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Statue Charles Martel, maire du Palais, par JB Debay Père - Galerie de statue du Château de Versailles.

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Une vision caricaturale du 25 octobre 732, la victoire de Charles Martel à Poitiers (Illustration de Job).

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Charles Martel est le véritable fondateur de la dynastie carolingienne et l'ancêtre de beaucoup d'Européens, dont l'auteur de cet article.

Charles de Herstal, dit Charles MartelCarolus Martellus, est né le 23 août 686, à Herstal[1], dans le résidence principale des maires du palais d’Austrasie. Il décède le 22 octobre 741 en sa villa de Quierzy-sur-Oise[2]. Il est inhumé dans la basilique de Saint-Denis, et ses contemporains inscrivirent sur sa tombe, Carolus Mariellus rex[3].


Charles Martel est le fils légitime de Pépin II de Herstal (ca 645-714), dit le Gros[4]. Dès la mort de son père, il doit vaincre ses rivaux avec ses partisans lors des batailles de la Guerre Civile franque (714-718). Sa belle-mère, Plectrude, le fait emprisonner (714). Elle est battue par les Neustriens. Charles, devient de chef des Austrasiens (716). Ses premières victoires après celle de Vinchy (717) sont la campagne contre les Saxons (718), puis contre les Neustiens et Aquitains (718), mais aussi la campagne contre les Frisons (719). Eudes d'Aquitaine, Duc d'Aquitaine et Vasconie, tente de s'opposer aux Francs de Charles Martel.

Au traité de paix (720), Charles Martel reconnaît Chilpéric II comme roi de tous les Francs. Celui-ci reconnaît Charles domus majeur dans les trois royaumes.

Par ses campagnes au nord de la Francie (720-732) et à l'est Charles Martel a l'occasion de discipliner son armée et de l'exercer à vaincre. En 731, Charles doit se préparer exclusivement à affronter un ennemi autrement plus redoutable venant du sud.

La conquête par les musulmans de la Francie c'est pour les chrétiens du sud et du centre la fin d'un monde (717-731). Un musulman devient son allié et son gendre, alors que Charles Martel redevient un ennemi (731-732). En 732, le wali Abd ar-Rahman envahit le sud-ouest. C'est la Bataille de Bordeaux (732). Après cette défaite qui permet aux Arabes de dévaster et piller le sud-ouest de la Francie, la Bataille de Poitiers (732) interrompt leur expansion, vers le nord de l’Europe occidentale. C'est un événement considérable, comme le souligne la Britannica Online Encyclopedia.

Cette Bataille de Poitiers (732) permet à Charles Martel d'étendre son autorité à d'autres provinces françaises, notamment l'Aquitaine (736), la Bourgogne et la Provence (736-738)[5]. La Bataille de la Berre (737) est l’événement principal de cette Reconquesta.

Les rapports entre Charles de Herstal et l'Église sont très compliqués. La victoire sur les païens, celle sur les païens, les papes qui implorent et obtiennent la protection de Charles Martel, n'empêche l'Eglise de France de plus le haïr que les djihadistes.

En 739, le pape, certainement car il a presque chassé les musulmans de la Gaule, lui offre le titre de Consul, mais Charles refuse. Charles Martel est condamné à la damnation éternelle car il distribue une partie des biens des églises à sa noblesse qui défend en permanence le royaume.

Charles est le véritable ancêtre de la dynastie carolingienne et a de très nombreux descendants.

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Campagnes militaires des Francs.

UN FILS LÉGITIME Modifier

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Origines des Carolingiens[6].

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Saint Hubert de Liège offre ses services à Pépin de Herstal.

La Chronicon Moissiacense cite Karolus, comme fils de Pippinus præfatus princeps…ex alia uxore nomine Alpaigde[7]. Charles Martel est le fils légitime de Pépin II de Herstal (ca 645-714), dit le Gros[8]. Son père n’est pas roi, même si ce major domo (= maire du palais) d'Austrasie, gouverne à la place des derniers rois mérovingiens. Quand Pépin meurt, le 16 décembre 714, sa succession est très disputée entre son petit-fils Théodebald, soutenu par Plectrude, épouse officielle, Ragenfred, Maire du Palais de Neustrie, et Charles, fils d'Alpaïs (ca 660-715).

Chalpaïs ou Alpaïde (690-741) n'est pas une concubine, comme il est parfois écrit, mais la seconde épouse de Pépin de Herstal. Pépin l'a épousé du vivant de sa première épouse Plectrude en cette époque où la polygamie est encore possible. Il peut prétendre à l'héritage de son père[9]. Le Liber Historiæ Francorum mentionne la naissance de Charles : : Pépin... a eu d'une autre épouse un fils nommé Karl. La continuation de la Chronique de Frédégaire note que Pépin aliam duxit uxorem ( = prend une autre femme, nobilem… Chalpaida (= noble Alpaïde), dont il a filium… Carloun (= un fils qu’il nomme Karl)[10]. Selon Settipani, le père d'Alpaïs, Childebrand, est un haut dignitaire du palais, cité en 673, grand-père ou grand-oncle maternel de Charles et son frère Childebrand. Seul son nom, fort rare en Gaule, permet de voir en lui presque assurément un ancêtre du comte Childebrand, frère de Charles[11]. La France avant la France, Geneviève Bührer-Thierry et Charles Mériaux, la dit d'origine bavaroise ou alémanique.

Alpaïde a une importance politique non négligeable et autour d'elle se regroupent des partisans opposés à Plectrude. Après la mort de Pépin, ces partisans sont les soutiens de Charles Martel contre Plectrude et son petit-fils Théodebald[12]. Mais Alpaïde préfère se retirer dans un monastère.

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Village franc au VIIe siècle.

LES BATAILLES DE LA GUERRE CIVILE FRANQUE (714-718) Modifier

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Sa belle-mère le fait emprisonner (714) Modifier

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Le Banquet de Jupille. Au centre, l’évêque Lambert, désigne du doigt Alpaïs. Assise à gauche, dominée par Pépin, la soi-disant concubine protège sous son bras droit le jeune Charles Martel.

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Plectrude du temps de sa jeunesse.

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Carte de la Gaule à l'avènement de Charles Martel (714).

Les chroniques nous disent que cet enfant grandit fort et bien fait.

À la mort en 714 de Pépin, son fils Charles, qui a 27/28 ans est tout désigné pour reprendre la charge de maire du palais qu'occupait le défunt et hériter. Ses deux demi-frères Drogon de Champagne et Grimoald II sont morts. Mais aux yeux de Plectrude, la première épouse de Pépin de Herstal, Charles est considéré comme un enfant illégitime, même si Alpaïde est une autre xor nobilis et elegans (= épouse noble et élégante). Plectrude fit donc tout pour l'écarter du pouvoir et préserver l'avenir de son petit-fils Théodebald, le fils de Grimoald II, âgé de six ans à peine, et l'héritier légitime. Elle met donc Charles sous bonne garde et s'installe à Cologne[13].

Théodebald, contrairement à Charles, est né d’une concubine. Il devient pourtant maire du palais des trois royaumes francs, sous la régence de sa grand-mère Plectrude et hérite du trésor. Ce trésor vient d'ailleurs en grande partie de la famille de sa grand-mère paternelle[14].

Mais, la noblesse de Neustrie ne veut pas de Théodebald, comme successeur, car il n’a que sept ans. Ils s’insurgent en 715. C’est le commencement de la Guerre civile franque (715-718). Bien entendu, la régente Plectrude refuse de reconnaître cette prise de pouvoir.

Un certain Ragenfred conduit l'armée neustrienne contre l'Austrasie et bat Plectrude, le 26 septembre 715, dans la forêt de Cuise (= Compiègne). Ce maire du palais est accusé par les Austrasiens de prétendre au trône avec le qualificatif de tyrannus. Ce Rainfrois met en prison le prince Thierry, fils du roi précédent, fait sortir du monastère où il est enfermé Daniel, âgé de quarante-quatre ans, et lui fait prendre le nom de Chilpéric Il. Ce prince se montre digne de n'être pas confondu parmi les rois fainéants. Il est un véritable chef franc, dont Rainfroi n'est que le lieutenant[15].

Le très jeune Maire du Palais, Théodebald, s’enfuie et se réfugie chez sa grand-mère Plectrude à Cologne. Selon le Liber Historiae Francorum, Theudoald devient adulte très rapidement. Les troubles et les persécutions commencent. Les voisins germaniques de l'Austrasie se ruent à la curée. Les Neustriens, alliés aux Frisons et aux Saxons d'Outre-Rhin, s'avancent sur Cologne où les Neustriens reçoivent pour arrêter la guerre une partie des trésors de Plectrude[16].

Charles, devient de chef des Austrasiens (716) Modifier

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La forêt au Moyen-Âge.

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Chilpéric II. CPA publicitaire.

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Radbod, roi des Frisons, que l'on voit là refusant le baptême, est l'allié des Neustriens.

Ragenfred est d'une famille traditionnellement hostile aux Pippinides. le roi Dagobert III le choisit comme Maire du Palais juste avant sa mort fin 715. Les Neustriens placent sur leur trône un moine, fils de Childéric II, Daniel, rebaptisé Chilpéric II (ca 700-721). Celui-ci confirme Ragenfred dans ses fonctions de Maire du Palais de Neustrie[17]. Le vainqueur de la bataille de Compiègne (= Cuise) proclame Chilpéric II roi de Neustrie et d'Austrasie. Aidé par les Frisons du duc Radbod, il ravage l'Austrasie. Cette guerre civile est aussi fratricide. Radbod est le deuxième grand-père de Théodebald[18].

Plectrude ne peut que se réfugier dans Cologne avec quelques partisans. Cologne, défendue par sa belle-mère, tombe très rapidement aux mains des Neustriens.

Charles s'échappe de sa prison. C'est à ce moment que Charles Martel parvient à regrouper des partisans pour repousser les Neustriens. La noblesse d’Austrasie l’élit Maire du Palais. En 716, devant Cologne, Charles Martel est battu par les armées de Ragenfred. C’est la seule défaite de ce grand général.

Ce jour-là ses armées peu nombreuses et mal préparées préfèrent fuir avec cinq cents hommes, débris de son armée, dans la forêt des Ardennes. Alors les Frisons et les Neustriens se joignent sans obstacles, ravagent le pays[19]. Charles évite une bataille perdue d’avance. Il préfère réunir ses partisans dans les montagnes et les préparer à la revanche.

Les Neustriens avec une grande armée, grâce à l’argent de son butin, s'en retournent. Quittant ses montagnes, avec ses cinq cents soldats, Charles fonce sur l'armée de Chilpéric II, à Amblève, au nord des Ardennes. Ragenfred, leur chef, se prend depuis Cologne et Cuise pour un grand général. Charles fait semblant de fuir et attaque ses adversaires sur ses arrières au moment où les guerriers se reposent et mangent. La retraite feinte est une tactique jusqu'alors inconnue en Europe. Seuls les Mongols l’utilisent en Asie et vont l’utiliser par la suite en Europe.

Il prend aussi Verdun, avec l’aide de l’évêque, qui reçoit en remerciements plusieurs domaines[20].

Bataille de Vinchy (717) Modifier

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Plectrude.

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Clotaire IV, roi des Francs de la dynastie des Mérovingiens (717 choisi comme roi d’Austrasie par Charles Martel, pour s’opposer au roi Chilpéric II).

Puis, à la fin de l’hiver 716-717, Charles Martel bat Rainfroy (= Ragenfred) à la Bataille de Vinchy (21 mars 717)[21], malgré son alliance avec les Frisons païens[22].

Avant d'en venir aux mains, Charles demande qu'on lui restitue les dignités de son père. Sur le refus qu'il reçoit du roi des Francs, il ordonne l'attaque[23].

Le chapitre 10 de la Continuation de la Chronique Frédégaire écrite vers 760 résume ainsi ces faits :

Dans le temps qui suivit Charles leva une armée qu'il dirigea contre Chilpéric et Raganfred. Ils engagèrent le combat le 21 mars, dimanche de carême, à l'endroit dénommé Vinchy dans le district de Cambrai ; de lourdes pertes furent subies de part et d'autre. Chilpéric ainsi que Raganfred, vaincus, mis en fuite, battirent en retraite et s'échappèrent. A leur poursuite, Charles se hâta jusqu'à la ville de Paris. Ensuite, revenu à Cologne, il prit cette cité. Ladite Plectrude lui ouvrit les trésors de son père, les lui rendit et remit tout sous son gouvernement. Il se choisit un roi nommé Clotaire. Chilpéric et Raganfred dépêchent alors une ambassade auprès d'Eudes, demandent instamment son aide et lui livrent le royaume et des présents. Celui-ci aussi leva une armée de Gascons, vint jusqu'à eux et, de concert, ils s'avancèrent contre Charles. Mais lui, avec constance et sans trembler, se hâte à leur rencontre. Eudes, effrayé de ne pouvoir résister, s'enfuit. Charles le poursuit jusqu'à Paris puis, après avoir traversé la Seine, jusqu'à Orléans, mais il venait de s'en échapper de justesse et franchissait les frontières de sa région, emmenant avec lui le roi Chilpéric et les trésors qu'il lui avait enlevés. Le roi Clotaire mourut alors et s'en alla. Charles, par l'intermédiaire de ses envoyés, reçut également du duc Eudes ledit roi Chilpéric. Celui-ci vint à Noyon et, après peu de temps, perdit l'existence et le trône : Il mourut après avoir régné six ans. À sa mort, on établit sur le trône le roi Thierry, qui occupe maintenant le siège royal et qu'attendent encore des années de vie. 

Désormais accepté par presque tous les Austrasiens comme leur chef, il oblige Plectrude et Théodebald à renoncer au pouvoir, confisque les biens de Plectrude et l'enferme dans un couvent à Cologne, Sankta Maria, où elle est décédée et enterrée peu de temps après 717[24].

Ce premier coup d'éclat permet à Charles d'écarter Théodebald du pouvoir, et de s'affirmer comme seul chef des Francs d'Austrasie. Le jeune Théodebald doit renoncer au pouvoir et Charles enferme Plectrude dans un couvent à Cologne[25].

Sous le nom de Chlotaire IV, il proclame un roi pour l'opposer à Chilpéric II. Ce roi n'est même plus un Mérovingien, disent ceux qui ne cessent de s'en prendre à Charles. Mais plusieurs historiens le donnent pour fils de Thierry III. C'est notamment ce que déduit l'historien allemand Karl August Eckhardt après avoir analyser tous les témoignages tardifs qui proposent une filiation pour Clotaire IV[26].

Premières victoires : Saxons (718) Modifier

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Combat des Saxons contre les Francs.

Après cette victoire, Charles Martel et ses armées sont invincibles pendant vingt-cinq ans, contre des ennemis diverses, extérieurs et intérieurs, dont les armées triomphantes de l’islam qui envahissent l’Europe[27].

Karolus donne sa part de la villa Bollane au monasterium Efternacu dans une charter datée du 23 février 717, qui le dit genitore meo Pippino[28].

Charles monte une expédition contre les Saxons, pour les châtier de leurs incursions prédatrices dans les territoires francs. Le fils de Pépin affiche sa bannière victorieuse sur la Weser (718).

Charles mène une politique d'expansion territoriale par la guerre qui va aboutir à l'Empire carolingien, mais doit avant cela prendre le pouvoir chez les Francs[29].

Premières victoires : Neustiens et Aquitains (718) Modifier

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Eudes d'Aquitaine.

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Charles Martel entrant à Paris.

Le maire du palais de Neustrie, Rainfroy, envoie une ambassade auprès d’Eudes pour obtenir son alliance contre Charles Martel. Lorsque Chilpéric II et Rainfroy (= Ragenfeld) accordent un Royaume et des dons à Eudes, ils ne livrent pas le royaume de Neustrie à Eudes mais paient une alliance par la reconnaissance du vice-royaume d’Aquitaine et la scelle par un échange de dons[30], selon un cérémonial rigoureusement identique à celui qui règle la rencontre entre Judicaël et Dagobert Ier[31]. Ils la donnent contre une reconnaissance de son indépendance et le titre de roi[32]. Eudes se reconnaît soumis à Chilpéric II car il n’entre pas en relation avec le roi d’Austrasie et refuse d’obéir au maire du palais Austrasien. Juridiquement, le vice-roi d’Aquitaine est légitimement reconnu comme seigneur-roi domnus princeps[33].

Eudes d'Aquitaine porte les insignes de la royauté, notamment les bracelets d'or, l'anneau royal qui scelle les actes officiels, sur sa tête un cercle d'or, un diadème. Il se sent Romain, donc supérieur aux Francs. Il est le plus grand défenseur de l'Eglise et est, selon Settipani, d'une famille de prélats. Pour lui les Francs sont des barbares païens qui viennent d'être convertis[34].

Charles apprend en Saxe que le roi Chilpéric et Ragenfred s’allient avec le duc Eudes d'Aquitaine. Ce prince vient en Neustrie avec une armée composée de Basques, réputés être de bons guerriers[35].

Craignant la puissance unie des deux Charles conduit son armée avec sa célérité habituelle des bords de la Weser à ceux de la Seine. Cependant, la force militaire manque au Gallo-Romain du sud-est, ce qui va permettre à Charles Martel de leur retirer leur indépendance très rapidement[36]. Son armée est composée de troupes aguerries.

Charles attend à Néry, entre Senlis et Soissons, les Neustriens et les Aquitains alliés et les bat[37]. Ses ennemis sont battus le 14 octobre 719. C'est la bataille de Soissons, puis une autre victoire, Orléans.

Charles Martel entre triomphalement à Paris. Ragenfred se retire dans ses domaines autour d’Angers, où il meurt en 731. Eudes d'Aquitaine s’enfuit en emmenant le roi Chilpéric II, mais pas son trésor[38].

Eudes d'Aquitaine accueille Chilpéric II de Francie à Toulouse, mais refuse de reprendre la lutte contre les Francs.

A la mort de Clotaire IV, en 719, Charles Martel entame des pourparlers avec Eudes. Il envoie à Toulouse l'archevêque de Reims Milon de Trèves. Les négociations durent longtemps.

Premières victoires : Frisons (719) Modifier

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La Frise en 719.

Après la mort de Grimoald et de Pépin en 714, Radbod profite de la bataille pour la succession dans les terres franques. Il conclut un traité avec le maire du palais Ragenfred. En 716, il chasse Willibrord et ses moines, et avance jusqu'à Cologne, où il est victorieux lors de la bataille de Cologne[39]. De cette façon, toutes les terres au sud du Rhin sont redevenues frisonnes à nouveau. L'armée retourne dans le Nord avec beaucoup de butin de guerre.

Radbod fait des plans pour envahir l'empire franc pour la deuxième fois et mobilise une grande armée. Mais avant qu'il puisse faire cela, il tombe malade et meurt pendant l'automne de 719.

Charles Martel envahit facilement la Frise et annexe ce territoire. La résistance est si faible que Charles Martel non seulement annexé la Frise Citerior, au sud du Rhin. Mais il traversez le Rhin et annexe la Frise, sur les rives de la rivière Vlie. Il intronise évêque Willibrord dans son siège d'Utrecht.

Traité de paix (720) Modifier

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Le traité de paix.

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Thierry IV (721-737).

La menace des musulmans incite Eudes à négocier avec les Francs. En 720, la paix revient et le roi Chilpéric II est livré en tant que prisonnier à Charles par son ancien allié. Ragenfred demande la paix lui aussi. Du fait de ce traité Charles Martel reconnaît le duc Eudes souverain indépendant d'Aquitaine.

Charles Martel reconnaît Chilpéric II comme roi de tous les Francs. Celui-ci reconnaît Charles domus majeur dans les trois royaumes.

Charles, devenu dux Francorum, fait preuve de la plus grande bonté envers ses anciens ennemis. Il devient maior domus de Neustrie et d’Austrasie et d’une partie de la Burgondie[40].

Thierry IV (713-737), fils de Dagobert III, est libéré en 723 et installé sur le trône. Dans une donation de Theudericus rex Francorum à l’abbaye de Saint- Denis, le 1er mars 723, Carlo maiorem domus nostro est cité[41]. Charles Martel détient la réalité du pouvoir, mais ne s’empare pas du trône du royaume des Francs. Même si celui-ci va rester vacant de 737 à 743. Les maires du palais ont toujours besoin sur le trône d'un roi mérovingien[42].

Theudericus rex Francorum confirme une donation à l'abbaye de Saint-Denis à la demande de Carlo maiorem domus nostro, dans une charte datée du 1 mars 723[43].

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Siège d'une ville par des guerriers francs.

LES GUERRES AU NORD ET A L’EST DU ROYAUME (720-732) Modifier

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En Francie Modifier

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Les combats de Charles Martel. CPA publicitaire.

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Reconstruction d'un village franc à Marle.

Ayant battu ses ennemis Francs et leurs alliés, Charles Martel va pouvoir devoir vaincre les ennemis des Francs.

Dans la réalité, Charles ne dirige qu’une partie du royaume. De grands seigneurs laïcs ou ecclésiastiques règnent sur des provinces entières. C’est le cas de Ragenfred installé à Angers, de l’évêque Godwin à Lyon, de Savaric, évêque d’Auxerre et d’Orléans... La Bavière et l’Alémanie se gouvernent toutes seules. Tout le midi de la Gaule s'est détaché du pouvoir anarchique des Mérovingiens. Il se forme autant de souverainetés ou de seigneuries indépendantes sous des chefs germains (rarement d’origines franques) ou gallo-romains.

Tous ces petits princes sont s’allier avec les familles des hommes libres qui se battent dans les armées franques et des cadets des familles royales pour former la nouvelle aristocratie qui plonge ses racines bien souvent avant l'époque carolingienne.

Pour éviter une révolte de ses anciens ennemis, il remplace Rigobert par Milon de Trèves en tant qu’archevêque de Reims. Rigobert est exilé un temps dans le duché de Gascogne.

Ses campagnes au nord de la Francie (720 - 732) Modifier

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Religion des Germains : Odin et des loups.

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Ville saxonne.

Après la paix en 720, les six prochaines années sont consacrées dans leur intégralité à assurer l'autorité franque sur les tribus germaniques déjà plus ou moins vassales. Charles Martel, affermi dans l'exercice du pouvoir suprême, porte ses armes au delà du Rhin. Il soumet d'abord les Saxons, puis les Bavarois, les Suèves et les Frisons.

Entre 718 et 723 Charles renforce son pouvoir à travers une série de victoires. Il gagne la fidélité de plusieurs évêques et abbés importants (en faisant don de terres et d'argent pour la fondation de monastères, dont Echternach).

Charles vainc les Saxons, des païens. Karl punit les Saxons qui ont envahi l'Austrasie. Par conséquent il fait, en 718, de leurs terres le long des rives de la Weser, la Lippe, la Ruhr et de la forêt de Teutoburg des déserts. Il est le premier, depuis Varus et ses légions, à entrer dans ces immenses forêts, et contrairement à Rome, il vainc tous leurs habitants.

En 719 Charles prend la Frise occidentale sans beaucoup de résistance de la part des Frisons. Leur chef, Aldegisel accepte christianisme dans son royaume. Willibrord, évêque d'Utrecht, le célèbre apôtre des Frisons se rend là-bas pour les convertir obéissant à Charles. Ce dernier soutient Winfrid, le saint futur Boniface, apôtre des Allemands.

Ces Germains passent leur temps à guerroyer. L’an 725, Charles Martel attaque les Frisons et les renvoie dans leur duché. Il annexe au passage la Westfriesland. Puis, Charles repousse les Saxons de l’autre côté de la Weser. Il défend les frontières du royaume.

Les troupes sont accompagnées de missionnaires chrétiens qui évangélisent de force, les païens. Les Germains fidèles aux anciennes religions de l’Europe sont victimes des pires exactions. Les hommes libres de l’antiquité germanique deviennent des vassaux ou parfois même des serfs.

Ses guerres à l'est de la Francie Modifier

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Saint Boniface coupe les arbres sacrés des Germains.

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Alamans.

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Guerriers francs.

Charles Martel entreprend également de repousser la frontière de l'est du royaume. De 720 à 738, il conquiert l'Autriche et le sud de l'Allemagne.

Entre 720 et 723 Charles se bat en Bavière contre les Agilolfings, des ducs qui veulent devenir souverains indépendants. En 725 et 728, il refait des campagnes militaires en Bavière. En 730 il marche contre Luitfrid, duc de Alémanie, et le tue lors d'une bataille. Il obtient la capitulation des Alamans. Le sud de l'Allemagne redevient une partie du royaume des Francs, comme l'Allemagne du Nord.

Charles Martel les colonise, les fait catholiques, bon gré, mal gré, et réunit leur pays à la Francie. C'est lors de la guerre contre les Bavarois qu'il épouse une femme d'une famille distinguée de ce pays, nommée Swanahild de Bavière, dont il a un fils nommé Griffon[44].

Boniface fonde le monastère de Fulda en Hesse. La communauté qui y vit va envoyer peu à peu des colonies dans toute la Thuringe, en Bavière, sur les rives du Rhin... Autour de ces monastères se créent des villages et parfois des villes. Charles Martel peut compter sur la fidélité de plusieurs évêques et abbés importants (en faisant don de terres et de l'argent pour la fondation des abbayes comme Echternach).

Ces guerres ont d’autres avantages pour les Francs. Elles permettent de retenir sous leur domination des peuples qui ont tenté de s'y soustraire.

La victoire que Charles remporte sur Lanfried, duc des Alamans ou des Suèves, semble avoir mis fin pour quelque temps aux révoltes des Germains contre les Francs. Mais c’est une illusion ! Charles va devoir plusieurs fois revenir combattre au nord et à l’est du royaume. Il est à nouveau en conflit avec les Alamans dès 730.

Ses expéditions outre-Rhin fournissent à Charles Martel l'occasion de discipliner son armée et de l'exercer à vaincre, mais elles ne lui donnent pas de grands moyens d'enrichir ses leudes (= grands seigneurs combattant aux côtés du roi). En 731, Charles doit se préparer exclusivement à affronter un ennemi autrement plus redoutable venant du sud qui a conquis la péninsule ibérique, la Septimanie, et n'a reculé que devant Eudes d'Aquitaine à Toulouse, en 721.

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Épées franques.

LA CONQUÊTE MUSULMANE DE LA GAULE Modifier

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La fin d'un monde (717-731) Modifier

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Eudes d'Aquitaine.

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Prisonniers des barbaresques emmenés en esclavage dans un port de l'Ifrîqiya.

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Siège de Carcassonne à la même époque.

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Prisonniers chrétiens allant être massacrés par les Maures.

La tentative d'établissement des Sarrasins, vers 717, en Septimanie (=Languedoc), selon la Critique Mozarabe, n'est pas un événement sans importance dans la lutte du christianisme et de l'islamisme en Occident.

Ce n’est que du temps où Abd ar-Rahman est wali (= gouverneur), donc entre 716 et 719, que les musulmans essaient de s’installer en Gaule. C’est un échec qui leur permet toutefois de piller des églises et des abbayes.

Le Wali suivant, al-Samh ibn Malik al-Khawlani, en 720, à l’époque de la mort du calife Umar, prend Narbonne. La Chronique de Moissac nous dit que les habitants mâles sont mis à mort. Les femmes et les enfants sont emmenés en esclavage dans les pays musulmans[45].

C’est un grand pas de ces conquérants vers le cœur de l'Europe. La Gaule franque n'en prend pas vraiment conscience. Mais il en va bien autrement pour les populations de la Vasconie, d'Aquitaine et de Provence. Il n'y a plus de Pyrénées entre ces pays et les armées musulmanes. Les collègues musulmans parlent de djîhad, mais aussi assez bizarrement d’une statue dans une vaste plaine qui leur dit de faire demi-tour pour éviter d’éventuelles divisions[46]. Ils n'en tiennent pas compte et cela va donner la Reconquista carolingienne et la révolte berbère.

Au début de l'invasion les envahisseurs sont considérés comme des libérateurs par certains Wisigoths. La Septimanie a son comte Julien, des Judmir, ou les équivalents des fils du comte Akhila. Certains juifs, victimes de discriminations vont être dans toutes les villes leurs plus actifs alliés. Comme en Espagne, l’aide ou la passivité des populations indigènes, permettent à une poignée d’Arabes, encadrant  quelques milliers de Berbères de s’installer en Septimanie[47].

Le rôle du duc Eudes d'Aquitaine, comme champion obligé de la chrétienté, est difficile à tenir. Les victoires qu'il remporte sur les Sarrasins semblent plutôt exalter qu'abattre leur ardeur conquérante.

Les Sarrasins ayant fait irruption en Aquitaine, l'an 721, Eudes d'Aquitaine marche contre eux, et les bat à la Bataille de Toulouse (721).

Dès 725, Anbasa prend Carcassonne, selon Les Annales d’Aniane. Les habitants ne résistent pratiquement pas et livrent à l’envahisseur une partie de la population et un important butin[48].

Les troupes musulmanes prennent aussi Nîmes et Arles, dévastent Lyon. Elles ravagent la Bourgogne. Mâcon et Beaune sont menacées. Ils mettent à sac la ville d'Autun le 22 août 725 et assiègent la ville de Sens. Philippe Sénac, dans Les carolingiens et al-Andalus: VIIIe-IXe siècles, nous dit que les musulmans attaquent Luxeuil, au sud des Vosges. D’autres bandes peu nombreuses sillonnent la Gaule. Elles font d’importants butins, détruisent des édifices religieux et surtout rapportent de précieuses informations sur ces lointaines contrées. Dans le Rouergue, le Quercy et le Périgord, les chroniques latines ne parlent pas d’un raid, mais de continuelles chevauchées de musulmans brûlant et pillant villes et campagnes. Ces attaques rapides se poursuivent jusqu’en 731[49].

Alliés ou ennemis (731-732) ? Modifier

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Guerriers musulmans au début du VIIIe siècle.

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Évocation de la princesse Lampégie d’Aquitaine sur la place de Llívia.

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Munuza

Au sud de l’Aquitaine, Abd ar-Rahman est nommé en 730, par le calife Hisham ibn Abd al-Malik, gouverneur de la péninsule ibérique. Avide de gloire et musulman zélé, son projet est de venger sur les chrétiens la mort du wali (= gouverneur) al-Samh ibn Malik al-Khawlani (721) et celle d’un autre wali Anbasa ibn Suhaym al-Kalbi (726), tués tous les deux par des infidèles.

Au nord de l’Aquitaine, Charles Martel est un ancien ennemi du duc Eudes d'Aquitaine. Il peut très bien annexer l’Aquitaine au royaume des Francs[50].

Eudes d'Aquitaine préfère un temps s’allier avec Munusa, le Berbère, qui est gouverneur des provinces du nord d’al-Andalus. Il lui donne même sa fille Lampagie (710-752) en mariage[51]. Celle-ci avait été courtisée par Hildebrand, frère cadet de Charles Martel, mais son père Eudes, se méfie des ancêtres des Carolingiens et veut ouvrir une porte à sa principauté vers la Méditerranée. Ce mariage renforce encore la haine des Pippinides envers les Mérovingiens d'Aquitaine. Munusa, selon la Critique Mozarabe, est, malgré son beau-père, responsable de la mort de populations chrétiennes et de jeunes prisonniers.

Charles Martel, qui veut faire de lui un vassal, accuse Eudes d'Aquitaine, disant qu'il est un allié des infidèles. L'utilisation de ce faux prétexte, lui permet d'assembler son armée au printemps 731 et de faire deux campagnes en Aquitaine. Eudes est deux fois capturé et Bourges ravagée et butin très très riche. Ses guerres fratricides encouragent les Maures à attaquer la Gaule.

Les Annales Fuldenses, les Annales Mettenses priores ou les Gesta Sanctorum Pattum Fontallensis font du duc Eudes un traître. Le récit du Continuateur de Frédégaire, nous dit aussi qu'Eudes d'Aquitaine trahit son accord avec Charles et s’allie aux musulmans[52].

Les sources méridionales nous disent le contraire. Les historiens actuels pensent comme la Chronique de Moissac qu’il résiste aussi aux envahisseurs venus du sud et après ses défaites va demander de l’aide aux Francs. Selon la Critique Mozarabe, les destructions faites par les musulmans en Aquitaine sont bien réelles et Eudes d'Aquitaine n’est en rien leur allié[53].

Rien ne permet d'affirmer que Eudes a trahi[54].

Abd ar-Rahman bat et tue Munusa près de Cerdagne. Il envoie sa veuve, la princesse, au Calife, qui, comme elle est très belle, en fait l’une des femmes de son harem. Le chef musulman avant de partir en Gaule par une sage politique pacifie le reste d’al-Andalus.

Abd ar-Rahman ibn Abd Allah al-Ghâfiki peut alors partir conquérir la Gaule, ou si elle résiste la piller et retourner en Septimanie. Il sait que l'entreprise va être difficile. En conséquence il sollicite des gouverneurs de l'Afrique et de l'Egypte de grands renforts de troupes, indépendamment des guerriers volontaires qu'il cherche à attirer de partout sous ses drapeaux par des promesses de récompense et de butin.

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Principales grandes expéditions musulmanes de l'autre côté des Pyrénées.

L’INVASION DE 732 Modifier

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Bataille de Bordeaux (juillet 732) Modifier

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Col de Roncevaux.

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La fin d'un monde.

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Les campagnes de Charles Martel en Aquitaine.

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Abd ar-Rahmân en 732.

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Reconstitution de Bordeaux.

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Lieu de la bataille, Bec d'Ambès, au confluent de la Garonne et de la Dordogne.

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Bataille contre les Sarrasins au début du VIIIe siècle.

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L’armée islamique à Poitiers, en 732, avec en tête l’émir Abd ar-Rahman (le premier cavalier), marche après avoir mis le feu à l’église Saint-Hilaire le Grand de Poitiers (en arrière plan). Attiré par les richesses de l’abbaye de Saint Martin elle se dirige ensuite vers Tours.

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Charles Martel rencontre Eudes.

En 732, plutôt que d'attaquer Toulouse, marqué dans les esprits du sceau de la défaite pour les musulmans, Abd ar-Rahman divise les armées d'al-Andalus en deux.

Des armées venues d’Orient débarquent en Septimanie et se joignent aux forces musulmanes stationnées à Narbonne ou à Carcassonne. Ils menacent Toulouse ou s'avancent jusqu'aux bords du Rhône, où ils peuvent s'aventurer sans beaucoup de risque. Mais ces petites expéditions secondaires n'ont aucun résultat notable. Ils prennent et pillent l'Albigeois, le Rouergue, le Gévaudan et le Velay. Les chroniques parlent aussi de la destruction d'Autun et du siège de Sens.

Mais, le wali rassemble le gros de ses troupes sur le haut de la vallée de l'Ebre, avec son quartier général à Pampelune, pendant l'hiver et au début du printemps[55]. Ils arrivent des milliers de recrues du Yémen et du Levant : 

Des guerriers et des aventuriers de tous pays, des chaînes de l’Atlas, des sables d’Afrique, des bords du Nil, de Syrie, d’Arabie. Un flux disparate, coloré, cruel et décidé. Beaucoup de Mozarabes et de juifs constituaient l’infanterie musulmane. A ces mercenaires s’ajoutaient des captifs chrétiens, ralliés à l’islamisme et recherchés pour leur bravoure. Enfin des Berbères, de très importants éléments berbères[56].

Vers le commencement du mois de mai de l'année 732 Abd ar-Rahman traverse les Pyrénées et pénètre en Gaule. Son armée compte environ 50.000 cavaliers[57] et est composée principalement d'Arabes et de Berbères[58]. Les Pyrénées ne sont à cette époque guère praticables plus tôt pour une armée formée en partie d’Africains et d'Arabes.

Le plan d'Abd ar-Rahman est de fondre directement du haut des Pyrénées sur la Vasconie et sur l'Aquitaine.

Abd ar-Rahman passe par Roncevaux et une autre partie de son armée par la vallée de la Bidassoa[59]. Il supprime la résistance des montagnards basques, en les prenant par surprise.

Ensuite, il se déplace le long de l'ancienne voie romaine en direction de Bordeaux. En chemin, il ravage la province de Bigorre, le Comminges et le Labour. Les principaux raids musulmans dévastent Oloron, Lescar, Bayonne, Auch, Dax et Aire-sur-l'Adour. Les musulmans brûlent l'abbaye de Saint-Sever[60] et Saint-Savin. Un certain Cid Osmin ben Arton raconte que les Arabes continuant leur route vers le nord traversent plusieurs provinces où ils font un riche butin. Mais un autre écrit : Cette armée est passée par tous les endroits comme une tempête de la désolation. C'est aussi ce que disent toutes les sources primaires chrétiennes.

Dans la plaine Eudes d'Aquitaine lui barre le passage. Il livre aux armées du calife plusieurs combats dans lesquels il est quelquefois vainqueur, mais le plus souvent vaincu. Le duc est obligé de reculer devant son adversaire de ville en ville, de rivière en rivière, de hauteur en hauteur, et est poussé jusqu'à la Garonne dans la direction de Bordeaux. Le duc Eudes est blessé plusieurs fois.

Les armées du wali se réunissent devant Bordeaux en juin[61].

Le wali écrase Eudes d'Aquitaine devant Bordeaux, pille et dévaste les faubourgs de la ville[62].

Les Arabes prennent la ville de Bordeaux, après avoir battu le duc Eudes d'Aquitaine en dehors de la ville. Tout y est pillé, incendié, les habitants sont massacrés[63]. Le butin est énorme. Les femmes et les enfants - encore vivants - sont envoyés en esclavage. Une partie de la garnison réussit à fuir le ville[64].

Une colonne détruit le monastère de Saint-Émilion, au nord de la Garonne et bat le comte de Libourne[65]. Les Sarrasins incendient Bazas, Bordeaux, Libourne.

Abd ar-Rahman entame, en juillet, sa remontée vers Tours[66].

Non loin de la ville sur la rive gauche de la Garonne et de la Dordogne a lieu la troisième Bataille de Bordeaux (732). Eudes concentre outre son comitatus, ses guerriers basques, les survivants de la garnison de Bordeaux et ses cavaliers gascons[67], sur la rive droite de la rivière. Il a en hâte rassemblé une armée, composée des survivants et de tout ce qu'il a pu recruter.

Cependant, les troupes d'Abd ar-Rahman réussissent à traverser la rivière. Eudes courageusement se précipite sur l'ennemi, mais son armée mal organisée et entraînée est incapable de résister à un choc frontal. Ils s'enfuient. Selon la Chronique mozarabe, à cette Bataille de Bordeaux (732) tous les peuples de l'Aquitaine sont là, mais si Eudes réussit à se sauver la défaite est totale. Il est écrit dans cette chronique :

Lat Solus Deus numerum morientium vel pereuntium recognoscat (= Dieu seul connaît le nombre des morts).

Eudes d'Aquitaine va à Reims demander de l'aide à Charles Martel. Il le rencontre probablement du côté de Paris. Eudes, par un ban général, ordonne à tous ses nobles de le rejoindre avec leurs gens armés[68].

Du fait que les Arabes sont embarrassés par leurs butins, les Francs vont avoir le temps de réunir une armée et de foncer sur Poitiers.

Laissant la Garonne derrière eux et prenant leur direction vers le nord, les Sarrasins se divisent en plusieurs bandes pour pouvoir mieux se ravitailler, et pour mieux piller le pays. Des légendes et traditions contemporaines, nous disent que l'une de ces bandes traverse le Limousin et qu'une autre pénètre jusqu'aux âpres montagnes d'où descendent le Tarn et la Loire. D’autres groupes de cavaliers pillent des parties de l'Aquitaine bien plus accessibles et riches.

Sur la route les Maures détruisent Périgueux, Saintes et Angoulême. Après cela, l'armée des Maures traverse le fleuve Charente.

Abd ar-Rahman craignant peut-être les armées franques réunit alors ses forces jusque là éparses de divers côtés. Il veut prendre Tours, s’emparer du trésor de son abbaye Saint-Martin. Mais arrivé à Poitiers, il en trouve les portes fermées et la population en armes sur les remparts, décidée à se bien défendre. Il prend un faubourg, pille la basilique de Saint-Hilaire et les maisons, après quoi il y met le feu Sophie Chautard[69]. Mais, Abd ar-Rahman doit abandonner le siège et part attaquer Tours.

Avant la bataille de Poitiers (octobre 732) Modifier

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Eudes d'Aquitaine et Charles Martel.

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Le campement Omeyyade entre Tours et Poitiers 732

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Les Djihadistes arrivent sur le site de Moussais-la-Bataille.

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Un des plans de la bataille.

Charles réussit en peu de temps à rassembler une grande armée, qui se compose ses Francs, des troupes d'Eudes, et de quelques autres tribus germaniques: Alamans, Bavarois, Saxons, Frisons.

Charles Martel accourt à la tête d'une armée de cavaliers francs lourdement équipée. Eudes craint avec raison qu'il ne tourne désormais ses ambitions vers le sud de la Loire. Il accepte malgré tout de rapprocher leurs deux armées pour faire face à la menace musulmane. Il faut protéger l'abbaye Saint-Martin de Tours et la chrétienté de cet ennemi qui à Poitiers vient de piller et peut-être incendier l’église Saint-Hilaire le Grand[70].

Devant l'avancée des armées de Charles Martel et d'Eudes, Abd ar-Rahman arrête sa progression le 17 octobre 732. L'immense train de butin, de bagages, de prisonniers qu’il veut vendre comme esclaves, rend sa retraite très lente. Finalement, c’est à côté de Châtellerault, à Moussais-la-Bataille, hameau de Vouneuil-sur-Vienne[71], qu’il doit attendre les Européens, dont parle Isidore de Béja à partir du témoignage d'un arabe témoin oculaire.

Quoi qu'il en soit, à la nouvelle de l'arrivée des Austrasiens, Abd ar-Rahman fait un mouvement rétrograde, pour concentrer ses forces. Il établit les non-combattants et le butin, dans un camp formé à la hâte. Ses soldats sont placés, en arrière du point où est actuellement le bourg de Moussais, la gauche appuyée sur le Clain, le centre sur la voie romaine, et la droite sur la hauteur où se trouve la ferme de la Bataille.

Ainsi, par ces dispositions, les Arabes présentent une vaste courbure, embrassant l'ancienne civitas de Poitiers, dans lequel ils croient, suivant l'usage des formations orientales, entourer leurs adversaires, par le rapprochement de leurs ailes.

L'armée austrasienne passe la Vienne et se forme dans les plaines, en avant de Moussais. Dans la réalité si les Gallo-romains sont nombreux et d’autres peuplades présentes en dehors des Francs. Mais il en constitue la portion d'élite, la mieux armée, la plus belliqueuse et la plus imposante. C'est la première fois que les Arabes les combattent sur un champ de bataille. Tout permet de croire que ces derniers n'ont point vu jusque là d'armée en si belle ordonnance, tant de guerriers de si haute stature, décorés de si riches baudriers, couverts de si fortes cottes de maille, de boucliers si brillants... Les historiens musulmans parlent d’une armée innombrable. Mais ils ne sont pas 1.500, mais certainement 30.000 combattants. En face, les Mémoires de la Société des antiquaires de l'Ouest parle de 400.000 personnes de tous âges et de tous sexes composant la masse envahissante [14]. Ce chiffre est énorme pour l’époque, même s’il inclut non seulement les non-combattants, mais aussi les nombreux prisonniers chrétiens[72].

La bataille de Poitiers (732) Modifier

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Charles Martel au combat.

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Fantassins francs contre cavaliers arabes.

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Attaque du camp d'Abd ar-Rahman, par Eudes.

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Mort du wali Abd ar-Rahman, dans son camp, d'un jet de lance lors de la bataille de Poitiers.

Le 17 octobre 732, selon Ivan Gobry, qui est aussi le premier jour du mois de Ramadan, les musulmans se décident à engager la Bataille de Poitiers (732), sur la voie romaine de Poitiers à Tours. Le lieu va être appelé Moussais-la-Bataille, du nom d'un chef arabe, Moussa, qui sans doute y succombe[73], et afin de perpétuer le souvenir de ce mémorable événement.

Lorsque Charles Martel entend les troupes arabes approcher, il ordonne à ses soldats de se protéger derrière une série d'arbres les mettant à l'abri des projectiles ennemis[74]. Pendant 6 jours, les cavaliers musulmans et les fantassins chrétiens s'observent et se livrent juste quelques escarmouches[75].

Finalement ce sont les Maures qui attaquent le samedi 25 octobre 732. Ils n’ont pas de cuirasse et leurs adversaires sont les robustes soldats de Charles. L’infanterie franque a reçu pour ordre de rester coûte que coûte en lignes serrées et compactes.

Les cavaliers sarrasins sont très courageux. Ils ont les meilleurs chevaux de l’époque et puis surtout ils viennent de vaincre toutes les armées qui s’opposaient à eux. Les Wisigoths n’ont pu que se réfugier dans des montagnes facilement défendables et dont la pauvreté n’attire pas les musulmans. La Bataille de Covadonga (722) et la Bataille de Toulouse (721) leur ont fait comprendre qu'ils ne sont pas invincibles.

Vingt fois les cavaliers et les fantassins d’Abd al-Rahmân sont repoussés. Le premier choc est terrible : la race du midi eut d'abord l'avantage; mais celle du nord reprit le dessus, et des efforts d'une valeur indicible furent faits de part et d'autre.

La fougue des cavaliers orientaux finit par se briser contre les armures d'acier des fantassins septentrionaux. Ceux-ci, formés en palissade comme un mur immobile, l'épée au poing et tel un rempart de glace, les lances pointées en avant des boucliers, attendent le choc[76]. Il semble que l'image ait quelque chose de juste dans la mesure où c'est bien la solidité des lignes franques qui impressionne les troupes arabo-berbères.

Puis la cavalerie de Charles Martel attaquent les musulmans. La mêlée s'engage et les Francs parviennent à faire refluer leurs opposants.

Mais ceux-ci n'ont pas l'occasion d'attaquer une seconde fois car de son côté les Vascons, commandés par Eudes d'Aquitaine, prennent l'ennemi à revers et se jettent sur le camp musulman. Croyant leur butin et leurs familles[77] menacés, les combattants maures regagnent leur campement. Ils subissent de très lourdes pertes. Apercevant le mouvement rétrograde de cette portion de son armée Abd ar-Rahman court rétablir le combat; mais il y trouve la mort. Le désordre s'étant mis aussitôt parmi les siens, la déroute devient complète.

La nuit seule, qui survient bientôt, empêche l'entière destruction de cette horde arabe, qui se retire, par essaims, vers les Pyrénées ou la Septimanie. Les survivants, obligés de regagner le sud des Pyrénées sont attaqués par les Vascons au passage des cols.

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La charge de l’armée arabo-islamique Omeyyade lors de la bataille de Poitiers.

APRES POITIERS Modifier

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Les conséquences de la bataille Modifier

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Après la bataille.

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Achard chassant les Arabes d'Angoulême.

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Malgré Charles Martel les Sarrasins quittent Narbonne seulement en 759.

On prétend, à Moussais, que le point appelé la Fosse au Roi, est celui où est tué et inhumé le chef arabe. La tombelle de Cheneau date aussi probablement de la grande victoire de Charles Martel et d'Eudes d'Aquitaine. Les paysans en labourant leurs champs découvrent des armes et des squelettes humains.

La Chronique mozarabe dit que les Francs ne semblent pas préoccupés par la poursuite. Ils retournent dans leur pays en vainqueur.

La Chronique de Saint-Denis nous explique que Charles Martel se contente des tentes de ses ennemis, de leur équipement et emmène une partie de ce que Sarrasins ont pillé. Après avoir divisé le butin, Charles Martel rentre chez lui. D'ailleurs, les écrits contemporains sont muets sur des pillages faits par les Francs en Aquitaine peu après la bataille. Charles laisse Eudes combattre seul les Sarrasins. Il les a combattu surtout pour défendre les trésors de la basilique Saint-Martin[78].

Cette victoire est considérée comme une grande victoire de la chrétienté. Charles Martel fait figure de sauveur de l'Europe. Après avoir remporté la victoire, il écrit au pape Grégoire III lui annonçant l'heureuse nouvelle. C'est de là que vient à Charles Martel le titre de Très Chrétien, accordé par le pape et auquel ont droit tous ses successeurs. Le Pape le nomme subregulus ce qui est un statut proche de souverain[79]. C'est probablement à cette occasion que le chef des Francs gagne le surnom de Martel. C’est sans doute une allusion au Judas Macchabée (= marteau) de la Bible qui défendit son peuple avec vaillance.

Se basant sur les chroniques des historiens pensent qu'Eudes d'Aquitaine poursuit les Maures en retraite. On peut se poser des questions sur l'efficacité de cette traque. Beaucoup de musulmans survivent à cette bataille et - nous allons le voir - s'installent de la Touraine à l'Angoumois.

Survivance des Sarrasins après 732 Modifier

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Dans plusieurs endroits autour de l'ancienne civitas de Poitiers, des traditions populaires et le type ethnique des habitants montrent que certains vaincus ont une descendance lointaine.

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Cathédrale Saint Pierre de Saintes : statue de Charlemagne en hommage à Charlemagne qui a chassé les Arabes de la ville (vandalisée pendant la Révolution).

La Chronique de Saint-Denis dit que le duc d'Aquitaine poursuit les Sarrasins, mais que c'est l'empereur Charlemagne qui élimine les descendants des survivants.


La Vie de Saint Pardulphe nous dit que les fuyards vont se réfugier à Narbonne. Au passage, ils ravagent à nouveau le Rouergue, le Quercy et le Velay. On peut toutefois en douter. Le gouverneur doit faire venir des troupes pour défendre la Septimanie musulmane. Si c’est le cas, il est fort possible qu’une partie des vaincus se soient fondus dans la population des provinces environnantes et pas obligatoirement comme esclaves.

Bien avant l’arrivée des premières vagues migratoires nord-africaines en France, en 1892, la Géographie de la France, de Gasquet, écrit à propos des Berbères :

Leur type se rapproche des vieilles populations du plateau central de l’Auvergne et de la Bretagne.

Éliane Itti, cite cette comparaison dans son étude sur L'image des civilisations francophones dans les manuels scolaires: Des colonies à la francophonie, en 2003. Le Centre d'études de politique étrangère écrit en 1939 :

Combien d'hommes d'Auvergne, du Lot, du Tarn, dont le type est identique à celui des Berbères de l'Atlas !

Michelet lui-même écrit :

on prendrait les Auvergnats pour une race méridionale.

Ce genre de réflexions se retrouve de nos jours dans les articles de journaux qui parlent du remplacement des patrons de bistrots parisiens d'origines auvergnats par des Kabyles qui leur ressemblent..

Toutefois, les populations pré-celtiques dans le sud-ouest, la présence de Roms, de séfarades, l’expulsion des musulmans de l’Espagne très catholique, les rares populations noires des colonies sur la façade atlantique, les échanges avec les pays méditerranéens peuvent aussi expliquer le type berbère de certains de nos proches non issus de l’émigration.

Nouvelles campagnes au nord et à l'est de la Francie Modifier

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Bataille de la Boarn (734)

Entre sa victoire de 732 et 735, Charles réorganise le royaume de Bourgogne, de remplace les comtes et ducs avec ses partisans fidèles, renforçant ainsi son emprise sur le pouvoir.

Il est forcé, du fait des attaques de par les entreprises de Radbod, duc des Frisons (719-734), fils du duc Aldegisel, qui avait accepté les missionnaires Willibrord et Boniface, d'envahir la Frise.

En 734, une armée franque commandée par le maire du palais Charles Martel envahit le royaume de Frise. Marchant le long de la Boarn, l'armée franque atteint son embouchure. Ensuite, l'armée frisonne commandée par le roi Poppo de Frise (674-734) arrive par navires pour essayer de surprendre les Francs et de les battre. Malgré tout, les Frisons se font battre et durant la sanglante bataille de la Boarn, le duc frison est tué. Cette bataille permet aux Francs d'annexer la Frise Occidentale, détruisant ainsi le royaume frison.

Le duc avait expulsé les missionnaires chrétiens qui avait détruit tous les sanctuaires païens.

Les Francs conquièrent la partie occidentale des Pays-Bas jusqu'à la Lauwers[80].

Le génocide culturel commence. En 774, Charlemagne, son petit-fils va interdire les Things, ses assemblées démocratiques des peuples germaniques et massacre les païens.

LA RECONQUESTA DU SUD-EST DE LA GAULE Modifier

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Guerres au sud de la Francie.

Contrairement aux idées reçues la Bataille de Poitiers (732) n’arrête pas les raids musulmans sur la Gaule. Cette victoire des Francs arrête l'avance des Arabes en Europe de l'Ouest, mais Charles doit aller déloger les Arabes de Bourgogne, de Provence et de Septimanie[81]. Ces campagnes vont permettre à Charles Martel de réunir ces provinces par la suite françaises, notamment l'Aquitaine (736), la Bourgogne et la Provence (736-738), à la Francie.

Les musulmans en pillant et essayant d’annexer le sud de la Gaule, obligent Charles Martel à intervenir et châtier ces envahisseurs venus du sud et surtout les traîtres qui leur ont permis de s'implanter. Leurs biens sont distribués aux vainqueurs. L'aristocratie franque soumet la Provence à partir de 739.

Charles Martel réunit l'Aquitaine au royaume (736) Modifier

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Hunald d'Aquitaine.

Uqba ibn al-Hajjaj al-Salūlī (en arabe, عقبة بن الحجاج السلولي), s'impose wâlî de Al-Andalus (734-741). Il veut consolider le contrôle des Omeyyades sur l'ensemble de al-Andalus. Uqba conduit son armée à la frontière Nord, et prend Pampelune. Les dirigeants navarrais et les Francs fuient avant l'entrée des Arabes. Un cinquième des terres des Navarrais et des Basques vont au Trésor et les autres sont réparties entre les musulmans qui ont pris part à la campagne.

Au nord, en Aquitaine la distribution des cartes change en 735 en raison de la mort d'Eudes d'Aquitaine, qui a été forcé de reconnaître, quoique avec réserve, la suzeraineté de Charles en 719. Il se rend maître de l'Aquitaine jusqu'à la Garonne, puis de la Gascogne. Le Franc demande aux Aquitains de lui rendre hommage, la noblesse proclame duc le fils de Eudes, Hunald d'Aquitaine. Comme les Omeyyades envahissent la Provence, en 736 il prête serment de fidélité à Charles Martel et ses deux fils, Carloman et Pépin[82]. Car il ne peut espérer repousser les musulmans tout seul.

Charles Martel annexe la Bourgogne et la Provence (733-738) Modifier

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733-734 Modifier

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Les Sarrasins chassent les moines nîmois de leurs couvents (724).

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Prisonnier crucifié par des Sarrasins.

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Les arènes d'Arles au début moyen-âge sont fortifiées du fait des attaques des musulmans.

Craignant une attaque des Sarrasins, en 733, Charles pénètre en Bourgogne, et soumet à son obéissance Lyon, et plusieurs autres villes. Il veut aussi réduire des principautés épiscopales nées de la désagrégation du pouvoir central au VIIe siècle[83].

Charles Martel met temporairement ses différents avec Hunald en attente. Il attaque les bastions provençaux des Omeyyades. La Provence, morcelée en une foule de petites seigneuries indépendantes, débris de l'ancien royaume de Burgundie, est facile à conquérir. Aussi Charles, dès 733, dirigeant ses armes de ce côté, s'est-il avancé sans obstacles jusqu'à la Durance, après s'être emparé chemin faisant de Lyon et d'Avignon. Mais il s'est arrêté devant Arles et Marseille, rappelé en Aquitaine par la mort d'Eudes d'Aquitaine. Selon la Chronique de Frédégaire, en 733, lorsque Charles Martel lance cette offensive dans le Lyonnais et la Provence il gagne, moyennant des postes stratégiques, le soutien de quelques grands aristocrates de la région. Parmi eux se trouve Abbon.

Les Arabes sont maîtres du sud de la Gaule jusqu'au Rhône. Mauronte, un des seigneurs les plus puissants de la Provence, qui apparaît dans la Chronique de Frédégaire en tant que duc de Marseille, appelle à l'aide le Sarrasin Yusuf ibn 'Abd al-Rahman al-Fihri, wali de Narbonne contre Charles Martel, et le fait venir en Provence (734)[84].

La Chronique de Moissac l'accuse d'avoir pillé les trésors de la ville et ravagé toute la province. Même si les chrétiens souffrent du fait de leur religion, Mauronte et d'autres chrétiens sont les alliés des mahométans. Ils les incitent à occuper des places fortes le long de la vallée du Rhône. Mauronte et ses pareils n’empêchent pas selon le Continuateur de Frédégaire la population avignonnaise de se défendre. En représailles la région est dévastée. Le gouverneur, Yusuf ibn 'Abd al-Rahman al-Fihri, prend l’année d’après Arles et pendant des années, il dépeuple la ville et ravage toute la province d’Arles, selon la Chronique de Moissac.

Les Arabes ont pourtant promis à la Provence paix et protection.

Mais ils ne se sont point interdit de faire sur les possessions franques au delà de la Durance de ces lucratives excursions qui forment alors la solde des armées. Grâce à des traîtres chrétiens, ils s'emparent sans coup férir d'Avignon, appelée par eux la roche d'Anyoun, parce que la ville n'occupe alors que la colline où s'élève aujourd'hui le Palais des Papes. Ils chassent les faibles garnisons bandes de Charles Martel de leurs domaines et dévastent tout le pays. Ils envoient des troupes qui traversent le Rhône, du fait de la trahison du duc de Marseille, Mauronte. Joignant à la force des armes, les ressources de la politique, le wâlî de Al-Andalus (734-741) se ménage des alliances, à la faveur desquelles les Musulmans pénètrent en Provence, en Dauphiné, et jusques dans le Lyonnais[85].

736 Modifier

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Liutprand, roi des Lombards, vient chasser les musulmans du sud de la Gaule.

Au printemps de 736, Charles Martel se met en route, au moment où les Arabes font des préparatifs pour une expédition en Aquitaine. Les Arabes ayant presque abandonné Lyon, situé hors des limites naturelles de leur domination en Gaule, Charles s'en empara sans coup férir.

Mais la garnison arabe se replie sur Avignon, qui, défendue d'ailleurs par sa position sur un roc escarpé, fait une vigoureuse résistance. En 736, Liutprand, roi des Lombards d'Italie, traverse les Alpes avec une armée pour aider Charles expulser les Maures d'Aix-en-Provence, Arles et Montfrin. A Arles ils brûlent la ville pour éviter son utilisation comme un bastion pour l'expansion des Omeyyades[86]. Nîmes, Agde et Béziers, tenues par l'Islam depuis 725, sont aussi reprises et leurs forteresses sont détruites.

Charles Martel libère les riches campagnes de la Septimanie, et marche droit sur Narbonne, pour attaquer ainsi dans son centre la puissance arabe dans les Gaules. Narbonne est assiégée par les Francs. Le wâlî Uqba ibn al-Hajjaj al-Salūlī envoie une armée qui met fin au siège. L'invasion arabe vient de la mer et secourt Narbonne. Ils cherchent aussi à se venger de la Bataille de Poitiers (732) et tentent une autre invasion de la Gaule[87]. Uqba dit fournir des secours aux fils d'Eudes d'Aquitaine contre les chrétiens.

Bataille de la Berre (737) Modifier

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Plan de la Bataille de la Berre.

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Vallée de la Berre.

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Le champ de bataille vu de l'Ermitage Saint Victor.

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Bataille de la Berre (737).

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Le Château du Castellas à Montredon-des-Corbières, sous les murs duquel a lieu la bataille de la Berre.

L'armée djihadiste craignant sans doute de ne pas trouver libres les passages des Pyrénées, s'est embarquée en Catalogne, avec le projet de remonter l'Aude jusqu'à Narbonne. Mais les Francs ont garni ce fleuve d'estacades et de pieux, pour empêcher tout secours d'arriver à la ville assiégée.

Les Arabes, frustrés dans leur espoir, débarquent sur la côte. Charles Martel, laissant une partie de son armée sous les murs de Narbonne, marche avec le reste au devant des Arabes, qu'il rencontre sur les bords de la Berre, à deux milles de la mer et à sept de Narbonne. C'est la Bataille de la Berre (737).

Charles, engageant sur-le-champ le combat avec sa vigueur et sa promptitude accoutumée, fend lui-même la tête du chef des armées arabes d'un coup de sa francisque, et les Arabes, privés de leur chef, ne tardent pas à lâcher pied. Les Francs en massacrent une partie pendant qu'ils cherchent à regagner leurs vaisseaux. D'autres se noient dans les marais salants qui bordent celte côte empestée. Seul un petit nombre enfin, se frayant un passage l'épée à la main, parvient à travers mille dangers à se jeter dans Narbonne.

Le califat estimait qu'il lui faudrait une génération, mais Martel réussit en cinq ans. Charles, pour la première fois, équipe sa cavalerie lourde avec des étriers. Préparé pour faire face à la phalange franque, les musulmans ne sont absolument pas préparés pour faire face à une force mixte de cavalerie lourde et d'infanterie dans une phalange. La capacité qu'a Charles à coordonner infanterie et cavalerie est inégalée à cette époque et lui permet de faire face à la supériorité du nombre d'envahisseurs, et de les vaincre de façon décisive encore et encore. Certains historiens pensent que la Bataille de la Berre (737) est une victoire aussi important pour l'Europe chrétienne que la Bataille de Poitiers (732).

Charles Martel ne prend pas la ville. Les historiens militaires croient qu'il aurait pu la prendre, mais le chef des Francs croit que sa vie touche à sa fin, et qu'il va avoir beaucoup de travail à faire pour préparer ses fils à prendre le contrôle du royaume franc. Le roi Thierry IV vient de mourir, et Charles doit déjouer les intrigues des nobles, ses rivaux. Ses soldats, gorgés de butin, ont hâte de s'en retourner chez eux, jouir des fruits de leur conquête. En outre, le duc aquitain Hunald menace ses lignes de communication avec le nord, afin de le décider à se retirer de la Septimanie et de détruire plusieurs bastions (Béziers, Agde, etc.).

Les Francs brûlent pendant leur retraite Agde, Marguelonne et Béziers pour éviter qu’elles redeviennent des forteresses arabes[88].

Malgré ce repli temporaire la Bataille de la Berre (737) conforte la présence franque sur les bords de la Méditerranée. Car, Charles Martel revient avec ses troupes et une armée que Liutprand, roi des Lombards, lui envoie. Il va faire le siège de Narbonne, mais ne prend pas la ville. Toutefois les musulmans ne sont plus présents que dans cette forteresse et les campagnes environnantes.

737-738 Modifier

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La Citadelle assiégée, Commentaire d'Ezéchiel (Manuscrit carolingien).

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Les invasions arabes en France.

A peine Charles Martel a t-il quitté la Septimanie que Mauronte et les Arabes d'Arles, repassent la Durance et reprennent, au début de l'année 738, Avignon, que défend faiblement sa garnison franque. Tout le pays d'Avignon retombe au pouvoir des Arabes; il est même probable qu'ils poussent leurs conquêtes plus loin, pendant que les Francs sont occupés sur la frontière du nord à repousser les Saxons.

Toujours En 737, Childebrand est envoyé par son frère, pour reprendre la Provence. Il appelle en même temps à nouveau à son secours Liutbrand. Les deux chefs germains, rejoints par Charles, réunissent leurs forces devant Avignon. Charles a amené toutes les machines nécessaires pour un siège. La ville est emportée d'assaut. Les Francs la livrent aux flammes, après avoir passés au fil de l'épée les musulmans et les traîtres.

A défaut des chroniques franques, les traditions du pays nous apprennent qu'Arles ne cède pas sans résistance. Les Arabes chassés d'Arles repassent le Rhône, dont ils abandonnent aux Francs toute la rive gauche, pour se réfugier en Septimanie. Quelques bandes indisciplinées se retirent avec Mauronte à l'extrémité de la Provence. Charles les anéantit.

Charles partage à ses leudes une partie des riches domaines qu'ils viennent de conquérir. Mais les Provençaux qui n'ont pas aidé les djihadistes récupèrent leurs terres et celles des traitres.


Les Sarrasins vont revenir en Provence et n’être chassés que du temps de Guillaume le libérateur. Mais après cette reconquête les corsaires et pirates barbaresques vont continuer à attaquer régulièrement les populations côtières et les marins qui font des transports de marchandises ou de personnes et les pêcheurs. Ces attaques qui ne se limitent pas au bassin occidental de la Méditerranée vont amener un grand développement du commerce des esclaves européens dans le monde musulman, esclaves castrés souvent d'origines occitanes.

LES RAPPORTS ENTRE CHARLES MARTEL ET L’ÉGLISE Modifier

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Du temps de Charles Martel, l’Europe passe de l’antiquité germanique au Moyen Âge. La noblesse n’est plus constituée uniquement de membres des familles princières. Charles Martel, pour s'attacher plus étroitement ses capitaines, leur donne des bénéfices ou fiefs à charge de service militaire. Il sécularise pour cela une partie des biens du clergé.

C'est parce que le majordome du palais prive les églises d'une partie de leurs dîmes pour les attribuer à ses chevaliers par nécessité absolue, qu'il gagne ses guerres[89].

La victoire sur les païens Modifier

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Charles Martel et la Germanie[90].

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Scènes édifiantes de la vie de Boniface.

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Création de l'abbaye de Fulda.

A Kilian et à ses compagnons succèdent Willibrord et ses douze collègues. Ils convertissent les Frisons soumis à Pépin d'Héristal et fondent l'archevêché d'Utrecht, que Willibrord, muni d'instructions et de reliques qu'il est allé prendre à Rome, gouverne jusqu'à l'époque de sa mort, en 739.

Les Frisons indépendants et leur chef Radbod rejettent d'abord le christianisme, qui se confond pour eux avec la domination des Francs. Cependant Charles Martel les ayant forcés de reconnaître sa suprématie, ils se montrent mieux disposés pour le nouveau culte. Il est vrai qu'un fils de Radbod, déjà placé sur le seuil de l'initiation, se rétracte. Il est vrai que le successeur de Radbod, voyant Charles Martel attaqué de toutes parts, arme les Frisons, et rétablit en un instant le culte de ses pères ; mais le . bras de Charles les ramènent une seconde fois à l'obéissance, et depuis ce moment disparurent à la fois leur indépendance et le culte d'Odin.

Le clergé de France, protégé par Pépin et son fils Charles, a dans ces missions, plus de facilités que tout autre. Mais l'histoire contemporaine nous le montre peu zélé et peu régulier à cette époque.

Quand en 722, Boniface de Mayence est chargé d’évangéliser la Germanie, il demande l’aide de Charles. Mais celui-ci conçoit cette activité comme un moyen de propager l’influence franque. Boniface, revêtu de sa nouvelle dignité, muni d'un abrégé de constitution ecclésiastique, de lettres pour Charles Martel, et pour quelques autres princes et évêques, pour les chrétiens de la Thuringe et les païens de la Saxe, reprend ses travaux en Hesse avec une énergie nouvelle. Il abat, à Geismar, le chêne de Thor, dieu du tonnerre, qui partage avec Odin et Freya le sceptre de l'olympe scandinave, et il consacre à saint Pierre la chapelle qu'à Fritislar, il construit avec le bois de l'arbre sacré.

Boniface renverse de même le culte de quelques divinités secondaires, auxquelles ses biographes latins donnent les noms de Stuffo, de Biet, Astarod, de Lahra et de Jecka; mais, à en juger par les anciennes formules de renonciation qui précédent le baptême, le culte d'Odin et de Thor est plus enraciné dans les cœurs que tout autre.

Sans le secours de Charles Martel, le missionnaire ne pourrait réussir ni auprès des païens ni auprès des chrétiens. C'est ce qu'il atteste lui-même dans une de ses lettres où il dit :

Sans la protection du prince des Francs, je ne puis ni gouverner le peuple, ni défendre les prêtres, les diacres, les moines ou les servantes de Dieu, et, sans être appuyé de ses ordres, je ne saurais proscrire le culte des païens ni la sacrilège idolâtrie de l'Allemagne[91].

Quelques rapports intimes s'établissent entre l'apôtre de l'Allemagne et le sauveur du christianisme en France, Charles Martel. Ce prince, chaque printemps, entre en campagne.

La victoire sur les musulmans Modifier

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Prêtre bénissant les troupes de Charles Martel.

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Sarrasins.

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Puvis de Chavannes, Charles Martel, l'Eglise et les prisonniers sarrasins, en 732.

Martel est menacé en 732 d'excommunication, mais paradoxalement est reconnu par l'Église comme son principal protecteur. Après la Bataille de Poitiers (732), c'est à cet homme nouveau, libéré de ses complexes neustriens et germains, que le pape va s'adresser directement. Et Charles tourne dès lors ses regards vers la Bourgogne, la Provence et la Narbonnaise arabe. C'est comme une révélation pour le Saint-Siège qui voit en Charles Martel le champion d'une politique anti-arabe et méditerranéenne, la seule qui puisse prétendre à la conduite prépondérante de l'Occident[92].

Après avoir remporté la victoire de Poitiers contre les Arabes, le maire du Palais franc écrit au pape Grégoire III (731-741) lui annonçant l'heureuse nouvelle.

Mais revenons à la lutte engagée contre les Musulmans. La Chronique d'Adon, écrite au milieu du IXe siècle, à Vienne, nous dit que les Sarrasins viennent sur les rives de la Saône, et s'emparent de Besançon, dans la Franche-Comté de Tournus, de Châlons, d'Auxerre, de Dijon, de Mâcon, en Bourgogne, qu'ils ruinent ou dévastent.

Même dans cette Bourgogne bien éloignée du monde arabo-musulman les djihadistes ont fait de certains terroirs des colonies de peuplement. Malgré la Reconquesta franque, de nos jours les villages de Boz, d'Orang, d'Arbigny et de Sermoyer sur la rive orientale de la Saône et ainsi que la commune d'Uchizy, sur la rive occidentale comptent une population bourguignonne, mais différente dont l'origine remonterait aux Sarrazins[93].

La poursuite de la libération de la Gaule se fait d'abord en Bourgogne, où Charles Martel se présente en libérateur de cette province du royaume. Il boute les Arabes mais n'a même pas eu besoin de tirer l'épée, c'est pour son armée une simple promenade militaire. Évêques et Seigneurs, impressionnés par sa réputation, s'empressent de lui jurer fidélité, et les musulmans se retirent partout, redescendant le long du Rhône, en abandonnant à mesure toutes les villes conquises. Charles s'impose ainsi comme le sauveur venu reprendre la terre aux infidèles. Lyon, Vienne, etc.. Les villes tombent; et partout il installe des hommes à lui, chargés de parfaire la conquête et de contenir le pays, de protéger la province contre l'Arabe, et surtout de réprimer d'éventuelles séditions[94].

Les Sarrasins font le djihad, donc ils ont pillé mais surtout ruiné partout en Provence des églises et des monastères. Charles Martel et ses nobles francs ou alliés, après avoir réuni cette province à la monarchie franque, et en avoir chassé les Barbares, ne se sont empressés de relever les ruines de plusieurs de ces édifices religieux.

On attribue aussi à Charles Martel la construction de l'église de Sainte-Croix près d'Arles, et autour de laquelle des chrétiens morts dans le combat sont inhumés.

Charles est resté jusqu'à sa mort déterminé à arrêter les musulmans.

Les papes implorent la protection de Charles Martel Modifier

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Le Pape Grégoire III implore la protection de Charles Martel.

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Charles Martel.

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Le Pape Grégoire III présente à Charles Martel les clés du Saint-Sépulcre.

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Charles Martel à cheval.

En 729, les troupes de Luitprand et d’Eutychius se présentent devant Rome. Grégoire II (715-731) écrit à Charles Martel pour lui demander du secours, en vain[95].

Le Pape Grégoire III (731-741) écrit régulièrement au chef des Francs, comme son prédécesseu pour lui demander protection et l'assistance[96].

En 739, l'empereur Léon III tente de réduire l’autorité du Saint-Siège. Dans ce but, il envoie une flotte en Italie pour combattre les villes non soumises à ses ordres. Il étend les droits du patriarche de Constantinople sur toutes les régions (districts) de l’Italie du Sud et ne laisse au pape que la région du Nord que les Lombards ne cessent d'assaillir.

Alors, le pape invoque le secours de Charles Martel, pour repousser les Lombards, il met sous la protection des Francs toutes ses propriétés et leur demande de reconquérir l'Italie.

Toutefois, Charles n'a aucune envie d'aller combattre ses alliés contre les Sarrazins et ignore la demande papale. Néanmoins, les pouvoirs pontificaux pour la protection des Francs, le risque d'excommunication, et l'avenir de son fils et ses petit-fils, sans oublier la volonté d'agrandir le royaume en Italie font qu'il obéit à la papauté, et la protège.

C'est de là que vient à Charles Martel le titre de très chrétien accordé par le pape et auquel ont droit tous ses successeurs.

L'an 741, Charles reçoit deux nonces du pape Grégoire III (731 - 741), qui lui apportent les clefs du sépulcre de Saint-Pierre, avec d'autres présents considérables. Ils lui remettent en même temps une lettre de Grégoire de Mayence, par laquelle ce pontife le conjure de venir à nouveau au secours de la papauté, menacée par le roi Liutprand, en lui promettant de leur part de le créer consul, c'est-à-dire patrice de Rome, et de se soustraire à l'obéissance de l'empereur, pour se soumettre à lui. L'Annaliste de Metz dit même que Grégoire joint à sa lettre le décret des Romains qui réalise ces promesses.

Charles, après avoir fait un accueil très honorable à ces nonces, les fait accompagner, à leur retour, par l’abbé de Corbie, et Sigebert, reclus de Saint- Denis, chargés de riches présents pour le pape.

Le Pape écrit une lettre à Charles Martel, prince des Francs :

Je connais tes dispositions religieuses; tu les a prouvées, ô fils chéri en Jésus-Christ dans beaucoup d'occasions. Je montre donc à ta dignité chérie de Dieu que Boniface, éprouvé par sa foi et ses mœurs, a été consacré évêque par moi, et qu'il est désormais destiné à prêcher les peuples de la Germanie qui, vivant dans des contrées différentes, à l'est du Rhin, sont encore enveloppées dans les erreurs du paganisme; dans ce but, nous le recommandons à ta glorieuse bienveillance, afin que vous lui fournissiez tout ce qui est nécessaire, et que vous le défendiez de la manière la plus énergique contre tous les ennemis auxquels vous êtes supérieur avec Dieu.

Charles Martel répond à cette lettre par une ordonnance aux évêques, ducs, comtes, vicaires et autres fonctionnaires de l'empire[97].


Charles Martel est donc un fidèle défenseur de la papauté, un homme très pieux, qui avec ses armées, son peuple et leurs alliés luttent contre les païens et le musulmans. Voulant financer en partie ses guerres avec une infime partie des biens de l'Eglise il va avoir affaire à des ingrats le condamnant à la damnation éternelle.

Charles Martel distribue une partie des biens des églises Modifier

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Charles Martel distribue les biens des églises.

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La noblesse carolingienne n'est plus d'origines princières. Ils combattent sans cesse pour défendre leur Dieu et le Royaume. Charles Martel décide de les rétribuer. L'Eglise étant contrainte de redonner une partie de ses trésors le voue à la damnation éternelle.

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Euscher.

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Le trésor de Saint-Denis. On a du mal à imaginer pas ce qu'est la richesse de l'Eglise à l'époque carolingienne et la soif de l'or des ecclésiastiques décadents.

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Comme son père Pépin, Charlemagne s'appuie sur l'Église et se rapproche du pape. ses réformes ont pour objectif de créer une élite ecclésiastique capable de bien administrer les diocèses tout en christianisant les peuples pour les éduquer et garantir la paix.

Le désordre s'est introduit dans l'Église, licence et débordements en tous genres. Pourtant, Charles Martel est un chrétien authentique. Il installe l'homme qu'il faut, à la place qui convient : politique capricieuse dictée en général par les impératifs du moment. On peut résumer son rôle en disant que le premier des princes carolingiens donne beaucoup à l'Église, et l'a le plus dépossédé parfois matériellement. Il est le premier entre tous les rois et les princes des Francs à séparer et à prendre les biens de l'Église. Pour cette seule cause, il est damné éternellement[98] par ces ingrats, ce clergé décadent uniquement mus par la soif de l'or.

L’Église ne reconnaît pas aux rois le droit de disposer des biens ecclésiastiques. Elle présente comme un sacrilège d'en demander la concession. Ce qui est faux. Le droit de l'État est incontestable. Les évêques, en tant que possesseurs du sol, sont vassaux du roi. Les biens qu'ils tiennent de la libéralité des princes sont mis sur la même ligne que les bénéfices militaires. Ils restent comme tels à la disposition des rois, quand il s'agit de pourvoir à ta défense de l'État.

Charles Martel soumet à son obéissance Orléans, Sens, Auxerre, Autun, Mâcon et Lyon. Il veut ainsi réduire des principautés épiscopales nées de la désagrégation du pouvoir central au VIIe siècle. La plupart des évêques sont enfermés dans des monastères en Austrasie. Leurs biens sont distribués à ses fidèles, dont les riches abbayes[99].

Le trésor de l'État mérovingien est vide du fait de la guerre civile et de la nécessité de se faire des partisans. Dans la cruelle alternative de perdre la Gaule ou de renoncer à ses pouvoirs, en mécontentant les évêques, Charles Martel n'hésite pas. Il dépouille le clergé pour équiper et nourrir ses guerriers.

Charles Martel est aussi un administrateur compétent. Il organise ce qui va devenir le mode de gouvernement de l'Europe au Moyen-Age, un système hiérarchisé vasé sur la loyauté envers les barons, comtes, ducs et roi, ou, dans son cas, major domus et princeps un dux Francorum.

Son étroite coordination entre l'Église et de l'État va également être à l'origine du modèle médiéval qui essaie de régler les limites des pouvoirs. Il créé la première armée permanente occidentale depuis la chute de Rome, mais doit la financer. Dans l'ensemble, il fait à partir de hordes de barbares des états organisés.

Une bonne partie de l'Église va voir dans cet ordre nouveau qui fait place au chaos la fin de ses privilèges et de son amassement de richesses.

Charles Martel est obligé de reprendre à l'Église une grande partie de ses biens pour les distribuer aux leudes qu'il conduit contre les ennemis de la Francie. Cette première sécularisation est l'instrument de la délivrance de l'Europe, et de la victoire de l'Évangile sur le Coran[100] et les païens.

Charles Martel est un novateur en matière de sécularisation des biens de le l’Église lors de son principat de 714 à 741. Carloman l’a fait, mais en voulant rendre tout de suite les sommes récupérées. La sécularisation de Charles Martel Est considérée comme une œuvre de violence, c'est que les Carolingiens, tout en enrichissant l'Église par leurs libéralités, ne vont avoir aucun scrupule de disposer des biens ecclésiastiques au profit de leurs fidèles.

Au contraire d’autres évêques, Eucher, évêque d'Orléans, proteste vivement lorsque, quand après la victoire de Poitiers en 732, Charles Martel n’hésite pas à distribuer des biens d’Église aux soldats qui l'ont secondé dans sa campagne contre les Sarrasins[101]. Saint Eucher, évêque d'Orléans, étant en oraison, voit Charles Martel condamné aux tourments de l'enfer[102].

Irrité, Charles Martel force Eucher à partir en exil, d’abord à Cologne. Puis il est transféré dans le comté d'Hesbaye dans le château d'Haspengaw sous la garde du duc Chrodebert. Le poursuivant de sa vindicte Charles Martel fait en sorte qu’il soit quasi séquestré dans un monastère voisin de Liège, l’abbaye de Saint-Trond, où il meurt vers 743.

Se disant héritiers des institutions et de la civilisation romaine, les prélats regardent comme des barbares les hommes du nord.

Le clergé surtout, tant dans le nord que dans le midi, ne pardonne pas à Charles de répartir des biens ecclésiastiques. Les Sarrasins, dans leurs invasions, ont dévasté la plupart des églises et des couvents et ont aliéné les biens affectés à ces établissements.

Charles en chassant les Sarrasins ne rétablit pas le clergé dans toutes ses possessions et celles des traîtres. Il distribue aussi les terres et les maisons à ses hommes d'armes, au grand scandale des personnes cupides. La plupart des sièges épiscopaux et des monastères restent vacants, car cela ne rapporte plus des fortunes.

Wilikarius, évêque de Vienne, essaie de reprendre son siège, après l'expulsion des Sarrasins; mais trouvant tous les biens de l'église en possession des laïques, il se retire dans le Valais, où on le nomma abbe du monastère de Saint-Maurice.

Il y a toutefois des ecclésiastiques qui s'attachent à la personne de Charles et l'accompagnent dans ses guerres contre les ennemis de la foi. Tel est Hincmar, évêque d'Auxerre, dont les vastes propriétés s'étendent dans une grande partie de la Bourgogne, qui, laissant à un autre l'administration de son diocèse, et qui va combattre les infidèles.

En l'absence des prêtres et abbés, Des abbesses donnent la bénédiction au peuple[103].

Malgré la sécularisation de Charles Martel, l'Église a encore des biens immenses[104].

Les monastères, en partie épargnés par la sécularisation de Charles Martel, jouent également un rôle important dans la réorganisation des diocèses en servant de pépinières d’évêques et de prêtres[105].

FIN DE SA VIE Modifier

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Le palais de Verberie, près de Compiègne.

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Charles Martel sur son lit de mort.

Charles Martel est gravement malade depuis 739[106]. Sentant approcher sa fin, il assemble les seigneurs français au palais de Verberie, et de leur consentement, il partage le royaume entre ses deux fils, Carloman et Pépin. Il donne au premier l'Austrasie, la Souabe et la Thuringe; au second, la Bourgogne, la Neustrie et la Provence.

Il n'y a aucune disposition faite en faveur de Griffon, son troisième fils, et la raison qui le fait exclure de la succession paternelle n'est pas aisée à deviner. Mais Swanahild, mère de ce prince, obtient de son époux, étant sur le point de mourir, une petite portion de ses états, en l'absence de Carloman et de Pépin[107]. Loin d'acquiescer à ce démembrement, ils s'en plaignent hautement à leur retour et disent que cet accord a été fait sans l'aveu des grands de la nation.

Charles meurt, dans ces entrefaites, au palais de Quierzy-sur-Oise, peut-être le 22 octobre 741, à l'âge de cinquante-deux ans, après avoir gouverné pendant l'espace de plus de vingt-cinq ans la monarchie française en souverain, et s'être acquis une réputation qui ne finira jamais, par une infinité d'expéditions éclatantes. Les Annales Sancti Amandi situe sa mort en 741 Id Oct de Karolus dux Francorum. La nécrologie de l'abbaye de Saint-Denis enregistre la mort XVII Kal Nov de Karolus princeps. Le continuateur de Frédégaire enregistre la même date de sa mort et son lieu de sépulture[108].

En 737, Charles a omis de désigner un successeur à la mort du roi Théodoric, ce qui se traduit par la fin effective de la monarchie mérovingienne[109]. Le corps de Charles Martel est transporté à Saint-Denis, et pas à Metz dans le caveau de sa famille. Comme l'éducation de son fils dans cette ville cela montre le désir de Charles de voir ses descendants devenir rois[110].

Ce grand-père de Charlemagne est le véritable fondateur de la dynastie carolingienne.

MARIAGES ET DESCENDANCE Modifier

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Mariage et descendance Modifier

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Sacre de Pépin le Bref par le pape Etienne II à Saint-Denis, le 28 juillet 754.

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Pépin le Bref (714-768).

Charles Martel se marie vers 705/710 avec Rotrude (Chrothrudis), peut-être née en 695. Les Annales Laureshamenses' nous disent que Hortrudis est décédée en 724. On considère généralement qu'elle est apparentée à la famille de saint Leudin (Liévin), évêque de Trèves. Halbedel et Chaume pensent qu’elle est sa fille. Richard Gerberding la voit apparentée à la famille des Robertiens, voire aux deux familles à la fois. Dans son Addenda à Les Ancêtres de Charlemagne, Christian Settipani propose un arbre généalogique suivant lequel Rotrude est fille de Lambert de Hesbaye et tante de Robert Cantor, comte de Hesbaye, un Robertide[111]. Lambert de Hesbaye se marie avec Chrotlind de Neustrie, fille du roi Thierry III de Neustrie (651 - 691) et sainte Chlotilde de Metz (650-693)[112]. Charles Martel et Rotrude ont cinq enfants :


  • Le Continuateur de Frédégaire cite Hiltrude (706/711-754), Chiltrudis, mariée en 741 à Odilon, duc de Bavière, puis à sa mort, en 748, régente du duché. Les Annales Moselleni nous donnent la date de 754 pour la mort de Hildtrud.
  • Carloman (705/710-754), Karlomannum, major domo, maire du palais d'Austrasie de 741 à 747. Ce duc des Francs finit sa vie comme moine.
  • Pépin le Bref (714 - 768), maire des palais de Bourgogne, de Neustrie (en 741) et d'Austrasie (en 747), premier roi carolingien (751 à 768). Il est le père de Charlemagne.
  • Landrade (ca 720-770), mariée en 742 au comte (ca 715-774) Sigramm de Hesbaye [21], peut-être grand-mère d’Ermengarde de Hesbaye, femme de l’empereur Louis le Pieux.
  • Alda (ca 724-763), mariée à Théodoric, comte d'Autun, et mère de Guillaume de Gellone. Il écrit : genitore meo Theuderico et genitrice mea Aldana.

Mariage et descendance Modifier

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Famille de Chrotais[113].

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Adalard de Corbie.

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Première page du Psautier de Corbie.

Charles Martel épouse vers 725, Chrotais ou Ruadheid, certainement cousine de Rotrude. Le Liber confraternitatum augiensis atteste que Chrothais est une épouse de Charles Martel. La qualité d'épouse pour Chrotais ne fait aucun doute, au vu de la documentation contemporaine. La Genealogia Arnulfi comitis qualifie Bernard issu d'une reine et Rémi et Jérôme, issus d'une concubine. Il est donc évident que ces trois fils sont nés de mères différentes. Celle-ci est mère de :


  • Bernard (725 - 786), abbé et comte de Saint-Quentin. En 774, à la demande du pape Adrien Ier, il est envoyé par Charlemagne à la tête d'une armée pour combattre les Lombards. Un acte de Saint-Germain-des-Prés, nous apprend qu’il a obtenu en bénéfice après son père la villa de Marolles-sur-Seine (Seine-et-Marne), laquelle est aux mains d’un comte Autbert dès 786. On en déduit qu’à cette date Nibelung est déjà décédé. Selon les Annales mosellani. Il est possible de l’identifier, croyons-nous, au Nibelung qui souscrit deux actes pour le monastère de Gorze, en 762 et 770. Aucune source authentique ne nous informe sur une femme ou des enfants de Nibelung. Sur ce point, nous nous refusons à faire fond, comme l’a fait L. Levillain, sur un acte composé à l’époque moderne donnant la généalogie des Nibelung. Toutefois, le caractère si spécifique du nom suffirait comme témoignage formel qu’il est l’ancêtre des Nibelung postérieurs. Une preuve supplémentaire nous est toutefois offerte avec le domaine de Perrecy, dont le premier propriétaire est Nibelung, et qui fut ensuite aux mains de Nibelungen postérieurs.


Marié vers 750 avec une Franque, dont on ne connait pas le nom, il a un fils :

    • Adalard (752-826), missus dominicus, comte du palais de Charlemagne et abbé de Corbie.


Avec une seconde épouse d'origine saxonne, après 770, il a quatre enfants :

    • Wala (772-836), abbé de Corbie
    • Gundrade (774-après 814), vierge et religieuse
    • Bernard (776-après 821), moine à l'abbaye de Corbie en 801.
    • Théodrada, abbesse de Saint-Marie de Soissons après avoir été mariée et mère d'une fille, Imme, qui lui a ensuite succédé comme abbesse.

Mariage et descendance (III) Modifier

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Swanahild de Bavière.

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Charles Martel divise le royaume entre Pépin et Carloman. Griffon est déshérité.

Charles Martel se remarie, en 725, avec Suanechildis, Swanahild de Bavière, une princesse prisonnière des Francs. Charles la ramène d'une campagne en Bavière (ca 725), en compagnie de sa tante Beletrudis, Beletrude et nepta sua Sunnichilde. La litanie de Reichenau' lui donne le titre de regina, alors que son mari n’est pas roi. Mais ses ancêtres ont porté le titre de roi, et son aïeule Ragentrudis est elle aussi qualifiée de regina. Comme pour la dynastie mérovingienne à laquelle elle est apparentée, la dynastie de Bavière attribue le titre de regina aux filles de ses princes. Reste à savoir si Suanechildis est réellement l'épouse de Charles ou une simple concubine comme l'affirment les Annales de Metz ? Le titre de regina, s'il ne dérive pas de son origine, montrerait à lui seul qu'il s'agit d'une épouse légitime. Même en l'absence de ce titre, le caractère tendancieux des Annales à cet endroit dû à la rébellion de Griffo, fils de Suanechildis, poussé par sa mère contre le pouvoir de Pépin, fondateur de la dynastie carolingienne, suffit à mettre en doute son témoignage. Elle use de son influence sur Charles Martel pour qu'il cède à son fils une part importante de son pouvoir. A la mort de son époux, comme ses beaux-fils se partagèrent la totalité du pouvoir, elle pousse son fils à se révolter contre eux. Vaincue, elle est enfermée au monastère de Chelles, où l'on perd sa trace après 741. Einhard cite Swannhilde neptem Odilonis ducis Baioariorum, mère de[114] :

  • Griffon (726-753), Bien que Charles Martel ait prévu de ne léguer les mairies de palais qu'à ses deux fils aînés, Swanahild harcèle son mari pour que Griffon en ait une part, si bien que Charles accepte à la fin de sa vie un partage en trois parts. Il obtient quelques comtés à la limite de l'Austrasie, de la Neustrie et de la Bourgogne[115]. Après la mort de son père, Griffon est écarté par ses deux demi-frères lors du partage fait à Vieux Poitiers (près de Poitiers) en 742. N’obtenant que des territoires épars, sa mère l'incite à la révolte en lui donnant l’espoir d’avoir tout le royaume. Il se réfugie sans délai dans la cité fortifiée de Laon et déclare la guerre à ses frères. Ceux-ci mobilisent rapidement une armée et après avoir entrepris le siège de Laon, obtiennent la soumission de Griffon[116].

La descendance de sa concubine Modifier

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Saint Rémi de Rouen.

La Genealogica Arnulfi Comitis cite Remigium et Geronimum, comme fils de Karolus senior… ex concubina[117]. :


  • Saint Remigius (727-771), troisième archevêque de Rouen de 755 à 771. Il introduit le rite romain et le chant dans l'église des Gaules. Remigius accompagne Pippin en Italie, en 760, avec ses deux frères (Bernard et Hieronymus) pour servir de médiateur entre Paul et Didier.
  • Hieronymus (738 - après 782). La Genealogia Arnulfi comitis précise qu'il est né de Charles Martel et d'une concubine, laquelle ne peut pas être Chrotais, qualifiée par ailleurs de reine, donc une épouse (Settipani 1993, p. 170). Il fait des études dans un monastère où, aidé par un moine, à neuf ans il recopie la vie de son ancêtre saint Arnoul de Metz. Devenu comte à l'âge adulte, il est chargé en 754 de conduire l’escorte qui ramène chez lui le pape Étienne II au retour de sa visite au roi Pépin le Bref, son demi-frère. En dehors de cette mission, la seule mention que nous ayons de lui est sa signature à un plaid de Charlemagne à Thionville, vers 775. Il devient ensuite abbé de Saint-Quentin. Mais, en dépit de l’obscurité qui l’enveloppe à nos yeux, Hieronymus est certainement un personnage très important à la cour et il laisse en tout cas une glorieuse postérité. Celle-ci nous est connue par divers écrits de l’un de ses descendants, Fulcuin, abbé de Lobbes (965-990). Le nom de sa femme y est diversement rapporté. D’après La Vie de saint Folcuin, évêque de Thérouanne (816-855), le père de ce prélat est Hieronymus et sa mère une noble Gothe, Ercheswinda, et parmi ses frères figure Fulrad, abbé de Saint-Quentin. Mais dans les Gesta abbatum S. Bertini Sithiensium, on trouve que la mère de Filcuin est une Ermentrudis. La solution la plus simple pour résoudre cette petite difficulté consiste, comme l’a bien vu J. Depoin, à admettre que Hieronymus a deux épouses. En effet, le deuxième passage retrace la généalogie de Fulcuin, père du narrateur, et il est naturel d’y trouver la mère d’Audoen, ancêtre de celui-ci. De la première, Ermentrudis, né notamment Fulcuin, et de la seconde, Erchenswinda, naissent Audwin (Audoen) et Fulrad

NOTES ET RÉFÉRENCES Modifier

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  106. La France avant la France, Geneviève Bührer-Thierry et Charles Mériaux. "Histoire de France", collection en 13 volumes, sous la direction de Joël Cornette, Belin, 2014. p.297 et suivantes.
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  111. Christian Settipani, Addenda à Les Ancêtres de Charlemagne
  112. Graf im Haspengouw – Neustrien – Histoire en Hesbaye
  113. LES ANCETRES DE CHARLEMAGNE (ADDENDA 1990)
  114. Généalogie de Charles Martel sur le site Medieval Lands.
  115. La France avant la France, Geneviève Bührer-Thierry et Charles Mériaux. "Histoire de France", collection en 13 volumes, sous la direction de Joël Cornette, Belin, 2014. p.297 et suivantes.
  116. Christian Settipani, La Préhistoire des Capétiens (Nouvelle histoire généalogique de l'auguste maison de France, vol. 1), Patrick van Kerrebrouck,‎ 1993 (ISBN 2-9501509-3-4), p. 116-118 et 130-131.
  117. Généalogie de Charles Martel sur le site Medieval Lands.

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