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Leibulf de Provence

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Leibulf est un Missi dominici.

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Épées et lances carolingiennes, IXe siècle.

Leibulf de provence, Liebulf, Leibulfe, Laibulf, Leybulf, Letibulf, ou Leyboux... est né vers 780 et mort après les sièges de Béziers ou d’Agde, en 837[1]. Quoique Guerin de Provence, son successeur comme dux et marchio de Provence[2] ne l'est qu'en 841, selon les Chroniques Aquitaines [3]. Il est certainement décédé en 840.


Leibulf est certainement un fils du comte Milon de Narbonne (ca 735-791)[4]. Le comte Leibulf est un missus impérial de la première moitié du IXe siècle, qui apparaît dans divers documents concernant la Provence, la Gothie et la Septimanie[5]. Il est l'un des comtes qui prennent Barcelone, en 801. En 812, Leibulf de Provence se rend à la cour d'Aix-le-Chapelle avec d'autres comtes et ils doivent rendre compte à l'empereur parce qu'un groupe de propriétaires terriens hispaniques se plaint de persécutions. Leibulf est nommé comte de Melgueil à la mort du comte Eberard en 812. Il est remplacé par Bernard de Septimanie en 828. L'Empereur Louis confirme la donation in pago Narbonensi… salinas" designated by "noster missus Leibulfus comes du monasterio Amanense, par une charte datée du 814[6]. Il est Comte en Septimanie (817 - 837) et Dux et marchio de Provence. Leibulf est comte de Narbonne, mais qu'en en 833[7]. C'est un Bienfaiteur de l'Eglise. En tant que comte, en 824, il échange des biens dans la région d'Arles avec Noton, archevêque d’Arles (820 – après 844)[8]. Par contre la donation faite à Lérins par le Comte Leibulf (824/825) porte en réalité seulement sur ne propriété située dans la région arlésienne[9].

Il élève le château de Balcio sur le rocher du baou (Baux) préhistorique[10].C'est du temps de Leibulf que commence une longue querelle entre les maisons des Baux et de Barcelone pour la suprématie en Provence[11]. Mais ne s'agit-il pas plutôt de son fils Leibulf des Baux (ca 830-900), qui est souvent confondu avec son père ?

BIOGRAPHIE Modifier

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Ses origines Modifier

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Chansons diverses de la geste de Garin de Monglane. Le troisième siège de Narbonne (752 - 759) met fin à la domination musulmane sur la Septimanie.

D'après certains historiens, sa dévotion vient de ses origines méridionales, raisonnement bizarre car la foi n'est pas limitée qu'à cette région. Par contre diverses donations, consenties entre 816 et 820, par le roi Louis le pieux, portant sur des biens arlésiens (Saint-Martin, Mornas, Massatia, ...), n'e peuvent être faites qu'avec l'accord du comte, qui est certainement en famille avec le propriétaire[12].

Il est devenu difficile d'affirmer l'origine arlésienne de Leibulf, car l'acte sur lequel se fondait Georges Manteyer pour l'assurer est très suspect[13]. Manteyer le voit propriétaire terrien[14], possédant, ex rebus proprietas, un franc-alleu autour de la cité d'Arles. C'est possible, selon Archibald Ross Lewis, mais cet historien ne le voit pas obligatoirement Provençal, car il possède des terres à Arles[15].

Jean-Pierre Poly le dit de Provence, fils d'un Gontro, mais d'une famille, issue de Septimanie[16].

La Septimanie est alors administrée par les Guérinides de la vallée du Rhône, et notamment par les très célèbres cousins, Aimeri et Miles, vicomtes de Narbonne, puis par le fils de ce dernier, Lievin (alias Leibulf), sous le règne de Louis Ier (814 - 840)[17]. Dhondt constate que l'hérédité de la fonction comtale joue un rôle plus précoce et plus grand dans les familles de cette région[18].

Guerin de Provence, son successeur comme dux et marchio de Provence[19] ne l'est qu'en 841, selon les Chroniques Aquitaines [20]. Il a peut-être hérité ses fonctions et terres de Leibulf[21], du fait d'une parenté lointaine.

Ses biens personnels Modifier

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Domaines en Argence Modifier

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Les campagnes arlésiennes conservent leur aspect du temps des Gallo-Romains.

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Charlemagne et ses comtes.

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L’église Saint-Pierre-de-Campublic à Beaucaire.

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Son petit-fils, Poncius d'Arles, n'est plus que le Viguier d'Arles, mais il possède encore une partie des terres de Leibulf en Argence et aux Baux.

Au début du IXe siècle, ou à la fin du VIIIe, c'est le comte Loup, qui existe à Arles. En 824, il est remplacé par Leyboux (Leibulf), qui est Arlésien de naissance et comme lui porte un nom gallo-romain[22]. Leibulf possède, ex rebus proprietas, un franc-alleu autour d'Arles.

La Terre d’Argence est le lien entre la Camargue et la Provence. Terre d’exception, belle et sauvage, la terre d’Argence, entre Nîmes, Arles et Aix-en-Provence, est traversée par le Rhône finissant son cours dans les vastes plaines. Leibulf possède beaucoup de terres en Argence[23].

Sur les terres du comte Leibulf dans la région d'Arles, au début du IXe siècle, il n'y a ni fiefs, ni tenures, mais une terre où il est le maître quand il y est. Leibulf est un missus, le plus haut représentant l'Empire carolingien au niveau local [24]. Cependant son comté est regroupé avec un autre à cette époque sous l'autorité d'un duc d'Arles[25].

Le vocable — territoriam argencia — est mentionné pour la première fois en novembre 824 lorsque le village de Campublic — villa campopublico — est inclus avec son église dans les biens de Noton, archevêque d’Arles, par un acte d’échange avec Leibulf, comte de cette ville[26]. A ce moment, le sanctuaire dont on ne connaît pas le patronage, comportE trois autels consacrés à saint Pierre, à saint Jean-Baptiste et à sainte Marie[27]. Cette charte, confirmée par un missus impérial de Louis le Débonnaire, est connue par plusieurs copies dont une dans le cartulaire de Saint-Victor de Marseille

... in villa campopublico, ecclesiam cum altaribus tribus que sunt in honore S.Mariae, S.Petri et S.Johannis, cum secretario et cellas duas, cum curte et horto et arboribus, et de vinea modiatas quindecim, de terra modiatas arabili LX, etiam in ipsa domos duas, cum curtibus et hortis... au village de Campublic, une église où sont trois autels en l’honneur de sainte Marie, de saint Pierre et de saint Jean, avec cure et deux cellae avec cour jardin et arbres, XV muids de vigne, LX de terre arable, plus dans le même village deux maisons avec cours et jardins ; ...[28].

Cette église, incluse dans un domaine allodial acquis par échange du comte d'Arles Leibulf, relève toujours du dominium archiépiscopal au début du XIIIe siècle [29].

Certains domaines ayant appartenu aux deux Leibulf, en Argence, et ailleurs dans la vallée du Rhône, sont ensuite détenus par Pons le Jeune (Pontius Juvenis), petit-fils de Poncius d'Arles[30]. Poncius d'Arles est lui-même le petit-fils de ce premier Leibulf qui vit à la fin du VIIIe siècle[31] et au début du IXe.

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Liebulf, Poncius et leurs héritiers sont possessionnés en Argence.

Les Baux Modifier

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La Septimanie carolingienne.

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Les Baux sont la forteresse de Leibulf.

Leibulf fait d'un repaire de brigands la forteresse des Baux[32][33]. Le comte Leibulf de Provence est le premier Balz, dont les anciens chroniqueurs citent le nom. Ils le font vivre vers l'an 800[34]. Leibulf est à l'origine de la maison des Baux[35] et de nombreuses autres familles provençales.

Il est possible que la terre des Baux viennent d'Odda, une noble dame peut-être descendante des Balthes. Baux vient d'audacieux en langue gotique, comme Balthes ou Baud dans le prénom Rambaud (= corbeau audacieux). Edward Gibbon écrit :

Cette lignée illustre continua à s'étendre en France, dans la province gothique de Septimanie, ou Languedoc ; sous l'appellation impropre de Baux ; et un rameau de cette famille s'installa ensuite dans le royaume de Naples. Les seigneurs des Baux, près d'Arles et auprès de soixante-dix neuf lieux dits restèrent indépendants des comtes de Provence[36].

Existe t'il un lien avec les Porcellets, dont Amboise Morales et d'autres historiens remarquent qu'elle descend de Diego de Castille, surnommé Porcelos, comte de Castille, fils de Rodrigo de Castille également comte de Castille, petit-fils de Paterna de Castille et de Ramire Ier d'Oviedo ?[37]. Le mot Septimanie est utilisé, en particulier par Grégoire de Tours, pour désigner la partie de la Gaule restée wisigothe jusqu'au début du VIIIe siècle. Odda est peut-être la descendante d'un prince de la Maison des Balthes chargé d'administrer la Septimanie wisigothe.

En 851, Leibulf des Baux (ca 830-900), leur fils, est mentionné comme tenant le château des Baux[38]

800 - 814 Modifier

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La prise de Barcelone Modifier

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La Marca Hispanica (marche d'Espagne).

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Guillaume Ier de Gellone.

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Ruines des murailles médiévales de Barcelone.

Sadun ar-Ruayníen, wali de Barcelone de 792 à 800, va en avril 797 à Aachen où il offre à Charlemagne l'alliance de Barcelone en échange de sa protection contre l'émir.

Charlemagne convoque donc une Assemblée à Toulouse au printemps de 800. L'Empereur y décide l'envoi vers Barcelone de son fils Louis Ier le Pieux. Une armée part commandée par plusieurs comtes :

  • Rostan de Gérone,
  • Ademar de Narbonne,
  • Leibulf de Provence qui conduit un contingent de Provençaux,
  • Guillaume Ier de Gellone.

Ils espèrent la soumission de la cité et sa prise de contrôle. Contre son sentiment, mais par fidélité, Sanche Ier-Loup, Comte de Gascogne, prend part à l'expédition. Cette armée est composée essentiellement d’hispaniques émigrés dirigés par le Goth Berà. Elle met le siège devant Barcelone.

Le wali de Barcelone, Sadun ar-Ruayní, réconcilié avec l'émir de Cordoue, trahit sa promesse aux Francs et refuse de remettre la cité. Les comtes et leurs troupes sont contraints d'assiéger Barcelone. Ce long siège commence probablement dès octobre 800.

Sadun ar-Ruayní, pendant l'hiver, essaie de s'échapper vers Cordoue pour demander de l'aide mais est capturé. Un certain Harun, musulman, apprécié par la noblesse goth locale, prend sa place.

La population souffre de la faim et des souffrances du siège. Les Goths encore chrétiens, finalement, décident de livrer Harun et de remettre la cité, le samedi 3 avril 801 [39].

Louis Ier le Pieux entre le jour suivant dans Barcelone. Guillaume Ier de Gellone devient Comte de la marche d'Espagne. Bera de Barcelone, son fils, qui a participé à la conquête avec son père, est investi premier Comte de Barcelone[40].

On pense que Bera de Barcelone, sous l'influence de sa mère goth, prend la tête de la tendance partisane d'une paix avec les musulmans, tendance qui doit être majoritaire parmi les Goths influents de Barcelone.

Sadun ar-Ruayní, l'ancien wali, emprisonné à Narbonne, est envoyé à Aachen où il est exécuté.

812 Modifier

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Charlemagne.

Karolus ... Auguste ... imperator romain ... rex Francorum et Langobardorum publie une charte datée du 2 avril 812, où figurent les noms des dirigeants de la marche d'Espagne :

Berane, Gauscelino, Gisclafredo, Odilone, Ermengario, Ademaro, Laibulfo et Erlino comitibus[41].

En 812, Berà de Barcelone, se rend à la cour d'Aix-le-Chapelle avec les comtes Gaucelme du Roussillon, Odilón de Gérone et de Besalú, Giscafred de Carcassonne, Ermenguer d'Ampurias, Adhémar de Narbonne, Leibulf de Provence et Erlín de Béziers. Ils doivent rendre compte à l'empereur parce qu'un groupe de propriétaires terriens hispaniques (c’est-à-dire, des nobles locaux de l'ancienne province de Septimanie et de Gothie ou de la Marche Hispanique) ont porté plainte contre eux. Ces propriétaires se plaignent de ce qu'on leur impose sur leurs terres des tributs et des charges injustes. Charlemagne par une charte du 2 avril 812 donne raison aux plaignants.

Leibulf est nommé comte de Melgueil à la mort du comte Eberard en 812. Il est remplacé par Bernard de Septimanie en 828.

814 Modifier

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Abbaye Saint-Sauveur d'Aniane.

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L'abbaye d'Aniane de nos jours.

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Son père a chassé les Sarrasins de Narbonne.

Leibulf est Missus dans les pagi de Narbonne et d'Agde. Il intervient à propos des domaines d'Aniane, le 25 avril 814[42].

L'Empereur Louis confirme la donation in pago Narbonensi… salinas" designated by "noster missus Leibulfus comes du monasterio Amanense, par une charte datée du 814[43] :

Louis accorda aux Moines de ce Monastère & à tous ses Vassaux Si ses Serfs l'usage dans cette forêt & le droit d'y mener paître leurs bestiaux, fans néanmoins, ajoute le Prince, que cette concession puisse préjudicier au même droit d'usage & de pâture que le comte d'Agde & les habitans de cette ville ont d'ancienneté dans cette forêt. L'Empereur donne enfin son fisc de Celle dans le comté d'Agde, ses Salines situées dans le comté de Narbonne au canton appelé Adsigna, desquelles le comte Leibulf, étant Commissaire du Roi dans ce pays, avoit autrefois marqué les bornes, avec le petit monastère de S. Martin, situé dans la ville d'Arles, & les dépendances qu'il avoit dans le comté de cette ville & dans le territoire d'Avignon; le domaine dépendant du fisc nommé Morenalus, dans le comté d'Orange, & le village appelé Maffiaca, avec toutes ses dépendances[44].

Leibulf de Provence est mentionné dans une charte de Louis le Pieux du 25 avril 814 qui lui confie l'abbaye d'Aniane.

En 814 il est cité en tant que noster missus et certains auteurs le disent comte de Narbonne, alors qu'il n'est que missi dominici.

Dès la fin du règne de Charlemagne († 814), Leibulf de Provence contrôle un certain nombre de comtés de la Septimanie, mais on ne peut dire qu'il est le comte de Septimanie[45].

Il est aussi question dans un diplôme de Louis le Pieux de terres ex reluis episcopatus d'Arles données en bénéfice au comte de celle ville, Leibulf. Ce sont du reste des droits de tonlieu et de monnaie, qui, en principe, font partie du comitatus plutôt que de l'episcapatus[46].

Comte en Septimanie (817 - 837) Modifier

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Comte de Septimanie en 817 Modifier

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Louis le Pieux.

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Salines en Septimanie.

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Chansons diverses de la geste de Garin de Monglane.

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Monnaie du Comte Milon de Narbonne, son père ?

Dans des chartes de 812 et 816 concernant des réfugiés hispanii apparaît le comte Liebulfus, qui est dit parfois comte de Béziers. Philippe Wolff hésite entre Erlin et Leibulf, pour la période 812 - 824[47], mais en 812 parmi les comtes qui se rendent à la cour d'Aix-le-Chapelle, c'est Erlín de Béziers qui est cité. Dhondt défend Leibulf, qui en fait a pu être comte d'Agde[48].

Au début de son règne Louis Ier le Pieux, réorganise le gouvernement du sud de la France et des marches d'Espagne.

Berenguer, comme lieutenant d'Aquitaine, ramène l'ordre dans le duché de Gascogne. En mars 817, iL réorganise le pouvoir carolingien au sud de la France et aux marches d'Espagne[49]. Il définit les nouvelle limites pour le Pallars, la Ribegorça, Urgell, la Cerdagne, Besalu, Carcassonne et le Razès. Les comtés maritimes Rosas, Empuries, Girona, Barcelone et Ausona sont placés sous la dépendance directe de Louis le Pieux. Bera contrôle Gérone, Barcelone et Ausona. Gaucelme le comté d'Empúries.

Selon Archibald R. Lewis, en mars 817, Narbonne et d'autres comtés septimaniens sont attribués Leibulf, vir inluster[50][51]. On peut en déduire que, pour un temps, la Septimanie propre, à part les comtés de Carcassonne et de Roussillon, tombe sous l'influence provençale[52]. Selon Archibald R. Lewis, en mars 817 l'Aquitaine et la marche de Hispania sont réorganisés. Dans le cadre de cette réorganisation Liebulf de Provence reçoit le comté de Septimanie. Il est comte (817-820) après Ademar de Narbonne (comte 800 - 817).

Les trois plus grands personnages de ces régions sont alors :

  • Gaucelme, Marquis d'Ampurias-Roussillon,
  • Bera de Barcelone, Comte de Barcelone,
  • Leibulf de Provence.

Dans les années 820, il est un très grand propriétaire, comme Abbon en son temps. Ses terres forment la structure de la région, avec celles de l'Eglise de Marseille[53]. Bernard de Septimanie (795 – 844) ses honores. Bernard reçoit la Septimanie dès 820 ou 826. À cette époque Leibulf vit surtout en Provence, mais il a des terres des deux côtés du Rhône

Nous trouvons dans un placitum de 834 un exemple des usurpations. La villa Fontes a été donnée en adprisio à Jean, un aprosionnaire, par Charlemagne. Celui-ci voit attaquer, une première fois, par le comte de Narbonne Adémar, sa possession. Cité au tribunal du Palais. doit défendre ses droits et répondre aux assertions du comte qui prétend que la villa est un bénéfice. Il a gain de cause : mais quelque temps après, sa possession est de nouveau troublée. Cette fois, le comte Leibulf l'expulse sans jugement, s'empare du domaine et garde la terre et les hommes. Il faut que le fils de l'aprisionnaire, Theodefred, intente un procès, cite ses témoins, prouve que son père a occupé le sol. Il est investi et paraît avoir joui en repos de son domaine Ce texte est intéressant car il nous montre que Liebulf succède comme comte de Narbonne à Adémar en 834[54].

Dhondt ne le voit pas comte de Narbonne en 819[55]. Leibulf succède comme comte de Narbonne à Adémar en 834[56].

Dux et marchio de Provence Modifier

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Les arènes d'Arles au moyen-âge sont fortifiées et habitées.

Dans un diplôme de Louis le Pieux des terres ex reluis episcopatus sont données en bénéfice au comte d'Arles, Leibulf. Sous Louis le Pieux, il contrôle la Provence et la Septimanie. Ce fidèle de l'empereur est fait comte de Provence dans les premières décennies du IXe siècle : avant 824[57]. Leibulf est comes, missis imperatoris d'Arles de 824 à janvier 835[58].

Guerin de Provence, son successeur comme dux et marchio de Provence[59] ne l'est qu'en 841, selon les Chroniques Aquitaines [60].


Un Bienfaiteur de l'Eglise Modifier

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Dons de Leibulf à Nothon Modifier

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Le comte et son évêque administrent les Pagi.

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Les embouchures du Rhône‪.

D’après Jean-Pierre Papon, Nothon est archevêque d’Arles dès 820. Des chartes de fin 824 et début 825 témoignent d’un échange de terres entre l’archevêque et le comte de Provence Leibulf[61].

Leibulf est officieusement comte de Narbonne en 812 sous Charlemagne. Nous le retrouvons, en 825, comte d'Arles ou de Provence. Il cède une partie de la Camargue contre la terre d'Argence et même une partie du marais de Peccais[62].

Une charte datée de 823 de l'empereur Louis Ier le Pieux enregistre un accord entre Leibulfus comes et l'archevêque d'Arles. Noton, archevêque d'Arles, et Letibulfo comitem conviennent d'échanger des biens par une charte datée du 7 novembre 824[63]. Cet échange est confirmé le 3 janvier 825 par l'Empereur.

La modiée et la semi-modiée apparaissent très tôt dans le cartulaire d'Aniane. En 825 (ch XVIII), le comte Leibulf et l'archevêque Noton échangent notamment : CCCC modiatas de terra...[64].

L’île de la Cappe, sur le Rhône en aval d'Arles, est dévastée lors des invasions des VIIIe et IXe siècles. Une charte de 824, à la fin de la renaissance carolingienne la montre habitée et exploitée ; une abbaye, l'abbaye Saint-André, y est même fondée par le comte Leibulf[65]. Dans son testament, il donne l'abbaye de Saint-André qu'il a fait bâtir sur l'île de la Cappe, à l'abbaye d'Aniane[66].

La donation faite à Lérins par le Comte Leibulf (824/825) Modifier

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Abbaye fortifiée de Lérins.

En 732, l'abbé et cinq cents moines de Lérins sont attaqués par les Sarrasins et tous massacrés. Nous savons que, en 828, le comte Leibulf, qui est alors en charge de toute la Provence Narbonnaise, fait une donation à l'abbé Leomond de domaines situés dans la vallée du Rhône, en compensation d'un monastère dépendant de l'abbaye, situé à Tortosa, en Espagne, domaine détruit par les Sarrasins.

La donation faite à Lérins par le Comte Leibulf (824/825) porte en réalité seulement sur une propriété située dans la région arlésienne[67].

Leybulfus et uxor mea Odda font don d'une propriété au monastère de Lérins par une charte datée du 16 mars 829[68]. D'après ce testament qu'il fait en faveur du monastère de Lérins, Leibulf a donc pour épouse une certaine Odda. Ce n'est pas la dernière mention que l'on ait de ce comte[69].

Sa mort Modifier

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Église Sainte-Léocadie à Fontjoncouse. A droite : ruines des murailles de la villa Fontes.

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La Provence est attaquée par des pirates sarrasins qui n’hésitent pas à remonter le Rhône, vers 835.

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Guigó de Girona, son petit-fils, consacre l'église du monastère de Sant Quirze de Colera, à la demande de l'abbé Manuel[70].

A tort on considère que Leibulfe est mort après le 16 mars 829, date de sa dernière donation à Aniane. Il teste le même jour en donnant l'abbaye de Saint-André qu'il a bâtie sur l'île de la Cappe, à celle d'Aniane. Mais à cette époque là comme de nos jours un testament n'est pas suivi obligatoirement d'un décès. Pour Jean-Pierre Poly, ce document est probablement un faux ou tout au moins, un document interpolé.

En 834, Leibulf essaie de s'approprier la villa Fontes, donnée en 793, en adprisio - sorte d'alleu - à Jean, Espagnol émigré, vassal du royaume de Septimanie, par Charlemagne. Il s'empare du domaine, de Villare eremum… que vocant Fontes… in villa Fontejoncosa garde la terre et les hommes. Mais le tribunal du palais lui donne tort[71].

En 835, pour lutter contre les pirates l'empereur Louis le Pieux regroupe l'ensemble des comtés provençaux sous l'autorité d'un duc résidant à Arles, peut-être Leibulf.

D'ailleurs, il est peut-être encore en vie en octobre 837. Léonce Auzias et Jan Dhont, Philippe Wolf pensent que Leibulf est associé aux sièges de Béziers ou d’Agde, en 837[72]. Il ne peut s'agir de Leibulf des Baux (ca 830-900), qui est certainement son fils.

Un plaid, daté de 843/844, évoque Leibulf comme comte d'Arles[73].

Bernard de Septimanie (795 – 844), obtient les possessions du comte de Narbonne, Leibulf, qui vient de mourir : Narbonne, Béziers, Agde, Melgueil, Nîmes et, probablement, Uzès et Lodève, avec le titre de duc de Septimanie[74].

Guigó de Girona, Guigue, d'origine noble, ex-clerc d'Arles devenu évêque de Gérone (907-941)[75], cède dans d'étranges conditions vers 922/923 à la cathédrale d'Arles, parmi d'autres alleux, l'abbaye de Saint-André de la Cappe. Ce Guigue apparaît comme un légitimiste dans le conflit qui oppose peu de temps auparavant l'ancienne noblesse aux Bourguignons[76]. Il n'est pas possible que ce Guigue soit un descendant du comte Leibulf, car il décède en 941. Il est plutôt le fils Leibulf des Baux (ca 830-900), qui est souvent confondu avec son père.

NOTES ET RÉFÉRENCES Modifier

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  1. Aux marges méditerranéennes de la Gaule mérovingienne
  2. Three Bernards Sent South to Govern II: Counties of the Guilhemid Consanguinity, Volume 12 de Archive for Medieval Prosopography, Donald C. Jackman, Enlaplage, 2015.
  3. Histoire de la Provence...., La Provence des origines à l'an mil, histoire et archéologie, Paul-Albert Février, Ouest-France 1989.
  4. De Clovis à Charlemagne: histoire et généalogie, Didier-Georges Dooghe, MCD, 2000.
  5. Février, Paul-Albert, La donation faite à Lérins par le comte Leibulfe Provence Historique, Vol. VI. 1956.
  6. "Medieval Lands"
  7. Vicomtes et Vicomtés, Tempus (Toulouse), Hélène Débax, Presses Univ. du Mirail, 2008.
  8. Joseph Hyacinthe Albanés, Gallia christiana novissima- 1901.
  9. Février, Paul-Albert, La donation faite à Lérins par le comte Leibulfe Provence Historique, Vol. VI. 1956.
  10. Au temps des Capétiens - Le sud et le sud-est du territoire.
  11. L'âge vivant ..., Volume 266, Eliakim Littell, Robert S. Littell, Making of America Project, Living Age Co. 1910.
  12. Jean-Pierre Poly, La Provence et la société féodale 879-1166, Bordas, Paris, 1976.
  13. Février, Paul-Albert, La donation faite à Lérins par le comte Leibulfe Provence Historique, Vol. VI. 1956.
  14. Georges Manteyer, La Provence du premier au douzième siècle, p.75.
  15. The development of southern French and Catalan society, 718-1050, Archibald Ross Lewis, University of Texas Press, 1965.
  16. Jean-Pierre Poly, La Provence et la société féodale 879-1166, Bordas, Paris, 1976.
  17. De Clovis à Charlemagne: histoire et généalogie, Didier-Georges Dooghe, MCD, 2000.
  18. Lot Ferdinand, Dhondt (J.). Étues sur la naissance des principautés territoriales en France (IXe-Xe siècle). 1949. p. 206/208.
  19. Three Bernards Sent South to Govern II: Counties of the Guilhemid Consanguinity, Volume 12 de Archive for Medieval Prosopography, Donald C. Jackman, Enlaplage, 2015.
  20. Histoire de la Provence...., La Provence des origines à l'an mil, histoire et archéologie, Paul-Albert Février, Ouest-France 1989.
  21. Guinard, P., Recherches sur les origines des seigneurs de Semur-en-Brionnais, Semur-en-Brionnais, 1996.
  22. Jean-Pierre Poly, La Provence et la société féodale 879-1166, Bordas, Paris, 1976.
  23. Old Provence, Numéro 2 de Lost and found, Theodore Andrea Cook, Signal Books, 2001.
  24. Cipières: Landscape and Community in Alpes-Maritimes, France, David Austin, Rosamond Faith, Andrew Fleming, David Siddle, Windgather Press, 2013.
  25. De Clovis à Charlemagne: histoire et généalogie, Didier-Georges Dooghe, MCD, 2000, p.127.
  26. Michelozzi André. L’église Saint-Pierre-de-Campublic à Beaucaire (Gard). In: Archéologie du Midi médiéval. Tome 25, 2007. pp. 19-34.
  27. Pouvoir et société en Arles au Xe siècle, par Marti AURELL i CARDONNA
  28. Michelozzi André. L’église Saint-Pierre-de-Campublic à Beaucaire (Gard). In: Archéologie du Midi médiéval. Tome 25, 2007. pp. 19-34.
  29. L'Ordre du Temple dans la basse vallée du Rhône: 1124-1312 : ordres militaires, croisades et sociétés méridionales, Volume 17 de Collection d'histoire et d'archéologie médiévales, ISSN 1255-2380, Damien Carraz, Alain Demurger, Presses Universitaires Lyon, 2005.
  30. Les origines de la famille Mévouillon
  31. Old Provence, Numéro 2 de Lost and found, Theodore Andrea Cook, Signal Books, 2001.
  32. Latynse reise: keur uit die reisbeskrywings van André P. Brink, André Philippus Brink, Human & Rousseau, 1990.
  33. Mediterreense herinneringe: Reisvertellings, André P. Brink - 2013.
  34. Histoire de la maison des Baux, Noblemaire, Gustave (1832-19..), E. Champion (Paris) 1913.
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