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Jacme Motet, ou Mote, ou Mota ou bien encore Moter, d'Arles

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Les Motet à Arles.

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Raimond Bérenger IV.

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Charles II d'Anjou et sa famille

Jacme Motet, ou Mote, ou Mota ou bien encore Moter, d'Arles, est un troubadour de la fin du XIIIe s. (1225-1395). Mota semble avoir été la même personne que le troubadour provençal Motet, selon François Zufferey. Le nom de Jacme Mote ressemble singulièrement à celui de Moter, troubadour, auteur d'une chanson amoureuse, dixit Revue des langues romanes, Volume 4 (1970). Moter est une faute de lecture. Il est de d'une famille Motet d'Arles qui, à partir du XIIIe s., fournit à cette ville de nombreux magistrats, selon La poésie lyrique des troubadours, d'Alfred Jeanroy (1998).

Le nom de ce troubadour n'est pas nouveau dans l'histoire de la littérature provençale. Jehan de Nostre Dame nous l'a conservé : Jaume Motte gentilhomme d'Arles, qu'estoit de ce temps un souverain poëte provençal escrivant contre les princes tyrans sans aucune crainte, se moqua d'eux en une chanson qu'il feist de la folle promesse qu'ils avoient faicte au légat : toutes foys le Monge des Isles d'Or et sainct Gezari dyent que nonobstant ceste promesse ils ne faisoient qu'escrire contre la tyrannie des princes... Que Jacme ou Jacobus soit gentilhomme d'Arles tous les historiens en conviennent. Il est peut-être le fils de Poncius Motetus (= Pons Motet).

Par contre, l'authenticité de certains personnages cités par Jehan de Nostre Dame n'est pas établie. Que Jaume Motte, ou plutôt, selon notre manuscrit, Jacme Mote, ait composé du temps du comte Raimon Bérenger IV (1198-1245), c'est ce qui n'est pas absolument impossible, mais c'est aussi ce qu'en bonne critique on ne saurait admettre sur la seule autorité de Nostre Dame. Les seuls renseignements authentiques que nous ayons sur ce troubadour sont ceux qu'il fournit lui-même dans l'unique pièce que nous ait conservée de lui Giraud. Nous nous en tiendrons aux écrits de Jacme à défaut d'autres sources. Ce qui le fait naître vers 1225.

Crescimbeni racontera, d'après Nostradamus, comment Gui d’Ussel, décédé peu avant 1225, troubadour, après s'être signalé par des attaques audacieuses contre les puissants de l'époque se laisse intimider ou corrompre. Sur quoi il sera cruellement raillé par Jacobus de Mota (ca 1225-1300), poète renommé et homme fort indépendant. Ce Jacques de Motte est mentionné à la fin du Donatus Provinciales, dont l’auteur dit avoir composé son ouvrage precibus Jacobi de Mota.

Jacme Mote d'Arles est connu par une seule pièce. C'est un sirventes adressé à Charles II d’Anjou (1254-1309), roi de Naples (ou Sicile Péninsulaire), comte de Provence, d'Anjou et du Maine de 1285 à 1309. L'auteur y exprime les espérances que la Provence fonde sur son nouveau souverain. Le premier jour qu'il est venu voir les siens, Charles leur a rendu joie, prix et courtoisie. Joie, soûlas, alégresse, étaient morts en Provence; maintenant ils revivent, et tel rit qui ne savait que pleurer. Les Provençaux étaient honnis, maltraités, dépouillés, par ceux qui avaient la charge de leur rendre la justice : il était grand temps que leur seigneur vienne auprès d'eux.

Jacme écrit aussi des vers en l'honneur de la libération de Charles II, prisonnier des Aragonais (1284-1288).

Le poète mesure habilement l'éloge aux devanciers du nouveau comte. Le fils de celui qui s'est signalé par ses exploits en Pouille (Charles Ier) ne peut manquer d'être vaillant, mais il faut aussi qu'il ressemble au preux comte Bérenger, et ainsi il sera supérieur à tous ceux qui, maintenant, tiennent le pouvoir.Cette pièce se laisse dater assez exactement. Le fils de Charles d'Anjou, le petit-fils de Raimon Bérenger IV, bien qu'ayant succédé légitimement à son père en 1285, ne sort qu'en 1288 de la prison où le tient renfermé Pierre III d'Aragon. Nous savons qu'il quitte Naples pour la Provence dans la seconde quinzaine de septembre 1289, et qu'en 1291 il est à Aix pour y signer un traité avec Alphonse III. C'est donc vers cette époque que Jacme Mote compose son sirventes. Certes, dans sa pièce nous rencontrons un trait caractéristique de la langue des troubadours de Provence. Le copiste, cependant, n'est pas moins familier de l'amuïssement de v, pusqu'on le rencontre chez Rambaud de Vaqueiras dixit Recherches linguistiques sur les chansonniers provençaux, de François Zufferey (1987). Quant à la répartition de suus et loru, le premier appartient surtout à l'espagnol et au portugais, mais il se rencontre également en provençal, chez Jacme, selon Grammaire des langues romanes: Morphologie, de Wilhelm Meyer-Lübke (1974).


Comtesse de Die - A chantar m'er de co qu'eu06:47

Comtesse de Die - A chantar m'er de co qu'eu

En Jagmes Mote d'Arle.

Non es razons qu'ieu deg aver pereza,

Senien prinse, de far .j. sirventes,

Cals volontatz s'es dédins mon cors meza ;

Per quel faray, c'aras veg que luoxs es

De chantar qui talent n'auria,

Car joy e pres e cortezia

Nos restauret[z], seinher prinse, per ver

Lo premier jorn que nos vengest vezer.

Mortz era joys, solas e alegreza

En Proensa enans que say fosses ;

Aras nos a la vostra gentileza

Restauratz tos e cregutz de totz bes,

Car tals ris que plo[r]ar solia

E tal[s] n'er rixs que pauc avia;

Per que trastut(z), seinher, devem aver

D'ostre venir sertas gaug e plazer.

Raimbaut de Vaqueiras - Calenda maia03:14

Raimbaut de Vaqueiras - Calenda maia

Per vils cusons, malvatz, plens de falseza

Siam aunit(z), vil(s) tengut(z) e mespres ;

Sufert avem pron d'anct'e de vileza,

Ben era ďops, seinher, que say vencses,

Com nos raubav' e nos batia.

E Dieus com sofrir о podia ?

Que sill qu'eran pauzat per dreg tener

Eran permier a tolre nostr' aver.

Tostems dizon que bona jent corteza

A le seinhers cant es bons e cortes ;

De mal seinhor vei sa jent qu'es apreza

E mal afar e mal dir totas ves ;

E de sell(s) quel [s] sieus non castia

Cant sap qu'el fan ren que mal sia,

Greire pot hom qu'el no'n a desplazer

Blondel de Nesle L'amour dont sui espris04:11

Blondel de Nesle L'amour dont sui espris

Pos jentz sufre que son de fol voler.

Si beus pensatz, seinher, la gran nobleza

D'ostre paire nils fatz qu'en Poilla fes,

Per dreg deves aver valor conqueza ;

E vostr' avi coven que resembles,

Quel pros corns Berenguier fazia

Tot so que a fin pres tainhia ;

Per que es dretz que vos dejas valer

Sobre totz cels c'aras tenon poder.

Ab tener dreg ez ap far lialeza

Creison lo lur aquist seinhor(s) franses,

Esquivant tort e peccat e maleza ;

E vos, seinher(s), creiseres n'a pales,

Car sertas liai seinhoria Creis a totz jorns e multiplia ;

E sill que fan als sieus contra dever

Gui d'Ussel ben farai d'amor. Qitara.02:09

Gui d'Ussel ben farai d'amor. Qitara.

Per lur erguell devon d'aut bas chaer.

Lo fill la verge Maria

Prec queus lais complir tota via

A sa honor tot vostre bon voler,

Eus lais vieure lonc temps a son plazer.



Descendance d'Halduin Motetus Modifier

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Blason mottet borricand.jpg

Blason Mottet médiéval (Dauphiné-Provence)

A Faucon il existe encore en 1783 un oratoire où Jean de Matha ou Mota (1160-1213) prie. Il s'appelle l'oratoire de saint Michel, à cause que l'ancêtre des Motet/Mota qui pour nom Michel[1].


Michel


Halduin Motetus (ca 1030-après 1060)



De Diderot (discussion) juillet 10, 2014 à 07:03 (UTC)



NOTES ET RÉFÉRENCES Modifier

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  1. Histoire Géographique, Naturelle, Écclésiastique Et Civile Du Diocese D'Embrun, Volume 1, 1783, p.383.
  2. Procès-verbaux des preuves des chevaliers

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