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Gilles de Trèves (1515-1582).

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Blason des Trèves.

Gilles de Trèves est né en 1515, à Bar-le-Duc, et y est mort le 1er février 1582. Son corps est inhumé dans sa chapelle de l'Annonciation de la collégiale Saint-Maxe[1].

Gilles est un des fils de Pierre de Trèves, anobli le 13 octobre 1509. Il occupe, pendant près d'un siècle, depuis le 28 octobre 1537, la dignité de doyen de son chapitre. Seigneur de Cummenières et Xirocourt, Gilles de Trèves est nommé chanoine de la collégiale Saint-Maxe en 1537. Il devient doyen du chapitre la même année. En 1555, il y fait bâtir la chapelle de l'Annonciation (ou chapelle des Princes). Selon Michel de Montaigne, Gilles de Trèves possède une grande fortune lui permettant de prêter d'importantes sommes d'argent au duc Antoine de Lorraine. Il doit sa fortune à des héritages successifs et à sa bonne gestion de son patrimoine. Il aménage son château sur sa terre de Ville-sur-Saulx, château dont la construction commence en 1533. Gilles de Trèves fait également aménager un parc sur les bords de la Saulx. Aux dires de Michel de Montaigne, il est un homme bon de mœurs austères. C'est aussi un homme cultivé, licencié en droit, garde des Sceaux et homme de confiance des Ducs de Lorraine et de Bar. Nous lui devons le Collège Gilles de Trèves. Il fait aussi don de revenus sur différentes salines pour assurer son fonctionnement.

Gilles de Trèves est à l'origine de la restauration de l'Ordre de Saint-Hubert de Lorraine et du Barrois, un Ordre dont il ne fait pas partie[2]. En effet l'Ordre n'est restaurée qu'en 1597 dans la collégiale Saint-Maxe, 15 années après sa mort.






Un homme de la Renaissance Modifier

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Sa famille Modifier

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Blason des Beurges.

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Son blason.

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Jean Errard est un parent de Gilles de Trèves.

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Xirocourt, fief des Trèves, puis des Le Clerc.

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Château de Trèves (Anjou).

Son père, Pierre de Trèves (1485-1546), d’origines angevines, est venu à Bar-le-Duc avec René d'Anjou. Ce Tresves, ou selon les registres Tryeves est seigneur de Vinamont, de Tamonnont, de Vaudesnay, de Saint-Firmin (Meurthe-et-Moselle) et de Xirocourt. Il est également le tailleur et le valet de chambre de son altesse le duc Antoine de Lorraine. Il est anobli le 13 octobre 1509, par lettres patentes[3]. Sa mère, Barbe de Fains-Véel (1495-1546) est d’une vieille famille du Barrois. Ils sont inhumés dans sa chapelle de l'Annonciation de la collégiale Saint-Maxe[4]. Le blason des Trèves est : D'or, à un giron (triangle) de gueules accompagné de trois croissants d'azur, deux en chef et un en pointe.


Gilles de Trèves a deux sœurs et un frère :


  • Catherine de Trèves (1515-1581), est dame de Xirocourt, et la femme de Claude Leclerc de Pulligny (1485-1562), seigneur de Pulligny, Ceintrey, Voinémont, Malaucourt[5], Chamagne, Érize[6] et Saint-Dizier, avec qui elle vit en 1557. Elle est la grand-mère entre autres de Jean Le Clerc. Ils sont inhumés dans la chapelle de Sainte-Croix qu'ils ont fondée dans la basilique Saint-Epvre de Nancy. Ses nièces sont mariées aux comtes de Lescut (comte du Saint Empire romain germanique). Ses neveux sont l’un, surintendant des Finances et l’autre, secrétaire de la princesse de Tarente. Cette génération de Le Clerc se rapproche de la Réforme protestante, certains l'adoptant.


  • Marie de Trèves, dont Gilles est plus proche, il lui donne le château et la seigneurie de Ville-sur-Saulx lorsqu'elle épouse Gaspard de Beurges. Ce dernier est le fils d’un clerc d’office de l’Hôtel du roi René d’Anjou. Sa tante est mariée au comte Jean de Lescut (qui se remariera ensuite avec Barbe Le Clerc, fille de Catherine de Trèves et de Claude Leclerc de Pulligny). Gaspard est en outre le cousin issu de germain des nièces du cardinal de Richelieu, Marguerite-Philippe du Cambout, femme d’Henri de Lorraine-Harcourt, et Marie du Cambout, femme de Bernard de Nogaret de La Valette d'Épernon. Gaspard de Beurges est auditeur en la Chambre des comptes de Nancy. Ils achètent un hôtel particulier à Bar-le-Duc en 1549[7]. Trois neveux de Gilles de Trèves seront présidents de la Chambre des Comptes de Bar et l'un, conseiller en la cour du Parlement de Paris.


  • Jean de Trèves, valet de chambre du duc de Lorraine[8], qui fait le voyage de Jérusalem, en 1538. Un don viager de Wautrin Errard, parent de Jean Errard, de Bar, lui est confisqué par le duc comme fief de danger pour non présentation d'hommage en temps utile (29 novembre 1546), mais obtient confirmation de l'acquisition du fief de Cumières-le-Mort-Homme en 1548[9]. Il reprend la seigneurie de Xirocourt le 27 mars 1550. Claude Leclerc de Pulligny hérite de lui après son décès, le 16 septembre 1550, à Nancy[10].

Gilles de Trèves descend-il des premiers seigneurs de Trèves. L'Ouest aux croisades démontre que c'est possible. Les prénoms Gilles et Pierre sont fréquents parmi les premiers de Terves.

Est-ce à dire pour cela que l'aliénation de la terre patrimoniale entraîne l'extinction de la lignée des Trèves? Nous sommes loin de le penser : — dès le XIe siècle, nous trouvons en Poitou la paroisse de Terves, d'où est sortie la famille de ce nom; or, nous croyons que cette famille et celle de Trèves ont une commune origine; en effet, le nom de Terves est exactement le même que celui de Trêves. Trêves et Terves ont une étymologie et une signification identiques: Trevia, Tervia. Peu importe que la lettre r soit avant ou après la lettre e, le mot n'en reste pas moins intégralement le même, intégralement composé des mêmes éléments. Il suffit, pour s'en convaincre, de parcourir les vieux cartulaires; il n'est pas rare d'y rencontrer ces transpositions graphiques. D'autres considérations confirment la consanguinité des de Trèves et des de Terves, c'est l'ancienneté des de Terves, leur présence, leur haute position à Terves, à Blanchecoudre, à Aubouhé, à Beauregard (paroisse du Puy-Notre-Dame), à Glandes, au Terraz, c'est à-dire à peu de distance , à quelques lieues tout au plus des seigneuries de Trèves et de Doué. Personne ne l'ignore, les questions de lieux, quand il s'agit de chercher l'origine des familles homonymes, comptent pour beaucoup dans les études héraldiques[11].



Chanoine de Saint-Maxe (1537), puis doyen (1540) Modifier

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Le Château de Bar et la ville en 1633.

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La collégiale (à gauche) et le Collèges Gilles de Trèves.

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Plan de la Collégiale Saint-Maxe et chapelle Gilles de Trèves.

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Sculpture de Ligier venant de l'église collégiale Saint-Maxe.

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Maison du Doyen de la Collégiale Saint-Maxe à droite.

Gilles de Trèves est nommé chanoine de la collégiale Saint-Maxe en 1537, et devient doyen du chapitre en 1540 et reste jusqu'à sa mort en 1581. Le doyen de Saint-Maxe est curé de celle paroisse, où des princes reçoivent le baptême et sont enterrés. Les quatorze chanoines de cette église doivent être nobles et docteurs. Le souverain est collateur de plein droit de tous les canonicats ; le doyen est électif et confirmé par l'ordinaire, comme ayant curam animarum. Le prince est en possession lors de l'élection, de recommander au chapitre un ou deux sujets[12].

La collégiale Saint-Maxe est toujours le premier corps ecclésiastique du Barrois. Avant 1582 c'est Gilles de Trèves son doyen[13].

En 1555, il fait bâtir une chapelle de son nom, appelée aussi chapelle des Princes. Elle est remplie d'une foule d'ornements riches de la sculpture et de l'architecture, exécutés, généralement par l'artiste fameux Ligier. Le renommé doyen y est représenté, à genoux, devant un prie-Dieu :

On y trouve des morceaux de sculpture, qui ne cèdent en rien à ceux de la plus vénérable antiquité. On y voit entre autres les quatre évangélistes, et les quatre pères de l'église latine, qu'on ne saurait assez estimer ; toutes ces pièces sont de la même main et de la même pierre, que le squelette merveilleux dont on a parlé. Au-dessus de la corniche qui règne aux deux côtés de la même chapelle, il fait placer les douze apôtres qui sont d'une terre cuite ; mais avec des attitudes et des traits si finis et si naturels, que les images de cire ne pourraient pas être plus délicates [14].

La Chapelle Collatérale des Princes, ou de Gilles de Treves, Doyen de S. Maxe, eſt très ornée de fculpture & d'architecture, écrit Piganiol de La Force[15].

La plus remarquable chapelle est, à droite, au fond, la chapelle des Princes, érigée en 1549 pour les tombeaux des duc par le doyen Gilles de Trèves, sur les plans de Ligier-Richier, dont l'autel porte une Annonciation, oeuvre du grand sculpteur qui fait l'admiration de Montaigne. La sacristie est reconstruite par le doyen sous la direction du même artiste[16].

Gilles de Trèves concourt et contribue à ce déploiement luxueux, qu'on voit, dès lors et avant sa destruction, dans l'ornementation de l'église de Saint-Maxe. Quant à sa chapelle, rapportons qu'un artiste du temps, Michel le Lorrain, a aussi proposé ses dessins des figures et modèles de la chapelle que désire le doyen. Celui-ci, concevant des doutes sur l'excellence de ces spécimens, se résout de les faire examiner.

En octobre 1549, ainsi qu'on le voit au Cartulaire de la collégiale de Saint-Maxe, Gilles de Trèves, en présence de tous les chanoines assemblés en chapitre, consulte Ligier. Ligier, avec Pierre Godart, maître maçon à Bar, délibèrent, séance tenante, un nouveau figuratif de la chapelle ; celui-ci, que d'autres artistes présents : Julien, aussi maître maçon à Bar; le peintre Michel, son gendre, et plusieurs autres, trouvent infiniment mieux approprié, est applaudi de tout le chapitre, et l'œuvre, que, dans la suite, on qualifie chapelle des Princes, est exécutée de conformité[17].

Dans ces conditions, le culte peut être célébré avec beaucoup de solennité. Déjà la collégiale possède des chappes de drap de soie et des chappes et tuniques de drap d'argent avec passements de soie, quand le doyen Gilles de Trèves lui donne, pour la décoration du service divin, trois chapes, une chasuble et deux tuniques de drap d'or avec deux orfraies de broderie[18].

A plusieurs des chapitres généraux, le doyen Gilles de Trèves s’élève contre les prêtres qui commettent le péché de la chair et mènent une vie scandaleuse.

Le Procureur Général est reçu, après avoir fourni une caution pour 2.000 livres et avoir prêté serment de bien s'acquitter de sa charge, c'est-à dire de recouvrer les rentes dues au chapitre, de payer toutes les dépenses d'entretien, sans doute ses prébendes des chanoines et sûrement les traitements des bas officiers. Le notaire Sébastien Gravel, nommé procureur en 1560, ne remplit pas scrupuleusement toutes ces obligations et dut être déposé en 1571. Le doyen Gilles de Trèves accepte alors de remplir temporairement ses fonctions; mais, se trouvant accablé d'affaires, il demande d'en être déchargé. On lui donne un aide, Toussaint Alliez, qui s'en acquitte jusqu'à la conclusion du procès fait à Gravel, en 1575[19].




La fondation du collège Modifier

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Le Collège Gilles de Trèves.

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Projet CAUE de la Meuse.

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Collège Gilles de Trèves - Plafond de l'entrée (Structurae Version 6.1 - © 1998-2013 Wilhelm Ernst & Sohn Verlag.)

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Bar-le-Duc, au premier plan le Collège Gilles de Trèves.

Le Collège Gilles de Trèves est bâti de 1573 à 1576 environ par Gilles de Trèves, sur l'emplacement de la maison de Fains appartenant au bailli de Bar, René de Florainville, seigneur de Fains. Il comprend un carré de bâtiments disposés

autour d'une cour, où l'on entre par un porche couvert d'arceaux de pierre et de rinceaux de feuillage et que bordent latéralement deux galeries couronnées de balustrades en pierre soutenues par des piliers d'architecture dorique; tout cela a été peut-être construit par le Barrisien Jean de Crocq sous l'influence de la Renaissance flamande. Gilles de Trèves y fait ajouter à droite, une chapelle des rois mages, et, au fond, à gauche, un oratoire, et l'ensemble de la construction a, tout comme la chapelle de la collégiale, excité l'admiration de Montaigne. Derrière cet édifice s'étend, sur les fossés creusés en bas de la tour Valéran, un jardin dépendant du Collège, situé jusqu'au haut des Buttes. Au delà se trouvent les fortifications du Bourg qui se continuent jusqu'à l'endroit où elles rencontrent celles de la Neuve ville[20]. Gilles de Trèves crée le jardin du Collège.

Cet édifice, fondé, selon d'autres sources, dès 1571 par le doyen de la collégiale Saint-Maxe, Gilles de Trèves, constitue un bel exemple d'architecture civile de la Renaissance, d'ailleurs qualifié par Montaigne de "plus belle maison de ville qui soit en France". Son fondateur le légue à la ville de Bar-le-Duc.

Le duc Charles III de Lorraine reprend les idées de Nicolas Psaume, évêque de Verdun et l'un des animateurs du Concile de Trente. Il appuie le projet avec le cardinal Charles de Lorraine (1524-1574), administrateur perpétuel de l'évêché de Metz et légat du Saint-Siège dans les duchés, et accorde le 12 janvier 1571 des lettres-patentes qui autorisent l'établissement du collège[21]. Le duc fait construire une grande maison à la place de la maison de Fains.

La construction du collège est menée de 1573 à 1575. Antoine Gratas en est le maître d'œuvre. C'est un imposant édifice en quadrilatère, d'un style Renaissance plein de mesure et de grandeur. On accède à la cour intérieure par un couloir voûté aux caissons sculptés dans lequel on peut lire ces vers en latin :

Stet domus hoec donec fluctus formica marinos ebibat, et totum testudo perambulet orbem[22] ! La cour n'a gardé que deux des galeries à balcons desservant l'étage supérieur. Elles reposent sur des piliers cannelés à chapiteaux, les balustrades en pierre sont très découpées et des cartouches ornent les murs. Certaines fenêtres ont conservé leurs meneaux.

Le collège Gilles de Trèves fonctionne depuis 1582

Le premier testament Gilles de Trèves, daté du 17 avril 1578, mentionne le collège.

Le 13 janvier 1581, Gilles de Trèves ajoute un premier codicille à son testament : pour la première fois la maison qu'il a fait construire est désignée comme Collège de Trèves. Il fait don de revenus sur différentes salines pour assurer son fonctionnement.



Son château à Ville-sur-Saulx (1533) Modifier

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Château de Gilles de Trèves à Ville-sur-Saulx.

Gilles de Trèves est seigneur de Cummenières et Xirocourt. Trèves possède selon Michel de Montaigne une grande fortune et aide mainte fois de ses deniers le duc Antoine de Lorraine... Mais s’il est papetier, le plus ancien papetier de Lorraine, les moulins à papier situés sur ses terres appartiennent aux ducs de Bar[23]. Il dispose également de revenus sur différentes salines. Il fait fortune en exploitant les carrières de la Saulx et la pierre de Saint-Dizier. C'est cette pierre qu'il va utiliser pour construire son château sur sa terre de Ville-sur-Saulx.

De 1537 à 1582 il construit le château de Ville-sur-Saulx[24].

La construction commence, selon d'autres sources, en 1533. C'est une bâtisse de plan carré de 20 mètres de côté, aux fenêtres alignées et au toit en pavillon couvert d'ardoises, munie d'échauguettes. On présume que l'architecte en est le célèbre sculpteur Ligier Richier (1500-1567). Des cartouches et le mascaron au fronton de la porte de la façade principale, représentant Sylvanus, le dieu romain des forêts, sont des ornements caractéristiques de la Renaissance.

Gilles de Trèves fait également aménager un parc sur les bords de la Saulx. Passionné de botanique, il y plante aussi des essences exogènes comme l'if. Cet enrichissement arboré se poursuit au fil des siècles et des différents changements de propriétaires. Utilisant les méandres de la rivière, Gilles de Trèves, lorsqu’il organise ce jardin, sait conserver l’aspect primitif de la nature tout en la domestiquant.



Sa fortune Modifier

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Parc et jardin Gilles de Trèves à Ville sur Saulx.

Les doyens de ce temps-là ne sont point de ces pauvres diables subsistant de portions congrues. Ainsi, en ce qui touche les fondations de Gilles de Trèves, c'est avéré qu'elles peuvent, aisément, être faites de son patrimoine. Vous le croirez en apprenant qu'il aida son duc, Antoine-le-Bon, d'un capital de dix mille francs ; qu'il était usufruitier d'héritages, de cens, de rentes, à Longeville, à Tannois ; qu'il était seigneur-foncier à Vittonville, près de Pont-à-Mousson, et en partie aux villages de Saint-Firmin et de Xiraucourt, près d'Haroué[25].



Michel Montaigne Modifier

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Montaigne.

M. de Montaigne avoit

esté autresfois, & n'y trouva de remarquable de nouveau que la despense estrange qu'un particulier, prestre & doyen de là, a employé & continue tous les jours en ouvrages publiques. Il se nomme Gilles de Trêves; il a bati la plus sumptueuse chapelle de marbre, de peintures & d'ornemens qui soit en France, & a bati & tantost achevé de mubler la plus belle maison de la ville qui soit aussi en France, de la plus belle structure, la mieux compassée, étoffée, & la plus labourée d'ouvrages & d'anrichissemans, & la plus logeable: de quoy il veut faire un college, & est après à le doter & mettre en trein à ses despens[26].

Voici l'éloge mémorable qu'écrit, de Gilles de Trèves, le célèbre Michel Montaigne, en une visite qu'il fait à Bar pendant qu'on construit les bâtiments du collège :

Je trouvai de remarquable la dépense estrange qu'un particulier, prestre et doyen de là, a employé et continue tous les jours en ouvrages publics. Il se nomme Gilles de Trêves : il a bâti la plus somptueuse chapelle de marbre, de peintures et d'ornemens qui soit en France, de la plus belle structure, la mieux composée, étoffée et la plus labourée d'ouvrages et d'enrichissements, et la plus logeable. De quoy, il veut faire un collège, et est après à le doter et mettre en train à ses dépens[27].

Michel de Montaigne, en septembre 1580, de passage à Bar, écrit :



Un précurseur de la Contre-Réforme Modifier

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Collège Gilles de Trèves.

Gilles de Trèves est sévère, inexorable pour vouloir l'accomplissement des devoirs du sacerdoce, ainsi que des dispositions édictées aux statuts de sa communauté. C'est toute sa pensée de parvenir à une moralisation entière du personnel du chapitre, qui, en ce temps, qu'il le paraît, est susceptible d'épuration. Les obligés peuvent croire qu'il agit avec un âpre rigorisme. Mais alors, partout, le matérialisme, la sensualité, le dévergondage, s'affichent effrontément. Gilles de Trèves, pour ce qui le concerne, a le courage de réprimer des désordres qui s'annoncent irrémédiables. Des plaintes, des informations lui sont parvenues de divers côtés, et du promoteur, et de l'official, qui signalent des écarts et l'inconduite de quelques chanoines , des hauts, des bas-vicaires, des chapelains, des mercenaires, des suppôts de son église. Il entreprend de ramener à résipiscence les délinquants, qu'il convoque à cet effet, souvent, en chapitre général. Il remontre, admoneste, sévit, et enfin rassied tout ce personnel dans les conditions de la vocation à laquelle il est destiné[28].

Le Collège Gilles de Trèves, érigé en bastion du catholicisme face à l'arrivée de la Réforme au XVIModèle:Exp siècle. Dans l'esprit de la Contre-Réforme, très suivie dans des duchés de Lorraine et de Bar, attachés au catholicisme, Gilles de Trèves veut arrêter l'expansion de la Réforme protestante. Pour cela il veut fonder un collège permettant à la noblesse d'estre instruite et enseignée en toutes mœurs et littératures à Bar.



Sa mortModifier

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Gilles de Trèves meurt le 1er février 1582. Son enterrement est suivi par tout le clergé de la région et il est inhumé dans la chapelle qu’il a aménagée à Saint-Maxe, la chapelle de l'Annonciation, avec ses parents et son frère. Il laisse une part importante de ses biens aux pauvres, et une autre part à Marie, sa sœur cadette.

Le collège s'est ouvert dix jours après la mort de son fondateur. Il constituera un relais important de la Contre-Réforme, et à partir du XVIModèle:Exp siècle, Bar-le-Duc sera une ville exclusivement catholique.

La famille de Paul Claudel fera en 1893 l’acquisition du château de Ville-sur-Saulx. Le poète y écrit son Partage de midi.






Notes et références Modifier

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  1. Le Château de Bar autrefois et aujourd'hui / par l'abbé Gabriel Renard,... Contant-Laguerre (Bar-le-Duc) 1896.
  2. L'ordre de Saint-Hubert de Lorraine et du Barrois (1416-1852): Entre chevalerie et vénerie, Patrick de Villepin, Éditions Guénégaud, 1999.
  3. Fol. 276, registre 1506, 1509 et Dumast "Chambres des comptes du duché de Bar" 4 ii 06.
  4. Le Château de Bar autrefois et aujourd'hui / par l'abbé Gabriel Renard,... Contant-Laguerre (Bar-le-Duc) 1896.
  5. Malaucourt-sur-Seille ?
  6. Érize-la-Brûlée, Érize-la-Grande ou Érize-la-Petite, dans la Meuse.
  7. Aux numéros 37 à 39 de la rue des Ducs.
  8. Georges Poull, Le château et les seigneurs de Bourlémont, p.43.
  9. Étienne Delcambre, Inventaire-sommaire des Archives départementales antérieures à 1790, p.85.
  10. Nobiliaire de la Lorraine et du Barrois, de Ambroise Pelletier, Félix Collin de Paradis, Henri Lepage, Léon Germain de Maidy, Paul Lallemand - 1974.
  11. L'Ouest aux croisades, Hyacinthe-D. de Fourmont, Vve Forest, 1867.
  12. Notice Calmet, p.77.
  13. Mémoires de la Société des lettres, sciences et arts de Bar-le-Duc, 1914 (SER5,T2)-1917.
  14. Notice Calmet, p.77.
  15. Jean-Aymar Piganiol de La Force (1673-1753), Nouveau voyage de France : avec un itinéraire, et des cartes faites exprès, qui marquent exactement les routes qu'il faut suivre pour voyager dans toutes les provinces de ce royaume..., p.107.
  16. Mémoires de la Société des lettres, sciences et arts de Bar-le-Duc, 1914 (SER5,T2)-1917.
  17.  Historique de la ville de Bar-le-Duc, François Alexis Théodore Bellot-Herment, 1863.
  18. Mémoires de la Société des lettres, sciences et arts de Bar-le-Duc, 1914 (SER5,T2)-1917.
  19. Mémoires de la Société des lettres, sciences et arts de Bar-le-Duc, 1914 (SER5,T2)-1917.
  20. Mémoires de la Société des lettres, sciences et arts de Bar-le-Duc, 1914 (SER5,T2)-1917.
  21. On peut les voir dans Rogéville, p. 338-341 ; v. aussi au Très. des ch., layette Fondation et Histoire de Lorraine, De Auguste Digot, p.211.
  22. Traduction: Que cette maison reste debout jusqu'à ce que la fourmi ait bu les flots de la mer et que la tortue ait fait le tour du monde.
  23. Mémoires de la Société des lettres, sciences et arts de Bar-le-Duc.
  24. Vie quotidienne: l'enfant au XVIe siècle, Nicole Arnod, Archives départementales de la Meuse. Service éducatif, Centre Locale de Documentation Pédagogique, 1979.
  25. Historique de la ville de Bar-le-Duc, François Alexis Théodore Bellot-Herment, 1863.
  26. Journal de voyage de Michel de Montaigne en Italie, par la Suisse et l'Allemagne en 1580 et 1581, L'Italia alla fine del secolo XVI, giornale del viaggio di Michele de Montaigne in Italia nel 1580 e 1581 / Nuova edizione del testo francese ed italiano, con note ed un saggio di bibliografia dei viaggi in Italia, Prof. Alessandro d'Ancona, Montaigne, Michel de (1533-1592), S. Lapi (Città di Castello) 1889.
  27.  Historique de la ville de Bar-le-Duc, François Alexis Théodore Bellot-Herment, 1863.
  28.  Historique de la ville de Bar-le-Duc, François Alexis Théodore Bellot-Herment, 1863.


COLLEGE GILLES DE TREVES : EXTRAITS DU TESTAMENT DE GILLES DE TREVES (XVIModèle:Exp) D'après deux copies conservées aux Archives Municipales de Bar de 1537 à 1582 a construit aussi le château de Ville-sur-Saulx. Vie quotidienne: l'enfant au XVIe siècle, Nicole Arnod, Archives départementales de la Meuse. Service éducatif, Centre Locale de Documentation Pédagogique, 1979.





Liens Modifier

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