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Blason albaruffo

Blason des Alba Ruffum, Albaruffo, Auberuffe, Albaroux.

Albaruffo

Auberuffe ou Albaruffo sont une famille qui compte beaucoup d’ecclésiastiques que l'on retrouve en Provence et à Gap, dès le XIIe siècle.

Famille des Alba Ruffum, Albaruffo, Auberuffe, Albaroux sont dominus dicti loci du château de Barroux[1]. Certainement premiers seigneurs de Alba Ruffum, alliés aux seigneurs des Baux, ils le restent jusqu'en 1359. Jean et Romain de Albaruffo doivent s'effacer peu après puisqu'en 1467, le fief est à la famille de Peyre (qui détient aussi Beaumes)[2].

En latin Albaruffum, Album russum / Album ruffum / albariffus / de alborufo / Albarussum ou Albaruffum, peut se traduire par blanc en arrière plan. Ce qui est une constante géologique des sommets environnants : Ventoux ne signifie pas “venteux” mais “blanc” cf. le celte gwen, et c’est la même chose pour Vénasque.

Le Livre rouge du comte de Toulouse, datant du XIIIe siècle, parle des Albaruffo[3]. Ils sont seigneurs du château du Barroux, à Malaucène (Vaucluse)[4], du Castrum de Albaruffo, et à Carumbo (Caromb), Thoro (Le Thor), selon Les états du Comté Venaissin depuis leurs origines jusqu’à la fin du XVIe siècle.

Pierre-Guillaume du Barroulx est cité, en 1176, comme seigneur de Malaucène, dans le testament d'Ermesinde Pelet († 1176), héritière du comté de Melgueil[5], femme du Duc Raymond VI de Toulouse.

Le 10 mars 1207, le pape Innocent III appelle à la croisade contre les Albigeois par une bulle. Gily et Rostang de Albarufo sont parmi les croisés[6].

W. F. Leemans et Elisabeth Leemans écrivent dans La principauté d'Orange de 1470 à 1580 :

En parcourant l'histoire de cette famille on rencontre plusieurs fois des relations avec la principauté d'Orange ou des intérêts dans celle-ci. C'est pourquoi la généalogie de cette famille est intéressante[7].

Vers la fin du XVe siècle leurs descendants sont laboureurs à Caromb, même s'ils sont encore qualifiés de nobilis[8].

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Le Barroux.

LES ALBARUFFO Modifier

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Des Romains aux premières croisades Modifier

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Ruines du château des Baux.

Sceau baux

Sceau Guillaume Ier des Baux, prince d'Orange, fils de Bertrand et de Tiburge († 1218).

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Castrum de Albaruffo, et de Carumbo (Caromb), Thoro (Le Thor).

[Fichier:A313.jpg|thumb|260px|Raymond de Saint-Gilles, l'évêque Adhémar et les Provençaux, dont sept jeunes nobles de Albaruffum.]]

Les Mémoires de la Société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron, nous dit que :

Marquise des Baux, comtesse de Rodez, se marie en 1267 avec Henri II de Rodez au château du Barroux. Les poètes rouergats et provençaux rappellent lors de la fête à la brillante assemblée que le château du Barroux où se célèbrent les noces de Marquise avec le comte Henri est d'origine romaine, ainsi que l'indique son nom, "Alba Rufi" — Albaroux — et qu'ayant, de toute antiquité, appartenu à la famille des Baux, le castrum et le village, ont été bâtis par leurs ancêtres, les Balthes, rois du temps des Wisigoths[9].

Ça n'est qu'en partie vrai. Il existe une multitude de preuves d'une présence romaine importante dans les environs de Barroux. Mais rien de précis ne permet de relier le château du Barroux aux Romains. De toutes façons après le passage des Sarrasins aucune demeure n'est debout et après la reconquête les pierres servent à construire des maisons et des édifices religieux[10]. Alba Rufi c'est du latin, mais pendant 1.300 années après la chute de l'empire le latin est toujours employé pour les patronymes et les noms de lieux, surtout dans le Comtat venaissin.

Du temps des barbares des évêques, Arthémius et Pétronius, de Vaison, sont à l'origine des nouveaux villages fortifiés dans cette région. Pas de Balthes ou autres rois wisigoths ! Il n'est pas non plus question de seigneurs des Baux[11].

Les origines du village remontent au XIe siècle. Le nom actuel du château et du village, Barroux, dérive du latin Albaruffum, ce qui n'a rien à voir avec le patronyme Baux. Effectivement Le Barroux est mentionné en 1133 sous le nom d'Albaruffum[12]. Pourtant les seigneurs des Baux font leur apparition dès le milieu du XIe siècle. Ils partagent cette seigneurie avec les anciens seigneurs, dont le prénom est souvent Rostaing ou Richaud, comme les Albaruffo.

Dans la Charta qua Richaus de Malaucena, castello, et Rostagnus, fratres..., datant de 1059, donc du milieu du XIe siècle, on apprend que :

Richaus de Malaucène, Raimos son épouse, Rostang son frère et Falatrade son épouse, et alii, restituent à Saint-Victor de Marseille l'église Saint-Victor et Saint-Pierre située à Grausel dans l'évêché de Vaison, avec toutes les églises en dépendant[13].

Ces anciens seigneurs de Albaruffum sont très certainement des Albaruffo[14].

Raymond de Baux, seigneur de Albaruffum, né vers 1075[15] va jouer un rôle politique et militaire de premier plan dans la Provence de la première moitié du XIIe siècle. Lors de la Première croisade, il accompagne en 1104 son frère Guillaume et Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse, en Terre Sainte. Il y va avec sept jeunes nobles de Albaruffum. Ils sont présents à la prise d'Antioche et de Jérusalem[16].

La forteresse au XIIe siècle Modifier

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Château du Barroux - Porte à pont-levis.

Ce haut lieu stratégique a des origines qui remontent au moins au XIe siècle. Le château du Barroux est construit, au XIIe siècle, par les seigneurs des Baux et leur appartient pendant deux siècles. Forteresse militaire du XIIe siècle, située sur un piton rocheux dominant le village du Barroux. C'est un point de vue exceptionnel sur toute la plaine du Comtat, les dentelles de Montmirail, le mont Ventoux.

Les seigneurs des Baux construisent ce château avec certainement les seigneurs locaux, qui y vivent et le défendent.

Le château-fort se développe autour du puissant donjon, épaulé de murailles épaisses. Il sert à la fois de poste de garde et de péage au débouché de la faille géologique naturelle reliant la Provence au Dauphiné. Le Barroux sert de frontière. Il est aussi érigé pour protéger la plaine comtadine contre les invasions sarrasines.

Pierre-Guillaume du Barroulx est cité, en 1176, comme seigneur de Malaucène, dans le testament d'Ermesinde Pelet († 1176), héritière du comté de Melgueil[17], femme du Duc Raymond VI de Toulouse.

Les Albaruffo au XIIIe siècle Modifier

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Le château du Barroux est construit au XIIe siècle, mais il remanié à la Renaissance, puis par Vauban.

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Lors de la guerre des Albigeois, Avignon ayant pris parti pour Raymond VII de Toulouse, est assiégée et prise par Louis VIII le 9 septembre 1226.

Le 10 mars 1207, le pape Innocent III appelle à la croisade contre les Albigeois par une bulle. Gily et Rostang de Albarufo sont parmi les croisés[18].

C'est une transaction entre les chevaliers du Temple, de Malaucène, et le seigneur Guillaume Albaruffa (du Barroux). On voit figurer sur cette transaction le nom de dix religieux. Cet acte est du XII des calendes d'août (21 juillet) 1245[19].

En 1251, Ricaudus de Albarufo de castro de Albarufo et Sancti Ypoliti rend hommage à Alphonse de Poitiers. Sanctus Ypolitus” apparaît aussi au XIIIe siècle et on sait que Saint Hippolyte de Graveron fait partie intégrante de la commune de Caromb dans les siècles suivants.

Richau de Albarufo est cité en 1264, le 7 mars, à Sablet, pour la sentence contre Oudard et sa famille, convaincus de violences envers le bayle de Seguret[20].

Veaux étant une colonie de Malaucène, il est tout naturel que le chef-lieu communal soit en possession des droits seigneuriaux qui s'appellent la tasque, et qui sont plus que la dîme, puisque la tasque produit le neuvième des fruits. Ils consistent principalement en coupes de bois. Ces droits seigneuriaux ont été achetés par la Communauté, dans le courant du XIIIe siècle. Les propriétaires co-seigneurs sont Renouard de l'Espine et son épouse, Pons Guillermin, Rostang Hugo, Albert Leybaud, Pons Chaberlin, Rostang de Parto, Rostang de Albaruffo (du Barroux)...

Les montagnes constituent une grande richesse pour l'élevage, et on ne doit pas s'étonner de voir fréquemment les consuls dans les bois de Veaux, par exemple pour délimiter les consignes riches en glands[21].

Les Albaruffo aux siècles suivants Modifier

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En 1409 : Dominus de Carumbo : nobilis Ricavus de Albaruffo.

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En 1409 : Dominus de Sancti Ypoliti : nobilis Ricavus de Albaruffo.

Nous avons le Cartulaire ou transcriptions de l'acte du 25 janvier 1377, du compromis des habitants de Villefranche et de Mévouillon au sujet de leur différend et de la sentence de nobles Pierre Chomar, du Buis, châtelain, Antoine de Salva, Rican de Albaruffo et Jean Buchet, arbitres choisis pour le terminer, d'après laquelle les habitants de Mévouillon pourront mener paître leur bétail gros et menu dans tout le territoire de Villefranche...[22]. Ils montrent que les Albaruffo sont encore des seigneurs qui ont des connaissances en droit.

Didier, procureur de noble Jean de Albaruffo, seigneur du château de ce nom, engage les biens de feu Rostain d'Auberuffe (1260-1316), sacriste de Gap, au profit de la chapelle qu'il avait fondée en l'église de Gap. Plusieurs Albaruffo deviennent de riches ecclésiastiques.

Lors de la Séance des États sous la présidence du recteur Rodrigue de Luna, les 4 et 5 juillet 1409, les trois ordres protestent de leur fidélité à Benoit XIII, organisent la défense du pays... Est présent nobilis Ricavus de Albaruffo, Dominus de Carumbo (= Caromb), Sancti Ypoliti (= Saint-Hippolyte-le-Graveyron) et coseigneur de Albaruffi avec Raymundus Arnulfi[23].

Autour de Malaucène, au Barroux, la famille des seigneurs de 1359 (Jean et Romain de Albaruffo) doit s'effacer peu après puisqu'en 1467, le fief est à la famille de Peyre (qui détient aussi Beaumes)[24].

Vers la fin du XVe siècle les descendants des Albaruffo sont laboureurs à Caromb, même s'ils sont encore qualifiés de nobilis[25].

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Malaucène, gravure du XVIe siècle.

NOTES ET RÉFÉRENCES Modifier

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  1. Volume 2 de La principauté d'Orange de 1470 à 1580, W. F. Leemans, Elisabeth Leemans, Uitgeverij Verloren, 1986. p.743 et suivantes
  2. Malaucène: aspects de l'histoire entre Ventoux et Ouvèze, Michel Brusset, Le Nombre d'or, 1981.
  3. Bibliothèque Inguimbertine de Carpentras, Fol. 118. De Crest, de Rastello, de Interquallis, de Albaruffo, de Malaucena, Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques de France. Départements — Tome XXXIV. Carpentras. Tome I. Fonds général, Livre rouge du comte de Toulouse, XIIIe siècle.
  4. Le Comtat Venaissin pontifical: 1229-1791, Publications de l'Institut vauclusien d'études rhodaniennes, R. L. Mouliérac-Lamoureux, Comptoir Général du Livre Occitan, 1977. p.33.
  5. du BARROUX
  6. Histoire de la ville de Malaucène et de son territoire. Tome 1, Saurel, Ferdinand (1821-1907), Saurel, Alfred (1827-1887), Éditeur : J. Roumanille (Avignon), Éditeur : M. Lebon (Avignon), 1882-1883.
  7. Volume 2 de La principauté d'Orange de 1470 à 1580, W. F. Leemans, Elisabeth Leemans, Uitgeverij Verloren, 1986. p.743 et suivantes
  8. Volume 2 de La principauté d'Orange de 1470 à 1580, W. F. Leemans, Elisabeth Leemans, Uitgeverij Verloren, 1986. p.743 et suivantes
  9. Mémoires de la Société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron. 1900 (T16)-1905. p.566 et 567.
  10. Histoire de la ville de Malaucène et de son territoire. Tome 1, Saurel, Ferdinand (1821-1907), Saurel, Alfred (1827-1887), Éditeur : J. Roumanille (Avignon), Éditeur : M. Lebon (Avignon), 1882-1883.
  11. Histoire de la ville de Malaucène et de son territoire. Tome 1, Saurel, Ferdinand (1821-1907), Saurel, Alfred (1827-1887), Éditeur : J. Roumanille (Avignon), Éditeur : M. Lebon (Avignon), 1882-1883.
  12. du BARROUX
  13. Acte n°4207 dans Chartes originales antérieures à 1121 conservées en France, Cédric GIRAUD, Jean-Baptiste RENAULT et Benoît-Michel TOCK, Nancy : Centre de Médiévistique Jean Schneider; éds électronique : Orléans : Institut de Recherche et d'Histoire des Textes, 2010. (Telma). En abrégé, citer : Charte Artem/CMJS n°4207 [1]. Date de mise à jour : 29/03/2012.
  14. Volume 2 de La principauté d'Orange de 1470 à 1580, W. F. Leemans, Elisabeth Leemans, Uitgeverij Verloren, 1986. p.743 et suivantes
  15. Seigneurs des Baux sur Medieval Lands, un projet de la Foundation for Medieval Genealogy.
  16. Histoire de la ville de Malaucène et de son territoire. Tome 1, Saurel, Ferdinand (1821-1907), Saurel, Alfred (1827-1887), Éditeur : J. Roumanille (Avignon), Éditeur : M. Lebon (Avignon), 1882-1883.
  17. du BARROUX
  18. Histoire de la ville de Malaucène et de son territoire. Tome 1, Saurel, Ferdinand (1821-1907), Saurel, Alfred (1827-1887), Éditeur : J. Roumanille (Avignon), Éditeur : M. Lebon (Avignon), 1882-1883.
  19. Histoire de la ville de Malaucène et de son territoire. Tome 1, Saurel, Ferdinand (1821-1907), Saurel, Alfred (1827-1887), Éditeur : J. Roumanille (Avignon), Éditeur : M. Lebon (Avignon), 1882-1883.
  20. Musée des Archives nationales: documents originaux de l'histoire de France exposés dans l'Hôtel Soubise : ouvrage enrichi de 1200 fac-simile des autographes les plus importants depuis l'époque mérovingienne jusqu'à révolution française, Plon, 18720 p.143.
  21. Malaucène : aspects de l'histoire entre Ventoux et Ouvèze, Michel Brusset, Le Nombre d'or, 1981.
  22. ARCHIVES DÉPARTEMENTALES ANTÉRIEURES A 1790
  23. Mémoires de l'Académie de Vaucluse (1882), Séguin (Avignon), Macabet frères (Vaison), Impr. Rullière (Avignon).
  24. Malaucène: aspects de l'histoire entre Ventoux et Ouvèze, Michel Brusset, Le Nombre d'or, 1981.
  25. Volume 2 de La principauté d'Orange de 1470 à 1580, W. F. Leemans, Elisabeth Leemans, Uitgeverij Verloren, 1986. p.743 et suivantes

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