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Benoît de Rambaud

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Uniforme d'ingénieur géographe de la Marine avant 1789.

Pléville Le Pelley (Versailles).jpg

Georges de Pléville, capitaine de vaisseau du roy.

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Blason des Rambaud à Marseille.

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Signature de Benoît de Rambaud.

André Benoît Thérèse de Rambaud est né le 13 octobre 1750, à Marseille, rue du Petit Mazeau, et baptisé le lendemain à la paroisse Notre-Dame des Accoules. Benoît est décédé à l’hôpital de Saint-Louis du Sénégal, le 5 octobre 1787, à l'âge de 36 ans[1], et inhumé au cimetière européen de cette ville.

Le futur écuyer et lieutenant-colonel Benoît de Rambaud est le fils d'un membre de la famille Rambaud appartenant à la bourgeoisie de Marseille qui porte : D'azur à un lion d'or lampassé de gueules rampant contre un rocher d'argent et regardant un soleil d'or mouvant de l'angle dextre du chef , Armorial de la ville de Marseille : recueil officiel dressé par les ordres de Louis XIV.

Benoît, dès l'âge de 14 ans, devient Aide de port à La Martinique où son beau-frère, le futur ministre Georges Pléville Le Pelley, est capitaine de port. Combattant dans les milices pro-françaises en Corse, il y est à la paix ingénieur-géographe de la Marine. Le 1er septembre 1778, Benoît Rambaud est lieutenant à la Troisième légion des volontaires étrangers de la Marine du colonel d'Agoult.

Pour ses compétences, ses actes de bravoure et du fait de ses blessures, il est un officier très apprécié des généraux et amiraux ayant combattu aux Indes. Leurs rapports, dont plusieurs très élogieux de Suffren, lui permettent de devenir le plus jeune chevalier de Saint-Louis et d'obtenir le grade de capitaine. Par contre, il n'est pas décoré de l'Ordre national de Cincinnatus, et du fait des séquelles d'une grave blessure, et de l'attitude des fonctionnaires du ministère de la Marine, il végète deux ans à Versailles.

En 1784, il doit être nommé lieutenant-colonel pour effectuer une mission spéciale en Inde, mais cela ne se fait pas. L'année suivante, Benoît de Rambaud se marie avec Agathe Rosalie Mottet. Leur acte de mariage est présenté, avec ceux d'autres habitants de Versailles célèbres, aux archives municipales de cette ville. Il est vrai que les témoins du marié sont Suffren et Thomas Villaret de Joyeuse. Sa femme, Agathe Rosalie Mottet va élever le futur Louis XVII de sa naissance à son emprisonnement au Temple.

Benoît est nommé capitaine dans le régiment de Pondichéry, grâce à l'intervention de la marquise de Polignac, en 1786. Cependant il n'y va pas et devient ingénieur géographe à Lorient[2].

Suffren le nomme commandant de la troupe du Sénégal et Inspecteur des affaires de la Compagnie (16 février 1787). Benoît de Rambaud doit aussi gouverner un royaume au cœur de l'Afrique. Sur son dossier militaire, il a le titre de Commandant particulier au Sénégal (= Gouverneur). Il doit conclure un traité d'alliance et de commerce avec le tunka de Galam[3].

Le chevalier de Boufflers nous dit que la compagnie du Sénégal ne respecte pas ses engagements vis-à-vis de Benoît. Il est subordonné à un certain Aubert, personnage corrompu[4]. Il ne peut rejoindre le fort Saint-Joseph, à Galam. Benoît dès son arrivée à Bakel contracte les fièvres, comme ses hommes.

Il est l'auteur de Supplément au mémoire sur Trinquemalay, 12 pages, une carte et 2 plans ([1 M 1671])[5].

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Frégate s'échouant à côté de Marseille.

SA JEUNESSE ET SA FAMILLE Modifier

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Marseille (1750-fin 1763) Modifier

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L'ancienne place Villeneuve à Marseille.

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Le port de Marseille: l'entrée du port, en 1754, par Vernet.

Benoît Rambaud est élevé rue Près le Petit Mazeau, à Marseille, derrière l’hôtel de ville. Son père, Jean II Rambaud (1703-1762), bien que né à Saint-Chamas, et ayant vécu jusqu’en 1737 à Martigues, devient un membre de la bourgeoisie de Marseille, ce qui nécessite une maison d’une valeur d’au moins 10.000 livres et des amis bien placés[6]. Être bourgeois de Marseille donne des privilèges au niveau de l’impôt et des charges.

D'ailleurs, le frère aîné de Benoît, Jean Michel Rambaud (1738-1792), est nommé officier dès qu'il rejoint le régiment des milices de Marseille. Son beau-frère, Georges Pléville Le Pelley, un Normand, né d’un père non maintenu dans sa noblesse, devient gouverneur du port de Marseille. Il bénéficie des relations sur le port de Jean II Rambaud (1703-1762).

Benoît, lui-même, sans être avant cela aide-commissaire de la Marine et aide-ingénieur[7], est Aide de port, à l'âge de 14 ans[8]. Son père, capitaine corsaire, périt au combat à la fin de la Guerre de sept ans (1762). Jean II Rambaud est aussi un armateur et un important négociant. A Martigues, il est cité pour les activités entre le port de Carthagène et la France, le 18 juin 1738[9].

Sa mère, Marie Magdeleine Lieutaud (1711 - 1787), est la fille d’un patron de barque martégal. D’habitude les Rambaud, se marient avec des femmes venant de familles bourgeoises ayant parfois des liens avec la noblesse.

Benoît hérite en 1762 et en 1787 de ses parents. Comme sa veuve, Agathe Rosalie Mottet, a 10.000 francs de rentes, qui lui viennent de ses beaux-parents, on peut estimer cet héritage à 200.000 francs. Comme Benoît a plusieurs frères et sœurs ce n'est là qu'une partie de Jean II Rambaud (1703-1762).

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Le Petit Mazeau (O), l'église des Accoules (E), Palais de la Cour du Lieutanat (B), Maison Commune de la Ville (A).

Sa famille provençale Modifier

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Extrait de La Declaration des Abus, d'Honorat Rambaud.

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Rians (Provence).

Le fils des Rambaud n'est pas maintenu en sa noblesse, même s'il ne déroge pas, tout comme ses descendants, marins ou négociants avec l'outre-mer. Toutefois, Honorat Rambaud (1516-après 1585) est l’un des deux seuls écrivains marseillais de son siècle. De nos jours, il est reconnu par les universitaires du monde entier. De son temps, il reçoit un privilège donné le 18 mai 1577 par le roi Henri III. Ce dernier proclame entre autres : Notre cher et bien aimé Honoré Rambaud ayant, pour la commodité de chacun qui voudra apprendre de luy et pour la sienne aussi, composé un alphabet de quelques characteres qui pourront servir grandement à soulager les personnes, mesmes les petits enfans, de lire et escrire. L'invention duquel Alphabet il luy a esté permis de faire imprimer et mettre en lumiere tant à Tholouze qu'à Lyon…. Sa femme, Catherine Fabre (1530-après 1585), est la fille et sœur de capitaine de barques. Mais ses ancêtres sont laboureurs, ménagers, avocat et même notaires, souvent connus depuis le XIIIe siècle. Du fait des liens de son fils Pierre Rambaud avec les ligueurs on peut en détruire qu'il est partisan de la Ligue catholique. Honorat Rambaud et Catherine Fabre (1530-après 1585), mariés vers 1550, certainement à Marseille, sont les parents de :

  • Madeleine Rambaud mariée par Anglez, notaire à Aix-en-Provence, le 27 octobre 1572 (et pas 1769), à Antoine de Rians. Ils ont un fils Joseph de Rians, advocat en la Cour fils de Anthoine et de Rambaude, marié à Sibile d'Etienne, des Seigneurs de Villémus & de Monsuron (acte reçu par le même Notaire). Le blason des Rians : D'azur, à la tour ouverte de gueules, surmontée d'une étoile d'or, accostée de deux autres du même, au croissant montant d’argent en pointe. Les descendants Antoine de Rianss ont un champ de gueules dans leurs armes[10]. D'après les généalogies écrites Antoine de Rians est le fils de Jean de Rians, Secrétaire du roi en Chancellerie prés la Cour du Parlement de Provence, Conseiller du Roi et général de Ses monnaies en Provence. Mais comme la date de mariage ne correspond pas à celle de l'acte notarié, et qu'Antoine n'a pas de charge, il est possible que ce Jean de Rians soit son oncle. Nous avons Guillaume de Rians marié à Delphine Mazargues, probablement une des premières filles de Louis. Louis de Mazargues, marchand d'Aix s'adonne entre autres au trafic de la laine. Il a épousé la fille d'un autre marchand, Antoine de Saint-Jacques[11], famille que nous retrouvons alliée aux Rians à Marseille au XVIIIModèle:Exp siècle. On ne connaît pas le lien entre Gabrielle de Rians et Guillaume de Rians, mais l'on constate que, dans les deux cas, les de Rians sont un maillon essentiel entre les Estienne et les Mazargues[12],

Pierre Rambaud et la famille de Lucresse Reynier-Manoly Modifier

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Barque coralline.

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Les Deidier font du négoce à partir de Tabarka, avant 1550.

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Corail (Maghreb).

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Collier en perle de corail.

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Monet Deidier rachète les esclaves et exploite le corail.

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La Calle chef-lieu des établissements de la Magnifique Compagnie du Corail.

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Marseille en 1578.

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Casaulx, chef des ligueurs marseillais et dirigeant de la quatrième compagnie du corail.

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Entrée du duc de Guise à Marseille, 16 février 1596.

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Marsilia. Marseille au commencement du XVIIe siècle.

Le fils d'Honorat Rambaud, Pierre Rambaud, est lui-aussi marchand, selon la Reconstitution des familles marseillaises du XIVModèle:Exp au XVIe siècle, à partir des actes notariés, de François Barby.

Pierre Rambaud se marie le 30 novembre 1585 à Marseille avec Lucresse Reynier-Manoly (1555-1625). Elle est la fille d'un patron de la Sainte-Marthe, Pierre Manoly Reynier. C'est un homme aux origines modestes, mais qui doit être relativement riche car il teste six fois de 1556 à 1588. D'ailleurs cette famille connaît une rapide ascension sociale, puisque plusieurs membres de la famille Reynier-Manoly figurent dans l’Armorial de Marseille, au XVIIIe siècle.

Sa belle-mère, Jeanne Deidier, est la fille de Monet Deidier, Troisième Consul de Marseille, en 1551[13]. C'est certainement en partie du fait de ce Monet Deidier que mon ancêtre Pierre Rambaud devient un des principaux sociétaires à la création de la quatrième Compagnie du Corail de Tunisie. Comme Marseille fait le commerce avec le Levant et qu'elle bénéficie de privilège datant du bon René, se sont ses négociants qui vont organiser ce trafic de luxe[14].

Deidier fonde une Compagnie pour aller pêcher le corail en mer de Bône. Leur association regroupe tous les anciens associés de Thomas Lenche mécontents de lui (J. Vernet, Octavien Souso, Antoine Armand, Monet Deidier et d'autres) déclare, lors de l'embauchage des mariniers, se référer à certaines autorisations du dey d'Alger, confirmées par lettres patentes de sa majesté. Ces lettres antérieures de quelques mois (1550) à celles obtenues par Lenche et Cie ne nous sont pas connues[15].

Le 20 octobre 1543, la Compagnie de Monet Deidier charge pour Alger 54.600 kilos de sel menu, à Marseille quelque 65.000 kilos de sel[16]. Un des registres conservés aux archives de l'Isère fait état du poste réglementaire tenu par un Marseillais, Deidier. Il rachète les esclaves en Tunisie aux barbaresques et accommode les affaires de la magnifique compagnie du corail. Ce qui montre que Deidier travaille désormais pour Lenche et Cie. Un dessin, dans La fascination du corail, Charles Paolini, évoque mon ancêtre. Il avertit la compagnie des faiblesses du gouverneur-pirate[17].

Monet Deidier est, selon la Reconstitution des familles marseillaises du XIVModèle:Exp au XVIe siècle, à partir des actes notariés, de François Barby, le fils d'Urbanne Napollon, dont l'oncle est Antoine Napollon (1456-1512), maître-calfat royal, grand-père d'Hugona Napollon (1500-1556), femme de Thomas Lenche. Le successeur moral de Thomas Lenche, Sanson Napollon (1583-1633) est l'arrière-petit-fils d'Antoine Napollon. Cette famille Mapollon est d'origines napolitaines[18], même si la mère de Sanson est une Cipriani et si son père vivait en Corse à sa naissance.

Monet Deidier est marié à Jeanne Sauzède, fille de Michel Sauzède (1460-1529) qui figure sur un liste de citoyens qui se se sont distingués pendant le siège de Marseille par Charles de Bourbon, en 1524[19]. Un héros cités parmi les rares principaux bourgeois et marchands de Marseille[20].

Lucresse Reynier-Manoly (1555-1625) est la nièce de Carlin Didier. Nous savons que deux négociants Marseillais, Thomas Lenche et Carlin D[e]idier, sont les premiers qui s'associent dans le XVIModèle:Exp siècle, pour la pèche du corail dans le golfe de Stora ou Asturga, sur les cotes de Barbarie, à l'extrémité du Royaume à Alger, et sur les frontières de celui de Tunis. Ayant obtenu du Sultan Sélim et de Suléyman II (1520— 1566) la permission de s'y établir, et ayant traité avec les CheiKh (= Princes maures) du pays, ils acquièrent, moyennant certaines redevances (appelées lismes), une étendue de cotes que l'on désigne encore aujourd'hui sous le nom de Concessions d'Afrique.

Ils obtiennent, en 1550, de la Régence d'Alger, l'autorisation de pêcher le corail sur toute la côte orientale de la Barbarie moyennant une très forte redevance annuelle. Vers 1553, ils fondent, à 10 de Km à l'ouest de la Calle, au lieu-dit la Vieille Calle, la magnifique compagnie du corail, et le Bastion de France.

Premier établissement français en Algérie, la concession devinet très vite un foyer très actif où des milliers de pêcheurs méditerranéens, pour la plupart d'origine italienne, s'installent au Bastion[21]. Monet Deidier et son fils travaillent donc pour 'la magnifique compagnie du corail. Carlin Deidier (= Corbin Didier) et Thomas Lenche, fondent le premier Bastion de France, dans une crique protégée, près du lac Melah. Plus à l'est, ils occupent le port abandonné de Marsa — Marsa el Kharas — c'est-à-dire le port aux Breloques, qu'ils appellent La Calle. Le contrat signé avec Barberousse leur octroie l'établissement sur la côte entre le Cap Roux et l'Oued Sabah pour le commerce du corail, du blé, des laines, du cuir et des cires...[22].

Carlin Deidier (= Corbin Didier), oncle de Lucresse Reynier-Manoly (1555-1625) est deuxième Consul de Marseille et il a fait partie, avant de créer la magnifique compagnie du corail, de la Nostra Compagnia. Les Riquetti de Mirabeau vont devenir actionnaires de la magnifique compagnie du corail : 45 bateaux corailleurs (avec sept hommes d'équipages) et un capital de 16.200 écus d'or. Le revenu des actionnaires est de 45.000 écus par an.

En 1561, Thomas Lenche et Carlin Deidier (= Corbin Didier), créent, sur les côtes de la province de Bône, l'établissement du Bastion de France, avec l'autorisation du Grand Seigneur et le consentement des tribus arabes des environs, et moyennant certaines redevances[23]

Lucresse Reynier-Manoly (1555-1625), femme de Pierre Rambaud, est, selon la Reconstitution des familles marseillaises du XIVe au XVIe siècle, à partir des actes notariés, de François Barby, du fait de son oncle Carlin Deidier, la cousine germaine de Cosme Deidier. Ce docteur en droit civil de l'Université d'Avignon en 1585 est avocat. Il est Consul de Marseille en 1591, puis député aux États généraux de 1593, dits États de la Ligue. Comme il est envoyé à Paris par Charles de Casaulx (1547-1596), chef de la Ligue à Marseille, nous avons là une preuve de plus de l'appartenance à la Ligue catholique de mes ancêtres marseillais. Cosme revient à Marseille avant d'être allé à Paris[24].

D'ailleurs les héritiers de Carlin Deidier, entre 1591 et 1593, sont évincés du fait de leur participation à la Ligue[25]. Une nouvelle compagnie est crée en 1608. Les actionnaires ne s'attendent sans doute pas à la saisie pratiquée à l'arrivée de leur navire à Marseille, à la requête de Cosme Deidier, un des participants exclus de la compagnie en 1591 et resté en procès avec elle[26].

Magdelaine Deidier, mariée à Jean de Signier, le 22 octobre 1564, à Marseille, est la cousine Germaine de Lucresse Reynier-Manoly (1555-1625)

Revenons à Pierre Rambaud. Nous avons un arrêt du Conseil privé, règnes de Henri III et Henri IV concernant Honoré Venture, Pierre Rambaud, Victor de Lestrade et Simon Bedarides, marchands de Marseille, agissant en leurs noms et en celui de Pierre Vieu, sieur de Noyers et d'autres associés...[27].

En juillet 1591, il est un des principaux sociétaires à la création de la quatrième Compagnie du Corail de Tunisie, fondée et dirigée par Louis d'Aix et Charles de Casaulx (1547-1596), les deux chefs de la Ligue catholique à Marseille[28]. Casaulx est premier consul de 1591 à son assassinat en 1596.

La mort d'Henri III et le triomphe de la Ligue à Marseille permettent à des rivaux de Lenche de créer cette compagnie, formée en 1591. Ce n'est que deux ans après sa formation qu'elle est officiellement reconnue par lettres patentes du duc de Mayenne en date du 23 janvier 1593. L'association est formée en 1591 comprend 32 quaratz. Cette société ne vit à son tour que trois ans[29].

Les lettres patentes de 1593 nomment à côté de Louis d'Aix et Charles de Casaulx (1547-1596) la nouvelle liste d'associés. Les parts semblent êtrerecherchées, car plusieurs adhérents cèdent aussitôt une partie de leurs carats, ou même n'ont souscrit que comme mandataires d'autres personnes. Pierre Rambaud a toujours un carat[30].

10 mai 1594. Enregistrement d'un acte passé par Pierre Blanc, notaire à Marseille, et par lequel Loys d'Aix, Charles de Casaulx (1547-1596), François de Cazaulx, Nicolon David, Nicolas Durnel, Gallias Parasol, Guilheaume Bederide, Claude Beaumier, Symond Beddaride, Honnorat Venture, Honnorat Garnier, Pierre Vieu, Marguerilte Fanarde, André Rondellet, Guilhem Rondellet, Benoist Ferrenc, Pierre Seigneuret, Victor Delesirade, Pierre Rambaud, George Verne, Cari et Lazarin Bergier, déclarent dissoute la Compagnie du Corail créée par eux le 23 juillet 1591[31].

Le 9 juillet 1594, les sociétaires de la quatrième Compagnie du Corail de Tunisie envoient Pierre Barbier à Tunis, pour se plaindre de leurs administrateurs sur place[32].

Pierre Vieu, Pierre Signoret, Honoré Venture, Victor Delestrade, Pierre Rambaud écrivent le 13 novembre 1597 à Antoine Lovico, consul de France à Tunis, au sujet de la pêche du corail[33].


Lucresse et Pierre Rambaud (1555-1627), fils d’Honorat Rambaud sont les parents de :

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Blason des Tournon.

* Jeanne Rambaud, qui épouse, par contrat du 16 février 1629, à Aix-en-Provence, Jean-Christophe de Tournon, d'une famille aixoise graduellement anoblie au XVIe siècle, par l’exercice d’emplois militaires, et maintenue noble en 1668. D'où :
    • Jean Jacques de Tournon, baptisé le 24 juin 1629 à la Madeleine (parrain Jacques Tournon procureur en la cour, marraine Denise Latil).
    • Marguerite de Tournon, baptisée le 9 juin 1641 à la Madeleine d’Aix (parrain Pierre Gaillard, Trésorier général des Etats de Provence, marraine Marguerite de Forbin).
    • Leur fille, Diane de Tournon, épouse le 13 février 1662 à Saint-Sauveur d’Aix, Antoine de Chateauneuf, des Mées, fils de Spérit et de feue Françoise de Magnan[34].


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Plainte des Rambaud italiens.

* Pierre II Rambaud est né le 14 Décembre 1593 à Marseille, paroisse des Accoules.
    • Pierre III Rambaud (ca 1625-après 1686). Il est arrivé ici, en 1689, écrit le Consul de Seignelay, un événement qui trouble le commerce des sujets de SM et qui demande un prompt remède. Il y a environ six semaines que le patron Pierre Rambaud, de Marseille, nolisa sa barque, Notre-Dame de Lorette à des marchands de Tunis pour faire le voyage de Djerba, prise par un majorquin...[35].
      • Francisco James Rambaud, de San Remo, esclave de Mamet Zaroul, est racheté, le 15 novembre 1688, par Moïse Mendes Ossuna pour 227 pezzes (soit 23.000 sous ou 1.200 livres) et 26 aspri (petite monnaie turque). Ce Moïse est rescatore (= racheteur d'esclaves) officiel du Gouverneur de Tabarka, Alexandro Pastorini[36].
        • Pierre IV Rambaud (ca 16-après 1741). Nous avons la vente, par le patron Pierre Rambaud, de sa tartane la Vierge de Grâce, au Levant, en 1716 (Inventaire des Archives de la marine: B3 234-379, Volume 6 de Inventaire des Archives de la marine: Série B. Service général, Inventaire des Archives de la marine, Didier Neuville, Henri Buche, Jean Mallon, Etienne Taillemite, Archives nationales (France) L. Baudoin, 1904. Et un ordre au capitaine Pierre Rambaud, de San Remo, établi à Marseille de commander aucun navire. Versailles 28 septembre 1734.

On peut penser que les Rambaud italiens qui font un procès à Georges Pléville Le Pelley sont de ma famille.

Melchior Rambaud et les Lavison Modifier

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Blason des Lavison.

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Richard Coeur de Lion.

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Château des Lavison.

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Château de Lavison.

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Pont romain de Saint-Chamas.

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Eglise de Saint-Chamas.

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Embarquement sur un quai du port de Saint-Chamas.

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Saint-Chamas, joutes sur l'étang de Berre.

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Tartane allant du canal de Berre à la Méditerranée.

Melchior Rambaud (1590-1651), comme son grand-père Honorat Rambaud, porte un prénom typiquement provençal. Tout porte à croire qu'il est né à Marseille, paroisse des Accoules. Il part s'installer à Saint-Chamas.

Nous ne savons rien de lui, si ce n'est son mariage avec Alexandre de Laveison (1613-1654), d'une famille originaire de l'Angleterre, venue, paraît-il, s'établir en France à la suite du prince Noir (1330-1376). Ils se fixent d'abord en Guyenne, où se trouve encore, près de Saint-Macaire, le château de Lavison. Certains de ses membres viennent s'installer en Provence, d'autres partent à Paris et à La Martinique[37]. Le nom des Lavison apparaît, en 1504, dans un registre des reconnaissances des terres louées à l'archevêque d'Arles, dont Saint-Chamas est l'un des fiefs. La seigneurie du village est partagée entre l'archevêque d'Arles et les Lavison, que l'on dit nobles d'origines écossaisse (Lawson)Vexillologie Provençale .

Toutefois si les Lavison sont d'origines nobles britanniques... cela doit être lointain ! En effet, nous avons un Etienne de Lavison, en 1189, à La Réole, pas très loin du château de Lavison. Douze jeunes gens de Réole extorquent, par la violence, de l'argent à mon ancêtre, bourgeois de cette ville, Etienne de Lavison. Le prieur ne peut faire rendre justice à ce dernier parce que les jeunes gens ont trouvé asile dans un maison appartenant au Prieuré. En 1189, Richard-Cœur-de-Lion vient à La Réole, où il se rend sur la plainte d'un de ses amis, Etienne de Lavison, qui a eu des difficultés avec les jurats de La Réole et le prieur du couvent[38]. 1189, c'est juste avant de partir à la Croisade. Il n'est encore que comte de Poitiers, donc c'est avant le 3 septembre 1189, date de son couronnement. Ces faits sont évoqués dans une enquête de 1232 des circonstances ayant conduit à partir d'un appel d'Etienne de Lavison contre la justice du prieur de La Réole à l'installation par Richard, comte de Poitiers, d'un tribunal.

Une enquête faite à Langon, en 1232, sur ordre d'Henri III explique cette dernière spoliation par la passivité du prieur de La Réole, face aux menées d'une bande de jeunes (juvenes). Comme le Prieur ne veut pas mettre la main sur les auteurs du délit mon ancêtre porte plainte à Richard[39]. Dès la seconde moitié du XIIModèle:Exp siècle, l'intervention du roi dans des affaires de justice concernant des bourgeois devient possible. L'affaire d'Etienne de Lavisont affaiblit les droits du Prieur, mais Richard Cœur de Lion installe un tribunal. Les bourgeois sont désormais jugés chez eux[40].

En 1274, on relève, un de ses descendants, seigneur de Lavison, en Bazadais, qui est un riche alleutier. Il fait bâtir une tour et des fortifications à Loubens, qui sont à l'origine du château de Lavison. Bertrand de Ladils les reprend en fief du roi d'Angleterre Bibliothèque de la Société française d'archéologie, Numéro 3, 1972. Le 25 avril 1274, Bertrand Ladils, bourgeois de Bazas, cède le château à son suzerain, Edouard Ier, duc de Guyenne et roi d'Angleterre. Le fils aîné d'Edouard III, Edouard de Woodstock (dit le Prince Noir), s'en sert comme rendez-vous de chasse. Après avoir obtenu en toute souveraineté sur le duché de Guienne ce Prince Noir fait prêter serment de fidélité à tous les seigneurs et aux villes de ce pays. Huit délégués de Sauveterre, messires Raymond de Pellegrue, Pierre de Gabaret, Bernard de Lavison, Arnaud Caussaroge, Hélies Carbonel, Pierre Caussaroge, Hélies de Puch et Gaillard Arros, chevaliers, se rendent à Bordeaux, et, le 25 juillet 1363, lui rendent hommage dans la cathédrale de cette ville.

Edouard III (1312 - 1372) offre à l'un de ses chevaliers, Bernard de Lavison, le château de Lavison en remerciement de services rendus. Il s'agit d'un édifice militaire qui sert durant les Guerres de Cent ans.

Alexandre de Lavison (1615-1653) est la descendante de propriétaires terriens de Saint-Chamas, qui s’allient avec des familles nobles. Plusieurs membres de sa famille sont Consuls, puis maires de Saint-Chamas. Le 6 avril 1651, son cousin, Joseph de Laveison, Premier consul de Saint-Chamas, présente une requête à l'archevêque d'Arles pour la création dans sa ville d'une confrérie de pénitents, dont il est sous-recteur. Cette confrérie est nommée également Bourras - du nom de l'étoffe de bure grise constituant l'habit dont se revêtait les pénitents. Parmi les membres qui l'avaient fondé nous pouvons citer Gaspard de Laveison - Jean Leydet prêtre, Vincent Abeille, Etienne Leydet, Antoine Paul. Nous retrouvons différentes alliances avec ces familles dans notre généalogie. Joseph de Laveison (1592-1652) est inhumé dans Notre-Dame de Consolation, à l'âge de 60 ans. De son épouse, Catherine de Garnier, il laisse quatre enfants, dont Madeleine, femme de noble  Henri de Becaris, en 1672. Cet écuyer d’Aix, résidant à Saint-Chamas, est maintenu noble par jugement de la commission du 6 janvier 1669.

Les Lavison sont faits comtes en Autriche après la Révolution et deux Lavison, émigrés à Trieste, ont l’honneur de porter les cercueils de deux des tantes de Louis XVI. 

Melchior Rambaud (1590-1651) et Alexandre de Laveison (1613-1654) se marient vers 1630. Ils sont les parents d'au moins huit enfants, dont :

  • Magdalene Rambaud mariée à Claude Gabriel de Molieres, viguier du port de Saint-Chamas
  • Joan Françoy Rambaud (1644-après 1717), bourgeois de Marseille.
  • Sieur Joan Rambaud (1634 - 1679). Le vingt neuf jour d'Octobre de Sieur Joan Rambaud de feu Melchion et d'Alexandra Laveyson Jadis mariez ... d'une part et Jeanne Maillote de Sieur Bernard et de Janote Miriam Guard vivoient mariez du lieu de Goült diocèse Cavaillon, présence Antoine Acouyer, Antoine Lautier, Honoré Julien et Guillaume Athenoux. Jeanne Maillet (1635-1697) est la fille de Jehannote de Rians (1608-1653), peut-être descendante d'enfants de Rostan II, dont La Chesnaye des Bois ignore la destinée. La parenté avec un Rians semble confirmer cette hypothèse. Nous trouvons une grand-oncle César Molinas, marié à Marie de Ferres, fille d'un écuyer. Nous avons une émancipation par Guillaume Molinas, de Goult, de messire Jacques, Guillaume et Jeannet, ses enfants et donation à chacun d'eux de pareille somme de 3.600 livres tournois et de divers biens immeubles : bastides, terres, hermas, prés, vignes au terroir dudit Goult, lieux dits : La Font-du-Castory le Bougiéron Aigue-Soutel, Saint- Pan lally, etc., 26 novembre 1649 (fol. 1039). Joan Rambaud et Jeanne Maillote sont les parents de huit enfants, dont Jacques Rambaud, qui s'établit à Martigues et est patron de barques.

Jacques Rambaud Modifier

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Gravure de Martigues au XVIIIe siècle.

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Martigues, la "cathédrale".

Jacques Rambaud (1657-après 1730)' est un capitaine de la marine, d'une barque, à Martigues. Les barques sont des navires de 1.000 à 1.200 quintaux. En 1633, Henri de Séguiran, premier président de la Cour des Comptes, effectue, sur l'ordre de Richelieu, une inspection minutieuse des côtes françaises d'où il ressort qu'à cette époque-là, Martigues et Bouc disposaient d'une douzaine de barques - de 1.000 à 1.200 quintaux - et d'une vingtaine de tartanes employées au trafic du blé..

Jacques a épousé Catherine Chap(p)us le mardi 28 octobre 1698. Catherine Chapus (1676-1721) est d’une famille de patrons de barques connus à Saint-Chamas, depuis Gauffreid marié, le 28 février 1498, avec Alphante Muratoris. Le mardi 28 octobre 1698 ont été épousés en face de l'église par la parole de presant Jacques rambaud marinier majeur a feu Jean Rambaud et de feu Jeanne maillette et Catherine chapus fille a feu Isnard Chapus patron de barque et de Jeanne Gautiere tous deux de cette paroisse après deux publications dans la messe... en présence de plusieurs témoins soussignés. E Moutet, A. Cavaillon, C. Negre, Fache Pr, Romanica.

Jacques Rambaud est présent au mariage de sa sœur Catherine avec un Allemand ou Alamand, fils d'une Cavaillon (d'une famille de ménagers) en février 1700. Il est taillable en 1707, comme son frère André (f° 233v et f° 243v).

Le 1er décembre 1725 à Martigues (paroisse de Ferrières), Jacques Rambaud, cinquante ans, veuf de Catherine Chapus, patron de barque, habitant de Saint Chamas, épouse en secondes noces Catherine Arnaud (fille de feu Pierre et de Catherine Moyne), veuve de Benoît Lieutaud et mère de Marie Magdeleine Lieutaud.

En 1730, les liens entre les deux familles seront renforcés par le mariage de Marie Magdeleine Lieutaud avec Jean II Rambaud, fils de Jacques. parâtre et marâtre deviennent alors beau-père et belle-mère de l’enfant de son conjoint respectif.

Jean II Rambaud fait fortune à Marseille, car Martigues vers 1730 est en plein déclin.

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Martigues n'est plus le deuxième port de la Méditerranée.

Jean II Rambaud Modifier

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L'hôtel de ville de Marseille en 1750.

Jean II Rambaud (1703-1762), patron, armateur, négociant avec l'outre-mer, capitaine corsaire... marié en 1730 à Magdeleine Lieutaud (1711-1787), mort pour la France, est le père de :

AIDE INGÉNIEUR, PUIS OFFICIER Modifier

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La Martinique (fin 1763-1769) Modifier

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Extrait du dossier de Benoît de Rambaud au CAOM.

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Carte de la partie septentrionale de la Martinique, par Jacques-Nicolas Bellin, assisté de Benoît de Rambaud, futur ingénieur-géographe de la Marine.

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Carte de la partie méridionale de la Martinique, par Jacques-Nicolas Bellin, assisté de Benoît de Rambaud, futur ingénieur-géographe de la Marine.

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Plan du Cul de Sac Royal de la Martinique, par Jacques-Nicolas Bellin, assisté de Benoît de Rambaud, futur ingénieur-géographe de la Marine.

Benoît Rambaud fait de courtes, mais brillantes études qui vont lui permettre de devenir ingénieur-géographe, et officier d’artillerie. En septembre 1763, à l'âge de 13 ans, son beau-frère, Georges Pléville Le Pelley, l’emmène à ses frais à Fort Royal. Ils rejoignent là-bas, Jean Michel Rambaud (1738-1792), frère de Benoît, sous-lieutenant, blessé au siège de Fort Royal, en 1763.

Pléville prend Benoît comme aide de port et le fait travailler et étudier avec le sieur Bellin, ingénieur-géographe de la marine. Benoît devient aide-commissaire de la Marine et aide-ingénieur[41], à l'âge de 14 ans[42].

Benoît Rambaud ne peut être employé dans le génie du fait de son très jeune âge et quelques intérêts de famille. Benoît établit des plans et des cartes des Antilles sur la frégate La Folle. Il travaille avec ce Jacques-Nicolas Bellin, ingénieur-géographe de la Marine, réalisant des plans pour reconstruire et aménager les ports des Antilles française. Il écrit dans son dossier militaire qu'il étudie là-bas de 1764 à 1769, puis il revient en France, avant d'aller combattre en Corse dans des milices pro-françaises.

Pendant ce temps, son beau-frère, Georges Pléville Le Pelley se montre digne de la considération du gouverneur et des éloges que les meilleurs officiers du Grand Corps commencent à faire de lui. Aussitôt arrivé à la Martinique, il se rend compte des besoins de la marine. Il y a de quoi, en vérité, exercer son activité et ses talents d'administrateur ; car tout semble à faire. L’état des bassins, des magasins et des fournitures est catastrophique. Et puis il n’existe aucun plan des Antilles françaises ou presque.

Georges Pléville Le Pelley retire les onze navires marchands coulés dans les ports, construit des quais, crée des unités de police, organise une poste, lève des plans... Il finance les travaux parfois à ses frais, mais s’épuise et tombe malade[43].


Chargé, en même temps, de se procurer le croquis du fort Saint-Christophe, Georges Pléville Le Pelley risque de se faire pendre, comme espion, par les anglais, il réussit, en se rendant la nuit dans cette île, à en dresser un plan détaillé qui servira plus tard aux troupes de Bouillé. Par malheur, un matin ayant manqué son embarquement, il doit passer toute la journée caché dans un plan de canne à sucre, sous un soleil torride. Georges Pléville Le Pelley est frappé d'une congestion, et manque de mourir.

En 1779, Georges de Pléville écrit un long rapport, peu favorable aux blancs créoles et aux gens de couleur libres de La Martinique : Réflexions sur les Isles du Vent, surtout La Martinique. Il dit que les libres connaissent par cœur l'Abbé Raynal[44]. Ecrit à la demande du Premier Commis de la Marine ce Mémoire pour fournir des nègres aux colonies... un tiers meilleur marché fait que ce dernier obtient la disgrâce de Georges Pléville Le Pelley. Par la suite, avec la Compagnie de Nouvelle Guyenne, le Premier Commis de la Marine applique ses plans et ils s’enrichissent.

En 1765, l'administration doit l'envoyer en congé en France pour lui permettre de se rétablir. La mer le rétablit. Aussitôt son congé expiré, Pléville, dont le marquis de Fénelon a signalé les talents, est chargé par intérim de la direction de la marine à Marseille et nommé le 1er janvier 1766, au grade de capitaine de brûlot[45].

Benoît écrit, dans son dossier militaire, qu'il étudie là-bas de 1764 à 1769, puis revient en France, en 1770, avant d'aller combattre en Corse, en 1772 dans des milices pro-françaises. À Marseille, il revoit sa sœur, femme de Georges Pléville Le Pelley, qui a deux filles et un fils âgé de seize ans.

La Corse (1770-1778) Modifier

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Régiment provincial de l'Île de Corse (1769-1778).

Le comte de Marbeuf, nommé gouverneur de la Corse, se consacre à la mise au pas de la population, dont une partie est toutefois acquise depuis longtemps à la cause française.

Selon son dossier militaire, Benoît Rambaud est employé, dès 1770, par une commission particulière de Monsieur le Duc de Choiseul en qualité d'ingénieur-géographe à la carte topographique cette île jusqu'en 1778. L'état d'ingénieur apporte des émoluments supplémentaires au grade de 2.000 livres. Benoît Rambaud, avec d'autres géographes, parcourt la Corse pour faire des cartes et réaliser les plans de constructions à édifier.

Benoît combat aussi dès 1770 dans les milices pro-françaises. Matteo Buttafoco (1731-1806) vient de créer le régiment provincial, qui devient, en 1772, le Corps franc de l'île de Corse. Ils portent le costume national, dont le fameux bonnet phrygien noir.

Comme le montre Jean-Claude Di Pasquale, dans Les fils de la liberté, les fils de Pasquale Paoli, le comte de Buttafoco est en liaison avec le duc de Choiseul. Il lui demande d'envoyer de l'argent français en Corse.

Benoît Rambaud y combat trois ans. Il voit beaucoup de grandes familles insulaires venir renforcer le parti français. Il s'agit pour elles de conserver leur titre de noblesse, car la Corse va devenir française.

Pour Benoît, c'est un moyen pour devenir véritablement un officier de l'armée française. En mai 1772, son supérieur lui reproche une certaine fougue due à sa jeunesse. Mais celui-ci ajoute qu'il a aussi de grandes qualités, très prometteuses pour son avenir.

Benoît reste dans cette île jusqu’au 31 mai 1778. Pendant les trente-six années de sa courte existence, il vit en tout huit années en Corse. Depuis le 6 février 1778, la France est en guerre avec les Anglais.

SIX ANNÉES DE GUERRE (1778-1784) Modifier

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La légion de Lauzun Modifier

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Armand Louis de Gontaut (1747-1793).

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Uniforme de la Troisième légion des Volontaires étrangers de la Marine.

Le 1er novembre 1778, Benoît Rambaud est fait lieutenant d'artillerie de la Troisième légion des volontaires étrangers de la Marine[46]. Il est en garnison d'abord à Morlaix. Chaque Légion de Lauzun est composée de 8 compagnies : une de grenadiers, une de Chasseurs, deux de fusiliers, une d’artillerie, deux de hussards et une du génie. La Troisième légion des volontaires étrangers de la marine est commandée par le colonel, M. d'Agoult, le porte drapeau est M. Chanterenne, les Capitaines, de la Martellière, La Renaudie... les Lieutenants, Rambaud, Thénin... les Sous lieutenants, de Montfort, de Quincy ...[47].

Ce corps est destiné à l'Ile de France, et s'embarque sur l'escadre du chevalier de Ternay[48].

Benoît Rambaud devient, du fait de ses connaissances en mathématiques et géométie, lieutenant d’artillerie dans la Troisième légion des volontaires étrangers de la Marine. Dans cette légion, seuls 36 % des officiers sont Français. Toutefois, chez les artilleurs, à la différence de la cavalerie et de l’infanterie, la moitié des hommes de troupe sont Français. L’artillerie française à cette époque est considérée comme la meilleure du monde. Rambaud fait des hommes de sa compagnie d'excellents artilleurs qui vont être remarqués par tous les chefs militaires commandant la campagne française aux Indes, nous dit son dossier militaire.

Le 4 mars 1779, la Troisième légion des volontaires étrangers de la Marine, et son colonel, de Cheneville, partent défendre les établissements français de l’océan indien et ceux des Hollandais. Ces troupes sont spécialement mises sur pied pour combattre aux côtés des marins sur leurs vaisseaux et pour débarquer sur les territoires bloqués ou bombardés, afin d'y créer un embryon d'organisation, puis repartir vers de nouveaux objectifs.

Durant le long voyage, Benoît de Rambault, lieutenant de la compagnie d’artillerie, mange à la table, aux frais du Roy, sur le Sévère, capitaine de La Pallière, parti de Lorient, le 4 mars 1779, pour l’Isle de France[49]. Il voyage sur ce vaisseau de 64 canons avec l’oncle de sa future femme, Benoît Mottet de La Fontaine, et les autres officiers de sa Légion. Le voyage dure cinq mois. Ils rejoignent l’Ile de France (= Mauritius), en juillet 1779.

L'Isle de France (1779-1781) Modifier

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Benoît Mottet de La Fontaine, futur oncle de Benoît de Rambaud et commissaire-ordonnateur des établissements français de l'Inde.

La Troisième légion des volontaires étrangers de la Marine est là pour défendre l’île contre les Anglais. Les magasins manquent de tout, car le ravitaillement venant du Cap n’arrive plus du fait la maîtrise anglaise des mers. Cette petite troupe, composée de 441 volontaires, n’est plus payée et de plus en plus indisciplinée[50]. Les duels entre officiers sont fréquents et les aventures avec les belles créoles se multiplient. Les militaires sont rationnés alors que les magasins des négociants sont bourrés d’objets de luxe ou d’utilité. L'armée est décimée par le scorbut. Le quart des effectifs y laisse la vie.

Benoît Mottet de La Fontaine, son futur oncle par alliance, doit s’acquitter d’une mission impossible : ravitailler la flotte de Suffren et les armées de Bussy.

En septembre 1780, Benoît Rambaud est employé sous les ordres du chevalier des Roys en tant qu'ingénieur-géographe de la Marine. Il passe un an à dessiner une carte de cinq lieues de côtes de l'île avec le grand port. Pour lui, lever un plan est certes un travail intéressant, mais pénible et dispendieux pour un officier[51]. Il remet cette carte au gouverneur François de Souillac; en septembre 1781. Une copie de son travail est envoyé par le vicomte de Souillac au ministre de la Marine et des Colonies, le 27 mars 1782. Le Guide des sources de l'histoire de l'Afrique : Sources de l'histoire de l'Afrique au sud du Sahara dans les archives et bibliothèques françaises (1976) cite le Plan topographique de la partie de la côte de l'Isle de France depuis la batterie de la Reyne du Grand Port jusques à l'embouchure de la Rivière du Poste, levée par Mr. Rambaud... année 1781.

Bien entendu le chevalier de La Martinière nous dit qu'il conserve l'original à Port-Louis.

La Bellone et l'Artésien (1781-1782) Modifier

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La Bellone.

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L’Artésien.

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Bataille de Négapatam (6 juillet 1782).

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Suffen.

Le 7 décembre 1780, Benoît Rambaud et sa compagnie embarquent sur la frégate de 32 canons La Bellone. C'est un joli bâtiment doublé en cuivre, l'un des meilleurs voiliers de l'escadre de Suffren.

Le 15 février 1782, l'escadre se présente devant Madras. L'armée anglaise est embossée sous le canon de la place. Suffren ne juge pas prudent de l'attaquer dans cette position.

Selon la Revue maritime et coloniale, Suffren fait alors voile vers Pondichéry, et donne l'ordre au commandant de La Bellone d'aller croiser par le travers de Paliacate. En quelques jours, la frégate prend, brûle ou rançonne quinze navires chargés de riz.

Au lever du soleil, le 1er mars, comme la frégate longe la côte de Coromandel, dans l'intention de rallier l'escadre, elle aperçoit à petite distance un bâtiment étranger. Couverte de voiles, elle est bientôt par le travers de la jolie corvette le Chasseur, de 18 canons de 6 en batterie. Le capitaine Parr résiste quelque temps à l'attaque des Français, mais il finit par céder à la supériorité de leur artillerie, commandée par Benoît Rambaud. Il participe a la prise de la frégate le chasseur sur laquelle il passa commandant un détachement et croisa. Le lieutenant d'artillerie et ingénieur commande une corvette.

Dans la même journée, les vigies signalent les mouches de l'escadre, qui louvoient au large de Porto-Novo. La Bellone, flanquée de ses superbes prises, mouille, quelques heures plus tard, à l'arrière du vaisseau-amiral le Héros. La corvette anglaise et son équipage sont entre les mains de Benoît et de ses hommes, jusqu'au débarquement du 10 mars 1782.

Benoît Rambaud embarque sur le vaisseau de 64 canons l'Artésien, le 28 juin 1782. Le 2 juillet 1782 avant de lever l'ancre, Suffren écrit à Souillac : J’ai embarqué 700 Européens et 800 cipayes, en voilà bien assez pour attaquer les Anglais, prendre Negapatnam si nous les battons, et secourir Ceylan au besoin. Je n'ai pas voulu embarquer un seul homme sans l’avis du nabab. Je laisse à terre 800 malades ; envoyez-moi du monde et de l'argent, avec cela tout ira bien, mais sans cela rien ne peut aller. La misère est telle dans ce pays que, même avec des marchandises, on trouve difficilement de l’argent.

Suffren embarque la Troisième légion des volontaires étrangers de la Marine, la poignée de volontaires de Bourbon et un détachement du régiment d’Austrasie. De l’Espinassy dirige l’artillerie. Ces troupes et cette artillerie contribuent à la victoire de Suffren sur mer, en face de Negapatam. Lors de ce combat, le 6 juillet 1782, Rambaud commande les troupes embarquées sur le vaisseau.

Nous savons par un courrier de l’amiral au ministre de la Marine, figurant dans son dossier militaire, que Benoît Rambaud est blessé pendant cette bataille. Suffren demande à Castries, le ministre de la marine des récompenses pour les officiers méritants. Mais, très lucide, il conclut en faisant observer au ministre : que j'ai demandé bien peu pour être plus sûr d'obtenir mais que dans l'Inde, par cela seul qu'on est longtemps sans jouir des grâces accordées, que l'on est éloigné de toutes relations, parents, familles [... ] il serait très juste que des récompenses fussent, plus fortes qu'en Europe. Il serait même convenable que les généraux eussent des Croix de Saint-Louis et des brevets en blanc pour récompenser le mérite, ce qui produirait un très bon effet, car l’espérance éloignée d'obtenir au bout de deux ou trois ans, ne saurait exciter l'émulation. Effectivement… après ces deux batailles, Benoît va effectivement attendre deux ans pour être fait chevalier de l'ordre de Saint-Louis.

Et pourtant Suffren écrit :

Grâce demandée par Le Bailly de Suffren, en faveur des officiers blessés dans les combats du 6 juillet 1782, et cela le 3 septembre 1782 à la commission de capitaine. Le sieur Rambaud est le 6Modèle:Exp lieutenant de son corps et il n'a le grade d'officier que depuis le mois de septembre 1778. Les lieutenants avant lui ont le grade de capitaines. Mr de Suffren observe que cet officier est rempli de zèle et de valeur militaire soutenue d'une très bonne conduite.

Trinquemalay (1782) Modifier

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Fort Frederick à Trinquemalay.

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Recommandations de Suffren et d'Agoult au ministre pour que Benoît de Rambaud soit fait capitaine.

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Plan réalisé par Benoît de Rambaud.

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Autre plan réalisé par Benoît de Rambaud.

Le 28 août 1782, Benoît Rambaud est présent au débarquement des troupes destinées à l'attaque de Trinquemalay. Ce jour-là, débarquant avec l'armée, il sauve du naufrage quatre pièces d'artillerie et quantité de munitions de guerre, en se jettant a la mer, et en forant sa troupe de suivre son Exemple. Durant le siège, il est employé comme officier d'artillerie et ingénieur.

Le siège est rondement mené. Les Français et leurs alliés hollandais et indiens repoussent une sortie anglaise, le 27 août 1782. Deux batteries pilonnent le fort Frederick, le 29. Rambaud, avec 25 hommes, sous le feu de l'ennemi, relève 150 hommes dans un bastion aux avant-postes. Il soutient une brusque sortie cinq a six fois plus fort que sa troupe et n'abandonna le poste que lorsqu'il fut incendié.

Pendant toute la durée du siège, il lui fut permis et ordonné toutes sortes de services. Il ne quitta ni jour,ni nuit, la tranchée, et le batterie, où il fut assez heureux rétablir et perfectionner l'une d'elles que le feu de la place avait endommagé.

Suffren commande les assiégeants avec son énergie habituelle. Il craint néanmoins le retour de l’escadre anglaise. Donc, le 30 août, Suffren somme déjà le gouverneur de capituler. Les pourparlers aboutissent presque immédiatement. En échange de leur reddition rapide, la garnison anglaise sort avec les honneurs de la guerre de la forteresse. Il reste un fort à prendre ou à contraindre à la capitulation, celui d’Ostembourg, qui commande l’entrée de la rade. Dès la nuit du 30, les fantassins s’emparent d’une petite redoute sur une hauteur. Le 31, le colonel d’Agoult, le chef de la Troisième légion des volontaires étrangers de la Marine fait sommation de se rendre. Il menace d'envoyer les Anglais comme prisonniers dans les geôles indiennes. L’officier anglais capitule.

Benoît Rambaud reste dans le fort. Il reçoit du chevalier des Roys et de Suffren l'ordre de faire des plans et des cartes de Trinquemalay et de travailler comme ingénieur pour le génie. Il dessine les plans des forts de Trinquemalé et d'Ostembourg dans l'île de Ceylan[52] En 1783, il fait aussi plusieurs autres plans dans l'île de Ceylan (= Sri Lanka). Et puis il répare et améliore les fortifications de la place.

Le baron Antoine Jean d'Agoult (1750-1828), le colonel de la Troisième légion des volontaires étrangers de la Marine, futur commandeur de l'ordre de Saint-Lazare, lieutenant général et grand-croix de l'ordre de Saint-Louis, pair de France par ordonnance du 23 décembre 1823, Premier écuyer de madame la Dauphine, gouverneur du château de Saint-Cloud, chevalier des Ordres du roi, écrit au sujet de son lieutenant : Monsieur de Rambaud, rempli de zèle et de talent militaire soutenu d'une très bonne conduite mérite le grade qu'il demande[53]. Suffren parle de son zèle, de sa valeur et de sa bonne volonté. Le reste de sa recommandation est illisible. Le général de brigade Duchemin, son chef, demande lui aussi, au ministre, la commission de capitaine pour son subalterne zélé et talentueux, tout comme M. de Chesmeville.

Gondelour (1783) Modifier

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Charge à la baïonnette des Anglais à Gondelour (1783).

Le 15 mars 1783, Benoît Rambaud, de Ceylan, demande à aller à la côte (sur le continent en Inde). Le général Charles Joseph Patissier de Bussy (1718-1785), marquis de Castelnau, lui a promis d'y être employé à l'état-major. Néanmoins, il continue à combattre dans sa Troisième légion des volontaires étrangers de la Marine. Il reçoit juste la commission de capitaine de ce général et de Suffren, le 1er avril 1783, ce qui, à son âge, est une promotion relativement rapide.

Benoît Rambaud sert comme chef des éclaireurs avant la bataille de Gondelour. Il repère par où attaquer la forteresse et transmet son rapport à ses généraux. Le 7 mai 1783, il est présent au combat des avant-gardes françaises et anglaises.

Son action à la tête de l'artillerie fait honneur à la brigade d'Austrasie. Lors du siège, il commande trois pièces d'artillerie de campagne qui vont décider du sort de la bataille et faire honneur à la brigade d'Austrasie.

Le 13 juin 1783, le capitaine Rambaud, ayant demeuré le seul à sa batterie, lors d'une attaque de l'infanterie anglaise à la baïonnette, après avoir vu ses hommes se replier ou être tués, est laissé pour mort. Il il est hélas blessé grièvement par deux coups de baïonnette. La première blessure très grave se situe  dans les côtes et la seconde, qui l'est moins, à la cuisse. Seul Dieu, ou plus certainement, le courage des Français lui évite d'être prisonnier et de mourir sans soin de ses blessures.

VERSAILLES (1784-1787) Modifier

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Son retour des Indes avec Suffren Modifier

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Certificat de santé de Benoît de Rambaud.

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Le Héros, vaisseau-amiral de Suffren.

À la bataille de Gondelour, les dispositions faites par le comte Charles-Georges d'Hoffelize (1728-1795), qui commande en second toute l'armée, sont pour une grande part à la résistance héroïque de la brigade d'Austrasie. Celle-ci, à peine composée de 2.000 hommes, s'oppose aux forces plus que quadruples du général anglais Stuart. Cette brigade fait perdre aux Anglais plus de 2.600 hommes de leurs meilleures troupes.

Quand Benoît Rambaud demande une croix de chevalier de Saint-Louis, de l'hôpital de l'Isle de France, le 15 novembre 1783, il y joint un Certificat de santé. Un autre va lui permettre de rentrer en France. Deux chirurgiens majors préconisent un climat plus tempéré et du thermalisme. Ils rappellent que le coup de baïonnette est rentré entre la quatrième et la cinquième cote, à gauche. Une hémorragie au bout de 20 jours a mis un temps sa vie en danger. Le 22 mars 1784 il est encore extrêmement faible et pas du tout guéri, mais est revenu en France à bord du Héros.

D'Hoffelize revient lui-aussi en France, en 1784, avec le Bailli de Suffren, et Benoît. Parti le 6 octobre 1783 le Héros arrive à l'Île-de-France le 12 novembre. L’accueil de Port-Louis est enthousiaste. Le gouverneur, François de Souillac, vient saluer Suffren à bord de son vaisseau. Le bailli est salué par 21 coups de canons lorsqu’il met pied à terre.

Le 29 novembre, le Héros lève l’ancre pour Le Cap qui est atteint le 22 décembre. la renommée du bailli est telle que tous les officiers anglais se rendent en corps à bord du Héros pour saluer en personne un maître de leur profession[54].

Le Héros appareille du Cap le 3 janvier 1784. Il franchit le détroit de Gibraltar le 19 mars et se présente devant Toulon le 26. Le peuple s’est porté en foule pour le recevoir ; et les cris de Vive le roi, vive le bailli de Suffren ! y ont renouvelé la scène attendrissante du cap de Bonne-Espérance...

Le 27 mars, Suffren quitte Toulon et le 2 avril, Suffren arrive à Versailles. Sept jours à peine se sont écoulés depuis Toulon. Suffren, visiblement très pressé de goûter aux honneurs de la Cour a roulé de nuit pour brûler les étapes, au point de surprendre le roi à table, au dire du Courrier d’Avignon.

Benoît est encore en Provence. Le 21 mai 1784, il se plaint cependant de n'avoir touché que 184 livres depuis le mois d'août 1783 (soit dix mois). Le ministère lui promet qu'il va être payé à Paris.

Sa demande de croix de chevalier de Saint-Louis Modifier

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Première promotion des chevaliers de l'ordre de Saint-Louis par Louis XIV.

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Recommandations de Rambaud au Ministre de d'Hoffelize et Suffren.

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Pierre-André de Suffren (1729-1788).

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Croix de chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis de Benoît-Thérèse de Rambaud.

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Louis XVI accorde la croix de Saint-Louis à Benoît de Rambaud.

Benoît fait se demande de croix de chevalier de Saint-Louis. Le futur général d'Hoffelize écrit sur son dossier :

Je ne puis que rendre un témoignage trop avantageux du zèle et de la conduite Mr Rambaud à la côte de l'Inde et particulièrement à l'attaque des avant-gardes le six juin et à l'affaire du treize juin du même mois, où cet officier a été blessé de deux coups de baïonnettes. Il mérite à tous égards les grâces du roi.

Suffren, avec son écriture presque illisible, le recommande au ministre :

Le Sieur Rambaud s'est très bien conduit dans les combats aux Indes, où il s'est trouvé et distingué au siège de Trinquemalay, comme à celui de Gondelour.

Mais être chevalier de l'ordre militaire et royal de Saint-Louis à 33 ans est vraiment exceptionnel. En 1783, le destin tout tracé de Benoît est de terminer dans quinze ans sa carrière, comme capitaine et peut-être chevalier de Saint-Louis. Comme l'expliquent très bien François Bluche et Les états militaires de la France, un hobereau ne peut guère espérer mieux. Même s’il se dit descendant d’une très ancienne famille, son père était bourgeois de Marseille et un armateur.

Néanmoins, le soutien de son beau-frère, Georges Pléville Le Pelley et la protection de Suffren vont donner une autre orientation à sa courte existence.

Le Sr Rambaud a fait son mémoire le 15 novembre dernier à l'Isle de France...

D'ailleurs son énorme dossier militaire comporte une lettre de Suffren au ministre de la Marine (avec copie au roi) du 15 juillet 1784 :

M. le Bailly de Suffren demande la croix de St Louis pour le Sr Rambaud, Lieutenant de la Troisième légion de volontaires étrangers de la Marine qui a reçu deux coups de bayonnettes à l'affaire de Gondelour.

Observations :

Monseigneur a refusé sur le rapor ci joint la croix de St Louis sollicitée par le Sr Rambaud qui n'a tout au plus que les 8 ans de service compris les campagnes de l'Inde. Ses services antérieurs d'ingénieur géographe sans brevet n'étant pas comptées pour la croix.

Sa demande est une première fois refusée. C'est normal. Toutefois, le règlement porte que des officiers qui se sont distingués par des actions de bravoure dans des occasions périlleuses et éclatantes sont exemptes de tout règle. La croix de Saint-Louis leur est accordée quelque soit leur âge et quelque tems de services qu'ils aient. L'action de bravoure doit être constatée dans un procès verbal autant que faire se pourra dans le jour même, par les officiers généraux présents et en leur absence par les officiers supérieurs du corps témoins et par ceux du vaisseau sur lequel il a embarqué, et lorsqu'il n'y a point d'officiers supérieurs par les officiers qui se sont trouvés à l'action ou par les notables de tous états et conditions lesquels certifieront l'acte...

Suffren, personnage important du royaume rappelle au roi, mot pour mot le témoignage de Charles-Georges d'Hoffelize (1728-1795). Il ajoute que ce commandant de la brigade d'Austrasie a encore dit dans le mémoire qu'il a fourni sur les volontaires de la Marine que le Sieur Rambaud est un officier très intelligent qui s'était conduit à Gondelour avec la plus grande valeur. M. de Suffren confirme que le Sr Rambaud s'est très bien conduit dans les combats de mer où il s'est trouvé et qu'il s'est distingué au siège de Trinquemalay comme officier d'artillerie. C'est à Monseigneur de juger si le vœu du règlement a été respecté tant pour la nature de l'action que pour la manière de le constater. Le Sr Rambaud n'est que lieutenant dans les volontaires et c'est avec ce grade qu'il sera incorporé dans le régiment de Pondichéry.

Suffren rappelle que Rambaud sert le ministère de la Marine depuis l'âge de treize ans et les témoignages de plusieurs généraux. Il parle de son héroïsme signalant qu'il a commandé plusieurs fois des unités importantes faute d'officiers supérieurs.

Pour Suffren il mérite du fait de ses actes de bravoures et ses blessures, à tous égards la grace du Roi. Il déplore qu'un officier de sa valeur et son intelligence ne soit que lieutenant.

Louis XVI lui accorde la croix de chevalier de l'ordre militaire et royal de Saint-Louis, pour sa conduite héroïque dans les différents combats, le 21 août 1784. Le document qui lui attribue parle de sa blessure et de ses services aux Indes. Il est signé de comte de Guibert, gouverneur de l'hôtel des Invalides.

Normalement, un officier est admis dans l'ordre après 28 ans de services, âge qui est réduit si l'on est blessé, mais d'assez peu. C'est tellement précis qu'en retranchant 28 ans à la nomination, l'on retrouve souvent l'année d'admission au service. Benoît bénéficie donc de 20 ans de bonification, au lieu des cinq ans pour son beau-frère Georges Pléville Le Pelley, ce qui est vraiment exceptionnel !

Cette décoration n'est attribuée qu'à trois mille officiers de 1693 à 1791, contrairement à la période de la Restauration pendant laquelle on distribue 100.000 médailles de la Légion d'honneur et de Saint-Louis.

Recherches sur ses origines (1782-1786) Modifier

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Réponse du Déffiniteur.

Être descendant de seigneurs ouvre bien des portes, à part à Marseille, où la bourgeoisie a des privilèges équivalents et domine la ville.

Le 17 juillet 1782, Benoît Rambaud fait faire une recherche concernant ses origines nobles par un Révérend-Père, le Définiteur général Augustin de Manosque (au Couvent des RP Capucins d'Aix-en-Provence). La réponse est positive. Le Définiteur dit que si Benoît et sa famille peuvent prouver leurs origines depuis 1274 cela leur évitera des frais très importants pour rien.

Benoît Rambaud est appelé Benoît de Rambaud sur les registres paroissiaux à partir de 1786, et surtout est dit écuyer. Ce n'est pas un titre, mais en 1789, selon Bluche 50% des vrais nobles sont dits écuyers. Ce sont en général les anoblis, mais aussi les plus vieilles familles de la noblesse.

La noblesse des Rambaud est est héréditaire puisque ses descendants à partir de cette date sont toujours appelés sur les actes officiels (état-civil, registre paroissiaux, dossiers militaires...) de Rambaud et sont dits écuyers jusqu’à la suppression des titres ou allusions à la noblesse par la IIIModèle:Exp république. Leurs décès sont signalés dans les Annuaires de la noblesse de France et des maisons souveraines de l'Europe.

Une très grave blessure Modifier

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Médaille des chevaliers de Cincinnatus.

Des 300 cavaliers, 225 fantassins, et 75 artilleurs qui sont passés, pendant ces quelques années, par la Troisième légion des volontaires étrangers de la Marine, les 2/3 sont morts. La 3Modèle:Exp Légion figure sur la liste des régiments français de la Guerre d'Amérique du Comité d'Histoire de la Société des Cincinnati. Les Cincinnati précise qu'il est présent aux batailles de Porto Novo, en 1782, Negapatnam en 82, Porto Novo en 83, Gondelour en 83.

Mais contrairement à son beau-frère, Georges Pléville Le Pelley et à Barras, Benoît n'est pas décoré de l'Ordre national de Cincinnatus. Il n'est pas le seul. En 1790, ils sont 2.400 membres, alors que 5.300 anciens officiers ont pris part à la guerre d'indépendance ou aux combats dans nos colonies. Lui est mort avant les demandes et distributions de médailles.

La Troisième légion des volontaires étrangers de la Marine est supprimée le 20 juin 1783 pour former un 2Modèle:Exp bataillon du régiment de Pondichéry.

Benoît de Rambaud demande le 24 mai de 1.200 livres de gratification pour prendre les eaux. Le baron-général Louis Alexandre d'Albignac est obligé d'appuyer sa demande :

M. Rambaud, lieutenant au corps des volontaires étrangers de la Marine, a reçu deux blessures passées graves dans l'affaire du 13 juin et s'est distingué dans la brigade d'Austrasie que j'avais l'honneur de commander.

Le 15 juin 1783, à la bataille de Gondelour, Louis Alexandre d'Albignac face à l'armée britannique qui compte 17.700 hommes n'en n'a qu'à peine 9.500. Les troupes indigènes dès le commencement de l'engagement s'enfuient. Le général réussit, par l'action habile des huit pièces d'artillerie du régiment d'Austrasie à forcer les Britanniques à la retraite. L’héroïsme de Benoît, commandant de trois de ses canons a permis cette victoire française considérable de la campagne de Suffren.

Capitaine ? Modifier

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Bussy.

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Mémoire pour servir au plan de Trinquemalay.

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Le secrétaire d'État à la marine de La Croix de Castries lui redonne son grade de capitaine.

Dès le 13 juin 1784, Benoît de Rambaud, au niveau du ministère, est dit lieutenant et plus capitaine comme aux Indes. Si la plupart des survivants de la Troisième légion des volontaires étrangers de la Marine sont incorporés au régiment de Pondichéry, ce n'est pas le cas de Benoît. Benoît n'est pas apte à rejoindre un régiment dans un pays au climat tropical. Il réclame le reste de sa solde et ne parle plus des 1.200 livres pour aller aux eaux. Il le fait le 10 juin 1784 et à nouveau le reste de sa solde.

Le 13 juin 1784, il reçoit une gratification de 400 livres, au lieu des 3.000 demandées, pour toute la période depuis septembre 1783. Le Trésorier Payeur Général de la Marine, Simon Charles Boutin, lui verse cette somme dérisoire le 1er juillet.

A cette époque Benoît reçoit un courrier du Bailly de Suffren pour appuyer sa demande de croix de chevalier de l'ordre militaire et royal de Saint-Louis, qu'il obtient le 21 août, comme on l'a vu précédemment.

Le 30 octobre 1984, de Versailles, Benoît écrit au Ministre pour lui demander de confirmer son grade de capitaine, attribué par Charles Joseph Patissier de Bussy (1718-1785), commandant en chef des forces terrestres et de mer au-delà du cap de Bonne-Espérance. Il demande aussi à être incorporé au régiment de Pondichéry. Bien entendu, il lui parle de ses CINQ combats sur terre et sur mer, de sa croix de chevalier de Saint-Louis, récemment attribuée, et de l'estime de ses anciens généraux et chefs, dont il jouit.

Le Ministre de la Marine, le maréchal de La Croix de Castries, étudie à fond ses dossiers et montre beaucoup d'ardeur au travail. Le 8 novembre 1784, Benoît de Rambaud écrit un Mémoire pour servir au plan de Trinquemalay, qui comporte 14 pages, et le lendemain, une lettre de présentation de ce plan[55]. Il précise au Ministre qu'il n'a pas eu le temps de terminer son travail du fait de la guerre. Dans son courrier, Benoît lui rappelle sa santé délabrée, les courriers de Suffren demandant pour son protégé des emplois. Il parle de sa demi-solde en tant que blessé, demande l'autre moitié de ses 1.200 euros pour aller aux eaux, comme le préconisaient les chirurgiens major.

Comme le Bailly ne semble pas être un appui suffisant, c'est le maréchal de La Croix de Castries, Secrétaire d'État à la Marine (1780-1787), qui prend sa défense. Il demande le 11 novembre 1784 à Guillemain de Vaivres, Intendant général des Colonies (1783-1790), de vouloir bien lui rappeler au 1er travail qu'il fera avec luy les services de Mr Rambaud. La pression devenant insoutenable, l'Intendant cède trois jours plus tard. Rambaud retrouve son grade de capitaine et touche son supplément de solde du 1er septembre 1783 au 1er juin 1784, soit 1.316 livres. Le secrétaire d'État à la marine de La Croix de Castries précise à Guillemain de Vaivres, Intendant général des Colonies qu'il est recommandé par le Bailly de Suffren. De La Croix de Castries avait envoyé Suffren dans l'Océan indien et les victoires de cet amiral servent sa carrière. La commission de capitaine de Benoît a été expédiée en avril 1783, signée par Bussy, commandant en chef des forces terrestres et de mer au-delà du cap de Bonne-Espérance.

Le 27 janvier 1785, de Versailles, Benoît de Rambaud demande au maréchal de Castries une gratification pour ses différents travaux de cartographie. Il signale au maréchal que les soins de ses anciennes blessures l'ont forcé à des dépenses qui ont totalement absorbé ses moyens.

A-t-il une effraction pleurale qui s'est infectée, puis enkystée secondairement avec des adhérences douloureuses ? C'est une hypothèse plausible. L'autre hypothèse serait une ostéite chronique. Malgré son état de santé, Il n'a touché jusqu'ici que 400 livres pour aller aux eaux.

Le 17 février 1785, il lui est accordé une gratification de 600 livres en considération des plans de Trinquemalay qu'il a levés.

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Tenue d'officier du régiment de Pondichéry.

Son mariage (1785) Modifier

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Agathe Mottet-de Rambaud jeune.

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Mariage Benoît et Agathe [de] Rambaud.

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Thomas Villaret de Joyeuse.

Le baron Benoît Mottet de La Fontaine, qui a voyagé avec lui de Bretagne jusqu'à l'Isle de France, lui a certainement parlé de sa nièce, lors de leurs séjours dans cette île. Comme son beau-frère, Georges Pléville Le Pelley[56]. Benoît Mottet de La Fontaine a été député du Grand Orient en 1777. Nous allons voir que la plupart des témoins sont des frères. Benoît Mottet de La Fontaine est Ordonnateur à Trinquemalay en même temps que Benoît y est ingénieur-géographe.

Benoît de Rambaud vit, contraint et forcé, à Versailles. Il obtient la main d'Agathe Mottet. Après l'accord des parents, il demande à Jean-Baptiste Guillemin de Vaivre (1736-1818), Intendant général des Colonies, son aveu (= autorisation) en lui précisant qu'il n'a toujours pas de général et en lui demandant que son zèle passé mérite le sien. Dans sa réponse, l'Intendant lui dit qu'il a parlé de son mariage au Roi et que celui-ci lui permet de contracter cet engagement.

Benoît de Rambaud épouse à Agathe Mottet le 7 mars 1785. Sur son acte de mariage, de la paroisse Saint-Louis à Versailles, le prêtre précise donc que Benoît est écuyer et chevalier de Saint-Louis.

L'histoire de la famille Mottet est fort ancienne :


Son père, capitaine et armateur est mort pour la France à la fin de la Guerre de Sept ans. La mère de Benoît, très âgée, n'est pas venue de Marseille. Sont présents à son mariage :

  • Haut et puissant Seigneur Pierre André de Suffren Saint-Tropez, Chevalier des Ordres du Roi, Grand croix de Saint Jean de Jérusalem, Vice-Amiral de France. Ambassadeur de l'Ordre de Malte. Membre de l'Olympique de la Parfaite Estime[57].
  • Jean Godefroy de Chourse, Chevalier des Ordres Saint-Louis et Saint Lazare, ancien élève de l'école militaire, est le frère d'un page du roi de la grande écurie. Jean de Chourses, seigneur de Malicorne au Maine, chevalier des ordres du roi, gouverneur et lieutenant général en Poitou (†1609). La famille de Chourses, Chaources ou Sourches, tire son origine de la terre seigneuriale du même nom. Cette famille du Maine est connue dès le XIModèle:Exp siècle. Blason : D'argent à cinq burelles de gueules[58].
  • Thomas Villaret de Joyeuse, Lieutenant des vaisseaux du Roi, Chevalier de Saint Louis, membre de la loge L'Union de Lorient, futur amiral et député de la 1ère République[59].

. David Jacques François Le Proux de La Rivière (oncle de l'épouse, futur commissaire pendant la Convention, négociateur des accords de Bilbao avec l'Espagne).

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Blason Mottet de La Motte.

Les lettres au ministère (1785-1787) Modifier

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Hôtel des Affaires étrangères et de la Marine.

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l'Isle de France.

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La duchesse de Polignac.

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Navires français dans l'Océan Indien.

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Vue des magasins de la Compagnie des Indes à Pondichéry, de l'amirauté et de la maison du gouverneur.

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Thomas Conway.

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"Remerciements" à de Vaire.

Benoît continue désespérément à écrire au ministère. Ses demandes sans cesse renouvelées sont obligatoires avant 1789, si un officier veut sa solde, des primes, le remboursement de frais, un avancement, une médaille ou une affectation. Beaucoup d'officiers supérieurs paradent dans les salons du château de Versailles. Ils ne commandent aucune unité, mais dilapident au jeu leurs soldes et leurs fortunes. Benoît n'est pas officier supérieur et il est possible qu'il vive en partie en dépensant l'héritage de Jean II Rambaud. Le pire c'est le sort des officiers de cavalerie qui doivent entretenir leurs chevaux (écuries, nourriture, palefreniers).

Le 7 juin 1785, Benoît de Rambaud a le grade de capitaine et est peut-être le plus jeune chevalier de Saint-Louis de France, mais il n'a toujours pas d’affectation. Il s'en plaint au maréchal de Castries, Secrétaire d'État à la Marine (1780-1787). Il lui rappelle les propos élogieux de Suffren, d'Hoffelize, de Conway, et d'Albignac en sa faveur. Le Secrétaire d'État et Suffren lui avaient demandé d’exécuter une mission aux Indes et promis le grade de lieutenant-colonel. Mais cette mission particulière dont parle son dossier militaire est annulée. Il demande alors au maréchal de Castries :

  • soit de finir la carte de l'Isle de France, dont le colonel de Canaples affirme qu'il est le seul à pouvoir la terminer,
  • soit une Majorité dans une division du corps royal de canonniers et matelots,
  • ou une Majorité dans une colonie quelconque,
  • ou n'importe quel emploi, mais avec le grade de capitaine avec lequel il a servi aux Indes et car il s'ensuivrait encore que les satisfactions particulières de ses généraux ne seraient pour lui d'aucune utilité.

Le 9 juin 1785, il est instruit que le maréchal de Castries a nommé trois ingénieurs-géographes pour terminer la carte de l'Isle de France. Benoît demande à les commander mais être leur major du fait de sa connaissance du dossier. Mais en vain !

Le 12 juin il demande à nouveau confirmation de son grade de capitaine, attribué deux ans plus tôt par Bussy et Suffren.

Le 18 juin, Benoît de Rambaud envoie un courrier au ministre se plaignant de l’absence de Suffren et de la mort de Messire Baudouin, son autre protecteur. À cette époque, un fonctionnaire du ministère de la Marine écrit que la confirmation de son grade de capitaine est contraire aux règles établies. Aucun des grades attribués par le marquis se sont confirmés. Il se retrouve à nouveau lieutenant et toujours sans affectation avec 1.800 livres par an. Les employés du ministère ne savent pas quelle mission Beaudouin, chef des ingénieurs géographes et brigadier des armées du roi, voulait confier au Sieur de Rambaud. Il répond le 28 septembre que Beaudouin lui avait parlé de plans. Il en profite pour demander des gratifications.

Benoît de Rambaud se rend au mois d'avril 1786 à ses frais à Cherbourg, où il étudie les aménagements nouveaux du port et surveille les travaux. Il informe le maréchal de Castries que sur la côte du Coromondel, aux Indes, il n'existe pas de port de cette sorte pour nos vaisseaux. Donc ce déplacement n'avait comme but que de satisfaire les objectifs du Ministre. Rambaud demande une gratification pour son déplacement. Les fonctionnaires du ministère recommandent de ne rien lui verser.

Selon French in India and Indian nationalism, de Pondicherry University. Dept. of History (1999) une note de ses supérieurs, datant de 1786, précise qu'il a servi comme lieutenant aux Indes dans l'infanterie, l'artillerie et le corps des ingénieurs.En marge du dossier de l'impétrant, en 1786, ces quelques mots : On pourra employer le sieur Rambaud dans la classe des ingénieurs géographes de l'Inde. Ce pays exige de ses géographes une formation particulière et certains hauts fonctionnaires ou militaires le comprennent. L'expérience et les années passées dans le corps d'armes des Indes valent mieux pour un ingénieur que le brevet et des connaissances approfondies en mathématiques et en géométrie. Il a été officier dans l'infanterie, l'artillerie et le génie[60].

Alexis Rinkenbach, du Centre des Archives d’Outre-mer Aix-en-Provence, dans Les cartes et plans de l’océan Indien du dépôt des fortifications des colonies écrit pourtant à propos de ce Rambaud :

Lors d’une escale à Port-Louis, l’ingénieur Bourcet, de retour de Pondichéry, en profite pour lever un plan de la ville et déplore, dans la lettre d’envoi au ministre, que les plans disponibles à l’île de France même sont encore très mauvais. Ce reproche est une des constantes des correspondances des ingénieurs au ministère, pour toute la période française. Au vrai, l’énergie et l’argent manquent pour ce genre de travaux. En 1786 l’ingénieur Rambaud estimait, dans un Mémoire pour servir à la carte typographique et militaire de l’île de France, qu’il faudrait quatre ou cinq années de travail en y employant seulement quatre ingénieurs”, pour dresser le plan général de l’île, pour une dépense de près de deux cents milles livres [61].

Voyant bien qu'il n'est pas écouté depuis presque deux ans, il décide de demander l'appui de Yolande Martine Gabrielle de Polastron, duchesse de Polignac, gouvernante des Enfants de France et donc proche de sa femme. Il en parle dès le 1er juin 1686. La duchesse va lui permettre de quitter Versailles où végètent beaucoup trop d'officiers.

Le 21 janvier 1787, Benoît de Rambaud apprend qu'il est envoyé au régiment de Pondichéry. Conway, le 16 février 1787, lui demande de rejoindre son corps et lui dit qu'il y sera capitaine en second. Il lui précise qu'il devra faire des plans de sa colonie.

Dans son dossier individuel, une demande du 22 janvier précise que de Rambaud veut rejoindre les ingénieurs géographes en Inde. Il a le soutien de Fleurieu et de Messire Lhuillier, chef du dépôt, qui lui a fait obtenir les félicitations de Souillac et une gratification de 1.000 livres.

D'ailleurs, Benoît est un ingénieur-géographe de la Marine cité par son corps à Lorient du fait de ses campagnes aux Indes et ses plans[62]. Pourtant, ses supérieurs savent qu'il n'a pas de brevet, mais juste des connaissances très approfondies en mathématiques et en géométrie et de la pratique[63].

Selon les archives du régiment de Pondichéry, des plans doivent être levés par Mr de Rambaud et adressés au ministère ref>Goiran H. Souvenirs français en Afrique du Sud : le régiment de Pondichéry (1781-1784), Moulins 1932, Crépin Leblond, Carnet de la Sabretache. </ref>.

A Pondichéry, il compte retrouver Benoît Mottet de La Fontaine, oncle de sa femme, qui occupe déjà des fonctions assez importantes.

Le comte Thomas Conway, Maréchal de Camp du Régiment de Pondichéry, commandant des établissements français dans l'Inde, le 16 février 1787, le nomme capitaine en second du Régiment de Pondichéry.

Benoît remercie de Vaire pour cet avancement, alors que cet Intendant refuse toutes ses demandes depuis son retour des Indes. Il est obligé de lui demander sa commission de capitaine et la solde qui correspond.

LE SÉNÉGAL (1787) Modifier

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Inspecteur des affaires de la Compagnie (mars) Modifier

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Guerre d'Indépendance des Etats-Unis d'Amérique, Prise du Sénégal.

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Le fort de Saint-Joseph, dans le royaume de Galam.

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Après le royaume de Galam le fleuve n'est plus navigable.

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En 1786, le commis Rubault est assassiné par des soi-disant esclaves révoltés.

Mais Benoît de Rambaud ne va pas rejoindre le régiment de Pondichéry et le corps des ingénieurs géographes aux Indes. Par une lettre, qui figure avec 88 autres documents de son imposant dossier au Centre des Archives d'Outre-Mer, nous apprenons que Suffren et les administrateurs de la Compagnie du Sénégal lui proposent un poste important au Sénégal.

Suffren le nomme commandant de la troupe du Sénégal et Inspecteur des affaires de la Compagnie (16 février 1787). Benoît de Rambaud doit aussi gouverner un royaume au cœur de l'Afrique. Sur son dossier militaire, il a le titre de Commandant particulier au Sénégal (= Gouverneur). Il doit conclure un traité d'alliance et de commerce avec le tunka de Galam[64].

Guillemain de Vaivres, Intendant général des Colonies (1783-1790), accepte que Benoît soit nommé, le 24 mars 1787, nouveau commandant de la troupe du Sénégal. Il doit aussi établir une sorte de protectorat sur le royaume de Galam, commander le fort de Galam et deux autres forts[65]. Sur son dossier militaire, il a le titre de Commandant particulier au Sénégal, c'est à dire gouverneur.

Le nouveau commandant demande que ses suppléments de solde comme capitaine soient enfin payés. Il précise que son âge, son état de santé, ses moyens et son zèle ne lui permettent pas de refuser cette offre. Néanmoins, comme il se rend au cœur de l'Afrique, il promet à l'Intendant de ne rien négliger pour se rendre utile à son département, en s'occupant de faire connaitre l'intérieur d'un pays jusqu'à ce jour inconnu des Européens, pour le remercier de sa bienveillance.

Benoît de Rambaud se réjouit de cette nouvelle. Un grade plus élevé, une solde trois ou quatre fois plus importante que celle de capitaine.

Le bureau de Paris de la Compagnie du Sénégal est composé d’un maréchal de France, le maréchal de Duras, d’un vice-amiral, le bailli de Suffren, d’un lieutenant général des armées du roi, le comte de Blangy, d’un mestre de camp de dragons, le marquis de Saisseval, d’un conseiller de la grande chambre du Parlement, Saint-Romain et d’un directeur faisant fonction de rapporteur, Fraisse. On peut voir dans cette nomination à ce poste de gouverneur, l'appui de son bienfaiteur, Suffren, qui est donc devenu l'un des administrateurs de la Compagnie du Sénégal.

Guillemain de Vaivres, Intendant général des Colonies (1783-1790) lui écrit, le 30 mars 1787, que le roi accepte qu'il prenne le commandement d'une compagnie de noirs libres. La compagnie du Sénégal se charge de leur recrutement et les entretenir. Louis XVI ne voit pas non plus, selon l'Intendant, d'inconvénient à ce qu'il devienne Inspecteur des affaires de la Compagnie du Sénégal. Vaivres dit en informer le chevalier de Boufflers, Gouverneur du Sénégal depuis 1785.

Le 1er avril, Benoît de Rambaud touche 450 livres venant des trésoriers de Baudart de Saint James, mais il n'a toujours pas le 4 de ce mois la lettre de commandement qui lui permet de rejoindre son poste, ni un duplicata de son brevet de capitaine.

Brevet de lieutenant-colonel (avril) Modifier

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Brevet de lieutenant-colonel pour Benoît de Rambaud.

Nous avons vu que le Secrétaire d'État, le maréchal de Castries et Suffren lui ont demandé d’exécuter une mission particulière aux Indes et promis le grade de lieutenant-colonel en 1784. Benoît de Rambaud le rappelle à ce maréchal dans une demande de brevet de lieutenant-colonel, faite à Versailles, le 27 avril 1787. Il lui demande également une lettre de recommandation pour le chevalier de Boufflers. Benoît de Rambaud parle dans ce courrier de la protection du maréchal de Beauveau, mais de façon ambiguë. Une seule chose est sûre, le chevalier de Boufflers est le neveu de Beauveau.

Cette demande d'avancement rapide surprend le maréchal de Castries, qui la juge infondée, mais trouve que le commandant qui va servir sous les ordres de Boufflers a bonne façon. Mais même le maréchal de Beauveau répond qu'il n'a pas 25 ans de service pour être lieutenant-colonel. Il énumère les différentes fonctions qu'il va avoir au Sénégal et se figure qu'elles sont importantes. Ce maréchal ne lit certainement pas les courriers de son neveu qui parle du trou du cul du monde et un trou du cul noir.

Son imposant dossier militaire qui comporte 89 pages vient d'être numérisé par le Centre des Archives d'Outre Mer, à Aix-en-Provence. Il se termine par cette réponse du maréchal de Beauveau, le 28 avril 1787.

Nous ne connaissons ce qu'est sa fin de vie que par le Journal inédit du second séjour au Sénégal : (3 décembre 1786-25 décembre 1787) et des actes écrits par le chevalier de Boufflers.

Le voyage (juin) Modifier

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Le port de Brest, par Van Blarenberghe (1716-1794).

Benoît de Rambaud part peu de temps après sa nomination. Sa venue est attendue par le gouverneur, le chevalier de Boufflers. Ce dernier écrit :

Il faut pour le Sénégal, afin d'arranger les affaires de la Compagnie organiser le voyage de Galam, qui est l'affaire importante qui presse et qui souffre de grands obstacles.

Benoît part de Brest certainement en juin, puisqu'il arrive selon le chevalier de Boufflers le 22 juillet. Or, il y a, selon Braudel, une semaine de route de Paris jusqu'à Brest. Il faut attendre qu'un navire parte, puis le voyage est d'environ un mois.

Benoît n'est pas là à la naissance de sa fille Madeleine Célinie de Rambaud, le 29 juillet 1787. Elle est baptisée le même jour à Versailles, toujours à la paroisse Saint-Louis. Sa marraine est Marie Magdeleine Mottet, épouse de Pierre Louis de Labrousse, officier des gardes du corps du Roi. Ce futur colonel de l'armée des émigrés et sa belle-sœur élèveront ses enfants jusqu'au 10 août 1792. Il est à noter que la fille de ce couple, Adèle de Labrousse, devenue la baronne de Générès, vivra avec Agathe Rosalie Mottet à la mort de son mari.

Saint-Louis du Sénégal (août) Modifier

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Saint-Louis du Sénégal.

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le chevalier de Boufflers (1738-1815), gouverneur du Sénégal de 1785 à 1788.

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Saint-Louis en 1787.

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Boufflers et quelques hommes de la garnison

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Navigation sur le fleuve Sénégal.

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Saint-Louis du Sénégal, bords du fleuve.

Le 22 juillet 1787, le chevalier de Boufflers écrit :

J’ai fait à M. de Rambaud le meilleur accueil et d’après l’autorisation du ministre je l’ai traité comme officier au service du roi chargé du poste de Galam. En conséquence je lui donne l’ordre de s’y porter avec le peu de noirs qu’on pourra lever pour sa troupe et les dix ou douze blancs qui doivent y être attachés en qualité de bas officiers ; sans cet ordre exprès il ne partirait point, parce qu’il assure que la compagnie l’a joué en lui promettant toutes les préférences et en lui donnant l’infériorité en pouvoir, et que pis en profit vis-à-vis du directeur de Galam. Pour établir un peu l’équilibre et décider cette expédition très importante, j’ai réglé que M. de Rambaud toucherait annuellement les appointements de capitaine au bataillon d’Afrique, ce qui lui ferait un titre qu’il désirait et un supplément dont il se contente.

Comme on le voit, Benoît de Rambaud a une lettre de recommandation du Ministre, mais il existe des querelles de personnes pour Galam. Ce comptoir a pour objet, comme celui de Podor, de faciliter l'extension du commerce. C'est là que le commerce de la gomme et la traite des noirs sont les plus abondants. Jean-Baptiste-René Robinet, dans son Dictionnaire universel des sciences morale, économique, politique... explique que :

Du fait du besoin d'esclaves pour les colonies, de la volonté de s'enrichir par tous les moyens des marchands et des rois nègres, les esclaves sont devenus rares. Ils se paient beaucoup plus chers et il faut aller les chercher de plus en plus loin, ce qui multiplie les frais et les risques.

Les militaires de la compagnie sont là officiellement là pour protéger les marchands dans ces contrées reculées et leurs gardes. Mais, les forts européens sont une gène pour les trafiquants, car ils limitent les abus et les mauvais traitements infligés aux prisonniers.

En 1768, il est sorti d'Afrique 104.100 esclaves dont 23.500 du fait des Français. Le marché rapporte une fortune. Les marchands en Afrique et les rois nègres se partagent chaque année 18 millions de livres. Le trafic des esclaves dépeuple l'Afrique occidentale et fait que ces contrées connaissent des guerres incessantes.

Un officier du roi peut devenir une gêne pour des trafiquants d'esclaves et leurs appuis politiques anglais et français ou même des roitelets africains. C'est ce qui explique qu'en 1786, le commis Rubault est assassiné par des soi-disant esclaves révoltés

Le Sénégal est pour Benoît de Rambaud une immense déception. La colonie est dans un état lamentable. Golbery, capitaine du génie, dénonce dans un courrier au Ministre de la Marine la mauvaise gestion de la Compagnie du Sénégal et la misère qui en découle. Il énumère les différentes escroqueries, l'absence de médecins et de médicaments. Il précise aussi que les forts sont abandonnés[66].

Jean-Baptiste-René Robinet, en 1777, de son côté, écrit :

Les nations d'Europe assujettissent leurs négoces d'Afrique à des privilèges exclufifs. Les compagnies en poffeffion de ce monopole dont tous les gouvernemens ont enfin fenti & fait ceffer le vice, fortifièrent leurs comptoirs & pour en écarter les étrangers & pour affujettir les naturels du pays à ne vendre qu'à elles.

L'auteur explique aussi que malgré cela, les tribus préfèrent amener leurs esclaves sur les côtes eux-mêmes et négocier avec les capitaines. Dans le royaume de Galam, les chefs indigènes vont vendre leurs captifs aux Anglais.

Accusé d'incurie l'administrateur Durand, ordonnateur de la Compagnie, quitte Saint-Louis le 24 août 1786. Il est provisoirement remplacé par un certain Aubert. Le chevalier de Boufflers nous dit que la compagnie du Sénégal ne respecte pas ses engagements vis-à-vis de Benoît. Il est subordonné à un certain Aubert, personnage corrompu[67].

Le bailli de Suffren, principal administrateur de la Compagnie du Sénégal, envoie Rambaud pour développer la traite des noirs et de la gomme. Commandant particulier au Sénégal, et de la troupe, Benoît est nommé Commandant particulier du Fort de Galam (16 février 1787). Il doit conclure un traité d'amitié avec le tunka (= roi) du Galam[68].

Le voyage de Galam (octobre) Modifier

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Film sur le Sénégal en 1786/1787.

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Fort de Podor sur le fleuve Sénégal.

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L'objectif : Plan du fort Saint-Joseph de Galam.

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Bakel où Benoît de Rambaud contracte les fièvres.

Le film, Les caprices d'un fleuve, raconte un peu la vie de ces exilés français au Sénégal. Dans la réalité le gouverneur, le chevalier de Boufflers, ne vit pas à Saint-Louis mais à Gorée. Le fort Saint-Joseph de Galam est à 350 lieues de là, ce qui à l'époque en Afrique est une distance considérable. Et puis, Saint-Louis et Gorée ne sont que des escales peuplées en partie d’aventuriers blancs et de mulâtres, dont des signahres. Celles-ci sont très accueillantes envers les officiers et les rares fonctionnaires du roi. Pour eux, les conditions de vie sont relativement acceptables, même si on y meurt beaucoup du fait du climat.

Galam, au contraire, c’est l'inconnu. Situé aux confins des déserts et des forêts impénétrables, c'est un fort menacé par les très guerrières tribus maures et des peuplades noires aux comportements imprévisibles :

Les sujets et les vassaux du roi, ou du tunka de Galam sont d'un caractère inquiet qui rend sa situation précaire[69].

En face de ces peuples d'excellents guerriers, le bataillon d’Afrique défend la colonie, mais il connaît de nombreuses désertions.

Pour le voyage de Galam, normalement, les bâtiments au nombre de quarante plus ou moins, partent dans tout le courant de juillet, et ont trois mois pour remonter le fleuve, de sorte qu'ils arrivent à Galam vers la fin d'octobre.

Mais en 1787, le 8 août, il n'y aucun préparatif et Rambaud apprend que le chef de l'expédition va être le directeur de la colonie, Aubert.

Benoît de Rambaud essaie de remonter le fleuve trop tard et avec des hommes mal préparés. Il se retrouve au milieu d’un fleuve dangereux du fait de ses bans de sable, mais aussi et surtout des arbres monstrueux qu’il arrache à ses rives. Il réussit à éviter que les voiliers soient trop chargés et coulent, mais trop souvent les noirs doivent traîner les navires du fait de l’absence de vent au milieu des buissons épineux. Le convoi avance de trois ou quatre lieues seulement par jour. Les serpents et les crocodiles font quelques victimes parmi les auxiliaires indigènes. Des fièvres inflammatoires, la chaleur, les piqûres des cousins font que la douzaine Européens se mettent à délirer. Certains succombent au bout de trois jours.

Dès son arrivée à Bakel Benoît contracte les fièvres et doit redescendre sur Saint-Louis[70].

Le 6 octobre, Boufflers écrit :

Ton infâme compagnie du Sénégal qui a manqué son expédition de Galam c'est une perte énorme pour elle et dont l'Amérique se ressentira. La faute, à la lenteur, à l'indolence, à l'insolence et à la lésine de ton protégé M. Bonhomme. Mais pourvu qu'elle ne rejaillisse point sur moi peu m'importe et pourvu que je te voie, je serai content...

Le 12 octobre 1787, Boufflers a des nouvelles du Sénégal et toujours plus tristes. Ces pauvres revenant de Galam meurent comme des mouches...[71].

Mort sur le fleuve Modifier

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Hôpital de Saint-Louis ("Les caprices d'un fleuve")

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Saint-Louis du Sénégal où il est soigné, puis enterré et "son" fort Saint-Joseph.

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Fort de Saint-Louis du Sénégal.

On réussit à rapatrier Benoît de Rambaud dans ce que la Compagnie ose appeler un hôpital. Il y meurt dès le 5 octobre 1787 et est enterré au cimetière européen de Saint-Louis du Sénégal :

Messire André Benoist Therese de Rambaud, Chevalier de St louis, Commandant du fort et Comptoir de Galam, agé d'environ trente fix ans est mort au Sénégal le Cinq octobre mil fept Cent quatre vingt Sept et a été Enterré le même jour dans le Cimetiere de cette Colonie en présence des soussignés Desombreuil, Ayoben, capitaine au bataillon d'infanterie, Rouquier, lieutenant au bataillon, Guillemin au bataillon d'infanterie, Le Rendu, préfet apostolique.

Ses hommes ne sont pas tous mort à cette date. Le 12 novembre 1787 : la situation s'aggrave. Le chevalier de Boufflers, dans son île de Gorée, écrit :

Voici encore des nouvelles du Sénégal pires que les premières les princes chez lesquels ces pauvres malheureux allaient chercher leur nourriture ont rompu tout commerce. On n'a plus de ressources qu'en moi, mais je n'ai point de vaisseaux à leur envoyer et je leur écris inutilement pour venir ici avec les leurs, qui devraient être tout prêts puis qu'ils étaient en marche pour Galam. Mais ils n'ont ni matelots ni pilotes en état de passer la barre et nous n'en avons ici que le nécessaire le plus rétréci. Malgré cela je les secourrai, mais avec bien de la peine et bien peu de goût, car leur malheur vient de leur bêtise et leur bêtise est défiante et méchante. Ce qui n'invite point les bienfaits. Quelle joie de laisser bientôt tout cela derrière moi.

Dès la fondation-du Comptoir, un cimetière européen est aménagé à la pointe sud de l'île[72].

Son décès n'est pas dû qu'à la bêtise défiante et méchante des administrateurs de Saint-Louis. Tous les gouverneurs du royaume de Galam anglais ou français avant lui sont massacrés. Et si les auxiliaires indigènes résistent aux périls du voyage, les étrangers, qui survivent aux sagaies, succombent presque toujours de maladie. Ceux enfin qui en reviennent sont mourants, et il est rare qu'ils se rétablissent, surtout parfaitement.

La date de sa mort qui nous est donnée par un courrier d'Agathe Rosalie Mottet, au futur Charles X, du 26 février 1824, est fausse. De son côté, l'historien Paul Eric Blanrue se trompe en nous affirmant sans preuves qu'il est mort et enterré à Gorée.

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Cimetière où repose Benoît à Saint-Louis.

APRES SA MORT  Modifier

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Françoise Gaudelet d'Armenonville.

La colonisation de la région ne va reprendre qu'un siècle plus tard.

Le commandant Benoît de Rambaud est fait lieutenant-colonel, à titre posthume par le roi Louis XVI. Marie-Antoinette essaye de consoler Agathe de Rambaud. Elle lui offre un salon tapissé par les jeunes filles de Saint-Cyr et une magnifique horloge. Peu à peu, des liens vont se créer entre cette jeune veuve, âgée de 25 ans, et les parents du futur Louis XVII, dans une période troublée, où la plupart des courtisans se sont enfuis, ce qui révolte Marie-Antoinette. Lui attribuent-ils le titre de comtesse de Ribécourt qui figure dans les différentes généalogies familiales et sur les livres d'histoire consacrés à l'affaire Naundorf ? C'est peut-être un titre de cour, forme de courtoisie royale, qui avait pour but de créer des familiers autour des personnes royales et de hiérarchiser le groupe. Bien souvent ainsi nommés par le roi, les bénéficiaires conservent le titre dans la vie extérieure à la cour. Ces titres de courtoisie ou d'usage ne sont bien sûr pas héréditaires.

Agathe de Rambaud décède, très âgée, en 1853. Son fils, Auguste de Rambaud (1786-1834), Commissaire des Guerres, meurt relativement jeune à Mexico. Sa belle-fille, Françoise Gaudelet d'Armenonville, se remarie avec le comte Amédée d'Allonville, un jeune Saint-Cyrien. Son petit-fils, Ernest de Rambaud est polytechnicien. Blessé grièvement lors du siège de Metz, il meurt Directeur des services hospitaliers de la Croix-Rouge.

NOTES ET RÉFÉRENCES Modifier

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  1. Présences françaises outre-mer, XVIe-XXIe siècles, Hommes et sociétés, Volume 1, Philippe Bonnichon, Pierre Gény, Académie des sciences d'outre-mer, Jean Nemo, KARTHALA Editions, 2012. p. 335.
  2. Présences françaises outre-mer, XVIe-XXIe siècles, Hommes et sociétés, Volume 1, Philippe Bonnichon, Pierre Gény, Académie des sciences d'outre-mer, Jean Nemo, KARTHALA Editions, 2012. p. 335.
  3. Présences françaises outre-mer, XVIe-XXIe siècles, Hommes et sociétés, Volume 1, Philippe Bonnichon, Pierre Gény, Académie des sciences d'outre-mer, Jean Nemo, KARTHALA Editions, 2012. p. 335.
  4. Présences françaises outre-mer, XVIe-XXIe siècles, Hommes et sociétés, Volume 1, Philippe Bonnichon, Pierre Gény, Académie des sciences d'outre-mer, Jean Nemo, KARTHALA Editions, 2012. p. 335.
  5. Volume 2 de Guide des sources de l'histoire des Nations, Sources de l'histoire de l'Asie et de l'Océanie dans les archives et bibliothèques françaises, Commission française du Guide des sources de l'histoire des nations, K.G. Saur, 1992.
  6. Guy de Rambaud, Pour l’amour du Dauphin, Anovi 2005.
  7. Histoire maritime de France depuis la guerre de Nimègue jusqu'à nos jours, Léon Guérin, v. 2, p.124.
  8. Dossier militaire d’André de Rambaud, C.A.O.M. Aix-en-Provence.
  9. P 415 V. Inventaire sommaire des Archives départementales antérieures à 1790 Bouches ..., p.274, Bouches-du-Rhône, France (Dept.) - 1875.
  10. Dictionnaire de la noblesse, contenant les généalogies, l'histoire et la chronologie des familles nobles de France, François-Alexandre Aubert de La Chesnaye des Bois, Vve Duchesne, 1778.
  11. Le Notaire, la famille et la ville: Aix-en-Provence à la fin du XVIe siècle, Histoire Notariale, Claire Dolan, Presses Univ. du Mirail, 1998.
  12. Le Notaire, la famille et la ville: Aix-en-Provence à la fin du XVIe siècle, Histoire Notariale, Claire Dolan, Presses Univ. du Mirail, 1998.
  13. Histoire analytique et chronologique des actes et des deliberations du corps et du conseil de la... Louis Mery, F. Guindon p. 8.
  14. La fascination du corail, Charles Paolini, Le gerfaut, 2004.
  15. Mémoires, Institut historique de Provence, 1936, v.13 1936,p.30.
  16. Histoire du commerce de Marseille, Volume 3, Chambre de commerce et d'industrie de Marseille, Gaston Rambert, Plon, 1951.
  17. La fascination du corail, Charles Paolini, Le gerfaut, 2004.
  18. Études d'histoire provençale, Volume 72 de Publications universitaires de lettres et sciences humaines d'Aix-en-Provence, Ophrys, 1971.
  19. Histoire analytique et chronologique des actes et des deliberations du corps et du conseil de la..., Louis Mery, F. Guindon, p.222.
  20. Provincia (Marseille. 1921), Société de statistique, d'histoire de d'archéologie de Marseille et de Provence, 1926 (T6), p.213.
  21. Histoire d'El Kala (La Calle)
  22. [L'histoire du corail rouge en Tunisie, Jeanne Zaouali.]
  23. Mémoires historiques et géographiques sur l'Algérie, Eugène Pellissier, Impr. royale, 1844.
  24. Procès-verbaux Volume 48 de Collection de documents inédits sur l'histoire de France, Etats généraux, Auguste Bernard, Imprimerie royale, 1842.
  25. La Chorographie ou Description de Provence et l'histoire chronologique du même pays. Tome premier [- second]. Par le Sieur Honoré Bouche... Louis Rollin, Chez Rollin Fils, 1736.
  26. Les Compagnies du corail; Étude historique sur le commerce de Marseille au 16 siècle et les origines de la colonisation française en Algérie-Tunisie, Masson, Paul, 1863 - Sujet: les sociétés coloniales ; coraux, Fontemoing 1908.
  27. Inventaire des arrêts du Conseil privé: (règnes de Henri III et de Henri IV). p. 252, François Dumont - 1976.
  28. Volume 14, Deutsches Historisches Institut (Paris, France), Germany (West). Bundesministerium für Bildung und Wissenschaft, Artemis Verlag, 1986.
  29. La France en Tunisie
  30. La France en Tunisie
  31. La France en Tunisie
  32. La France en Tunisie: A la fin du XVIe siècle (1582-1600), Volume 1 de La France en Tunisie, Pierre Grandchamp, Impr. rapide, 1920.
  33. La France en Tunisie: A la fin du XVIe siècle (1582-1600), Volume 1 de La France en Tunisie, Pierre Grandchamp, Impr. rapide, 1920.
  34. Anciennes familles de Provence, article (de) Tournon
  35. Histoire des établissements et du commerce français dans l'Afrique barbaresque (1560-1793) (Algérie, Tunisie, Tripolitaine, Maroc), Masson, Paul, 1863-1938.
  36. Codice diplomatico delle colonie Tauro-Liguri durante la signoria dell Ufficio di S. Giorgio (MCCCCLIII-MCCCCLXXV), Volume 6, Partie 1 -Volume 7, Partie 3 de Atti della Societa ligure di storia patria, Amedeo Vigna, Tip. del R. I. dei Sordo-Muti, 1938.
  37. Le pays des quatre reines, Bernard Falque de Bezaure, A. Reynaud, 1973 et L'ancienne principauté de Dombes et son parlement: La famille Cachet de Montézan, des cotes de Garnerans, Eudoxe de Lombardon-Montézan, Société anonymes de l'Imprimerie Marseillaise, 1885.
  38. Congrès Scientifique de France: vingt-huitième session, tenue a Bordeaux en septembre 1861, Derache, 1862.
  39. Le duc et la société : Pouvoirs et groupes sociaux dans la Gascogne bordelaise au XIIe siècle (1075-1199), Volume 14 de Scripta Mediaevalia, Frédéric Boutoulle, Ausonius, 2007.
  40. Congrès archéologique de France, Volume 145, Société française d'archéologie, A. Picard et fils, 1990.
  41. Histoire maritime de France depuis la guerre de Nimègue jusqu'à nos jours, Léon Guérin, v. 2, p.124.
  42. Dossier militaire de Benoît de Rambaud, C.A.O.M. Aix-en-Provence.
  43. Pléville-Le-Pelley : mousse, corsaire, officier de vaisseau, amiral, ministre de la Marine, 1726-1805, Fougeray Du Coudrey Raoul, A. Dior (Granville) 1905.
  44. La société martiniquaise aux XVII et XVIIIe siècles: 1664-1789, Hommes et sociétés, Léo Élisabeth, KARTHALA Editions, 2003, p.411.
  45. Pléville-Le-Pelley : mousse, corsaire, officier de vaisseau, amiral, ministre de la Marine, 1726-1805, Fougeray Du Coudrey Raoul, A. Dior (Granville) 1905.
  46. L'Île de France contemporaine, lettre-préface de Jules Lemaître, Rauville, Hervé de (1858-1935), Nouvelle librairie nationale (Paris), 1909, p.349.
  47. Renseignements pour servir à l'histoire de l'Île de France jusqu'à l'année 1810: inclusivement; précédés de notes sur la découverte de l'île, sur l'occupation hollandaise, etc, Adrien d'Epinay, Dupuy, 1890.
  48. Dictionnaire critique de biographie et d'histoire, Auguste Jal, H. Plon, 1867, p.196.
  49. Passagers
  50. Sources de l'histoire de l'Asie et de l'Océanie dans les archives et ...‎ de Commission française du Guide des sources de l'histoire des nations, International Council on Archives – 1981, Page 228 et 1864; DFC Pondichéry, n° 191, description des ouvrages faits pour mettre Pondichéry ... .
  51. Lorient, XVIIIe siècle, Numéro 2 de Cahiers de la Compagnie des Indes, Florence D'Souza, Musée de la Compagnie des Indes, 1997.
  52. Archives du dépôt des fortifications des colonies: Indes, Archives nationales (France), Alexis Rinckenbach, Centre des archives d'Outre-Mer, 1998, pp. 42, 72, 121... : 25 septembre 1782. Éch. [1/1800]. Cartouche. Lég. Dim. 1060 x 580.
  53. Almanach américain, ou État physique, politique, ecclésiastique & militaire de l'Amérique ..., chez Lamy, 1784, p.130.
  54. George Alexander Ballard, The last Battle fleet struggle in the bay of Bengal, The Mariner's Mirror, vol. 13, 1927.
  55. Volume 2 de Guide des sources de l'histoire des Nations, Sources de l'histoire de l'Asie et de l'Océanie dans les archives et bibliothèques françaises, International Council on Archives, Saur, 1992, p.96.
  56. Dictionnaire des marins francs-maçons, Gens de mer et professions connexes aux XVIIIe, XIXe et XXe siècles : Travaux de la loge maritime de recherche La Pérouse - Kronos N° 56, Jean-Marc Van Hille, L'Harmattan, 2011.
  57. Dictionnaire des marins francs-maçons, Gens de mer et professions connexes aux XVIIIe, XIXe et XXe siècles : Travaux de la loge maritime de recherche La Pérouse - Kronos N° 56, Jean-Marc Van Hille, L'Harmattan, 2011.
  58. Grand dictionnaire historique de Moreri.
  59. Dictionnaire des marins francs-maçons, Gens de mer et professions connexes aux XVIIIe, XIXe et XXe siècles : Travaux de la loge maritime de recherche La Pérouse - Kronos N° 56, Jean-Marc Van Hille, L'Harmattan, 2011.
  60. Lorient, XVIIIe siècle, Numéro 2 de Cahiers de la Compagnie des Indes, Florence D'Souza, Musée de la Compagnie des Indes, 1997.
  61. Volume 2 de Guide des sources de l'histoire des Nations, Sources de l'histoire de l'Asie et de l'Océanie dans les archives et bibliothèques françaises, International Council on Archives, Saur, 1992, p.96.
  62. Présences françaises outre-mer, XVIe-XXIe siècles, Hommes et sociétés, Volume 1, Philippe Bonnichon, Pierre Gény, Académie des sciences d'outre-mer, Jean Nemo, KARTHALA Editions, 2012. p. 335.
  63. Lorient, XVIIIe siècle, Numéro 2 de Cahiers de la Compagnie des Indes, Florence D'Souza, Musée de la Compagnie des Indes, 1997 et Indo-French relations, Volume 2 de Indian council of historical research. Monograph series, Volume 2 de Monograph series, K. S. Mathew et S. Jeyaseela Stephen, Pragati Publications in association with Indian Council of Historical Research, 1999, p.127.
  64. Présences françaises outre-mer, XVIe-XXIe siècles, Hommes et sociétés, Volume 1, Philippe Bonnichon, Pierre Gény, Académie des sciences d'outre-mer, Jean Nemo, KARTHALA Editions, 2012. p. 335.
  65. Archives du dépôt des fortifications des colonies: Indes, Archives nationales (France), Alexis Rinckenbach, Centre des archives d'Outre-Mer, 1998, pp. 42, 72, 121....
  66. Xavier de Golbéry, Fragmens d'un voyage en Afrique pendant les années 1785, 1786 et 1787.
  67. Présences françaises outre-mer, XVIe-XXIe siècles, Hommes et sociétés, Volume 1, Philippe Bonnichon, Pierre Gény, Académie des sciences d'outre-mer, Jean Nemo, KARTHALA Editions, 2012. p. 335.
  68. Présences françaises outre-mer, XVIe-XXIe siècles, Hommes et sociétés, Volume 1, Philippe Bonnichon, Pierre Gény, Académie des sciences d'outre-mer, Jean Nemo, KARTHALA Editions, 2012. p.335.
  69. Voyage au Sénégal pendant les années 1784 et 1785 D'après les mémoires de Lajaille, ancien officier de la Marine française
  70. Présences françaises outre-mer, XVIe-XXIe siècles, Hommes et sociétés, Volume 1, Philippe Bonnichon, Pierre Gény, Académie des sciences d'outre-mer, Jean Nemo, KARTHALA Editions, 2012. p.335.
  71. Présences françaises outre-mer, XVIe-XXIe siècles, Hommes et sociétés, Volume 1, Philippe Bonnichon, Pierre Gény, Académie des sciences d'outre-mer, Jean Nemo, KARTHALA Editions, 2012. p.335.
  72. Saint-Louis du Sénégal : Mort ou naissance ?, Régine Bonnardel, L'Harmattan, 1993.


Cet article est écrit en partie à partir de son imposant dossier militaire qui comporte 89 pages et vient d'être numérisé par le Centre des Archives d'Outre Mer, à Aix-en-Provence :

Rambaud, Benoît Thérèse, lieutenant aux volontaires étrangers de la Marine, capitaine au régiment de Pondichéry, commandant particulier au Sénégal (1764/1787). Cote de référence FR ANOM COL E 345.


Benoît de Rambaud écrit un Mémoire pour servir au plan de Trinquemalay

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