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Bataille de la Berre (737)

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                       Bataille de la Berre (737)




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Plan de la Bataille de la Berre.

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Vallée de la Berre.

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Le champ de bataille vu de l'Ermitage Saint Victor.

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Bataille de la Berre (737).

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Le Château du Castellas à Montredon-des-Corbières, sous les murs duquel a lieu la bataille de la Berre.

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Après la bataille.

La Bataille de la Berre (737) est confondue sans doute par beaucoup d'auteurs avec celle la Bataille de Poitiers (732) et entourée dans leur récit de beaucoup d'éléments légendaires, sans incidence pour notre propos[1].


Frédégaire, Chronique..., p. 225 :

Haec audientes maiores natu et principes Sarracenorum, qui commorabantur eo tempore in regione Spaniarum, coadunato exercito hostium, cum alio rege Amormacha nomine ...[2].

L'armée djihadiste craignant sans doute de ne pas trouver libres les passages des Pyrénées, s'est embarquée en Catalogne, avec le projet de remonter l'Aude jusqu'au Siège de Narbonne. Mais les Francs ont garni ce fleuve d'estacades et de pieux, pour empêcher tout secours d'arriver à la ville assiégée.

Les Arabes, frustrés dans leur espoir, débarquent sur la côte. Charles Martel, laissant une partie de son armée au Siège de Narbonne, marche avec le reste au devant des Arabes, qu'il rencontre sur les bords de la Berre, à deux milles de la mer et à sept de Narbonne. C'est la Bataille de la Berre.

On a des récits de la bataille que gagne Charles Martel, en 737, sur l'armée sarrazine d'Omar (43). Il est clairement indiqué que les combats décisifs se déroulent en bordure de la Berre, au voisinage d'un palais et d'un étang. Plus précisément, selon les historiens, en face de Pech Maho sur le plateau de Gratias, délimité par les anciens étangs de la Deume et de la plaine du Lac[3].

Charles, engageant sur-le-champ le combat avec sa vigueur et sa promptitude accoutumée, fend lui-même la tête du chef des armées arabes d'un coup de sa francisque, et les Arabes, privés de leur chef, ne tardent pas à lâcher pied. Les Francs en massacrent une partie pendant qu'ils cherchent à regagner leurs vaisseaux. D'autres se noient dans les marais salants qui bordent celte côte empestée. Seul un petit nombre enfin, se frayant un passage l'épée à la main, parvient à travers mille dangers à se jeter dans Narbonne.

Le califat estimait qu'il lui faudrait une génération, mais Martel réussit en cinq ans.

Charles Martel, pour la première fois, équipe sa cavalerie lourde avec des étriers. Préparé pour faire face à la phalange franque, les musulmans ne sont pas préparés pour faire face à une force mixte de cavalerie lourde et d'infanterie dans une phalange. La capacité qu'a Charles à coordonner infanterie et cavalerie est inégalée à cette époque et lui permet de faire face à la supériorité du nombre d'envahisseurs, et de les vaincre de façon décisive encore et encore. Certains historiens pensent que la Bataille de la Berre est une victoire aussi importante pour l'Europe chrétienne que la Bataille de Poitiers (732).

Charles Martel prend pas la ville. Les historiens militaires croient qu'il aurait pu la prendre, mais le chef des Francs croit que sa vie touche à sa fin, et qu'il va avoir beaucoup de travail à faire pour préparer ses fils à prendre le contrôle du royaume franc. Le roi Thierry IV vient de mourir, et Charles doit déjouer les intrigues de certains grands aristocrates, ses rivaux.

Ses soldats, gorgés de butin, ont hâte de s'en retourner chez eux, jouir des fruits de leur conquête. En outre, le duc aquitain Hunald menace ses lignes de communication avec le nord, afin de le décider à se retirer de la Septimanie et de détruire plusieurs bastions (Béziers, Agde, etc.).

Les Francs brûlent pendant leur retraite Agde, Marguelonne et Béziers pour éviter qu’elles redeviennent des forteresses arabes[4].

Malgré ce repli temporaire la Bataille de la Berre conforte la présence franque sur les bords de la Méditerranée. Car, Charles Martel revient avec ses troupes et une armée que Liutprand, roi des Lombards, lui envoie. Il va faire le Siège de Narbonne, mais à nouveau ne pas prendre la ville. Toutefois les musulmans ne sont plus présents que dans cette forteresse et une partie des campagnes environnantes.

NOTES ET RÉFÉRENCES Modifier

.

  1. Guerre et société au moyen âge: Byzance-occident, VIIIe-XIIIe siècle, Volume 31 de Monographies (Centre de recherche d'histoire et civilisation de Byzance, Dominique Barthélemy, Jean-Claude Cheynet, Association des amis du centre d'histoire et civilisation de Byzance, 2010.
  2. Charlemagne et Mahomet. En Espagne (VIIIe-IXe siècles), Folio histoire, Philippe Sénac, Editions Gallimard.
  3. Revue archéologique de Narbonnaise, Volumes 21 à 22, Université de Montpellier. Faculté des lettres et sciences humaines, Editions du Centre national de la recherche scientifique, 1989.
  4. La France et la Méditerranée : vingt-sept siècles d'interdépendance, Irad Malkin, BRILL, 1990.

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