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Ernest de Rambaud

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Aer2.jpg

Ernest de Rambaud à la bataille de Balaklava.

RAMBAUD SALOMON.PNG

Salomon, spécialiste des différentes familles Rambaud.

DE RAMBAUD ERNEST 1.jpg

Son habit noir aux boutons dorés (ornés du casque antique, de l'épée et des feuilles de chêne et de Laurier) est passepoilé d'amarante. Le col et le parement des manches portent les broderies supérieurs. A l'épaule droite les aiguillettes dorées sont l'attribut du corps royal d'état-major, de même que la ceinture de soie amarante et or, depuis 1852. De gauche à droite, les décorations sont les suivantes : croix d'officier de l'ordre impérial de la légion d'honneur, médaille d'Italie (1859), ordre italien des saints Maurice et Lazare et médaille de Crimée (1855) avec trois barrettes correspondant à trois batailles auxquelles il a participé.

Aer1.jpg

Le Camp du Ruchard est crée par Ernest de Rambaud.

Château Hauteville.jpg

Le château de La Hauteville où Ernest de Rambaud décède.

Ernest de Rambaud est né à Versailles, le 1er février 1819, dans l’hôtel du Gouvernement, l'ancien hôtel particulier de la Marquise de Pompadour à Versailles. Il est décédé en son château de La Hauteville, le 25 février 1899[1]. Il est inhumé au cimetière Saint-Louis de Versailles le 2 mars 1899[2].


Ernest est le fils d'un Commissaire administrateur des guerres, Auguste de Rambaud (1786 - 1834)[3], et de Françoise Gaudelet d'Armenonville (1800 - 1877)[4]. Son père est écuyer et officier, comme son grand-père Benoît de Rambaud avant lui. Auguste de Rambaud va mourir à 47 ans à Mexico.

Sa mère se remarie le 18 novembre 1834 avec le comte Amédée d'Allonville (1804 - 1885), descendant d'une des plus anciennes familles de la noblesse française[5], la Maison d'Allonville.

Comme presque tous les hommes de sa famille, Ernest veut être officier. Son beau-père, Saint-Cyrien de la promotion 1820-1822, lui conseille de devenir polytechnicien. Après avoir réussi son examen, comme il est l'un des meilleurs élèves de sa promotion il est accepté à l'École d'application du Corps Royal d'État-Major[6]. Mais le choix cette école et celui courageux de sa grand-mère, Agathe de Rambaud, de soutenir celui qu'elle reconnaît comme étant Louis XVII, font que sa carrière va être bloquée. S'ajoute à cela le fait comme il est grièvement blessé pendant la Guerre et souffre de la fièvre typhoïde il se retrouve prisonnier comme toute l'armée Bazaine. Il est donc considéré comme un traître.

Ernest de Rambaud a pourtant fait toutes les guerres du Second Empire. Mais comme il a fait partie des conjurés qui ont fait la Campagne de Paris en 1851, doux euphémisme qui peut se traduire par le coup d'état du futur Napoléon III[7], il est détesté par certains républicains.

Ernest est tour à tour aide de camp du général de Grouchy, de son cousin le général comte d'Allonville, du maréchal Baraguey d'Hilliers. Ils l'apprécient beaucoup et demandent en vain de l'avancement pour lui[8]. Être aide de camp est, à cette époque là, très dangereux.

A l'étranger, du fait de ses actions courageuses et efficaces lors de trois des cinq batailles décisives de la Guerre de Crimée (1854 - 1856), il est l'un des rares non-Britanniques décoré de la Crimea Medal avec trois agrafes officielles britanniques (et pas les non autorisées françaises !)[9]. Il est vrai que c'est son unité qui sauve les survivants de la Brigade Légère après sa célèbre charge[10].

En Italie, Rambaud à Magenta (4 juin 1859) apporte la grande nouvelle de la victoire à Napoléon III[11]. Quelques jours plus tard, après la victoire de Melagno (10 juin 1859) dans un rapport, devenu historique même à l'étranger[12], le maréchal Baraguey d'Hilliers le recommande à nouveau à la bienveillance de l'empereur. Ernest trace avec d'autres anciens élèves de l'École d'État-Major les plans de la victoire de Solférino. Ernest est enfin nommé chef d'escadron[13]. Il est fait officier de l'ordre impérial de la Légion d'Honneur en 1863, et reçoit la médaille d'Italie[14]. Mais comme pour la Crimée, c'est un pays étranger qui lui décerne la plus belle récompense. Vittorio Emanuele II di Savoia, roi d'Italie lui attribue la dignité de chevalier de l'Ordre de Saint-Maurice et Saint-Lazare[15]. En Italie, devient l'ami d'un certain Henri Dunant.

En 1870, Ernest est sous Metz, chef d'état-major de la division Grenier et il est trois fois à l'ordre l'ordre de son corps d'armée[16][17]. Longtemps, les braves gens, soutenus par la présence du général Grenier et de son chef d'état-major, le lieutenant-colonel de Rambaud, se sont défendus contre les Allemands[18]. Mais Ernest de Rambaud est grièvement blessé. Fait prisonnier, il est très bien soigné en Allemagne, ce qui le surprend. Ernest de Rambaud ne combat pas les Communards du fait de sa blessure.

Mais en 1872, le général Changy l'appelle à Tours comme sous-chef d'état-major général. Il concourt alors à la réorganisation du 9e corps[19], et installe en 1872 l'important Camp militaire du Ruchard[20].

Ce sont ses derniers services : l'heure de la retraite sonne pour lui. Il vit ses dernières années au château de La Hauteville et à Versailles, ville qui l'avait vu naître. À La Hauteville, il exploite ses terres et ses bois.

Du fait de son amitié avec Henri Dunant et des liens de ce dernier avec les derniers d'Allonville, il est nommé Directeur du service hospitalier de la Croix-Rouge. Ernest est aussi ami avec le général marquis Gaston de Galliffet, prince de Martigues, ministre de la Guerre quatre mois après sa mort.

Sous le Second Empire, Ernest reconnaît un fils de Naundorf comme étant le prétendant légitime au trône. Mais, après la proclamation de la IIIe République, il séjourne au château de Frohsdorf. Le comte de Chambord, Henri V de France, lui fait cadeau de l'une de ses bagues. Ernest de Rambaud est malgré les idées monarchiste d'une partie de sa famille et de son beau-père, Amédée d'Allonville (1804 - 1885), un officier qui prend part à toutes les campagnes du Second Empire. D'ailleurs sur tous ses portraits et l'unique photo que nous connaissons de lui il porte une moustache en pointe et la forte barbiche au menton, comme l'empereur.


SA FAMILLE Modifier

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De lointains aïeux Modifier

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Sceau mevouillon.jpg

Premier sceau des Mevouillon.

La Prosopographie des Rambaud a comme but d'étudier de possibles ancêtres agnatiques. Si la famille naît au XIe siècle dans les Alpes, son histoire est encore relativement obscure jusqu'au XVe siècle. Ce n'est qu'avec Pierre Ra(y)mbaud, au XIVe siècle que la vie de mes ancêtres est mieux connue.

Le blason des de Rambaud et des Rambaud de Maillou et de La Roque ressemble beaucoup au premier sceau des Mevouillon. Comme on les retrouve parfois sur des terres de cette famille c'est surement là l'origine des trois familles Rambaud nobles au XIXe siècle.

LA DESCENDANCE RAMBAUD DE PONS II DE MEVOUILLON Modifier

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   Pons II de Mevouillon (ca 910-986) 
 ∞ Richilde, originaire de l’Uzège
 │
 ├── Féraud de Nice, évêque de Gap. 
 │
 │
 ├── Pierre de Mirabel
 │
 │
 ├── Pons III de Mevouillon
 │   
 │
 ├── Arnoul de Theys
 │   
 │
 ├── Gérard
 │
 │
 ├── Raoul
 │
 │    
 ├── Laugier de Nice (ca 1050 - 1032)
 │   ∞ Odile de Provence (976 - 1032)
 │
 │
 ├── Rambaud de Mevouillon (ca 960 - après 1023) 
    │                              
    │                                 
    ├── Ripertus Geraldi de Trescléoux, domnus
    |  ∞ Odile de Mison (1024 - 1095)
       │                                    
       ├── Pontius Rayembaldi (1040 - 1095) 
          ∞ Austrudis (1040 - 1100)
          │
          ├── Catherine de Rambaud (1055 - 1100)
          │   ∞ 1067 Jean Joannis
          │   
          │
          ├── Guirand de Raymbaud (1075 - ap. 1149)
             │
             ├── Bertrand de Raymbaud 
                │
                ├── Pierre Rambaud de Montgardin
                |  │
                |  ├── Pierre II Rambaud de Montgardin (1180- 1255)
                |  │   ∞ 1230 membre membre Famille d'Adhémar
                   |   │
                   |   ├── Hugues de Rambaud (1230 - 1285)                                              
                   |     │
                   |     ├── Hugues II Rambaud de Montgardin (1270 - 1352)
                   |     │   ∞ 1342 Françoise Artaud d'Ancelle
                   |         |
                   |         ├── Etienne Rambaud de Montgardin (1340 - après 1399)
                   |         │
                   |         |
                   |         ├── Pierre Rambaud d'Ancelle (1345 - 1414)
                   |         |   ∞ 1380 Catherine membre Famille IsoardIsoard]
                   |         │
                   |         |
                   |         ├── Guillaume Rambaud de Faudon
                   |             
                   |           
                   |   ├── Bertrand Raymbaud (1180/90 - av. 1268)                                  
                          |   
                          ├── Bertrand Raymbaud de Dulions (1230 - ap. 1277)
                            |             
                            |          
                            ├── Raymond Ra(y)mbaud de Dulions (1230 - ap. 1277)
                            │  ∞ une membre Famille d'Auberuffe
                               |
                               ├── Pierre Ra(y)mbaud de Suze (1280 - 1340)
                               │
                               ├── Pons Ra(y)mbaud (1280 - après 1352)
                               |   ∞ 1305 Jeannette de La Bâtie Verdun
                                   |           
                                   ├── Raymond Rambaud de La Bâtie Verdun
                                   |
                                   |           
                                   ├── Pierre II Raymbaud (ca 1310 - après 1365)
                                      │
                                      ├── Catherine Raymbaud 
                                      │   ∞ 1360 Esprit membre Famille Isoard
                                      │   
                                      │
                                      ├── Bertrand Raybaudi (1340 - 1375)
                                      │   ∞ 1370 Antoinette Raymbaud (1350 - 1384)
                                          │
                                          ├── Baude Raymbaud 
                                          │   ∞ 1384 Bérenguier Vulpure de Littera
                                          │
                                          ├── Guillaume Raymbaud de Venelles
                                          │   ∞ Mariola ??? (1390 - après 1468)
                                              │
                                              ├── Thomas Raymbaud (+ après 1487)   
                                              │                                                                                                                            
                                              │
                                              ├── Chiara Rimbaud (1420 - 1470/78)
                                              │   ∞ Jean de Monteux (+ avant 1469)
                                              │   
                                              │
                                              ├── Guillaume II Rambaud (1420 - après 1475)
                                              │   
                                              │
                                              ├── Pons Raybaudi (1420 - 1470/78)
                                              │   ∞ Antoinette Paul (1430 - après 1478)
Pons Raybaudi (1420 - 1470/78)
 ∞ Antoinette Paul (1440 - après 1478)
 │   
 ├── Catherine Rimbaud 
 │  ∞ 1472 Jean Guyot (1450 - après 1531)
 │
 │   
 ├── Elziasse Rimbaud
 │  ∞ Pierre Mondin 
 │   
 |
 ├── Pierre III Rambaud (1450 - ap. 1490)
     │                                    
     ├── Benoît Rambaud (1490 - av. 1552)
         │
         ├── Guillaume III Rambaud (1520 - avant 1562)         
            │ ∞ 1552 Estevenette Ensuque (1539 - 1595)
              │   
              ├── Madeleine Rambaud (1553 - 1607)
              │   ∞ 1572 Antoine de Rians (1550 - 1610)
              │  
              │
              ├── André Rambaud (°ap. 1552)
              │   ∞ 1583 Antoinette Bedos
                  │   
                  ├── Melchior Rambaud (1585 - 1651)
                  │   ∞ 1623 Alexandra de Lavison (1605 - 1664)
                      │   
                      ├── Jean Rambaud (1634 - 1679)
                      │  ∞ 1655 Jeanne Maillet (1635 - 1697)
                         │   
                         ├── Jacques Rambaud (1675 - 1731)
                         │  ∞ 1698 Catherine Chappus (1676 - 1721)
                            │   
                            ├── Jean II Rambaud (1703 - 1762)
                            │  ∞ 1730 Magdeleine Lieutaud (1711 - 1787)
                               │   
                               │── Ursule Rambaud (1738-1780)
                               │  ∞ 1757 Georges Pléville Le Pelley (1726 - 1805)
                               │
                               │   
                               ├── Jean Michel Rambaud (1738 - 1792)
                               │
                               │   
                               ├── Benoît de Rambaud (1750 - 1787)
                               │   ∞ 1785 Agathe Mottet (1764 - 1853) 
                                   │
                                   ├── Auguste de Rambaud (1786 - 1834)
                                   │   ∞ 1817 Françoise Gaudelet d'Armenonville 
 Auguste de Rambaud (1786 - 1834)
 ∞ 1817 Françoise Gaudelet d'Armenonville (1800 - 1877)
 │
 ├── Ernestine de Rambaud (1821 - 1895)
 │    ∞ 1844 Léon Verger (1817 - 1891)
 |
 │
 ├── Ernest de Rambaud
 |    ∞ 1868 Marguerite Le Clerc (1845 - 1920)
      │
      ├── Jean de Rambaud (1874 - 1952)
      │   ∞ [hyp] 1914 N Iôn
      | 
      │   ∞ 1918 Ernestine Million (1890 - 1978)
      | 
      │   ∞ 1897 Eugénie Renault (1876 - 1949)
          │
          ├── Gérard de Rambaud (1898 - 1969)
          │   ∞ 1922 Valentine Odant (1900 - 1993)
              │
              ├── Édouard de Rambaud (1924 - 2012)
              │   ∞ 1946 Monique Lecouteux (1926 - 2012)
              |
              │
              ├──  Michel de Rambaud (1927 - 1980)
              |    ∞ 1952 Françoise Coëffet (1927 - 1994)
                   │
                   ├── Guy de Rambaud (° 1954)
                   │   ∞  Nadia Arrivé (° 1964)
                       │
                       ├── Olivier de Rambaud (° 1990)  

Ses parents Modifier

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De rambaud auguste lille.jpg

Auguste de Rambaud, agenouillé devant Louis XVIII en uniforme de Commissaire des Guerres, le 23 mars 1815, à Lille.

Gaudelet.jpg

Françoise Gaudelet d'Armenonville.

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Son grand-oncle Georges Pléville Le Pelley, corsaire, amiral, ministre.

Ernest de Rambaud est le fils d'Messire Benoît Auguste Georges de Rambaud, Écuyer, est en 1819 ancien Commissaire administrateur des guerres. Il devient alors le secrétaire particulier du Prince de Poix, Louis-Philippe de Noailles. Auguste de Rambaud est le fils unique du colonel Benoît de Rambaud (1750 - 1787), ingénieur-géographe, marié en 1785 à Agathe Mottet, qui a été plus qu’une mère pour le futur Louis XVII, selon l’historien Alain Decaux. Elle est la descendante de la Famille Mottet XIe siècle est la petite-fille du baron Nicolas Mottet de La Motte et la nièce du comte Benoît Mottet de La Fontaine, Ordonnateur des Etablissements français des Indes. L'ancien ministre de la Marine et des Colonies de la Ire République et vice-amiral, Georges Pléville Le Pelley, Sénateur du temps de l'Empire est le grand-oncle paternel d'Ernest de Rambaud. Sa tante, Magdeleine Célinie de Rambaud (° 1787) est morte pendant la Terreur. Côté paternel Ernest de Rambaud est aussi le petit-neveu du :

  • Colonel de la gendarmerie Claude Nicolas Mottet, chevalier dans l'Ordre de Saint-Louis, qui a combattu sur mer et,en Espagne.
  • Colonel Pierre de Labrousse de Ferejac, ancien maréchal des logis des gardes du corps, compagnie du Luxembourg, émigré.
  • Commandant Jean Baptiste Barthélemy Picot de Buissaison (cela s'écrit aussi Buissaizon), chef de bataillon de la garde suisse au château de Versailles. Sous la Restauration, il fait confirmer la transmission de son titre de baron de Basus et majorat venant de son frère aîné le général-baron Picot de Bazus, par lettres patentes le 14 février 1818 de Louis XVIII[21].

Sa mère, Françoise Gaudelet d'Armenonville est la petite-fille de Jean-Baptiste III Gaudelet, banquier de la Marine, et de Thérèse-Françoise du Verger. Veuve de Jean-Baptiste Gaudelet, sa grand-mère et se remarie à Joseph-Mathieu-Emmanuel-Gaspard de Pezénas, baron de Pluvinal. Son grand-père est François Gaudelet, chevalier, seigneur d'Armenonville, industriel (manufacture de tabacs de Morlaix), banquier (Gaudelet-Dubernard & Compagnie, rue de Paradis, faubourg Poissonnière[22]). Sa mère, Françoise Gaudelet d'Armenonville est la petite-fille de Joseph Dubernad, négociant avec l'outre-mer, financier et révolutionnaire breton, cousin du Premier ministre espagnol Francisco, comte de Cabarrús et sa fille Thérésa Cabarrus, prince de Chimay, Notre-Dame de Thermidor.

Ernest de Rambaud est aussi le petit-neveu du :

  • Jean Armand Dubernad armateur, industriel, banquier.


Ernest est le neveu de François Louis Gaudelet, chef d'escadron en 1856 du 3e régiment à pied d'artillerie[23].

La plupart des membres de sa famille sont des francs-maçons (Vénérables, Député, Orateurs...).

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Françoise Gaudelet d'Armenonville-de Rambaud, puis d'Allonville (source : La Lettre de la Miniature).

ERNEST DE RAMBAUD DU TEMPS DE LA RESTAURATION (1819-1830) Modifier

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Sa naissance Modifier

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Acte de naissance d'Ernest de Rambaud (1819-1899).


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Le colonel-baron Louis de La Brousse (Archives Louis de Lyrot-Guy de Rambaud).

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Buste de Philippe-Isidore Picot de Lapeyrouse (1744 - 1818).

Ernest naît en 1819 à l'hôtel du Gouvernement à Versailles. Voici un extrait des Registres d’état-civil de Versailles[24] :
Du Jeudy 4 février mille huit cent dix neuf, une heure du soir, Acte de naissance de Auguste, Louis, Ernest de Rambaud, né le premier du courant à six heures du soir chez ses père et mère, à l’hôtel du Gouvernement, fils légitime de Messire Benoît Auguste Georges de Rambaud, Écuyer, chevalier de l’ordre royal de la légion d’honneur, ancien Commissaire des guerres et de Dame Thérèse Françoise Gaudelet d'Armenonville. Le sexe de l’enfant a été reconnu masculin. Les témoins sont Messires Jean-Baptiste Barthélémy Baron Picot de Buissaizon, chevalier de Saint-Louis, demeurant au château de Versailles, grand-oncle de l'enfant et Louis Marie de la Brousse, Écuyer, lieutenant-colonel, adjudant sous lieutenant major des gardes du corps du Roi, compagnie de Noailles, chevalier de l'ordre Royal et militaire de Saint-Louis, et officier de celui de la Légion d'Honneur, et cousin de l’enfant sur la déclaration du père qui a signé avec les témoins et nous adjoint du maire de Versailles, chevalier de la Légion d'Honneur, faisant par délégation les fonctions d’officier public de l’état-civil, après lecture faite.
Signé : Auguste de Rambaud, baron Picot de Buissaizon, L. de Labrousse

Le prénom Auguste est celui de son père. Louis est le prénom de son parrain, Louis de Labrousse, un des cousins germains de son père qui a été élevé avec ce dernier, pendant sept ans. Le colonel de Labrousse, fils d'un colonel est descendant d'une famille qui joue un rôle important pendant la Fronde. Mais il n’est pas encore baron, comme un autre cousin germain, Jean-Baptiste Barthélemy baron Picot de Buissaizon, fils du baron Jean Baptiste Picot de Buissaizon, ancien chef de bataillon des Gardes suisses. Ce témoin est le neveu de général-baron Picot de Bazus et aussi de l'ancien maire de Toulouse et savant Philippe-Isidore Picot de Lapeyrouse, qui a été emprisonné par les Robespierristes, puis traqué en 1815 par les Verdets (= Partisans de la Terreur blanche)[25].

Son père est Secrétaire du Gouvernement de Versailles (1818-1819) Modifier

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Ernest naît Hôtel du Gouvernement à Versailles. Par la suite ce logement de fonction devient un hôtel de luxe.

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Appartements de Madame de Pompadour (état actuel).

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De nos jours l'hôtel particulier accueille l’Ecole Européenne d’Intelligence Economique

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Philippe Louis de Noailles.

Prince de Poix, Louis-Philippe de Noailles qui est depuis 1814, Gouverneur de la Maison Royale de Versailles et de Trianon, Lieutenant général de Versailles, marguillier d'honneur de la paroisse et secrétaire général du gouvernement de Versailles représente le roi à Versailles. Il a donc en plus a le soin de tout ce qui regarde la fabrique et l'œuvre de la paroisse Saint-Louis. Philippe Louis de Noailles est 2e duc de Poix et 2e duc espagnol de Mouchy, vicomte de Lautrec, Grand d'Espagne, est un ami de la mère d'Auguste, Agathe Mottet-de Rambaud[26].

Comme en 1818 le Prince est un homme âgé et malade il fait d'Auguste de Rambaud le Secrétaire du Gouvernement de Versailles. Par des lettres des 5 et 12 septembre 1818, pour le prince de Poix, nous apprenons que celui-ci est malade à Mouchy. C'est le père d'Ernest qui le remplace dans toutes ses fonctions[27].

Ernest de Rambaud naît dans l'ancien hôtel particulier de la marquise de Pompadour, 7 rue des Réservoirs, qui est le logement du Gouverneur, mais qu'occupe son père.

Louis XV fait construire, en 1752, par l’architecte Jean Cailleteau, un hôtel destiné particulier à Madame de Pompadour. Il est situé à l’extrémité de l’une des ailes du château de Versailles. Un corridor élevé contre le mur du réservoir de l'Opéra, du côté du Parc, permet d'aller, à couvert, du château dans l'hôtel. Ce petit hôtel est composé d’un rez-de-chaussée, d’un étage et d’un comble mansardé couvert d’ardoises. Rousseau l’orne de sculptures. Cet hôtel revient à la somme de 210.841 livres[28].

Le corps de la maîtresse royale est exposé en son hôtel, dans une chapelle ardente. En 1764, son frère, le marquis de Marigny, le vend à Louis XV qui le fait transformer en nouvel hôtel du gouvernement, autrement dit celui du Gouverneur de la ville de Versailles.

En 1793 pendant quelques mois, l’administration du District, s’y installe, mais ce n’est que solution provisoire. L’hôtel est vendu en 1794 à Benoît Buisson, marchand gantier à Paris. Le cadre est si convenable qu’en 1814, le roi de Prusse, l’empereur d’Autriche et l’empereur de Russie y passent quelques nuits. En 1815, c'est au tour du duc de Wellington et du prince Blücher.

Fin 1815, le prince de Poix, lui redonne son rôle d’hôtel du Gouvernement pour loger Ernest. Puis il devient l'hôtel des Réservoirs, l'un des restaurants les plus en renom de Versailles, et qui est a souvent été habité par de grands personnages.

Auguste de Rambaud, son père, se rend à cheval de ses écuries aux châteaux par les jardins qui jouxtent l’hôtel particulier.

Hélas pour Auguste de Rambaud, celui qui était à tous égards son bienfaiteur, écrit Agathe Mottet-de Rambaud dans un courrier à Charles X[29], décède... 14 jours après la naissance d'Ernest. Il faut quitter l'hôtel du gouvernement.

Directeur de la loge de Cassimbazar (1820) Modifier

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Résidence du British Resident à Hyderabad, gendre du grand-oncle d'Ernest de Rambaud.

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La cour de Cassimbazar.

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Cassimbazar : palais Maharaja Manindra Chandra Nandy ou Palais Sripur.

Ses parents partent habiter 32 boulevard de la Reine, à Versailles, puis dans le quartier de l’actuelle place de la Concorde, à côté du château des Tuileries. Ils fréquentent surtout des officiers des gardes du corps du roi, parfois parents avec eux.

Le fils d’Agathe Mottet-de Rambaud part à la fin de l'année 1820 aux Indes, où vivent les descendants du baron Benoît Mottet de La Fontaine, ancien commissaire-ordonnateur des établissements français de l'Inde et gouverneur de Pondichéry, l’un de ses grands-oncles. Henry II Russell de Swallowfield (1783 – 1852) est British Résident de l'État princier autonome d'Hyderabad. Il est marié à l'une des filles de son grand-oncle.

Comme l’écrit Agathe Mottet-de Rambaud quelques années plus tard au roi Charles X :

il pense mettre son épée au service du Nizam d’Hyderabad.

Mais elle oublie de préciser que c’est après n’avoir pas pu obtenir la restitution de la loge française de Cassimbazar. En effet, Rambaud est nommé Directeur de cette loge, après le décès de son prédécesseur, le 28 mars 1820. Est-ce le début d’une carrière d’administrateur colonial ou une façon de se débarrasser d’un membre de la conspiration du Bord de l’eau, organisée par les légitimistes jugé dangereux par le ministre Clarke ?

Cassimbazar est devenue depuis le début du XIXe siècle une ville morte dans un marais malodorant du Bengale. Le Résidant anglais refuse de lui redonner la jouissance d'un privilège absolu de juridiction, en 1820[30]. Deux administrateurs locaux ne peuvent changer des décisions prises par le gouvernement anglais à Londres.

Auguste a juste de la chance de ne pas mourir de la malaria, comme les rares blancs et une partie des indigènes. Après son séjour, les loges de Cassimbazar, Patna et Jougdia ne sont pas restituées[31].

Auguste revient alors en France, car les Britanniques se méfient des Français. Seuls les Mottet de La Fontaine sont acceptés, car ils sont presque tous mariés avec des Anglais.

Fin de vie de son père Modifier

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Certificat de décès d'Auguste de Rambaud rédigé par l'ambassade de Mexico.

Auguste est nommé agent comptable des vivres, à Vendôme, pendant quatre ans et décoré de la Légion d’honneur. Toutefois il préfère démissionner de ce poste peu intéressant.

Son père part au Mexique en laissant les siens à Paris[32]. Selon une légende familiale, il finit sa vie dans la misère en donnant des cours de Français à Mexico ou à des membres de l’aristocratie locale pour survivre.

La réalité est un peu différente : Agustín de Rambaud traduit les grands auteurs français, en castillan, pour le compte du gouvernement mexicain. Il n'est certes pas très riche, mais il devient un traducteur assez célèbre à cette époque, encore cité de nos jours[33].

Sa sœur, Ernestine de Rambaud (1821) Modifier

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Agathe de Rambaud, née Mottet de La Motte, par Jacques Commarmond.

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Louis XVI vient se réfugier à l'Assemblée Législative.

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Château de Morville, appartenant à Louis Groult des Rivières, grand-oncle d'Ernest et Ernestine.

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Henry II Russell, deuxième baronnet de Swallowfield et British Resident de l'important État princier autonome d'Hyderabad, cousin germain par alliance d'Agathe Mottet-de Rambaud fréquente comme elle la Duchesse de Berry.

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Château de Teresa Cabarrus à Fontenay-aux-Roses.

Au début de l'absence de son père, naît une petite sœur, Ernestine, le 8 avril 1821. Le deuxième prénom de l’enfant est Louisa, car le grand-père maternel de Françoise Gaudelet d'Armenonville-de Rambaud, Joseph Dubernad, négociant avec l'outre-mer, financier, cousin du Premier ministre Francisco, comte de Cabarrús a vécu à Cadiz et Sévilla[34]. Son grand-père, Jean-Baptiste III Gaudelet, est un Trésorier de la Marine, issu d'un vieille famille de parlementaires de Dijon, dont parle d'Hozier. Par sa grand-mère Thérèse Françoise du Vergier, Françoise descend des Lantivy.

Ernest a deux ans à la naissance de sa sœur. Sa grand-mère paternelle, Agathe Mottet-de Rambaud, va s'occuper en grande partie de leur éducation.

Son grand-père, le Chevalier de Rambaud (1750 - 1787), est mort en 1787 au Sénégal en essayant d'aller au cœur de l'Afrique. Il a épousé à Versailles deux ans auparavant Mademoiselle Mottet de La Motte (et pas de Ribécourt). Celle-ci, attachée à la personne du Dauphin (Louis XVII) depuis sa naissance, risque sa vie le 10 août aux Tuileries du fait de son dévouement total à ce Prince[35].

La vieille dame paraît encore relativement jeune. Elle est d'un naturel très actif. Agathe touche une pension du roi de 1.000 francs qui s'ajoute à ses rentes qui viennent de l'héritage de Jean II Rambaud (1703-1762), armateur et capitaine corsaire. En tout elle a 10.000 francs par an pour vivre, ce qui correspond à 200.000 francs de capital. C'est peu par rapport aux biens des financiers Gaudelet et Dubernad, mais ces familles sont en partie ruinées et les héritages sont divisés entre de nombreux enfants. Et puis tout est relatif, à l'époque un cocher est payé 150 francs par an et les veuves des victimes de la Vendée survivent avec 50 francs par an. Comme elle a été proche de la famille royale de 1789 jusqu'au 10 août 1792, sa grand-mère permet à sa mère de toucher elle-aussi une pension de 600 francs.

Madame de Rambaud se rend souvent à Montfort-l’Amaury avec sa bru et ses petits-enfants. Dans les châteaux et les belles demeures de sa famille se côtoient Madame de Tourzel, la duchesse d’Angoulême, sœur du prince qu’elle a élevé, et la très belle duchesse de Berry. Celle-ci fréquente outre-Manche le château de Swallowfield Park appartenant la cousine germaine de sa grand-mère, la Baroness Clotilde Mottet-Russell et son mari, Henry II Russell de Swallowfield. Ses grandes dames fréquentent les fêtes, concerts et soirées données notamment par les Le Pippre de Tinques ou les barons de Foucauld. Louis Groult des Rivières - veuf depuis 40 ans de la fille unique du Maréchal et Marquis Philippe Charles de La Fare - et sa seconde femme sont déjà très âgés.

A Paris, malgré le passé révolutionnaire de quelques membres de sa famille, ils participent presque tous à des cérémonies funèbres et expiatoires en souvenir du roi guillotiné ou de Louis XVII, quoique l'Église supprime ces messes n'étant pas sure de sa mort.

Sa grand-mère les emmène parfois à des fêtes aux Tuileries. C'est le cas lors du passage du roi de Naples en 1827, au château des Tuileries. Le roi Charles X pose sa main sur leurs têtes et leur demande leur âge. La duchesse d’Angoulême converse quelques instants avec leur grand-mère et s'informe de ce qui l'intéresse[36].

Ernest est placé très jeune dans différents pensionnats à Paris, tandis que sa sœur, Ernestine, va vivre chez sa grand-mère qui accueille également la baronne Adèle de La Brousse, sa nièce. La pauvre jeune femme vient de perdre son fils et son mari du fait de l’épidémie de choléra de 1832.

Françoise Gaudelet d'Armenonville, sa mère, devient en 1827 libraire, au n° 25 de la rue Saint-Dominique, à deux pas des Invalides. C'est dans cette rue qu'Honoré de Balzac situe les plus beaux hôtels particuliers de La Comédie humaine. Le 25 va devenir un hôtel particulier, l'Hôtel de Fonscolombe-Pascal. Françoise Gaudelet d'Armenonville acquiert une certaine notoriété, puisque le Dictionnaire des femmes libraires en France, 1470-1870, édité en 2003, parle d'elle et de sa librairie[37].

Françoise demeure avant son second mariage au château de Fontenay-aux-Roses, chez sa cousine Thérésa Cabarrus, prince de Chimay, Notre-Dame de Thermidor. Son mari, parti depuis huit années, et décède le 9 janvier 1834.

ERNEST DE RAMBAUD DU TEMPS DE LA MONARCHIE DE JUILLET (1830 - 1848) Modifier

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Son beau-père, le comte d'Allonville Modifier

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Dessin d'Ernest de Rambaud a 11 ans.

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Blason des d'Allonville.

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Hotel d'Allonville-Rambaud.

Le changement de type de monarchie ne désole pas la grand-mère d'Ernest qui considère les Bourbons comme les pires des ingrats. Ses pensions sont maintenues. Le seul problème c'est qu'une partie de ses proches se disent désormais légitimistes.

A l'époque Ernest a 11 ans. Il se révèle très doué pour le dessin et les mathématiques. Comme l'atteste un dessin réalisé par lui très jeune, en 1831. Il n’a encore que 12 ans et dessine ces trois marins bretons à la plume, lavé à l'encre de Chine et rehaussé d'une touche d'aquarelle bleue sur la barque. Cette peinture est un souvenir de vacances passées à Morlaix. Elle représente très certainement les bords de la rivière qui rejoint la mer au port de Morlaix, le Dossen. Dans cette ville, au XVIIIe siècle, la famille de sa mère a occupé un rang très important : maires de la ville, députés, consuls d’Espagne, de l'Empire ou de Toscane, négociants avec l’outre-mer, banquiers, propriétaires de la manufacture des tabacs… En 1789, son grand-père, Joseph Dubernad, a été député du Tiers, à Rennes, et a crée le premier club des Jacobins de Bretagne.

Françoise Gaudelet d'Armenonville se remarie le 18 novembre 1834, à la paroisse Saint Germain-des-Prés, avec le comte Amédée d'Allonville (1804-1886). La Maison d'Allonville a perdu plusieurs des siens pendant la Révolution. Ils sont morts pour défendre la famille royale. Le blason des aïeux d'Amédée figure dans la salle des croisades du château de Versailles.

L'été, Ernest quitte son pensionnat et rejoint sa famille au château de la Hauteville dans le canton de Houdan. C'est une belle propriété en bordure de la forêt de Rambouillet. La ferme se compose de 150 hectares de riches terres et de bois. L’hiver, il séjourne à Noël chez eux, faubourg Saint Germain ou dans l'hôtel particulier de Françoise Gaudelet à Versailles. Son beau-père est un ancien Saint-Cyrien et un officier de la Garde royale. Il a démissionné de l'armée, en 1830, du fait de ses idées légitimistes. Il peut vivre en rentier, car sa mère est d'une famille de financiers, dont le fermier général François Baudon d'Issoncourt, qui vend sa charge à Lavoisier.

Naundorf Modifier

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Article sur Agathe de Rambaud dans le "Journal des débats politiques et littéraires".

A Paris, La grand-mère, Agathe Mottet-de Rambaud, très choquée par la mort du Dauphin au Temple pendant la Révolution, et celle de son fils unique, retrouve chez un individu bizarre, venant de Prusse, des traits physiques ressemblant à ceux de Charles Louis, le duc de Normandie et les mêmes cicatrices.

Ce personnage qui a pris le patronyme de Naundorf est au courant des détails de la vie courante dans l'entourage d'Agathe et de la Reine. Celui-ci va vivre plus d’un an chez elle. Etant malade, Agathe de Rambaud reconnaît sur son corps les mêmes marques et cicatrices qu'elle avait observées chez le Dauphin.

Elle devient son principal soutien ce qui lui vaut bien des persécutions... et lui coûte fort cher.

Ernestine de Rambaud vit chez sa grand-mère, avec Naundorf. Elle se retrouve plongée dans cette affaire. Le Prince se promet d'être un père pour la jeune fille. Dans la réalité c'est elle et surtout la nièce de sa grand-mère, la baronne Adèle de La Brousse qui se charge des enfants de Naundorf.

Ernest du fait de ses brillantes études rencontre rarement le prince de sa grand-mère.

Sa mère et son beau-père n'apprécient pas du tout l'attitude de la vieille dame du fait de leurs idées politiques, car le prince réussit à convaincre bien des nobles légitimistes qu'il est Louis XVII.

Polytechnique (1839/1840) Modifier

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Attaque d'une barricade commandée par un élève de l'école de polytechnique.

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Uniforme des Polytechniciens du temps de la Monarchie de Juillet.

Le 1er septembre 1838, Ernest réussit l’examen pour être admis à l’École royale Polytechnique qu’il passe à Paris. Il n'est toutefois que 115e[38].

L'École Polytechnique est installée sur le site rénové du Collège de Navarre, dans le quartier de la Montagne-Sainte-Geneviève. Elle est depuis sa création un centre d’agitation contre les pouvoirs en place. En temporisant, en gagnant peu à peu du terrain, le général Tholozé, le directeur de l’école est parvenu à rétablir l'ordre matériel, à extirper les mauvaises habitudes, à amoindrir beaucoup les tendances de l'esprit d'opposition. Les jeunes savants de la promotion d’Ernest sont mêlés à nouveau aux révolutions, insurrections ou conspirations parisiennes.

Mais Ernest de Rambaud, descendant de personnes victimes des révolutionnaires et attachées à la famille royale, fait partie certainement des bons, dont parle le général Tholozé. D’ailleurs ses choix futurs vont montrer qu’il est un partisan de l’ordre et de la tradition.

Ernest devient aussi un excellent élève. En 1re année, en 1838/1839, il est 102e sur 124. Mais, en 2e année, en 1839/1840, il est : 84e sur 120. L'administration de cette grande école nous donne une description physique d’Ernest :

cheveux bruns foncés - front couvert - nez moyen - yeux bleus - bouche petite - menton rond - visage ovale - taille : 179.

179 est une très grande taille pour l'époque. En 1870, la taille moyenne des hommes est de 165, alors qu'en 1992, la moyenne sera de 176. Donc il faut rajouter au moins 11 cm à sa taille. Ernest est d’une taille comparable à celle d’un Français du début du XXIe siècle mesurant 192. Tout cela correspond bien à ses portraits, et à sa photo réalisés bien des années plus tard.

Au sortir de l’École polytechnique, il est nommé le 1er août 1840 comme sous-lieutenant au 13e R.I. légère.

L'École d'application du Corps royal d'état-major (1840-1842) Modifier

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Uniforme école royal d'état-major.

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L'École d'application du Corps royal d'état-major est installée en 1842 dans l'hôtel de Sens.

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Cours de topographie et de géodésie fait à l'école d'application du Corps royal d'Etat-Major (1841).

Ernest est sous-lieutenant au 13e R.I. légère quatre mois. Car le 1er janvier 1840, il réussit le concours de l'École d'application du Corps royal d'état-major.

Crée le 6 mai 1818, par le maréchal Gouvion Saint-Cyr, cette école forme vingt cinq jeunes gens, sortis chaque année de Saint-Cyr et de Polytechnique. Cette école recrute donc des sous-lieutenants et permet aux officiers de rentrer dans le prestigieux corps d'État Major. Son rôle est de parfaire l'instruction des meilleurs élèves.

L'école d'application du Corps royal d'état-major est installée en 1842 dans l'Hôtel de Sens. Le nombre des élèves est de 50. Trente viennent de Polytechnique et vingt de Saint-Cyr ou d'une sélection de sous-lieutenants en activité, âgés de moins de 25 ans. La durée des études est de deux ans. Huit mois par année sont consacrés à des travaux intérieurs, trois mois à des travaux extérieurs, le dernier mois aux examens[39]. L'enseignement comporte des mathématiques, de la géométrie descriptive, de la physique, de la chimie, de la cosmographie, de la géographie, de la topographie, des cours d'artillerie, des études des différentes forteresses, une instruction théorique et pratique sur les manœuvres de cavalerie et d'infanterie. L'élève doit aussi se perfectionner, en équitation, en danse, en escrime, en langues étrangères, connaître tous les règlements de l'administration militaire. Ajoutons à cela l'histoire des peuples, l'histoire des guerres, l'art militaire, la littérature, le latin et la rhétorique, sans oublier bien entendu les différents travaux graphiques...[40].

A la sortie de leurs études les lieutenants sont détachés pendant deux dans un régiment d'infanterie et ensuite deux autres années dans un régiment de cavalerie.

Cette école est déconseillée aux jeunes gens par Alexandre de Saillet, dans son livre Les Écoles royales de France. Il signale aussi que les frais de livres sont de 140 francs, ceux d'uniformes de 800 francs et que les élèves officiers doivent se nourrir par eux-mêmes (traiteurs ou restaurants) et payer au Conseil d'administration les gages de domestiques attachés à l'école. Ils ne touchent pour cela que 1.450 francs, puis leur traitement passe à 1.800 francs.

Néanmoins, l'École d'application du Corps royal d'état-major attire l'élite des jeunes aristocrates riches, du fait du bon ton et des manières élégantes des autres élèves. Ils sont invités aux fêtes à la Cour et ont la possibilité de devenir ambassadeur ou général.

Mais les promotions vont être des plus rares et ces officiers sortis d'une grande école suscitent la jalousie des officiers sortis du rang.

Ernest de Rambaud est 15e sur 25 élèves, ce qui démontre encore un progrès au niveau de ses résultats scolaires.

Un jeune officier (1842 - 1851) Modifier

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Aide de Camp, auprès du général Neumayer (1843) Modifier

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Général Neumayer.

Ernest se retrouve le 30 juin 1842 au 27e Régiment d’infanterie de ligne, pour faire ses classes.

Sa sœur écrit à la fille aînée de Naundorf, en 1842 :

Je ne sais encore si je partirai demain pour la campagne de ma petite mère. J'aurais besoin, pour m'y conduire, d'une escorte fidèle, et mon cher frère n'est pas maître de son temps. Si son général n'a pas la galanterie de lui donner un congé de quelques jours pour remplir cette mission de confiance, mon petit voyage sera remis au 15 août.

La jeune Ernestine plaisante certainement car elle est bien au courant des contraintes de la vie militaire. Tous ses proches ou presque sont officiers.

Ernest est nommé le 6 janvier 1843, lieutenant au corps d'État-major, qui est composé d'un nombre déterminé d'officiers de chaque grade.

Le 20 janvier 1843, Ernest de Rambaud est stagiaire au 59e régiment d’infanterie de ligne[41].

Ernest doit faire normalement des stages dans les différentes armes de l'armée durant environ 6 à 8 ans, puis devenu capitaine, il devra être affecté dans un état-major constitué ou servir comme aide de camp d'un officier général. Le 18 juillet 1843, il est provisoirement détaché comme Aide de Camp, auprès du général Maximilien Georges Joseph Neumayer, et le reste jusqu’au 5 août 1845[42].

Ernest de Rambaud est l'auteur d'un Mémoire sur le relevé à vue de la route de Vitré à La Croix du Maine, en septembre 1844 (39 pages et levé).

Mariage d'Ernestine de Rambaud (1844) Modifier

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Ernestine de Rambaud, sœur d'Ernest de Rambaud et l'ancêtre des Gaillard de Saint Germain. Sur ce portrait elle a plus de 70 ans.

Pendant ce temps, le lundi 2 septembre 1844, sa sœur, Ernestine, se marie avec un avocat et magistrat avignonnais Léon Verger qui vit dans un hôtel particulier, rue Banasterie, au pied du Palais des Papes. Ce mariage ne plaît pas au comte et à la comtesse d'Allonville, car les Verger ne sont pas nobles. Ils sont partisans de celui que les d'Allonville appellent l'aventurier prussien qui ruine la famille de Rambaud. C'est d'ailleurs Amédée d'Allonville qui donne les 40.000 francs de la dot.

Agathe Mottet-de Rambaud se soucie désormais plus des enfants de Naundorf que de ses petits enfants. Déjà avec le fils de Louis XVI et de Marie Antoinette elle a agit de même, confiant ses enfants au colonel de Labrousse et à sa sœur.

La nièce d'Ernest, Louise Félicité Verger, naît le 14 juillet 1845, à Avignon.

A la fin de la Monarchie de Juillet (1845-1848) Modifier

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Etat de services d'Ernest de Rambaud (1ère page).

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Prise de l’hôtel de ville (1848).

Rambaud est déjà aide de camp d'un officier général, mais il lui reste un an de stage comme lieutenant qu’il fait du 5 avril 1845 au 15 avril 1846 au 7e régiment de Hussards, régiment de cavalerie au passé glorieux, créés en 1796, et licencié au début de la Seconde Restauration.

Neumayer, son général, est très républicain. Il va devenir célèbre, pour son soutien à la majorité républicaine de l'Assemblée de 1850. Il sanctionne les soldats qui crient : Vive l'Empereur ! lors des parades militaires et va être un adversaire de Napoléon III pendant son coup d’état.

Le 15 avril 1846, à 27 ans, Ernest est nommé capitaine de 2e classe[43].

Le 3 avril 1847, l’armée lui donne une permission, il est enfin disponible.

Mais 18 jours plus tard, le 21 avril 1847, il est nommé à l'état-major de la 4e division militaire, la division territoriale de Tours[44].

La situation politique devient catastrophique pour le roi. C’est la campagne des banquets organisée par les républicains. À Paris, le 23 février 1848, place des Victoires, la garde nationale passe subitement du côté des manifestants et les protège contre les cuirassiers.

ERNEST DE RAMBAUD DU TEMPS DE LA SECONDE RÉPUBLIQUE (1848-1851) Modifier

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Alphonse Grouchy.

Son beau début de carrière dans l’armée va être ralenti par la fin de la monarchie constitutionnelle. Et puis, sa grand-mère et sa mère ne touchent plus de pension pour les soins donnés au Dauphin.

A nouveau le 10 mai 1848 Ernest est disponible.

Le 3 juin 1848, Ernest de Rambaud est nommé aide-comptable du général Alphonse de Grouchy[45]. L’Annuaire militaire de la République française de 1850 (p.66), nous dit que Grouchy est général de brigade à Versailles, et cite aussi Ernest.

Grouchy et Rambaud font partie de l’État-Major de la 2e division active. Le marquis est l’un des organisateurs du coup d’état de 1851, mais il agit dans l’ombre. C’est seulement après la victoire qu’il figure sur la liste des principaux soutiens de l’empereur. Ernest sera de nouveau son aide de camp sous l’Empire[46].

ERNEST DE RAMBAUD DU TEMPS DE NAPOLÉON III (1851-1870) Modifier

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Campagne de décembre 1851 à Paris Modifier

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Ensemble de portraits des serviteurs du premier Dauphin, dont un d'Allonville (étoile jaune).

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Hôtel particulier de son beau-frère, rue Banasterie à Avignon.

Élevé en partie par un père nommé commissaire des guerres car il a accompagné Louis XVIII à Gand et en Belgique, Ernest n'est pas du tout républicain. On a vu que sa famille a souffert des excès de la Révolution, même le ministre de la Marine du Directoire, Georges Pléville Le Pelley.

La famille de son beau-père, les d'Allonville a perdu l’un des siens, Antoine Charles Augustin d'Allonville, lors de cette journée du 10 août 1792 et un autre d’Allonville, Jean Nicolas d'Allonville (1735-1792), est mort pour sauver la vie du duc d’Enghien, lors d’une bataille en Alsace. Les d’Allonville ont tous émigrés… L’un d’eux, Armand d'Allonville est un historien royaliste connu[47].

Du fait de ses origines, mais surtout de la détérioration de la situation politique et économique, Ernest en décembre 1851 participe au coup d'état du futur Napoléon III, appelé Campagne à Paris, dans son dossier militaire. Il n'est pas le seul. Victor Schoelcher l'écrit en parlant des généraux de 1851 :

Tous avaient une égale horreur du parlementarisme et du socialisme qui dissolvent, avec une égale rapidité, l'honneur militaire, la foi au drapeau et l'obéissance aux consignes. …C'est ainsi que les cadets devinrent les aînés, et que le cadre de l'armée active s'habitua aux noms de Saint-Arnaud, de Cotte, Espinasse, Marulaz, Rochefort, Feray, d'Allonville, Gardarens de Boisse, de Lourmel, Herbillon, Dulac, Foray, Courtigis, Canrobert et quelques autres[48].

Armand-Octave-Marie d’Allonville, un cousin de son beau-père, organise le coup d'état avec quelques anciens officiers supérieurs d'Afrique. Le 8 septembre 1851, Ernest de Rambaud est cité comme membre de l'état-major de la division de cavalerie de réserve de Paris, à Versailles[49]. Puis, le 20 janvier 1851, il est enfin capitaine de 1re classe, toujours à Versailles.

Le 18 octobre 1853, sa grand-mère décède à Aramon, à l'âge de 89 ans. C'est un grand choc pour sa famille qui l’aime beaucoup. Agathe Mottet-de Rambaud a passé ses dernières années avec la sœur d’Ernest, dans son hôtel particulier, rue Banasterie à Avignon, chez Maître Verger, le mari d’Ernestine de Rambaud qui est avocat.

Campagne en Orient (1854-1855) Modifier

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Le général d'Allonville dirigeant la charge de l'armée française contre les troupes russes au combat de Kanghil (ou Goughil) dans les plaines d'Eupatria.

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Charge de la division d'Allonville dans les environs d'Eupatoria.

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Entrevue de d'Allonville, commandant d'Eupatoria.

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Médaille de Crimée avec 4 agrafes (Sébastopol, Alma, Inckermann, Balacklava.

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Sir Charles Russell, son cousin (Inkermann, 5 novembre 1854).

Le 27 mars 1854, la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à la Russie. C'est le début de la guerre de Crimée. Napoléon III et le tsar Nicolas 1er se disputent pour assurer la protection des Lieux Saints de Jérusalem, partie intégrante de l'empire turc.

Bretheus est nommé à l'état-major de la division de cavalerie de réserve de Paris en remplacement de M. le capitaine de Rambaud, qui a reçu une autre destination[50].

Ernest de Rambaud est envoyé dès le 28 février 1854, comme capitaine de 1ère classe à l'état-major de l'armée d'Orient[51], ce qui démontre que la guerre est préparée depuis longtemps.

Sous les commandements des généraux Saint-Arnaud et lord Raglan, Français et Anglais débarquent à Eupatoria, dans la presqu'île de Crimée, le 14 septembre 1854. Les assiégeants, au nombre de 185.000, découvrent la dureté de l'hiver russe et doivent mener une épouvantable guerre de tranchées autour de la citadelle de Sébastopol.

Le cousin de son beau-père, le général Armand-Octave-Marie d’Allonville, dont Ernest est l'aide de camp, est né le 21 janvier 1809. Après de brillantes études à l'école d'état-major, il assiste en 1832 au siège d'Anvers en qualité d'aide de camp du général Rulhière, et dès 1838 il est nommé commandant des corps indigènes irréguliers de la province d'Alger. De 1839 à 1848, d'Allonville prend une brillante part à nos laborieuses campagnes contre Abd el-Kader; devant Bougie, à l’Affaire du Cheliff, au combat de Bou-Roumi, à Milianah. Il acquiert la réputation d'être l'un des meilleurs officiers de cavalerie de notre armée d'Afrique. Il est nommé général de brigade en 1853.

D'Allonville reçoit le commandement de la brigade de chasseurs d'Afrique qui est envoyée en Crimée. L'histoire va enregistrer l'héroïque et malheureuse charge de la cavalerie anglaise à Balaklava; sur un ordre venu trop tard, et pour reconquérir quelques pièces de canon turques que les Russes emportent en se retirant. La brigade de Cardigan s'engouffre dans une gorge profonde où l'ennemi la mitraille presque à bout portant. Pas un cavalier anglais ne serait sorti vivant de cette fournaise sans le chevaleresque élan du général d'Allonville et de ses chasseurs d'Afrique, qui escaladent au galop les monticules, où est postée l'artillerie russe et dégagent les débris de la valeureuse cavalerie alliée.

Ce fait d'armes vaut au général d'Allonville le grade de général de division et le commandement supérieur d'Eupatoria, sous les murs de laquelle il remporte encore un brillant avantage sur la cavalerie russe. Ernest est à ses côtés dans toutes ses batailles, comme capitaine d’état-major rattaché à l’état-major général.

À cette époque, Ernest est admis dans la 2e section de l’État-major-général de l’armée, par décret du 5 septembre 1854, avec effet du 6 septembre 1854[52]. Ses collègues sont les chefs d’escadron Ranson et Osmond et les capitaines d’Orléans et de la Hitte.

Ernest de Rambaud participe à cette guerre jusqu’au 20 mars 1855. Il revient en France et est disponible dix jours[53].

Du fait de nos victoires, le Tsar doit demander la paix. Il signe le traité de Paris, le 30 mars 1856.

Ernest est fait chevalier de la Légion d’Honneur. Il obtient la médaille de Crimée, décernée par la reine d'Angleterre aux militaires de tous grades s'étant brillamment comporté pendant l'expédition de Crimée. Reconnue et acceptée par le gouvernement français par décret du 26 avril 1856. Ruban bleu liseré de jaune.

Son cousin proche, Sir Charles Russell, troisième baronnet de Swallowfield, est lieutenant-colonel du 1st Foot Guards (= Régiment des grenadiers de la Garde). Il est présent au siège de Sébastopol et aux batailles de l'Alma, de Balaklava et surtout d’Inkerman. Lors de cette bataille, son unité compte 580 morts et blessés. Il se conduit très héroïquement, prenant et perdant une batterie d’artillerie sept fois.

A son retour en Angleterre Russell est l’un des rares combattants auxquels la reine Victoria épingle la Victoria Cross, Pour le Courage, le 26 juin 1857. Il a de l’avancement et est décoré de la Médaille de Crimée, de la Légion d’honneur et de deux décorations turques[54].

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Charge des chasseurs d'Afrique commandés par le général d'Allonville à la bataille de Balaklava, le 25 octobre 1854. A droite dans la vallée la célèbre charge de la Brigade légère.


Aide de Camp, d'Allonville, puis Baraguey d'Hilliers Modifier

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Le général Armand d'Allonville et son état-major.

Ernest est l’aide de camp du général de division Armand-Octave-Marie d'Allonville, du 28 février 1857 au 11 mars 1858[55]. Armand, comte d'Allonville, général de division, devient sénateur, président du comité de cavalerie, grand-croix de la Légion d'honneur.

Le 11 mars 1858, on retrouve Ernest à l'état-major-général du commandement supérieur de l'Ouest, dirigé par le maréchal Baraguey d'Hilliers. Leur quartier général est à Tours. Rambaud figure comme tel parmi les officiers d’état-major dans l’Annuaire militaire de l'Empire français de 1858[56]. Baraguey d'Hilliers se voit attribuer le bâton de maréchal, le 28 août 1854.

Ernest occupe ensuite divers commandements en France[57]. Il s'ennuie beaucoup même s'il passe une partie de son temps à résoudre et inventer des équations mathématiques.

Campagne d'Italie (1859) Modifier

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Bataille de Melegnano Modifier

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Bataille de Melegnano.

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C'est Ernest de Rambaud qui à Magenta a l'honneur d'apporter la grande nouvelle de la victoire à Napoléon III.

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Le général-duc Alfred de Gramont, parrain de Jean de Rambaud.

La guerre vient troubler la monotonie de la vie de garnison. Nous retrouvons le capitaine de Rambaud, le 24 avril 1859, à l'état-major général du 1er corps de l'armée d'Italie. Il est toujours, le 9 juin 1859, l’aide de camp du maréchal Baraguey d'Hilliers (1795 - 1878). Cet homme énergique, difficile, aussi dur aux autres qu'à lui-même, est l'un des chefs de la droite monarchiste.

L'armée expéditionnaire d'Italie, forte de 110.000 hommes est composée de cinq corps d'armée sous le commandement direct de l'Empereur Napoléon III. Il se regroupe à Alexandrie, au début de mai 1859, sans être inquiété par l'armée autrichienne. La première rencontre a lieu le 20 mai, à Montebello, où la division du général Forey repousse une forte reconnaissance autrichienne. Napoléon concentre alors son armée contre la droite ennemie sur l'axe Novare-Milan. Le 4 juin, les deux armées se rencontrent à Magenta, où les Autrichiens sont battus en dépit de leur forte position. Ils doivent retraiter sur Vérone et Mantoue. Le 8 juin l'armée française entre à Milan.

Le maréchal Baraguey d'Hilliers recommande à nouveau son capitaine d'état-major Ernest de Rambaud[58] à l'Empereur, dans un courrier datant du 10 juin 1859, après la bataille de Melegnano :

Sire, Votre Majesté m'a donné l'ordre hier, de me porter avec le 1er corps sur la route de Lodi, de chasser l'ennemi de San Juliano et de Melegnano... Je lui recommanderai particulièrement le colonel Anselme, mon chef d'état-major, proposé pour général de brigade; le commandant Foy, dont le cheval a été blessé; et qui est proposé pour lieutenant-colonel; le commandant Melin, proposé pour officier de la Légion d'honneur; le capitaine de Rambaud, pour lequel j'ai demandé déjà de l'avancement... Les pertes de l’ennemi sont considérables: les rues et les terrains avoisinant la ville étaient jonchés de leurs morts; 1.200 blessés autrichiens ont été portés à nos ambulances; nous avons fait de 8 à 900 prisonniers et pris une pièce de canon. Nos pertes s’élèvent à 943 hommes tués ou blessés, mais comme dans tous les engagements précédents, les officiers ont été frappés dans une large proportionRevue Militaire Suisse, Volume 4, 1859, p.235..

Au soir du 4 juin 1859, c'est Ernest de Rambaud qui à Magenta a l'honneur d'apporter la grande nouvelle de la victoire à Napoléon III[59].

L'ami d'Ernest, futur parrain de l'un de ses fils, le général-duc Alfred de Gramont (1823 - 1881) est remarqué lors de cette bataille par sa bravoure et blessé d'un coup de feu à la hanche gauche. Le 9e duc et gendre du duc de Choiseul-Praslin à Malakov (18/6/55) est gravement blessé d'un coup de mitraille au jarret gauche, puis à la bataille de Reichoffen (6/8/70) il est grièvement blessé au bras gauche d'un obus, qui lui vaut d'être amputé.

Bataille de Solferino Modifier

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Ernest est fait Chevalier de l'Ordre des Saints Maurice et Lazare.

Baraguey a besoin d'un bon officier d'état-major pour gagner à Solferino. Mac Mahon s'arrête devant le promontoire de Cavriana solidement tenu par l'ennemi. A sa gauche, Baraguey d'Hilliers est le seul chef militaire qui ait montré quelque prévoyance. Il s'attaque aux collines échelonnées devant Solferino. Ernest a tracé les plans de bataille qui mènent nos troupes à la victoire.

Du fait de sa participation décisive à la victoire de Solferino, il est décoré de la médaille commémorative de l'Indépendance italienne et est nommé officier de la Légion d'honneur (L226 2052). Ernest de Rambaud est fait aussi chevalier de l'Ordre des Saints Maurice et Lazare (fondé en 1434 par le duc Amédée VIII de Savoie, renouvelé en 1831, un certain nombre de titulaires jouissaient d'une pension. Ruban vert.). Autre récompense, il est enfin élevé au grade de chef d'escadron.

Ernest devient l’ami de Dunant, le fondateur de la croix-rouge. Quand il se retrouve à la retraite, ce dernier lui confie des responsabilités importantes, la direction des services hospitaliers de la Croix-rouge.

Avancement bloqué (1859 - 1867) Modifier

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Etat de services d'Ernest de Rambaud (2e page).

En 1859, pour honorer le combat de sa grand-mère en faveur de Naundorf, dont elle était sure qu'il est Louis XVII, Ernest reconnaît le fils aîné de Louis XVII, Charles Edmond, Charles X de droit[60]. Si Dunant est très apprécié par Napoléon III et son entourage, la reconnaissance de cet autre Charles X est catastrophique pour la carrière d'Ernest.

Pendant des années, il reste l’aide de camp du maréchal Baraguey d'Hilliers qui commande à Tours le 5e arrondissement . Ils figureront tous les ans dans l’Annuaire militaire de l'Empire français :

Dans celui de 1859, il est cité p.49 : il est le 16e au niveau de l’ancienneté, comme chef d’escadron.

Dans l’Annuaire militaire de l'Empire français de 1860 il est cité p. 49. Il est le 97e au niveau de l’ancienneté comme chef d’escadron, ancienneté 13 juin 1859, aide de camp du maréchal Baraguey d'Hilliers, chevalier de la Légion d’Honneur.

Annuaire militaire de l'Empire français 1861 p.49 : il est le 90e au niveau de l’ancienneté comme chef d’escadron, ancienneté 13 juin 1859, aide de camp du maréchal Baraguey d'Hilliers, chevalier de la Légion d’Honneur.

Annuaire militaire de l'Empire français 1862 p.45 : il est le 75e au niveau de l’ancienneté comme chef d’escadron, chevalier de la Légion d’Honneur.

Annuaire militaire de l'Empire français de 1863 p.49 : il est le 66e au niveau de l’ancienneté comme chef d’escadron, chevalier de la Légion d’Honneur…

Le 1er août 1867, Ernest est élevé au grade de lieutenant-colonel.

Son mariage (1867) Modifier

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Marguerite Le Clerc et son fils Jean de Rambaud (Archives Rodolphe Gaillard de Saint-Germain).

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Château de La Hauteville (2014).

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Frédéric Le Clerc (source : Françoise Tauty, Ingénieur de Recherches, Université François-Rabelais).

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Henri Jacques Goüin-Moisant (1758 - 1823).

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Blason Picot (après 1813).

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Blason Le Pippre

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Septime Le Pippre, cousin d'Ernest de Rambaud.

Le 1er octobre 1867, Ernest est disponible. Il en profite pour épouser Marguerite Le Clerc de Pulligny, fille de Frédéric Le Clerc et Marie Eugénie Meusnier, le 2 mars 1868 à Versailles[61].

Marguerite est née, le 22 juillet 1845, à Tours. Elle a 23 ans, est très jolie, lui par contre en a 49. C'est la fille aînée d'un clinicien français, assez connu à cette époque, élevé et considéré comme son fils par le célèbre Bretonneau (1778 - 1862). Son beau-père est médecin en chef de l'hôpital général de Tours, professeur à l'école de médecine de Tours, chargé de la chaire d'histoire naturelle. Le trousseau de Marguerite est d'une valeur de 5.000 francs, sa dot de 50.000 francs C'est une famille figurant sur L'armorial de Rielstrap (Tome I p.432), armoiries du 28 mai 1623. Leurs cousins proches sont les comtes Leclerc de Pulligny. Marguerite descend par les femmes de grandes familles de la noblesse médiévale. Leur mariage fait l'objet d'un page entière dans le Calendrier de la noblesse de Touraine de 1868, de Carré de Busserolles. La généalogie de la Famille Le Clerc figure aussi bien entendu en bonne place dans cet ouvrage très connu. Voici le texte de leur acte de mariage :

Du lundi 2 mars 1868, 11h et 1/2 du matin, acte de mariage de Auguste Louis Ernest de Rambaud, lieutenant colonel au corps d'état-major, officier de la légion d'honneur, demeurant à Versailles, rue Jouvencel 21, né en cette ville le 1er février 1819, fils majeur de Benoît Augustin Georges de Rambaud, ancien commissaire des guerres, décédé et de Thérèse Françoise Gaudelet d'Armenonville, sa veuve, aujourd'hui épouse de Monsieur d'Allonville, propriétaire avec elle, demeure à Versailles, avenue de Saint-Cloud, 15, ici présente et consentante. Et Marguerite Marie Eugénie Le Clerc, sans profession, demeurant avec ses père et mère à Tours (Indre et Loire), où elle est née le 19 juillet 1845, fille majeure de Louis Joseph Frédéric Le Clerc, docteur en médecine, médecin en chef à l'hôpital de Tours et de Marie Meusnier, son épouse, ici présents et consentants.

Lesquels futurs époux, le mère du futur et les père et mère de la future ont à l'instant représenté le certificat délivré le 29 février dernier par Maître Cabaret, notaire à Paris, constatant que le contrat de mariage des futurs a été passé le même jour devant le dit Maître Cabaret qui en a gardé minute.

Ernest hérite du château de La Hauteville. C'est beaucoup et c'est très peu. Ernest déclare avoir 6.000 francs d’armes et de chevaux… La solde d'un sous-lieutenant est inférieure au salaire des ouvriers parisiens les mieux payés. Ernest de Rambaud est lieutenant-colonel d'état-major. Ses revenus ne lui permettent pas d'aller à toutes les grandes réceptions, d'en donner et d'élever une famille. Avant le mariage la famille de la mariée doit prouver qu'elle est respectable et surtout suffisamment riche pour pourvoir aux frais du jeune ménage. Son contrat de mariage est fort long, donc nous nous contenterons de mentionner les signataires, car presque tous ont une biographie intéressante ou sont d'une famille qui n'est ni très riche, ni de la grande aristocratie, mais qui a laissé une trace dans l'histoire :


  • Madame Rogeard, c'est Élisabeth Sophie Gouïn (1799 - 1881), épouse de l'ancien Commissaire de Dreux, Nicolas Rogeard, nièce de Henri Jacques Goüin-Moisant et belle-mère de Lucas. La Famille Goüin, originaire de Rennes et de ses environs, est l'une des plus célèbres de Touraine, notamment du fait de l'hôtel Gouïn. Sa mère, une Dubernad est la grand-tante d’Ernest de Rambaud.
  • Le baron Picot de Buissaizon, son cousin et ami, est le neveu du général-baron Picot de Bazus et aussi du savant Philippe-Isidore Picot de Lapeyrouse, un temps maire de Toulouse. Étienne Guillaume Ferdinand baron Picot de Buissaizon est propriétaire âgé de 58 ans, demeurant à Versailles, rue Neuve 31, cousin de l'époux.
  • François Boré-Verrier est major au régiment des carabiniers de la Garde impériale, officier de la légion d'honneur, âgé de 46 ans, demeurant à Paris, avenue de la Tour Maubourg. Cette famille éteinte du fait de la 1re guerre mondiale. En 1876 il est général, commandant la 1ère brigade de cuirassiers. Lui et sa femme sont des amis d'Ernest.
  • Aymar Le Pippre (1827-1904), capitaine d’état-major et ami, est le petit-fils du grand-oncle d'Ernest, le général-comte Louis Groult des Rivières. Il est l’auteur du Guide pour la préparation des transports de troupes par les chemins de fer en temps de guerre[62], et sa femme, Thérèse (dite Erina) Delpla, veuve du comte Mac-Carthy Reagh, cousin germain du maréchal Thomas-Robert Bugeaud. Aymar Le Pippre va se remarier avec leur fille Caroline Marc Carthy (1827-1889), elle-même veuve du général Eugène Daumas, directeur des Affaires en Algérie et spécialiste mondialement connu des races de chevaux et auteur de livres également sur l’Afrique du Nord. Les Le Pippre de Tinques figurent sur l’Armorial de Montfort-l’Amaury et sont amis avec la Duchesse de Berry et Madame de Tourzel. Les Mac-Carthy descendent directement de Mug Nuadat, qui règne sur la moitié sud de l'Irlande, tué à la bataille de Mag Léna, près de Kilbride dans le moderne Comté d'Offaly[63]. Ils sont officiers du XVIe au XIXe, négociants en vins à Bordeaux à la fin du XVIIIe. Louis XVI reconnaît leurs origines anciennes. Ils ont donc le droit aux honneurs de la Cour. Thérèse Delpla, Madame Le Pippre, est la fille de Justin Delpla (1766-1834), armateur corsaire de Bordeaux, qui achète le Château de Latour-Camblanes et ses vignes.
  • Septime Le Pippre (1833 - 1871), ami et cousin, est né chez la comtesse des Rivières, née Gaudelet d'Armenonville, son aïeule, grand-tante d'Ernest de Rambaud, à Montfort-l'Amaury. C'est un peintre aquarelliste et un militaire


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Le député girondin Duchastel, cousin de la grand-mère de Marguerite.

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La Baronne de Fussey, comtesse de Pulligny.

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Félix Augustin Leclerc de Pulligny.

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Caroline Archambault du Parc, Comtesse du Chastel, puis de Castelbajac.

Côté Marguerite Le Clerc de Pulligny :

  • Emmanuelle Aimée du Chastel, veuve, son aïeule, est née le 10 juin 1790 à Chouzé-sur-Loire. Elle se sépare d'avec son mari en 1823. Elle vit avec Bretonneau (1778-1862), qui aime Frédéric et Marguerite comme s'ils étaient son fils et sa petite-fille. Le blason des du Chastel est : D'argent à deux tours crénelées d'azur, accompagnées en pointe d'un léopard de gueules et en chef d'une étoile de sable. Elle est la cousine de Gaspard Séverin Duchastel (1766 - 1793) qui va voter contre la mort du roi, très malade et porté par ses camarades girondins. Elle est aussi la cousine du maréchal de camp Louis Claude Duchastel de La Martinière
  • Victor Leclerc de Pulligny (1818 - 1906) est fait comte héréditaire palatin du palais du Latran, en février 1857. Il obtient avec son frère de relever le nom de Pulligny le 18 mars 1852. Tous deux y seront légalement autorisés par décret impérial du 25 juin 1860 et décret du Conseil d'État du 3 août 1861. Les Le Clerc de Pulligny sont une famille citée dans le Nobiliaire de Normandie, d'Édouard Drigon de Magny. Augustin se marie avec Pauline Elizabeth de Fussey, le 17 mai 1852, à Paris. Elle est la fille du comte Jean Baptiste Édouard de Fussey, illustre veneur, pour l’Encyclopédie de la vénerie. Chérin envoie un mémoire où il conclut : La famille de Fussey passe avec raison pour l’une des plus anciennes de Bourgogne, où elle est connue depuis plus de 500 ans. Sur le vu de ce mémoire le marquis de Fussey avait eu le droit aux honneurs de la Cour. Le colonel Arnaud précise qu’ils portent : D'argent, à une fasce de gueules, accompagné de 6 merlettes de sable, 3 en chef rangées, et 3 en pointe, 2 et 1 (Bourgogne Lorraine). C’est en réalité une famille originaire du Barrois et il est amusant de constater qu’après 200 ans en Touraine après les Le Clerc n’ont pas oublié leurs origines. Gustave Chaix d’Est Ange, dans son Dictionnaire des Familles françaises, cite parmi les principales alliances de la famille Fussey, ce Le Clerc de Pulligny et indique que sa femme est veuve d'Hippolyte Frédéric Ladureau de Belot, dont elle a eu un fils qui est élevé pendant 10 ans par son beau-père Victor Le Clerc de Pulligny. Ce marquis Paul Léon Ladureau de Belot se marie avec l’une des petites-filles de Sophie Rostopchine, comtesse de Ségur, Camille de Malaret (l’une des Petites Filles modèles). Hélas, ce n'est pas un mariage heureux ! Camille dès son plus jeune âge a des problèmes de santé. Elle meurt à 34 ans et leur fils peu de temps après. Victor Le Clerc de Pulligny est Président du C.A. du Chemin de Fer de Lyon à la Croix-Rousse[64]. Il meurt en 1906. La comtesse est morte dès 1875.
  • Félix Augustin Leclerc de Pulligny (1821 - 1893). Les Huvé de Garel portent : D'argent, à un chevron d'azur accompagné de 3 merlettes de même. (Vexin) La plupart des membres de cette famille étaient architectes du roi[65].
  • Le comte Frédéric du Chastel (1823 - 1878) et Caroline Archambault du Parc, cousin et sa cousine. Veuve se remarie en 1879 au Comte Jean de Castelbajac.

Fin du Second Empire Modifier

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Sa nièce et quelques uns de ses enfants.

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Son mari, le comte Eugène Gaillard de Saint-Germain (1835 - 1907) jeune.

Ernest est présent au mariage le 18 avril 1868, à Avignon, de sa nièce Félicité Louise Verger, la fille de sa sœur Ernestine, avec Eugène Gaillard de Saint-Germain, receveur particulier des finances, ancien officier. L'acte précise qu'Ernest est domicilié à l'époque à Versailles.

Le lieutenant-colonel Ernest de Rambaud rejoint le camp de Chalons, le 31 mai 1868[66], après 8 mois de disponibilité. C’est Baraguey d'Hilliers qui commande le camp de Chalons.

Le 4 février 1869 naît 24 rue Neuve, Germaine de Rambaud, son premier enfant. Il est chef d'état-major de la 7e division militaire. Son parrain est le vicomte Édouard Mareschal de Vezet, d'une famille de la noblesse franc-comtoise, originaire de Vuillafans, où elle est citée dès 1394. Cet ami va être le commandant d'un bataillon de mobiles du Doubs pendant la guerre de 70.

Le 18 mai 1870 naît 35 rue de l'Impératrice (actuellement rue Jeanne d'Arc), à Rouen, son fils Jacques. Le parrain est son ami Henry Eugène Séguineau de Préval, polytechnicien comme lui. Il a fait la Crimée, Solférino et Magenta, avec lui. Ami de Dunant, il signe comme plénipotentiaire de l'empereur Napoléon III la Convention des blessés de guerre à Genève qui crée la Croix-Rouge (1863-1868). Il est Intendant militaire de Rouen. Ernest, futur directeur des services hospitaliers de la Croix-Rouge, l'aide déjà à développer les services de la C.R.. Il est chef d'état-major de la 2e division militaire ce qui lui donne beaucoup de pouvoirs administratifs. Nous les retrouverons dirigeant la C.R. française après la guerre.

Le 16 juillet 1870, Ernest est chef d'état-major de la 2e division d'infanterie du 4e corps d’armée du Rhin[67].

Le général Étienne Hugues Rose, commandant de 4e corps d’armée est malade d'une sciatique et de rhumatisme aux genoux, écrit le lieutenant-colonel de Rambaud, son chef d'état- major, il est dans les emplâtres et ne pourra pas faire campagne, il ne peut marcher[68].

LA GUERRE DE 70 Modifier

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Début des combats (juillet) Modifier

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Caricature de maréchal Lebœuf.

La déclaration de guerre par la France est signée par Napoléon III le 19 juillet 1870. Le maréchal Edmond Lebœuf ose proclamer : Il ne manque pas un bouton de guêtre.

Le lieutenant-colonel Ernest de Rambaud arrive, malgré les trains des compagnies du Nord et de l’Est, avec la 2e division d'infanterie du camp de Chalons le 22 juillet. Le 4e corps d’armée du Rhin est au complet.

La 2e division d'infanterie à peine débarquée du train est envoyée à marche forcée à Filstroff, c’est à dire à l’avant-garde du 4e corps d’armée, à 15 km de la ville de Saarlouis, que les stratèges de l’armée française veulent conquérir en premier. Nous sommes le 23 juillet.

Le 29, l’Empereur ordonne à la 2e division d’aller camper à Boulay. Il veut ainsi resserrer sur le centre les unités de l’aile gauche. Ernest, comme tous les officiers est au courant de la puissance militaire allemande. Il est atterré en apprenant la neutralité des Autrichiens et des Italiens.

Le 5 août, le maréchal Lebœuf les renvoie sur la route de Boulay à Saarlouis. Ce mauvais stratège pense que l’ennemi va attaquer 70.000 Français avec 40.000 hommes et comme cela nous emporterons très vite la victoire. Toutes ces marches fatiguent notre infanterie et font penser à l’ennemi que le 4e corps bat en retraite. Arrivé à Boulay Ernest apprend à son général qu’ils doivent repartir en direction de Boucheporn, à côté de Saint-Avold.

Défense de Metz (août-octobre 1870)Modifier

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L’état-major du 4e corps d’armée est en 1870 installé au château de Grimont.

Les désastres que connaît l’armée française à l’est de leurs positions font que l’état-major décide d’envoyer le 4e corps d’armée défendre Metz.

Dans la nuit du 8 au 9, ils déguerpissent de Boucheporn, sans alerter les Prussiens. Ils se retrouvent le soir à Sainte-Barbe et Glatigny, à l’est de Metz.

Le 11 août 1870, Ernest va de l’état-major du 4e corps d’armée installé au château de Grimont jusqu’à celui de la 2e division d'infanterie qui est basé devant le fort Saint-Julien, sur le plateau.

Bataille de Borny-Colombey (14 août 1870 ) Modifier

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Bataille de Borny-Colombey.

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Général de division Grenier.

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Le général prussien Karl Friedrich von Steinmetz.

La bataille de Borny-Colombey a lieu le 14 août 1870 à l’est de Metz. Il s’agit d’un combat entre les arrières-gardes de l’armée de Metz, sous les ordres du maréchal Bazaine et les avants-gardes Ière armée allemande sous les ordres du général Karl Friedrich von Steinmetz.

Le 14, l’ennemi attaque le 4e corps avec des forces nettement supérieures aux nôtres. La 2e division du général Grenier en arrière garde.

Les trois autres divisions se replient dans la vallée de la Moselle, mais la 2e division d'infanterie résiste et conserve ses positions sur le plateau.

L’avant-garde de la 2e division dévale de Servigny-lès-Sainte-Barbe. La division du général Grenier fait face autour du village de Mey puis, renforcée par les divisions Cissey et Lorencez, elle reprend Nouilly. Ils attaquent même l’ennemi en criant : Vive la France !. Ernest de Rambaud est cité à l’ordre du jour n° 20 du 4e corps d’armée du Rhin comme s’étant particulièrement distingué pendant les combats du 14 août.

La division du général Grenier, le lendemain, défend le village de Mey. Elle fait face à la 2e division prussienne et une puissante artillerie. Les combats sont d’une extrême violence, mais ces Français-là ne reculent pas.

Toutefois l’ennemi reçoit des renforts. La 2e division d'infanterie affronte désormais le VIIe corps et sa puissante artillerie. C’est une véritable trombe d’obus. Soldats et officiers se font décimer et doivent reculer jusqu’au village de Mey. Mais, par des charges, ils reconquièrent le bois de Mey.

Les Prussiens n’acceptent pas leur défaite. L’artillerie du Ier corps prussien vient renforcer celle du VIIe corps. La terre est littéralement labourée par les projectiles. Les survivants de la 2e division d'infanterie tentent une percée dans les lignes ennemies. Le colonel Lion, un drapeau à la main, réussit à reformer un bataillon dans le village de Mey et ouvre le feu à volonté contre le bois reperdu, d’où les Allemands n’osent plus sortir. Le 20e bataillon de chasseurs attaque le bois. Il sonne la charge. Tous les Français, même les blessés ré-attaquent le bois de Mey et en chasse les Prussiens. Deux divisions ennemies s’enfuient. Seul le lieutenant-général von Bentheim évite une débâcle totale en se jetant devant les fuyards[69].

Mais pour éviter un encerclement, la 2e division du général Grenier reçoit l’ordre de quitter Mey, pourtant si chèrement défendue. Ils font 9 km de nuit. 32.600 hommes traversent une rivière sans éclairage pour éviter les tirs prussiens. Le général de Ladmirault doit essayer de reformer ses unités de combat confondues par les hasards de la lutte. Les routes sont encombrées par les troupes de réserve qui fuient. La 3e division d'infanterie se replie avec le général, laissant les restes de la 2e division d'infanterie, défendre Le Sansonnet et la plaine de Woippy. L’ennemi envoie en première ligne plusieurs corps d’armée, du fait de la mobilisation de ses réservistes, des neutralités italiennes et autrichiennes et surtout de leurs victoires en Alsace.

La 2e division d'infanterie et la 1re division d'infanterie du 4e corps d’armée défendent désormais seules Metz contre le gros de la IIe armée. Longtemps ces braves gens, soutenus par la présence du général Grenier et de son chef d'état-major, le lieutenant-colonel de Rambaud, se sont défendus sur la crête que borde au sud le grand ravin de Greyre[70].


Pendant ce temps l’Empereur et son fils se soucient de récupérer leurs bagages…

Bataille de Mars-la-Tour (16 août 1870) Modifier

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Bataille de Mars-la-Tour (16 août 1870).

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Le soir de la bataille de Mars-la-Tour, le 16 août 1870.

Les forces du 4e corps sont divisées en deux. Ce matin du 16, le lieutenant-colonel Ernest de Rambaud est encore avec les défenseurs de Metz. Il fait se déployer les survivants de la 2e division d'infanterie qui marche en tête entre Bruville et Saint-Marcel.

Non loin de là, la brigade allemande von Wedell se dirige sur le général Grenier retranché à Grizières. Lorsqu'elle apparaît au sommet de la crête, elle est accueillie par les balles des soldats de Grenier.

Puis, cette division fonce sur Thionville obligeant la gauche de la IIe armée allemande à reculer. Le général von Alvensleben se résout à voir périr tout son corps d’armée plutôt que d’abandonner deux villages qu’il vient de conquérir.

Le lieutenant-colonel Ernest de Rambaud malgré les pertes dues à l’artillerie prussienne attaque l’ennemi avec des rescapés de ces terribles affrontements. La 24e division prussienne s’enfuit au pas de course. La 20e la suit, ainsi que les troupes du colonel von Lyncker. Les Français se ruent sur les soldats prussiens épuisés.

L’artillerie de la division Garnier massacre une partie des fuyards. Au bout de quelques minutes le 16e régiment prussien est contraint lui-aussi de sonner la retraite. Se laissant glisser dans un ravin, ses bataillons sont presque entièrement anéantis.

Ernest de Rambaud est cité à nouveau à l’ordre du jour de son corps d'armée, pour sa participation décisive aux combats du 16 août[71].

Bataille de Gravelotte (18 août) Modifier

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Bataille de Gravelotte.

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Les Prussiens sans cesse repoussés lancent contre le 4e corps leurs unités de la Garde.

Le 18 août, il pleut comme à Gravelotte. La 2e division défend Montigny-La-Grange et Amanvilliers. Les premiers obus tombent sur les marmites au moment où la soupe va être distribuée. Les régiments se forment alors avec une précision digne de la parade. Le feu de toutes les batteries ennemies s’acharne pourtant sur leurs faibles rangs.

Les survivants restes de la brigade Bellecourt attaquent la longue ligne des batteries du IXe corps allemand. Ses mitrailleuses fauchent tous les canonniers ennemis.

La brigade Pradier n’arrive pas à reconquérir les fermes de Champenois et de L’Envie. Elle se déploie entre Montigny-la-Grange et Amanvilliers.

Les Français de cette division Grenier font mieux que se défendre : ils repoussent l’ennemi qui éprouve de lourdes pertes. Moltke est contraint d’engager ses réserves pour empêcher les Français de percer sa ligne. Ernest de Rambaud est cité une fois de plus à l’ordre du jour pour son attitude courageuse lors de cette journée du 18 août[72][73].

Mais, Bazaine, obnubilé par les combats qui ont lieu sur son aile gauche (au sud), sous-estime ce qui se passe sur son aile droite (au nord) et oublie de soutenir Canrobert en difficulté. Toute la journée les obus tombent sur la 2e division. La concentration d’artillerie allemande est importante.

Dans la soirée après avoir attaqué l’ennemi et subit de nombreuses offensives allemandes, les rescapés doivent subir les attaques de régiments de la Garde. Les pertes ennemies sont très importantes. Dans la nuit le 4e corps d’armée reçoit l’ordre de se replier sur Le Sansonnet[74].

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Mort du major von Halden.

Siège de Metz (18 août - 27 octobre) Modifier

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Combats d'Ernest et sa 1re brigade à l'ouest de Metz (1870).

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Ernest de dos à la bataille de Servigny (31 août 1870).

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Reddition de Bazaine à Metz.

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Valeureux officiers et soldats brûlant leur drapeau pour qu'il ne tombe pas aux mains des Prussiens.

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La Brigade Bellecourt à l'Armée du Rhin.

Confiée au maréchal Bazaine, l'armée du Rhin est bloquée sous les murs de Metz à partir du 18 août. Il faudrait rejoindre l’armée de secours en ne laissant que 50.000 hommes pour défendre Metz, et faire face aux Allemands à Verdun. Mais, là-encore, l’Empereur laisse une grande armée se faire encercler. Bazaine va disposer en tout avec la garde nationale, les mobiles et 20.000 paysans en armes, de 240.000 hommes et une puissante artillerie. Les fortifications de la ville sont importantes. Mais, bien entendu, le ravitaillement devient vite très rare et le moral des hommes et des officiers baisse.

La 2e division du général Grenier défend la rive gauche de la Moselle à Lorry-les-Metz. Ils n’ont plus que du cheval à manger et pas de foin pour les chevaux. Et pas de tente et de bidons... Les actions militaires sont le fait de compagnies franches qui essaient d’empêcher l’ennemi de construire des fortifications autour de la ville. Une attaque est menée… toute l’armée perce les lignes ennemies sous une pluie diluvienne. Mais à la nuit, le commandant de la place obtient de Bazaine qu’ils reviennent pour défendre Metz… sous la pluie.

La 2edivision combat le 1er septembre en face de Poixe. Des offensives allemandes et leurs tirs d’artillerie causent des pertes importantes aux assiégés.

Le 4e corps d’armée est chargé d’établir des défenses entre Longueville et Woippy. Les officiers se demandent toutefois pourquoi Bazaine ne brise pas le blocus allemand. Quelques attaques couronnées de succès montrent que c’est possible. La 1ère brigade Bellecourt, que commande Ernest s’empare de Lessy et de Vigneulles[75]. La brigade prend ensuite Plesnois. Mais le maréchal lui a désigné des lignes à ne pas dépasser[76].

La nouvelle de la capitulation de l’Empereur et la proclamation de la république confirmée vers le 10 septembre par un officier échangé, est annoncée le 12 par Bazaine à ses officiers. Elle crée chez eux une stupeur douloureuse. Mais le siège continue.

Le maréchal Lebœuf, l'un des principaux responsables de notre défaite cherche à se faire tuer, il ne réussit qu’à faire tuer les officiers de l’état-major du 4e corps. Ernest est l’un des rares survivants, mais il est gravement blessé.

Le 7 octobre les négociations commencent. Le 17, Bismarck fait courir le bruit que la France est à feu et à sang, que les anarchistes tiennent Paris et que le drapeau rouge flotte partout en province. Bazaine dit n’avoir plus de vivres et de munitions. Le 27 octobre 1870, Bazaine se rend. Metz capitule. 31 drapeaux français sont détruits ou brûlés pour ne pas tomber aux mains de l'ennemi. La capitulation de Metz livre aux Allemands 3 maréchaux, 6000 officiers, 173.000 soldats un matériel considérable, 1600 canons et 250.000 fusils. L’opinion publique française est atterrée et Gambetta déclare :

Metz a capitulé. Un général sur qui la France comptait, même après le Mexique, vient d'enlever à la patrie en danger plus de cent mille de ses défenseurs. Le maréchal Bazaine a trahi. Il s'est fait l'agent de l'homme de Sedan, le complice de l'envahisseur, et, au milieu de l'armée dont il avait la garde, il a livré, sans même essayer un suprême effort, cent vingt mille combattants, vingt mille blessés, ses fusils, ses canons, ses drapeaux et la plus forte citadelle de la France, Metz, vierge, jusqu'à lui, des souillures de l'étranger[77].

Les officiers du 4e corps contrairement à d’autres se bornent à promettre d’obéir aux ordres de Bazaine. 42.483 hommes de son armée sont morts pour rien sans avoir laissé à l’ennemi un seul drapeau, ni un seul canon. Le lieutenant-colonel de Rambaud, blessé grièvement et a la fièvre typhoïde, ne se rend cependant que le 29 octobre 1870, soit deux jours après les autres officiers[78]. Le colonel R. de Courson de La Villeneuve, en 1903, écrira un livre sur les exploits de La brigade Bellecourt à l'Armée du Rhin. Il raconte les attaques en masse au ravin de la Cuve, à Vernéville, à Servigny[79].

La seconde armée allemande est alors libre de rejoindre la vallée de la Loire dans le but de vaincre l’Armée de la Loire[80].

ERNEST DE RAMBAUD DU TEMPS DE LA IIIe RÉPUBLIQUE (1870-1899) Modifier

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Prisonnier Modifier

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Dunant, ami d'Ernest, fonde le Comité international de secours aux prisonniers de guerre.

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Galliffet, prince de Martigues, devient son ami en captivité. Ce général n'a alors que 40 ans.

Depuis le 19 juillet, Ernest de Rambaud fait campagne contre l'Allemagne, mais, le 29 octobre 1870, après une centaine de jours de combats, il est fait prisonnier de guerre, à Metz. En cinq mois de guerre contre la Prusse, les Français laissent entre les mains de leurs adversaires 371.981 hommes et 11.810 officiers. Ces prises posent aux Allemands un problème d’autant plus difficile à gérer qu’elles se sont faites par vagues brutales. Surpris par leur propre succès, ils doivent improviser.

Toutefois, Ernest, gravement malade et atteint de la fièvre typhoïde, reçoit les soins de médecins habiles et de religieuses dont le dévouement est à toute épreuve, et ces soins comme aussi la nourriture se proportionnent suivant la gravité de la maladie[81]. Malgré l'état déplorable des prisonniers à leur arrivée, les médecins militaires allemands parviennent peu à peu à faire baisser le taux de mortalité. C'est dans les hôpitaux de Metz, du temps de Bazaine, que sont morts 6.500 militaires et 2.000 civils.

D'après les observateurs, notamment suisses et français, qui peuvent visiter ces prisonniers, leurs conditions de détention sont jugées acceptables. Ernest parle l'allemand avec le personnel hospitalier. C'est une langue qu'il a longtemps étudiée au lycée et à Polytechnique. C’est même la matière où il avait ses meilleures notes.

De son côté, la Croix-Rouge se mobilise pour créer des services adaptés aux besoins des prisonniers. Sous l’emblème d’une Croix verte pour ne pas créer de confusion avec l’agence internationale de secours aux militaires blessés, elle fonde le Comité international de secours aux prisonniers de guerre. Ernest de Rambaud saura se souvenir du travail de son ami Dunant et de la Croix-Rouge après la guerre en acceptant de devenir directeur du service hospitalier de la Croix-Rouge, pour la France et ses colonies.

Ernest de Rambaud est soigné trois mois et demi dans un hôpital prussien de Cologne. Le 15 février 1871, Ernest est convalescent. Les officiers peuvent rentrer chez eux s’ils renoncent à faire la guerre. Ernest refuse. Il est assigné à résidence à Cologne. Il reçoit, comme ses collègues, du gouvernement allemand une demi-solde de captivité[82]. Les Allemands le logent dans un hôtel réquisitionné. Les officiers conservent leurs armes et les objets leur appartenant en propre. On rencontre dans la meilleure société, au théâtre, au concert[83].

En captivité, Ernest de Rambaud devient l’ami du dernier marquis de Martigues, le général et futur ministre Galliffet. Ce dernier a commandé les célèbres charges à Floing.

La Commune (1871) Modifier

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Georges Le Pelley de Pléville et son cadeau des Anglais, volé à ses descendants par les communards.

En France, Paris, affamé, épuisé, bombardé, après l'échec de la sortie de Buzenval se rend le 28 janvier 1871. La situation à Paris correspond au mensonge fait par le passé par Bismarck au général Boyer. Une partie du peuple de Paris, désespéré par la misère résultant du siège et des nouvelles lois qui l'accablent, se fédèrent avec de nombreux bataillons de la Garde Nationale, puis avec une partie des troupes de Paris, ils forment le 26 mars 1871, le Conseil de la Commune de Paris.

Le gouvernement légal se retire à Versailles où siège l'Assemblée et décide avec l'aide d'une armée formée avec les prisonniers revenus d'Allemagne et des paysans de faire le siège de la capitale. Cette armée est commandée par Galliffet, qui est l'ami d'Ernest. Les combats sont sanglants. Tout d’abord, les notables et les prêtres sont massacrés. Puis, la ville est bombardée. Les communards brûlent les principaux édifices (dont les registres et les archives des Parisiens). Ils pillent l'appartement des descendants de Georges Pléville Le Pelley, ses cousins. Le 21 mai 1871, les Versaillais pénètrent dans Paris et livrent de furieuses batailles pendant la semaine sanglante. La répression se poursuit pendant de longs mois. De cette répression approuvée par une bonne partie des Français naît difficilement la IIIe république.

Le dossier militaire d'Ernest du 15 février 1871 au 26 octobre 1872 est disponible. Ce qui veut dire qu’il n’a pas participé ni à la répression, ni bien entendu à l’insurrection communarde. Il est certainement très faible, puisque l'armée ne fait pas appel à lui.

Le comte de Chambord Modifier

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Le Comte de Chambord.

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Bague offerte à Ernest de Rambaud par le comte de Chambord. Au doigt de sa petite-fille, Pauline de Rambaud, née en 1919 au Pirée.

Ernest a 53 ans, le 26 octobre 1872, quand il est nommé au poste de sous-chef d'état-major général du 7e corps d'armées. Le 1er novembre 1872, le ministère le nomme chef d'état-major de la 18e division d'infanterie du 9e Corps. Ernest figure comme tel dans l'Annuaire de l'Armée française..., publié par le Ministère de la guerre de 1873.

Il est toujours au même poste le 7 mars 1874 quand naît son fils Jean dans la maison où il vit alors 14, rue des Amandiers à Tours. Les témoins sont son ami le comte de Gramont, un royaliste, général commandant la 35e brigade d'infanterie et un cousin de l'enfant le comte Frédéric Le Clerc du Châtel.

Ernest n'a pas d'avancement de 1870 à la retraite. Un courrier dans son dossier de l'armée de terre précise qu'une loi de la IIIe république condamne les prisonniers de Sedan et de Metz à ne plus avoir d'avancement et que c'est son cas..

En réalité ce sont certainement ses idées royalistes et ses origines nobles qui lui valent de ne pas finir général comme la plupart des autres polytechniciens. A cette époque de nombreux nobles et royalistes ou partisans de l’empereur sont chassés de l’armée. Ils sont remplacés par d’anciens sous-officiers. Son ami, le comte de Gramont, IXe duc du nom, frère de ministre, ne peut devenir divisionnaire. Les bureaucrates des ministères disent de lui :

A une certaine morgue qu'il cache sous l'apparence d'une familiarité hautaine. A conservé le sentiment très vif de son origine aristocratique. Parle trop de politique.

Ernest rencontre le comte de Chambord. Selon sa petite-fille, Pauline de Rambaud, il va en Autriche à la demande du prétendant légitimiste. Ils discutent des heures et des heures de l'avenir de la France. Henri d'Artois lui fait cadeau de l'une de ses bagues, que sa descendante va aimer porter.

Le camp du Ruchard (1872-1873) Modifier

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Camp du Ruchard crée par Ernest de Rambaud.

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Plan du Camp du Ruchard.

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Camp du Ruchard.

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Baptiste Tramond est le cofondateur du camp. Le fusil Tramond-Lebel, puis Lebel, c'est lui.

En 1872, Ernest de Rambaud crée le camp du Ruchard[84]. Le Camp militaire du Ruchard, à Avon-les-Roches, en Indre-et-Loire est situé à l'est de la forêt de Chinon. En 1860, avant sa création, dans les Annales de la Société d'agriculture, sciences, arts et belles-lettres d'Indre-et-Loire l'ont dit de cet emplacement :

Nous avons tous entendu parler de cette fameuse lande de six mille hectares, dite du Ruchard, qui s'étend presque d'Azay-le-Rideau à la Vienne, vers l’Île-Bouchard et Chinon ; mais peu de personnes ont eu l'occasion ou la curiosité de visiter ce désert. [...] Le Ruchard, Messieurs, aucune ruine n'indique qu'il ait jamais été habité. D'où vient donc cette malédiction apparente attachée à cette lande traversée que par une seule route départementale, celle de l’Île-Bouchard à Azay-le-Rideau, et c'est dans sa partie la plus étroite ; il n'y a pas de chemins tracés de main d'homme ; aucun arbre ne s'y élève ; et entre Vilaines et Avon, sauf la cabane de planches récemment élevée pour servir d'abri aux chevaux pas un seul bâtiment.

Le Ruchard va devenir la troisième école de tirs de la France dès 1873. Du fait de sa situation géographique elle comprend une énorme circonscription : près de la moitié de notre territoire national en dépend. Des côtes de la Manche aux Pyrénées, tous les régiments des divers corps d'armée de cette zone doivent successivement envoyer leurs officiers et sous-officiers passer deux mois au camp du Ruchard.

Quand Ernest arrive fin 1872, il n'existe pour ainsi dire rien dans la lande du Ruchard. Le camp occupe 1.442 ha de landes. La mise à disposition de ces terrains au profit du Ministère de la Défense s'exerce par le biais d'un bail de location (15 francs l'hectare). Malgré la modicité des crédits accordés à cet établissement, il va fonder cette école en moins de deux ans.

Ernest installe des baraques à double parois en maçonnerie, avec fermes en madriers de 6 m de portée, planches, couverture en tuiles. Elles font 28 mètres de longueur et son prévues pour 40 hommes et des sous-officiers logés séparément aux extrémités. Chaque compagnie a 3 baraques et 3 autres sont bâties pour le petit état-major, la section hors rang, les ateliers et magasins. Un régiment dispose de 39 baraques. Les officiers ont des chambres distinctes. Seuls les officiers supérieurs et de l'état-major du régiment logent dans des baraques qui coûtent plus cher. Il existe bien entendu des écuries qui sont aménagées pour 60 chevaux. Ernest de Rambaud résout à moindres frais le problème de l'eau et installe des lavoirs de propreté[85].

Des routes sont faites, des cibles posées. Grâce au zèle actif et intelligent de Baptiste Tramond futur commandant de l'École Saint-Cyr de 1884 à 1889, Ernest de Rambaud peut respecter les délais. Dès qu'une baraque est terminée elle est aussitôt occupée et la vie de travail commence. Le camp en 1874 est une vraie ruche en pleine activité[86]. Dans la salle d'armes sont rangés et classés tous les modèles inventés, essayés, rejetés et adoptés dans toutes les armées du monde civilisé... Ernest réussit une symbiose entre les militaires et la lande[87].

Directeur français de la Croix-Rouge Modifier

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Françoise Gaudelet d'Armenonville, mère d'Ernest décède le 30 mars 1877.

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Henry Eugène Séguineau de Préval.

Finalement, le 14 février 1877, Ernest de Rambaud est admis à faire valoir ses droits à la retraite, à titre d'ancienneté de services (décision du Président de la République)[88]. Il cesse ses activités en avril 1877.

Un mois plus tôt, le 30 mars 1877, à Versailles sa mère est décédée seule en sa demeure au 9, rue Neuve à Versailles, à l'âge de 77 ans[89].

Ernest touche une retraite relativement importante grâce aux relations de son ami Gallifet. Il a aussi 6.000 livres de rente (= 20.000 euros), des terres, des bois et d'autres biens, dont des vignes à Montlouis. Mais le bois et les productions agricoles se vendent mal. Sa femme s'en plaint dans ses courriers. Les terres sont affermées à 4%. D'où 48 francs, car leur valeur est 1.200 francs à l'hectare.

En 1885, il habite au 29 rue de l'Orangerie, à Versailles[90], puis au 21, rue Jouvencel, puis 6, rue des Tournelles[91] à Versailles, à quelques mètres de la porte de la cathédrale Saint-Louis, ou au château de La Hauteville.

Son ami, Henry Eugène Séguineau de Préval est chargé de tous les hôpitaux français, puis, en 1871, de l'approvisionnement de Paris. Cet Intendant général inspecteur est Vice-président de la Croix-Rouge française. Ernest est membre de l'Ordre de Malte. Du fait de son amitié avec Dunant rencontré sur les champs de batailles italiens, de son beau-père clinicien, et des liens des derniers d'Allonville avec Dunant, il devient Directeur du service hospitalier de la Croix-Rouge, pour la France et ses colonies.

Le 28 juin 1895, sa sœur Ernestine décède à Roanne, 10, cours de la République. Le comte Amédée d'Allonville de Réclainville, son beau-père, décède à son tour le 6 septembre 1885, 9 rue Neuve à Versailles, à l'âge de 81 ans. Il est triste car ce beau-père lui a permis de faire ses études et lui laisse tout son héritage.

Ernest s'occupe de l'éducation de ses jeunes enfants. Il résout des équations mathématiques pour se distraire, fait beaucoup de travaux forestiers et agricoles à la Hauteville. Il fait toutefois cultiver les 40 hectares, devant la gare de Montfort-l'Amaury dont il a hérité de sa tante Tocquiny de Villarceaux. Parfois, il retourne en Touraine, visiter ses vignes, héritées de son arrière-grand-père, Joseph Dubernad.

Sa femme hérite de sa mère. Sa belle-soeur, Jeanne Le Clerc et son mari portent plainte pour captation d'héritage.

Le procès (1896) Modifier

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Tribunal de Tours.

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Jeanne Goussard de Mayolle, née Le Clerc.

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Sa belle-soeur raconte ses aventures dans Une Française chez les sauvages.

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Le fils de Frédéric Leclerc, Maurice.

Comme ma trisaïeule et son mari Ernest de Rambaud semblent avoir été très privilégiée au niveau héritage, il y a procès entre les époux Goussard de Mayolles et les époux de Rambaud :
Une dame veuve Le Clerc est décédée à Tours le 25 févr. 1894, laissant pour héritiers ses trois enfants : la dame Goussard de Mayolles, née Jeanne Le Clerc, la dame de Rambaud, née Marguerite Eugénie Le Clerc, et le sieur Marc André Le Clerc. Aux termes de son testament reçu par Me Girault, notaire à Bourgueil, le 27 juillet 1892, elle avait disposé de toute la quotité disponible de ses biens au profit exclusif de la dame de Rambaud. Lors de l'inventaire, on trouva au domicile de la défunte divers papiers et documents et notamment une nombreuse correspondance qui par ordonnance de M. le président du tribunal civil de Tours, fut confiée à Me Bréchet nommé séquestre à cet effet.
Les époux Goussard de Mayolles, se proposant d'intenter contre la dame de Rambaud une action en captation et nullité du testament et voulant puiser des éléments de preuve dans la correspondance, ont, en novembre 1895, assigné devant le tribunal civil de Tours, les époux de Rambaud, le sieur Le Clerc et le sieur Bréchet es qualité, pour faire ordonner que (avant le partage ou la licitation des papiers de la succession qu'ils demandaient aussi par leur exploit introductif), les pièces et documents qui se trouvaient entre les mains de Bréchet, séquestre, seraient pendant trois mois déposés au greffe du tribunal où les parties pourraient en prendre communication soit par elles-mêmes, soit par leurs conseils, et y faire tels relevés qui leur paraîtraient utiles ou si mieux semblait au tribunal, entre les mains du notaire liquidateur et dans les mêmes conditions.

Le tribunal civil de Tours rend, à la date du 12 février 1896, le jugement suivant :

Attendu que les époux Goussard de Mayolles se proposant d'intenter contre les époux de Rambaud une action en captation et nullité du testament authentique de la dame veuve Le Clerc, demandent à être autorisés à prendre connaissance des lettres très nombreuses trouvés dans la succession;
— Qu'ils prétendent trouver dans ces documents la preuve de la captation qu'ils entendent faire juger par le tribunal;
— Attendu que les époux de Rambaud défendeurs ne contestent pas le droit de copropriétaire que la dame Goussard de Mayolles peut avoir dans les lettres objet du litige;
— Attendu que de son côté Duclaud, signataire de certaines de ces lettres, est intervenu dans l'instance; — Que la demande, régulière du reste en forme, n'est contestée par aucune des parties en cause;
— Attendu enfin qu'André Le Clerc, l'un des cohéritiers, a déclaré s'en rapporter à la justice dans toutes ces demandes;
— Attendu en outre, que les époux de Rambaud ont formé une demande reconventionnelle ayant pour but de faire restituer à la succession des lettres que la dame Goussard de Mayolles aurait en sa possession;
— Qu'il résulte, en effet, des conclusions signifiées par la demanderesse qu'elle possède des lettres adressées par la dame de Rambaud à la dame veuve Le Clerc sa mère;
— Que le principe de la copropriété des lettres trouvées dans la succession étant admis par toutes les parties en cause, celles que la cohéritière, la dame Goussard de Mayolles, peut possédé pour une cause quelconque, doivent faire retour à la succession ;
— Quelles doivent donc faire l'objet de l'examen du tribunal en même temps que celles confiées a Bréchet par ordonnance du président de ce siège en date du 5 mai 1894, Enregistrée ;
— Attendu que, par suite de ce qui précède, le tribunal n'a plus qu'à statuer sur le moyen à employer pour distinguer les lettres ayant un caractère purement confidentiel, celles qui n'ont aucune utilité pour l'appréciation de la demande principale et celles au contraire qui peuvent servir à la soutenir ou à y défendre ;
— Qu'en présence de la grande quantité de lettres objet du litige, il y a lieu d'en confier l'examen à des experts qui auront pour mission de les cataloguer, pour ainsi dire, comme il est dit ci-dessus ;

Par ces motifs :

— Reçoit Duclaud intervenant dans l'instance;
— Nomme MM. Gizors Gorce et Bréchet experts, lesquels devront prêter serment entre les mains du président de ce siège ou entre celles du magistrat qui, en cas d'empêchement, le remplacera;
— Dit que ces experts se feront remettre toute la correspondance trouvée au domicile de la dame Le Clerc, de cujus, et actuellement entre les mains de l'un d'entre eux, M. Bréchet, et ce dans le délai de huit jours ;
— Leur donne pour mission d'examiner toute cette correspondance, d'en extraire toutes les lettres ou parties de lettres pouvant servir soit à soutenir une action en captation de testament, soit à y défendre ;
— Dit que si dans certaines de ces lettres, ils rencontrent des passages d'un ordre particulièrement confidentiel ou secret, ils devront en extraire seulement les parties pouvant servira l'appréciation de l'instance pour laquelle elles sont réclamées;
— Dit que dans le cas où certaines de ces lettres ou passages de ces lettres leur paraîtraient d'une appréciation difficile ou douteuse, ou en cas de désaccord entre eux, ces lettres, cause de la difficulté, seront déposées au greffe et remises au tribunal qui les appréciera en chambre du conseil ;
— Dit encore que le surplus des lettres, ou encore celles qu'ils jugeront inutiles, seront par eux confiées à l'un d'entre eux pour être ensuite statué sur leur sort par le tribunal;
— Dit qu'en cas d'empêchement des experts ou de l'un d'eux seulement, il sera pourvu à leur remplacement par ordonnance du président ou du magistrat qui le remplacera rendue sur simple requête à qui présentée à cet effet par l'avoué de la partie la plus diligente, etc.

Appel principal par les époux Goussard de Mayolles, et appel incident par les époux de Rambaud et Duclaud.

Arrêt de la Cour Modifier

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Jeanne Goussard de Mayolle, née Le Clerc, chez les sauvages.

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Ernest de Rambaud est officier de la Légion d'honneur.

— En ce qui touche la demande de remise par a dame de Rambaud et par Duclaud des lettres qu'ils ont décrites à la dame Le Clerc, ayant un caractère confidentiel : Attendu que les époux Goussard de Mayolles soutiennent e ces lettres font partie de la succession de la dame Le Clerc et que la dame Goussard de Mayolles en a la copropriété en tant qu'héritière de sa mère pour un tiers; que cette prétention est mal fondée ; qu'il résulte des principes généraux du droit que le destinataire d'une lettre confidentielle n'en est pas maître absolu, qu'il ne peut en faire usage contre le gré de celui qui l'a écrite, à moins qu'elle ne forme titre à son profit ; qu'elle n'est sa propriété que sous la condition d'en respecter secret; qu'en cas de décès du destinataire, la lettre, qui ne peut être connue que de lui, doit, lorsqu'elle n'a pas été détruite, être remise à celui qui l'a écrite, conformément à l'intention commune de l'expéditeur et du destinataire, cette mise étant le seul moyen de respecter la condition du secret sous laquelle la lettre a été envoyée;
— Attendu que les premiers juges ont chargé des experts d'examiner la correspondance trouvée au domicile de la dame Le Clerc, d'en extraire toutes les lettres ou parties de lettres pouvant servir, soit à tenir une action en captation de testament, soit à y défendre, et à laisser de côté les passages, particulièrement confidents ou secrets;
— Attendu qu'il n'a été formé par aucun des héritiers de la dame Le Clerc une action en captation de testament : qu'un tribunal ne peut ordonner des mesures d'inclusion en vue d'une instance éventuelle; qu'il n'est saisi litige que par une demande qui précise son objet ;
— Que d'un autre côté, il est dès à présent constant que dès lettres confidentielles ont été adressées à la dame Le Clerc par la Dame de Rambaud et par Duclaud ; que leur action est justifiée principe; que pour déterminer celles de ces lettres qui sont confidentielles, il y a lieu, par suite de leur nature partielle, à une instruction spéciale; qu'il convient de les faire oser en la chambre du conseil où la cour verra quelles sont celles qui devront été remises aux demandeurs ; qu'on ne saurait prétendre avec raison que cette mesure est contraire aux règles de la publicité des débats et de la liberté de la défense; qu en effet, les lettres litigieuses ayant été envoyées à la dame

Le Clerc sous la condition tacite de n'être communiquées par elle à personne, il s'ensuit que cette condition serait violée par leur communication, faite aux parties en cause;

— Qu'il n'y a à faire aucune exception pour les lettres prétendues injurieuses; que s'il s'en rencontre parmi celles qui ont été adressées par la dame de Rambaud et par Duclaud à la dame Le Clerc, elles sont protégées contre toute révélation par leur caractère confidentiel; qu'il n'en est autrement que lorsque ces lettres sont injurieuses pour le destinataire lui-même ou pour des tiers, quand elles n'ont été déguisées sous le voile du secret que pour être en réalité communiquées;

En ce qui concerne les lettres non confidentielles :

— Attendu qu'il doit être donné acte à la dame Goussard de Mayolles de ce que la dame de Rambaud a offert devant le tribunal de laisser à sa disposition toutes les lettres par elle adressées à la dame Le Clerc qui n'étaient pas confidentielles ;
— Que le tribunal a omis de statuer sur ce point, des conclusions ayant été prises à cet égard à l'audience et régulièrement signifiées;

Sur la remise des lettres que détiendrait la dame de Mayolles :

— Attendu que les premiers juges ont condamné sous une astreinte pénale la dame de Mayolles à remettre aux experts dans la huitaine du jugement, les lettres de la dame Rambaud et de Duclaud qu'elle avait reconnu avoir en sa possession ; mais que cette reconnaissance ne résulte pas formellement des conclusions de première instance de cette dame; qu'elle affirme devant la cour n'avoir en sa possession aucune des lettres visées au jugement et que les extraits qu'elle en a faits ont été pris sur des copies de ces lettres fournies par un tiers; que le contraire n'est pas établi; Par ces motifs, donne acte à la dame Goussard de Mayolles de l'offre faite par la dame Rambaud de laisser à sa disposition toutes celles de ses lettres adressées à la dame Le Clerc qui n'ont pas un caractère confidentiel;
— Dit que les lettres confidentielles écrites par la dame de Rambaud et par Duclaud à la dame Le Clerc ne sont pas la copropriété des héritiers; qu'elles doivent être remises à la dame de Rambaud et à Duclaud, sans préliminaire d'expertise, ni communication et sans exception pour les lettres prétendues injurieuses, après examen en la chambre du conseil;
— Qu'il n'est pas établi que la dame Goussard de Mayolles ait eu en sa possession des lettres écrites à la dame Le Clerc par la dame de Rambaud et par Duclaud ; la décharge de la condamnation prononcée contre elle à cet égard;
— Dit que les lettres non confidentielles seront remises en l'étude du notaire liquidateur et qu'il sera statué par la liquidation sur leur attribution en même temps que sur celle des autres papiers de la succession;
— Ordonne que les lettres écrites par la dame de Rambaud et par Duclaud à la dame Le Clerc soient, sur le vu d'un simple extrait du présent arrêt notifié par la partie la plus diligente, envoyées par le séquestre Bréchet au greffe de la cour d'appel d'Orléans pour être déposées en la chambre du conseil de cette cour;
— Dit qu'elle déterminera les lettres ayant un caractère confidentiel et qu'un arrêt subséquent indiquera celles de ces lettres qui devront être remises à la dame de Rambaud et à Duclaud;

Infirme le jugement déféré à la cour en ce qu'il a statué autrement.

Du 29 juill. 1896. C. d'Orléans. MM. Dubec, Drioux, subst. Morel (du barreau de Paris) et Houssard (du barreau de Tours)[92].

Son décès Modifier

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Sa mort et les réactions Modifier

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Faire-part de décès d'Ernest de Rambaud.

Le quotidien local de Versailles et sa région, Le Petit Versaillais, écrit :
Tous nous avons rencontré ce beau vieillard si sympathique, si loyal et si bon ! En quelques jours la mort l'a terrassé, mais il était chrétien et l'exemple de ses derniers moments, comme celui de sa vie sera la bien chère espérance et consolation de ceux qui le pleurent[93].

Le 16 février 1899, en effet, il est à La Hauteville et propose à Germaine, sa fille d'aller assister aux cérémonies militaires, à l'occasion de l'élection d'Émile Loubet. Le lendemain malgré ses 80 ans, Ernest continue à travailler. Mais, vers 10h/10h30, il rentre défaillant, selon un courrier de Marguerite, sa femme. Les médecins diagnostiquent une congestion cérébrale. Il reçoit l'extrême onction de l'abbé Levaut presque sans connaissance. Il décède le 25 février 1899, à La Hauteville.

Les obsèques ont lieu à l'église cathédrale de Saint Louis le jeudi 2 mars. L'inhumation a lieu au cimetière Saint Louis, où les derniers adieux sont adressés au colonel de Rambaud par le colonel comte Edmond Malher au nom de la société la Fraternelle militaire[94].

Son décès est signalé dans l'Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l'Europe, de 1900[95] et de nombreux journaux.

Sa famille en 1899 Modifier

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Deuxième page du faire-part de décès d'Ernest de Rambaud, sa famille.

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Germaine de Rambaud, fille d'Ernest est ce jour là très en colère.

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Eugène Gaillard de Saint-Germain âgé et mutilé de guerre.

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Le Supérieur Olivier Le Fer de La Motte des Collèges du Sacré-Cœur de Caraquet et de Bathurst au Nouveau-Brunswick.

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Le Comte Jouffroy d'abbans.

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Ida Leclerc de Pulligny (1858 - 1954), Comtesse Jouffroy d'abbans.

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Jean Leclerc de Pulligny, polytechnicien, fils de Félix.

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Marie Caroline du Chastel.

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Prosper d'Épinay.

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Hubert de Bazelaire de Lesseux (1868 - 1935).

Sont présents outre sa femme :

  • Ses trois enfants.
  • Son beau-frère, Goussard de Mayolle, ingénieur des Arts et Manufactures et son épouse, née Jeanne Le Clerc.
  • Son neveu, par alliance, le Comte Eugène Gaillard de Saint Germain, ancien officier grièvement blessé, Receveur des finances, sa nièce, quelques uns de ses petits neveux, Georges, Roger, Ulric, Raoul et ses petite-nièces, Hermine et Yvonne, future Marquise Hurault de Vivraye, au château de Cheverny.
  • Sa cousine par alliance, Adèle Julie Anne Cellier de Starnor (1813 - 1900), fille du colonel Jean Baptiste Edouard Cellier de Starnor, veuve du baronnet Philippe Léon de Buissaizon, ancien Garde dans la troisième compagnie des gardes (Noailles) sous les ordres de son cousin germain, le colonel-baron Louis de La Brousse, le 1er octobre 1828. Philippe Léon de Buissaizon est le neveu du savant et Maire de Toulouse Philippe-Isidore Picot de Lapeyrouse et du Général Étienne Guillaume Picot de Bazus.
  • La cousine de sa femme (qui est aussi sa cousine car descendante des Coustant), la vicomtesse du Chastel, Marie-Antoinette-Caroline Roger d'Arquinvilliers, veuve de René-Simon-Jules vicomte du Chastel (1827 - 1873), chef d'escadron de cavalerie. Elle est la mère de Renée du Chastel, épouse de Jacques Paulze d'Ivoy, comte de la Poype et la belle-soeur du sculpteur Augustin Courtet.
  • Sa cousine, la comtesse douairière de Lyrot, née Léontine de La Brousse (1820 - 1903), veuve du Comte Paul Alexandre de Lyrot de La Jarry (1819 - 1886), petit-fils du Général vendéen François Jean Hervé Lyrot (1732 - 1793).
  • Son cousin, Raymond Petitjean, Conseiller Référendaire à la Cour des Comptes, officier de la Légion d'honneur, fils de Jules Joseph Petitjean (1808 - 1885), Premier président honoraire à la Cour des Comptes, commandeur de la Légion d'honneur. Il est cité avec son fils.
  • Sa cousine, Madame de Bobet, née Louise de Vidaillan (1832 - 1916), Henri de Bobet, polytechnicien, général de brigade d'artillerie, ex gouverneur de la place de Laon et commandeur de la Légion d'honneur.
  • Ses cousins, le lieutenant-colonel d'artillerie et sa sa seconde épouse Anatole de Bobet (1833 - 1912), officier de la Légion d'honneur. Son arrière-grand-père est député de la noblesse.
  • Sa cousine, Mademoiselle de Bobet (???)
  • Sa cousine, veuve du Comte Raymond Louis de Foucauld (1820 - 1863), saint-cyrien, chef d'escadron, officier de la légion d’honneur qui meurt en mer en revenant d’une campagne au Tonkin.
  • Son cousin, Aymar Céleste Joseph Le Pippre de Tincques (1827 - 1904), lieutenant-colonel d'artillerie, officier de la légion d’honneur, veuf d'Erina Delpla, fille de Justin Delpla, négociant, négrier et armateur à Bordeaux, viticulteur propriétaire au château de Latour-Camblanes. Sa femme est veuve du comte Mac Carthy (1827 - 1889), des lords de Carbery. Aymar Céleste Joseph Le Pippre de Tincques se remariée à sa belle-fille Catherine-Caroline Mac Carthy (1827 - 1889), dont l'oncle à la mode de Bretagne est le Maréchal Bugeaud, duc d'Isly Catherine-Caroline Mac Carthy est veuve du Général Daumas. En 1889 il est à nouveau veuf.
  • Madame Le Conte et sa fille (???)
  • Ses cousins, le commandant Henri Le Fer de La Motte (1832 - 1906), Commandant, directeur des forts de Brest et de l'arrondissement, chevalier de la Légion d'Honneur. Sa femme, Julia Lea-Wilson (1836 - 1902), d'une famille d'écuyers du Surrey.
  • Le fils de ses cousins, HH PP Georges de La Motte (1861 - 1918), jésuite breton envoyé aux États-Unis consacre ses forces aux missions indiennes des Montagnes Rocheuses, dont il ne tarde pas à être Supérieur. Il jouit d'un grand prestige au milieu de ses confrères. En 1906, lors de l'élection du successeur du R.P. Martin, général de la Compagnie de Jésus, plusieurs voix se portent sur son nom[96].
  • La fille de ses cousins, Dolorès Le Fer de La Motte (1863 - 1946) et son mari Jehan de Parcevaux (1862 - 1945). Il est descendant de Messire Pierre-André de Parcevaux, comme seigneur époux de dame Sibille de Trogoff, fille de messire Alexandre de Trogoff, bachelier de Bretagne, et de dame Élie du Chastel, partage avec le sire du Pont les biens avenus de la succession de feue dame Perrine de Tournemine, leur aïeule maternelle, le 4e jour après la fête de Saint-Jean-Baptiste, en 1091, mais aussi de Claude de Parcevaux.
  • Son cousin, Olivier Le Fer de La Motte, Inspecteur Principal des chemins de fer de la compagnie d'Orléans, et ses enfants. Il est veuf d'Henriette de Triquerville (1850 - 1885).
  • Le fils de ses cousins, Olivier II (1880 - 1958) fait ses études à Saint-Sauveur de Redon ; entre chez les Eudistes est ordonné à Halifax dans la Nouvelle-Ecosse par Mgr O'Brien, le 12 juin 1904. Directeur du juvénat de Chureh-Po'mt[97]. On ne sait rien sur Gabrielle, sa soeur.
  • Sa cousine, veuve de Félix Lachaud, née Clémentine Le Fer de La Motte? et ses enfants.
  • Ses cousins, Ernest de Longueau Saint Michel (1832 - 1909), châtelain de Saint Michel et Isabelle Le Fer de La Motte (1836 - 1918), soeur d'Henri et Olivier.
  • La cousine de sa femme, Mademoiselle de Pulligny (laquelle ???).
  • Les cousins de sa femme, Jean Leclerc de Pulligny (1859 - 1939), polytechnicien et sa femme Theodora Lucassen (1860 - 1922), fille d'un industriel à Java cité dans le Nederland's patriciaat et leurs quatre filles.
  • La cousine de sa femme, Jeanne de Pulligny (1854- 1942), nièce du Marquis de La Carte, veuve de Saint-Ange Darde (1856 - 1893), capitaine de Cavalerie et mère de Renée Jeanne Eugénie Sophie Darde. Cette dernière se marie en 1911 avec le capitaine Paul d'Humilly de Chevilly (1870 - 1938).
  • Les cousins de sa femme, le Vicomte Paul Aurélien Charles Courson de Villeneuve (1849- 1923), Secrétaire du Gouverneur de la Banque de France, officier, châtelain du Parc (Maine et Loire), son épouse Marie Caroline du Chastel et leur trois enfants.
  • Ses cousins, le Comte Louis de Lyrot et Gabrielle d'Epstein épousée à Varsovie, de nationalité russe. Parmi leurs enfants le comte Hervé de Lyrot est un banquier et un homme politique français.
  • Ses cousins, Fernand Augier de Moussac (1844- 1915) et Marguerite de Lyrot (1844- 1915) et leur fille surnommée Mimy de Moussac.
  • Ses cousins, le Comte Athanase de Couëssin (1850- 1922) et ses enfants.
  • Ses cousins, Charles de Couëssin (1851- après 1920), sa femme Jeanne Désirée Juliette Lorain de Montry et leur fille.
  • Ses cousins, les de Lannay (???)
  • Ses cousins, Antoine Charles de Lacoste de Laval (1851- 1949), Saint-Cyrien, Thérèse Marguier d'Aubonne (1866 - 1916) et leurs quatre enfants.
  • Sa cousine, Louise Marthe Marguier d'Aubonne (1874 - 1936), qui va se marier en 1900 avec Georges, fils du Baron Achille Clément de Clock de Longueville et Marie Berthe Guyot de Verseilles, descendant d'une famille de négociants hollandais établis à Bordeaux, anobli au XVIIIe s.
  • Ses cousins, Henri de Bobet (1826- 1986), général de division en retraite, Louise de Vidaillan (1832 - 1916) et leur fille.
  • Son cousin, Louis de Bobet (1826- 1986), officier de cavalerie.
  • Son jeune cousin, Louis de Bobet (1870- 1913)
  • Sa cousine, M. de Bobet (???)
  • Ses cousins, Victor Mottet de La Fontaine (1835 - 1924), avocat à la Cour d'appel, procureur et son épouse Hélène Guerre de Saint Odile (1845 - 1908)
  • Ses cousins, Georges Mottet de La Fontaine (1845 - 1925) et Jeanne Brochier (1849 - 1922).
  • Ses cousins, Adolphine Mottet de la Fontaine (1837 - 1929), veuve du Comte Victor de Résie (1829 - 1898), directeur des chemins de fer romains et ses enfants, dont Claire, femme de son cousin lointain par les Warren,

Hubert de Bazelaire de Lesseux (1868 - 1935), Saint-Cyrien, député, industriel... mère de Geneviève femme de Joseph de Pommery (1904 - 1981), sénateur lorrain nationaliste. Une autre fille Jeanne va se marier avec Georges Renaud d'Avènes des Méloizes (1867 - 1933), Saint-Cyrien, Lieutenant-colonel d'Infanterie, commandant le 505e régiment de chars de combat, à Rennes, président de la section d'Action française du 6e arrondissement de Paris.

  • Ses cousins, Marie-Mathilde Mottet de la Fontaine (1839 - 1927), veuve de Jean-Evariste Poute de Puybaudet (1831 - 1892), chef d'escadron détaché à l'Ecole impériale de Cavalerie. Accidenté, il est mis en non-activité et rayé des contrôles de l'Armée en 1870.

Après son décès Modifier

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Jean de Rambaud, fils d'Ernest.

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Descendance d'Ernest : Jean, Gérard et Édouard de Rambaud devant le colombier du château de Jouaignes.

Marguerite Le Clerc-de Rambaud touche comme veuve 1.667 francs de pension[99]. Elle décède bien des années après à La Hauteville, et est enterrée à ses côtés.

Ses fils, Jacques et Jean font toute la guerre de 14/18 au front, malgré leur âge (44 et 40 ans en 1914. Ils ne sont pas militaires et normalement les civils de 35 à 41 ans vont dans la territoriale. Ils sont volontaires pour ne pas aller dans la réserve de l'armée territoriale, qui accueille les Français de 42 à 48 ans[100].

Le petit-fils d'Ernest, Gérard de Rambaud, mon grand-père, est volontaire à 17 ans. De ce fait il peut choisir de se battre dans un régiment d'infanterie. Comme sa mère est de Broons, il se retrouve dans un bataillon de Bretons, qui sont envoyés renforcés les unités de méridionaux qui en ont assez de cette boucherie. Nettoyeur de tranchées, il est gazé à l'ypérite. Un temps aveugle, un poumon en moins et l'autre mal en point il fera la guerre de 39 à 40, puis en 44 voudra s'engager dans la 2e DB.


Sur les cinq petits-neveux d'Ernest :

  • Roger Gaillard de Saint Germain (1872 - 1917), directeur du Crédit Lyonnais, est mort pour la France.
  • Ulric (1875 - 1945), est chef d'escadron d'artillerie.
  • Raoul (1879 - 1951), officier de la Légion d'honneur, croix de guerre, est chef d'escadron de cavalerie.
  • Gaston (1884 - 1915) fait partie de la première génération d'Action française. Il est mort pour la France, comme capitaine au 24e R.I..

Sa petite-nièce, Yvonne Gaillard de Saint Germain (1888 - 1940) apprend en 1916 que son mari René Saint-Chapelle est mort lors des combats pour le fort de Vaux. Elle se remarie avec le comte Michel Hurault de Vibraye (1877 - 1949), co-héritier du château de Cheverny.

Son cousin, le lieutenant-colonel Henry Mottet de La Fontaine (1872 - 1917), est tué le 5 août 1917 à la bataille de Klein Zillebeke. Ce Mottet, arrière-petit-fils du grand-oncle d'Ernest est venu défendre le pays de ses ancêtres. Plusieurs autres Mottet de La Fontaine revenus s'établir en France vont finir leurs vies dans les camps nazis, du fait de leurs origines en partie britanniques.

NOTES ET RÉFÉRENCES Modifier

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  1. Le Petit Versaillais (10 mars 1899).
  2. Le Petit Versaillais (10 mars 1899).
  3. Le Petit Versaillais (10 mars 1899)
  4. Dossier militaire d'Ernest de Rambaud, Cote 6y6 7210.
  5. Le Petit Versaillais (10 mars 1899).
  6. Dossier militaire d'Ernest de Rambaud, Cote 6y6 7210.
  7. Dossier militaire d'Ernest de Rambaud, Cote 6y6 7210.
  8. La campagne d'Italie de 1859: chroniques de la guerre, Volume 2, César Lecat Bazancourt (baron de), Édition 3, Amyot, 1862, p.432.
  9. Dossier militaire d'Ernest de Rambaud, Cote 6y6 7210.
  10. Dossier militaire d'Ernest de Rambaud, Cote 6y6 7210.
  11. Le Petit Versaillais (10 mars 1899).
  12. Revue militaire suisse, v.4, 1859, p.235 et Storia politico-militare della guerra del l'indipendenza italiana (1859 - 1860), Volume 3, Pier Carlo Boggio, S. Franco e figli, 1867, p.205.
  13. Le Petit Versaillais (10 mars 1899).
  14. Dossier militaire d'Ernest de Rambaud, Cote 6y6 7210.
  15. Dossier militaire d'Ernest de Rambaud, Cote 6y6 7210.
  16. Le Petit Versaillais (10 mars 1899).
  17. Dossier militaire d'Ernest de Rambaud, Cote 6y6 7210.
  18. Français & Allemands: histoire anecdotique de la guerre de 1870-1871, N. Hardoin, Édition : 8, Garnier, 1888, Notes sur l'article: vol. 3, p.250.
  19. Dossier militaire d'Ernest de Rambaud, Cote 6y6 7210.
  20. Le Petit Versaillais (10 mars 1899).
  21. Nobiliaire toulousain- inventaire général des titres probants de noblesse et de dignités..., Alphonse Brémond, p.261.
  22. Almanach impérial, Testu, 1809, p.771, et Bulletin de la société archéologique du Finistère. 1917 (T. XLIV).
  23. Almanach impérial, A. Guyot et scribe, 1856, p.767.
  24. Registres d’état-civil de Versailles, p.38, acte 96.
  25. Guy de Rambaud, Pour l'amour du Dauphin, Anovi.
  26. Guy de Rambaud, Pour l'amour du Dauphin, Anovi.
  27. Bulletin de la Société de l'histoire de l'art français, Centre national de la recherche scientifique, F. de Nobele, 1990, p.164.
  28. Histoire de Versailles : de ses rues, places et avenues, depuis l'origine de cette ville jusqu'à nos jours (1868), Le Roi, Joseph Adrien, 1797-1873, Volume: 1, Versailles : P. Oswald.
  29. Guy de Rambaud, Pour l'amour du Dauphin, Anovi.
  30. Mélanges De Linguistique Et D'anthropologie, Abel Hovelacque, Рипол Классик, 1994, p.28.
  31. Statistiques de Chandernagor, 1823, 1827, 1838, Volume 78 de Publications de l'Institut français dendrologie, Joseph-Marie-Emmanuel Cordier, Achille Bédier, Jean Deloche, Institut français de Pondichéry, 1990, p.78.
  32. La légitimité, Volumes 26 à 28, 1910.
  33. Historia general del Estado de México, María Teresa Jarquín, Manuel Miño Grijalva, Gobierno del Estado de México, 1998, v.4, p.464.
  34. Guy de Rambaud, Pour l'amour du Dauphin, Anovi.
  35. Le Petit Versaillais (10 mars 1899).
  36. Guy de Rambaud, Pour l'amour du Dauphin, Anovi.
  37. Dictionnaire des femmes libraires en France, 1470-1870, École pratique des hautes études. Section 4, Sciences historiques et philologiques, Volume 26 de Histoire et civilisation du livre, Roméo Arbour, Droz, 2003.
  38. Dossier d'Ernest de Rambaud à l'École Polytechnique.
  39. Cours d'administration militaire ..., André Jean Vauchelle, J. Dumaine, p.140.
  40. De l'instruction publique en France, ouvrage utile aux familles, Émile de Girardin, p. 370 à 376, 456, 481.
  41. Dossier militaire d'Ernest de Rambaud, Cote 6y6 7210.
  42. Dossier militaire d'Ernest de Rambaud, Cote 6y6 7210.
  43. Dossier militaire d'Ernest de Rambaud, Cote 6y6 7210.
  44. Dossier militaire d'Ernest de Rambaud, Cote 6y6 7210.
  45. Dossier militaire d'Ernest de Rambaud, Cote 6y6 7210.
  46. Dossier militaire d'Ernest de Rambaud, Cote 6y6 7210.
  47. Le Petit Versaillais (10 mars 1899).
  48. HISTOIRE DES CRIMES DU 2 DÉCEMBRE, Victor Schoelcher, Bruxelles 1852, tome I.
  49. Révolution militaire du 2 décembre 1851, précédée de "la Vérité quand même à tous les partis" et de curieux entretiens de l'auteur avec le prince Louis-Napoléon, Capitaine Hippolyte de Mauduit (1794-1862), : Librairie centrale (Paris), 1869, p.179.
  50. Le moniteur de l'armée: 1854.
  51. L'expédition de Crimée jusqu'à la prise de Sébastopol : chroniques de la guerre d'Orient. T. 1, Bazancourt, César Lecat (1810 - 1865 ; baron de), Amyot (Paris), 1857, p.21.
  52. Le Mémorial Français: Histoire de l'année. Par Em. Vander-Burch et Ch. Brainne, Firm. Didot, 1855. p.109.
  53. Dossier militaire d'Ernest de Rambaud, Cote 6y6 7210.
  54. Dossier militaire d'Ernest de Rambaud, Cote 6y6 7210.
  55. 1857 aide de camp du général d'Allonville de la division de cavalerie de Versailles? Almanach national 1857, p.721.
  56. P.94 et Annuaire officiel des officiers de l'armée active, France Ministère de la guerre, p. 48.
  57. Dossier militaire d'Ernest de Rambaud, Cote 6y6 7210.
  58. Impressions ou récits historiques sur les événements militaires d'Italie, 1848, 1849, 1859, Paul de CHOULOT (Count, the Younger), 1866, p.68.
  59. Le Petit Versaillais (10 mars 1899).
  60. La légitimité, Volumes 26 à 28, 1910. p. 563.
  61. Revue héraldique, historique et nobiliaire, Volume 6, 1868, p.239.
  62. Publication Paris, C. Tanera : 1872, Publication de la Réunion des officiers. Encyclopédie militaire
  63. Archives généalogiques et historiques de la noblesse de France, ou, Recueil de preuves, mémoires et notices généalogiques, servant à constater l'origine, la filiation, les alliances et les illustrations religieuses, civiles et militaires de diverses maisons et familles nobles du royaume, P. Louis Lainé, 1836, p.17.
  64. Volume 60 de Collection complète des lois, décrets, ordonnances, règlemens avis du Conseil d'état, publiée sur les éditions officielles du Louvre: de l'Imprimerie nationale, par Baudouin; et du Bulletin des lois; (de 1788 à 1830 inclusivement, par ordre chronologique) continuée depuis 1830, avec un choix d'actes inédits, d'instructions ministérielles, et des notes sur chaque loi, indiquant: 1 les lois analogues; 2 les décisions et arrêts des tribunaux et du Conseil-d'état; 3 les discussions rapportées au Moniteur. Suivie d'une table analytique et raisonnée des matières, Jean Baptiste Duvergier, A. Guyot et Scribe, 1860, p.465.
  65. Une famille d'architectes du roi, les Huvé (Huvé de Garel et de Boinville), Chartres, Mantes, Paris, Vesly-en-Vexin: notice généalogique, Marie Émile Leon Robert Du Mesnil du Buisson (comte.), La Gutenberg, 1958.
  66. Annuaire militaire de l’Empire Français, pour l’année 1870, publié sur les documents communiqués par le Ministère de la Guerre. Liste des Officiers et Fonctionnaires qui ont été inscrits d’après les actes de naissance qu’ils ont produits au Ministère de la Guerre. Chaque militaire peut être identifié par son nom, son prénom, ses décorations, son grade, son rang d’ancienneté et son corps d’armée.
  67. Dossier militaire d'Ernest de Rambaud, Cote 6y6 7210.
  68. Le maréchal Canrobert: Bataille de Rezonville, Volume 5 de Le maréchal Canrobert: souvenirs d'un siècle, Germain Bapst, E. Plon, Nourrit et cie, 1911, p.127.
  69. Lieutenant-colonel Rousset, Histoire générale de la guerre Franco-Allemande (1870-1871), Librairie Jules Tallandier.
  70. Français & Allemands: histoire anecdotique de la guerre de 1870-1871, N. Hardoin, Édition : 8, Garnier, 1888, Notes sur l'article: vol. 3, p.250.
  71. Dossier militaire d'Ernest de Rambaud, Cote 6y6 7210.
  72. Dossier militaire d'Ernest de Rambaud, Cote 6y6 7210.
  73. Lieutenant-colonel Rousset, Histoire générale de la guerre Franco-Allemande (1870-1871), Librairie Jules Tallandier.
  74. Lieutenant-colonel Rousset, Histoire générale de la guerre Franco-Allemande (1870-1871), Librairie Jules Tallandier.
  75. Campaign of 1870-1871: the German artillery in the battles near Metz, E. Hoffbauer, H.S. King, 1874.
  76. Lieutenant-colonel Rousset, Histoire générale de la guerre Franco-Allemande (1870-1871), Librairie Jules Tallandier.
  77. Les causes du conflit
  78. Dossier militaire d'Ernest de Rambaud, Cote 6y6 7210.
  79. H. Charles-Lavauzelle, 1903.
  80. Les causes du conflit
  81. Tableau historique de la guerre franco-allemande (15 juillet 1870 - 10 mai 1871).
  82. LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE ET LES PRISONNIERS DE GUERRE 1870-1945
  83. Tableau historique de la guerre franco-allemande (15 juillet 1870 - 10 mai 1871).
  84. Le Petit Versaillais (10 mars 1899).
  85. Vers l'armée nouvelle: république conservatrice et réforme militaire, 1871-1879, Jean-François Chanet, Presses universitaires de Rennes, 2006.
  86. 1871-1875. Au jour le jour, par le Mis de Biencourt, Biencourt, Charles de (1847-1924), Dentu (Paris), 1875, p.257.
  87. Bulletin de l'Association de géographes français, Numéros 422-430, Publié avec le concours du Centre national de la recherche scientifique, 1979.
  88. Dossier militaire d'Ernest de Rambaud, Cote 6y6 7210.
  89. Bulletin et mémoires ..., Société archéologique du département d'Ille-et-Vilaine, Notes sur l'article: v.109 2005, p.146.
  90. Tout-Paris, annuaire de la société parisienne, A. La Fare (Paris), 1885, p.420.
  91. Anciens propriétaires : 30 novembre 1686 : Laurent Bazire, puis le 11 juin 1703, Maître Bruneau, en 1817 des religieuses.
  92. Dalloz, jurisprudence générale Bureau de la Jurisprudence générale.
  93. Le Petit Versaillais (10 mars 1899).
  94. Le Petit Versaillais (10 mars 1899).
  95. Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l'Europe, Directeur de publication, Révérend, Albert (1844-1911). Directeur de publication, Comte d'Angerville (Monaco), 1900, p.404.
  96. Missionnaires bretons d'outre-mer: XIXe et XX siècles, Collection "Histoire", ISSN 1255-2364, Joseph Michel, Presses Universitaires de Rennes, 1997.
  97. [file:///C:/Users/Acer/Downloads/196581-2%20(1).pdf DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE DU CLERGÉ CANADIEN-FRANÇAIS]
  98. Les français libres, l'autre résistance, Jean-François Muracciole, Tallandier 2013.
  99. Journal officiel de la République française, 1899.
  100. Les lois de recrutement.

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