quelques semaines. Mais commandants britanniques et américains menacent d'attaquer avec leurs seuls contingents, avec les risques que cela comporte.

Des renseignements secrets, reçus par certains généraux étrangers, leur donnent l'assurance que l'ennemi ne fera aucune résistance sérieuse jusqu'à Pékin et que même on trouvera peut-être certaines portes de la capitale ouvertes à l'arrivée des troupes alliées. Le départ est donc fixé au lendemain 8 août[22].

Néanmoins les 18.000 hommes des troupes étrangères marchant sur Pékin vont devoir lutter contre plus de 70.000 combattants chinois, dont des boxers. Les forces alliées sont constituées de 8.000 Japonaise, 3.000 Britanniques, 4.500 Russes, 2.500 Américains et 800 Français. Les Allemands ne sont pas représentés, car il a été jugé préférable de réserver une certaine force pour Kiaochau et la côte, en cas d'attaques chinoises.

La colonne de secours doit livrer plusieurs batailles majeures contre les forces chinoises :

  • à Peitsang le 5 août,
  • à Yang Tsun le 6 août,
  • et enfin à Tongzhou le 12 août.

Ils découvrent des corps de chinois chrétiens et occidentaux mutilés, empalés, de têtes placées en pyramide, et d'innombrables cadavres souillant les eaux des puits, et en état de décomposition dans les fossés.



Les légations délivrées Modifier

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Marines brisant l'encerclement.

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Délivrance des légations.

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Délivrance des légations.

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Le quartier des légations a souffert.

Le 28 Juillet, les étrangers dans le quartier des légations reçoivent leur premier message du monde extérieur depuis plus d'un mois. Un garçon chinois - un étudiant du missionnaire William Scott Ament - s'est faufilé dans le quartier des légations avec la nouvelle que l'armée de secours de l'Alliance des huit nations est à Tianjin, à 160 km de distance et progresse peu à peu vers Pékin. Les nouvelles sont cependant à peine rassurantes car les assiégés s'étaient attendus à un sauvetage plus tôt.

Le corps d'armée compte 20.000 hommes sous le commandement du général allemand von Waldersee[23].

Le gouvernement chinois se renseigne sur l'état des assiégés. Un soldat britannique suggère à son ambassadeur une réponse appropriée : Pas encore massacrés.

Après plusieurs jours relativement calmes, dans la nuit du 13 août, l'armée de secours est à seulement 5 miles (8 km) des portes de Pékin.

C'est à nouveau une période difficile pour les assiégés. Les Chinois rompent la trêve et déclenchent un tir de barrage sur la légation britannique et des tirs nourris contre le palais Fu. Mais les Chinois se sont bornent à tirer de loin plutôt que de monter à l'assaut, jusqu'à ce que, à 02:00 le 14 août, les défenseurs entendent à l'est le bruit d'une mitraillette, signe que l'armée de secours arrive. À 05:00, c'est un bruit d'obus qui explosent à l'extérieur des murs de Pékin.

Cinq contingents nationaux progressent sur les murs de Pékin le 14 août: britannique, américain, japonais, russe et français. Chaque groupe de combat a une porte dans le mur comme objectif.

Les Japonais et les Russes sont stoppés à leurs portes par la résistance chinoise. Le petit contingent français est perdu. Les Américains escaladent les murs plutôt que de tenter de se frayer un chemin à travers une porte fortifiée. Cependant, ce sont les Britanniques qui gagne cette bataille pour secourir les assiégés des légations. Ils entrent dans la ville par une porte sans surveillance et ne rencontre pratiquement aucune opposition.

À 03:00 heures, les Britanniques traversent un fossé de drainage - la porte d'eau - sous le mur tartare. Sikhs et soldats indiens du Rajput, commandés par leurs officiers britanniques ont l'honneur d'être les premiers à entrer dans le quartier des légations. Les armées chinoises le fuient.

Un peu plus tard, le commandant britannique, le général Alfred Gaselee, y entre et est accueilli par Sir Claude MacDonald habillé d'un costume de flanelle immaculé et une foule dames habillées comme pour une soirée viennent les applaudir. Les troupes américaines, commandées par le général Adna Chaffee, arrivée à 17:00.

Le commandant des troupes chinoises musulmanes, Ma Fulu, est tué lors des combats contre les forces étrangères. Après la bataille terminée, les forces musulmanes chinoises protègent l'impératrice douairière Cixi qui fuit vers Xi'An avec l'ensemble de la cour impériale. Le général musulman Ma Fuxiang commande l'escorte de Cixi, l'empereur, et de hauts responsables gouvernementaux. Ils envoient Li Hongzhang parler des pourparlers de paix avec l'Alliance.

Les étrangers sont tous d'accord pour constater le côté miraculeux de leur survie. Je cherche en vain une raison militaire expliquant l'échec de extermination des étrangers par les Chinois, déclare un officier américain. Arthur Smith, un missionnaire, y voit là leur manque de courage :

Lors d'occasions innombrables, s'ils avaient été prêts à faire le sacrifice de quelques centaines de vies, ils auraient submergé éteint la défense du quartier des légations en une heure.

Cependant, il faut plutôt considérer que les autorités impériales chinoises n'ont pas utilisé leur puissance militaire de façon décisive contre le quartier des légations par peur des représailles. Des soldats des deux camps se sont battus et sont morts en grand nombre. Sur les 450 soldats, 55 ont été tués et 135 blessés, un taux de pertes de 46,5%. En outre, 13 civils ont été tués et 24 blessés, en majorité des hommes qui ont participé à la défense.

Parmi ces héros il faut une petite force japonaise d'un officier et 24 marins commandés par le colonel Shiba qui se distingue en défendant le palais du Fu et les chrétiens chinois réfugiés là. Plus de cent pour cent des Japonais sont blessés. C'est possible parce que la plupart de ces soldats ont été blessés une fois, et figurent sur la liste des hospitalisés, puis s'en sont retournés au combat d'où une deuxième blessure. Les 57 Français ont eux aussi des pertes énormes.

De leur côté, les pertes militaires chinoises ne sont pas connues, ni le nombre de morts parmi les chrétiens chinois réfugiés dans le quartier des légations.







Après le siège Modifier

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Combat entre soldats allemands et boxers.

L'expédition de Chine (1900-1901) Empire Colonial Français56:18

L'expédition de Chine (1900-1901) Empire Colonial Français

L'impératrice douairière et sa cour fuient Pékin le 15 août. Elle restae en exil dans la province de Shanxi jusqu'en 1902. Elle est alors autorisée par les armées étrangères occupant Pékin à récupérer son trône.

Pour la Chine, la révolte des Boxers est un désastre. La Chine toutefois reste unie. Avant la révolte des Boxers, le pays risquait d'être divisée par les puissances coloniales.

Le gouvernement chinois en soutenant les Boxers évite la fin de la dynastie, mais ne réussit pas à exterminer les étrangers dans les légations. Ronglu dit avoir sauvé les assiégés : J'ai été en mesure d'éviter le comble de malheur qui aurait résulté de l'assassinat des ministres étrangers. Mais Ronglu fait preuve de mauvaise foi. Ses forces ont essayé d'écraser les assiégés.

Le mouvement des Boxers est désintégré pendant le siège. Certains boxers sont incorporés dans l'armée, les autres renvoyés dans leurs foyers à la campagne où ils deviennent des cibles des expéditions punitives des forces militaires étrangères occupant en partie la Chine après le siège.

Pendant cette occupation militaire Pékin et une grande partie de la Chine du Nord sont pillées et victimes de violences de la part des soldats étrangers, des diplomates, missionnaires, et journalistes. Ce comportement des étrangers à Pékin provoque de vives critiques dans les pays occidentaux, y compris celles de Mark Twain.

Alors que le sauvetage des étrangers assiégés dans le quartier des légations peut être considéré comme une preuve de la supériorité de la civilisation occidentale, les vengeances trop nombreuses peuvent aussi amener à en douter.






RÉFÉRENCES Modifier

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  1. L'Histoire du monde Pour les Nuls, Philippe MOREAU DEFARGES, FIRST EDITIONS, 2010.
  2. Thompson, Larry Clinton. William Scott Ament and the Boxer Rebellion: Heroism, Hubris, and the Ideal Missionary. Jefferson, NC: McFarland, 2009.
  3. Un Amour Plus Fort Que la Grande Guerre, Alkenback Paul, The Book Edition.
  4. Incidents and International Relations: People, Power, and Personalities, ABC-Clio ebook, Praeger studies in diplomacy and strategic thought, Greenwood Publishing Group, 2002.
  5. La France en Chine 1843-1943, François de Sesmaisons, Jacques Weber, L'Harmattan, 2013.
  6. Lanxin Xiang, The Origins of the Boxer War : A Multinational Study, Routledge, 2002.
  7. Historical Dictionary of the U.S. Army, Gale virtual reference library, Jerold E. Brown, Greenwood Publishing Group, 2001.
  8. La Grande-Bretagne et le monde: De 1815 à nos jours, Philippe Chassaigne, Armand Colin, 2009.
  9. Colin Mackerras, China in Transformation 1900-1949, Longman.
  10. Un Amour Plus Fort Que la Grande Guerre, Alkenback Paul, The Book Edition.
  11. L'Eglise catholique en Chine au XXe siècle, L'histoire dans l'actualité, Claude Soetens, Beauchesne 1997.
  12. La France en Chine 1843-1943, François de Sesmaisons, Jacques Weber, L'Harmattan, 2013.
  13. L'Histoire du monde Pour les Nuls, Philippe MOREAU DEFARGES, FIRST EDITIONS, 2010.
  14. Le Siège du Pé-Tang, Journal de Monseigneur Alphonse Favier
  15. Un Amour Plus Fort Que la Grande Guerre, Alkenback Paul, The Book Edition.
  16. Sun Yat-Sen, Biographies Historiques, Marie-Claire Bergère, Fayard, 1994.
  17. Citadins et citoyens dans la Chine du XXe siècle: essais d'histoire sociale : en hommage à Marie-Claire Bergère, Marie-Claire Bergère, Yves Chevrier, Alain Roux, Xiaohong Xiao-Planes, Les Editions de la MSH, 2010.
  18. Fleming, Peter. The Siege at Peking. New York: Harper, 1959.
  19. Peking 1900: The Boxer Rebellion, Peter Harrington, Osprey Publishing, 2013.
  20. Han-Mongol Encounters and Missionary Endeavors: A History of Scheut in Ordos (Hetao) 1874-1911, Volume 15 de Louvain Chinese studies, Patrick Taveirne, Leuven University Press, 2004.
  21. Guillaume II d'Allemagne, Biographies Historiques, Christian Baechler, Fayard, 2003.
  22. Rapport sur l'expédition de Chine, 1900-1901, Voyron, Régis (1838-1924), H. Charles-Lavauzelle (Paris) 1904.
  23. Un Amour Plus Fort Que la Grande Guerre, Alkenback Paul, The Book Edition.

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