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Histoire de l'ours en France et en Espagne

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              Histoire de l'ours en France et en Espagne


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Comment l’ours a perdu son statut de roi des animaux, du fait de l’Église[1].

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Représentation du diable sous forme d'ours dans un lectionnaire bavarois, vers 1260-1270.

Les six espèces distinctes d'ursinés sont apparues il y a environ 6 millions d'années. L'ours de la péninsule Ibérique... c'est bien plus récent !

L’ours déchaîne les passions. En témoigne le conflit dans les Pyrénées entre ceux qui veulent sauver de la disparition l’un derniers fauves européens dans son milieu naturel pyrénéen et ceux qui voient en lui surtout un prédateur des troupeaux. Ce problème dans les Monts Cantabriques semblent en partie solutionné. L'histoire peut-elle expliquer ces différences entre la France et l'Espagne ?

L’ours, présent dans les cultes païens en Europe depuis la nuit des temps, est au cœur de nombreuses légendes, mythes et œuvres littéraires. Il est vénéré avant de perdre de sa superbe au tournant du Moyen Age et d’être exhibé aux badauds dans les foires du bout d’une corde[2].

Au début du Moyen Âge l’ours est encore abondant, présent dans presque toute l’Europe et la Méditerranée. Au XIIIe siècle on le chasse encore partout. Comment est-il perçu par les hommes de cette époque ? Est-ce le roi des animaux, un gibier de choix, un animal diabolique ou un simple prédateur ? Pourquoi disparaît-il pour ne subsister que dans les Pyrénées et quelques autres massifs ?[3].

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El oso pardo pirenaico Camille.

A la Préhistoire Modifier

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Les ancêtres de l'ours Modifier

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Ours à différentes époques ou de différentes espèces.

Les premiers ours connus descendent des miacoideos (Miacoideas), d'un énorme ours qui a l'apparence d'un canidé. Cet ours vivait à l'Oligocène supérieur, il y environ 27 millions d'années[4].

Il y a environ 20 millions d'années, au cours du Miocène, apparaît un petit ours (Ursavis elemensis) en Europe, quand il avait un climat chaud et plus humide qu'aujourd'hui[5].

Les ours modernes Modifier

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Illustration de José Emilio Toro Pareja, Paysage de La Araña (Málaga) au Pléistocène.

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Art pariétal : des ours.

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Lissoir aux Ours. Grotte de la Vache, Ariège (Vers 11.000 avant J.-C.).

Cependant, les ours modernes (Ursus) apparaissent plus récemment il y a deux millions et demi d'années[6].

Les travaux sur l'ADN mitochondrial de cellules de la base de poils d'ours, menés en 1992 par Pierre Taberlet et Jean Bouvet, viennent conforter les données paléontologiques. L'ours brun européen se serait séparé il y a environ 600.000 ans de la lignée qui a donné l'ours noir brun d'Amérique du Nord (Ursus americanus), et l'ours polaire (Ursus maritimus). Ces auteurs ont, en 1994, après avoir étudié un échantillonnage d'ours européens, élaboré un arbre phylogénétique[7].

L'ours de la péninsule Ibérique fait partie de deux lignées principales, l'une occidentale, et l'autre orientale, qui auraient divergé au cours de la glaciation de Würm. La lignée occidentale est elle-même divisée en deux branches : l'une correspond à des populations d'ours isolées dans les Balkans, lors des derniers épisodes glaciaires (refuge balkanique), l'autre est composée des ours dits de la péninsule Ibérique[8].

Il est vraisemblable que le sud de la Scandinavie a été peuplé à partir d'ours ibériques qui ont pu, par la terre ferme, remonter vers le nord durant la période postglaciaire.

Par ailleurs, les glaciers couvraient encore les Alpes et la lignée orientale se développait. Cette situation peut expliquer l'isolement des ours balkaniques. En effet, ceux-ci, à la fonte des glaciers, n'ont pu étendre leur territoire vers l'ouest, le nord ou l'est puisque le terrain était déjà occupé par les deux autres lignées d'ours[9].

Les ours des cavernes Modifier

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L’ours de Deninger (Ursus deningeri) .

L’ours de Deninger (Ursus deningeri) vivait entre autres dans la péninsule ibérique pendant le pléistocène. Ce grand ours est l’ancêtre de l’ours des cavernes qui le remplace, il y a 250.000 ans, mais pas des ours qui vivent de nos jours en Espagne et dans nos Pyrénées.

En effet en Europe apparaît l'Ours des cavernes il y a 250.000 ans. Il était présent dans toute l'Europe et particulièrement dans les Pyrénées qui fait partie des zones où le plus d'ossements ont été retrouvé[10]. L'ours des cavernes (Ursus spelaeus) était un grand animal, dont les mâles pesant jusqu'à 400 kilos, mais il était omnivore, contrairement aux grizzlis. L'ours des cavernes a disparu il y a environ 20.000 années[11].

L'ours ibérique n'est pas le descendant de l'ours des cavernes Modifier

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L'origine[12].

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Ces hommes préhistoriques chassent un ours qui a la taille et la férocité du grizzli, pas de l'ours ibérique.

A propos de l'Ours des cavernes Cristina San Juan Foucher écrit dans : Ours antédiluviens : les origines préhistoriques d'un mythe pyrénéen :

L’Ours des cavernes et l’Ours brun ont fréquenté les montagnes et les grottes pyrénéennes à partir du Quaternaire et, pendant un temps différent pour chacun, ils ont parcouru les mêmes territoires que les premiers groupes humains préhistoriques. Nous n’avons pas la certitude de leur rôle précis dans les traditions symboliques de ces populations, mais ces dernières nous ont laissé des témoignages précieux qui attestent de leurs rencontres. La découverte d’objets de parure et de représentations d’Ours dans des sites préhistoriques deviendra un enjeu significatif, parfois un argument de taille, dans les débats scientifiques du XIXe et XXe siècles.

Les grecs de l'Antiquité, et plus particulièrement les philosophes, parlaient de doxa pour désigner l'ensemble des croyances, des opinions, des images, des visions et autres préjugés qui servent à un individu à se faire une représentation de la réalité. Le fait que l'Ours des cavernes, énorme et dangereux, et l’Ours brun, plus petit et fuyant les hommes, aient vécu dans les mêmes lieux à la même époque, est-il la raison du comportement d'une poignée d'arriérés vis à vis de cet animal presque inoffensif ?

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Lion et ours des grottes, Grotte Chauvet.

Du temps de l'antiquité Modifier

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Chez les Indo-Européens, l'ours est l'emblème de la classe guerrière.

Dès l'époque préhistorique, l'ours incarne une divinité. Il existe de nombreuses formes de vénération liées à sa chasse. Étroitement associé à des pratiques et traditions païennes, l'ours et ses cultes est le roi des animaux chez les Ibères, les Celtes, les Romains, les Germains et tous les peuples de la façade Atlantique de l'Europe.

Dans le système tripartite indo-européen, l'ours est l'emblème de la classe guerrière [13]. Le culte des loups et ours est profondément enracinée chez les Européens[14] et ne se suscitent que la haine au niveau des religions des Ahl al-Kitab (= gens du Livre)[15], inspirées par le monothéisme de l'Ancien Testament, soit le judaïsme, le christianisme et l'islam.

L'ours chez les Ibères Modifier

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Ours de Porcuna (Jaén, en Andalousie), sculpté par le peuple Túrdulo (Ier siècle av. J.-C.).

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Los dioses de la hispania céltica : Autel offert au Dieu celtibère ours Aironi - équivalent d'Artio -région de Cuenca[16].

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Miniature représentant le Roi Favila attaqué par un ours.

Le nom porté par les Ibères confirme qu'ils étaient chasseurs d'ours et que la chair des ours était leur nourriture habituelle. Cette racine, caractérisée par les consonnes b r pourrait indiquer une origine nordique caractérisant les peuples ayant l'ours pour totem [17].

Les Celtibèriens des Pyrénées Orientales chassent l'Ours des cavernes. Pendant très longtemps les contrats de mariage d'un autre peuple des Pyrénées, les Basques vont attribuer en dot des parts d'ours[18].

L'ours de Porcuna est une sculpture ibérique datant du Ier siècle av. j.-c., réalisée par le village de Turdulos. De siècle en siècle ont pris corps dans la sculpture des Ibères les divinités, les héros qui servent de modèles, les aristocrates qui dominent les royaumes ou proto-cités, les lions, les taureaux, les ours...

En Hispania il existe des exemples multiples du culte des loups, des ours et sangliers[19].

Selon Frias - Notes et réflexions sur les religions celtiques - des pratiques magiques homéopathiques sont caractéristiques des tribus. Du temps des pré Indo-Européens les divinités des hommes sont les bisons, les loups et les ours. Les premières années de la religion celtibère, sont fortement influencés par un animisme naturel et des rituels[20].

Pline parle des Celtes en Hispanie, des crânes d'ours, des spectacles, des rituels tous chargés de symbolisme, de la crainte de l'esprit des ours, des transes mystiques pour obtenir la force des ours[21].

Arco-Aironi est une divinité liée à cet animal et correspond à la déesse Artio, présente dans la région des Trévires[22].

Nous ne compterons point dans le gibier l'ours, que les Indo-Européens tuaient, pas uniquement pour se nourrir, mais pour défendre contre eux leurs personnes et leurs bestiaux[23]. On découpait l'animal en morceaux après sa mort rituelle et l'on distribuait la viande sacrée au peuple pour qu'il se trouve régénéré par ce sacrifice divin pendant que l’âme immortelle de l'ours rejoignait le royaume de lumière[24].

Ce dieu dans la Celtibérie espagnol était représenté par le déesse Artio et connu chez certaines tribus de la péninsule avec le nom d'Arconi à Siguenza (Castilla), dans les Pyrénées aragonaises, les montagnes des Asturies, et et chez les Beturios de l'Andalousie[25].

Les anciens peuples germaniques ont cherché à atteindre le même but que les Celtibères : avoir la force et la férocité des ours. On se souvient des Vikings qui ont terrorisé l'Europe, car il possédait la force de l'Ours[26].

Les Wisigoths ont continué de conserver une croyance dans le culte de l'ours comme animal déifié. Le roi Favila des Asturies n'est pas tué par un ours par accident Ne pouvant égaler Pelayo des Asturies il essaie d'obtenir l'admiration de son propre peuple, et le respect des nobles, en faisant face à un ours[27].

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Macizo (= massif) Occidental de los Picos de Europa (Cangas de Onis).

L'ours chez les Celtes Modifier

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Chasseur d'ours. Emmanuel Fremiet (1824-1910).

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Chevaucher un ours était censé guérir divers maux[28].

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Artio, déesse celte liées à l'ours.

L'ours est l'emblème ou le symbole de la classe guerrière. Tout porte à croire que les anciens Celtes ont associé l'ours à l'idée de force et de virilité, mais surtout de royauté [29]. Dans la légende arthurienne, certains chevaliers de la Table ronde, dont Yvain et Lancelot, combattent des ours[30].

Chez les Celtes l'ours est le symbole du pouvoir temporel du roi[31]. Le souverain mythique Arthur doit son nom à la mémoire populaire pré chrétienne (arth, en vieux gallois, ou ard, en vieux breton, arzh en breton moderne, signifient ours). Une théorie en fait un roi-ours, souvenir d'un ours sacré de la mythologie celtique qui aurait peu à peu perdu sa nature animale au cours des adaptations successives de sa légende[32].

L'ours s'oppose chez les Celtes au sanglier qui est le symbole de la classe sacerdotale. Quand Arthur le chasse. La lutte dure neuf jours et neuf nuits. C'est la querelle du Sacerdoce et de l'Empire.

D'anciennes divinités liées à l'ours suivirent les migrations des peuples celtes vers l'occident, telles qu'Andarta et Arduinna[33].

Il existait aussi un dieu gaulois nommé Matugenos, ce qui signifie fils de l'ours [34].

Plus près de nous, en 1997, une divinité pyrénéenne inspire à l'écrivain Philippe Ward le roman fantastique Artahe. Dans un petit village des Pyrénées se perpétuerait le culte du Dieu-Ours. Des inscriptions sur des autels votifs évoquent les dieux pyrénéens honorés localement dans le Comminges du Ier siècle. Le dieu Artahe, Artehe ou Arte, lié étymologiquement à l'ours, y figure en bonne place[35].

Il existe sur Artahe, Artehe : cinq dédicaces découvertes à Saint-Pé-d'Ardet et une dans la commune voisine de Lourde, ce qui laisse entendre la proximité d'un ancien sanctuaire. Le nom du dieu et le toponyme Ardet sont à mettre en relation. Culte de l'Ours : Artz en basque ; art en celte ; artus en gaulois signifient ours.

Au Danemark les ours ont disparu il y a 3.700 ans. Au Xe siècle, c'est en Grande-Bretagne, en 1770 dans l'Est de l'Allemagne, en 1836 en Bavière. Pour la Suisse c'est en 1904 et dans les Alpes françaises en 1937[36].

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Mosaïque de Piazza Armerina, en Sicile.

Au moyen-âge Modifier

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En Palestine Modifier

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Balan et son ours.

Malgré 1.000 ans de judéo-christianisme, Voltaire condamne Elisée qui fait dévorer par des ours quarante deux petits enfants qui l'avoient appelé tête chauve[37]. On a aussi David qui , berger, doit défendre ses brebis contre un ours. Même dans les contes juifs on parle de femme du rabbin [qui] saisit un couteau et partit à la recherche de l'ours... [38]. Les juifs traitent les chrétiens de dib, c'est à dire d'ours, car ils mangent de la viande crue[39].

Les religions du livre se font la même idée de l'ours. L'ésotérisme islamique donne de l'ours une image d'animal vil et répugnant[40].

Balan, roi grand et terrible dans les enfers se montre à cheval, nu et cornu, sur un ours. Il commande aujourd’hui quarante légions infernales. Son nom est peut-être inspiré de celui du prophète juif Balaam.

Au Haut Moyen Age Modifier

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la Bible de Winchester montre un homme frappant un petit ours avec un gourdin, fin XIIe siècle.

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Un bateleur montreur d'un ourson dans l'œuvre de saint Augustin, Commentaire sur l'évangile de Jean, vers 1125.

Longtemps en Europe, le roi des animaux ne fut pas le lion mais l'ours et dès les premiers temps du christianisme, l'Eglise s'efforça de faire descendre de son trône l'ours, en le diabolisant, en le domptant ou encore en le ridiculisant[41].

La vénération des animaux allait à l’encontre des préceptes de la foi chrétienne médiévale, fortement imprégnée des écrits de saint Augustin. Il prônait la supériorité de l’homme sur les animaux, considérés comme des êtres inférieurs et imparfaits. Ainsi, il dit dans son Sermon sur Isaïe que l’ours, c’est le Diable.

Tous les rituels liés à une forme vénération de l’ours, ainsi que les déguisement souvent associés à des pratiques transgressives liées à la fertilité, furent interdits et sévèrement combattus par les autorités chrétiennes. Vers 852 une prescription aux évêques ordonne de la province de Reims de ne plus les tolérer. Les déguisements d’ours furent eux aussi interdits, de même qu’au IXe siècle les jeux avec des ours, peut-être inspirés de ceux du cirque de la Rome antique.

Les évangélisations successives conduisent à sa dépréciation et à sa diabolisation progressive, jusqu'à lui donner une réputation d'animal goinfre et stupide au Moyen Âge.

Les saints apprivoisent des ours. L'ours sauvage dévore souvent la monture ou la bête de trait d'un saint. L'ours est alors dressé à porter ses bagages, tirer une charrue, garder des moutons... Tous avaient pour fonction de lutter contre les cultes païens liés à l'ours[42]. De roi des animaux, ou guerrier, l'ours devient animal de bat ou de trait.

Selon la légende, sainte Richarde bâtit l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul d'Andlau grâce à une ourse qui lui montra l'emplacement. Des fouilles archéologiques ont révélé les restes d'un ancien sanctuaire celtique, probablement dédié à Artio, dans les fondations de l'église.

Le moine Pierre Abélard (1079 - 1142) a signé un document interdisant à ses moines de chasser l'ours plus de deux jours par semaine.

Le Chant de l'OursModifier

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Déguisement de l'ours des Joaldunak (artza), dans les Pyrénées.

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Danses Traditionnelles : Danse de l'Ours et du Contrepas, Andorre 1981.

Historiquement, l'émancipation et le particularisme des Pyrénées sont largement le fait de l'ours. Sous l'Ancien Régime, la règle voulait que la chasse soit interdite aux roturiers. Les bergers prétextent le danger des ours pour être armés et chasser dès le VIIIe siècle[43].

L'ours et le souvenir de ses cultes ont fortement marqué l'imaginaire et la culture populaire en général. Au Haut Moyen Âge, l'ours est célébré le 11 novembre, qui correspond à la date théorique de son début d'hibernation. Cette fête symbolise le passage du dehors au dedans, de la vie à la mort. Elle donnait lieu à des rites païens impliquant des déguisements, des danses et des jeux sexuels[44].

Une très ancienne légende, probablement indo-européenne, veut que l'ours expulse les âmes des morts qu'il porte dans son ventre en émettant un pet à son réveil de l'hivernation [45]. Le 2 février était un jour de fête païenne : le Chant de l'Ours. Cette date correspondait à la sortie de tanière du plantigrade, et les européens fêtaient la sortie de l'hivernation, et les fêtes impliquaient des viols et des rapts simulés[46].

Ces festivités étaient particulièrement fréquentes dans les Ardennes et le croissant alpin, deux régions où étaient vénérées des déesses celtes liées à l'ours, Arduinna et Artio.

Pour contrer l’événement, l'Eglise, qui ne tolérait aucune manifestation païenne, prit la décision d'organiser, à cette même date, trois fêtes chrétiennes, dont la Fête des Chandelles, plus connue aujourd'hui sous le nom de Chandeleur.

Dans les pays pyrénéens, chasses à l'ours et danses de l'ours symboliques ont lieu à la Chan­deleur, laquelle peut marquer le début du carna­val si le cycle lunaire, dont dépend le calcul de sa date, le fait coïncider avec ce 2 février[47].

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Chasse à l'ours dans les Pyrénées[48].

De 1492 à 1992 Modifier

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Sous l'Ancien Régime Modifier

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L'évolution de la population d'ours en France (En clair au XVIe siècle. En foncé en 1789)[49].

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Une chasse à l´ours à la Renaissance dans les Alpes.

Dans la péninsule ibérique depuis le Moyen Age il n'y a plus eu un seul être humain tué par un ours. Il est fort possible que des fanatiques religieux vêtus de peaux d’ours, têtes, corps, bras et mains, cuisses, jambes et pieds, si proprement, qu’on les prenait pour des ours naturels, est commis bien des crimes.

Un épisode curieux de l’occupation française de la Savoie au XVIe siècle est la réception faite en 1548 par les gens de Saint-Jean-de-Maurienne à Henri II. Comité de réception composée d’une centaine d’hommes vêtus de peaux d’ours imitant parfaitement le cri de ces animaux et y joignant quelques gambades, une mascarade organisée par les habitants eut tôt fait d’effrayer les chevaux des valets et écuyers de la suite royale, qui jetèrent bas leurs cavaliers et s’enfuirent en passant sur le ventre de ceux qu’ils croisaient[50].

Les chasses à l'ours continuent au XVIe siècle. Ces fauves sont encore nombreux et les rois ne vivent pas encore presque toujours en Île-de-France. Et puis le moindre seigneur veut en organiser. Même certains paysans obtiennent des dérogations[51]. Mais désormais les battues sont organisées par les officiers de louveterie[52].

Les paysans s'ils n'ont pas le droit de porter des armes et de chasser, braconnent et les pièges à ours sont nombreux. Jusqu'à très récemment ils vont causer la mort de marcheurs ne connaissant pas leurs emplacements[53]. Et puis dans la réalité féodaux et dignitaires religieux les laissent chasse à condition qu'ils fournissent les peaux et un quart des ours[54].

Les bergers protègent leurs troupeaux depuis le moyen-âge avec des patous qui portent des colliers à clous. Ils ne tuent pas les loups, mais harcèlent[55].

Une cause du déclin de l'ours en Europe a été celui de son habitat, qui s'est accéléré au XVIIe siècle.

Un menu précise que 300 oursons farcis ont été servis à un seul banquet donné par le roi Louis XIV. Sa viande semble avoir été au contraire peu appréciée, et considérée taboue en Europe orientale.

Après 1789 Modifier

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Spécialités des Hautes-Alpes : peaux et pâtés d'ours.

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La Principauté d'Andorre essaie de conserver quelques vieilles traditions : la Danse des Ours à Encamp.

Dans son encyclopédie, Les Merveilles de la nature, parue en 1868, Alfred Brehm a écrit  :

Les beaux temps de l'ours sont passés. L'espèce ne peut plus demeurer que dans les lieux que l'homme n'a pas encore envahis. (...) L'extension toujours croissante de l'homme sur la terre chasse l'ours et finira par le détruire complètement dans l'Europe centrale et méridionale.

La chasse des loups et fauves, aristocratiques avant 1789, devient légal à partir de la nuit du 4 août 1789. Le paysan peut chasser. Le bourgeois vient dans les campagnes imiter le gentilhomme. L'Etat donne des primes et engage les braconniers pour tuer les fauves. Les vêtements en peau de loups, d'ours et d'ourson deviennent à la mode. La Révolution et le Ier Empire mettent fin à la domination des loups et des ours en France sur le territoire de l’homme. Vers 1800, près de 5 000 loups ont été tués[56].

On assiste au XXe siècle au déclin final de l'Ours brun dans les Pyrénées d'après les prélèvements en Haute-Garonne, Val d'Aran, vallée d'Aure, Ariège et Aude, d'après SPNMP (1985)[57].


L'ours de l'Atlas (Ursus arctos crowtheri, aussi nommé ours de Barbarie) est une sous-espèce de l'Holocène récemment éteinte en Afrique du Nord. Dans le même temps l'ours ibérique, introduit par les Romains en Afrique du Nord, est exterminé dans l'Atlas, de la Tunisie au Maroc. Les derniers individus de cette espèce semblent avoir été tués ou être morts récemment (à la fin du XIXe siècle).

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Monument représentant un ours. Puerto de San Glorio (frontière du León et de la Cantabria, 1.609m., Picos de Europa).

NOTES Modifier

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  1. Comment l’ours a perdu son statut de roi des animaux
  2. Comment l’ours a perdu son statut de roi des animaux
  3. Une conférence sur une page oubliée de l’histoire des Corbières au Moyen Age.
  4. : ESTUDIO GENÉTICO DEL OSO PARDO CANTÁBRICO EN ASTURIAS
  5. : ESTUDIO GENÉTICO DEL OSO PARDO CANTÁBRICO EN ASTURIAS
  6. : ESTUDIO GENÉTICO DEL OSO PARDO CANTÁBRICO EN ASTURIAS
  7. En Europe depuis longtemps
  8. En Europe depuis longtemps
  9. En Europe depuis longtemps
  10. Bear (Reaktion Books - Animal), Robert E. Bieder, August 18, 2005. Edition: 1.
  11. : ESTUDIO GENÉTICO DEL OSO PARDO CANTÁBRICO EN ASTURIAS
  12. : ESTUDIO GENÉTICO DEL OSO PARDO CANTÁBRICO EN ASTURIAS
  13. Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, Dictionnaire des symboles,‎ 1982 (1re éd. 1969), p. 716.
  14. Culto al oso en la Hispania celtibera (2011)
  15. Daniel Sibony, Les trois monothéismes, Paris, Seuil, Coll. Points, 1997, p. 59-60.
  16. Los dioses de la hispania céltica, Volume 7 de Anejo a la Revista Lucentum, Volume 7 de Publicaciones de la Universidad de Alicante: Anejos de Lucentum, Academia de la Historia, 2002.
  17. Hills of conflict: Basque nationalism in France, James E. Jacob - 1994.
  18. La Vraie langue celtique: et le Cromleck de Rennes-les-bains, Essais - Grimoires, Henri BOUDET, Place Des Editeurs, 2011.
  19. Culto al oso en la Hispania celtibera (2011)
  20. Culto al oso en la Hispania celtibera (2011)
  21. Culto al oso en la Hispania celtibera (2011)
  22. Los dioses de la hispania céltica, Volume 7 de Anejo a la Revista Lucentum, Volume 7 de Publicaciones de la Universidad de Alicante: Anejos de Lucentum, Academia de la Historia, 2002.
  23. Peuples étrangers à la race indo-européenne (habitants des cavernes, Ibères, Pélasges, Étrusques, Phéniciens); 2 ̊Indo-Européens, 1re partie (Scythes, Thraces, Illyriens, Ligures), Volume 1 de Les premiers habitants de l'Europe d'après des écrivains de l'antiquité et les travaux des linguistes, Henry Arbois de Jubainville, George Dottin, Édition 2 E. Thorin, 1889.
  24. Hills of conflict: Basque nationalism in France, James E. Jacob - 1994.
  25. Culto al oso en la Hispania celtibera (2011)
  26. Culto al oso en la Hispania celtibera (2011)
  27. Culto al oso en la Hispania celtibera (2011)
  28. Michel Pastoureau, L'Ours : Histoire d'un roi déchu, Le Seuil,‎ 2007.
  29. Michel Pastoureau, L'Ours : Histoire d'un roi déchu, Le Seuil,‎ 2007.
  30. Philippe Walter, Arthur. L'ours et le roi, Imago,‎ 2002.
  31. Entre le Cygne et l'Ours. Le Centre Sacré des Gaules, Auteur Celui du Pays de l'Ours, Lulu.com.
  32. Philippe Walter, Arthur. L'ours et le roi, Imago,‎ 2002.
  33. Salomon Reinach,Les survivances du totémisme chez les anciens Celtes, Cultes, mythes et religion, vol. 5,‎ 1905-1923, p. 30-78.
  34. Jean Markale, Le roi Arthur et la société celtique, vol. 18 de Regard de l'histoire, Payot,‎ 1976, p. 434.
  35. Laëtitia Rodriguez et Robert Sablayrolles, Les autels votifs du musée Saint-Raymond, musée des Antiques de Toulouse, Musée Saint-Raymond, musée des Antiques de Toulouse,‎ 2008.
  36. : ESTUDIO GENÉTICO DEL OSO PARDO CANTÁBRICO EN ASTURIAS
  37. Lettres de quelques Juifs portugais, allemands et polonais à M. de Voltaire: avec un petit commentaire extrait d'un plus grand, à l'usage de ceux qui lisent ses œuvres, suivies des mémoires sur la fertilité de la Judée, Antoine Guénée, Perisse, 1828.
  38. Contes populaires juifs d'Europe orientale: contes merveilleux, légendes et traditions, contes de mœurs, histoires et anecdotes, Volume 25 de Collection Merveilleux, Valery Dymchitz, Sophie Benech, Édition 2, Corti, 2004.
  39. Les Cultures des Juifs: Une nouvelle histoire, David BIALE, Jacques MAILHOS, Jean-François SENE, Éditeur Eclat (De l').
  40. Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, Dictionnaire des symboles,‎ 1982 (1re éd. 1969). p. 717.
  41. Michel Pastoureau, L'Ours : Histoire d'un roi déchu, Le Seuil,‎ 2007.
  42. Laurentius Knappert, La vie de saint Gall et le paganisme germanique, E. Leroux,‎ 1894.
  43. Aspects juridiques de la conservation de l'ours brun en France, Numéro 4 de Les cahiers du Crideau, de l'Aménagement et de l'Urbanisme Limoges Centre de Recherches Interdisciplinaires en Droit de l'Environnement, Philippe Landelle, Presses Univ. Limoges, 2002.
  44. Michel Pastoureau, L'Ours : Histoire d'un roi déchu, Le Seuil,‎ 2007.
  45. Michel Pastoureau, L'Ours : Histoire d'un roi déchu, Le Seuil,‎ 2007.
  46. Michel Pastoureau, L'Ours : Histoire d'un roi déchu, Le Seuil,‎ 2007.
  47. Fêtes et croyances populaires en Europe - Yvonne de Sike - Bordas 1994.
  48. Une conférence sur une page oubliée de l’histoire des Corbières au Moyen Age.
  49. L’Ours brun: Biologie et histoire, des Pyrénées à l’Oural, Parthénope, Pascal Etienne, Jean Lauzet, BIOTOPE, 2009.
  50. Henri II (Le roi) et les ours à Saint-Jean-de-Maurienne
  51. Histoire de l'ours dans les Pyrénées: De la préhistoire à la réintroduction, Olivier De Marliave, Éditions Sud Ouest, 2014.
  52. L’Ours brun: Biologie et histoire, des Pyrénées à l’Oural, Parthénope, Pascal Etienne, Jean Lauzet, BIOTOPE, 2009.
  53. Histoire de l'ours dans les Pyrénées: De la préhistoire à la réintroduction, Olivier De Marliave, Éditions Sud Ouest, 2014.
  54. Histoire de l'ours dans les Pyrénées: De la préhistoire à la réintroduction, Olivier De Marliave, Éditions Sud Ouest, 2014.
  55. Histoire de l'ours dans les Pyrénées: De la préhistoire à la réintroduction, Olivier De Marliave, Éditions Sud Ouest, 2014.
  56. Les chasses aux loups et aux ours.
  57. L’Ours brun: Biologie et histoire, des Pyrénées à l’Oural, Parthénope, Pascal Etienne, Jean Lauzet, BIOTOPE, 2009.

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