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Comtes d'Urgell

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Brouillon



                                Comtes d'Urgell


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Sépulcre d'Ermengol VII d'Urgell (1154-1184), Monastère de Santa Maria de Bellpuig de les Avellanes, la Noguera.

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Le comté d'Urgell, à l'ouest les comtés de Pallars et Ribagorza.

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La capitale du comté d'Armengol est Castellciutat, château qui de nous jours domine la ville de la Seu d'Urgell

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Charlemagne rejoignant la Marca Hispánica par la vallée voisine d'Andorre, le futur comté d'Urgell

Le comté d'Urgell, (Catalan : Comtat d'Urgell, Latin : Comitatus Urgellensis) est un ancien comté catalan qui succède, après 897, avec d'autres principautés à la Marca Hispánica, Marche hispanique du royaume franc carolingien. Le comté d'Urgell est situé sur les contreforts pyrénéens à l'est du comté de Pallars et à l'ouest du comté de Cerdagne[1].

Vers 785, les habitants de Gérone se soulèvent contre les musulmans et se soumettent aux Francs. Ils sont certainement imités par les habitants d’Urgell, de la Cerdagne, de Pallars et de la Ribagorza, selon Josep Maria Salrach[2]. Le comté est créé par les rois des Francs et intégré à l'Empire vers 790.

La région est alors rattachée au comté de Toulouse. Confié en 798 au comte d'Osone, Borrell Ier, le comté correspond au Haut-Urgell, soit les vallées de plusieurs affluents de la haute-vallée du Sègre, comme la Valira (= l'Andorre), et les régions entre El Pont de Bar et Oliana. Un acte de la cathédrale d'Urgell datant de 839 parle de 129 villages.

Les comtes d'Urgell sont mentionnés pour la première fois avec ce titre en 981. Après la mort de Wilfred le Velu (897) les comtes de Barcelone gouvernent les comtés de: Barcelone, Gérone, Osona, Besalú, Conflent, Urgel et de Cerdagne. La première dynastie indépendante d'Urgell commence avec Armengol Ier d'Urgell (992 - 1010)[3]. Ils deviennent seigneurs de la vallée de Castelbon, dont ils prennent le nom en 1126.

Au cours du XIe siècle, le comté se développe : les comtes d'Urgell qui, à partir de 993, sont soucieux de garantir l'autonomie de leur territoire, agrandissent leur domaine vers le sud. Ils luttent aussi bien contre les musulmans de la Marche supérieure que contre les comtes catalans voisins de Barcelone ou les Comtes de Pallars. Son territoire va des Pyrénées à la Taifa de Lleida, à savoir les actuels comarcas (= terroirs) de l'Haut-Urgell, de la Noguera, de Solsonès, de Pla d'Urgell, la Baix Urgell et l'Andorre.

Le comté d'Urgell a d'abord comme capitale Castellciutat, château qui domine la ville de la Seu d'Urgell, puis, à compter de 1105, la résidence des comtes est Balaguer. La ville principale de ce comté est La Seu d'Urgell. La capitale politique, Agramunt, où les comtes créent leur propre monnaie, appelée agramuntesa. Tout cela en dépit de la montée en puissance des barons qui conduit à l'émergence d'un certain nombre de capitales locales telles que Agramunt, Castellón, Ponts et Bojan.

Il y a aussi un diocèse d'Urgell. Le diocèse est ancien. Le premier évêque est saint Juste Ier (avant 527-546). Félix d'Urgell (760-818) et les tendances à l'hérésie position adoptionistes troublent la vie des vallées catalanes. Par la suite l'Andorre est cédé à l'évêque d'Urgell par le comte Ermengol IV d'Urgell (1050-1092) au XIe siècle.

Le comté est cependant intégré au royaume d'Aragon et, en 1314, il échoit à Thérèse d'Entença, l'épouse du roi d'Aragon, Alphonse IV. Celui-ci confie finalement le comté à son fils cadet, Jacques Ier.

Mais en 1410, à la mort du roi Martin Ier, Jacques II prétend au trône d'Aragon et s'oppose à Ferdinand de Trastamare. Refusant de reconnaître sa défaite, il est poursuivi, ses biens confisqués et le comté réuni au domaine de la Couronne d'Aragon.

Cet article ne s'intéresse qu'aux comtes d'Urgell de la dynastie de Barcelone (834-1231).



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Mural dels Comtes d’Urgell (Balaguer).



Les comtes d'Urgell Modifier

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Le Beatus d'Urgell,manuscrit enluminé contenant notamment un commentaire de l'Apocalypse de Beatus de Liébana (975)

Selon Salazar Mendoza :

Le comté d'Urgell est d'une si grande importance dans la Principauté de Catalogne que ceux qui l'ont possédé ont été de grands seigneurs[4].

C'est vrai au moins pour les premiers comtes d'Urgell qui sont de la dynastie de Barcelone. Urgell n'est que l'un de leurs comtés.

Avant eux les rois Francs nomment comte d'Urgell, Borrell d'Urgell (798), qui est également comte de Cerdagne. En 820, Borrell est remplacé par le comte d'Aragon, Gali Aznar. A sa mort (832), le comté passe à son fils, qui est remplacé à son tour en 838.

Dynastie de Barcelone (834-1231) Modifier

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Comtat d'Urgell.



  • 878-897 : Guifred le Velu (878-897), fils de Sunifred Ier, est comte de Besalú, de Cerdagne, de Gérone, d'Osone et d'Urgell ;



  • 948-966 : Miron de Barcelone, neveu du précédent, co-comte de Barcelone et d'Urgell ;


  • 948-992 : Borrell II de Barcelone, frère du précédent et neveu de Sunifred II, co-comte de Barcelone et d'Urgell ;











Aurembiaix d'Urgell doit lutter contre les prétentions de son cousin Géraud, vicomte de Cabrera et d'Àger. Mort en 1228, il transmet ses prétentions à son fils Pons, qui hérite également de la vicomté d'Àger. En 1231, Pierre de Portugal, veuf d'Aurembiaix, cède ses droits sur le comté d'Urgell à Pons.

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Les comtes de Barcelone, puis d'Urgell.

Les comtes de Barcelone et d'Urgell Modifier

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Sunifred Ier, comte de Cerdagne et d'Urgell (834 - 848) Modifier

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Sunifred (Aragoniae Comitum Barchinonae (1376).

Le comté d'Urgell est conquis dans les années 830 par Sunifred Ier, père de Wilfred le Poilu[6]. En 834, le roi franc Louis le Pieux donne les comtés de Urgell et de Cerdagne qui appartiennent à Gali et Aznar (alliés de Musa ibn Musa ibn Fortun, du clan des Banu Qasi).

Le comte Sunifred d'Urgell, père du fondateur de la Maison comtale de Barcelone, Guifré el Pilôs, avec nombre d'autres notables personnages, se trouve présent à la consécration de la cathédrale d'Urgell, en 819, comme le mentionne une charte[7]. Il a aidé l'évêque Sisebut, à la reconstruire, et lui donne de grands biens[8]. Il existe une charte du 3 janvier 840 par laquelle Sunifred donne à l'église de Notre-Dame d'Urgel, reconstruite par l'évêque Sisebut, certaines terres situées dans les faubourgs de la ville d'Urgell, près de l'église Saint-Pierre[9].

Sunifred d'Urgell est comte de Barcelone, Gérone et Osona de 844 à 848, comte d'Urgell, comte de Besalu, comte de Cerdagne de 834 à 848, comte de Narbonne, de Béziers, de Nîmes, d'Agde et de Lodève.

Sunifred, comte d'Urgell & marquis de Septimanie, meurt vers l'an 850 ou 851, au plus tard. Il laisse d'Ermesinde, sa femme, cinq fils. Cette filiation est établie par un grand nombre de chartes.

Salomon Ier d'Urgell (848 - 870) Modifier

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Salomon hérite de Sunifred Ier, à sa mort, survenue en 848. Il est le tuteur de ses enfants mineurs. Selon la Chronique de San Juan de la Peña, et Comitum Gesta Barcinonensium, il est détesté de ses sujets hispano-wisigoths, en particulier à cause des enfants de son prédécesseur. Guifred le Velu conspire contre lui, l'accuse d'avoir usurpé le comté, puis finalement le tue[10].

Guifred le Velu (870-897) Modifier

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Guifred, le velu.

Guifred le Velu, (Guifré el Pilós en catalan), est né vers 840 et mort le 11 août 897 dans la région de Solsona. Guifred le Velu devient comte de Barcelone en 878. Il est fait comte de Cerdagne et Urgell, en 870, par le roi Charles le Chauve[11], et le reste jusqu'à son décès (897),

La Catalogne obtient son indépendance au IXe siècle, c'est Guifred le Velu, comte de Barcelone en 878, qui l'obtient. C'est le grand rassembleur des terres catalanes. Son oeuvre de repeuplement débute des 879 et s'étend de Ripoll à la plaine de Vic... et jusqu'au Montserrat et à Cardona. Il est probable que les nouveaux pobladores, issus, selon l’évêque Idalguer, de différents lieux et nations, viennent surtout des régions voisines : Cerdagne, Urgell, Razes et peut-être aussi de Gascogne et de Septimanie[12].

Guifred le Velu meurt le 11 août 897, en combattant contre le chef musulman Lubb ibn Muhammad de la famille muladí des Banu Qasi.

Sunifred II d'Urgell (898 - 948) Modifier

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Sunifred II.

Urgell passe en 898 au cinquième enfant de Guifred le Velu (870 - 897), Sunifred II. Wilfred II Borrell hérite des comtés de Barcelone, Gérone et Osona et un autre frère, Miró, du comté de Cerdagne. Sunifred II d'Urgell est un des comtes du début de la première dynastie héréditaire.

L'événement le plus important de son règne est le concile de l'Eglise, qui s'est tenue sous sa présidence à la Seu de Urgell, en 914. Il est décidé de transférer cinq monastères abandonnés pour le maintien d'un grand monastère à San Cerney de Tavernoles.

Dans le Mascaro Bofarull nous apprenons qu'il fait un don, en 936, avec sa femme, où il se dit le comte d'Urgell. Sa femme est la fille du comte Armengol de Rouergue  

A la mort de Sunifred, en 948, ses garçons sont décédés. Le comté passe à ses petits enfants, les comtes de Barcelone, Miró Ier (948-966) et Borrell II (948 - 992), qui, après la mort de son frère règne seul.

La femme de Sunifred, Adélaïde de Toulouse, un an plus tard, se retire dans le couvent de Sant Joan de las Abadesses, près de Ripoll.

Miron de Barcelone (948 - 966) Modifier

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Miró (925 - 31 Octobre 966) est le comte de Barcelone, Girona et Osona (947 - 966) et Urgell (948 - 966), tout cela avec son frère Borrell II. Il semble ne s'être guère intéressé au comté d'Urgell.

Borrell II de Barcelone (948 - 992) Modifier

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Borrell II, comte de Barcelone et d'Urgell.

Borrell (927-993) est comte de Barcelone, Girona et Osona dès 947 et Urgell en 948 jusqu'à sa mort. Il semble ne s'être guère intéressé au comté d'Urgell. C'est ce comte Borrell II de Barcelone (942-992), qui va être véritablement le fondateur d'un comté d'Urgell indépendant. Il est le père d'Ermengol, premier comte d'Urgell (992-1018)[13].

Arnaldo, Ermengaudo prolem Borrellum comes… signent une charte datée du 26 septembre 989, dans laquelle Borrello… comes atque marchio vend une propriété à Sant Cugat del Vallés[14].

En 992, Borrell, et sa femme, visitent le comté d'Urgell. Il tombe malade et décède à Castellciutat, château qui domine la ville de la Seu d'Urgell.

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L’Alt Urgell.

Les premiers comtes uniquement d'Urgell Modifier

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Ermengol I d'Urgell en 1010 participe au raid audacieux des Catalans contre Cordoba. Sa dynastie se poursuit jusqu'à la comtesse Aurembiaix d'Urgell (1209-1231). Pendant ce temps, Urgell joue un rôle très important dans la Reconquista[15]. La maison d'Urgell, fondée en 992 en faveur d'Ermengol, fils cadet de Borrell, reste jusqu'en 1066 très liée à celle de Barcelone. Une sorte de collaboration militaire, renforcée par un lien de vassalité s'installe dans la région de Lleida[16].

Ermengol I d'Urgell (993-1010) Modifier

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Homme en armures datant du temps d'Ermengol, portant le blason des comtes d'Urgell.

Ermengol, ou Armengol ou Ermengardo, dit el de Córdoba, le second fils de Borrell II de Barcelone et de sa première femme, Ledgarda de Toulouse, est né vers 973/77 et décédé à Castell de El Bacar (Córdoba), le 1er septembre 1010. Il est enterré au monastère de Ripoll[17].

Au cours du XIe siècle, le comté d'Urgell se développe. Les comtes, à partir de 993, sont soucieux de garantir l'autonomie de leur territoire. Ils agrandissent leur domaine vers le sud. Maison d'Urgell, en 1010, participe au raid audacieux des Catalans contre Cordoba. Sa dynastie se poursuit jusqu'à la comtesse Aurembiaix d'Urgell (1209-1231). Pendant ce temps, Urgell joue un rôle très important dans la Reconquista[18]. La Maison d'Urgell, fondée en 993 en faveur d'Ermengol, fils cadet de Borrell, reste jusqu'en 1066 très liée à celle de Barcelone. Une sorte de collaboration militaire, renforcée par un lien de vassalité s'installe dans la région de Lleida[19].

Ermengol d'Urgell est un homme très pieux, qui fait de nombreuses donations à des monastères et églises pas uniquement en Catalogne. Il rencontre deux Papes et l'empereur Otton III. C'est cette foi immense qui le pousse, en partie, à aller combattre la secte musulmane qui oppresse son pays, autour de la capitale d'al-Andalus[20].

Ermengol II d'Urgell (1011 - 1038) Modifier

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Ermengol II recevant l'hommage d'Arnau Mir de Tost pour le château d'Àger.


Ermengol III d'Urgell (1038 - 1065) Modifier

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Mort de Ermengol III au siège de Barbastro, en 1065.

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Scènes de guerre. Détail d'une miniature Bible Roda, deuxième tiers du XIe siècle.

Ermengol III d'Urgell est le grand animateur de la croisade de Barbastro en 1064[21].

Tout l'or du monde n'aurait pas été suffisant pour libérer des mains du comte ermengol III de Urgel de jeune maures pris au siège de Barbastro, en 1064. Cela étonne le juif chargé de la transaction[22].

à la conquête chrétienne qui se produit pour Balaguer à l'extrême fin du XIModèle:Exp siècle (la ville semble avoir été vassalisée par le comte Ermengol d'Urgel en 1082[23].

Il épouse, en premier mariage, en 1050 avec Adelaïde de Besalu, fille de Guillaume Ier de Besalu et d'Adelaïde, selon Fernández-Xesta y Vázquez, Ernesto, dans Relaciones del Condado de Urgell con Castilla y León (2001) la voit.[24].

Armengol IV d'Urgell (1065 - 1092) Modifier

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Alors que le comte Ramon Berenguer était en vie, le seigneur de Urgell était Ermengol de Gerp, qui a occupé le comté pendant vingt-huit ans et mourut dans l'année de Notre Seigneur 1092. Son fils Ermengol (1092 - 1102) lui succède comme comte.

le 10 juin 1069, Ermengol d'Urgell consent une importante donation à l'abbaye de Ripoll

Armengol V d'Urgell] (1092 - 1102) Modifier

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1094 Depuis ce jour, les comtes d'Urgel, se considérant comme les princes souverains des vallées d'Andorre, commencent à s'emparer des prérogatives qui y étaient attachées, malgré l'énergique opposition des évêques, fondée sur les cessions antérieurement faites par Charlemagne et Louis-le-Débonnaire. 1094 Ces difficultés produisirent enfin de sérieux conflits entre l'évêque Bernard de Castrobono et Armengol, comte d'Urgel , qui se décida à vider le différend les armes à la main. Il déclara la guerre à l'évêque avec l'aide de plusieurs chevaliers catalans et aragonais qui avaient aussi quelques griefs contre la puissance ecclésiastique, leur rivale.

Le comte soumit aisément la vallée d'Andorre, il s'empara d'Urgel et mit l'évêque en fuite. Celui-ci se décida alors à demander secours à Raymond Roger, comte de Foix, lui offrant de lui céder par indivis la souveraineté qu'il possédait légitimement sur les vallées d'Andorre, s'il consentait à prendre la défense de ses droits. Le comte de Foix accepta la proposition de l'évêque et vint, en conséquence, accompagné de la noblesse de son pays et d'une nombreuse armée. Il envahit les domaines du comte, entra de vive force dans beaucoup de ses villages, et la cité, qui s'était déclarée contre son évêque, eut à subir un pillage général dont l'église ne put pas même être préservée. La souveraineté des évêques n'en demeure pas mieux assurée.


Armengol VI d'Urgell (1102 - 1154) Modifier

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Ermengol VI (1097 - 1154).

Armengol de Castille [i. e. Armengol VI (1102-1154)], appelé ainsi parce que, sa mère venant de Castille, il résidait le plus souvent là où se trouvaient les domaines maternels, et il acquiert de l'empereur de nombreux domaine. Il meurt dans cette région[25].

en 1104, Pierre Raymond, comte de Pallars, sacrifie, à son tour, à ce système de morcellement qui démembre le pays d'Urgel, en soumettant à cette église toutes les paroisses de son comté avec leurs dîmes; tandis qu'Ermengol, comte d'Urgell, confirme, de son chef, toutes les donations faites au clergé par ses prédécesseurs ou par lui. Et comme s'il n'a pas assez servi la cause de l'Eglise, ce suzerain, d'accord avec Constance, sa femme, abandonne, en 1135, à Sainte-Marie d'Urgel, la moitié de la ville de Gessona, aujourd'hui Guissona. Enfin, en 1139, Raymond, comte de Pallars y Valencia et sa femme, ratifient la donation du bourg de Sabort ou Sort.

Armengol VII, comte d'Urgell (1154 - 1184) Modifier

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Ermengol VII d’Urgell (1154–1184) et son épouse Douce de Foix (1143-1209).

Raymond-Roger, Comte De Foix, accompagne le Roi Philippe-auguste en son second voyage d'Outremer, et à son retour fait la guerre à Ermengol, Comte d'Urgell, puis prend depuis le parti des Albigeois, ce qui lui attire une cruelle guerre dans son pays.


Ermengol VIII d'Urgell (1184-1209)Modifier

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Mais une fois mort Armengol VIII (1208), Guerau Cabrera faire valoir les droits de sa mère Marquise, fille de Armengol VII de Urgell, sœur de Armengol VIII, et essaie de s'emparer du comté[26].

Ermengol, en 1170, fait acte de suzeraineté, malgré les plaintes du clergé d'Urgell, et concède à Arnaud, vicomte de Castelbou, la seigneurie d'Andorre avec faculté de bâtir le château de San-Vicens.

Mais le siège d'Urgel était alors occupé par Bernard Castillo, prélat d'un caractère fougeux , et qui tenait profondément à ses droits. Cet évêque, se voyant blessé dans ses priviléges, opposa, aux prétentions du comte Armengol, une vive résistance. Comme la lutte lui parût inégale, il en vint à solliciter l'appui de Raymond-Roger, comte de Foix, en lui promettant, à son tour, la seigneurie d'Andorre. Celuici accourut en armes, et l'ordre fut bientôt rétabli dans le pays d'Urgel. C'est la première fois que les comtes de notre pays se mêlèrent aux querelles de la Catalogne; et c'est là, le motif de cette première guerre, dont la cause est restée longtemps ignorée (2). Après cette intervention qui dépossédait le vicomte Arnaud, desdroitsà lui cédés par Armengol, comte d'Urgel, Raymond-Roger, réclama la seigneurie des vallées, que lui avait promises Bernard Castillo, pour prix de son assistance. Mais le nouvel évêque, Pierre d'Urgio , ne se crut pas engagé par la parole de son prédécesseur, et loin de vouloir acquitter une dette aussi sacrée, il opposa aux justes prétentions du comte, un refus formel.


Cependant, quelques années plus tard, les comtes qui avaient défendu leurs prétendus droits, les cédaient par acte passé en 1203. Un nouveau comte du nom de Armengol, assisté de son collègue Adaquis, reconnut avoir injustement exercé sa domination sur les vallées d'Andorre, et pour la tranquillité de sa conscience et la rémission de ses péchés, il fit abandon de ses prérogatives à l'église d'Urgel, sans aucune réserve et de telle façon, que ni lui ni ses successeurs ne pussent désormais les revendiquer.


Aurembiaix d'Urgell (1209-1231)Modifier

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Aurembiaix d'Urgell.

On sait qu'Armengol, second fils du comte de Barcelone Borrell II, avait eu le comté d'Urgel pour sa part dans la succession paternelle '. Ce domaine resta dans sa descendance masculine jusqu'à Armengol VIII, qui mourut en 1208, laissant d'Elvire, comtesse de Subirats, sa femme, une fille unique nommée Aurembiaix.

Le comte avait une sœur, Milagro, mariée à Pons, vicomte d'Ager et de Cabrera. Par son testament, Armengol VIII substituait sa sœur à sa fille, et son cousin, Guillem de Cardona, à sa sœur. Il laissait, de plus, au Pape la moitié de la ville de Valladolid, dépendance de ses Etats, afin que le Saint-Père veillât à l'exécution de son testament. Il prévoyait, sans doute, que ses dispositions seraient attaquées par son neveu, le turbulent Guerau de Cabrera, fils de sa sœur Milagro. En effet, après la mort d'Armengol, Guerau réclama le comté d'Urgel, comme seul descendant mâle des comtes de ce pays. Elvire se mit avec sa fille sous la protection du roi Pierre d'Aragon; il fut convenu qu'Aurembiaix, lorsqu'elle aurait atteint l'âge convenable, serait mariée à l'infant Jacme. En faveur de ce mariage, Elvire fit donation du comté d'Urgel au roi Pierre qui déclara la guerre au vicomte de Cabrera, le fit prisonnier, et se mit en possession de la plus grande partie des domaines d'Armengol. A la faveur des troubles qui suivirent la mort de Pierre II, Guerau s'empara de nouveau du comté. Aux Cortès de Monzon de 1217, le 13 des kalendes de juillet (19 juin), une première transaction est conclue entre le vicomte et le roi Jacme *; mais, après la mort de la comtesse Elvire, en 12203, nouvelles difficultés bientôt suivies d'un nouvel arrangement. Par ce dernier traité, daté du 12 des kalendes de janvier (21 décembre) 1222 *, Jacme, qui n'avait donné aucune suite au projet de mariage arrangé par son père et la comtesse Elvire, consent à laisser à Guerau le comté d'Urgel et le titre de comte, sous la suzeraineté du roi d'Aragon, comte de Barcelone, à condition pourtant que, si Aurembiaix se décidait à faire valoir ses prétentions, l'affaire serait portée devant le roi et sa cour, et que, dans le cas où le comté serait adjugé à cette princesse, celle-ci payerait au vicomte de Cabrera la somme de trente mille morabatins qu'elle devait au roi, et pour laquelle le roi transmettrait ses droits au vicomte. Quatre mois plus tard, le 13 des kalendes de mai (20 avril) 1223, un nouvel acte vint compléter et confirmer ces conventions V Depuis la mort de sa mère, Aurembiaix n'avait élevé aucune réclamation au sujet du comté d'Urgel; mais, dès que le roi fut débarrassé du souci de sa lutte avec les ricos homes confédérés, la comtesse trouva le moment favorable pour aller demander justice à Jacme, dont on connaissait le caractère droit et généreux. La cour était à Lérida, ville qui faisait partie des domaines des comtes d'Urgel, mais dont le roi d'Aragon était en possession, en vertu de ses traités avec le vicomte de Cabrera, lorsque, au mois de juillet 1228, Aurembiaix y arriva, accompagnée du second mari de sa mère, Guillem de Cervera, seigneur de Juneda, « homme des plus expérimentés et des plus sages d'Espagne, dit Jacme, et sans l'avis duquel elle ne faisait jamais rien. » La comtesse fut accueillie avec distinction par le roi, son parent, et, en portant ses plaintes au pied du trône, elle commença par faire donation à Jacme de la ville de Lérida, avec tous les droits qu'elle y avait; elle reconnut le comté d'Urgel.

comme mouvant de la couronne d'Aragon, et s'engagea à ne se marier que sur l'exprès consentement du roi. Jacme, de son côté, promit de faire rendre justice à sa parente. Du reste, dans ses traités avec le vicomte de Cabrera, il avait toujours réservé les droits d'Aurembiaix. Le conseil, réuni sous la présidence du roi et composé de prélats, nobles et bourgeois catalans, choisit d'abord un défenseur à la comtesse : ce fut Guillem Zasala, légiste distingué qui avait suivi les cours de l'Université de Bologne'; puis on somma le vicomte de Cabrera, dans les formes judiciaires, de comparaître devant la cour du roi. Malgré la promesse qu'il en avait faite, dans les traités conclus avec Jacme, Guerau ne comparut point. A la troisième sommation, Guillem de Cardona, frère de Ramon Folch, se présenta au nom du vicomte de Cabrera, son parent. La cour tint sa séance dans la maison de en Ramon, trésorier (reboster *) du roi. Zasala prit la parole. Après avoir rappelé que le premier devoir des rois est de rendre la justice à leurs sujets, et que, en cette circonstance, la comtesse ne pouvait avoir recours qu'à son suzerain, il demanda que le vi«omle de Cabrera fût forcé par les armes de restituer le comté d'Urgel à Aurembiaix. Pour toute réponse, Guillem de Cardona se borna à traiter ces paroles de « bavardage de légiste importé de Bologne », et partit en déclarant que le vicomte de Cabrera était bien résolu à se maintenir en possession du comté. Le roi, ayant reconnu la validité des droits d'Aurcmbiaix, dut se préparer à faire respecter sa décision par les armes. Il convoqua les seigneurs et les milices communales de Catalogne, et, en attendant que ces forces fussent prêtes à entrer en campagne, il commença les hostilités à la tête d'une quinzaine de cavaliers et de soixante ou soixante-dix fantassins. Albesa fut pris, Menargues se rendit sur la sommation deJacme, qui s'était avancé seul avec quatre chevaliers et avait laissé supposer à la garnison qu'il était suivi de forces considérables. Cependant sa petite armée augmentait peu à peu. 1l eut bientôt sous ses ordres quatre cents cavaliers et mille fantassins. Avec ces troupes, il s'empara de Lin vola ou Linyerola, et vint mettre le siége devant Balaguer, la ville la plus importante du comté. Le vicomte de Cabrera lui-même en commandait la garnison; mais, tandis que la citadelle se défendait avec vigueur, les bourgeois de la ville traitaient sous main avec les assiégeants. Guerau, se méfiant des habitants de Balaguer, partit en secrot, «portant sur le poing, remarque le roi, un excellent épervier mué qu'il avait'.» 'Chronique du Jacine, chap. Ilii. Quelques heures après, les assiégés arboraient la bannière royale; mais ils avaient exigé préalablement que la comtesse Aurembiaix vint en personne, sous les murs de la ville, sommer les habitants de reconnaître ses droits. A partir de ce moment, la comtesse suivit l'armée royale jusqu'à la fin de la campagne Balaguer pris, la cause du vicomte de Cabrera était perdue. Aussi Guillem de Cardona ne crut-il pas devoir défendre Agramunt, où Guerau l'avait envoyé, car la population était résolue à se rendre. Tandis qu'il se trouvait dans cette dernière ville, Jacme reçut un message des habitants de Pons, qui se disaient prêts à reconnaître l'autorité d'Aurembiaix; mais ici se présentait une de ces difficultés si fréquentes au milieu de la complication des relations féodales. Ramon Folch, vicomte de Cardona, le fidèle vassal, l'ami dévoué du roi Jacme, tenait en fief le château de Pons pour le vicomte de Cabrera. Les lois de la guerre défendaient alors à un suzerain d'attaquer un vassal sans la formalité préalable du défi*, qui consistait à se déclarer dégagé de tout lien de foi et d'amitié. Or Jacme n'avait nulle envie de défier un de ses vassaux les plus aimés. Il ne voulut donc pas conduire son armée contre la place qui appartenait à Ramon Folch; mais il laissa ses ricos homes et ses chevaliers libres d'agir en leur propre nom, et tous suivirent la comtesse. Malgré les bonnes dispositions de la population, la garnison de Pons résista. Le commandant du château fit dire cependant aux assiégeants qu'il se rendrait sur un ordre du roi. Pour éviter de prolonger la lutte et pour concilier les '« Diffidare, dit Du Cange, propriè est a fide quant quis alicvi dêbet, aut pollicitus est,per litteras aut epistolam, deficere. » droits d'Aurembiaix avec ce qu'il devait à son vassal, Jacme, étant arrivé en parlementaire, à pied et sans armes, sous les murs de la ville, engagea le commandant à se soumettre à la comtesse, et promit que les droits de Ramon Folch seraient sauvegardés sur tous les points. A ces conditions, la ville de Pons se rendit, et, après elle, tout ce qui restait du comté d'Urgel. La fille d'Armengol VIII fut donc rétablie dans les domaines de ses ancêtres, grâce à l'intervention du roi d'Aragon, son parent.

  • En tout cela, nous avions agi, non pour notre propre intérêt, mais pour faire valoir la justice1.

L'intérêt de Jacme était nul dans cette affaire, car les concessions que lui avait faites Aurembiaix, il les avait déjà obtenues du vicomte de Cabrera, par les traités conclus avec lui, lorsque la comtesse semblait renoncer à revendiquer ses États. Mais l'avantage moral qu'il en retira fut grand; car, après avoir montré aux esprits turbulents avec quelle énergie il savait défendre ses prérogatives contre des sujets rebelles, il rassurait les bons par un acte de justice désintéressé. « Dieu, avait dit Guillem Zasala, plaidant pour la comtesse, a voulu qu'il y eût des rois et leur a donné ce devoir de maintenir droiture à ceux qui en ont besoin*.» Jacme prouva au début de son règne qu'il était convaincu de cette vérité. Il savait que mettre le .'bon droit au dessus de mesquins intérêts personnels était, pour les souverains, pour les peuples comme pour les individus, le plus sûr moyen d'acquérir gloire^ot puissance. Aurembiaix posséda pacifiquement jusqu'à la fin de sa vie les biens qui lui avaient été rendus. Quant à Guerau de Cabrera, repentant de l'existence turbulente qu'il avait menée, il prit l'habit religieux et se fit chevalier du Temple. Nous verrons plus tard comment son fils, Pons, rentra, par une voie légitime, en possession du comté d'Urgel[27].


NOTES ET RÉFÉRENCES Modifier

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  1. COMTES de URGELL 992-1231
  2. Salrach J. M., El procés de formació nacional de Catalunya (segles viii-ix), Barcelone, 1978.
  3. [La batalla de Albesa (25 de febrero de 1003) y la primera aceifa de 'Abd al-Malik al-Muzaffar (verano del mismo año)], Dolors Bramon Planas, Anaquel de estudios árabes, ISSN 1130-3964, Nº 6, 1995, págs. 21-28.
  4. Salazar de Mendoza, Pedro. Monarquía de España, p. 324. Madrid: D. Joachin Ibarra, 1770.
  5. Souverains et gouvernements du Portugal, Cahiers de l'Histoire, no 12, novembre 1961, p. 42.
  6. COMTES de URGELL 992-1231
  7. Bulletin philologique et historique (jusqu'à 1610) du comité des travaux historiques et scientifiques. Section de philologie et d'histoire jusqu'à 1610, Bibliothèque nationale, 1969. p.439.
  8. Le Royaume d'Aquitaine et ses marches sous les Carlolingiens, Emile Mabille. Éditeur Édouard Privat, 1870, p.24.
  9. Le Royaume d'Aquitaine et ses marches sous les Carlolingiens, Emile Mabille. Éditeur Édouard Privat, 1870, p.24.
  10. La Gallicarum et Francicarum Rerum Scriptores, Tome IX, Ex Gestis Comitum Barcinonensium, p. 68.
  11. COMTES de URGELL 992-1231
  12. [file:///C:/Documents%20and%20Settings/Guy%20de%20RAMBAUD/Mes%20documents/Downloads/204329-289275-1-PB.pdf Guifred le Velu]
  13. Medieval Iberia, Routledge encyclopedias of the Middle Ages, E. Michael Gerli, Samuel G. Armistead, Taylor & Francis, 2003. p.825.
  14. COMTES de URGELL 992-1231
  15. Medieval Iberia, Routledge encyclopedias of the Middle Ages, E. Michael Gerli, Samuel G. Armistead, Taylor & Francis, 2003. p.825.
  16. Histoire de la Catalogne, Joaquim Nadal i Farreras, Philippe Wolff, Privat, 1982. p.257.
  17. COMTES de URGELL 992-1231
  18. Medieval Iberia, Routledge encyclopedias of the Middle Ages, E. Michael Gerli, Samuel G. Armistead, Taylor & Francis, 2003. p.825.
  19. Histoire de la Catalogne, Joaquim Nadal i Farreras, Philippe Wolff, Privat, 1982. p.257.
  20. The Chronicle of San Juan de la Peña: A Fourteenth-century Official History of the Crown of Aragon, Middle Ages series, Lynn Harry Nelson, University of Pennsylvania Press, 1991. p.45.
  21. Histoire de la Catalogne, Joaquim Nadal i Farreras, Philippe Wolff, Privat, 1982. p.257.
  22. La Marche supérieure d'al-Andalus et l'Occident chrétien, Partie 15 de Publications de la Casa de Velázquez: Série Archéologie, Philippe Sénac, Casa de Velázquez, Universidad de Zaragoza, Casa de Velázquez, 1991. p.152.
  23. L'Espagne et la Sicile musulmanes aux XIe et XIIe siècles, Volume 6 de Collection d'histoire et d'archéologie médiévales, ISSN 1255-2380, Pierre Guichard, Centre interuniversitaire d'histoire et d'archéologie médiévales, Presses Universitaires Lyon, 2000, pp.41.
  24. Fernández-Xesta y Vázquez, Ernesto (2001). Relaciones del Condado de Urgell con Castilla y León. Discurso leído el día 28 de junio de 2001 en la Recepción Pública del Ilmo. Sr. D. Ernesto Fernández-Xesta y Vázquez y contestación por el Rvdo. e Ilmo. Sr. D. Francisco de Moxó y de Montolíu Catedrático Emérito de Historia Medieval. Madrid: E y P Libros Antiguos. ISBN 978-84-87860-37-9. p.15.
  25. Imperator Hispaniae: Les idéologies impériales dans le royaume de León (IXe-XIIe siècles), Volume 58 de Bibliothèque de la Casa de Velázquez, Hélène Sirantoine, Casa de Velázquez, 2012, p.391. p.391.
  26. Les quatre grans croniques: Llibre dels feits del rei En Jaume, Volume 1, ISBN 8472839710, 9788472839717, Memòries de la Secció Històrico-Arqueològica, Ferran Soldevila, Jordi Bruguera, Maria Teresa Ferrer i Mallol, Institut d'Estudis Catalans, 2007. p.108.
  27. JACME I LE CONQUERANT, Ch. de Tourtoulon, Gras : 1863.

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