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Jean de Matha ou Mota

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Sculpture de Jehan de Mota.

Jean de Matha ou Mota (ou bien encore Motta, Mutet, Motet, Mottet, Motetus, Motitus, Motus) est né le 23 juin 1160, au château de Faucon-de-Provence (= Faucon-de-Barcelonnette) et mort le 17 décembre 1213 à Rome, au monastère Saint-Thomas-in-Formis[1]. Son corps est ensuite transporté en Espagne.


Jehan de Mota, et pas de Matha, est un membre de la famille Mottet, comme le gentilhomme troubadour Jacme Motet, ou Mote, ou Mota ou bien encore Moter, d'Arles. Ils ne sont pas titrés mais Raymond-Berenguer IV fait Euphème de Mota, son père, baron et lui donne la terre de Faudon. Jehan de Mota fait d'excellentes études à Marseille, Aix et Paris. Sa foi est immense. Il a des visions et vit parfois en ermite.

Jehan de Mota fonde avec Félix de Valois (1127 - 1212), l'Ordre de la Très Sainte Trinité pour la Rédemption des captifs, ou Trinitaires, dit des Mathurins, en 1198. Le Pape et l'aristocratie européenne aident ce miles Christi à réaliser son projet, racheter les esclaves des Maures et des Turcs. Les Trinitaires vont avoir six cent maisons au milieu du XVe siècle[2]. En huit siècles, on estime à 600.000 le nombre des captifs rachetés par les trinitaires, dont Miguel de Cervantès. La confrérie associée à l'ordre des Trinitaires, rayonne dans toute l'Europe[3].

SES PARENTSModifier

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Les Mota-Motet-Motta-Mottet Modifier

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Les Mottet à Arles.

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Généalogie des Mottet (L'état et le nobiliaire de la Provence).

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Les chevaliers de Rhodes prennent Smyrne (1344).

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Jean Mottet est conseiller du roi René de Provence au XVe siècle.

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Les arènes d'Arles au moyen-âge sont fortifiées et habitées.

La branche espagnole des trinitaires trouve une fausse origine hispanique à Jean et lui trouve le patronyme Matha. Selon ses hagiographes Jehan est :

... descendant d'une noble famille, qui était, nous disent d'anciens historiens, la troisième des neuf baronnies instituées par Charlemagne pour être l'honneur et le soutien de son trône. Cette famille, établie dans la péninsule espagnole, s'était illustrée encore dans les guerres sanglantes intervenues entre les chrétiens et les Maures, et, pour léguer à ses descendants le souvenir toujours vivant des hauts faits d'armes de leurs ancêtres, elle avait fait graver dans ses armoiries un homme enchaîné proférant un cri de détresse ...[4].

Marthe est dite descendante de seigneurs de Vintimille, établis à Marseille. Sur une peinture de l'église de Faucon datant du XIIIe siècle.

Sa ceinture est parsemée de fleurs de lis d'or, ce qui pourrait peut-être aider à déterminer à quelle famille appartenait réellement notre pieuse Marthe. Les fleurs de lis ont été, jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, les armes de la France, mais on sait que quelques familles illustres de la noblesse, alliées a celle de France, ou autorisées par le roi, ont porté et portent même encore la fleur de lis dans leurs armes. Parmi elles nous pourrions citer celle de Simiane[5].

Des fleurs de lys impliquant une origine Vintimille ou Simiane, raisonnement amusant ! A notre époque, un vrai historien trinitaire, le père Giulio Cipollone découvre que la première mention de son patronyme est Jehan de Mota, dans un document de 1545[6]. Ce nom de Mota on le retrouve au niveau de la famille Mottet, dont le patronyme varie : Motta, Mutet, Motet, Mottet, Motetus, Motitus, Motus. Elle compte des proches du comte de Provence, des juristes, des ecclésiastiques. Jacme de Mota, d'Arles, gentilhomme et troubadour est de cette maison. Ils sont connus comme coseigneurs de La Motte et on a des siècles plus tard Nicolas Mottet de La Motte.

Dominique Robert de Briançon, dans L'Etat de la Provence, établit un lien entre les Mottet de Provence et ceux du Dauphiné, les ancêtres des seigneurs Mottet de Séchilienne. Pour cet historien et généalogiste, Galiot Mottet ou Moutet est aussi de leur famille. Or, Louis Bassette, qui a étudié les Mottet de Séchilienne, et Guy Allard, en dressant la généalogie de cette famille, nous disent que le Commandeur de l’Ordre de Rhodes, pour Bourdeaux, Galiot Mottet, est parent des membres des deux branches de la famille Mottet, celle d’Arles-Tarascon et celle de Grenoble. En tous les cas, dans les trois Langues françaises, il faut huit quartiers de noblesse pour être chevalier de Rhodes. Et puis les commandeurs ne sont pas de simples chevaliers. Ils sont des supérieurs des maisons du continent et ne sont jamais des roturiers ou des anoblis de fraîche date. Galiot est commandeur de Bourdeaux, mais nous ne connaissons pas sa généalogie exacte. Dès cette époque cette famille porte : D'azur, à trois bandes d'argent au chef coufu de gueules chargé de trois lozanges auffî d'argent. Cimier, un Pan rouant, d'argent.

Le premier Mota connu est Halduin Motetus (début du XIe s.) qui signe une donation de Geoffroy, comte de Provence, à l'abbaye de Montmajour... en février 1060, selon l'Histoire générale de Provence, de Papon[7]. Halduin est très certainement noble car il a un patronyme. C'est en effet au Xe siècle que le processus de création des noms de famille s'amorce. Ce phénomène, en partie lié à la croisade, se rencontre d'abord parmi les famille nobles, puis s'élargit à l'ensemble de la population à partir du XIIIe siècle. Mais l'orthographe varie parfois plusieurs fois dans le même acte.

Le grand-père de Jehan, Luc de Mota, en 1114, à la suite d'actes de piraterie menés à partir de Majorque contre les navires chrétiens en Méditerranée, fait partie d'une armée coalisée de Pisans, Provençaux et Catalans. Ils débarquent à Majorque, mettent le siège devant Palma pendant huit mois, prenne la ville et la saccage. Mais, pendant l'absence de Raimond-Bérenger III de Barcelone, les Pisans s'enfuient lorsque apparaissent des secours envoyés par les Almoravides d'Afrique du Nord. Luc de Mota se bat avec honneur et courage contre les Sarrasins[8].


Ses parents Modifier

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Raymond-Berenguer IV fait Euphème de Mota baron et lui donne la terre de Faudon.

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Prise de Majorque en 1114/1115.

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La demeure familiale. Seule la tour est d'époque.

Ses parents sont Euphème de Mota et Marthe de Marseille, tous deux aussi nobles par le sang que par leurs mœurs chrétiennes. On pense qu'ils sont seigneurs de ce village et probablement aussi de la villa de Mathos[9].

La baronnie d'Euphème de Mota est un présent de choix offert par Raimond-Bérenger IV de Barcelone, comte de Catalogne, régent de Provence (1113-1162), à son vassal Euphème de Mota, pour reconnaître son loyalisme lors des Guerres baussenques (1144-1162). Euphème de Mota se bat aux côtés de son suzerain à Tarascon et Digne. En février 1147, Raimond-Bérenger IV de Barcelone prend Tarascon, où il reçoit l'hommage de trente barons provençaux. Il marche jusqu'à la Provence et les Alpes, en combinant les succès militaires et la diplomatie habile. Il reçoit les serments de fidélité de cinquante seigneurs anciens partisans de Raymond des Baux. Euphème de Mota contribue à vaincre Raymond, comte des Baux[10].

Euphème s'installe en son fief, tout empanaché de gloire et d'amour. Il épouse en 1156 une Marseillaise, Marthe, fille du vicomte de Fenouillet[11], cela ne veut pas dire que Raimond de Fenouillet, son grand-père est vicomte de Marseille, comme le racontent certains hagiographes. Les vicomtes de Fenouillet sont Catalans. On trouve en effet en 1067 et 1073 un Udalger de Fenouillet, vicomte de Fenouillèdes, qui souscrit en 1070, avec son fils Pierre, à l'union du monastère Saint-Martin de Lez-sur-l'Aude, dans le même païs, à celle de Saint-Pons[12].

Pierre de Fenouillet, fils d'Hugues de Saissac et petit-fils de Pierre de Fenouillet, dernier vicomte de Fenouillèdes, demande l'annulation de la condamnation de son grand-père par l'Inquisition en 1269. Le famille de Jehan perd sa vicomté car ils sont cathares, mais aussi vassal du roi d'Aragon. Pierre de Fenouillet de Barbaira, faydit, prend part à la victoire occitane de Baziège en 1219[13]

Euphème de Matha, baron de Faucon, son père, et Marthe de Fenouillet et Champeaux, sa mère, sont aussi pieux que nobles[14]. Toujours selon ses hagiographes, sa mère est avertie par Marie des destinées futures de l’enfant qu’elle porte encore dans son sein.

Raymond Motet (ca 1160-1225) est certainement l'un de ses frères. Il est précepteur général (1222-5) des Hospitaliers au Moyen-Orient[15].

A la génération suivante un autre Raymond Motet est simple frère à Acre en avril 1239[16].

Descendance d'Halduin Motetus Modifier

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Blason Mottet médiéval (Dauphiné-Provence)

A Faucon il existe encore en 1783 un oratoire où Jean de Matha ou Mota (1160-1213) prie. Il s'appelle l'oratoire de saint Michel, car son aïeul et celui de tous les Motet/Mota a nom Michel[17].


Halduin Motetus (ca 1030-après 1060)


BIOGRAPHIE Modifier

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Sa jeunesse Modifier

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Marseille au moyen-âge.

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Réunion de docteurs à l'université de Paris durant le Moyen Âge.

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Défaite de Hattin (1187), les prisonniers.

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Empire almahade en 1195.

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Bataille de Alarcos (1195).

A l'époque de la naissance de ce saint, la vallée de Barcelonnette est comprise dans la Provence, et Faucon s'appelle alors Faucon de Provence, ou de Barcelonnette, ou de Terre Neuve. Le prieuré de Faucon est fondé au début du XIIe siècle, avant que la baronnie soit crée et offerte, par Raimond-Bérenger IV de Barcelone, à son vassal Euphème de Mota. Des religieux Bénédictins sont envoyés par Guigues de Revel, abbé de Boscodon, dans la vallée de Barcelonette. A Faucon, ils défrichent les premiers le terroir de cet endroit, où il n'y a d'abord d'autres habitant que leurs fermiers[19]. Jehan est élevé par des parents très pieux au milieu de villageois et de religieux qui le sont tout autant.

Jehan répand la joie autour de lui dans le manoir paternel, et, s'il lui arrive parfois de se dérober quelques instants aux caresses de ses parents, c'est pour aller dans la chapelle du château, adresser ses vœux innocents à la sainte Vierge, que Marthe lui a appris à aimer comme la plus tendre des mères[20].

Le futur saint étudie dans son village natale, certainement avec ses parents et un précepteur. Puis il étudie les sciences, la philosophie, et les exercices ordinaires à la noblesse, de 10 à environ 20 ans, en partie à Aix-en-Provence, capitale de la Provence, et à Marseille. Dans cette ville sa pieuse mère lui fait rencontrer et aimer les pauvres, les malades des hôpitaux et les prisonniers.

Après Ses premières études faites à Aix, il se retire dans un lieu solitaire, proche de Faucon, dans un lieu solitaire, mais qui ne l'est pas encore assez, pour le laisser aussi libre qu'il souhaite l'être dans ses saintes pratiques.

Désireux de devenir ecclésiastique, comme sa famille peut lui payer le voyage et ses études à Paris, il devient étudiant à l’Ecole cathédrale de Paris. Il débute son cursus universitaire par les sept arts dits libéraux, avant de passer à l'étude de la théologie[21]. Paris est le centre intellectuel de la France et de l'Europe, la principale plate-forme pour organiser croisades. Juan Mata étudie la théologie sous la direction du maître italien Guillermo Prevostino. Ces maîtres attirent vers 1200 les étudiants venus de tout l'Occident : les Anglais Robert de Courçon et Etienne Langton, les italiens Prévotin de Crémone, mais aussi Jehan de Mota[22].

La vie étudiante de Jean de Matha à Paris dure près de huit ans. Une fois ses obligations académiques accomplies, l’évêque Maurice de Sully le nomme maître théologien, c’est-à-dire professeur de théologie de l’Ecole cathédrale. Il y enseigne de 1185 à 1192. Jean y jouit d’une réputation d’homme de Dieu assidu à son service[23].

A la fin du XIIIe siècle, les chrétiens renoncent en partie à l'esclavage et certains ecclésiastiques vont se soucier des captifs des marchands de Gênes ou de Venise, des Maures d'Espagne, des pirates d'Alger, de Tunis et du Maroc. Du fait de ses liens avec les moines de l'abbaye de Saint-Victor à Paris il a connaissance de la traite des blancs et des razzias des musulmans, dont souffrent les chrétiens d'Europe, et parmi eux beaucoup de Provençaux.

Le Djihad contre les chrétiens est d'abord à l'origine d'un développement de la traite négrière. Les attaques des musulmanes des pays chrétiens, surtout sur les côtes de la Méditerranée, et des milliers de prisonniers en Palestine, en Afrique du Nord, en Espagne... font que la traite des blancs devient un problème pour l'Europe. En 1187, Saladin défait les troupes chrétiennes à Hattin, prend Jérusalem et rase les temples et les monastères. Cette catastrophe a un impact énorme à Paris.

Des centaines de milliers de chrétiens sont castrés, fouettés et travaillent désormais enchaînés pour des maîtres musulmans.

En Espagne 300.000 berbères, des Almohades (al-Muwaḥḥidun = qui proclament l’unité divine), remplacent les Almoravides en 1169.

La fondation de Jehan de Mota suit de près l'énorme rafle de prisonniers opérée par Saladin dans les Etats latins d'Orient après Hattin. Elle précède celle que font les Almohades sur une moindre échelle à Alarcos (1195). C’est durant son séjour à Paris, que Jehan apprend la terrible nouvelle de la chute de Jérusalem aux mains de Saladin (1187), d'où la prédication d’une IIIe} croisade, invitant spécialement le roi Philippe II Auguste à y prendre part. Il est fort probable que Jean assiste au concile sur la croisade tenu à Paris en mars 1188[24].

Fondation Ordre Trinitaire Modifier

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Jehan de Mota (1160-1213) et les deux esclaves.

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Statue à Prague du cerf, des captifs, des saints Félix de Valois et Jehan de Mota.

L'évêque de Paris, Maurice de Sully, l'encourage à devenir religieux et en 1192 il est ordonné prêtre. Selon ses hagiographes, et notamment un texte anonyme de la première moitié du XIIIModèle:Exp siècle, Jehan de Mota a une vision au cours de la célébration solennelle de sa première messe le 28 janvier 1193, fête de sainte Agnès, dans la chapelle de Maurice de Sully :

Jehan a invité à sa première messe l'évêque de Paris, l'abbé Saint-Victor et Guillermo Prevostino de Cremona, qui avait été son professeur. Au milieu de la messe le Seigneur lui-même lui apparaît tenant dans ses mains deux hommes enchaînés par les tibias, l'un noir et très laid, et l'autre blanc et très pâle.

L'homme a une croix rouge et bleue sur la poitrine. Jehan de Mota y voit le signe que Dieu l'appelle à fonder un nouvel ordre religieux pour gérer le rachat des captifs.

Jehan se retire trois années en la forêt de Cerfroid, auprès de l'ermite Félix de Valois. Il y jette avec Valois les bases de l'ordre des Trinitaires[25].

Ce Félix est-il le fils de Raoul de Vermandois, un temps Régent du royaume, comme l'affirme le Père Anselme ? Cela n'est en rien certain, car le petit-fils du roi se nomme Hugues de Vermandois. Selon d'autres sources plus récentes il est juste originaire de la province de Valois. C'est cependant un homme fortuné qui renonce à ses biens et se retire dans une forêt dense dans le diocèse de Meaux.

Alors que Mota prie avec Félix de Valois, ils sont témoins de l'apparition d'un cerf portant une croix rouge et bleue entre les bois, qui vient s'abreuver à leur source.

Un groupe de quatre ermites de cette forêt du diocèse de Meaux se joignent à lui et fondent l'Ordre en 1198. De sa naissance dans la vallée de l'Ubaye et de ses plus jeunes années, Jehan garde la discrétion, la ténacité et le courage des habitants de son pays.

Innocent III Modifier

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Jehan de Mota et le Pape.

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Mosaïque placé sur la façade de l'hôpital de Saint-Thomas de Formis, à Rome, en 1210. Jésus est assis sur un trône avec deux esclaves se tenant à ses côtés (un noir et un blanc). Depuis c'est le sceau de l'Ordre de la Sainte Trinité.

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Le couvent de Cerfroid en 1540.

Considérant que, pour se consacrer à sauver les esclaves des Maures et des Turcs, il a besoin de l'appui du pape, Jehan de Mota, part sur la fin de l'an 1197, au fort de l'hiver, laissant le soin de son ermitage à quelques disciples qui se sont joints à lui. En janvier 1198, il est à Rome pour soumettre au jugement de Innocent III le plan de la Règle qu'il a composé pour le nouvel ordre. Le pape assemble les cardinaux, célèbre une messe solennelle, et a la même vision que Jehan à Paris s'offre à leurs yeux. Le Pape dit, après plusieurs conclaves et avoir examiné attentivement la question, et interrogé l'évêque de Paris, Maurice de Sully, et l'abbé de Saint-Victor (Paris), approuver la Règle de Jehan de Mota par la bulle du 17 décembre, 1198 (bulle Operante divine dispositionis). Il leur permet de recevoir des disciples pour former un Ordre destiné à la rédemption des captifs, et leur donne un habit blanc, chargé d'une petite croix rouge et bleue sur l'estomac.

Parmi les autres aides pour sa mission obtenues du Pape, Jehan récupère une autre bulle et une lettre d'Innocent III, du 8 mars 1199) adressée au Roi du Maroc. Il y est présenté comme un religieux qui a comme mission de venir au secours des captifs. Mota est constitué ministre général de son ordre par le Pape. Il lui fait don du futur monastère Saint-Thomas-in-Formis.

En 1198 l'abbé Absalon de Saint-Victor (Paris) est chargé avec l'évêque de Paris de rédiger les constitutions de l'ordre nouveau des Trinitaires fondé par saint Jehan de Mota[26].

Le Souverain Pontife parle de cette institution, comme la croyant divinement inspirée. Il parle de Jehan de Mota qui en est auteur, comme d'un véritable Disciple de Jesus-Christ, qu'on voyoit manifestement plus sensible aux intérêts de son divin Attitré, qu'aux siens propres[27].

A leur retour de Rome, ces hommes pieux se présentent au roi Philippe Auguste, qui confirme tout ce qu'ils ont fait, et joint même des libéralités à la protection qu'il leur accorde. Jehan et Félix de Valois vont trouver des dispositions favorables à leurs actions parmi les puissances et parmi les peuples. Il faut des dons pour racheter les esclaves jusque là abandonnés aux musulmans. Dans ce but, Jehan sillonne l'Europe, côtoie rois et seigneurs, pour obtenir des sommes d'argent destinées à racheter les prisonniers.

En 1198, le couvent de Cerfroid, première maison de la Trinité, est fondée par le Provençal. Le bâtiment est donné par Marguerite, comtesse de Bourgogne. Ce couvent va rester le siège de l'Ordre jusqu'en 1792. La noblesse des environs lui offre des terres pour sa mission : racheter des chrétiens prisonniers en Orient et réaliser des œuvres de miséricorde.

Très rapidement deux autres maisons sont fondées à Planels et à Bourg-la-Reine[28].

Mota fonde un couvent sortit d'Arles, & mena avec luy les Peres Boniface, Osoert, Matthieu & Yitalis, qui ont esté recommandables par leur charité, puis ils ont exposez leur vie pour la Redemption des captifs[29].

Rédemption au Maroc (1199-1200) Modifier

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Rachat de captifs par les Trinitaires auprès du Miramolin, sultan du Maroc, fin 1199.

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Religieux trinitaires dans un port.

L’année même de la fondation du couvent de Cerfroid, deux frères, Jean Anglic (de Londres) et Guillaume Scot (d’Oxford), partent de Rome avec la mission de racheter ou plutôt d’échanger le plus grand nombre possible de captifs au Maroc[30]. Ils doivent affronter une tempête, et plusieurs fois ils se sont vus sur le point d'être massacrés par les barbares, avant de rencontrer le souverain du Maroc. C'est moins de trois mois après la bulle, que partent les premiers rédempteurs, avec une lettre du pape pour le souverain du Maroc, le Miramolin (= commandeur des croyants, émir el-Mouminin), datée du 8 mars 1199. Elle dit ceci :

Quelques hommes, dont les porteurs de cette lettre, divinement inspirés, ont fondé depuis peu une règle et un Ordre, dont les membres sont tenus statutairement à consacrer un tiers de tous leurs biens au rachat des captifs détenus dans votre empire, soit à prix d’argent, soit par échange avec ceux de votre pays que les chrétiens détiennent. Etant donné que l’œuvre que nous venons d’exposer convient tant aux chrétiens qu’aux païens, Nous nous sommes décidés à t'en avertir par cette lettre apostolique[31].

Jean Anglic et Guillaume Scot ramènent 186 esclaves chrétiens de leur mission. Le Miramolin est-il sensible à l’exhortation contenue à la fin de la lettre du pape ? Il fait bon accueil aux Trinitaires, défend à ses sujets de leur faire du mal.

Un coup de vent les jette sur la côte d'Espagne. Ils sont fait prisonniers par les Maures de ce pays. Cependant à force de patience et de fermeté, surtout en menaçant le gouverneur de ces contrées de la colère de l'empereur du Maroc son suzerain, ils retrouvent la liberté.

Jehan accueille les anciens esclaves des Maures à Marseille. Leur débarquement et leur séjour dans cette ville donnent lieu à de vives démonstrations de joie qui, d'ailleurs, vont se renouveler toutes les fois que les mêmes libérateurs abordent sur les côtes de France, avec une pareille cargaison. Ce n'est pas seulement à Marseille, mais à Narbonne, à Sète et dans toutes les villes du littoral, que vont avoir lieu pendant des siècles ces démonstrations et ces grandes fêtes pour célébrer le retour des ex-esclaves.

Frère Jehan, au cours de l’année 1200, ouvre une maison à Marseillr. Un accord est rapidement conclu avec l’évêque Rainier et le chapitre cathédrale en ce sens. Il acquiert une propriété sise à la Porte de France et demande à l’évêque la possibilité d’y établir une église et un cimetière[32].

Rédemptions en Tunisie (1201 et 1210) Modifier

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Jean de Matha (ou Mota) et des esclaves.

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Des pères Trinitaires rachetant des captifs (illustration de 1600)

Encouragé par ce succès, Jehan se rend l’année suivante à Tunis. De son premier voyage en Afrique, Jean de Matha ramène 186 esclaves des Maures (selon d'autres sources 110). Il fournit à beaucoup d'autres esclaves des Tunisiens des vêtements et quelques objets de première nécessité.

De là, il se rend en Provence; il y recueille des sommes considérables, qui lui servent à procurer la liberté à un grand nombre de malheureux, qui gémissent sous les fers des Maures d'Espagne. Il y reçoit encore une autre fondation qui est faite dans la ville d'Arles, par Imbert d'Arguière, qui en est évêque.

Ce De Grenade-Saint-Bernard nous raconte le second voyage du saint en Tunisie :

Notre saint fit un second voyage à Tunis, en 1210; il eut beaucoup à souffrir de la part des mahométans, irrités de l'ardeur avec laquelle il exhortait les captifs à supporter leurs maux avec patience, et à mourir plutôt que de renoncer à la foi. Le trait suivant donnera une idée de la barbarie de ces infidèles. Lorsqu'ils virent le saint s'embarquer avec les cent vingt esclaves, qu'il avait rachetés, ils ôtèrent le gouvernail du vaisseau et en déchirèrent les voiles, afin que tout périt au milieu des flots. Jean, plein de confiance en Dieu, ne perdit pas courage; il pria le ciel de prendre la conduite du vaisseau; puis, ayant tendu les manteaux de ses compagnons en forme de voiles, il se mit à genoux sur le tillac, le crucifix à la main, chantant des psaumes durant tout le trajet. L'événement prouva qu'une foi vive n'est jamais sans récompense: la navigation fut très-heureuse, et le vaisseau aborda, en fort peu de jours, le port d'Ostie, en Italie[33].

Une autre fois, ayant employé tout ce qu'il a apporté d'argent au rachat d'un certain nombre d'esclaves, profondément ému du désespoir d'un prisonnier dont il ne peut payer la rançon, il adresse à la Reine des cieux la plus fervente prière; à l'instant même, une main complètement inconnue lui remet la somme nécessaire à l'accomplissement de son œuvre. De son côté, Félix de Valois reçoit une faveur insigne. Une nuit pendant laquelle il se rend le premier à l'Office, la Sainte Vierge lui apparaît couverte de l'habit de son Ordre, entourée d'une foule de bienheureux également vêtus en Trinitaires, et chantant, à sa suite, le bréviaire des religieux. N'était-ce pas le ciel qui se faisait l'écho de la terre ?[34]. De son vivant même, l’ordre se développe en France et dans le nord de l’Europe.

Missions en Espagne Modifier

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Jehan de Mota, connu sous le nom de Jean de Matha.

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Tortures infligées à certains esclaves des Barbaresques.

Après avoir terminé toutes ses affaires à Arles, il passe en Espagne. Sa voix est si puissante sur les rois et les princes de ce royaume qu'il intéresse tout le monde à la Rédemption des captifs chez les infidèles. Il y fonde plusieurs monastères et plusieurs hôpitaux, qui ajoutent encore à la gloire du nouvel ordre.

De Grenade-Saint-Bernard nous raconte dans Gloires monastiques ou Les fondateurs et les fondatrices d'ordres, d'institutions et de congrégations catholiques au point de vue historique, religieux et social, l'origine des Religieuses trinitaires :

Pendant le voyage de saint Jean de Matha en Espagne, quelques saintes femmes, voyant qu'elles ne pouvaient pas aller elles-mêmes racheter les captifs et suivre ces religieux dans leur noble mission chez les barbares, demandèrent d'être associées à eux afin de les seconder dans leur pieux dessein au moins par leurs prières. Elles prirent l'habit de l'ordre, quice saint fondateur leur donna lui-même , et se retirèrent dans un monastère que saint Jean de Matha leur fit bâtir dans un ermitage, auprès d'Aytone, dans une tour appelée Avingavia, que Pierre de Belluys leur donna en 1201. De là, l'origine des Religieuses trinitaires, qui embrassèrent la réforme du bienheureux Jean-Baptiste-de-la-Conception[35].

Les rois catholiques le reçoivent avec de grandes démonstrations de respect, et lui cèdent des propriétés considérables pour des fondations, en même temps qu'ils versent entre ses mains de fortes sommes pour le rachat immédiat des esclaves des Maures et des Turcs détenus dans différentes villes de la Péninsule et dans les îles Baléares.

Notre saint part à Valence. Jehan de Mota sait que les esclaves chrétiens y sont plus malheureux que dans aucune autre des villes d'Espagne soumises au joug des Maures. C'est un motif tout-puissant pour lui de ne point différer de leur porter des consolation et des secours. Il ne trouve pas à Valence moins d'occasions de souffrir qu'il n'en a eues à Tunis; mais, par sa patience et sa mansuétude toujours admirables, il peut surmonter toutes les avanies et les mauvais traitements des ennemis des chrétiens, et, après avoir rendu aux esclaves espagnols les mêmes offices de charité qu'il a exercés à l'égard de ceux d'Afrique, il a la consolation d'en retirer un grand nombre des fers.

Tous ces infortunés délivrés successivement à Valence, à Murcie, à Majorque et ailleurs encore dans l'Espagne sont dirigés par notre saint sur Lérida (Lleida), où vient d'être fondé pour son ordre et par les soins de Don Pedro, qui règne alors dans l'Aragon, un vaste établissement comprenant un couvent pour les religieux, un refuge pour les voyageurs indigents, un hôpital pour les infirmes du pays, et un lieu de repos pour les captifs rachetés mais fatigués de la marche et encore convalescents.

Charité dans les armées chrétiennes Modifier

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Bataille de Las Navas de Tolosa (1212).

Jehan de Mota devient un miles Christi et ses religieux aussi. Dès l'an 1200, Jehan confie de ses religieux à des chefs croisés, pour être aumôniers et infirmiers militaires.

Certains sont envoyés à la suite des comtes de Flandre et de Blois et de quelques seigneurs qui doivent passer en Palestine[36].

Jean de Matha, aidé d'un bon nombre de ses religieux, remplit lui-même ce ministère de charité dans l'armée chrétienne, lorsque, sous le commandement d'Alpbonse VIII, roi de Castille, elle remporte sur les Maures d'Espagne la fameuse victoire de Las Navas de Tolosa[37].

Fin de vie à Rome Modifier

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Mort de Jehan de Matha.

Saint Jehan de Mota, dit Matha, après son retour de Barbarie, emploie les deux dernières années de sa vie à Rome, uniquement occupé à exercer des œuvres de miséricorde, et à prêcher la nécessité de la pénitence.

Jehan console et assiste les pauvres dans leurs besoins, et Dieu donne une telle efficacité à ses exhortations que les pécheurs les plus endurcis rentrent en eux-mêmes.

Cet infatigable athlète de la charité, succombant enfin sous le poids de tant de travaux et d'austérités, meurt le 21 décembre 1213, à l'âge de 53 ans. Son corps est enterré dans l'église de Saint-Thomas. Plus tard, il est transporté en Espagne.

Le pape Innocent XI fixe la fête de saint Jean de Matha au 8 février.

Après sa mort Modifier

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Religieux de l'ordre des trinitaires rachetant des esclaves.

Les religieux de son ordre vivent au départ dans la misère. Ils ne mangent ni viandes, ni poissons et se déplacent sur des ânes. Par la suite les règles sont moins strictes. Cet ordre possède rapidement environ 250 couvents dans différentes parties de l'Europe. En 1450, les Trinitaires ont 600 maisons. Leur habit est différent, selon les pays où ils demeurent. En 1789, l'Ordre affirme qu’il a obtenu 600.000 libérations d'esclaves des Maures et des Turcs , dont Miguel de Cervantès (1547-1616).

Jusqu’en 1551, les esclaves malades ou infirmes sont traités comme des bêtes de somme devenues inutiles et même moins bien, car, pour celles-ci du moins, on abrège leur tristesse en les abattant. Mais aux esclaves invalides est réservé un sort plus affreux : leurs maîtres les abandonnent sans pitié sur la voie publique ou dans les champs, et ils y meurent de faim ou succombent à leurs infirmités sans aucun secours. Un Trinitaire de Burgos, Sébastien Duport, qui a été témoin des souffrances de ces malheureux, conçoit le projet d’y apporter quelque adoucissement. Après avoir recueilli une somme d’argent en Espagne, il se rend à Alger, réunit les esclaves dans la chapelle du bagne du bey, et après leur avoir fait approuver les plans et les règlements d’un hôpital, il le fait construire dans un lieu voisin[38].

NOTES ET RÉFÉRENCES Modifier

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  1. Les captifs libérés: les Trinitaires et Saint-Mathurin de Paris, Suzanne Moreau-Rendu, Nouvelles Editions Latines, 1974.
  2. Histoire de la spiritualité chrétienne: 700 auteurs spirituels, Philippe de Lignerolles, Jean-Pierre Meynard, Editions de l'Atelier, 1996, p.96.
  3. Témoins de l'Évangile: quinze siècles d'écrits spirituels d'auteurs comtois, Religions et spiritualité, Jean Thiébaud, L'Harmattan, 1999. p.83.
  4. Vie de S. Jean de Matha: fondateur de l'ordre de la très Sainte Trinité pour la rédemption des captifs, Calixte de la Providence, F. Wattelier, 1867, p. 29 et suivantes.
  5. Vie de S. Jean de Matha: fondateur de l'ordre de la très Sainte Trinité pour la rédemption des captifs, Calixte de la Providence, F. Wattelier, 1867, p. 29 et suivantes.
  6. Giulio Cipollone, L'Ordre de la Sainte Trinité et de la rédemption des captifs (1198), les Trinitaires dans le Midi, dans Cahiers de Fanjeaux : "Islam et chrétiens du Midi" (XIIe- XIV s.), 1983, p.135-156.
  7. Histoire générale de Provence, Papon, Jean-Pierre, Moutard Paris,1786, p. VII.
  8. Les captifs libérés: les Trinitaires et Saint-Mathurin de Paris, Suzanne Moreau-Rendu, Nouvelles Editions Latines, 1974.
  9. Histoire des Alpes maritimes: une histoire de Nice et des Alpes du sud des origines au 17e siècle, Partie 1, Bibliouteca gioffrediana, Pietro Gioffredo, Hervé Barelli, Nice Musées, 2007.
  10. Les captifs libérés: les Trinitaires et Saint-Mathurin de Paris, Suzanne Moreau-Rendu, Nouvelles Editions Latines, 1974.
  11. Ruffi. Histoire de Marseille, t.2 . p.62. Achard, Histoire des Hommes illustres de la Provence ancienne et moderne, t.1, p.414.
  12. Histoire générale de Languedoc: avec des notes et les pièces justificatives, Alexandre Du Mège, Claude de Vic, Joseph Vaissete, Alexandre Du Mège, J.B. Paya 1842.
  13. La frontière des origines à nos jours: actes des journées de la Société internationale d'histoire du droit tenues à Bayonne, les 15, 16, 17 mai 1997, Maïté Lafourcade, Presses Univ de Bordeaux, 1998.
  14. Annales franciscaines, Volume 21, Poussielgue, 1897, p.352.
  15. The Central Convent of Hospitallers and Templars: History, Organization, and Personnel (1099/1120-1310), Volume 50 de History of Warfare, Jochen Burgtorf, BRILL, 2008.
  16. The Hospitallers and the Holy Land: Financing the Latin East, 1187-1274, Judith Bronstein, Boydell Press, 2005, p.152.
  17. Histoire Géographique, Naturelle, Écclésiastique Et Civile Du Diocese D'Embrun, Volume 1, 1783, p.383.
  18. Procès-verbaux des preuves des chevaliers
  19. Histoire Géographique, Naturelle, Ecclésiastique Et Civile Du Diocese D'Embrun, Volume 1, 1783, p.383.
  20. Vie de S. Jean de Matha: fondateur de l'ordre de la très Sainte Trinité pour la rédemption des captifs, Calixte de La Providence, F. Wattelier, 1867, p.35.
  21. Saint Jean de Matha (1160 – 1213)
  22. Les Universités Et la Ville Au Moyen Âge: Cohabitation Et Tension, Volume 30 de Education and Society in the Middle Ages and Renaissance, Patrick Gilli, Jacques Verger, Daniel Le Blévec, BRILL, 2007, p.266.
  23. Saint Jean de Matha (1160 – 1213)
  24. Saint Jean de Matha (1160 – 1213)
  25. Les Écoliers du Christ: l'ordre canonial du Val des Écoliers, 1201-1539, Volume 10 de Centre Européen de Recherches sur les Congrégations et Ordres Religieux Saint-Etienne: Travaux et recherches, Catherine Guyon, Université de Saint-Etienne, 1998, p.41.
  26. Bulla, legatus, nuntius, Volume 85 de Mémoires et documents de l'Ecole des chartes, Bernard Barbiche, Ségolène de Dainville-Barbiche, Librairie Droz, 2007, p.250.
  27. Histoire de l'Eglise gallicane, par J. Longueval [and others], 1739. p.149.
  28. Saint Jean de Matha (1160 – 1213)
  29. Histoire de l'Eglise d'Arles, tirée des meilleurs auteurs anciens et modernes, Gilles Du Port, N. Le Clère et J.-B. Loyson, 1691? P.336.
  30. Revue des Deux Mondes - 1896 - tome 136. p.908.
  31. Saint Jean de Matha (1160 – 1213)
  32. Saint Jean de Matha (1160 – 1213)
  33. Gloires monastiques ou Les fondateurs et les fondatrices d'ordres, d'institutions et de congrégations catholiques au point de vue historique, religieux et social, J. L. A. De Grenade-St-Bernard, Périsse, 1851.
  34. Appel de Monseigneur l’évêque d'Alger en faveur de la chapelle et du pèlerinage de Notre-Dame d'Afrique, Louis Ant. Aug Pavy, 1862.
  35. Gloires monastiques ou Les fondateurs et les fondatrices d'ordres, d'institutions et de congrégations catholiques au point de vue historique, religieux et social, J. L. A. De Grenade-St-Bernard, Périsse, 1851.
  36. Vie de S. Félix de Valois, prince du sang royal de France: fondateur (avec Saint Jean de Matha) de l'Ordre de la très-sainte-trinité pour la rédemption des captifs, Calixte de la Providence, Édition 3, H. Casterman, 1632. p.179.
  37. Vie de S. Félix de Valois, prince du sang royal de France: fondateur (avec Saint Jean de Matha) de l'Ordre de la très-sainte-trinité pour la rédemption des captifs, Calixte de la Providence, Édition 3, H. Casterman, 1632. p.179.
  38. Revue des Deux Mondes - 1896 - tome 136. p.908.

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