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                      Cordoue avant l'invasion musulmane




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Céramique de la Colina de los Quemados (Cordoue).

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Plan de Cordoue du temps des Romains.

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Pont romain de Cordoue.

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Cordoue du temps des Romains.

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Murailles romaines de Cordoue.

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La noria de Cordoue est en réalité un moulin romain.

Quand, en 711, le général Tarik ibn Ziyad franchit le détroit qui porte aujourd'hui le nom du rocher qui surplombe celui-ci – Gibraltar, le djebel Al-Tarik –, il prenait possession d'une terre qui, pour les Arabes, allait bientôt être considérée comme un reflet du paradis terrestre. Négligeant les Wisigoths qu'il venait de vaincre, il lui donna le nom de leurs prédécesseurs : Al-Andalus, la terre des Vandales. Mais l'Andalousie était déjà à cette époque l'héritière d'une longue histoire... écrit Didier Trock, Directeur culturel de Clio, dans L'Andalousie, le rêve perdu[1].

Le site de Cordoue, sur le Guadalquivir, est occupé depuis la protohistoire, mais la fondation de Cordoue est attribuée sans preuves aux Romains, ou aux Phéniciens ou aux Persans colonisateurs, à Hercule, et même à Tubal Caïn. Le nom de Cordoue ne dérive pas de la racine chaldo-araméenne ou phénicienne corteba[2]. Le suffixe uba est un affixe qui est régulièrement placé après une racine en Andalousie, pour former un nom de ville. Cord est le nom pour les Tartessos du Guadalquivir. Cord peut venir aussi de Tord = Turd, du nom du peuple qui occupe les lieux avant les Phéniciens, les Turdules[3].

La ville naît de la proximité de la Sierra Morena, qui compte de nombreuses mines, du fleuve qui la traverse, à l'époque navigable, et des riches terres de sa vallée. Le premier établissement humain, sur la Colina de los Quemados, date du premier millénaire avant J.-C., selon Robert C. Knapp, de l'University of California (1983)[4]. Une séquence stratigraphique plus récente permet démontrer une présence humaine depuis la fin du deuxième millénaire avant J.C.[5].

Cet ancien peuplement est fondé par un peuple guerrier, certainement venu de la Mesata[6]. Par la suite les poteries et armes appartiennent à la culture tartéssique[7]. Le village devient une cité du temps du négoce avec les Phénicienne, les Celtes et les Grecs. Il faut minimiser le rôle des Phéniciens. Cordoue est une ville turdule jusqu'à sa colonisation romaine[8].

Enlevée à l'influence carthaginoise par les Romains, un demi-siècle plus tard, Cordoue, la plus ancienne des colonies romaines conduites en Espagne, reçoit Claudius Marcellus. Il s'y installe après la fin de la guerre contre les Celtibériens, en 152 avant J.-C.. Colonia Patricia devient la capitale de la Hispania Ulterior, puis, sous l'Empire, de la Hispania Baetica. Différents monuments datant de l'époque romaine sont encore visibles dans cette ville.

Cette ville est composée d'hommes d'élite. Cordoue mérite le nom de patricienne[9]. Cordoue va fournir au monde romain des personnages illustres dans les domaines de la littérature, de la pensée et de la politique, Marcus Annaeus Seneca (Sénèque le vieux) et Lucius Annaeus Seneca (Sénèque le jeune), au Ier siècle avant J.C., à Lucain (39 - 65)[10]. Marcus Porcius Latro est considéré comme l'un des fondateurs de l'école de rhétorique[11]. Il est contemporain de Sénèque l'aîné, avec qui il a étudié sous Marillius.

Au troisième ou au quatrième siècle, Cordoue devient un siège épiscopal. Le premier évêque de Cordoue a probablement été Ossius, qui est présent au premier concile de Nicée en 325. Il est un temps conseiller de l'empereur Constantin.

Elle est prise, lors de l'invasion des Goths, par Leovigild (572) et devient la résidence des rois goths.

A partir du début du VIIIe siècle tout le sud de la péninsule ibérique passe sous contrôle arabe, d'où son nom de Andalousie (al-Andalus pour les maures). Cordoue occupée par les Arabes (711), est, en 756, la capitale d'un émirat indépendant, fondé par Abd al-Rahman Ier. C'est à cette époque que Cordoue devient la 3e ville du monde après Bagdad et Alexandrie d'Egypte, tant par sa population (plusieurs centaines de milliers d'habitants) que par sa renommée intellectuelle ou sa richesse. Le plan des quartier romains ne change guère du temps des musulmans. Ces derniers transforment en carrières les maisons et monuments romains[12]. Voir à ce sujet : Cordoue du temps des Omeyyades

Reprise définitivement aux musulmans par saint Ferdinand III, en 1236, la ville perd, dès lors, beaucoup de son importance. Voir à ce sujet : Cordoue après la Reconquista

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Cordoue romaine.

Préhistoire et protohistoire de Cordoue Modifier

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Préhistoire de Cordoue Modifier

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Dolmen de l'Arroyo des Sileras (Espejo-Cordoba).

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Vase en céramique de Zuheros (Cueva de los Murciélagos, Córdoba), entre 4300 et 3980 avant J.C.

Ne parlons pas des artefacts, datant d'il y a 250.000 à 300.000 ans avant J.C., trouvés sur la rive gauche du Guadalquivir[13]. Le premier squelette trouvé dans la zone correspondent à un homme de Neandertal qui peut être daté à environ 32.000 avant J.C.. Au paléolithique supérieur, marqué par le recul de la glaciation, apparaît l’Homo Sapiens qui s’installe dans toute l’Andalousie[14]. Le dolmen del arroyo de Las Sileras à Espejo est à 10 km de la cité. Il date d'il y a 8.000 ans avant J.C.[15].

La culture matérielle se caractérise par les avancés de l’industrie lithique et les premières manifestations de l’art rupestre[16].

Le néolithique atteint l’Andalousie aux alentours du Ve millénaire avant J.C. et se traduit surtout à Cordoue par les progrès de l'agriculture[17]. Selon des études récentes, la population pré-romaine commence à s'établir sur le site de Cordoue à cette époque. De nouvelles habitudes, de nouveaux besoins, causent l'apparition de nouveaux outils, à la fois en pierre et en os. Parmi les premiers, encore utilisés, ils sont en pierre polie. Mais grande innovation est certainement la fabrication de poterie en argile, pour stocker et faire cuire la nourriture[18].

À Cordoue, la plus grande concentration de poteries sont situées dans les Sierras Subbéticas. Initialement, l'homme néolithique vit dans des grottes, mais il les quitte peu à peu, au cours du Néolithique moyen. Certaines communautés commencent à s'installer à l'extérieur, afin de mieux exploiter les vallées fertiles.

Protohistoire de Cordoue Modifier

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L'âge du cuivre Modifier

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Implantations humaines en Baetica.

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Dolmen Don Pedro.

Au Chalcolithique (3000-1800 avant J.C.), une nouvelle découverte technique d'une grande importance se développe la métallurgie. La première est la métallurgie du cuivre. A l'âge des métaux ce ne sont pas des peuples de la Méditerranée orientale qui introduisent en Andalousie les techniques de fonte des métaux. La métallurgie du cuivre est locale, indigène, comme l'écrit Robert C. Knapp, de l'University of California (1983)[19].

La recherche de minerai de cuivre va certainement contribuer au développement du commerce, car il faut contacter les différentes zones de la Méditerranée[20].

L'apparition, depuis la fin de la période chalcolithique, de la poterie cloche, avec des caractéristiques communes à travers l'Europe, montre l'importance de ces contacts d'affaires[21]. Cependant les progrès de la datation au carbone 14, l'on peut aussi affirmer et c'est nouveau que les populations des bords du Guadalquivir continuent à faire des progrès sans influence étrangère jusqu'à 1400 avant J.C.[22].

Les céramiques trouvées à Cordoue font partie de la culture argaric (Group of Altalaia).

Dans la province de Córdoba on trouve un type d'architecture funéraire conçu pour des inhumations collectives, étant formées par de gros blocs de pierre. On les retrouvent principalement dans les zones minières, en particulier dans la vallée et la région de Guadiato Pedroches[23].

Les Tartessos et les Turdules Modifier

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Fouilles sur la Colina de los Quemados (Cordoue).

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Carte de l'Ibérie.

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Cavalier turdule.

A L'âge du bronze, au début du deuxième millénaire avant J.C., une nouvelle vague de colons s'établit dans les centres métallurgiques. Leur présence atteint l'actuelle province de Córdoba. Cette culture se caractérise par ses poteries, ses outils métalliques et ses sépultures dans de grandes jarres, appelé Pithoi). Leurs villages sont fortifiés et situés sur des lieux élevés, et composées de maisons rectangulaires et carrées construites en partie en pierre[24].

La colina de los Quemados est le nom de la première colonie humaine dans la ville de Córdoba, qui couvre l'ensemble du quartier de Practia, notamment le Parque Cruz Conde. L'établissement humain pré-romain est fondé par un peuple guerrier, certainement venu de la Mesata. Ils amènent avec eux leurs types de chars et d'épées[25]. Par la suite les poteries et armes appartiennent à la culture tartéssique[26]. En 1966, des fouilles et l'obtention d'une séquence stratigraphique permette démontrer une présence humaine depuis la fin du deuxième millénaire avant J.-C.. Cet oppidum est le plus grand connu dans la péninsule ibérique. Au cours de l'âge du bronze tardif le village devient une entité proto-urbain qui occupe une superficie d'environ 50-54 acres. Ce bourg contrôle et l'exploite le territoire environnant grâce à sa situation privilégiée, entre la Sierra Morena et la riche vallée, sur les rives du Betis (Guadalquivir)[27].

La Bétique comprend les pays qui occupent aujourd'hui l'Andalousie. Elle tire son nom du Bétis (Guadalquivir) qui la traverse. Strabon mentionne la Turdetania, comme une terre riche en ressources marines et terrestres, traversée par le Betis, peuplée par des Turdetanos et Cordoue par les Turdules. Avant que la fleuve Guadalquivir ne s’ensable, de petits navires naviguent à l’intérieur des terres jusqu’à atteindre la ville de Cordoue. Par la suite, Pline l'Ancien et Polybe notent qu'il y a en Turdedania plus de 200 villes, dont Cordoue (Córdoba). La ville est située entre l'actuel pont de San Rafael jusqu'à la Avenida del Linnaeus, le Corregidor, Menéndez Pidal, le cimetière de la Santé et le parc du Conde Cruz. C'est une modeste butte le long de la rivière permettent de se défendre contre les ennemis et d'échapper aux grands débordements du Betis[28].

Les Turduli sont, selon Strabon, une branche de Turdétans, mais deux passages de Tite Live mettent ce fait hors de doute[29].

Les Turdétans et les Turdules composent anciennement un même Peuple, les Tartessos. Pour les Turdules, ils se mettent en possession du territoire de Cordoue, situé dans la partie Orientale de la Bétique. Héritiers des Tartessos[30]. Ce peuple fait partie des Ibères, mais parle une langue différente, le Turdetani.

Les Turdétans sont considérés comme les plus cultivés des Ibères, car ils utilisent l'écriture et, selon la tradition, ils ont même écrits des chroniques historiques, des poèmes et des lois qui ont six mille ans d'âge (Strabon, III 1.6.).

L'un des plus grands représentants de la littérature grecque est Hécatée de Milet (550-480 avant J.-C.), auteur d'un ouvrage géographique, qui donne un très fragmentaire un lexique rédigé par le grammairien Etienne de Byzance. Une partie des mots donnés par cet auteur noms viennent du sud de la péninsule ibérique, de Elibirge et Ibila, citées comme polèis de Tartesos[31].

Le bien-être, dont on jouit dans ce pays, produit, chez les Turdules ou Turdétans, une grande douceur de mœurs, et fait fleurir parmi eux une prompte civilisation.

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Guadalquivir à Cordoue.

Les influences phéniciennes, celtes et grecques Modifier

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Navire phénicien passant les Colonnes d'Hercule

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Tête de femme (Cordoue IIIe s. avant J.C.).

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Urne funéraire ibère.

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Marchands phéniciens et navires.

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Les sarcophages phéniciens du musée de Cadix.

À ce stade précoce de la ville, le commerce avec les communautés côtières phéniciennes est déjà très important. Les Turdétans importent du vin, du poisson salé et des produits artisanaux (poterie phénicienne), en échange de produits locaux et de minéraux sans doute métalliques, tels que le fer ou le cuivre[32]. La métallurgie du cuivre et de l'argent, les mines de la Sierra Morena, les terres de la campagne environnante, et la navigabilité rivière Betis, font de la future Cordoue le pilier de l'économie régionale.

Les navigateurs et les traitants de Phénicie, ces marchands aventureux, dès une antiquité très reculée, vers le XVe avant notre ère, viennent offrir aux Ibères des objets de peu de valeur, mais curieusement travaillés, des vases de verre, des toiles pointes, des vêtements et des ornements de femmes, et, en échange, ils reçoivent des minerais d'or et d'argent, des huiles, des vins, des laines, en un mot les plus précieux produits du pays[33].

La quantité de poteries phéniciennes venant de la Colina de los Quemados démontrent ces liens[34]. Les Grecs et les Phéniciens de la côte sud de la péninsule ne sont pas présidents que sur les bords de la Méditerranée et Cadix. La coexistence avec ces colons venant de royaumes éloignés apporte des changements dans les coutumes, les croyances et le mode d'organisation économique et sociale. La culture ibérique qui se développe à partir du VIe ​​siècle avant J.C., jusqu'à la conquête romaine, est née en partie d'influences orientales et dans une moindre mesure, indo-européennes, sur les descendants de la culture tartéssique[35]. Il faut toutefois minimiser le rôle des Phéniciens. Cordoue est une ville turdule jusqu'à sa colonisation romaine[36].

Les villes et villages s'installent toujours sur des oppidums du fait des luttes intestines entre les tribus proches. Au sein de ces villages, les maisons sont été réparties le long des rues[37].

La société est très structurée. Au sommet de la pyramide sociale se trouve le monarque, comme dans la culture tartéssique. Sous lui, à résister à l'aristocratie ou la classe supérieure des propriétaires, des guerriers et des prêtres. En dessous d'eux il ya une classe moyenne composée de commerçants et artisans, esclaves, debout sur ​​le niveau inférieur.

Des marchés et comptoirs phéniciens s'établissent, surtout sur la côte d'Andalousie ou Bétique et même dans l'intérieur, sur le Bétis ou Guadalquivir. Ce sont bientôt des villes florissantes, sortes de républiques phéniciennes, vivant en bonne amitié avec les tribus voisines et uniquement préoccupées de l'extension de leur commerce. On peut citer parmi les plus importantes : Abdera, Salambina, Malaca, sur le littoral de la Bétique ; Carteia, près d'Algésiras : Gadir ou Gadès (la moderne Cadix), Asta, Onoba, Nebrissa, Oripo, Cordoba (= la ville des olives ?), Castulo sur le Bétis ou dans les environs du fleuve[38].

Malaca (Malaga), Cordoue et Gadès sont les centres commerciaux des plus actifs[39]. Cordoue est peut-être à cette époque aussi un lieu où les Phéniciens ont obtenu, sans doute par traité, la concession de cultiver l'olivier et d'établir des moulins pour extraire l'huile du fruit de cet arbre.

Le Bétis apporte la prospérité, que Carthage et Rome vont bientôt conquérir, est incessamment sillonné par les vaisseaux des Phéniciens. Ils remontent le courant du fleuve jusqu'à Hispalis (Séville), où les plus gros navires s'arrêtent : des barques plus légères transportent leurs marchandises jusqu'à Ilipa (Alcala del Rio, suivant d'Anville), et de là d'autres barques, plus petites encore, remontent le fleuve jusqu'à Cordoue[40].

Les Phéniciens ne sont pas les seuls étrangers présents à Cordoue. On retrouve sur la Colina de los Quemados les traces de la présence très ancienne des Celtes, comme dans le reste de l'Andalousie[41]. Les Celtes trouvent dans le voisinage des Turdules, et dans leurs rapports avec eux, beaucoup d'avantages[42]. On retrouve sur toute la vallée du Guadalquivir des artefacts grecs[43].

Du temps des Carthaginois Modifier

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Sphère d'influence carthaginoise avant la première guerre punique (264 BC).

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Hamilcar Barca.

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Épée turdule volontairement tordue trouvée dans une nécropole.

Cadix, le grand comptoir des Phéniciens en Espagne, est attaqué par les Turdétans et invoque la protection de Carthage, la grande colonie phénicienne. Son intervention dans les affaires de Cadix lui donne l'héritage de Tyr, en fait comme la métropole de toutes les colonies de même origine en Espagne. Elle entre en relations pacifiques avec de nombreuses tribus de ce pays.

Du temps de la première guerre punique, Carthage conquiert les régions méditerranéennes de la péninsule ibérique pour créer un nouvel empire carthaginois. Hamilcar Barca fait de Cadix, une place forte et envahit la vallée du Betis, dont les rois par la force ou la diplomatie, soutiennent Carthage. La rivale de Rome y trouve de l'argent et des mercenaires ibères pour mener ses guerres. La remontée de la rivière Betis par les Carthaginois n'est pas vraiment une nouvelle influence extérieure. Une légende raconte que c'est à cette époque que remonte la fondation de la ville ou qu'avec l’arrivée des Carthaginois la ville a son premier nom : Karduba. Karduba (contraction de Kart-Juba, La ville de Juba) serait baptisée par le général carthaginois Hamilcar Barca en l'honneur du général numide appelé Juba, qui combat et meurt dans une bataille dans la région autour de l'an 230 avant J.C..

Hamilcar Barca doit affronter, sur les contreforts de la sierra, au nord de Séville et de Cordoue, la résistance des Turdétans ou Turdules, appuyés par des peuplades celtibères plus septentrionales, commandées par deux frères,  dont l'un, dit Diodore de Sicile, s'appelle Istolatios. L'objectif immédiat d'Hamilcar est de sécuriser l'accès à l'or et l'argent des mines de la Sierra Morena, par un contrôle direct et indirect[44]. Les négociations avec les tribus "Tartessian" ont été conclues avec succès, mais Hamilcar face à l'hostilité de la tribu Turdétans ou Turduli, près de les contreforts de Séville et de Cordoue moderne. Les Ibères ont le soutien de tribus Celtibères. Hamilcar Barca vainc les peuples confédérés, en 235 avant J.C.. Il tue leurs chefs et incorporé 3.000 prisonniers ennemis dans son armée. Le Turdétans se rendent, confirme Diodore de Sicile.

La guerre est l'une des activités les plus nobles dans la société turdule. Les affrontements, d'abord internes sont contre les Carthaginois et les Romains. L'aristocratie est guerrière. Dans ce contexte, les armes, prennent de plus en plus de l'importance. Les guerriers ibères utilisent différents types de casques. Les boucliers sont les scutums (de forme rectangulaires) ou caetras (circulaires). Les armes offensives employées sont l'arc, la fronde, la lance, le javelot[45].

Dans les différents types d'épée, le plus important est le falcata ou sabre recourbé. Souvent, on retrouve ces armes à l'intérieur des tombes de guerriers. Parfois, elles sont tordues pour empêcher ainsi toute tentative de réutiliser l'arme après avoir pillé la tombe[46].

Cordoue romaine (- 202 avant J.-C.-409) Modifier

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République (IIe siècle avant J.-C.-27 avant J.-C.) Modifier

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Scipion Modifier

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Conquête de Hispania.

La présence romaine dans la péninsule ibérique commence à la fin du troisième siècle. avant J.C. et coïncide avec l'apogée de la guerre entre les Romains et les Carthaginois.

Scipion rallie les Celtibères. De là, il mène ses troupes contre les armées Carthaginoises dans la vallée du Haut Guadalquvir, en 208 av. J.-C.. Le but est de s'emparer des mines qui ont longtemps fait la richesse de Carthage[47]. A l'est de Cordoue, à la bataille de Baecula, il rencontre l'armée d'Hasdrubal Barca, alors que celui-ci quitte l'Espagne pour rejoindre son frère Hannibal en Italie. C'est une grande victoire romaine.

Les Carthaginois abandonnent l'Andalousie et leur présence est remplacée par les Romains, qui doivent néanmoins faire face à quelques poches de résistance. En 206 avant J.C Scipion l'Africain assied le pouvoir de Rome et fonde Italica (Séville). Cette province devient le plus important centre économique de la Basse Espagne. A Cordoue il n'y a, en 206, qu'un camp roman à Ilipa et quelques fonctionnaires romains jusqu'à la fondation de la ville romaine, par Marcus Claudius Marcellus, en 152 av. J.-C.[48].

Valence et Cordoue se développent un peu plus tard et au Ier siècle de notre ère[49].

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Scipion rallie les Celtibères.

La Hispania Ulterior Modifier

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Divisions provinciales de l'Ibérie du temps des Romans.

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Cordoue est assiégée par Viriato.

La fondation de Corduba (Cordoue), réalisée ensuite par le Consul Marcus Claudius Marcellus, en 152 av. J.-C. obéit à des nécessités militaires. Favorisé par la fertilité de son sol, Cordoue prend vite de l'essor[50]. Ainsi commence ce qu'on appelle la romanisation. Le sud de la péninsule, la province Hispania Ulterior, est la zone où cette acculturation, voir assimilation est la plus rapide et la plus intense. Cordoue occupe une place prépondérante dans la Hispania Ulterior[51].

Les aristocrates ibères qui vivent sur la Colina de Los Quemados viennent s'installer dans la ville nouvelle. Par contre, le peuple continue à y vivre jusqu'au Ier siècle avant J.C.[52]. Des patriciens romains viennent aussi habiter à Cordoue.

Robert C. Knapp s'interroge sur la date de la fondation la ville romaine. Il en arrive à la conclusion que c'est plutôt pendant l'hiver 169/168 qu'en 152 avant J.-C.. C'est à cette époque que Marcus Claudius Marcellus crée d'autres villes. Cordoue est une colonia latina et reste jusqu'à la fin de la République[53].

Pourtant l'arrivée du frère de Scipion Emilien comme consul de l'Hispanie Citérieure change la donne au niveau des guerres contre les Ibéres. Celui-ci provoque les lusitaniens dans la plaine du Guadalquivir et leur inflige une sévère défaite, en 144 avant J.-C.. Viriathe se replie avant de contre-attaquer et de repousser les armées romaines dans Cordoue. Entre 143 avant J.-C. et 141 avant J.-C. la ville est assiégée par ce Viriato, chef lusitanien.

En l'an 113 avant J.-C. Cordoue a un forum. La ville romaine construit des monuments et les cabanes en torchis sont remplacées par des maisons en pierre. L'importance de la Cordoue romaine et sa splendeur commence à cette époque là.

En l'an 80 avant J.-C. cette ville a un atelier monétaire qui produit ses propres monnaies.

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IIe siècle avant J.C.

La guerre civile (49-45 avant J.-C.) Modifier

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Jules César.

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Campagne de César en Hispania.

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Bataille de Munda (46 BC).

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Ravages de la Guerre civile à Cordoue.

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Portrait de Romain du temps de la République (Cordoue).

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Mausolées Gallegos porte romaine (Ie s. B.C.)

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Plan des deux cités romaines, celle le long de fleuve de byzantino-goth.

Après les victoires de César à Pharsale et à Thapsus, les partisans de la république, menés à l'origine par Pompée, sont confinés dans les provinces espagnoles. En fait, durant le printemps 46 avant J.-C., deux légions de la Hispania Ulterior, constituée principalement de vétérans des légions de Pompée enrôlés dans l'armée de César, chassent le proconsul de César. Ces troupes sont commandées par les frères Gnaeus Pompeius et Sextus Pompeius (les fils de Pompée) et par Titus Labienus. Ils lèvent une armée composée de 13 légions et prennent le contrôle de presque toute la province de Hispania Ulterior, notamment les importantes colonies romaines d'Italica et de Cordoue (la capitale de la province). Les généraux de César restent dans leur camp à Oculbo, à environ 50 km à l'est de Cordoue.

En 49 avant J.-C. Jules César réunit à Cordoue les représentants des villes de la Hispania Ulterior. Il plante un platanus, mentionné par Martial, situé sur les terrains de l'actuel Alcázar de los Reyes Cristianos. Plutarque, nous dit dans sa Vie de César, que ce dernier est : ... sujet à de fréquents maux de tête et à des attaques d’épilepsie, dont il avait senti les premiers accès à Cordoue.

Quintus Cassius Longinus, gouverneur de César en Hispanie ultérieure, est agressé dans la basilique de Cordoue, en 48 avant J.-C. Bien que l'intrigue soit étouffée, après le départ des des troupes insurgées du gouverneur, il commence à soupçonner de traîtrise le Questeur Cassius Marcelus. Quintus Cassius Longinus, en représailles de son agression, détruit les possessions carisssimaeque nobilissimae (Agros et aedificia) des Cordobans situées au sud de la rivière. Fatigués de la cruauté du Préteur Quintus Cassius Longinus, les habitants de Cordoue, en Espagne, quittent le parti de César, comme les militaires des deux légions de Varron.

En l'an 46 avant J.-C. Cordoue se voie accorder le statut colonial par les fils de Pompée, et devient Corduba Colina Patricia . Le conflit entre César et Pompée s'aggrave en 45 avant J.-C.. Jules César assiège Cordoue et se bat contre Pompée le Jeune pour le contrôle du pont. Il doit se retirer peu de temps après à Ategua. Pompée passe l'hiver à Cordoue.

La bataille de Munda, le 17 mars 45 avant J.-C. dans les plaines de Munda, dans le sud de l'Espagne, voit la défaite des partisans de la République.

Après la bataille de Munda, César assiège de nouveau la ville et la prend d'assaut. Cordoue se rend. Les hommes armés de la ville (principalement des esclaves armés) sont exécutés et la cité doit payer une forte indemnité. La ville est détruite par les troupes de César car elle a soutenu son adversaire, Pompée[54]. La ville est fortifiée. Cette muraille est le plus remarquable vestige de cette époque. Toutefois elle est presque entièrement ruinée après la victoire des armées de Iulius Cæsar après les guerres civiles[55].

Jules César envoie le Tribun du peuple Quintus Cassius Longinus avec deux légions dans la Hispania Ulterior, et s'y rend lui-même à grandes journées avec six cents chevaux, ayant fixé d'avance, par un, édit, le jour où il désire que les magistrats et les principaux de toutes les cités viennent le rencontrer à Cordoue. L'édit ayant été publié dans toute la province, il n'y a pas de cité qui n'envoie pas, pour l'époque fixée, une partie de son sénat, pas de citoyen Romain un peu connu qui ne s'y rend. En même temps, le conseil général de Cordoue ferme de lui-même les portes à Varron et place des postes et des sentinelles sur les murs et sur les tours; deux cohortes, dites de Colonia, ayant passé par hasard, on les retient pour la sûreté de la ville. A la même époque, les habitants de Carmona, cité reconnue pour la plus puissante de toute la province, chassent par eux-mêmes trois cohortes, que Varron Varrone præsidio, per se cohortes ejecit, portasque præclusit[56].

Varron envoie dire à César : Qu'il est prêt à livrer la légion à qui il l'ordonnera. Il reçoit l'ordre de la remettre à Sextus César : il obéit, vient trouver ensuite César à Cordoue, lui apporte les registres publics, lui remet fidèlement ce qu'il a d'argent et lui donne l'état de ses vaisseaux et de ses magasins.

Lors de l'assemblée tenue à Cordoue, caput provinciae, en 45 avant J.-C., César remercie chacun en particulier et :

  • les citoyens romains, pour s'être empressés de s'assurer de la ville ;
  • les Espagnols, pour avoir chassé leur garnison;
  • les Gaditains (de Cadix), pour avoir paralysé les efforts de ses ennemis et recouvré leur liberté;
  • les Tribuns des soldats et les Centurions en garnison à Cadix, pour avoir, par leur énergie, secondé les vues des habitants[57].

Il décharge les citoyens Romains des promesses d'argent faites à Varron, rend leurs biens à ceux qu'il savait les avoir perdus, pour avoir parlé trop librement; accorde des distinctions publiques et des avantages particuliers à quelques cités , et donne aux autres, pour l'avenir, de bonnes espérances[58].

Ayant passé deux jours à Cordoue, il part pour Cadix, fait reporter dans le temple d'Hercule le trésor et tous les ornements qu'on avait transportés dans une maison particulière; nomme Quintus Cassius Longinus commandant de la province et lui laisse quatre légions[59].

Les mausolées Gallegos d'un des portes romaines sont construits dans le deuxième quart du premier siècle, donc la période avant ou temps de la guerre civile. Ils sont probablement fait pour abriter les restes de quelques familles aisées en raison de leur forme cylindrique, leur grande taille (13 mètres de diamètre) et se trouve à l'entrée de la ville. Ce type de monuments funéraires est rare dans la péninsule, alors nous pensons que l'on est conçu par un architecte italien inspiré par les formes des autres mausolées à Rome.

Martial parle d'une Cordoue faconde, parce qu'elle est la patrie de Marcus Annaeus Seneca (Sénèque le vieux), de son fils Sénèque, le philosophe, et de son petit-fils Lucain, le poète, avant même le règne d'Auguste. Deux jeunes Romains de Cordoue, L. Annaeus Séneca et M. Porcius Latro, quittent leur ville natale où ils ont commencé leurs études pour venir les terminer à Rome sous la direction d'un de leurs compatriotes, Marullus, qui tient école de rhétorique[60].

La fin de la République Modifier

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Gades (Cadix) est le port de Cordoue.

En l'an 43 avant J.-C., à l'époque du Deuxième Triumvirat, Cordoue retrouve son rôle en tant que centre politique de l'Hispanie ultérieure.

La population de la nouvelle ville où les Romains de bonne origine se trouvent en compagnie des indigènes les plus notables, sa situation topographique? et l'étendue et la fertilité de la vallée favorisent sa prospérité. Des navires peuvent remonter le Bétis jusqu'à Cordoue. Les petites îles du fleuve et la campagne sur les deux rives sont cultivées avec un soin extrême. Des plantations de toutes espèces, admirablement entretenues, entourent Cordoue.

Ainsi, au temps de Strabon (64 avant J.-C.-24), dans les premières années du principat de Tibère, les deux places de commerce les plus importantes de toute l'Espagne sont Cordoue , à l'intérieur des terres, et, non loin de l'embouchure du Bétis, sur une presqu'île qui s'avance en plein Océan, Gades, le port maritime de Cordoue[61].

Marcus Annaeus Seneca, dit Sénèque l'ancien Modifier

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Sénèque l'ancien.

Marcus Annaeus Seneca (Sénèque le vieux), père de Lucius Annaeus Seneca (Sénèque le jeune), et grand-père de Lucain (39-65)[62] vit à la fin de la République et au début de l'Empire. Cet orateur et écrivain romain est né dans une famille influente de l'ordre équestre à Cordoue.

Lucius Annaeus Seneca, appartient à la Gens romaine, Annaea. Son nom et ceux de ses descendants sont clairement de caractère romain, ce qui prouve que sa famille descend de colons romains, et pas originaire de l'Espagne. Statius Annaeus, un ami de la famille à Rome, est peut-être un parent et son praenomen suggère que les Annaea sont d'origines osques

Cette ville de Cordoue, agricole et commerçante, enrichie par ses oliviers, ses troupeaux et ses exportations d'huile et de laine, par l'or que lui donne son fleuve, est en même temps un centre d'activité érudite, très accueillant pour les lettres romaines.

Pendant la guerre civile romaine, Sénèque ne fuit pas Cordoue. Il est probable que ses sympathies, comme de nombreux autres Cordouans de l'ordre équestre vont à Pompée. Il a trois enfants avec sa femme Helvia de Cordoue :

Marcus Porcius Latro Modifier

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Marcus Porcius Latro est considéré comme l'un des fondateurs de l'école de rhétorique[63]. Il est contemporain de Marcus Annaeus Seneca (Sénèque le vieux), avec qui il a étudié sous Marillius.

Empire (27 avant J.-C.-411) Modifier

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Auguste Modifier

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Statue d'Auguste.

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Théâtre romain de Cordoue.

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Aqueduc de Cordoue "Aqua Augusta".

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Pont romain.

L'Empire romain (Imperium romanum) est le nom donné à la domination romaine antique entre 27 avant J.-C. et 476 ap. J.-C., dans certaines provinces de l'Empire. L'Empire est fondé par Auguste, qui met fin à la dernière guerre civile, dans la toute fin de la République. Mais à Cordoue les Vandales prennent la ville en 411. Cela signifie la fin de l'Empire romain d'Occident, même si la ville continue à être régie par les institutions romaines.

Auguste crée une nouvelle division administrative, la province Bétique, avec comme capitale Cordoue. Le territoire s’articule au travers d’un réseau de routes basées sur trois grands axes de passages naturels : la dépression bétique, le sillon intra-bétique et la côte. Autour de ceux-ci se forment d’importants foyers de population (Cordoue la capitale, Hispalis, Iliberis, Ostippo …) qui monopolisent la recette des impôts et le commerce, en plus d’être de grands pôles de pénétration de la culture romaine et de diffusion via leurs zones d’influence rurales[64].

Lors de la réorganisation des provinces menée par Caius Iulius Caesar Augustus, en l'an 27 avant J.-C., la Hispania Ulterior, devenue Bétique, dépend du Sénat. Cette capitale de la Bétique est connue sous le nom de Colonia Patricia. Ce titre, couplé avec une reconstruction de la ville et un deductio possible, sont décernés en 25 avant J.-C.. Au début de l'Empire des constructions importantes sont faites à Cordoue, pour deux raisons principales : d'abord, la destruction de la ville par la fin de la guerre civile, d'autre part, en raison de la tendance générale de l'époque d'Auguste, de remodeler les villes de l'Empire[65].

Du temps d'Auguste la ville se transforme. Le fleuve est rendu plus navigable, le réseau routier est amélioré et de grands monuments publics construits, le forum colonial. Les Romains construisent le théâtre qui de toute l'Hispanie est le plus important, et l'un des plus grands en dimension de tout l'Empire romain. Ce théâtre avec l'appui de l'empereur, de ses représentants et de bienfaiteurs de la ville (les Marii, les Annaea). deux aqueducs (Aqua Augusta vetus et Aqua nova Dominitia Augusta), et probablement l'amphithéâtre[66].

De belles routes relient les villes romaines hispaniques[67]. Au niveau routier, la voie la plus importante relie Tarraco (actuelle Tarragone) à Corduba (actuelle Cordoue) lors de la première phase des guerres en Ibérie (195-180).

Coïncident avec ce règne des pièces de monnaie frappées avec la légende Colonia Patricia. D'autres travaux tels que la reconstruction du pont sur le Guadalquivir (à l'origine construit en l'an 45 avant J.-C.). La muraille pousse vers la rivière avec deux axes (Cardo Maximus, NS, et Decuman Maximo, de E à O.), et continue de former la trame urbaine, avec des carrefours de rues. Le forum colonial, cette grande place publique est l'extension de l'ancien forum républicain, et regroupe des bâtiments administratifs ou religieux. La Via Augusta traverse toute la ville. A côté de l'aqueduc sont construites des fontaines publiques[68].

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Épitaphe Colonia Patricia.

Période 14-98 Modifier

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Pont romain sur le ruisseau Pedroches.

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Temple de Mars à Cordoue.

Après avoir fortifiée la ville suivent les modèles romains, l'Empire fait construire des bâtiments comme le palais du préteur, théâtre et l'amphithéâtre, ou différents temples, entre autres. Au niveau des villes ibériques, bon nombre sont prospères grâce à l'industrie et au commerce : Tarraco (Tarragone), Carthago Nova (Carthagène), Saguntus (Murviedro), relevée de ses ruines; Caesaraugusta (Saragosse), Calagurris (Calahorra), Corduba (Cordoue), Hispalis (Séville), Malaca (Malaga), Gadès (Cadix). Cordoue l'est aussi du fait de l'huile d'olive et des autres productions agricoles.

Sous le règne de Tiberius Julius Caesar Augustus, Tibère (14-37) est construit le forum novum et le pont romain sur le ruisseau Pedroches.

Sous Tiberius Julius Caesar Augustus, (41-54) commence le culte impérial, avec la construction du temple de Mars. Ses ruines sont rue Claudius Marcellus. Il est terminé du temps de Néron, avec un cirque à proximité. C'est le seul temple de Cordoue dont on peut admirer les ruines. A l'ère républicaine, il y a eu un ou plusieurs temples à Cordoue. Les bâtiments publics restants ne disposent pas de données, en dehors de l'existence d'un complexe portuaire et commercial à côté du fleuve.

Du temps de Caesar Domitianus Augustus Germanicun, Domitien (51 - 96) est construit le deuxième aqueduc (Agua Nova Domitiana Augusta). Également au cours de cette période, avec Lucius Cornelius, maire et duoviro, des fontaines publiques sont construites dans la ville et le premier aqueduc est orné de nombreuses statues de bronze.

Du temps des Flaviens (années 69-96) on assiste à un nouveau renouvellement urbain, avec un deuxième processus de reconstruction de la ville. Apparaissent désormais deux nouvelles places, convergeant vers un nouveau forum, le provincial. Plusieurs temples de tailles remarquables sont construits.

IIe siècle Modifier

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Dame romaine.

Un siècle plus tard le premier cirque est détruit et les Romains construisent un second de cirque, à l'ouest de la ville, à côté de l'actuel rectorat de l'université, et un troisième aqueduc (Aqua Fontis Aureae) et un forum provincial sur les hauteurs de Santa Ana.

La nécropole, selon la coutume romaine, est situé dans les environs de la ville, en dehors des murs de la ville et le long des voies qui la mettent en contact avec leur environnement. A Cordoue, les rues principales de la ville sont prolongées par des portes dans les murailles, qui donnent sur les routes d'accès à la ville. Dans ses environs se trouvent, à cette époque, au moins trois grandes nécropoles qui, sont la preuve de la croissance démographique de cette ville au IIe siècle.

Le rituel des funérailles est important. Comme les Grecs les Romains sont incinérés. L'enfouissement pour l'enterrement se généralise à partir du début du IIe siècle. Ce changement peut être du au développement du christianisme[69].

IIIe siècle Modifier

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Cordoue ville romaine.

Entre 294 et 296 est construit le palais impérial palatium Maximiliani, à côté de la gare actuelle, d'abord maison de l'empereur Maximien Hercule (285 - 310). Ce palais est le seul palais d'un empereur situé dans la péninsule ibérique. Des siècles plus tard, à partir du sixième siècle une partie de ce palais est utilisé, comme un centre de culte chrétien et une nécropole chrétienne, qui va continuer à être utilisé au cours de la période islamique.

Ce n'est pas un palais d'Ossius de Cordoue (256-357). Osio n'a pas une activité sédentaire, mais nomade. En effet, il réside rarement à Cordoue. Son travail consiste à représenter les intérêts religieux et la politique de l'État partout dans l'Empire.

Du temps de la domination romaine, Cordoue possède plus de bâtiments publics que Rome. La ville dépasse parfois les 250.000 habitants.

300-411 Modifier

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Osius de Cordoue.

Avec l'avènement du christianisme, les empereurs commencent à compter sur les évêques pour gouverner. Le christianisme joue un rôle majeur dans Cordoue à partir du troisième siècle. Comme évêque de cette ville Ossius de Cordoue (256 - 357), préside le premier Concile de Nicée (325) et a été conseiller de l'empereur Constantin le Grand, qui règne de 306 à 337. Cordoue conserve beaucoup de sépultures chrétiennes et de sarcophages du quatrième siècle, importé de Rome. Cela permet de supposer qu'il y a une forte aristocratie, d'origine romaine, christianisée à Cordoue. D'où le refus de l'arianisme des Wisigoths dans les siècles suivants.

En outre, la ville commence à changer d'aspect du fait de nouvelles constructions plus conformes à la nouvelle croyance. Dans la localité, ce sont d'abord des basiliques extra-muros, à l'ouest, San Acislo, et au nord, Santa-Eulalia et à l'est, les Trois Saints. Par la suite les basiliques sont été construites à l'intérieur de la ville, comme la basilique de Saint-Vincent. La basilique est définitivement expropriée en 786 et les murs détruits, les matériaux récupérés sont utilisés pour construire une mosquée.

Les Vandales (409-429) Modifier

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Les royaumes des "barbares", en 415.

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Guerrier vandale.

[Fichier:Aco43.jpg|thumb|260px|Genséric, roi des Vandales.]]

Le 13 Octobre, 409 les Vandales passent par les Pyrénées et envahissent la péninsule ibérique. Les raids germaniques et les usurpations portent la crise politique à son paroxysme. Celle-ci n'est résorbée que lentement et débouche sur une forme de partage de la péninsule en 411[70].

La branche des Silingi reçoit des terres des Romains, comme foederati en Bétique, en 411. Ils s'installent autour de Cordoue. Les anciens historiens font d'eux le portrait le plus affreux, parce qu'ils sont ariens. Ils restent dans la région de la future Andalousie d'abord durant une dizaine d'années. Cette étape est très importante pour eux, car elle leur permet de devenir le seul peuple barbare maîtrisant la navigation (après avoir enrôlé des marins de force), tandis qu'ils élargissent le champ de leurs actions aux îles Baléares et sur la côte nord-africaine.

En 417, les Wisigoths, au service de l’Empire, mènent des campagnes en Bétique et en Lusitanie[71]. Ils détruisent les royaumes des Alains et des Vandales Sillings. Les survivants se rallient aux Vandales Hasdings en Galice. La scission entre Hasdings et Sillings s'achève après la défaite contre les Wisigoths, qui les contraint à reprendre la route vers le sud. Les Alains fusionnent eux-aussi les Vandales. Par la suite les rois vandales rois en Afrique du Nord se font appeler Rex Wandalorum et Alanorum (Roi des Vandales et des Alains).

En 418, les troupes fédérées wisigothiques, commandése par leur roi Wallia en personne, envoyées par Rome pour rétablir l'ordre battent les Sillings et les Alains. Les vaincus se réinstallent dans le Sud, en Bétique (Andalousie).

Mais, en 422, une expédition romaine contre les Vandales du sud de l’Espagne s’achève en désastre pour l'Empire. Les Wisigoths, alliés de Rome, sont vaincus par les Vandales et doivent se replier vers les Pyrénées et l'Aquitaine. Ce sont les Vandales qui à leur tour construisent une flotte méditerranéenne et attaquent les Îles Baléares en 425. Vers 425, ils ravagent et pillent la ville de Carthago Nova, Carthagène actuel[72].

En 426 les alliés alains des Vandales se font massacrer au nord de la péninsule et leur roi Addac trouve la mort durant cette attaque. C'est alors que les Alains vont se réfugier au sud chez les Vandales, en Wandalus. Ceux-ci, cette année là, prennent la ville de Hispalis (Séville). Ils construisent d'autres navires et lancent dès 426 des raids pirates contre les Baléares et contre la Maurétanie. Ils vont en Afrique vers l'an 429.

Les Vandales laissent des traces de leur passage en Bétique. Le cap espagnol par où les Vandales passent en Afrique va pendant un temps être appelé Cap des Vandales, puis Ras al-Andalus, par les Arabes. C'est là l'origine du nom al-Andalus qui va un temps désigne l'ensemble de l'Espagne musulmane, avant de se restreindre à la région sud.

Sous les Vandales Cordoue perd de son importance. Ces barbares ne cherchent pas vraiment à créer un véritable royaume, mais surtout à piller. Cordoue bénéficie d'une grande autonomie, continue à vivre comme du temps de l'Empire et garde cependant un fond de population romain ou romanisés. Les anciens habitants des provinces soumises aux Romains, qui sont sept millions, les Hispano-Romains portent encore des noms qui les distinguent des Germains[73]. Les Vandales sont 30.000, les Wisigoths 200.000.

Après le passage des Vandales en Afrique, en 429, les Wisigoths réoccupent Cordoue.

Les rois ariens du clan Balthes (après 429-567)Modifier

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Euric Balthes.

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Enluminure du Bréviaire d'Alaric : notables gallo-romains.

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La péninsule ibérique vers 530.

Théodoric I Balthes (ca 400-451) ne récupère pas Cordoue et la Bétique en 429 après le passage des Vandales en Afrique. C'est son fils Euric Balthes (ca 430-484) qui fait que le Royaume de Toulouse s'étend à une grande partie de la péninsule ibérique (à l'exception de la région de la Galice et du nord du Portugal, contrôlée par le Suèves, et du nord, qui reste indépendant, asturien et basque). Euric Balthes (ca 430-484) transmet la péninsule ibérique à ses descendants, écrit Gonzalve de Cordoue. Il ajoute :

La douceur du climat, la prospérité, les richesses, amollirent ces conquérants, leur donnèrent des vices qu'ils n avaient pas lorsqu'ils étaient des barbares, et leur ôtèrent la valeur guerrière qui seule avait fait leurs succès. Les rois qui vinrent après Euric, tantôt ariens, tantôt catholiques, abandonnèrent leur puissance aux évêques, et régnèrent au milieu des troubles. Rodrigue, le dernier d'entre eux, souilla le trône par ses vices. Personne n'ignore l'histoire, apocryphe ou véritable, de la fille du comte Julien, à qui Rodrigue, dit-on, fit violence. Ce fait est contesté ; mais ce qui ne peut l'être, c'est que les débauches des tyrans ont presque toujours été la cause ou le prétexte de leur ruine[74].

Le royaume des Wisigoths ne garde pas longtemps ses limites. Le fils d'Euric, Alaric II Balthes (458-507), attaqué par Clovis, roi des Francs, est tué à la bataille de Vouillé, en 507, et l'Aquitaine est perdue. Les Wisigoths ne conservent en Gaule que la Septimanie. Alaric II élabore un code de lois, connu sous le Bréviaire d'Alaric (506), pour ses sujets romains. Les Goths appliquent le droit du peuple wisigoth.

En 549, Agila est élevé sur le trône par les chefs de la conspiration à laquelle le roi Theudigisel venait de succomber après à peine 18 mois de règne.

Dès le début de son règne (549-555) Agila (549-555) s'efforce en vain de soumettre à son autorité les villes de Bétique, dont Cordoue, où les grandes familles sénatoriales romaines restent solidement implantées[75]. La Bétique est une région fortement romanisée et attachée au catholicisme, et donc très hostile aux Wisigoths ariens. Selon l'historien espagnol Rafael Altamira, le roi Agila fit la guerre aux habitants de la Bétique. Ceux-ci se conservaient indépendants des Wisigoths sous la direction des nobles hispano-romains qui depuis le temps de Majorien et plus encore de puis la disparition de l'empire d'Occident maintenaient la tradition du gouvernement impérial[76].

Cordoue ayant refusé de le reconnaître, il l'assiège. Lors du siège de la ville, il pille la basilique située hors de cette ville, et profane le sépulcre de saint Asiscle et souille l'église en y décapitant les prisonniers, et en la transformant en étable pour les chevaux. Cette impiété porte au comble la fureur des habitants de Cordoue. Lors d'une sortie ils tuent son fils, pillent son bagage, et le contraignent de se retirer â Mérida.

Cette défaite ayant enhardi Athanagilde Balthes (510-567), très certainement un membre du clan Balthes[77], à former un parti contre Agila, il demande du secours à l'empereur Justinien, qui lui envoie le Patrice Liberius avec une armée.

De fait, en 551, les armées byzantines s´emparent de l´Andalousie avec le soutien des populations locales, principalement d'origines hispano-romaines. Les deux partis en viennent aux mains. Agila est encore vaincu, près de Séville. Tant de défaites font concevoir du mépris pour lui, en sorte que les troupes le massacre à Mérida et mettent sur le trône, en 555, Athanagilde Balthes (510-567).

Les Byzantins sont maîtres d'un territoire côtier allant de Cadix à Valence, la province de l'Empire byzantin Spania. Selon l'historien Görres le patrice Libérius (465-555) est le premier Statthalter établi à Carthagène en 554. Mais c'est plutôt à Cordoue qu'il réside[78]. Il vient de conquérir cette forteresse, mais devient vite impopulaire[79].

Par la suite Cordoue n'est plus, en 560, ni aux Byzantins, ni aux Wisigoths. Athanagilde essaie de conquérir la ville, sans succès.

Les épisodes byzantins (567 à 572 et de 579 à 584) Modifier

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Byzantins (567 à 572) Modifier

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Colonnes romaines ou wisigoths des bains de Grenade.

En 554, le soutien apporté par les Byzantins lors d’une querelle de succession entre prétendants wisigoths permet à Justinien Ier de reprendre le contrôle de la Bétique. Ce retour au sein de l’Empire d’Orient est de courte durée, les successeurs de Justinien n’ont pas les moyens de se maintenir.

Durant le court règne de Liuva (568-572), les Byzantins essaient de reculer leurs frontières au nord de leur capitale Cordoue jusqu'à la Sierra Morena, mais ils sont repoussés.

Le mystère qui recouvre le nom des successeurs de Libère ne s'étend heureusement pas sur les limites du territoire qu'ils gouvernent. L'histoire de l'Espagne byzantine est assez confuse, sa géographie l'est beaucoup moins. Jusqu'à plus ample informé, nous tenons pour évêchés ayant appartenu à l'empire... dans la Province ecclésiastique de Bétique : Cordoue et Illiberis (Elvire = Grenade)... Cordoue est byzantin de 567 à 572 et de 579 à 584[80].

Le patrice Magister militum Spania, réside peut-être à Cordoue avant 572, puis à Carthagène. Il a sur les possessions byzantines, englobant les débris de trois provinces romaines, des pouvoirs comparables à ceux de l'exarque de Ravenne en Italie et de l'exarque de Carthage en Afrique[81].

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Conquêtes de Justinien de 483 à 565 (Source Neuceu-WPC).

Le roi arien wisigoth Léovigild Modifier

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L'Hispanie du temps de Léogévild.

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Guerriers wisigoths.

Léovigild est le frère roi Liuva. Selon Jean de Biclar, ce dernier associe Léovigild au pouvoir un an après son élection, se réservant la Septimanie (où leur père est comte de 523 à 526), avec Narbonne pour capitale, et laisse l'Hispanie (avec Tolède pour capitale) à son frère. Souhaitant unifier toute la péninsule Ibérique sous son autorité, Léovigild entame une série de campagnes militaires, notamment dans le sud, contre les Byzantins de la Bétique.

Paul Goubert écrit à propos de Cordoue :

On a prétendu que le roi des Wisigoths, Léovigild, l'enleva aux Byzantins en 571. D'autres ont pensé que cet événement eut lieu en 573 ou 574. En réalité, c'est en 572 qu'elle fut reprise par les Wisigoths, après une lutte opiniâtre, qui montre l'hostilité de la population hispano-romaine contre les conquérants germains[82]. La Iohannis Abbatis Biclarensis Chronica confirme que c'est en 572 que Leovigildo reprend Cordoue, la capitale byzantine, et passe sa garnison au fil de l'épée.

Le siège du gouvernement impérial est dès lors transporté à Carthagène[83]. Après la reprise de Cordoue par les Wisigoths, les Grecs concluent avec ceux-ci un traité de paix sur les bases du statu quo territorial.

Mais à Séville, son fils aîné, Herménégild (564-585), soulève l'actuelle Andalousie en 579. Loin d'abdiquer, Herménégild refuse l'obéissance à son père, fait battre des monnaies à son propre nom, prend Séville comme capitale et engage d'autres villes du Sud, comme Cordoue, à soutenir ce que Görres appelle son entreprise de haute trahison[84].

Byzantins (579 à 584) Modifier

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Hermenegild.

Cordoue, profitant sans doute du soulèvement d'Herménégild, se convertit au catholicisme, se rend indépendante, en 579, comme en témoignent des monnaies de Léovigild commémorant ses deux victoires : Leovigildus rex Cordoba(m) bis obtinuit. Ainsi, la ville, byzantine de 568 à 572, est soumise aux Wisigoths, jusque vers 579 où elle se déclare pour Herménégild, allié des Byzantins[85].

Les habitants de Cordoue sont Hispano-romains, catholiques et mécontents des envahisseurs ariens. Ils facilitent les conquêtes byzantines[86].

Séville assiégée résiste héroïquement deux ans. Ce n'est qu'en 584 qu'elle tombe entre les mains du roi wisigoth. Herménégild s'enfuie prudemment à Cordoue[87]. Mais sur ses pas, son père avance, et bientôt la trahison grecque ouvre pour la deuxième fois, comme jadis en 572, au roi des Goths les portes de Cordoue. Grégoire de Tours parle de 30.000 écus d'or versé pour la reddition de Cordoue.

Les rois wisigoths catholiques (584-711) Modifier

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Recared et des évêques au IIIe Concile de Tolède.

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Les derniers rois wisigoths : Egica, Witiza, Rodrigo.

Des monnaies portent le nom Léovigild, avec l'inscription : Cordobam bis optinuit.

En 589, Cordoue est soumise au roi wisigoth, Recared. Au troisième Concile de Tolède, on relève en effet la signature de Agapius Cordubensis, à côté de celles de Petrus Ossonobensis et Theodorus Bastitanae ecclesiae episcopus.

En 619, Fulgence, évêque d'Astigi assiste au second Concile de Séville, présidé par son frère Isidore. Il y est question de ses démêlés avec l'évêque Honorius de Cordoue, au sujet d'une église que les deux diocèses revendiquent. Cette rectification des limites provient-elle, comme pour Malaga, de l'incertitude des frontières hispano-byzantines ? Cette hypothèse n'est pas à exclure[88].

L'Empire wisigoth est affaibli par des difficultés économiques et des rivalités dynastiques, qui entraînent des conflits sanglants pour la succession au trône.

R. Castejón identifie le palais du roi Rodéric d'Hispanie (688-711) avec le site de Turruñuelos[89].

La basilique de Saint-Vincent Modifier

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Les restes de la basilique wisigothe San Vincento de Cordoue (mosquée puis cathédrale).

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Murailles wisigothes et musulmans.

L'église paléochrétienne de Santa Catalina se trouve sur l'emplacement de l'actuel couvent de Santa Clara (la forte influence byzantine, avec plan en croix inscrite, suivant les modèles de Ravenne et de Constantinople). Elle est construite au milieu du sixième siècle. Cette date est aussi celle de la construction d'autres édifices comme l'église des Trois saints (San Fausto, San Gennaro et San Marcial), sous l'actuelle église de San Pedro, l'église Saint Acisclus du martyr (construit dans le complexe du palais de Maximien Hercule).

La Basilique de San Vicente est un peu plus récente. En 572, Cordoue est prise par les Wisigoths. Abandonnant l'Arianisme pour le catholicisme, ils construisent en 584, sur l'emplacement d'un temple de Janus[90], la basilique de Saint-Vincent, consacrée à Vincent de Saragosse, martyr du IVe siècle[91].

Par sa situation dans la ville, l’édifice finit par devenir la principale église de la cité, et résidence épiscopale. Un monastère y est aussi édifié[92].

Les restes en sont retrouvés lors de fouilles archéologiques dans les années 1930[93].

Mais si Cordoue est mondialement connu au Moyen-âge et encore aujourd'hui c'est pour sa mosquée. Celle ci est construite en cinq étapes entre 785 et 987, à côté de la basilique. L'alternance de pierres blanches et de briques rouges dans la mosquée vient de la réutilisation de matériaux venant de constructions wisigothiques. Toutes les églises hormis celle attenante à la mosquée sont détruites[94].

Selon Ibn Idhari, Abd Al-Rahman entreprend la destruction de la partie chrétienne, afin de faire du bâtiment uniquement une mosquée[95]. Le bâtiment est entièrement transformé en mosquée un an plus tard. Les ruines des églises et du temple sont réutilisées comme matériau de construction[96], ainsi que certains aspects architecturaux[97][98].

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Couvent de Santa Clara (du temps des Wisigoths).

Cordoue du temps des Omeyyades

Notes et références Modifier

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  1. Didier Trock, L'Andalousie, le rêve perdu.
  2. Histoire d'Espagne, Charles Romey, Furne et Cie, 1839.
  3. Roman Córdoba, Volume 30 de Classical studies: University of California publications, Calif University of California Berkeley, Robert C. Knapp, University of California Press, 1983.
  4. Roman Córdoba, Volume 30 de Classical studies: University of California publications, Calif University of California Berkeley, Robert C. Knapp, University of California Press, 1983.
  5. MUSEO ARQUEOLÓGICO Cordoba
  6. Roman Córdoba, Volume 30 de Classical studies: University of California publications, Calif University of California Berkeley, Robert C. Knapp, University of California Press, 1983.
  7. MUSEO ARQUEOLÓGICO Cordoba
  8. Roman Córdoba, Volume 30 de Classical studies: University of California publications, Calif University of California Berkeley, Robert C. Knapp, University of California Press, 1983.
  9. Les déclamateurs espagnols au temps d'Auguste et de Tibère, H. de La Ville de Mirmont, Bulletin Hispanique, Année 1910, Volume 12, Numéro 12-1, pp. 1-22.
  10. Didier Trock, L'Andalousie, le rêve perdu.
  11. Mierow, Charles Christopher (April 1929), Some Latin Writers of Spain, The Classical Journal 24 (7): 498–508.
  12. Plazas et sociabilité en Europe et Amérique Latine: colloque des 8 et 9 mai 1979, Partie 6 de Publications de la Casa de Velázquez: Série "Recherches en sciences sociales." Lino Álvarez Reguillo, Casa de Velázquez, 1982.
  13. Roman Córdoba, Volume 30 de Classical studies: University of California publications, Calif University of California Berkeley, Robert C. Knapp, University of California Press, 1983.
  14. L'Andalousie de la préhistoire à la Bétique romaine
  15. Roman Córdoba, Volume 30 de Classical studies: University of California publications, Calif University of California Berkeley, Robert C. Knapp, University of California Press, 1983.
  16. L'Andalousie de la préhistoire à la Bétique romaine
  17. Roman Córdoba, Volume 30 de Classical studies: University of California publications, Calif University of California Berkeley, Robert C. Knapp, University of California Press, 1983.
  18. MUSEO ARQUEOLÓGICO Cordoba
  19. Roman Córdoba, Volume 30 de Classical studies: University of California publications, Calif University of California Berkeley, Robert C. Knapp, University of California Press, 1983.
  20. MUSEO ARQUEOLÓGICO Cordoba
  21. MUSEO ARQUEOLÓGICO Cordoba
  22. Roman Córdoba, Volume 30 de Classical studies: University of California publications, Calif University of California Berkeley, Robert C. Knapp, University of California Press, 1983.
  23. MUSEO ARQUEOLÓGICO Cordoba
  24. MUSEO ARQUEOLÓGICO Cordoba
  25. Roman Córdoba, Volume 30 de Classical studies: University of California publications, Calif University of California Berkeley, Robert C. Knapp, University of California Press, 1983.
  26. MUSEO ARQUEOLÓGICO Cordoba
  27. MUSEO ARQUEOLÓGICO Cordoba
  28. Córdoba en sus comienzos
  29. Annales des voyages, de la géographie, de l'histoire et de l'archéologie: avec cartes et planches, Challamel aîné, 1808.
  30. POLYBE, HISTOIRE GÉNÉRALE, TOME TROISIÈME, LIVRE XXXIV, Traduction française, Félix BOUCHOT.
  31. TURDETANIA Y TURDETANOS EN LA LITERATURA GRECOLATINA: NACIMIENTO, DESARROLLO Y TRANSFORMACIÓN DE LA IMAGEN PARADIGMÁTICA DE UNA REGIÓN DE OCCIDENTE, Francisco José García Fernández.
  32. El Oppidum Ibérico de Ilturir-Iliberri.
  33. L'Espagne antique.
  34. Roman Córdoba, Volume 30 de Classical studies: University of California publications, Calif University of California Berkeley, Robert C. Knapp, University of California Press, 1983.
  35. MUSEO ARQUEOLÓGICO Cordoba
  36. Roman Córdoba, Volume 30 de Classical studies: University of California publications, Calif University of California Berkeley, Robert C. Knapp, University of California Press, 1983.
  37. MUSEO ARQUEOLÓGICO Cordoba
  38. L'Espagne antique.
  39. L'Espagne antique.
  40. Histoire d'Espagne, Charles Romey, Furne et Cie, 1839.
  41. Roman Córdoba, Volume 30 de Classical studies: University of California publications, Calif University of California Berkeley, Robert C. Knapp, University of California Press, 1983.
  42. POLYBE, HISTOIRE GÉNÉRALE, TOME TROISIÈME, LIVRE XXXIV, Traduction française, Félix BOUCHOT.
  43. Roman Córdoba, Volume 30 de Classical studies: University of California publications, Calif University of California Berkeley, Robert C. Knapp, University of California Press, 1983.
  44. Lancel, Serge (1999). Hannibal . Wiley-Blackwell.
  45. MUSEO ARQUEOLÓGICO Cordoba
  46. MUSEO ARQUEOLÓGICO Cordoba
  47. Lancel, Serge (1999). Hannibal . Wiley-Blackwell.
  48. MUSEO ARQUEOLÓGICO Cordoba
  49. Didier Trock, L'Andalousie, le rêve perdu.
  50. Rome et l'Occident (IIe siècle av. J.-C. - IIe siècle ap. J.-C.) : CAPES - Agrégation « Pour les concours », Jean-Pierre Martin, Giovanni Brizzi, Sedes, 2010.
  51. MUSEO ARQUEOLÓGICO Cordoba
  52. Roman Córdoba, Volume 30 de Classical studies: University of California publications, Calif University of California Berkeley, Robert C. Knapp, University of California Press, 1983.
  53. Roman Córdoba, Volume 30 de Classical studies: University of California publications, Calif University of California Berkeley, Robert C. Knapp, University of California Press, 1983.
  54. MUSEO ARQUEOLÓGICO Cordoba
  55. City of Corduba
  56. Les commentaires sur la guerre des Gaulles, Jules César, Le Déist de Botidoux, Debray 1809.
  57. Les commentaires sur la guerre des Gaulles, Jules César, Le Déist de Botidoux, Debray 1809.
  58. Les commentaires sur la guerre des Gaulles, Jules César, Le Déist de Botidoux, Debray 1809.
  59. Les commentaires sur la guerre des Gaulles, Jules César, Le Déist de Botidoux, Debray 1809.
  60. Les déclamateurs espagnols au temps d'Auguste et de Tibère, H. de La Ville de Mirmont, Bulletin Hispanique, Année 1910, Volume 12, Numéro 12-1, pp. 1-22.
  61. Les déclamateurs espagnols au temps d'Auguste et de Tibère, H. de La Ville de Mirmont, Bulletin Hispanique, Année 1910, Volume 12, Numéro 12-1, pp. 1-22.
  62. Didier Trock, L'Andalousie, le rêve perdu.
  63. Mierow, Charles Christopher (April 1929), Some Latin Writers of Spain, The Classical Journal 24 (7): 498–508.
  64. L'Andalousie de la préhistoire à la Bétique romaine
  65. MUSEO ARQUEOLÓGICO Cordoba
  66. City of Corduba
  67. L'Espagne antique.
  68. City of Corduba
  69. MUSEO ARQUEOLÓGICO Cordoba
  70. La péninsule ibérique aux époques romaines: (fin du IIIe s. av. n.è. – début du VIe s. de n.è.), Patrick Le Roux, Armand Colin, 2010.
  71. La péninsule ibérique aux époques romaines: (fin du IIIe s. av. n.è. – début du VIe s. de n.è.), Patrick Le Roux, Armand Colin, 2010.
  72. La péninsule ibérique aux époques romaines: (fin du IIIe s. av. n.è. – début du VIe s. de n.è.), Patrick Le Roux, Armand Colin, 2010.
  73. Byzance et l'Espagne wisigothique (554 - 711), Paul Goubert, Études byzantines, Année 1944, Numéro 2, pp. 5-78.
  74. Gonzalve de Cordoue, Florian, V. Masson, 1836.
  75. [Le royaume Arien en Espagne (507-586)]
  76. Rafael Altamira, Historia de España y de la civilisation española, 3e éd., Madrid (1903) I, p. 183.
  77. Prosopography Approaches and Applications: A Handbook, Volume 13, K. S. B. Keats-Rohan, Occasional Publications UPR, 2007.
  78. Byzance et l'Espagne wisigothique (554-711), Paul Goubert, Études byzantines, Année 1944, Numéro 2, pp. 5-78.
  79. Byzance et l'Espagne wisigothique (554-711), Paul Goubert, Études byzantines, Année 1944, Numéro 2, pp. 5-78.
  80. Byzance et l'Espagne wisigothique (554-711), Paul Goubert, Études byzantines, Année 1944, Numéro 2, pp. 5-78.
  81. L'Espagne byzantine. Administration de l'Espagne byzantine (suite). Influences byzantines religieuses et politiques sur l'Espagne wisigothique, Paul Goubert, Revue des études byzantines, 1946, Volume 4, Numéro 4, pp. 71-134.
  82. L'Espagne byzantine. Administration de l'Espagne byzantine (suite). Influences byzantines religieuses et politiques sur l'Espagne wisigothique, Paul Goubert, Revue des études byzantines, 1946, Volume 4, Numéro 4, pp. 71-134.
  83. Byzance et l'Espagne wisigothique (554-711), Paul Goubert, Études byzantines, Année 1944, Numéro 2, pp. 5-78.
  84. Byzance et l'Espagne wisigothique (554-711), Paul Goubert, Études byzantines, Année 1944, Numéro 2, pp. 5-78.
  85. Byzance et l'Espagne wisigothique (554-711), Paul Goubert, Études byzantines, Année 1944, Numéro 2, pp. 5-78.
  86. L'Espagne byzantine. Administration de l'Espagne byzantine (suite). Influences byzantines religieuses et politiques sur l'Espagne wisigothique, Paul Goubert, Revue des études byzantines, 1946, Volume 4, Numéro 4, pp. 71-134.
  87. Byzance et l'Espagne wisigothique (554-711), Paul Goubert, Études byzantines, Année 1944, Numéro 2, pp. 5-78.
  88. L'Espagne byzantine. Administration de l'Espagne byzantine (suite). Influences byzantines religieuses et politiques sur l'Espagne wisigothique, Paul Goubert, Revue des études byzantines, 1946, Volume 4, Numéro 4, pp. 71-134.
  89. Plazas et sociabilité en Europe et Amérique Latine: colloque des 8 et 9 mai 1979, Partie 6 de Publications de la Casa de Velázquez: Série "Recherches en sciences sociales." Lino Álvarez Reguillo, Casa de Velázquez, 1982.
  90. Dussaud René. La matérialisation de la prière en Orient. In: Bulletins et Mémoires de la Société d'anthropologie de Paris, V° Série. Tome 7, 1906. pp. 213-220.
  91. Grande Mosquée (Cordoue)
  92. Mezquita general description and historical notes
  93. Cathédrale de Cordoue
  94. Jerrilynn Denise Dodds, Al-Andalus: The Art of Islamic Spain, 1992.
  95. Jerrilynn Denise Dodds, Al-Andalus: The Art of Islamic Spain, 1992.
  96. Le Magasin pittoresque, Volume 9, Edouard Charton, 1841
  97. La conquête arabe en Espagne : mythe ou réalité ?
  98. La mosquée de Cordoue

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