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Latinus

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Latinus, dux Latinus Gontbado, est né vers 450 et décédé avant 494 dans le Lyonnais.


Le mari de Syagria de Lyon est Latinus, qui selon Francia; Forschungen zur Westeuropaischen Geschichte, du Deutsches Historisches Institut, est un descendant de l'empereur des Gaules, Postumus. L'Institut le voici aussi descendant d'un Latinius Martinianus, procurator Augusti, en 283/284 et de Latinus (ou Latinius ) Pacatus Drepanius, rhéteur et Proconsul[1]. Il semble être le fils du Consul Alethius.

Latinus est dux dans le royaume de Bourgogne une fonction militaire importante[2], qui n'est pas héréditaire. Latinus vit au nord de Lyon, comme son fils Gondedaud de Burgondie, dont le prénom est germanique. Il lui vient de son grand-oncle, roi des Burgondes, et est romanisé.

Syagria de Lyon et Latinus, seigneur romain, font une donation au monastère de Saint-Rambert. Il est redit dans cet acte, Dux. Leur fils, Gondobadus est témoin[3].

Lagnieu, appelé d'abord Calonnia, suivant la légende de saint Domitien, est surtout constituée autour de l'importante villa du romain Latinus et de sa femme Syagria. Au reste, c'est à Latinus que Latiniacus, Lagnieu, doit son dernier nom. Il est dit dans la légende de Domitien très noble personnage consulaire.

Latinus est arien[4]. Il se convertit peut-être au christianisme, mais la légende de saint Domitien, fondateur de l'abbaye de Saint-Rambert en Bugey, qui raconte les donations d'un seigneur nommé Latinus et de son épouse Syagria[5] est fausse. Ils ne vivent pas à la même époque.

Sa famille Modifier

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L'Empereur Marcus Postumus Cassianius Latinius.

Latinus, selon Francia; Forschungen zur Westeuropaischen Geschichte, du Deutsches Historisches Institut, est un descendant de l'empereur des Gaules, Postumus. L'Institut le voit aussi descendant d'un Latinius Martinianus, procurator Augusti, en 283/284 et de Latinus Pacatus Depranius, rhéteur et Proconsul[6].

Postumus est un empereur romain de 260 au début de l'année 269. Il est le chef de l'Empire gaulois et s'oppose à l'empereur Gallien et à Claudius II. C'est donc un usurpateur. La plupart des sources le décrivent comme un bon empereur. Il réussit à vaincre les envahisseurs germains et à préserver l'unité des provinces de l'Ouest de l'Empire. Marcus Postumus est un ancien officier batave qui est acclamé empereur en 258, après avoir tué son rival Solonius[7]. Ce Batave est d'origine modeste[8]. Son lieu de naissance est Deusone (= Diessen aux Pays-Bas)[9]. Il est assassiné, tout comme son fils et les membres de sa garde, par des soldats révoltés par sa décision de ne pas piller Mayence.

Latinius Martinianus, procurator Augusti (= Procurateur impérial), en 283/284, du temps des empereurs Carus (282/283) et Numerianus (283/284)[10]. La Province des Alpes Graies a Axima (= Aime), comme ville principale. Un représentant de l'Empire, le Procurateur, s'y installe avec 2.000 soldats, et leurs familles.

Une demi-douzaine d'inscriptions mentionnent des procurateurs à Aime ou dans la vallée de la Tarentaise. Mais il s'agit en général de mentions indirectes, dans des dédicaces aux dieux, comme celle de Mallienus, ou aux empereurs, comme celles de Latinius Martinianus...[11]. Latinius Martinianus est procurator Alpium Graiarum et Poeninarum[12]. Latinius Martinianus laisse le souvenir d'un homme remarquable, procurateur impérial[13]. Du Bas-Empire, on ne compte que trois autels avec des dédicaces à Carin et à ses deux fils, datés de 283/284 apr. J.-C, élevés simultanément par le procureur Latinius Martinianus et les Foroclaudienses Ceutrones[14]. A la fin du IIIModèle:Exp siècle, Latinius Martinianus, est soucieux d'affirmer son loyalisme politique. Il fait graver ces trois inscriptions en l'honneur des empereurs Carus, Carin et Numérien.

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Le poète romain Ausone.

Latinus Alethius Alcimus est de cette famille, même si Francia; Forschungen zur Westeuropaischen Geschichte, du Deutsches Historisches Institut, ne le dit pas descendant de l'empereur des Gaules, Postumus[15]. Il est né probablement sur l'oppidum d'Aginnum (= Agen), et nous allons retrouver des descendants de Latinus à Agen. Il est mis par Ausone au nombre des professeurs de Bordeaux. Mais il exerce aussi la profession d'avocat, et est présenté comme un grand jurisconsulte, et comme extrêmement versé dans la connaissance des Langues grecque et latine. Latinus Alethius Alcimus est professeur de rhétorique sous l'Empereur Constance (337-361). II publie quelques ouvrages à la louange de l'Empereur Julien (361-63) et de Saluste, qui est Préfet des Gaules sous ce Prince. Ausone fait grand cas de lui. Il exalte sa modestie, s libéralité, sa gravité, et la sagesse de ses mœurs[16].


Latinus Pacatus Depranius (ca 330 - après 393) est un rhéteur latin, de religion païenne, de la fin de la IVe siècle. Il est né probablement sur l'oppidum d'Aginnum (= Agen). Il élève de l'école rhétorique de Burdigala (= Bordeaux). Ausone (309-395) le considère comme son fils et le décrit comme le plus grand poète latin après Virgile. Pacatus est professeur de rhétorique à Bordeaux[17]. Pacatus est nommé Proconsul d'Afrique, en 390, et intendant du domaine en 393. Il est l'auteur d'un discours prononcé au Sénat à Rome en 389 en l'honneur de Théodose Ier[18].

La Descendance de Latinus, patrice de Lyon est aussi celle de Syagria de Lyon, son épouse.

Son mariage Modifier

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Aelia Fracilla, femme d'un empereur, soeur d'un ancêtre de Syagria.

Cette matrona nobilis (= dame noble)[19], lyonnaise, est de la gens Syagrii. Cette famille est célèbre par le dernier résistant romain à Clovis, le père de Syagria, le roi Syagrius[20]. La gens Syagrii a compté un empereur parmi elle[21].

Syagria de Lyon, à la mort de son père s'installe à Lyon dans le royaume de son frère Gondebaud (455-516), rex Burgundionum et patricius Romanorum. Elle est mère de famille. Son fils, Gondobadus (= Gondebaud)[22], va permettre à la gens Syagrii de ne pas être éliminé par la nouvelle noblesse.

Saint Oyand de Condat (450-510) envoie une lettre à Syagria de Lyon, et elle est guérie d’une maladie désespérée, après avoir baisé cette lettre. Elle devient une dame très charitable, mère des églises et des monastères : ecclesiarum monasteriorumque mater. Syagria se rend célèbre par ses vertus chrétiennes. Magnus Felix Ennodius lui donne l’épithète de ecclesiae thésaurus (= véritable trésor de l'Église), et l'auteur de La vie de saint Eugendius la qualifie de mère des Églises et des monastères[23].

Avitus donne divers détails sur la veuve Syagria de Lyon, qui donne les sommes nécessaires pour le rachat de Romains captifs des Burgondes. Il s'agit du rachat de six mille esclaves en 494.

Légende de Domitien du Bugey Modifier

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Le futur saint Domitien du Bugey (347 - 440) décide de bâtir un oratoire et un hospice au bord de l'Albarine, au lieu qui deviendra Saint-Rambert-en-Bugey. En quête de subsides pour mener à bien ces travaux il se décide à aller rencontrer Latinus, seigneur de Lagnieu, et son épouse Syagria. Tous deux ariens, ils se convertissent au christianisme et donnent toutes les terres qu'ils possèdent dans la vallée de l'Albarine depuis Lagnieu jusqu'à Armix permettant de jeter les fondations de ce qui va devenir l'abbaye Saint-Domitien[24]. Mais la rencontre de ce personnage avec Latinus et Syagria est une légende. Ils ne vivent pas à la même époque. Ce saint est né en 347 et Syagria en 548[25].

Or, dans cette vie de ce saint, Syagria de Lyon et son mari Latinus tiennent une grande place. Domitien s'est établi avec ses compagnons à l'endroit qui s'appellera plus tard Saint-Rambert, dans la vallée d'un petit affluent de l'Albarine. Donc avant la naissance du dux Latinus Gontbado et il ne peut s'agir d'un parent car Syagria de Lyon est citée plusieurs fois dans cette fable mensongère.

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La vallée du Brevon, où est construite l'Abbaye de Saint-Rambert.

Le Musée de Brignoles recèle le plus précieux de tous les tombeaux chrétiens sculptés que l'on ait trouvés jusqu'à ce jour, écrit Le Blant, Sarcophaphages de la Gaule. Le mélange de motifs païens et chrétiens prouve  l'ancienneté de la sculpture (fin du second siècle). L'inscription est bien postérieure, du début du VIe siècle. Elle est gravée lors de l'usurpation de ce sarcophage par la famille d'une dame romaine nommée Syagria : Ici repose en paix Syagria, de bonne mémoire, qui mourut le 12 des calendes de février[26]. Une Dame Syagria, de bonne mémoire, morte vers 520/540, il n'en existe qu'une !

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Sarcophage d'une Dame Syagria, de bonne mémoire, morte vers 520/540.

Le souvenir de la pieuse et charitable lyonnaise Syagria se perpétue dans les monastères de l'ancien royaume burgonde[27].

Notes et références Modifier

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  1. Francia; Forschungen zur Westeuropaischen Geschichte, Volume 10, Deutsches Historisches Institut (Paris, France), Germany (West). Bundesministerium für Bildung und Wissenschaft, W. Fink 1983.
  2. Violentia und potestas in germanischen und römischen Personennamen.
  3. Histoire civile ou consulaire de la ville de Lyon , justifiée par chartres, titres, chroniques... avec la carte de la ville, comme elle était il y a environ deux siècles, Ménestrier, Claude-François (1631-1705), N. et J.-B. de Ville (Lyon) 1696.
  4. Eglise et société chrétienne d'Agobard à Valdès, Volume 10 de Collection d'histoire et d'archéologie médiévales, Michel Rubellin, Presses Universitaires Lyon, 2003.
  5. Des origines féodales dans les Alpes occidentales, Léon Ménabréa, Accademia delle scienze di Torino, Impr. royale, 1865.
  6. Francia; Forschungen zur Westeuropaischen Geschichte, Volume 10, Deutsches Historisches Institut (Paris, France), Germany (West). Bundesministerium für Bildung und Wissenschaft, W. Fink 1983.
  7. Revue historique, Numéros 605 à 606, Odile Krakovitch, Librairie G. Bailleère, 1998.
  8. State, Paul F., A Brief History of the Netherlands, Infobase Publishing, 2008.
  9. Archives régionales de Tilburg. Le lieu de naissance de Postume semble évoqué par certaines de ses monnaies affichant au revers la légende HERC DEVSONENSIS (l'Hercule de Deusone).
  10. More Missing Names (A. D. 260-395), T. D. Barnes, The Phoenix, Vol. 27, No. 2 (Summer, 1973), pp. 135-155, Classical Association of Canada.
  11. Un nouveau procurateur à Aime en Tarentaise. Savoie, Alain Canal, François Bérard, Gallia 1995, Volume 52.
  12. L'Année épigraphique, Année 1985, (1988), pp. 165-170, Presses Universitaires de France.
  13. L'Empire romain de 192 à 337 après J.-C., L'Antiquité, une histoire, Les dossiers du CAPES et de l'agrégation, François Bertrandy, Jeanne-Marie Demarolle, Bernard Rémy (docteur-ès-lettres), Ellipses, 1998.
  14. Mauritius und die Thebäische Legion, Volume 49 de Paradosis (Fribourg) : Beiträge zur Geschichte der altchristlichen Literatur und Theologie, Otto Wermelinger, Saint-Paul, 2005.
  15. Francia; Forschungen zur Westeuropaischen Geschichte, Volume 10, Deutsches Historisches Institut (Paris, France), Germany (West). Bundesministerium für Bildung und Wissenschaft, W. Fink 1983.
  16. Histoire universelle, depuis le commencement du monde, jusqu'à present, Arkstée, 1771.
  17. Nixon and Rodgers, In Praise of Later Roman Emperors, Berkeley: University of California Press, 1994.
  18. Nixon and Rodgers, In Praise of Later Roman Emperors, Berkeley: University of California Press, 1994.
  19. Francia; Forschungen zur Westeuropaischen Geschichte, Volume 10, Deutsches Historisches Institut (Paris, France), Germany (West). Bundesministerium für Bildung und Wissenschaft, W. Fink 1983.
  20. Production, pouvoir et parenté dans le monde méditerranéen de Sumer à nos jours: actes du séminaire, Volume 2, Ecole des hautes études en sciences sociales, Claude-H. Breteau, Nello Zagnoli, U.P.R. 414 du C.N.R.S., Libr. orientaliste P. Geuthner, 1993.
  21. Le Moyen âge: le roi, l'église, les grands, le peuple : 481-1514, Volume 1, L'univers historique, Histoire de la France politique, Philippe Contamine, Oivier Guyotjeannin, Régine Le Jan, Seuil, 2002.
  22. Francia; Forschungen zur Westeuropaischen Geschichte, Volume 10, Deutsches Historisches Institut (Paris, France), Germany (West). Bundesministerium für Bildung und Wissenschaft, W. Fink 1983.
  23. Mathisen, "Prospographia II", Francia 7 (1980).
  24. Histoire hagiologique de Belley ou recueil des vies des saints et des bienheureux nés dans ce diocèse, Jean-Irénée Depéry, Bottier 1834.
  25. Église et société chrétienne d'Agobard à Valdès, Volume 10 de Collection d'histoire et d'archéologie médiévales, Michel Rubellin, Presses Universitaires Lyon, 2003.
  26. Revue archéologique, Société française d'archéologie classique, Presses universitaires de France (Paris) 1844.
  27. Recherches sur l'histoire de Lyon du vme siécle (450-800), Alfred Coville, A. Picard, 1928.

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