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Henri d'Eu

Henri d'Eu.

Henri d’Eu ou Henry d'Hastings, Henricus comes de Ou, né vers 1084 est mort le 12 juillet 1140 à l’abbaye Notre-Dame de Foucarmont, Ordre de Cîteaux. Ce comte d'Eu dans le duché de Normandie et lord d'Hastings dans le Royaume d'Angleterre est un membre de la dynastie normande des Rollonides. Il est le fils du comte Guillaume II d'Eu. La Foundation for Medieval Genealogy nous dit que Henricus comes Augensis filius comitis Willermi a fait des dons à l'abbaye de Saint-Michel et à celle du Tréport, avec le consentement de Margarita comitissa et fratres supradicti comitis Robertus, Willelmus major, Willelmus minor selon une charte de 1101. Il succède à son père en 1096 en tant que comte d'Eu. En 1118, il participe à une rébellion contre le roi Henri Ie d'Angleterre en faveur de Guillaume Clinton de Normandie, mais est arrêté à Rouen avec Hugues de Gournay, et jeté dans les fers et forcé de renoncer à ses châteaux. Il fonde Saint-Martin-du-Bosc en 1107 et l'abbaye de Fécamp en 1129/30. Il finit sa vie moine de cette abbaye.


Sa famille Modifier

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Normandie richard sans peur

Richard Ier duc de Normandie et ses enfants.

Henri d’Eu appartient plus précisément aux Richardides, famille descendante du duc de Normandie Richard Ier. Le comté d'Eu est un démembrement du comté d'Artois. L'adjonction d'une cinquantaine de paroisses à la ville d'Eu forme un comté qui, avant la révolution, aura le titre de comté-pairie. Celui de Brionne y est réuni lorsque le duc Richard II de Normandie, l'institue, en faveur de Geoffroy, son frère naturel, 1er comte d'Eu.

Son père, Guillaume II d'Eu (1049-1096) est un comte normand fidèle à son roi, mais qui, victime de la pire des ingratitudes, se met à conspirer contre lui. Après avoir perdu un duel judiciaire il est castré et a les yeux crevés.

Sa mère, Béatrix de Bully, est un membre de la famille Busli, originaire de Bully, terre voisine du comté d’Eu, d'où leurs liens avec les comtes d’Eu. La mère de Béatrix de Bully, Muriel, est une favorite de la reine, peut-être une dame d’honneur ou une parente. La reine lui donne le manoir de Sandford pour son mariage.


Henri d'Eu, un guerrier (1096-1121)Modifier

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A290

Robert II de Normandie au siège d'Antioche.

Henri d’Eu est comte d'Eu et il est aussi Lord d’Hastings. A la mort de son père, Guillaume II d'Eu, il prend possession du comté d'Eu en 1096. Hugues va conserver toute sa vie le souvenir des maux dont il a été le témoin dans son enfance. Son père, Guillaume II, est castré du fait d’Hugues d'Avranches, comte de Chester, frère de sa mère Helisende, car il entretenait de nombreuses maîtresses et bastards et il a les yeux crevés pour trahison. Il ne survit pas à ces tortures.

Henri d’Eu figure au nombre des seigneurs qui suivent Robert II de Normandie, à la première croisade en 1096. Le comte d'Eu revient avec son suzerain, quand celui-ci, à la nouvelle de la mort de Guillaume-le-Roux, quitte la Palestine pour faire valoir ses droits à la couronne d'Angleterre, usurpée déjà par Henri, son frère.

En revenant, Henri d'Eu est l’un des seigneurs normands qui, ne pouvant souffrir la vie dissolue du duc Robert II de Normandie, appellent, l'an 1104, en Normandie, le roi Henri Ier d'Angleterre, son frère, selon Orderic Vital. Il combat pour ce dernier, le 28 septembre 1106 à la bataille de Tinchebray, où le duc Robert II de Normandie est fait prisonnier.

A296

Charte de donation à l'abbaye de Beauvais en 1110.

Saint-Martin du Bosc, prieuré du Bec, est fondé par le comte Henri d'Eu, en 1106, dans la paroisse d'Incheville (dép. Seine-Maritime, cant. Eu), dixit Normannia monastica: Prosopographie des abbés bénédictins (Xe-XIIe siècle), Véronique Gazeau (CRAHM, 2007). Henri donne, vers 1106, sa seigneurie de Hooe (Sussex de l'Est) à l’abbaye Notre-Dame du Bec, dixit Marjorie Chibnall, The English lands of the Abbey of Bec (Oxford, 1968), d'après la charte originale : Kings College de Cambridge, Dd 35 (Carta de manerio de Hou). Il trouve aussi le temps de donner une charte de l'an 1107 de Henri, comte d'Eu, contient la confirmation du don qui en précède neuf autres à l'abbaye de Saint-Michel du Tréport de duas placias (deux plats) quas singulis diebus quadregesimœ, aberdem abbatiu habere solebat. Henry confirme à Hastings tous les prébendes appartenant à la chapelle dans le château.

Nous avons une charte de donation et confirmation de dons faits à l'abbaye de Saint-Lucien de Beauvais en l'an 1109, par Henri, comte d'Eu. Ce document est publié et annoté d'après l'original par M. Peigné-Delacourt, à Beauvais, en 1858.

Par la suite, selon certaines sources, il épouse les intérêts de Guillaume Cliton, le fils du duc Robert II de Normandie et de la coalition composée des comtes Baudouin VII de Flandre et Foulque V d'Anjou, et du roi de France, Louis VI le Gros, selon C. Warren Hollister, Henry I (Yale University Press, 2001). Il crée une ligue en faveur de Cliton.

A289

La bataille de Brémule

Mais le prudent roi d'Angleterre, dit Ordéric Vital, l'an 1118, le fait arrêter à Rouen avec Hugues de Gournay, et ne leur rend la liberté qu'après les avoir obligé de lui livrer leurs châteaux pour gage de leur fidélité.

Le comte d'Eu commande quelques mois plus tard, le 20 août 1119, les armées royales à la bataille de Brémule, où les Français sont battus. Le roi Henri a avec lui deux de ses fils, Robert et Richard ; trois comtes, qui sont Henri d'Eu, Guillaume de Varenne, Gaultier Giffard ; et encore Roger de Bienfaite, Gaultier d'Aufai, Guillaume de Tancarville, Guillaume de Roumare et Néel d'Aubigny, selon les Oeuvres complètes de Suger.

Au mois suivant, Henri prend part à la bataille d’Andelys, qui n'a pas un succès aussi décidé pour les Anglais. Il prend part à la défense de la ville de Breteuil, qui est attaquée par les Français, toujours selon selon C. Warren Hollister, Henry I (Yale University Press, 2001).

Henri retourne en 1120 en à la croisade, d'où il revient eu 1121.


Henri d'Eu, un paisible seigneur (1121-1140)Modifier

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Estienne de Blois

Estienne de Blois.

Le comte d'Eu, depuis sa réconciliation avec le roi d'Angleterre, ne paraît pas parmi les seigneurs qui, à l'instigation de Louis-le-Gros, et sous le prétexte de soutenir les justes droits de Guillaume Clynton, s'insurgent de nouveau en 1123. On a lieu de croire qu'il n'a abandonné qu'à regret la cause de la légitimité et de la justice, mais qu'engagé par de nouveaux serments, il ne dévie plus de la fidélité qu'il a jurée. Guillaume de Grandcourt, son frère puîné, combat valeureusement à la bataille de Bourgtlieroulde, en 1127. Ce loyal chevalier, dit Ordéric Vital, poursuivit et fit prisonnier Amalric de Montfort, comte d'Evreux. Mais touché de compassion à la vue du sort funeste qui attendait un homme aussi distingué, et convaincu que s'il le livrait au roi, c'était le condamner à d'odieux traitements et à une captivité perpétuelle, il se décida généreusement à le sauver, en se sacrifiant pour lui ; renonçant donc à jamais à son souverain et à ses propres domaines , il s'exila en France, où sa noble générosité trouva d'honorables récompenses.

Henri se remarie en 1122 avec Marguerite de Sully, nièce d’Étienne de Blois (1096 – 1154), roi d'Angleterre de 1135 à 1154. Mais en 1135, il est peut-être déjà moine, ce qui lui évite de combattre aux côtés de son parent et il meurt en 1140.

En Angleterre, les moines de Fécamp doivent par contre protéger leurs intérêts. Vers 1130-1131, ils se disputent avec le comte d’Eu au sujet de droits de péage perçus à Winchelsea. L’accord se fait dans la cour du roi, mais au prix fort : le roi obtient une somme considérable pour son intervention aussi bien que sa part des péages, selon W. Farrer, An Outline Itinerary of King Henry the First (Continued) (The English Historical Review 1919), et Frederick William Brooks, The English naval forces, 1199-1272 (1962).

Henri réside pendant longtemps au château d'Eu, et fonde beaucoup d'établissements monastiques en Normandie. Il est plus que probable que le château d'Hastings est négligé, et tombe en ruine pendant la dernière moitié du XIIe siècle ou le commencement du XIIIe siècle du fait de la préférence d'Henri pour ses autres châteaux, nous dit William Durrant Cooper, dans Hasting rape, Castle and Town (Sussex archeological society, 1849).

La ville du Tréport doit au comte Henri l'accroissement de sa population et un commencement de prospérité. Le cours de la Bresle, qui baigne alors le pied des huttes du village de Mers, aux confins de la Picardie, est par lui détourné et dirigé le long du Tréport vers l'occident. La ville d'Eu lui est redevable de ses premiers privilèges, que le comte Jean d'Eu, fils d'Henri, augmente notablement par deux chartes, datées l'une de 1149, l'autre de 1151.

Henri donne à l’abbaye Notre-Dame du Bec son manoir du Hou ou Hoo, dans le Sussex. Il confirme à l’abbaye de La Bataille la vente des terres d’Ourdelande et de Bregetelle. Henri échange les chanoines réguliers de l’église Notre-Dame d’Eu pour des séculiers en 1130.


L'abbaye de Foucarmont Modifier

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A288

Extrait de la carte de gestion domaniale de l'abbaye de Foucarmont, XVIIe siècle

Henri fonde une abbaye, Notre-Dame de Foucarmont, Ordre de Cîteaux, comme plusieurs de ses aïeux avant lui. Celle-ci est implantée au Fond Théodoric ou Théodore, un petit vallon au fond duquel coule la rivière l’Yères, à proximité de La fontaine Saint Martin et du gros bourg de Foucarmont. C’est une abbaye cistercienne Notre-Dame et Saint-Jean-Baptiste, édifiée à partir de 25 juillet 1130, par Henri comte d'Eu. Outre les donations du fondateur l’abbaye est attributaire de nombreux dons provenant des seigneurs des environs. Les premiers moines viennent de l'abbaye de Savigny. Notre-Dame et Saint-Jean-Baptiste est le lieu de sépulture des comtes d'Eu jusqu'au milieu du XIVe siècle.

Henri d'Eu embrasse lui-même la vie religieuse en devenant chanoine augustinien de l'abbaye Notre-Dame et y meurt. Sa mort est marquée au 12 juillet dans la nécrologie de l'abbaye de Foucarmont, où il est inhumé, selon David Crouch, The Reign of King Stephen, 1135-1154 (2000). A l'égard de l'année, l'appendice imprimée de Robert du Mont place en 1150 cet événement ; mais dans l'exemplaire manuscrit de ce même ouvrage, coté 4862 à la Bibliothèque du Roi, il est rapporté sous l'an 1140.

Au moment de la destruction de l'abbaye de Foucarmont, en 1791, Louis Jean Marie de Bourbon, duc de Penthièvre, mais aussi entre autres, comte d'Eu fait réclamer les restes des comtes Henri et Jean. Le duc de Penthièvre les fait déposer, paraît-il, dans la chapelle du château de Bizy.


Mariage et descendance Modifier

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Guillaume de Champagne

Guillaume de Champagne.

Henri épouse d'abord Mathilde ou Maud ou bien Mahaut, morte en 1107 ou 1109, puis en secondes noces Hermentrude.

Henri se remarie en troisièmes noces, en 1122, avec Marguerite de Sully (1105-1146), petite-fille d’Étienne II de Blois et Adèle d'Angleterre, fille de Guillaume le Conquérant. Son beau-père, Guillaume de Champagne, dit le simple, est exclu, bien qu'aîné, de la succession des comtes de Blois-Champagne pour imbécilité. Il est bègue et contrefait. Il est néanmoins sire de Sully et père de sa femme, selon Lois L. Huneycutt, Adela, countess of Blois (c.1067–1137) (Oxford University Press, 2004). La nécrolgie de l'église de Eu nous signale la mort le 15 décembre de Margareta Augensis comitissa, mater Johannis comitis. Ansel de Biencourt est, vers 1145, l'un des témoins de la charité de Marguerite de Sully, comtesse d'Eu (qui meurt en 1146), de Jean d'Eu, & Etienne d'Eu, ses fils, par laquelle ils font don de la Mairie de Blangies aux religieux de Foucarmont, moyennant sept muids de Bray (grain propre à faire de la bière), qu'Henri d'Eu, mort le 12 Juillet 1140, mari de la Comtesse. Elle leur donne à prendre sur les moulins de Blangies; de forte que ces religieux peuvent affermer cette Mairie, et prélever sur la ferme 100 fols, remettant le surplus à cette comtesse puis à son fils : c'est ce qui appert du cartulaire de l'Abbaye de Foucarmont, fol. 54, recto. Ansel De Biencourt souscrit encore comme témoin, vers le même temps, à une autre charte faite en faveur de l'Abbaye de Sery, par Jean d'Eu, et Marguerite de Sully, Comtesse d'Eu, sa mère: verbal de l'abbaye de Sery, charte 65, selon Dictionnaire de la noblesse, contenant les généalogies, l'histoire et la chronologie des familles nobles de France,...., François-Alexandre Aubert de La Chesnaye Des Bois, Schlesinger Frères, 1863.

Étienne de Blois (1097-1154), oncle de son épouse, Marguerite de Sully, devient roi d'Angleterre en 1135.

Jean d'Eu

Jean d'Eu.

Le comte Henri et Marguerite de Sully laissent :
  • Jean d'Eu
  • Etienne, cité avec sa mère lors de donations en 1145. Maître de l'ordre des templiers en Angleterre selon The Complete Peerage (vol.V, pp. 156-157) ou simple chevalier de cet ordre selon La Chesnaye-Desbois.
  • Ida d'Eu née vers 1138, à Leicestershire, en Angleterre; mariée à Sir William de Hastings (1130-1195).
  • Mathilde : Johannes comes Augi fait des donations aux abbayes de Saint Michel et du Tréport pro anima Matildis sororis mee, enterrée III Kal Aug, dans une charte datée de 1153, citant pia mea Margarita.

Guillaume de Jumièges ne donne au comte Henri qu'une fille et trois fils, sans les nommer.

Le Domesday Descendants cite deux enfants illégitimes.

  • Hugues, archidiacre d'Excester
  • Guillaume, chantre de l'église d'York


--De Diderot mars 3, 2012 à 09:43 (UTC)

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