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                            Histoire de Braine (Aisne)



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Le Castrum de Celso, château de la Folie d'Aigremont (XIIe siècle).

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Radegonde et son frère survivant au massacre de leur famille. Désiré de Verdun, grand-père d'Authaire, est peut-être à gauche de la gravure. Le Roi Clotaire Ier est à droite.

Authaire

La bénédiction d'Authaire, premier seigneur de Braine, d'Aïga, et ses quatre enfants, dont Ouen, par saint Colomban (à gauche).

Agnes de Baudemont

Agnès de Baudement, comtesse de Braine (1130 - 1204).

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Abbatiale Saint-Yved de nos jours.

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Maison à colombages (XVe siècle).

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Guillemette de Sarrebruck (1490 - 1571), comtesse de Braine est décédée au château de Braine.

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Robert IV de La Marck, duc de Bouillon, comte de Braine, (1512 - 1556), maréchal de France en 1547.

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Casimir Pignatelli d'Egmont, comte de Braine et député de la noblesse en 1789.

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La Vesle, derrière l'église.


Histoire de Braine (Soissonnais). Braina en 931, Branna en 1095, Brana castellum en 1133, Brenna en 1125, Brana ad Vidulam[1]. Braine est à quatre lieues au Nord-Est de Soissons, faisant face à la Forêt de Retz, dans l'axe Vierzy-Craonne, pratiquement à la limite du département de l'Aisne[2].


Braine est une terre ancienne chargée d'histoire au croisement de l'antique voie gauloise puis romaine qui relie, à cette époque, Milan au Nord de la Gaule Belgique, et de la voie dynastique reliant le pays des Parisii à celui des Rèmes[3]. Plusieurs auteurs ont cru reconnaître Braine dans l'antique Bibrax de Jules César, mais de nos jours c'est l'Oppidum du Vieux Laon qui est l'hypothèse retenue. Mais Braine est l'un des douze oppidums du Soissonnais, dont parle César[4].

Braine est traversée par la route royale de Paris à Reims[5], la route des Sacres.

Braine tient dans l'histoire une place honorable par les nombreux souvenirs qu'y laissent les princes mérovingiens, dont elle est une des résidences de prédilection. C'est la cour préférée de Clotaire Ier[6]. C'est là que Clotaire enfouit ses trésors, dont son fils Chilpéric s'empare aussitôt après sa mort, et dont il distribue une partie aux principaux seigneurs du pays, qui le proclament roi[7].

Braine devient la plaisance des rois mérovingiens. Dans la grande salle du château de Braine se tient, en 580, le concile convoqué pour examiner les accusations que Leudaste portent contre Grégoire de Tours[8].

La terre de Braine passe des rois mérovingiens dans les mains du leude Authaire de Sancy qui sauve la vie de Clotaire II et devient par reconnaissance seigneur de Braine, de Condé et de Sancy[9]. Il est le père de saint Ouen, évêque de Rouen, qui lègue cette terre à l'Eglise qu'il gouverne[10], en 683[11].

Lorsque les Normands envahissent la Neustrie, le clergé de Rouen fait transporter à Braine les objets les plus précieux de la cathédrale et sa bibliothèque, l'une des plus riches de l'époque. Ils y sont conservés pendant plus d'un siècle. Les annales des Bénédictins nous apprennent qu'en 922 un clerc de Soissons va puiser à cette source des documents sur la vie de saint Romain. Quelque temps après, une partie de la bibliothèque devient la proie des flammes, et l'autre est pillée par les barbares. C'est aussi de Rouen qu'est apporté le corps de l'évêque Evodius, ce qui fait mettre l'église du lieu sous l'invocation de ce saint (saint Kvodius ou Yvad), Saint-Yved[12].

Le pays de Braine est devenu en 931 la propriété de Hugues le Grand (898 - 956), duc des Francs,comte de Paris, père d'Hugues Capet, qui le tient de l'évêque de Rouen. Flodoard rapporte qu'en 931, des fidèles d'Herbert de Vermandois partent de Reims, prennent d'assaut le château de Braine (castrum) et le détruisent. Hugues le Grand le fait reconstruire. Ragenold, comte de Roucy, s'en empare à son tour en 949, et ne le rend à Hugues le Grand que sur les instances du roi Louis d'Outremer[13]. Le pays de Braine est réuni au domaine de la couronne par l'avènement de Hugues Capet.

Dans les premiers temps de la monarchie française, la terre de Braine fait donc partie du domaine royal. Mais dès 994, Hugues-Capet abandonne la terre de Braine aux comtes de Champagne. Ces derniers, à leur tour, la donne en fief à des seigneurs particuliers, en 940, à Hugues, premier comte de Braine (940 - 950)[14]. Toutefois ce comté continue à relever du comté de Champagne[15].

Thibaut le Grand, comte de Champagne (1102 - 1152), a une fille Agnès qui porte le comté de Braine en dot dans la maison de Baudement. L'abbaye de l'Ordre des prémontrés, dont il reste l'église, du nom de St Yved (Evodius), évêque de Rouen dont le corps y est enterré, est fondée en 1130 par André de Baudement.

Agnès de Baudement, comte de Braine (1130 - 1204), épouse Robert, fils du roi Louis le Gros, frère de Louis VIII, et tige des comtes de Dreux et de Braine[16]. Ce prince agrandit l'abbaye de Saint-Yved, qui est un des types les mieux caractérisés de l'architecture du XIIIe siècle[17]. De son côté la comtesse de Braine convertit de nombreuses familles juives au catholicisme au XIIe siècle[18]. Leur fils, Philippe de Dreux (1158 - 1217), Évêque-comte de Beauvais, est élevé à la dignité de pair de France par Philippe-Auguste[19].

Parmi les tombes que renferment le chœur et la nef de l'église de Braine, plus de dix sont consacrées à des membres de la lignée royale. Elles forment un des plus riches ornements de cette église, et lui permettent de passer pour la succursale de Saint-Denis[20].

Braine est en 1205 le théâtre d'une horrible exécution. Des gens, au nombre desquels figure un peintre alors célèbre, nommé Nicolas Perrot, ayant été accusés d'hérésie, y sont brûlés en présence du comte et de la comtesse de Braine.

Au début du XIIIe siècle, Robert II de Dreux, comte de Braine y établit un château.

Quand la branche aînée de son illustre famille s'éteint, la terre de Braine entre, en 1323, dans la maison de Roucy, qui n'est certes pas d'origine royale, mais la plus puissante et peut-être la plus ancienne du Laonnois. Simon de Roucy hérite du comté. Il joue un rôle important sous le règne de Charles V qui l'envoie pour des besognes secrètes touchant son honneur en certaines parties du royaume[21].

Cette ville est pillée par les Anglais en 1359. En 1414, Jeanne, comtesse de Roucy et Braine, dame de Montmirail, épouse le damoiseau de Commercy. Ce Robert de Sarrebruck suit le parti bourguignon, à l'inverse de la famille de sa femme, et son attitude attire sur la vallée de la Vesle qui est très calme depuis les débuts de la guerre de Cent Ans, les hommes d'armes, leurs ravages et leurs pillages. Braine est prise par les Bourguignons en 1422. Les Royalistes s'en emparent l'année suivante; mais les Bourguignons la leur reprennent peu de temps après. Robert se rapproche ensuite de la cause française et le 24 juillet 1429, il est fait chevalier dans la cathédrale de Reims par Charles VII, après son sacre et tandis que Jeanne d'Arc se tenait au pied de l'autel[22]. Par suite de nouveaux démêlés survenus entre la cour et le comte de Roucy et de Braine, en 1435, le connétable attaque cette ville, mais est repoussé.

Au début du règne de François Ier, la mort d'Amé de Sarrebruck entraîne le morcellement de ses vastes domaines. Guillemette de Sarrebruck (1490 - 1571) reçoit le comté de Braine. Elle épouse, en 1510, Robert III de la Marck, une des plus grandes figures militaires de son temps, qui est armé chevalier à Marignan, comme François Ier. Son plus haut fait d'armes est la défense de Péronne, qu'il protège contre les assauts journaliers du comte de Nassau, en août et septembre 1536. En décembre de la même année, son cœur est déposé au côté droit de la tombe d'Amé de Sarrebruck dans l'église de Braine[23].

Robert IV de la Marck, maréchal de France, est de 1537 à 1555 comte de Braine[24]. Braine est prise par les protestants en 1567. En 1586, les habitants de Braine obtiennent du roi la permission de fermer de murs la ville et le faubourg de Saint-Remi. Ces travaux leur coûtent 600 écus d'or. Braine est de nouveau attaqué en 1590 par les Ligueurs, qui consentent néanmoins à s'éloigner pour une somme de 200 livres ; ce qui ne les empêche pas, trois ans après, de s'emparer par surprise de douze des plus riches bourgeois de cette ville et de les mettre à rançon.

Braine est encore prise et pillée deux fois par les Espagnols, en 1650 et 1652.

Le 8 mars 1689, Louise-Madeleine Eschalart de la Marck, le plus grand parti de France, selon Mme de La Fayette, porte le comté de Braine en dot à Henry de Durfort, duc de Duras et pair de France. Saint-Simon le présente comme un homme bien fait mais changé par la vie et les débauches, fort aimé mais sans aucun esprit. Il meurt à 27 ans d'une petite vérole et de beaucoup d'autres écrit le mémorialiste Micberth[25].

Avant la Révolution Braine dépend de l'intendance, des bailliage, élection et diocèse de Soissons. Il y a, à Braine, un prieuré de l'Ordre de Cluny dépendant de la Charité-sur-Loire. Il y a une paroisse sous l'invocation de saint Nicolas.

Au XIXe siècle une gendarmerie, puis un haras national (1816 -1875) s'installent dans les bâtiments de l'Eglise vendus comme biens nationaux à la Révolution.

Les ruines du château de Folie sont détruites lors de la Première Guerre mondiale. Du Moyen Age, il subsiste également les restes d'une maison à colombages et surtout l'église abbatiale de Saint-Yved.

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Saint Yved, aAncienne Abbatiale des Prémontrés, elle est bâtie de 1180 à 1216.

AVANT CLOTAIRE Ier Modifier

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Cimetière gallo-romain sur les bords de la Vesle.

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Braine est au cœur de la La bataille de l'Aisne, en 57 avant J.C. par Jules César.

On a une population qui s'installe sur les bords de la Vesle, à Braine, à la fin de la période de la Téne (entre environ 450 av. J.-C. et 25 av. J.-C.). Ces Celtes restent sur place après la victoire romaine. Ils vivent dans une grande propriété agricole, vicus ou villa ? On trouve dans ce cimetière des tombes à inhumation et des incinérations[26].

Du temps des Rèmes on a l'immense forêt de Braine, peu à peu défrichée, une position sur un cours d’eau qui l’unit à Reims, à proximité de Soissons, et de la vallée de l’Aisne.

Braine est une terre ancienne chargée d'histoire au croisement de l'antique voie gauloise puis romaine qui relie, à cette époque, Mediolanum à Gessoriacum (de Milan à Boulogne), et de la voie dynastique reliant le pays des Parisii à celui des Rèmes[27].

Plusieurs auteurs ont cru reconnaître Braine dans l'antique Bibrax de Jules César, mais de nos jours c'est l'Oppidum du Vieux Laon qui est l'hypothèse retenue. Mais Braine est l'un des douze oppidums du Soissonnais, dont parle César[28].

Des haches gauloises et une grande quantité de monnaies et médailles romaines, consulaires et impériales sont retrouvées à Braine[29].

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La vallée de la Vesle est entourée à cette époque par l'immense forêt de Braine, peu à peu défrichée.

DU TEMPS DE CLOTAIRE Ier Modifier

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Clotaire Ier.

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Le palais de Verberie, près de Compiègne.

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Villa mérovingienne.

Braine est située en Champagne, fameufe par un Concile tenu sous Pelage II, & fitué sur la riviere de Vesle, dans le Soissonnois entre Fismes & Soiffons[30].

Clotaire habite ordinairement à Braine, près de Soissons. Le Palatium Brennacum (palais de Braine) peut passer pour le modèle des résidences royales de l'époque, une plaisance. C'est un vaste bâtiment entouré de portiques d'architecture romaine[31].

Ce palais a du être construit par les Romains. Les premiers renseignements que nous avons sur cet antique et curieux monument viennent de Grégoire de Tours et du poète Fortunatus. Ce château ne présente aucun de ces aspects militaires et lugubres dont est frappée la vue quand on considère les vieux manoirs du moyen-âge. Il y a dans Braine un grand nombre d'artisans qui se livrent à divers métiers, tels que l'orfèvrerie, l'armurerie, la tisseranderie, la broderie en soie et en or, et la préparation du fil et de la laine[32].

Autour du corps de logis se trouvent les logements des officiers du palais et ceux des leudes qui ont juré fidélité au roi. Des cabanes voisines sont occupées par un grand nombre de familles, qui exercent, hommes et femmes, toutes sortes de métiers, depuis l’orfèvrerie et la fabrication des armes jusqu'à l'état de tisserand et de corroyeur, depuis la broderie en soie et en or jusqu'à la plus grossière préparation de la laine et du lin[33].

Des fermes, des écuries, des étables, des bergeries et des granges, complètent le village royal. C'est à Braine que Clotaire fait garder, au fond d'un appartement secret, les grands coffres à triple serrure qui contiennent ses richesses en or, en vases et en bijoux précieux. C'est là qu'il convoque en synode les évêques des cités gauloises, qu'il reçoit les ambassadeurs, et préside les assemblées nationales du champ de mars, suivies de ces festins immenses où des sangliers et des daims entiers sont servis tout embrochés, et où des tonneaux défoncés occupent les quatre coins de la salle[34].

C'est là aussi qu'il se livre avec ses leudes aux exercices des armes, de la chasse, de la pêche et de la natation[35].

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Palais de Clovis.

CHILPÉRIC ET FRÉDÉGONDE Modifier

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Chilpéric face à Grégoire de Tours et Salvius, évêque d'Albi . Grandes Chroniques de France.

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Frédégonde devant le lit de mort de l'évêque de Rouen Prétextat.

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Chilpéric, à l'automne 584 est assassiné lors d’une chasse à Chelles près de Paris.

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Frédégonde et son fils Clotaire II à la tête de l'armée réunie au Palais de Braine contre le Roi Childebert.

C'est à Braine, que Chilpéric assemble les Évêques de France, pour écouter Leudaste qui accuse Grégoire de Tours d'avoir médit de Frédégonde, et où ce Prélat, quoiqu'il se justifie en leur présence d'une telle imposture, ne laisse pas d'être condamné à s'en purger encore par ferment, et à dire trois Messes à trois différents autels[36].

Salvius et Grégoire de Tours se promenant autour du palais de Braine, où réside alors la famille de Chilpéric, le premier tout à coup s’adresse à Grégoire de Tours en lui montrant le faîte de l’édifice :

Est-ce que tu ne vois pas quelque chose au-dessus du toit de ce bâtiment ? — Je vois, répondit l’évêque de Tours, le nouveau belvédère que le roi vient d’y faire élever. — Et tu n’aperçois rien de plus ? — Rien, répondit Grégoire ; si tu vois autre chose, dis-moi ce que c’est. — Je vois, reprit l’évêque Salvius avec un grand soupir, je vois le glaive de la colère de Dieu suspendu sur cette maison[37].

Neuf ans plus tard, l’assassinat de Chilpéric commence à réaliser cette fatale prédiction et annonçait la ruine de la famille de Clovis[38].

Chilpéric est malade de la dysenterie au palais de Braine. Des deux garçons qui lui restent de Frédégonde, l'un y meurt de cette maladie[39]. On transport de Braine à Soissons, le jeune Clodebert, dans l’espoir d’obtenir pour lui un miracle sur le tombeau de saint Médard, mais en vain ; les fils de Chilpéric périssent[40]. .

La légende raconte que cette Frédégonde est la fille d’un pauvre colon franc habitant une humble cabane de terre sur la lisière de la forêt de Braine[41].

Frédégonde demande, vers 580, à Chilpéric d’envoyer Clovis (dernier enfant qu’il lui reste de son union avec sa première épouse Audovère) au château de Braine, où règne la contagion dans l’espoir que son fils périsse. Manque de chance, Clovis ne meurt pas ! Chilpéric livre par la suite lui-même son fils aux mains de Frédégonde ; et, après avoir attiré le jeune prince à lui sous le prétexte d’une partie de chasse, et l’avoir mandé de Braine à Villers-Cotterets, il le fait désarmer sous ses yeux, dégrader, charger de liens, et conduire à la reine[42].

Chilpéric exile Brunehaut, et tout rentre dans l’ordre à Soissons et à Braine. Frédégonde y exerce sa pleine puissance sur son époux[43].

C'est encore à Braine que Frédégonde, après la mort de son mari, assemble des troupes gagnées à force de présents, pour marcher contre Childebert Roi d’Austrasie, neveu de Chilpéric, qui déjà est en chemin à la tête d'une armée, en résolution de venger la mort de son oncle, dont il l'accuse ; mais qu'elle bat et met en déroute[44].

Clotaire II a dix ans à peine, Frédégonde se hâte de le conduire à Braine ; là, le tenant par la main, elle lui fait parcourir les rangs de l’armée[45].

Bergier dit que la chaussée de Brunehaut (547 - 613) va de Fisme à Soissons par la ville de Braine[46].

Le prieuré mérovingien de Saint-Rémy à Braine Modifier

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La Charité-sur-Loire. Plan proposé de l’église antérieure à la prieurale Notre-Dame.

Le prieuré de Saint-Rémy, situé dans le faubourg du même nom, est occupé par des moines de Saint Benoît, puis par ceux de Cluny dépendant de la Charité-sur-Loire. Il n’en reste plus de trace.

D’après la tradition, il est établi pour une communauté de Saint-Rémy par Chilpéric[47], puis rebâti par Agnès de Baudement.

Vers la fin du XIIIe siècle, la communauté de Saint-Rémy perd son titre d’abbaye avec la plus grande partie de ses biens et est soumise au monastère de la Charité-sur-Loire. Il ne reste plus à Braine qu’un prêtre et un sacristain.

L’église, dont on voie encore les ruines à la fin du XVIIIe siècle, est en forme de croix latine[48].

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Assassinat de Chilpéric, Roman de Renart le contrefait.

DU TEMPS D'AUTHAIRE DE SANCY Modifier

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Saint Authaire/Sanctus Autarius. Vitrail église Saint-Médard - Lizy-sur-Ourcq.

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Autharius et ses fils bénis par saint Colomban.

Clotaire II

Clotaire II, traité avec les Lombards.

Authaire de Sancy, Audechaire, Autharic, Autharius, Auginus, Audecharius[49], vulgairement appelé saint Oys[50], est né vers 565, certainement à Sauciacum oppidum (Sancy, entre Soissons et Laon) et décédé, vers 620, dans le saltus Joranus[51]. Il est enterré dans le parc de sa Villa Vulciacum (Ussy-sur-Marne, Seine-et-Marne)[52].

En ce qui concerne la famille d'Autharius. Authaire est également lié aux Burgondofara, parentèle des Agilolfing, ducs de Bavière.


Voir l'article détaillé sur la famille d'Autharius.


Selon certains auteurs :

La terre de Braine fut donnée aux ancêtres du Seigneur Authaire, père de S. Ouen, avec les deux terres de Condé & de Sancy. Authaire fixoit fa réfidence ordinaire à Sancy. Il faifoit valoir fes deux terres de Condé & de Braine, par le miniftere de fes Intendans[53]. Nous retrouvons cette soi-disant donation dans La France pontificale ... histoire chronologique et biographique des archevêques et évêques de tous les diocèses de France[54].

Mais Authaire n'est qu'un Comte des rois francs, avant 613. Selon les Annales bénédictines de Saint-Médard[55], Clotaire II (584 – 629), étant à Braine, et y chassant sur les bords de l'Aisne, est sauvé de la noyade par le seigneur Authaire, père de saint Ouen, qui fait partie de sa suite. Pour récompenser son sauveur d'un tel bienfait, le roi lui fait don de la terre et du château de Braine (613)[56][57].

Le seigneur réside ordinairement à Sancy, près Soissons, et exploite ses terres de Braine, ainsi que celles de Condé. Les terres de Braine, de Condé et de Sancy, que saint Ouen, son fils, va donner à l'Eglise, sont arrosées par la Vesle, navigable à cette époque. Elles sont très fertiles en productions de toutes sortes[58].

L'historien Jonas nous apprend qu'au commencement du VIIe siècle, Autharius, Grand fonctionnaire Royal à la cour, convive du roi, personnage qui est dans la familiarité du roi franc, au nombre de ses fidèles) du roi d'Austrasie Théodebert (598 - 612), est parent de Hagnéric, comte de Meaux. Authaire est un leude mérovingien, mais d'origines en partie gallo-romaines et burgondes [59]. Hagnéric est peut-être le frère de la femme d'Authaire.

Autharius, soit directement, soit par délégation de Hagnéric, exerce sur les bords du Morin et de la Marne, des fonctions civiles et militaires. Il gère un véritable centre humain réunissant en son territoire toutes les activités rurales de l’époque, le pagus. Mais il n'est propriétaire du sol qu'en 613. En effet, selon les Annales bénédictines de Saint-Médard[60], Clotaire II (584 – 629), étant à Braine, et y chassant sur les bords de l'Aisne, est sauvé de la noyade par le seigneur Authaire, père de saint Ouen, qui fait partie de sa suite. Pour récompenser son sauveur d'un tel bienfait, le roi lui fait don de la terre et du château de Braine (613)[61].


Article détaillé : Authaire de Sancy


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Fibules mérovingiennes.

DU TEMPS DE SAINT-OUEN Modifier

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Ouen.

La France pontificale nous dit que :

Après la mort du Seigneur Authaire de Sancy, saint Ouen fon fils eut en partage les terres de Braine, de Condé & de Sancy. Élevé par fon mérite fur le fiége Epifcopal de Rouen, il fit préfent à fon Eglife, de fes terres & de leurs dépendances. Le territoire fertile en productions naturelles, en grains, en foin, en légumes & en bois, traverfé par la chauffée Romaine, qui conduifoit de Reims à Soiffons, & arrofé par la rivière de Vefle, qui paroît avoir été navigable dans ce temps-là, procuroit à fes poffeuffeurs autant d'utilité que d'agrément[62].

Saint Ouen est évêque métropolitain de Rouen (641 - 686). Lors de l'attaque des normands de la ville de Rouen, le château de Braine est alors fortifié. Pendant près d'un siècle le château de Braine conserve dans son sein les richesses de l'Eglise de Rouen[63].

En 922, la bibliothèque de l'Eglise de Rouen y est encore. On lit dans les annales des Bénédictins qu'en cette même année, un clerc de Soissons vient pour y puiser des renseignements sur la vie de saint Romain. Peu de temps après, une partie de ce trésor de littérature est brûlé et l'autre pillé et dissipé. C'est une très grande perte, non seulement pour Braine et Rouen, mais encore pour toute la France[64].

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L'abbaye de Saint-Ouen est construite à l'emplacement d'une basilique dédiée à Saint-Pierre, qui reçoit en 684 le corps de Ouen, saint évêque de Rouen.

BRAINE DE 754 A 987 Modifier

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Le royaume de Francie au temps des derniers Carolingiens.

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Le Roi Louis IV d'Outremer reprend le château de Braine, et le vend à Hugues Capet.

C’est de Braine que Pépin le Bref, Roi des Francs, en 754, tient les Etats, et d'où il part avec de puissantes forces pour faire la guerre à Aistulf, Roi des Lombards[65].

Au IXe siècle, sous Louis le Pieux, le palais de Braine est fortifié.

En 931, le domaine de Braine est tenu en avouerie par Hugues le Grand, duc de France, de l’Évêque et du Chapitre de Rouen[66]. Palatium Brennacum, le domaine royal des premiers Rois mérovingiens est composé de vastes bâtiments ornés de portiques décorés d'élégantes sculptures. Ce palais a un oratoire important. On trouve en 1832 dans les fondations en démolissant le portail de Saint-Yved un chapiteau que l'on croit avoir appartenu à cet ancien oratoire[67].

Flodoard rapporte qu'en 931, des fidèles d'Herbert de Vermandois partent de Reims et prennent d'assaut le château de Braine (castrum) Ils le détruisent, car il est occupé par des hommes d'Hugues le Grand. Herbert de Vermandois en 931 se rapproche du roi de Germanie Henri l'Oiseleur. Mais il va se soumettre au roi de Francie occidentale en 935. Il intervient ensuite plusieurs fois à Reims pour restaurer son fils, Hugues de Vermandois, archevêque de Reims.

Ragenold, comte de Roucy et de Reims, s'empare à son tour de Braine en 949/950[68]. Le Roi Louis IV d'Outremer reprend le château de Braine, et le vend à Hugues Capet[69]. Hugues le Grand fait rebâtir le château à ses frais. L’Évêque et le Chapitre de Rouen perdent la terre de Btaine[70].

Le pays de Braine est réuni au domaine de la couronne par l'avènement de Hugues Capet.

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Le château de Braine est pris plusieurs fois au Xe.

DU TEMPS DES PREMIERS COMTES DE BRAINE Modifier

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Hugues II de Braine (ca 1075 - 1106), dit le Blanc ou de Laon, est comte de Braine de 1094 à 1106 et de La Ferté-Milon, en 1096.

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Les origines illustres d'Ade de Soissons, côté maternel.

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Entre 1064 et 1124, des chevaliers au nom d'Hugues semblent avoir le contrôle de forteresse de Château-Thierry. Le dernier, Hugues II de Braine, le fait au nom de Thibaud II, comte de Champagne.

Dans les premiers temps de la monarchie française, la terre de Braine fait donc partie du domaine royal. Mais dès 994, Hugues-Capet abandonne la terre de Braine aux comtes de Champagne, lesquels, à leur tour, paraissent n'avoir pas tardé à la donner en fief à des seigneurs particuliers, les comtes de Braine (au XIe siècle) tout en continuant à relever du comté de Champagne[71].

Les premiers Seigneurs de Braine sont des descendants de Francs, qui ont suivi Clovis dans ses conquêtes. Ceux auxquels cette terre passe par acquisition, sont des grands Vassaux ou grands Officiers des Comtes de Champagne.La terre de Braine devient le quatrième des sept Comtés de Champagne[72].


1. Hugues de Braine (ca 1010 - 1050) est le premier des comtes de Braine de 1040 à 1050. Il est excommunié en 1049, dans un concile tenu à Reims, pour avoir répudié sa femme[73].


2. Gauthier de Braine (ca 1040 - 1096) est le deuxième comtes de Braine marié vers 1075 à Ade de Soissons[74] (1058 - après 1080), fille de Guillaume Busac, comte d'Eu, mariée cette année par le roi Henri Ier à Ade ou Adèle ou Adélaïde de Soissons ou de Vermandois, comtesse de Soissons, très riche héritière, issue de la race royale par les comtes de Vermandois[75]. Ils sont les parents de :


3. Hugues II de Braine (ca 1075 - 1106), dit le Blanc ou de Laon, d'abord seigneur de Château-Thierry, puis comte de Braine de 1094 à 1106 et de La Ferté-Milon, en 1096. C'est lui qui fonde le prieuré de Saint-Vulgis. Il le donne à Saint-Jean-des-Vignes sous condition qu'il y ait toujours au moins 3 frères pour célébrer le service divin. De sa femme, Elvide, il a Guillaume.

Il y a lien de parenté entre les premiers comtes de Braine et les premiers vicomtes de La Ferté-Milon[76].


4. Rodolphe de Braine (ca 1077 - 1109), son frère, est à sa mort comte de Braine de 1106 à 1109, Chevalier, se retire en 1109 à Saint-Médard. Homme illustre de son temps[77].

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Blasons des premiers de Braine.

DU TEMPS DES BAUDEMENT Modifier

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Les Baudement, comtes de Braine.

Braine est progressivement satellisée par la Champagne. La seigneurie est à deux reprises transmise par une héritière nommée Agnès, d'abord aux Baudement, ensuite aux Dreux[78].


Par alliance le comté de Braine passe aux Baudement[79].

André de Baudement (1109 - 1137) Modifier

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Le cinquième comte de Braine Modifier

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Les Baudement se retire parfois à l'abbaye de Prémontré.

5. André de Baudement (ca 1075 - 1142) se marie vers 1100 avec Agnès de Braine (ca 1080 - 1120), sœur de Hugues le Blanc et Rodolphe. Comme il jouit d'une grande considération auprès de Thibaut, celui-ci le crée pair et sénéchal de Champagne et de Brie. Il donne à Agnès la terre et le château de Braine, qui reçoit le titre de comtesse de Braine. A cette terre il joint pour être tenues de lui et de ses successeurs en foi et hommage lige seigneuries de Fère-en-Tardenois, de Nesle, d'Arcy, de Longueville, de Quincy, et la forêt de Daule[80]. Baudement est issu d'une maison les plus illustres de la Champagne et de la Brie. Il est aussi seigneur de Baudément et Pontarsy[81].

André entre à Clairvaux et Agnès à Prémontré, d'où elle a suivi à Fontenelle la communauté des femmes. Elle y meurt en 1149[82].

Fondation de Saint-Yved de Braine (1130) Modifier

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Aabra7-0

Une travée de la nef de l'église Saint-Yved et Notre-Dame.

André de Baudement (ca 1075 - 1142), sénéchal de Champagne et de Brie, et sa femme Agnès comtesse de Braine sont désolés de la vie scandaleuse et relâchée que mènent les chanoines de la collégiale de leur château de Braine, qui, après plusieurs changements de règle, ont fini par n'en plus avoir, et résolu de supprimer le chapitre[83].

Mais l'évêque de Soissons, Josselin de Vierzy (1126 - 1152), qu'ils consultent leur conseille de le renouveler au lieu de le supprimer. Ils suivent ce conseil et ayant assuré un sort aux chanoines qui remettent leurs prébendes, ils abandonnent, vers 1130, l'église de Saint-Yved, avec tous ses biens, à l'évêque de Soissons, afin qu'il y forme une communauté édifiante. En 1130, l'évêque de Soissons donne aux Prémontrés les biens du chapitre de chanoines séculiers[84].

L'éclat que jette l'ordre naissant des Prémontrés ne permet pas à Josselin de Vierzy (1126 - 1152) d'hésiter un moment à leur confier l'église de Braine. Il y met donc, l'année suivante, autant de religieux qu'il y a de prébendes et leur donne pour abbé le chanoine régulier Gilbert que l'on voit, deux ans après, souscrire à la fondation de Longpont. Une communauté de femmes se forme bientôt à Braine auprès de celle des hommes[85].

La descendance d'André de Baudement Modifier

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Aabrai15

André de Baudement (ca 1100 - après 1145)[86], est le Premier Abbé de Chaalis (1136 - 1142) et bienheureux.

Aabrai14

Valeran de Baudement, moine à Clairvaux, Abbé de Saint-Martin d’Epernay, est le premier Abbé d’Ourscamp (1129 - 1142).

André de Baudement (ca 1075 - 1142) et Agnès comtesse de Braine sont les parents de :

¤ André II de Baudement, moine à Pontigny (ca 1100 - après 1145)[87], est le Premier Abbé de Chaalis (1136 - 1142) et bienheureux.

¤ Thibaud, moine à Prémontré ;

¤ Guy, qui suit ;

¤ Valeran de Baudement, moine à Clairvaux, Abbé de Saint-Martin d’Epernay, puis premier Abbé d’Ourscamp (1129 - 1142) ;

¤ Mathilde de Baudement (ca 1100 - après 1142), religieuse à Jully Les-Nonnains[88] ;

¤ Eustachie, femme d'Eudes, comte de Corbeil ; puis de Guillaume de Garlande, seigneur de Livry, sénéchal de France ;

¤ Helvide (Helvise) de Baudement (ca 1105 - 1165), religieuse à Jully-Les-Nonnains (citée chartes 1142, témoin donation au prieuré d’Ulmoy par Guéraud de Orchara attestée par Boson, Evêque de Chalon 1157)

ép. 1) Hélie de Montmirail

ép. 2) Hugues de Chacenay, seigneur de Montréal + avant 1119 (fils de Milon, seigneur de Chacenay, et d’Adélaïde)

ép. 3) ~1120/25 Gui Ier, seigneur de Dampierre, Vicomte de Troyes + 1151 (fils de Thibaud, seigneur de Dampierre-sur-Aube, et d’Elisabeth de Montlhéry)[89].

¤ Hu(m)beline (alias Adélaïde) de Baudément

ép. 1) ~1120/25 Eustache II, vidame de Châlons-en-Champagne (51) + ~1130 dès 1133

ép. 2) ~1130/33 Gautier II, comte de Brienne, chevalier, seigneur de Ramerupt (1113), croisé (1147) + dès 1161 (fils d’Erard Ier, comte de Brienne, et d’Alix de Montdidier)[90].

Guy de Baudement (1137 - 1144) Modifier

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Aabra7

Du fait du deuxième mariage d'Agnès de Baudement (ca 1130 - juillet 1204), le comté de Braine passe aux Comtes de Dreux.

6. Un de ses fils, Guy de Baudement (ca 1102 - 1144) est en 1137 comte de Braine et seigneur de Baudément. Il se retire à Prémontré. Guy de Baudement épouse Alix de Dampierre dont il a trois enfants: Hugues le Blanc et Guidon, morts sans postérité, et Agnès qui à la mort de Guy son père arrivée en 1144, avant celle d'Alix de Dampierre, se trouve en possession de domaines immenses[91][92].


Agnès de Baudément (ca 1130 - 1218) est dame de Braine, contribue à la fondation de l’Abbaye de Mores en 1152 ; citée charte 1148/53 de Saint-Pierre de Troyes ; donation à Notre-Dame de La Trappe (juillet 1212)

ép. 1) dès 1145 Milon III, comte de Bar-sur-Seine (1125 - 01/10/1151) (fils de Gui, comte de Bar-sur-Seine (Brienne), et de Pétronelle de Chacenay). Ils sont les parents de Pétronille de Bar-sur-Seine, qui épouse en 1168 Hugues du Puiset, dont elle a un fils : Milon IV de Bar.

ép. 2) Ayant perdu en 1154 Milon II, comte de Bar sur Seine, elle est par sa haute fortune jugée digne de donner sa main en 1152 à Robert, surnommé le Grand, comte de Dreux, frère du Roi Louis VII dit le Jeune. De cette noble souche sortent les comtes de Dreux et de Braine et les comtes de Bretagne, par Pierre Mauclerc leur petit-fils. Les premiers habitent presque toujours leur château de Braine et leur histoire est très liée à l'histoire de l'abbaye de Saint-Yved et Braine[93].

DU TEMPS DES COMTES DE DREUX Modifier

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Blason robert III DREUX

Blason des Comtes de Dreux et de Braine.

Par alliance le comté de Braine passe à la Maison capétienne des Comtes de Dreux[94]. En 1152, à l'occasion de ses noces avec Agnès de Baudement, Robert Ier, comte de Dreux, fils du Roi de France Louis VI le Gros, qui adopte les armes des Baudement. Il reçoit le comté de Braine et les seigneuries de Fère-en-Tardenois, d'Arcy, de Nesles, de Longueville, de Quincy-sous-le-Mont, de Savigny-sur-Ardres de Baudement, de Torcy, de Chailly de Longjumeau et fonde la seigneurie de Brie-Comte-Robert.

Les trois premiers comtes de Dreux, Robert I, II et III sont les plus illustres comtes capétiens de Dreux. Grands soldats, bataillant contre les Anglo-normands et participant aux croisades, ils sont aussi de grands bâtisseurs dans leurs fiefs.

Robert Ier, comte de Dreux et Braine (1152 - 1188) Modifier

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Robert de Dreux

Robert Ier, comte de Dreux et Braine.

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Tombeau d’Agnès de Baudemont, dame de Braine, 3e femme de Robert de France, Comte de Dreux et de Braine. Il est en pierre au milieu du chœur de l’église de l'abbaye Saint-Yved de Braine quelle a fondée.

Aabrai30

Agnès s’occupe à convertir les juifs, ceux qui restent après l'expulsion des Juifs de 1182.

7. Robert Ier de France le Grand (1123 - 1188), Comte de Dreux, du Perche et de Braine (1152 - 1188), Seigneur de Fère-en-Tardenois, de Pontarcy, de Nesle, de Longueville, de Quincy, de Savigny, de Baudement, de Torcy, de Brie-Comte-Robert, de Chilly et de Longjumeau. fils de Louis VI le Gros, roi de France, et d'Adélaïde de Savoie, devient, par son troisième mariage, avec Agnès de Baudément (ca 1130 - 1218), le septième comte de Braine.

Cette union est la tige des comtes de Dreux et de Braine, et, plus tard, de celle des comtes de Bretagne. Les comtes de Dreux n'ont presque pas cessé de résider au château de Braine jusqu'à l'extinction de cette illustre branche des Capétiens[95].

Robert Ier de France reçoit en apanage le comté de Dreux en 1137. Accompagne son frère Louis VII en 1147 à la Deuxième croisade (1147 - 1149). Il fait la guerre à Henri Plantagenêt, en 1158/1159, en Gascogne & Languedoc. Il se rend à Jérusalem, puis assiste son frère en 1158. En 1159, il accorde une charte à la ville de Dreux et fonde à Paris l'église Saint-Thomas du Louvre. En 1170, il dote sa ville de Brie-Comte-Robert d'un puissant château fort. Abandonne la direction de son comté de Dreux en 1184.

Braine est le siège d'une Justice seigneuriale. La ville est bâtie dans une vallée fertile, au bas d'une colline, qui la domine du côté du Midi. Robert Ier la fait fortifier par des murailles de pierre dure. Elle a quatre portes, à chacune desquelles on voie des écluses avec un pont-levis[96]. Il fait construire le chanteau de Braine et le château d'en hault qui estoit nouvellement faict et fort somptueux Il y fist mectre gens de guerre preux et hardis avec quelques vivres et toutes aultres choses appartenantes pour résister à l'encontre de ses adversaires[97].

En, ou vers, 1180, le couple fonde une nouvelle église, sous le vocable de Notre-Dame, en remplacement de l’ancienne dont l’ensemble des travaux se termine en 1216, c'est-à-dire bien après la mort des fondateurs. On grave sur la tombe de Robert Ier de France dans l'abbaye Saint-Yved de Braine :

Princeps Robertus mira pietate refertus
Hic jacet : heu ! noli plura rogare, tacet.

Le paysage de Braine est complété par la création en 1201, par la dame de Braine, Agnès, d'une maison-Dieu[98]. Du fait du décès de ses frères, Agnès, petite-fille des fondateurs de Saint-Yved, hérite du soin de la prospérité de l'abbaye[99]. Femme encourageant les arts Agnès se  dévoue aussi aux œuvres charitables,. Elle fait construire plusieurs bâtiments dont un hôpital. S’occupant aussi à convertir les juifs, il se raconte qu’après un miracle, une jeune juive, n’ayant pu résister à une apparition de Jésus-Christ, demande pardon à Dieu et reçoit le baptême, entraînant dans cet exemple nombreux de ses coreligionnaires. Cette jeune juive est inhumée à St-Yved dans une tombe entre celles d’Agnès et de son époux.

Quant à Agnès, après avoir été embaumée et déposée dans un cercueil de plomb, elle est honnestement et honnorrablement ensepvely à l’occasion de funérailles entourées d’une grande dévotion. Elle est inhumée au milieu du chœur de l’église dessouz une tumbe de pierre eslevee.

Robert II, comte de Dreux et Braine (1188 - 1218) Modifier

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Le Comte Modifier

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Robert II de dreux

Robert II, comte de Dreux et Braine.

Abb18

Plan de la bataille de Bouvines en juillet 1214. Entre les Français du roi Philippe II Auguste et les coalisés commandés par l'empereur Othon IV.

8. Robert II de Dreux (1154 - 28 décembre 1218), comte de Dreux, de Brie, et huitième comte de Braine, est le fils de Robert Ier de France le Grand (1123 - 1188) et d'Agnès de Baudément (ca 1130 - 1218), Dame de Braine. Il succède à son père en 1188, quoique celui-ci constitue une rente sur le travers de Braine à ses deux filles Marguerite et Béatrix qui entrent en religion, la dernière au couvent du Charme[100].

Robert II de Dreux participe à la troisième croisade et se signale à la bataille d'Arsur et au siège de Saint-Jean-d'Acre (1191). Revenu en France, il combat les Anglais en Normandie (1195 - 1198), puis mène des troupes à la Croisade des Albigeois en 1210 et participe au siège de Termes. Il aide son frère Philippe, évêque de Beauvais, en lutte contre le comte de Boulogne et commande une partie de l'armée du roi Philippe Auguste lors de la Bataille de Bouvines (1214). L'armée française y est divisée comme d'habitude en trois corps d'armées.

L'aile gauche est composée des quelques chevaliers de l’Île-de-France ou de Normandie, et ceux nombreux du comte Robert II de Dreux.

Robert II continue l'œuvre de ses parents dans l'Église abbatiale Saint-Yved de Braine. Comme il ne peut être envisagé une abbaye sans reliques exposées aux fidèles, on y dépose celles de saint Yved conservées dans la collégiale du château de Braine depuis le IXe siècle. Avec le temps, les pèlerins substituent le nom de saint Yved à celui de Notre-Dame.

En y faisant inhumer ses parents, dans le respect de leurs vœux, Robert II donne naissance au Saint-Denis des comtes de Dreux. Dix sépultures de cette branche des Capétiens vont y trouver place veillées par des religieux de l’ordre de Prémontré.

Robert II de Dreux et Yolande de Coucy (1161 - 1222), son épouse, sont inhumés dans cette nécropole.

Robert II de Dreux continue la construction commencée à la fin du XIIe siècle, par son père, de la forteresse exclusivement défensive de Braine, Castrum de Celso. Les Seigneurs de Braine vont toujours résider dans le Château du Bas

Le château de la Folie d'Aigremont Modifier

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Aabra1-0

Le château de la Folie d'Aigremont (fin XIIe siècle).

Aabrai27

Robert II fait construire fin XIIe siècle le château de Fère-en-Tardenois.

Robert II de Dreux sait profiter d'une colline escarpée qui se trouve à côté de Braine et fait élever le château-fort appelée la Folie au XIXe siècle et que l'on nomme originairement Castrum de Celso Duchesne[101], pour le distinguer du château du bas attenant à l'abbaye Saint-Yved de Braine.

Le château de la Folie est bâti en même temps que celui de Fère-en-Tardenois, dans les premières années du XIIIe siècle, par Robert II, comte de Dreux et de Braine, qui, à la mort de son père Robert Ier, en 1188, hérite des comtés de Braine et de Fère-en-Tardenois[102]. Les ruines encore subsistantes du château de la Folie donnent une haute idée de la puissance de son fondateur.

La forteresse domine la ville de Braine et les plaines où coulent silencieusement les eaux de la Vesle. Les murailles sont épaisses, scellées sur un immense rocher entouré d' un large et profond fossé taillé à vif dans le roc. Ces murailles sont flanquées de grosses tours garnies de meurtrières, défendues par des redoutes et un second mur d'enceinte[103].

Le principal corps de logis est entouré d'un portique carré artistement sculpté et se continue par plusieurs rangées d'habitations destinées aux officiers des comtes[104].

Les six grosses tours de huit mètres de diamètre et les murailles sont entourées d'un large et profond fossé taillé à vif dans la pierre. Le rocher coupé en talus à 7 mètres de hauteur sur 160 mètres de pourtour et 3 mètres de largeur dans le bas sur 13 mètres 50 d'évasement[105].

Robert III, comte de Dreux et Braine (1218 - 1233) Modifier

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Robert III DREUX

Vue de sa sépulture.

9. Robert III de Dreux (1185 - 1233), surnommé en sa jeunesse le Gaste-Blé, par Guillaume le Breton, comte de Dreux, seigneur de Saint-Valéry et Gamaches, neuvième comte de Braine (1218 - 1233), fils de Robert II (1154 - 28 décembre 1218) et de Yolande de Coucy (1161 - 1222).

Le Roi Philippe Auguste le fait chevalier en 1209. En 1212, il combat avec son frère Pierre Mauclerc, sous les ordres de Louis de France, fils de Philippe II Auguste contre les Anglais. Il défend notamment la ville de Nantes, mais est fait prisonnier au cours d'une embuscade. Après la Bataille de Bouvines (1214), il est échangé contre le comte de Salisbury. Robert III accompagne le Prince Louis en Angleterre. Il participe à la croisade contre les Albigeois et assiège Avignon en 1226. Après la mort de Louis VIII, présent au sacre de Louis IX, il est l'un des soutiens de la régente Blanche de Castille.

Robert III épouse en 1210 Aénor, dame de Saint-Valéry-sur-Somme (1192 - 1250), fille de Thomas de Saint-Valéry et d'Adèle de Ponthieu, et a quatre enfants.

Décédé le 3 mars 1234, à Braine, le comte est inhumé en la nécropole familiale de l'Église abbatiale Saint-Yved de Braine. Sur sa tombe en pierre plate, sous ses pieds, fait plutôt rare, le nom de l’artiste qui exécute son tombeau : Letarous me ficit.

Jean Ier, comte de Dreux et Braine (1233 - 1249) Modifier

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Aabrai32

Louis IX sur un navire au départ d'Aigues-Mortes, pour la Septième Croisade.

Aabrai31

Tombeau de Marie de Bourbon-Dampierre, en l'église abbatiale Saint-Yved de Braine.

Aabrai33

Jean Ier repose dans la cathédrale Sainte-Sophie jusqu'en 1570. Les Ottomans la transforment en mosquée en détruisant les sculptures et tombes chrétiennes.

10. Jean Ier de Dreux, né en 1215, mort en 1249 à Nicosie, comte de Dreux et dixième comte de Braine (1233 - 1249), fils de Robert III (1185 - 1233), comte de Dreux et de Braine, et d’Aénor de Saint-Valéry(1192 - 1250). Jean Ier à sa majorité se réserve entre autres la terre de Braine[106].

Il est armé chevalier, en présence du prince Alphonse de Poitiers, à Saumur, le 24 juin 1241, par saint Louis[107]. En 1242, Jean est un de ceux qui prennent les armes contre Hugues de Lusignan, comte de la Marche, qui s'est ligué avec le roi d'Angleterre (bataille de Taillebourg en 1242). Puis il part à la septième croisade avec son beau-frère, Archambaud IX de Bourbon. Les deux meurent de maladie pendant l'hiver de l'armée à Chypre de 1248 à 1249.

Il épouse, en 1240, Marie de Bourbon-Dampierre (1220 - 1274), fille d’Archambaud VIII, seigneur de Bourbon et de Béatrice de Montluçon. Ils ont trois enfants, dont Robert IV (1241 - 12 novembre 1282), comte de Dreux et onzième comte de Braine (1249 - 1274). Son fils cadet, Jean entre dans l'ordre des chevaliers du Temple. Ce dernier fonde un anniversaire dans l'église de Braine, et meurt après l'an 1274[108].

Marie de Bourbon-Dampierre (1220 - 1274) fonde une chapelle dans l'église Saint-Yved de Braine. Elle meurt en 1274 et est enterrée près du cœur de son mari en l'église abbatiale Saint-Yved de Braine, nécropole princière des comtes de Dreux. La base de son tombeau, richement émaillé de cuivre et doré avec profusion de rosettes, est orné sur tout son pourtour de trente-six statuettes représentant divers rois et reines, et de plusieurs membres du lignage de Dreux ou de Bourbon. Il est dit dans le nécrologe de Braine que, le 29 août, on doit prier pour cette dame en mémoire des présents qu'elle a faits à l'église de Braine. Ces présents consistaient en cinq arpents de terre et une rente de quinze livres pour fonder une chapelle[109].

Jean Ier de Dreux est inhumé dans la cathédrale Sainte-Sophie de Nicosie. Son tombeau est détruit après la prise le Chypre par les Turcs (1570). Seul son cœur est enterré dans l'abbaye Saint-Yved à Braine.

Robert IV de Dreux, comte de Dreux et Braine (1248 - 1282) Modifier

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Aaa4

Robert IV de Dreux participe à la prise de Foix (1272).

11. Robert IV de Dreux (1241 - 1282), comte de Dreux et onzième comte de Braine (1248 - 1282), comte de Montfort l'Amaury et de Rochefort, seigneur de Château-du-Loir, seigneur de Gamaches, d'Ault et Saint-Aubin, fils de Jean Ier, comte de Dreux, et de Marie de Bourbon-Dampierre.

Robert IV de Dreux prend en 1270 la croisade du roi Louis IX, en Afrique (Septième Croisade)[110]. En 1272 il participe à la campagne du Roi Philippe III le Hardi contre le Comte Roger Bernard III de Foix, notamment à la prise de Foix. Il est appelé parfois comte de Montfort, parfois comte de Dreux.

Au lieu-dit la Cave, l'Abbé trouvent de très grandes et belles caves appartenant autrefois aux Prémontrés de Braine et dont la construction parait remonter au XIIIe siècle[111].

En 1282, il est inhumé en la nécropole familiale de l’Église abbatiale Saint-Yved de Braine, sous une tombe de cuivre élevée et émaillée avec une épitaphe latine rappelant la gravité de ses mœurs, sa grande justice et constance et son insigne piété.

Robert IV de Dreux épouse en 1260 Béatrice († 1311), comtesse de Montfort, dame de Rochefort, fille de Jean, comte de Montfort-l'Amaury, et de Jeanne de Châteaudun (fille de Geoffroy VI et de Clémence des Roches, fille du sénéchal Guillaume, dame de Château-du-Loir et de La Suze). Ils ont sept enfants. Leur fils Jean succède à son père tandis que leur fille aînée Yolande (1263 - 1322) épouse Alexandre III, roi des Écossais, et plus tard Arthur II, duc de Bretagne[112].

Jean II de Dreux, comte de Dreux et Braine (1282 - 1307) Modifier

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Apl1

Jean II de Dreux combat à la Bataille des Éperons d’Or (1302).

12. Jean II de Dreux dit le Bon (1265 - 1309), comte de Dreux et douzième comte de Braine (1282 - 1307), est le fils de Robert IV de Dreux et de Béatrice, comtesse de Montfort, dame de La Suze.

Robert combat avec Philippe IV de France dans ses guerres en Flandre, y compris les sièges de Veurne, Cassel, de Bergues et Lille en 1297. Il est à la bataille des Éperons d'or (combat près de Cambrai), où les forces françaises sous Robert II d'Artois subissent une défaite inattendue. En 1304, il combat à la bataille de Mons-en-Pévèle et sert au siège de Lille. Il est choisi comme l'un des ambassadeurs français qui ont négocié la fin de la guerre. Ce comtes de Dreux est moins influent auprès des rois de France et un peu moins entreprenant dans sa bonne ville de Dreux.

Son premier mariage avec Jeanne de Montpensier (? - 1308) produit quatre fils et une fille. Trois des fils, Robert, John et Peter sont successivement comtes de Dreux. Son deuxième mariage avec Perrenelle de Sully, en 1308, produit un enfant, Jean, le dernier souverain capétien du comté.

Robert V de Dreux, comte de Dreux et Braine (1307 - 1309) Modifier

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Aabra2

Représentation des ruines et du pont du château de Braine.

13. Robert V de Dreux (1293 - 1329), comte de Dreux et treizième comte de Braine (1307 - 1309), est le fils aîné de Jean II, comte de Dreux, et Peronelle de Sully, de la maison des Comtes de Bourgogne[113].

Robert V de Dreux épouse en 1321 Marie, fille de Gautier II, seigneur d'Enghien. Il meurt le 22 mars 1329 à Braine, sans postérité de ce mariage et son frère, Jean III de Dreux lui succède, comme quatorzième comte de Braine (1309 - 1329). Le quinzième comte de Braine (1329 - 1331) est Pierre de Dreux (1298 - 1345). La seizième est leur soeur, Jeanne II de Dreux (1309 -1355) comtesse de Braine (1329 - 1345)[114].

DU TEMPS DES COMTES DE PIERREFONT Modifier

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Aabrai35

Blason.

Par alliance le comté de Braine passe à la Maison de Pierrepont. Désormais, les deux titres comtaux de Roucy et de Braine sont réunis jusqu'à la mort d'Amé III en 1525.

Jean V de Pierrepont abandonne les armes de la maison de Pierrepont pour le lion d’azur sur champ d’or, car il est aussi comte de Braine par sa mère.

Jean V de Pierrepont, comte de Roucy et Braine (1325 - 1346) Modifier

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Aabrai36

Jean V de Pierrepont est tué à la Bataille de Crécy (1346).

17. Jean V de Pierrepont (1272 - 1346), comte de Roucy et dix-septième comte de Braine (1325 - 1346), est cousin de Robert V de Dreux.

Jean V de Pierrepont, fils de Jean IV abandonne les armes de la maison de Pierrepont pour le lion d’azur sur champ d’or. Aussi comte de Braine par sa mère : Jeanne de Dreux (1265 - 1324), dame de La Suze, fille de Robert IV comte de Dreux et de Braine et de Béatrice, comtesse de Montfort et dame de La Suze. Il décède le 28 juin 1346 à la Bataille de Crécy, comme beaucoup de seigneurs français et est enterré dans l’église Saint-Ived de Braine.

Il se marie en 1308 à Marguerite de Baume(t)z (ca 1285 - 1368) dame de Blaison, Chemillé, Mirebeau et Montfaucon (sans doute en-Berry, et non Montfaucon), probablement fille de Thibaud II le Jeune, fils de Robert IV de Bommiers

Il se remarie à Yolande de Mello.

Robert II de Pierrepont, comte de Roucy et Braine (1346 - 1364) Modifier

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Aabrai38

Robert II est fait prisonnier à la bataille de Poitiers (1356).

18. Robert II de Pierrepont (1310 - 1364), Comte de Roucy de 1346 à 1364, dix-huitième comte de Braine (1346 - 1364), est le fils de Jean V et de Marguerite de Baumetz.

Robert II est grand maître des Eaux et forêts de France. Fait prisonnier à la bataille de Poitiers (1356), il rachète sa liberté par une énorme rançon. En 1358, les Anglais s’emparent du château de Roucy, grâce à la traîtrise d’un chambellan. Robert II de Roucy – Pierrepont, comte de Roucy, sa femme et sa fille, sont libérés contre une rançon mais doiverent se réfugier à Laon, les Anglais conservant le château de Roucy. Le comte se bat pour récupérer son château mais, grièvement blessé, il est à nouveau fait prisonnier. Pour le secourir, Jean de Craon, archevêque de Reims, parent du comte de Roucy,lève des troupes. Le château est finalement repris, après 28 jours de siège, et le chambellan écorché vif, à Laon.

Robert II épouse Marie d’Enghien.

Isabelle de Pierrepont, comtesse de Roucy et Braine (1364 -1390) Modifier

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Aabrai39

Louis d’Anjou achète les domaines d'Isabelle de Pierrepont en 1370.

19. Isabelle de Pierrepont, comtesse de Roucy et dix-neuvième comte de Braine (1364), fille de Robert II.

Robert II de Pierrepont et Marie d’Enghien n’ont qu’une fille, Isabelle, qui épouse contre l’avis de son père, Louis de Namur, fils de Jean Ier de Flandres et de Marie d’Artois.

Dix ans plus tard, Isabelle veut casser son mariage et obtient du roi d’enlever à son mari, emprisonné, la jouissance de ses biens et la permission d’aliéner ses domaines. Louis d’Anjou, roi de Naples et frère du roi de France, les achète en 1370, moyennant 40.000 Fr. d’or, mais Simon, frère de Robert II de Pierrepont, son oncle, fait valoir son droit de forlignage et fait un procès devant le Parlement de Paris pour obtenir le comté. Le procès dure 20 ans[115]. Simon de Pierrepont gagne son procès devant le parlement de Paris, en 1387, sous la condition de rembourser les sommes qui ont été payées sur le prix d’acquisition. Il rentre dans ses droits en 1390.

Simon de Pierrepont, Comte de Roucy et de Braine (1390 - 1393) Modifier

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Aabrai37

Simon de Roucy et sa femme, Marie de Châtillon.

20. Simon de Pierrepont (1392/1393) est comte de Roucy et le vingtième comte de Braine (1390 - 1393). Il est le fils de Jean V de Pierrepont, comte de Roucy, de Braine et de Rochefort (en-Yvelines), et de Marguerite de Baumetz, dame de Mirebeau, et l'oncle d'Isabelle.

Isabelle de Pierrepont ayant vendu Roucy à Louis II d’Anjou en 1370, Simon de Pierrepont, comte de Braine, et frère de son père, Robert II, doit fait valoir son droit de forlignage. Il gagne son procès devant le parlement de Paris, en 1387, sous la condition de rembourser les sommes qui ont été payées sur le prix d’acquisition. Il rentre dans ses droits en 1390.

Simon est l’un des plus importants personnages de son temps. Il est l’un des seigneurs donnés en otage pour le paiement de la rançon du roi Jean, en 1362, et l’un des ambassadeurs envoyé, en 1381, pour traiter la paix entre la France et l’Angleterre.

Simon épouse Marie de Châtillon, fille de Hugues de Châtillon, seigneur de Rozoy, et de Marie de Clacy, vidamesse du Laonnois. Ils ont trois enfants :

¤ Hugues VI de Pierrepont qui suit.

¤ Jean évêque de Laon

¤ Marguerite épouse Gaucher de Châtillon, seigneur de Nanteuil-la-Fosse, puis Robert de Coucy, seigneur de Pinon, et en dernier lieu Hugues, seigneur de Clacy.

Il est enterré, auprès de son épouse, dans l’église St-Ived de Braine.

Hugues II de Pierrepont, Comte de Roucy et de Braine (1393 - 1395) Modifier

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Tombeau à Braine de Hugues II de Pierrepont et de Blanche de Coucy-Montmirail.

21. Hugues II de Pierrepont est Comte de Roucy (1391 - 1395) et vingt et unième comte de Braine (1393 - 1395). Il est le fils de Simon de Pierrepont, comte de Braine et de Roucy, et de Marie de Châtillon.

Il suit la carrière des armes et se distingue dans plusieurs combats livrés aux Anglais. Hugues II de Pierrepont est le lieutenant de du Guesclin.

Hugues II épouse Blanche de Coucy-Montmirail, dame de Montmirel (51), dont il a sept enfants.

Parmi ses enfants :

¤ Jean VI de Pierrepont, qui suit.

¤ Blanche de Roucy qui meurt sans héritier, veuve de Louis de Bourbon, comte de Vendôme et Castres, qui remarié avec Jeanne de Laval, est l’ancêtre des rois de France de la branche des Bourbon.

Hugues II est enterré, auprès de son épouse, dans l’église St-Yved de Braine.

Jean VI de Pierrepont, Comte de Roucy et de Braine (1395 - 1415) Modifier

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Jean VI est tué à la bataille d'Azincourt (1415).

22. Jean VI de Pierrepont (1388 - 1415) est Comte de Roucy et vingt deuxième comte de Braine, à l’âge de 7 ans (1395 - 1415). Il est le fils de Hugues II et de Blanche de Coucy.

A 10 ans, en 1398, son oncle et tuteur, évêque de Laon, le marie à Bonne-Elizabeth de Marcoussis, fille de Jean de Montaigu, seigneur de Marcoussis.

Il est tué, à l’âge de 27 ans, en commandant cent d’hommes d’armes à la bataille d’Azincourt, le 25 octobre 1415.

Jean VI de Pierrepont n’a qu’un enfant, Jeanne, qui va porter les domaines de Roucy et de Braine dans la famille de Sarrebruck.

Jeanne de Pierrepont, comtesse de Roucy et Braine (1415 - 1459) Modifier

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23. Jeanne de Pierrepont (1404 - 1459) comtesse de Roucy et vingt troisième comtesse de Braine (1415 - 1459). Elle est la fille de Jean VI de Pierrepont et d’Elizabeth de Marcoussis.

La mort de son père, alors qu’elle est à peine âgée de 11 ans, la rend une des plus riches héritières du royaume. A la propriété des comtés de Roucy et de Braine, elle unit celles des terres de Pierrepont, Montaigu, Neufchâtel, Nizy-le-Comte et autres lieux. Parmi tous ses prétendants, c’est Robert de Sarrebruck-Commercy (après 1393 - 1460), qui l’épouse, en 1417, malgré son jeune âge[116].

Le château de Braine est incendié en 1423.

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Blasons des Comtes de Dreux et Pierrefont (Roucy).

DU TEMPS DES COMTES DE SARREBRUCK Modifier

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Le comté de Braine passe à la Maison de Sarrebruck.

Robert Ier de Sarrebruck, comte de Braine (1417 - 1459) Modifier

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Robert accompagne Charles VII au siège de Dieppe (1442/1443).

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Robert est décédé au château de Louvois.

24. Robert Ier de Sarrebruck (après 1393 - 1460), nommé Robert III de Braine, est le fils d'Amé Ie de Sarrebruck-Commercy et de Marie de Châteauvillain, dame de Louvois. Il est, par alliance, le vingt quatrième comte de Braine (1417 - 1459).

A partir de Commercy, Robert de Sarrebruck, dit le Damoiseau de Commercy, redoutable chevalier pillard, ravage la région entre 1420 et 1460[117]. D'un naturel guerrier, sa vie émaillée de combats avec ses voisins suscite de leur part la volonté commune d’en finir avec le personnage et ses domaines en 1434. Vaincu après un siège de six mois, il est condamné à payer une caution exorbitante et à jurer de ne plus jamais causer le moindre dégâts dans les terres de Lorraine, de Bar, du Luxembourg, de Metz... Les troupes ayant à peine levé le siège qu’il repart en guerre et ravage la Lorraine. Après les représailles de René d’Anjou, il se tient enfin tranquille quand il tombe entre les mains d’anciens ennemis de son père qui le remettent à René d’Anjou qui le garde prisonnier jusqu’en 1437. Après une paix de courte durée, l’occasion guerrière lui est donnée de se venger des vexations de René d’Anjou qui en appelle à Charles VII. Faisant semblant de se soumettre, Robert repart en guerre avec l’aide de troupes de mercenaires, les écorcheurs ravagent le pays Barrois. Après avoir fait la sourde oreille pour accepter de signer un traité en sa défaveur, il courbe l’échine et s'emploie au service de Charles VII qu’il accompagne aux sièges de Dieppe et de Montbéliard[118].

Robert Ie de Sarrebruck épouse en 1417 Jeanne, (1404 - 1459), comtesse de Roucy, de Braine et de Montmirail, fille unique de Jean VI de Pierrepont et d'Élisabeth de Montagu.

Mort au château de Louvois en 1460, Robert de Sarrebrùck est inhumé à Commercy[119].

Jean VII de Sarrebruck, comte de Braine (1459 - 1492) Modifier

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25. Jean VII de Sarrebruck (1430 - 1492), comte de Roucy, baron de Montmirail, vingt cinquième comte de Braine (1459 - 1492) est le fils de Robert et de Jeanne de Roucy.

Il est comte de Roucy par la donation que lui fait sa mère à condition pour lui de porter le nom et les armes de Roucy.

Jean VII de Sarrebruck (1430 - 1492) se marie à Catherine d'Orléans-Longueville, fille de Dunois. Il est mort sans enfant légitime. Il laisse deux enfants naturels : Louis seigneur de Sissonne et Marguerite.

Robert II de Sarrebruck, comte de Braine (1492 - 1504) Modifier

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26. Robert II de Sarrebruck-Commercy (14?? - 1504), est seigneur de Commercy-Château-Haut, de Montmirail et de la Ferté Gaucher, vingt sixième comte de Braine (1492 - 1504), puis de Roucy, sous le nom de Robert IV de Braine, après le décès de son oncle Jean VII.

Il est le fils d'Amé II de Sarrebruck-Commercy et de Guillemette de Luxembourg, fille de Thibault de Luxembourg.

Il décède à Paris le 4 septembre 1504, son cœur resta dans la capitale alors que son corps est inhumé à Braine dans l'abbatiale Saint-Yved de Braine auprès de celui de son père.

Robert II de Sarrebruck-Commercy (14?? - 1504) épouse le 5 février 1487 Marie (14?? - 1519), fille de Charles Ier d'Amboise et de Catherine de Chauvigny, de qui il a :

¤ Amé III de Sarrebruck-Commercy. À la mort d'Amé III, ses trois sœurs se partagent son héritage : Guillemette obtient Braine, Catherine : Roucy, et Philippine : Commercy-Château-Haut et Montmirail.

¤ Philippine de Sarrebruck-Commercy reçoit la seigneurie de Commercy après le décès de son frère Amé III.

¤ Catherine (1??? - 08 janvier 1542), dame de Roucy, de Pierrepont et de Briquenay, elle épouse le 5 novembre 1505 d'Antoine de Roye, (? - Marignan 1515), elle reçoit le comté de Roucy après le décès de son frère Amé III.

¤ Guillemette de Sarrebruck (ca 1495 - château de Braine le 20 mars/septembre 1571), dame d'honneur d'Éléonore de Habsbourg de 1539 à 1543, dame d'honneur de Catherine de Médicis en 1560, puis 1re dame d'honneur de Mary Stuart, en 1560, elle épouse le 1err avril 1510 de Robert III de La Marck, (1491/92 - 1536) elle reçoit le comté de Braine après le décès de son frère Amé III.

DU TEMPS DES COMTES DE LA MARCK Modifier

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Le comté de Braine passe à la Maison de La Marck.

Robert III de La Marck, comte de Braine (1525 - 1536) Modifier

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27. Robert III de La Marck, vingt septième comte de Braine (1525 - 1536), époux de Guillemette de Sarrebruck, fille de Robert IV

Robert IV de La Marck, comte de Braine (1537) Modifier

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28. Robert IV de La Marck, dit Maréchal de Bouillon, ou Jeune adventureux (1512 - 1556) duc de Bouillon (1552), vingt huitième comte de Braine (1537) et de Maulévrier, seigneur de Sedan, Jametz, Florange, Raucourt, Château-Thierry et Nogent-Le-Roi, Châtelain de Châtillon-sur-Marne (06/1547), capitaine de 50 Lances et des Cent-Suisses de la Garde (1543), chevalier de l’Ordre du Roi, Maréchal de France (29/04/1547), se proclame Souverain (28/08/1549), Ambassadeur auprès du pape Jules II (1550), retrouve son rang de duc en France (152), reprend le château de Bouillon (1552), fait prisonnier à Hesdin par les Espagnols

Il épouse en 1538 Françoise de Brézé (1518 - 1574) comtesse de Maulévrier, baronne du Bec-Crespin, Mauny et Sérignan, dame de Nogent-Le-Roi, Bréval, Beynes et Chaumont-sur-Loire (fille aînée de Louis de Brézé et de Diane de Poitiers-Saint-Vallier, duchesse de Valentinois)

Charles-Robert de La Marck, comte de Braine (1555) Modifier

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29. Charles-Robert de La Marck, vingt neuvième comte de Braine (1555), fils de Robert IV.

L’autre prieuré est occupé par des religieuses bénédictines ; il est fondé en 1617, à l’endroit où est plus tard le haras, par Robert de la Marck, duc de Bouillon et comte de Braine. Ce grand seigneur donne les biens de l’hôpital et de la maladrerie établis depuis longtemps en cette ville ; il est consacré en 1633 et démoli en 1837 ; l’église de ce couvent remplace comme église paroissiale celle de Saint-Rémy sur l’emplacement de laquelle on voit aujourd’hui plusieurs habitations[120].

Henri-Robert de La Marck, comte de Braine (1622) Modifier

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30. Henri-Robert de La Marck (1575 - 1652), trentième comte de Braine (1622), et baron de Sérignan, est un noble et un militaire français. Il est le fils de Charles-Robert comte de Maulévrier et de Braine (né le 15 avril 1541, mort le 30 novembre 1622) et le petit-fils de Robert IV de La Marck duc de Bouillon, comte de Braine, seigneur de Sedan, seigneur de Florange et de Raucourt (né le 5 janvier 1512 ou 1513 et mort en 1556).

DU TEMPS DES ESCHELLART DE LA BOULAIE Modifier

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De ce château du XVIIe siècle, il ne subsiste plus que les caves.

Maximilien Eschallart (Eschalard), marquis de La Boulaie (1658) Modifier

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31. Maximilien Eschallart (Eschalard), marquis de La Boulaie (La Boulaye), trente et unième comte de Braine (1658), époux de Louise, fille de Henri-Robert de La Marck (1575 - 1652), comte de Braine.

Henri-Robert-Maximilien Eschallart de La Boulaye (1673) Modifier

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32. Henri-Robert-Maximilien Eschallart de La Boulaye, trente deuxième comte de Braine (1673), fils du précédent.

DU TEMPS DES DURFORT DE DURAS Modifier

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33. Jacques-Henri II de Durfort, deuxième duc de Duras, trente troisième comte de Braine (1689), époux de Louise-Madeleine, fille de Henri-Robert-Maximilien Eschallart de La Boulaye. C'est un maréchal de France, né le 9 octobre 1625 d'une des plus anciennes familles de Guyenne et mort le 12 octobre 1704. Il s'illustre dans les guerres de la première moitié du règne de Louis XIV (Fronde, conquête de la Franche-Comté, guerre de la Ligue d'Augsbourg).

DU TEMPS DES LORRAINE-GUISE-ELBEUF Modifier

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Louis de Lorraine, comte de Braine (1697) Modifier

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34. Louis de Lorraine, prince de Lambesc (1692 - 1743), trente quatrième comte de Braine (1697), est l'époux, en 1709, de Jeanne-Marguerite, fille aînée de Jacques-Henri de Durfort de Duras.

Le duc de Duras, fils du maréchal de Duras (+ en 1697), laisse deux filles, dont l’une Jeanne Marguerite mariée à Louis de Lorraine hérite de la terre de Braine ; mais par suite d’arrangements avec sa sœur, femme du comte d’Egmont, cette terre passe à celui-ci. La comtesse, ayant perdu son mari se retire à Braine où elle vit paisiblement jusqu’en 1779. Elle laisse un fils, Casimir Pignatelli, prince de Grave, comte de Braine et d’Egmont, grand d’Espagne, général, chevalier de la Toison d’Or, et qui, veuf d’un premier mariage offre sa main à Mlle de Richelieu, fille du célèbre maréchal[121].

DU TEMPS DES PIGNATELLI (1727 - 1801) Modifier

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Plan du parc du château de Pignatelli d'Egmont à Braine.

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Décor de l'une des salles du château de Pignatelli d'Egmont, en 1776, à Braine.

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La Comtesse de Braine, Jeanne-Sophie de Vignerot du Plessis de Richelieu.

Henriette-Julie de Durfort-Duras, fille cadette de Jacques-Henri II de Durfort (fils du maréchal Jacques-Henri Ier, premier duc de Duras, et de Marguerite de Lévis-Ventadour, sœur du duc Louis-Charles de Ventadour et de Louise-Madeleine Eschallart de La Boulaye de Braine. Elle devient par sa mère comtesse de Braine et dame de Pontarcy en 1738. Elle est mariée avec Procope Marie d'Egmont-Pignatelli en 1717, comte d'Egmont et duc de Bisaccia, d'où Casimir Pignatelli ci-dessous.

Le comte Casimir Pignatelli d'Egmont (1727 - 1801) est Comte d'Egmont-Pignatelli et du Saint-Empire, général, chevalier de la Toison d’Or, petit-fils des Ducs de Bisaccia. Sa mère est Henriette-Julie de Durfort de Duras, comtesse de Braine et petite-fille du maréchal-duc Jacques-Henri Ier, Comte de Braine[122].

Veuf de la Princesse Bianca di Sanseverino d'Aragona en 1753, il se remarie en 1756 à Jeanne Sophie de Vignerot du Plessis, fille du Maréchal-duc de Richelieu. Comme il jouit d’une haute considération dans le Soissonnais il est élu président de l’assemblée provinciale de la généralité de Soissons[123].

Jean-Jacques Rousseau séjourne au château de Pignatelli d'Egmont, à Braine, du 4 au 8 mai 1771[124]. Voltaire et le Roi de Suède sont des proches de la Comtesse de Braine.

Ayant eu à subir beaucoup de dégradations à la suite des guerres intestines, le comte d'Egmont le fait réparer et embellir à la fin du XVIIIe siècle[125].

Lors des élections des députés aux états généraux, les 19 et 20 mars 1789, le nom du comte d’Egmont Pignatelli est sortie de l’urne pour représenter la noblesse. Il préside plusieurs fois l’assemblée nationale et s’y fait remarquer par ses principes sages et modérés. Il voit avec déplaisir l’abolition des privilèges et des droits seigneuriaux, votée dans la fameuse nuit du 4 août[126].

Après dix ans d’exil, le comte d’Egmont meurt à Brunswick le 1er décembre 1801.

Son émigration est constatée pour ses biens dans l’Aisne (Braine, Renty,…), le 6 juillet 1793. On mentionne comme dernier domicile connu à Braine dans l’Aisne. Les biens qu’il possède à Braine sont confisqués en vertu de la loi sur l’immigration, et vendus à l’exception d’un parc magnifique entouré de murs et de quelques autres propriétés adjacentes. Le château de Braine qui a abrité tans d’illustres hôtes est entièrement démoli et rasé après avoir subi les ravages de l’incendie. Il n’en reste plus aujourd’hui que les fondation. Les superbes jardins, qui ont été dessinés par Le Nôtre, sont convertis en prairies[127]. Jean-Jacques Rousseau admire ce vaste parc baigné par les eaux de la Vesle, fort bien dessiné et entretenu, en vis-à-vis de la splendide abbatiale Saint-Yved, ensemble que surplombent de loin les ruines romantiques du château médiéval de La Folie[128].

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Blasons des derniers Comtes de Braine.

LE HARAS NATIONAL DE BRAINE (1816 - 1875) Modifier

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La Révolution française de 1789-1793 vide et confisque les abbayes, les couvents, les monastères et tous les établissements abritant des congrégations religieuses. En y installant des dépôts d’étalons et des dépôts de remonte militaire, on va en sauver un certain nombre. Le haras national de Braine, crée en 1816, manque de place et est transféré à Compiègne par décret du 29 mai 1875. Les évolutions stratégiques, politiques et techniques des armées et des haras nationaux font que certains de ces édifices historiques sont progressivement et à nouveau en grand danger[129].

Des bâtiments de l'Eglise Modifier

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La Maison de retraite Bon Repos, couvent, est un haras national de 1816 à 1875.

Henry-Robert de La Marck (1575 - 1652), duc de Bouillon et comte de Braine, prend la tête de la cavalerie française, qui s'est postée sur le Pla de Barcelone durant la bataille de Montjuïc, lors de laquelle il contribue à mettre en déroute l'armée hispanique. Il fonde le 31 octobre 1647 le prieuré de bénédictines Notre-Dame, qu'il dote des biens de l'ancien hôtel-Dieu et de la maladrerie Sainte-Anne. L'église prieurale est consacrée en 1663. À la veille de la Révolution, l'établissement est occupé par dix-neuf religieuses de chœur et quatre sœurs converses, qui tiennent un pensionnat très fréquenté.

Fermée en 1791, l'église devient le siège de la paroisse après le Concordat. Elle est détruite lorsque l'ancienne église abbatiale Saint-Yved est rendue au culte en 1837.

Le concordat ne restaure pas le couvent Notre-Dame des Bénédictines de Braine. Les religieuses dispersées en 1791 laissent des bâtiments importants appartenant désormais à la Nation. Dans ceux-ci, le Premier Empire installe la caserne de gendarmerie[130].

Sous l'Ancien Régime (1718 - 1789) Modifier

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L'idée des haras nationaux, émise sous Henri IV, est mise en application sous Louis XIV.

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Outre les haras des généralités on a aussi la création des écoles de cavalerie sous Louis XV (Douai, Metz, Besançon, Cambrai, La Flèche, Saumur en 1771).

L‘ancien régime n’ignore pas la nécessité d’améliorer les races chevalines. Le gouvernement royal a besoin de chevaux pour sa remonte et pour son agriculture.

C’est vers 1718 que des haras sont établis de la manière suivante dans la généralité de Soissons :

Il y a des étalons approuvés. Un inspecteur des haras les juge dignes de cette qualification. Ces étalons restent dans l’écurie de leur propriétaire ou garde-étalon. Ce titre confère quelques privilèges fiscaux ou militaires : pas de corvées pour cinq chevaux y compris l’étalon, pas de recrutement dans la milice en faveur du fils du garde étalon ou du valet qui soigne l’étalon.

De plus, le garde étalon reçoit trois livres 10 sols et un boisseau d‘avoine par saillie de la part de l’éleveur qui lui amène sa jument ; enfin les juments saillies par l’étalon sont exemptes de corvée[131].

Théodore de Hédouville, chevalier, seigneur de Révillon et Serval, lieutenant des maréchaux de France, chevalier de Saint-Louis, lieutenant-colonel d'infanterie est inspecteur des haras de la Généralité de Soissons, au début du siècle[132].

Henri-François de Jouenne d'Esgrigny d'Herville, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, ancien capitaine de cavalerie au régiment de Commissaire-général, dont son père a été major. Il est inspecteur des haras de la généralité de Soissons, et meurt vers 1789[133].

Création d'un dépôt royal d'étalons (1814 - 1818) Modifier

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Écurie du haras de Braine (1813 - 1880).

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Fenêtre église Notre-Dame de Braine, église paroissiale de 1787 à 1837.

On a un aménagement de haras dans Saint-Yved de 1814 à 1818[134].

Dans les anciens bâtiments conventuels est installé en 1816 un dépôt d'étalons pour les départements de l'Aisne et des Ardennes. Au début de la Restauration les gendarmes de Braine se serrent pour faire place au personnel du haras projeté. Pour abriter les chevaux, on construit une écurie de 30 stalles derrière les bâtiments existants[135].

Le dépôt de Braine prend existence légale en 1818. Le premier Directeur du dépôt d’étalons et Ppulains est le Baron Frédéric Auguste de Guentz[136].

Le dépôt contrôle 29 étalons dont 6 de gros trait, 10 carrossiers, 13 chevaux de selle. Ces chevaux appartiennent à diverses races : normands, anglais, arabes. Vingt étalons de Braine ont sailli en 1820 : 739 juments.

Outre l'écurie pour trente chevaux construite en bordure du jardin, un projet de manège couvert, présenté en 1824, n'est jamais mené à bien.

Le dépôt royal d'étalons de Lille y a est transféré en 1819[137].

En 1822, la circonscription s’étend un peu ; en plus de l’Aisne et des Ardennes, elle comprend les arrondissements de Cambrai, d‘Avesnes, et de Valenciennes. Vingt-neuf étalons remplissent 963 juments en 1821[138].

Le 25 mars 1825, on met en vente l’ancienne chapelle contiguë au haras, la petite église Notre-Dame qui sert de paroisse depuis l’interdit jeté sur Saint-Nicolas et menaçant djà ruine en 1787[139].

Une éphémère écurie royale (1825) Modifier

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Revue par Charles X du camp de Saint-Léonard, à Reims, après le Sacre, le 31 mai 1825.

En mai 1825, le haras brainois va connaître une certaine notoriété. Pour peu de temps, il a l’honneur de devenir écurie royale. Le roi Charles X traverse Braine, en se rendant à Reims, pour son sacre. Le lendemain de cette cérémonie, le 31 mai, il passe en revue les troupes massées au camp de Saint-Léonard. Il a revêtu l’uniforme d’officier général de la Garde. Il monte un superbe cheval gris pommelé, remarquable par la beauté de ses formes et richement caparaçonné : des crépines d’or sur un fond de velours écarlate. Il s’agit d’une bête racée et de haut prix. Elle a été achetée en Angleterre 36.000 F.[140].

Mais une épizootie sévit, la monture royale est déclarée suspecte, et au retour du Sacre, on la met en observation à Braine, dans l’infirmerie du dépôt d’étalons[141].

Autre incident fâcheux : tandis qu’à Reims se poursuivent les fêtes, un incendie, dont les causes précises sont mal définies, on a parlé de libations trop copieuses des palefreniers fêtant l’événement et de désordres connexes, détruit l’écurie brainoise et 20 chevaux de la suite royale[142].

Charles X repasse par Braine le 1er juin. II rend visite au maître de l’auberge dont l’écurie est consumée. Cet hostellain exprime au souverain ses regrets pour ce sinistre, mais le roi réplique :

Je sais que vous avez perdu des moutons et vous ne m’en parlez pas, mais soyez tranquille, cette perte sera réparée[143].

Après 1825 Modifier

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En 1832, on met des étalons brainois en subsistance dans le département : chez Mme Veuve Batteux à Villers-en-Prayères - chez M. de Pompery à Ciry-Salsogne...

En 1832, on met des étalons brainois en subsistance dans le département : chez Mme Veuve Batteux à Villers-en-Prayères - chez M. de Pompery à Ciry-Salsogne - chez Mme Sohier à Cohandon - chez M. Mouret-Solier à Gizy - chez le Comte de la Tour du Pin Chambly au château de Bosniont[144].

Le Baron de Guentz est remplacé par Joseph de Taverne, chevalier de l’ordre royal et militaire de la Légion d’Honneur. Le 15 mars 1835, il est élu chef de bataillon de la Garde Nationale, de Braine, par l’unanimité des votants ; il a alors 57 ans. Ce Joseph de Taverne de Renescure, est un émigré de 1791, volontaire dans l'armée des Princes, puis dans la cavalerie autrichienne, blessé et décoré sur le Mincio. Il finit ses jours à Braine (Aisne), toujours Directeur du Dépôt d’étalons[145].

La présence du haras engendre dans la petite ville une triple activité commerciale : achats de fourrages, ventes d’étalons réformés et de fumiers.

En novembre 1833, le ministre du commerce achète dans les haras de Hongrie et d’Allemagne quatre jeunes étalons : Roland, Snap, Ambaldo, Chouemau, ce dernier pur sang arabe, et les envoie à Braine[146].

Le 30 Avril 1837, un nouveau directeur du haras est nommé en la personne de Lenormand d'Étioles. Le haras s’intéresse beaucoup à la Thiérache, pays traditionnellement voué à l’élevage. Le directeur de Braine se rend à Vervins, au Champ de Mars, présider au choix des pouliches. Il est encore chef du dépôt d'étalons à Braine, en 1859.

Lenormand d'Étioles est remplacé à Braine par Etienne Félix Deschizeaulx.

Dépôt impérial d'étalons Modifier

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L’implantation des haras nationaux dans telle ou telle ville révèle le poids des régions d’élevage ainsi que celui de l’histoire[147].

En 1851, le président du Conseil général de l’Aisne, Odilon Barrot, propose le vote d’une subvention pour amélioration de la race chevaline ; 18.000 Francs sont alloués. On prélève 4.000 F pour la construction, en voie d’exécution, de bâtiments au dépôt national d‘étalons à Braine.

Caste, directeur du dépôt d'étalons de Braine en 1860.

En 1867 se crée le haras de Compiègne qui bientôt va remplacer celui de Braine. Le 28 mai 1875, le haras de Braine n'est plus qu'un souvenir.


L'ancien prieuré abrite depuis 1891 la maison de retraite Bon-Repos confiée à la Congrégation des sœurs de l'Enfant-Jésus de Soissons.

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En 1832 une partie des étalons nationaux se retrouvent chez le Comte de la Tour du Pin Chambly, au château de Bosniont.

APRES LA GUERRE DE 14 Modifier

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Les imposantes ruines du château de La Folie ne sont détruites qu'au cours de la première guerre mondiale.

Du Moyen Age, il subsiste :


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Le chartrier de l'abbaye Prémontrée de Saint-Yved de Braine.

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L'église abbatiale de Saint-Yved (XIIIe siècle).

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Ancien portail.

¤ Abbaye prémontrée Saint-Yved. Une première abbaye confiée à des chanoines prémontrés remplace, vers 1130, la collégiale établie près du château comtal de Braine pour accueillir les restes de saint Evodius ou Yved, 9e évêque de Rouen, mises à l'abri à Braine lors des invasions normandes du début du VIIIe siècle. En 1130, l'évêque de Soissons Goslenus donne aux Prémontrés les biens du chapitre de chanoines séculiers fondé par André et Agnès de Baudement. Une communauté de dames, établie dans l'enceinte de l'abbaye, part fonder une seconde abbaye, placée sous le vocable de saint Remi, sur le domaine de Bruyères (Quincy-sous-le-Mont) cédé par Agnès de Braine. L'église abbatiale est reconstruite à la fin du XIIe et au début du XIIIe siècle. L'abbaye jouit dès sa fondation du patronage constant des comtes de Braine, et du rang d'abbaye royale. Elle possède les prieurés de Firmicourt et de Bouquy, les paroisses de Cerseuil et d'Augy, et exploite des vignes et des bois, une dizaine de domaines agricoles et une quinzaine de moulins. Les abbés, mitrés depuis 1501, exercent le droit de paternité sur l'abbaye de Moncetz. La commende est introduite en 1540, et les menses sont séparées l'année suivante. Le logis abbatial, puis les bâtiments conventuels, situés au nord de l'église, sont reconstruits à partir de 1720 probablement sous la direction du père Michel-Alexandre Lemoine, procureur de la communauté, et de l'abbé Jacques-François Minot de Mérille (1681 - 1738). L'abbaye est pillée et vandalisée durant la Révolution puis, tandis que l'ancien moulin et la basse-cour de l'abbaye sont aliénés pour former une entité particulière (actuel moulin Becret), les bâtiments conventuels, pour la plupart en ruines, sont adjugés en 1803 à l'entrepreneur brainois Etienne Bruneteau qui en détruit la plus grande partie en moins de dix ans et loti leur emplacement. Seuls subsistent alors le bâtiment de l'ancienne procure, avec son pignon découvert à oculus et fleurons du XIVe siècle, ainsi que le logis abbatial (aliéné dès le 24 octobre 1791) et le pavillon de la bibliothèque, datant des campagnes de travaux du milieu du 18e siècle, que leur construction récente et leurs dispositions modernes permettent de conserver jusqu'à nos jours comme demeures privées. Le bâtiment de la procure, utilisé comme sacristie pour l'église abbatiale devenue paroissiale, est détruit entre les deux guerres à l'exception d'une partie de son pignon à contreforts (inscrit MH). Précisions : ancienne église abbatiale Saint-Yved, actuellement église Notre-Dame : classement par liste de 1840 ; pignon sud d'un bâtiment (cad. D 2 874) : inscription par arrêté du 15 juin 1927[148].


¤ Parc de l'ancienne abbaye : Inventaire général du patrimoine culturel (documentation préalable), maître d'oeuvre inconnu[149].


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Saint-Yved.

¤ Ancienne église abbatiale Saint-Yved : XIIe siècle, XIIIe siècle. Pignon sud d'un bâtiment : XIIIe siècle, XVe siècle. L'un des plus remarquables exemples du premier art gothique. L'église appartient avant la Révolution à des chanoines réguliers de l'ordre des Prémontrés. Consacré en 1216, ce superbe édifice perd quatre travées de la nef au XIXe siècle, puis sa flèche de pierre après les deux guerres mondiales. Ancienne église abbatiale Saint-Yved, actuellement église Notre-Dame : classement par liste de 1840 ; Pignon Sud d'un bâtiment (cad. D2 874) : inscription par arrêté du 15 juin 1927[150].


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Maison à colombages, dite espagnole.

¤ Maison à colombages du XVe siècle, dite espagnole. La tourelle, à l'exception des parties classées : inscription par arrêté du 14 mai 1927 - Les façades sur la place du Martroy et celles en retour sur la rue, avec leurs toitures (y compris celle de la tourelle) des deux corps de logis : classement par arrêté du 10 mars 1931[151]. La maison date donc du XVe siècle. Elle est une propriété du prieuré de Saint-Rémi à Braine, dans le faubourg du même nom. Elle porte le nom de maison de l'écu de France comme l'indique un blason encore existant mais martelé, qui surmonte la porte cochère. Elle figure dans divers actes du XVIe siècle sous le nom de maison de la fleur de Lis, probablement pour la même raison. On lui donne aussi le nom de maison espagnole après la Fronde et l'occupation de la région par les troupes espagnoles de l'archiduc Léopold-Guillaume de Habsbourg.


¤ Le prieuré bénédictin Notre-Dame, actuellement maison de retraite, haras de Braine de 1816 à 1875.


¤ Château du Bas. De ce château du XVIIe siècle, il ne subsiste plus que les caves. Caves anciennes : inscription par arrêté du 14 mai 1927 ; Porte (cad. D2 1253) : inscription par arrêté du 15 juin 1927[152].


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Monument aux morts.

¤ Monument aux morts de la guerre de 1914-1918 : Le 14 septembre 1921, le conseil municipal de Braine adopte le projet de monument aux morts du sculpteur Charles Breton, élève de Puech et président du groupe artistique de la région de Vincennes.

Le marché du 25 décembre 1921, qui s'élève à 20.000 francs, est approuvé par le préfet de l'Aisne le 20 mars 1922.

Les travaux sont menés par l'architecte soissonnais Robert Chaleil, chargé du plan d'aménagement de la ville.

Le monument est inauguré le 10 décembre 1922 en présence de Marcel Lemoine, sous-préfet de Soissons, du général Berdoulat, gouverneur de Paris (qui commande la 69e division d'infanterie stationnée à Braine en 1914-1915) et du général d'Ollone, commandant la subdivision de Soissons (qui a contribué à la reprise de Braine en septembre 1918 à la tête des troupes opérant sur la Vesle).

La grille entourant le monument n'est posée qu'en 1925[153].

NOTES ET RÉFÉRENCES Modifier

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  1. Maximilien Melleville, Dictionnaire historique, généalogique et géographique du département de l'Aisne. Tome 1 et 2 (édition de 1865)
  2. Fiche historique, les châteaux-forts. Braine
  3. Fiche historique, les châteaux-forts. Braine
  4. Maximilien Melleville, Dictionnaire historique, généalogique et géographique du département de l'Aisne. Tome 1 et 2 (édition de 1865)
  5. Borel D'hauterive André. Histoire de Braine et de ses environs, par Stanislas Prioux. Bibliothèque de l'école des chartes. 1846, tome 7. pp. 380-381.
  6. Augustin Thierry, Récits des temps mérovingiens, Bruxelles, Complexe, 1995, coll. Historiques.
  7. Borel D'hauterive André. Histoire de Braine et de ses environs, par Stanislas Prioux. Bibliothèque de l'école des chartes. 1846, tome 7. pp. 380-381.
  8. Borel D'hauterive André. Histoire de Braine et de ses environs, par Stanislas Prioux. Bibliothèque de l'école des chartes. 1846, tome 7. pp. 380-381.
  9. Maximilien Melleville, Dictionnaire historique, généalogique et géographique du département de l'Aisne. Tome 1 et 2 (édition de 1865)
  10. Borel D'hauterive André. Histoire de Braine et de ses environs, par Stanislas Prioux. Bibliothèque de l'école des chartes. 1846, tome 7. pp. 380-381.
  11. Maximilien Melleville, Dictionnaire historique, généalogique et géographique du département de l'Aisne. Tome 1 et 2 (édition de 1865)
  12. Borel D'hauterive André. Histoire de Braine et de ses environs, par Stanislas Prioux. Bibliothèque de l'école des chartes. 1846, tome 7. pp. 380-381.
  13. Maximilien Melleville, Dictionnaire historique, généalogique et géographique du département de l'Aisne. Tome 1 et 2 (édition de 1865)
  14. Maximilien Melleville, Dictionnaire historique, généalogique et géographique du département de l'Aisne. Tome 1 et 2 (édition de 1865)
  15. Fiche historique, les châteaux-forts. Braine
  16. Histoire de Braine et de ses environs, Stanislas Prioux ; ornée de gravures sur acier par Jules Roze. Éditeur : Dumoulin (Paris) : 1846.
  17. Borel D'hauterive André. Histoire de Braine et de ses environs, par Stanislas Prioux. Bibliothèque de l'école des chartes. 1846, tome 7. pp. 380-381.
  18. Histoire de Braine et de ses environs, Stanislas Prioux ; ornée de gravures sur acier par Jules Roze. Éditeur : Dumoulin (Paris) : 1846.
  19. Histoire de Braine et de ses environs, Stanislas Prioux ; ornée de gravures sur acier par Jules Roze. Éditeur : Dumoulin (Paris) : 1846.
  20. Borel D'hauterive André. Histoire de Braine et de ses environs, par Stanislas Prioux. Bibliothèque de l'école des chartes. 1846, tome 7. pp. 380-381.
  21. Histoire de Braine, M. de Sars, L Broche, Lorisse - Le Livre d'Histoire. Réédition de l'oeuvre originale de 1933.
  22. Histoire de Braine, M. de Sars, L Broche, Lorisse - Le Livre d'Histoire. Réédition de l'oeuvre originale de 1933.
  23. Histoire de Braine, M. de Sars, L. Broche, Lorisse - Le Livre d'Histoire. Réédition de l'oeuvre originale de 1933.
  24. Histoire de Braine et de ses environs, Stanislas Prioux ; ornée de gravures sur acier par Jules Roze. Éditeur : Dumoulin (Paris) : 1846.
  25. Histoire de Braine, M. de Sars, L Broche, Lorisse - Le Livre d'Histoire. Réédition de l'oeuvre originale de 1933.
  26. Un Pont sur le Passé
  27. Fiche historique, les châteaux-forts. Braine
  28. Maximilien Melleville, Dictionnaire historique, généalogique et géographique du département de l'Aisne. Tome 1 et 2 (édition de 1865)
  29. Histoire de Braine et de ses environs, Stanislas Prioux ; ornée de gravures sur acier par Jules Roze. Éditeur : Dumoulin (Paris) : 1846.
  30. Histoire et recherches des antiquités de la ville de Paris. Par me Henri Sauval ... Tome premier-troisieme, Publié 1724.
  31. Histoire de France, Volume 1, Antonin Roche, Ch. Delagrave et Cie, 1867.
  32. Histoire de Braine et de ses environs, Stanislas Prioux ; ornée de gravures sur acier par Jules Roze. Éditeur : Dumoulin (Paris) : 1846.
  33. Histoire de France, Volume 1, Antonin Roche, Ch. Delagrave et Cie, 1867.
  34. Histoire de France, Volume 1, Antonin Roche, Ch. Delagrave et Cie, 1867.
  35. Histoire de France, Volume 1, Antonin Roche, Ch. Delagrave et Cie, 1867.
  36. Histoire et recherches des antiquités de la ville de Paris. Par me Henri Sauval ... Tome premier-troisieme, Publié 1724.
  37. Meurtre du roi Sigebert en 575 ou l’amorce du déclin de la dynastie mérovingienne]
  38. Meurtre du roi Sigebert en 575 ou l’amorce du déclin de la dynastie mérovingienne]
  39. Histoire et recherches des antiquités de la ville de Paris. Par me Henri Sauval ... Tome premier-troisieme, Publié 1724.
  40. Frédégonde
  41. Braine
  42. Braine
  43. Frédégonde
  44. Histoire et recherches des antiquités de la ville de Paris. Par me Henri Sauval ... Tome premier-troisieme, Publié 1724.
  45. Frédégonde
  46. Histoire de Braine et de ses environs, Stanislas Prioux ; ornée de gravures sur acier par Jules Roze. Éditeur : Dumoulin (Paris) : 1846.
  47. Histoire de Braine et de ses environs, Stanislas Prioux ; ornée de gravures sur acier par Jules Roze. Éditeur : Dumoulin (Paris) : 1846.
  48. Braine
  49. Famille et pouvoir dans le monde franc: VIIe-Xe siècle, Volume 33 de Publications de la Sorbonne: Histoire ancienne et médiévale, Régine Le Jan, Publications de la Sorbonne, 1995.
  50. Vies des pères des martyrs et des autres principaux saints: tirées des actes originaux et des monuments les plus authentiques, Alban Butler, Godescard, Godescard (abbé), Vanlinthout et Vandenzande, 1832.
  51. Bulletin de la Société d'archéologie, sciences, lettres et arts du département de Seine-et-Marne... 1873 (VOL7) - 1874.
  52. Hidegaire, Vie de Saint Faron, IXe siècle.
  53. Histoire du Duché de Valois, Claude Carlier, Juillyn, 1764.
  54. La France pontificale ... histoire chronologique et biographique des archevêques et évêques de tous les diocèses de France, Honoré Jean P. Fisquet 1864.
  55. Annales bénédictines de Saint-Médard t. 2, p. 219.
  56. Grégoire de Tous au Concile de Braine, Sagnier et Bray, 1847.
  57. Monographie de l'ancienne abbaye royale Saint-Yved de Braine, avec la description des tombes royales et seigneuriales renfermées dans cette église, Stanislas Prioux, V. Didron, 1859.
  58. Histoire de Braine et de ses environs, Stanislas Prioux, Dumoulin, 1846.
  59. Revue historique, Volume 83, Librairie G. Bailleère, 1965.
  60. Annales bénédictines de Saint-Médard t. 2, p. 219.
  61. Grégoire de Tous au Concile de Braine, Sagnier et Bray, 1847.
  62. Histoire du Duché de Valois, Claude Carlier, Juillyn, 1764.
  63. Fiche historique, les châteaux-forts. Braine
  64. Fiche historique, les châteaux-forts. Braine
  65. Histoire et recherches des antiquités de la ville de Paris. Par me Henri Sauval ... Tome premier-troisieme, Publié 1724.
  66. Histoire du Duché de Valois, Claude Carlier, Juillyn, 1764.
  67. Fiche historique, les châteaux-forts. Braine
  68. Maximilien Melleville, Dictionnaire historique, généalogique et géographique du département de l'Aisne. Tome 1 et 2 (édition de 1865)
  69. Histoire et recherches des antiquités de la ville de Paris. Par me Henri Sauval ... Tome premier-troisieme, Publié 1724.
  70. Histoire du Duché de Valois, Claude Carlier, Juillyn, 1764.
  71. Fiche historique, les châteaux-forts. Braine
  72. Histoire du Duché de Valois, Claude Carlier, Juillyn, 1764.
  73. Maximilien Melleville, Dictionnaire historique, généalogique et géographique du département de l'Aisne. Tome 1 et 2 (édition de 1865)
  74. Seigneurs de Baudément
  75. Ade ou Adèle ou Adélaïde de Soissons ou de Vermandois
  76. Maximilien Melleville, Dictionnaire historique, généalogique et géographique du département de l'Aisne. Tome 1 et 2 (édition de 1865)
  77. Maximilien Melleville, Dictionnaire historique, généalogique et géographique du département de l'Aisne. Tome 1 et 2 (édition de 1865)
  78. Le chartrier de l'abbaye prémontrée de Saint-Yved de Braine (1134-1250), Volume 49 de Ecole Nationale des Chartes Paris: Mémoires et documents de l'École des Chartes, Olivier Guyotjeannin, Ecole nationale des chartes, 2000.
  79. Seigneurs de Baudément
  80. Fiche historique, les châteaux-forts. Braine
  81. Seigneurs de Baudément
  82. Annales du diocèse de Soissons, Volume 2, Louis Victor Pécheur, Éditeur Morel, 1868.
  83. Annales du diocèse de Soissons, Volume 2, Louis Victor Pécheur, Éditeur Morel, 1868.
  84. Annales du diocèse de Soissons, Volume 2, Louis Victor Pécheur, Éditeur Morel, 1868.
  85. Annales du diocèse de Soissons, Volume 2, Louis Victor Pécheur, Éditeur Morel, 1868.
  86. Seigneurs de Baudément
  87. Seigneurs de Baudément
  88. Seigneurs de Baudément
  89. Seigneurs de Baudément
  90. Seigneurs de Baudément
  91. Seigneurs de Baudément
  92. Annales du diocèse de Soissons, Volume 2, Louis Victor Pécheur, Éditeur Morel, 1868.
  93. Annales du diocèse de Soissons, Volume 2, Louis Victor Pécheur, Éditeur Morel, 1868.
  94. Seigneurs de Baudément
  95. Fiche historique, les châteaux-forts. Braine
  96. Histoire du Duché de Valois, Claude Carlier, Juillyn, 1764.
  97. Le château de La Folie et le village de Cerseuil, Stanislas Prioux, Éditeur : Dumoulin (Paris) : 1860.
  98. Le chartrier de l'abbaye prémontrée de Saint-Yved de Braine (1134-1250), Volume 49 de Ecole Nationale des Chartes Paris: Mémoires et documents de l'École des Chartes, Olivier Guyotjeannin, Ecole nationale des chartes, 2000.
  99. Annales du diocèse de Soissons, Volume 2, Louis Victor Pécheur, Éditeur Morel, 1868.
  100. Annales du diocèse de Soissons, Volume 2, Louis Victor Pécheur, Éditeur Morel, 1868.
  101. Fiche historique, les châteaux-forts. Braine
  102. Le château de La Folie et le village de Cerseuil, Stanislas Prioux, Éditeur : Dumoulin (Paris) : 1860.
  103. Fiche historique, les châteaux-forts. Braine
  104. Fiche historique, les châteaux-forts. Braine
  105. Fiche historique, les châteaux-forts. Braine
  106. Histoire de Braine et de ses environs, Stanislas Prioux ; ornée de gravures sur acier par Jules Roze. Éditeur : Dumoulin (Paris) : 1846.
  107. Histoire de Braine et de ses environs, Stanislas Prioux ; ornée de gravures sur acier par Jules Roze. Éditeur : Dumoulin (Paris) : 1846.
  108. Histoire de Braine et de ses environs, Stanislas Prioux ; ornée de gravures sur acier par Jules Roze. Éditeur : Dumoulin (Paris) : 1846.
  109. Histoire de Braine et de ses environs, Stanislas Prioux ; ornée de gravures sur acier par Jules Roze. Éditeur : Dumoulin (Paris) : 1846.
  110. Extrait d'une chronique anonyme, dans Recueil des Historiens des Gaules et de la France. 21 (1840), pp. 124-125.
  111. Fiche historique, les châteaux-forts. Braine
  112. Yolande de Dreux, Historical Dictionary of the British Monarchy, Ed. Kenneth J. Panton, (Scarecrow Press Inc, 2011), 529.
  113. Hillgarth, J. N. Ramón Lull and Lullism in fourteenth-century France. Oxford, UK: Clarendon Press 1971.
  114. Comtes de Dreux
  115. Liste des comtes de Roucy
  116. LES COMTES DE ROUCY
  117. Les villageois face à la guerre, XIVe-XVIIIe siècle: actes des XXIIes Journées internationales d'histoire de l'Abbaye de Flaran, 8, 9, 10 septembre 2000, Volume 22 de Flaran (Auch), Christian Desplat, Presses Univ. du Mirail, 2002.
  118. Abbaye royale de Saint-Yvved
  119. Gentilhommières et maisons fortes en Champagne: Marne et Ardennes, Volume 1, Philippe Seydoux, Éditions de La Morande, 1997.
  120. Braine
  121. Braine
  122. Braine
  123. Braine
  124. Jean-Jacques Rousseau à Braine
  125. Fiche historique, les châteaux-forts. Braine
  126. Braine
  127. Braine
  128. Jean-Jacques Rousseau à Braine
  129. ; DOI : 10.4000/insitu.9646 Tanneguy de Sainte Marie, Abbayes, couvents et monastères devenus dépôts d’étalons impériaux, royaux et nationaux.
  130. SOCIÉTÉ HISTORIQUE DE SOISSONS. Le Haras de Braine
  131. SOCIÉTÉ HISTORIQUE DE SOlSSONS. Le Haras de Braine
  132. Ville de Laon, Archives départementales de l'Aisne, Impr. A. Cortilliot, 1885.
  133. Volume 1 de Nobiliaire universel de France, ou recueil général des généalogies historiques des maisons nobles de ce royaume, Nicolas Viton de Saint-Allais, Au bureau du Nobiliaire universel de France, 1814.
  134. Le chartrier de l'abbaye prémontrée de Saint-Yved de Braine (1134-1250), Volume 49 de Ecole Nationale des Chartes Paris: Mémoires et documents de l'École des Chartes, ISSN 1158-6060, Olivier Guyotjeannin, École nationale des chartes, 2000.
  135. Le chartrier de l'abbaye prémontrée de Saint-Yved de Braine (1134-1250), Volume 49 de Ecole Nationale des Chartes Paris: Mémoires et documents de l'École des Chartes, ISSN 1158-6060, Olivier Guyotjeannin, École nationale des chartes, 2000.
  136. Almanach royal, Testu et cie, 1825.
  137. Volume 3 de Dictionnaire géographique universel, contenant la description de tous les lieux du globe, A. Lacrosse, 1839.
  138. SOCIÉTÉ HISTORIQUE DE SOISSONS. Le Haras de Braine
  139. SOCIÉTÉ HISTORIQUE DE SOISSONS. Le Haras de Braine
  140. SOCIÉTÉ HISTORIQUE DE SOISSONS. Le Haras de Braine
  141. SOCIÉTÉ HISTORIQUE DE SOISSONS. Le Haras de Braine
  142. SOCIÉTÉ HISTORIQUE DE SOISSONS. Le Haras de Braine
  143. SOCIÉTÉ HISTORIQUE DE SOISSONS. Le Haras de Braine
  144. SOCIÉTÉ HISTORIQUE DE SOISSONS. Le Haras de Braine
  145. International review of military history, Volume 5,Numéros 17 à 20, Commission of comparative military history. 1956.
  146. SOCIÉTÉ HISTORIQUE DE SOISSONS. Le Haras de Braine
  147. Bruneau Damien, Les villes des haras nationaux, Espaces et sociétés, 2017/1 (n° 168-169), p. 89-108.
  148. Monuments historiques et bâtiments protégés de Braine
  149. Monuments historiques et bâtiments protégés de Braine
  150. Monuments historiques et bâtiments protégés de Braine
  151. Monuments historiques et bâtiments protégés de Braine
  152. Monuments historiques et bâtiments protégés de Braine
  153. Monuments historiques et bâtiments protégés de Braine