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                           Bataille de Poitiers (732)




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Charles Martel à la bataille de Poitiers.

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Mort du wāli Abd ar-Rahman, dans son camp, d'un jet de lance lors de la bataille de Poitiers.

Les musulmans ayant fait irruption en Aquitaine, l'an 721, Eudes d'Aquitaine marche contre eux, et les bat à la Bataille de Toulouse (721).

La bataille de Covadonga (722), gagnée par Pelayo des Asturies, a lieu le 28 mai 722 à côté de Cangas de Onis, dans les Asturies[1]. Elle marque le début de la Reconquista.

En 732, le nouveau gouverneur d'Espagne, l'émir de Cordoue Abd ar-Rahman envahit le territoire basque, puis aux confins de la Vasconie et de l’Aquitaine il écrase complètement les Aquitains. Il brûle les faubourgs de Bordeaux. C'est la Bataille de Bordeaux (732). Après cette victoire les Maures foncent vers la vallée de la Loire en ravageant toutes les villes qu’ils traversent jusques et y compris ceux de Poitiers

Charles Martel, appelé au secours par Eudes d'Aquitaine, les rencontrent avec une armée d’Austrasiens, de Burgondes[2], et les survivants des armées d'Aquitaine, à Moussais-la-Bataille (Vouneuil-sur-Vienne), le 25 octobre 732[3]. près du Vieux Poitiers, commune de Cenon.

La bataille de Poitiers (ou de Tours pour certains auteurs) devient dans des sources arabes la bataille du Pavé des Martyrs. Cette victoire de Charles Martel lui vaut le surnom de Martellus(marteau), peut-être en souvenir de Judas Maccabée (maqabet signifiant marteau). Abd ar-Rahman est tué lors du combat.

Le retentissement est immédiat des deux côtés. Les chroniqueurs du IXe siècle, puis les auteurs de chansons de geste, montrent que Charles peut s'imposer face à la dynastie mérovingienne et l'établissement de la dynastie carolingienne. Comme la bataille de Covadonga (722) Poitiers est un symbole pour la lutte de l'Europe chrétienne face aux musulmans. Les historiens contemporains sont divisés quand à l'importance réelle de la bataille de Poitiers dans l'arrêt de l'invincibilité de la conquête par les musulmans. L'historien allemand Leopold von Ranke remarque que Poitiers est un tournant dans l'histoire[4]. Gibbon voit en Charles Martel le sauveur de la chrétienté, comme la Britannica Online Encyclopedia

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Épées franques.

LE CONTEXTE HISTORIQUE Modifier

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La conquête du sud de la Gaule et les raids Modifier

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Bataille de Toulouse (721).

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Siège de Carcassonne, aux mains des Sarrazins, par les Francs (725).

Les musulmans ayant fait irruption en Aquitaine, l'an 721, Eudes d'Aquitaine marche contre eux, et les bat à la Bataille de Toulouse (721), le 9 juin 721, entre Toulouse et Carcassonne. L'armée d'al-Andalus, jusqu'ici invaincue, est sous la direction du wali Al-Samh.

Les troupes musulmanes franchissent les Pyrénées dès 716 et prennent Narbonne en 719. Seule cette cuisante défaite des maures permet d'arrêter le Djihad, en Europe de l'Ouest, pendant un peu plus d'une décennie. Cette victoire permet à Charles Martel d'avoir assez de temps pour se préparer à l'attaque des Sarrasins. Elle se termine par la mort du gouverneur arabe de al-Andalus, Al-Samh, et la défaite d'une grande armée. Toulouse n'est pas un raid mené par quelques cavaliers maures. Mais les Omeyyades, à l'ouest de la Septimanie, continuent d'être maîtres du terrain. Eudes d'Aquitaine met deux fois en déroute l'émir Anbasa ibn Suhaym Al-Kalbi, en 725 et 726. Les Sarrasins conservent néanmoins Nîmes et Carcassonne (725)[5].

Moins connue que celle de Poitiers, en 732, la victoire de Toulouse joue un rôle déterminant pour l’avenir de la France[6]. La victoire de Covadonga (722) va être tout aussi totale. Comme la bataille de Toulouse (721), ce sont de grandes victoires à l'origine de la Reconquista espagnole et de la Reconquèsta occitane.

Malgré cette victoire, les razzias de plus en plus fréquentes des Musulmans, tant en Aquitaine que dans la vallée du Rhône – à l’instar du sac d’Autun en 725 – accroissent la menace... La menace musulmane persiste pendant des siècles. Dans les Alpes et en Provence les Maures vont terroriser et piller ces régions pendant des siècles. Sur les mers et les zones côtières les pirates barbaresques vont tuer et envoyer en esclavage les marins et les riverains de nos côtes jusqu'en 1830.

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Principales expéditions musulmanes de l'autre côté des Pyrénées.

Les débuts de la Reconquista Modifier

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Bataille de Covadonga (été 722).

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Statue de Pelayo à Covadonga.

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La défaite des Maures à Covadonga.

La bataille de Covadonga (722), gagnée par Pelayo des Asturies, a lieu le 28 mai 722 à côté de Cangas de Onis, dans les Asturies[7]. Elle marque le début de la Reconquista.

Le Akhbar Madjmu'a, recueil de récits historiques (XIe siècle) prétend qu'Uqba ibn al-Hachchach al-Saluli, seizième wali de Al-Andalus (734-741), conquiert Narbonne et la Galice, Álava et Pampelune, à l'exception de la sierra, en la cual se había refugiado con 300 hombres un rey llamado Belay, que les musulmans vont constamment harceler jusqu'à ce que leur nombre soit réduit à 30 hombres, que no tenian 10 mujeres[8].

Pelayo et ses guerriers affrontent sans cesse les Sarrasins :

Sur la Deva, rivière de Guipuzcoa, Pelayo remporte sa première sur les Arabes en 719[9].

28 mai 722 : Pelayo défait les forces maures de Cordoue à la bataille de Covadonga.

De là il poursuit les Maures jusqu'au León.

Le Simposio de Covadonga, en 2001, a une nouvelle vision des débuts de la Reconquista :

La bataille de Covadonga n'est pas le fait d'un peuple astur nouveau, par opposition aux anciens dominateurs wisigoths, mais bien comme l'affirme les chroniques asturiennes celles de nobles wisigoths et que la résistance de Pelayo doit se concevoir comme une actuation propre à un ancien domaine de l'ancien royaume de Tolède[10].

Pourtant pour des légendes datant du XXe siècle se répandent en notre début de siècle. Pelayo est dit soit d'origines soit cantabres, soit hispano-romaines. Ces soi-disant historiens se fient à Al Maqqari (1591 - 1632), l'équivalent de nos hagiographes, vivant au XVIIe siècle. Il sait - parait-il - que Pelayo est d'origine asturienne, et le premier d'entre eux. Comme pour la Bataille de Poitiers (732) ce propagandiste décrit la bataille de Covadonga (722) comme une embuscade, une escarmouche contre le Djihad. Ses soi-disant historiens se réjouissent que Al Maqqari Ibn Khaldoun compare Pelayo l'asturien, à un âne sauvage. Il s'agit là d'écrits haineux rédigés à une époque où huit siècles plus tard est bien oubliée en Egypte. Al Maqqari (1591 - 1632) ne comprend rien à l'aristocratie gothe et peste contre un ennemi du Djihad. Les plumitifs qui pensent que son surnom, el-Rumi, le romain, correspond à des origines romaines sont des ignares. Pour les Sarrasins les roumis désignent tous les Européens et même des séfarades ont comme patronyme Roumi.

Pelayo des Asturies est Wisigoth et la bataille de Covadonga (722) n'est pas une escarmouche ou une légende, mais une bataille dont le récit est établi par la Crónica de Alfonso III (887) et les études approfondies de Claudio Sanchez Albornoz[11].

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Lac de Enol, Lacs de Covadonga, Parque Nacional de Picos de Europa, Asturias.

L'invasion musulmane de la Gaule (printemps 732) Modifier

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Les préparatifs (hiver 731/732) Modifier

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Eudes d'Aquitaine.

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Guerriers musulmans au début du VIIIe siècle.

Charles Martel, qui veut faire de lui un vassal, accuse Eudes d'Aquitaine de trahison, disant qu'il est un allié des infidèles. Ces guerres fratricides encouragent les Maures à attaquer la Gaule.

Après la défaite de Munusa, Abd ar-Rahman décide de s'en prendre à Eudes d'Aquitaine, son beau-père.

En 732, le nouveau gouverneur a un plan plus ambitieux : conquérir la Gaule. Le chef musulman avant de partir en Gaule par une sage politique pacifie le reste d’al-Andalus.

Abd ar-Rahman ibn Abd Allah al-Ghâfiki peut alors partir conquérir la Gaule, ou si elle résiste la piller et regagner al-Andalus. Il sait que l'entreprise va être difficile. En conséquence il sollicite des gouverneurs de l'Afrique et de l'Egypte de grands renforts de troupes, indépendamment des guerriers volontaires qu'il cherche à attirer de partout sous ses drapeaux par des promesses de récompense et de butin.

Mais, le wali rassemble surtout le gros de ses troupes sur le haut de la vallée de l'Ebre pour attaquer la Gaule[12]. Son armée compte 70/80.000 hommes[13], dont environ 50.000 cavaliers[14]. Ils arrivent des milliers de recrues : 

Des guerriers et des aventuriers de tous pays, des chaînes de l’Atlas, des sables d’Afrique, des bords du Nil, de Syrie, d’Arabie. Un flux disparate, coloré, cruel et décidé. Beaucoup de Mozarabes et de juifs constituaient l’infanterie musulmane. A ces mercenaires s’ajoutaient des captifs chrétiens, ralliés à l’islamisme et recherchés pour leur bravoure. Enfin des Berbères, de très importants éléments berbères[15].

Une progression inquiétante (mai 732) Modifier

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Col de Roncevaux.

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La fin d'un monde.

Vers le commencement du mois de mai de l'année 732 Abd ar-Rahman traverse les Pyrénées et pénètre en Gaule. Les Pyrénées ne sont à cette époque guère praticables plus tôt pour une armée formée en partie d’Africains et d'Arabes. Le plan d'Abd ar-Rahman est de fondre directement du haut des Pyrénées sur la Vasconie et sur l'Aquitaine.

Abd ar-Rahman passe par Roncevaux et une autre partie de son armée par la vallée de la Bidassoa[16]. Il supprime la résistance des montagnards basques, les prenant par surprise.

Ensuite, il se déplace le long de l'ancienne voie romaine en direction de Bordeaux. En chemin, il ravage la province de Bigorre, le Comminges et le Labour. Les principaux raids musulmans dévastent Oloron, Lescar, Bayonne, Auch, Dax et Aire-sur-l'Adour. Les musulmans brûlent l'abbaye de Saint-Sever[17] et Saint-Savin. Un certain Cid Osmin ben Arton se réjouit que les Arabes continuant leur route vers le nord traversent plusieurs provinces où ils font un riche butin. Mais un autre écrit nous dit que :

Cette armée est passée par tous les endroits comme une tempête de la désolation.

C'est aussi ce que disent toutes les sources primaires chrétiennes.

Les batailles de Bordeaux (juin 732) Modifier

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Reconstitution de Bordeaux à cette époque.

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Lieu de la bataille ? Bec d'Ambès, au confluent de la Garonne et de la Dordogne.

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Bataille contre les Sarrasins au début du VIIIe siècle.

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Prisonnier crucifié par des Sarrasins.

La Bataille de Bordeaux (732) met aux prises en 732 le Califat omeyyade et Eudes d'Aquitaine. La victoire qu'y obtiennent les Omeyyades leur permet de continuer leur campagne vers Poitiers.

Dans la plaine Eudes d'Aquitaine lui barre le passage. Il livre aux armées du calife plusieurs combats dans lesquels il est quelquefois vainqueur, mais le plus souvent vaincu. Le duc est obligé de reculer devant son adversaire de ville en ville, de rivière en rivière, de hauteur en hauteur, et est poussé jusqu'à la Garonne dans la direction de Bordeaux. Le duc Eudes est blessé plusieurs fois.

Les armées du wali se réunissent devant Bordeaux en juin[18].

Les Arabes prennent la ville de Bordeaux, après avoir battu le duc Eudes d'Aquitaine en dehors de la ville. Le duc Eudes essaie de repousser l'attaque des Arabes, mais est blessé plusieurs fois et est forcé de battre en retraite.

Le wali écrase Eudes d'Aquitaine devant Bordeaux, pille et dévaste les faubourgs de la ville[19] :

Tout y est pillé, incendié, les habitants sont massacrés[20].

Le butin est énorme. Les femmes et les enfants - encore vivants - sont envoyés en esclavage.

Néanmoins une partie de la garnison réussit à fuir le ville[21].

Non loin de la ville sur la rive gauche de la Garonne et de la Dordogne a lieu une deuxième Bataille de Bordeaux (732). Eudes concentre outre son comitatus, ses guerriers basques, les survivants de la garnison de Bordeaux et ses cavaliers gascons[22], sur la rive droite de la rivière. Il a en hâte rassemblé les restes de son armée, composée des survivants et tout ce qu'il a pu recruter ou arrive pour défendre notre terre.

Cependant, les troupes d'Abd ar-Rahman réussissent à traverser la rivière. Eudes courageusement se précipite sur l'ennemi, mais son armée mal organisée et entraînée est incapable de résister à un choc frontal. Ils s'enfuient. Selon la Chronique mozarabe, à cette Bataille de Bordeaux (732) tous les peuples de l'Aquitaine sont là, mais si Eudes réussit à rester en vie et libre sa défaite est totale. Il est écrit dans cette chronique :

Lat Solus Deus numerum morientium vel pereuntium recognoscat (= Dieu seul connaît le nombre des morts).

Une colonne détruit le monastère de Saint-Émilion, au nord de la Garonne et bat le comte de Libourne[23]. Les Sarrasins incendient Bazas, Bordeaux, Libourne.

Direction l'abbaye Saint-Martin de Tours (juillet 732) Modifier

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Prisonniers des Maures emmenés en esclavage dans un port de l'Ifrîqiya.

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L’armée islamique à Poitiers, en 732, avec en tête l’émir Abd ar-Rahman (le premier cavalier).

Abd ar-Rahman entame, en juillet, sa remontée vers Tours[24].

Personne ne peut plus retarder l'avance des Arabes vers le nord. Une autre colonne remonte le fleuve et prend Agen. Mais le but de Abd ar-Rahman est la célèbre abbaye Saint-Martin de Tours. Sur la route les Maures détruisent Périgueux, Saintes et Angoulême. Après cela, l'armée des Maures traverse le fleuve Charente.

La cavalerie musulmane du wali a la supériorité du nombre et est très mobile. Il dispose aussi d'une bonne infanterie. Du fait que les Arabes sont embarrassés par leurs butins, les Francs vont néanmoins avoir le temps de réunir une armée et de foncer sur Poitiers.

Laissant la Garonne derrière eux et prenant leur direction vers le nord, les Sarrasins se divisent en plusieurs bandes pour pouvoir mieux se ravitailler, et pour mieux piller le pays. Des légendes et traditions contemporaines, nous disent que l'une de ces bandes traverse le Limousin et qu'une autre pénètre jusqu'aux âpres montagnes d'où descendent le Tarn et la Loire. D’autres groupes de cavaliers pillent des parties de l'Aquitaine bien plus accessibles et riches. Dans le Rouergue, le Quercy et le Périgord, les chroniques latines ne parlent pas d’un raid, mais de continuelles chevauchées de musulmans brûlant et pillant villes et campagnes. Ces attaques rapides se poursuivent jusqu’en 731[25].

Abd ar-Rahman craignant peut-être les armées franques réunit alors ses forces jusque là éparses de divers côtés. Il veut prendre Tours, s’emparer du trésor de son abbaye Saint-Martin. Mais arrivé à Poitiers, il en trouve les portes fermées et la population en armes sur les remparts, décidée à se bien défendre. Il prend un faubourg, pille la basilique de Saint-Hilaire et les maisons, après quoi il y met le feu[26]. Mais, Abd ar-Rahman doit abandonner le siège et part attaquer Tours.

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Armée musulmane en Gaule.

LES FORCES EN PRÉSENCE Modifier

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Les Aquitains et les Maures Modifier

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Eudes d'Aquitaine.

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Eudes ordonne à tous ses nobles de le rejoindre.

Le rôle du duc Eudes d'Aquitaine, comme champion obligé de la chrétienté, est difficile à tenir. Les victoires qu'il remporte sur les Sarrasins semblent plutôt exalter qu'abattre leur ardeur conquérante.

Dès 725, Anbasa prend Carcassonne, selon Les Annales d’Aniane. Les habitants ne résistent pratiquement pas et livrent à l’envahisseur une partie de la population et un important butin[27].

Les Annales Fuldenses, les Annales Mettenses priores ou les Gesta Sanctorum Pattum Fontallensis font du duc Eudes un traître. Le récit du Continuateur de Frédégaire, nous dit aussi qu'Eudes d'Aquitaine trahit son accord avec Charles et s’allie aux musulmans[28].

Eudes d'Aquitaine va à Reims demander de l'aide à Charles Martel. Il le rencontre probablement du côté de Paris. Eudes, par un ban général, ordonne à tous ses nobles de le rejoindre avec leurs gens armés[29].

La conquête par les musulmans de l'Aquitaine et de la Septimanie, de la Provence et leurs raids en Bourgogne et en direction de Tours sont une catastrophe pour Eudes d'Aquitaine et une partie des populations du sud de l'ancienne Gaule. Eudes se sent Romain, donc supérieur aux Francs. Il est le plus grand défenseur de l'Eglise et est, selon Settipani, d'une famille de prélats. Pour lui les Francs sont des barbares païens qui viennent d'être convertis[30].

Les sources méridionales nous disent le contraire. Les historiens actuels pensent comme la Chronique de Moissac qu’il résiste aussi aux envahisseurs venus du sud et après ses défaites va demander de l’aide aux Francs. Selon la Critique Mozarabe, les destructions faites par les musulmans en Aquitaine sont bien réelles et Eudes d'Aquitaine n’est en rien leur allié[31].

Certes au début de l'invasion les envahisseurs sont considérés comme des libérateurs par certains Wisigoths. La Septimanie a son comte Julien, des Judmir, ou les équivalents des fils du comte Akhila. Certains juifs, victimes de discriminations, vont être dans toutes les villes leurs plus actifs alliés. Comme en Espagne, l’aide ou la passivité des populations indigènes, permettent à une poignée d’Arabes, encadrant quelques milliers de Berbères de s’installer en Gaule[32]. Mais rien ne permet d'affirmer que Eudes d'Aquitaine a trahi[33].

Les musulmans parlent de djîhad, mais aussi assez bizarrement d’une statue dans une vaste plaine qui leur dit de faire demi-tour pour éviter d’éventuelles divisions[34]. Ils n'en tiennent pas compte et cela va donner la Reconquista carolingienne et la révolte berbère.

Les Francs Modifier

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Eudes d'Aquitaine et Charles Martel.

Au nord de l’Aquitaine, Charles Martel est un ancien ennemi du duc Eudes d'Aquitaine. Il peut très bien annexer l’Aquitaine au royaume des Francs[35].

Par ses campagnes au nord de la Francie (720 - 732) et à l'est Charles Martel a l'occasion de discipliner son armée et de l'exercer à vaincre. En 731, Charles doit se préparer exclusivement à affronter un ennemi autrement plus redoutable venant du sud. 732, c’est un grand pas des musulmans conquérants vers le cœur de l'Europe. Jusqu'ici la Francie n'a pas pris vraiment conscience du danger.

Outre l'Aquitaine, les troupes musulmanes prennent aussi Nîmes et Arles, dévastent Lyon. Elles ravagent la Bourgogne. Mâcon et Beaune sont menacées. Les chroniques nous disent qu'ils mettent à sac la ville d'Autun le 22 août 725 et assiègent la ville de Sens. Philippe Sénac, dans Les carolingiens et al-Andalus: VIIIe -IXe siècles, nous dit que les musulmans attaquent Luxeuil, au sud des Vosges. D’autres bandes peu nombreuses sillonnent la Gaule. Elles font d’importants butins, détruisent des édifices religieux et surtout rapportent de précieuses informations sur ces lointaines contrées.

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Village franc au VIIIe siècle.

Avant la bataille de Poitiers (octobre 732) Modifier

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Le campement Omeyyade entre Tours et Poitiers 732

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Les musulmans arrivent sur le site de Moussais-la-Bataille.

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Un des plans de la bataille.

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Premiers combats.

Charles Martel réussit en peu de temps à rassembler une armée de cavaliers francs lourdement équipée. Elle se compose ses Francs, des troupes d'Eudes, et de quelques autres tribus germaniques: Alamans, Bavarois, Saxons, Frisons.

Eudes d'Aquitaine craint avec raison qu'il ne tourne désormais ses ambitions vers le sud de la Loire. Il accepte malgré tout de rapprocher leurs deux armées pour faire face à la menace musulmane. Il faut protéger l'abbaye Saint-Martin de Tours et la chrétienté de cet ennemi qui à Poitiers vient de piller et peut-être incendier l’église Saint-Hilaire le Grand[36].

Devant l'avancée des armées de Charles Martel et d'Eudes, Abd ar-Rahman arrête sa progression le 17 octobre 732 et se replie.

L'immense train de butin, de bagages, de prisonniers qu’il veut vendre comme esclaves, rend son début de retraite très lent. Finalement, c’est à côté de Châtellerault, à Moussais-la-Bataille, hameau de Vouneuil-sur-Vienne[37], qu’il décide d'attendre les chrétiens. Isidore de Béja parle de cette bataille à partir du témoignage d'un arabe témoin oculaire.

Quoi qu'il en soit, à la nouvelle de l'arrivée des Austrasiens, Abd ar-Rahman fait un mouvement rétrograde, pour concentrer ses forces. Il établit les non-combattants et le butin, dans un camp formé à la hâte. Ses soldats sont placés, en arrière du point où est actuellement le bourg de Moussais, la gauche appuyée sur le Clain, le centre sur la voie romaine, et la droite sur la hauteur où se trouve la ferme de La Bataille.

Ainsi, par ces dispositions, les Arabes présentent une vaste courbure, embrassant l'ancienne civitas de Poitiers, dans lequel ils croient, suivant l'usage des formations orientales, entourer leurs adversaires, par le rapprochement de leurs ailes.

L'armée austrasienne passe la Vienne et se forme dans les plaines, en avant de Moussais. Les Francs constitue la portion d'élite de cette armée, la mieux armée, la plus belliqueuse et la plus imposante. C'est la première fois que les Arabes les combattent sur un champ de bataille. Tout permet de croire que ces derniers n'ont point vu jusque là d'armée en si belle ordonnance, tant de guerriers de si haute stature, décorés de si riches baudriers, couverts de si fortes cottes de maille, de boucliers si brillants...

Les historiens musulmans parlent eux-aussi d’une armée innombrable. Ils ne sont pas 1.500, comme le racontent certains romanciers politiquement corrects, mais peut-être 30.000 combattants. En face, les Mémoires de la Société des antiquaires de l'Ouest parle de 400.000 personnes de tous âges et de tous sexes composant la masse envahissante. Ce chiffre est énorme pour l’époque, même s’il inclut non seulement les serviteurs, les familles et les nombreux prisonniers chrétiens[38].

LA BATAILLE DE POITIERS (25 octobre 732) Modifier

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Le début de la bataille (17 octobre 732) Modifier

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Fantassins francs contre cavaliers arabes.

Le 17 octobre 732, selon Ivan Gobry, qui est aussi le premier jour du mois de Ramadan, les musulmans se décident à engager la Bataille de Poitiers (732), sur la voie romaine de Poitiers à Tours. Le lieu va être appelé Moussais-la-Bataille, du nom d'un chef arabe, Moussa, qui sans doute y succombe[39], afin de perpétuer le souvenir de ce mémorable événement.

Lorsque Charles Martel entend les troupes arabes approcher, il ordonne à ses soldats de se protéger derrière une série d'arbres les mettant à l'abri des projectiles ennemis[40].

Pendant six jours, les cavaliers musulmans et les fantassins chrétiens s'observent et se livrent juste quelques escarmouches[41].

Le 25 octobre 732 Modifier

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Une vision caricaturale du 10 octobre 732, la victoire de Charles Martel à Poitiers (Illustration de Job).

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Abd ar-Rahman est tué à la bataille de Poitiers.

Finalement ce sont les Maures qui attaquent le samedi 25 octobre 732. Ils n’ont pas de cuirasse et leurs adversaires sont les robustes soldats de Charles. L’infanterie franque a reçu pour ordre de rester coûte que coûte en lignes serrées et compactes.

Les cavaliers sarrasins sont très courageux. Ils ont les meilleurs chevaux de l’époque et puis surtout ils viennent de vaincre toutes les armées du bassin méditerranéen. Les Wisigoths n’ont su que se réfugier dans des montagnes facilement défendables et dont la pauvreté n’attire pas les musulmans. Toutefois la Bataille de Toulouse (721) et la bataille de Covadonga (722) leur ont fait comprendre qu'ils ne sont pas invincibles.

Vingt fois les cavaliers et les fantassins d’Abd ar-Rahman sont repoussés. Le premier choc est terrible :

la race du midi eut d'abord l'avantage; mais celle du nord reprit le dessus, et des efforts d'une valeur indicible furent faits de part et d'autre.

La fougue des cavaliers orientaux finit par se briser contre les armures d'acier des fantassins septentrionaux. Ceux-ci, formés en palissade comme un mur immobile, l'épée au poing et tel un rempart de glace, les lances pointées en avant des boucliers, attendent le choc[42]. Il semble que l'image ait quelque chose de juste dans la mesure où c'est bien la solidité des lignes franques qui impressionne les troupes arabo-berbères.

L'attaque du camp d'Abd ar-Rahman Modifier

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Attaque du camp d'Abd ar-Rahman, par Eudes.

Puis la cavalerie de Charles Martel attaquent les musulmans. La mêlée s'engage et les Francs parviennent à faire refluer leurs opposants. Ceux-ci n'ont pas l'occasion d'attaquer une seconde fois car de son côté les Vascons, commandés par Eudes d'Aquitaine, prennent l'ennemi à revers et se jettent sur le camp musulman.

Croyant leur butin et leurs familles menacés[43], les combattants maures regagnent leur campement. Ils subissent de très lourdes pertes. Apercevant le mouvement rétrograde de cette portion de son armée Abd ar-Rahman court rétablir le combat; mais il y trouve la mort. Le désordre s'étant mis aussitôt parmi les siens, la déroute devient complète.

La nuit seule, qui survient bientôt, empêche l'entière destruction de cette horde arabe, qui se retire, par essaims, vers les Pyrénées ou la Septimanie.

Les survivants, obligés de regagner le sud des Pyrénées vont être attaqués par les Vascons au passage des cols.

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La charge de l’armée arabo-islamique Omeyyade lors de la bataille de Poitiers.

APRÈS POITIERS Modifier

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Les conséquences de la bataille Modifier

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A Moussais Modifier

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Dans plusieurs endroits autour de l'ancienne civitas de Poitiers, des traditions populaires et le type ethnique des habitants montrent que certains vaincus ont une descendance lointaine.

On prétend, à Moussais, que le point appelé Le Ravin de la mort, est celui où est tué et La Fosse au Roi celui où est inhumé le chef arabe, Abd ar-Rahman. Des recherches entreprises ne révèlent que quelques squelettes dont les pieds orientés en direction de La Mecque peuvent laisser supposer qu’il s’agit bien de musulmans[44].

Aujourd'hui encore, la légende dit que des vents mauvais soufflent dans la zone du Ravin de la mort, en octobre, donnant des maladies au bétail et provoquant des accidents de voiture[45].

La tombelle de Cheneau date aussi probablement de la grande victoire de Charles Martel et d'Eudes d'Aquitaine.

Les paysans, notamment ceux de La Ferme de la bataille, en labourant leurs champs découvrent encore des armes, des armures, et des squelettes humains. Il y aussi Le virage des cinq Maures, à Vouneuil[46]. On entend disent les légendes les plaintes des cinq Sarrasins, morts noyés en fuyant avec le fruit de leurs larcins[47].

Les descendants des Arabes? Modifier

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Pierre Laval fait partie de ces Français d'origines peut-être arabes.

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Cathédrale Saint Pierre de Saintes : statue de Charlemagne en hommage à Charlemagne qui a chassé les Arabes de la ville (vandalisée pendant la Révolution).

La Vie de Saint Pardulphe nous dit que les fuyards vont se réfugier à Narbonne. Au passage, ils ravagent à nouveau le Rouergue, le Quercy et le Velay. On peut toutefois en douter. Le gouverneur doit faire venir des troupes pour défendre la Septimanie musulmane. Si c’est le cas, il est fort possible qu’une partie des vaincus se soient fondus dans la population des provinces environnantes et pas obligatoirement comme esclaves.

Bien avant l’arrivée des premières vagues migratoires nord-africaines en France, en 1892, la Géographie de la France, de Gasquet, écrit à propos des Berbères :

Leur type se rapproche des vieilles populations du plateau central de l’Auvergne et de la Bretagne.

Éliane Itti, cite cette comparaison dans son étude sur L'image des civilisations francophones dans les manuels scolaires: Des colonies à la francophonie, en 2003. Le Centre d'études de politique étrangère écrit en 1939 :

Combien d'hommes d'Auvergne, du Lot, du Tarn, dont le type est identique à celui des Berbères de l'Atlas !

Michelet lui-même écrit :

on prendrait les Auvergnats pour une race méridionale.

Ce genre de réflexions se retrouve de nos jours dans les articles de journaux qui parlent du remplacement des patrons de bistrots parisiens d'origines auvergnats par des Kabyles qui leur ressemblent. On a aussi le cas de Laval qui n'a rien d'un Gaulois !

Toutefois, les populations pré-celtiques dans le sud-ouest, la présence des Gitans, de séfarades, l’expulsion des musulmans de l’Espagne très catholique, les rares populations noires des colonies sur la façade atlantique, les échanges avec les pays méditerranéens peuvent aussi expliquer le type nord-africain de certains de nos proches non issus de l’émigration et qui se sont battus depuis des siècles pour la France et sont parfois des gens qui contribuent à la grandeur de la France.

La Chronique de Saint-Denis dit que le duc d'Aquitaine poursuit les Sarrasins, mais que c'est l'empereur Charlemagne qui élimine les descendants des survivants.

La traque des vaincus ??? Modifier

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Achard chassant les Arabes d'Angoulême.

La Chronique mozarabe nous dit que les Francs ne semblent pas préoccupés par la poursuite. Ils retournent dans leur pays en vainqueurs.

La Chronique de Saint-Denis nous explique que Charles Martel se contente des tentes de ses ennemis, de leur équipement et emmène une partie de ce que Sarrasins ont pillé. Après avoir divisé le butin, Charles Martel rentre chez lui. D'ailleurs, les écrits contemporains sont muets sur des pillages faits par les Francs en Aquitaine peu après la bataille. Charles laisse Eudes combattre seul les Sarrasins. Il les a combattu surtout pour défendre les trésors de la basilique Saint-Martin et la Fracie[48].

Se basant sur les chroniques des historiens pensent qu'Eudes d'Aquitaine poursuit les Maures en retraite. On peut se poser des questions sur l'efficacité de cette traque. Beaucoup de musulmans survivent à cette bataille et s'installent de la Touraine à l'Angoumois.

Charles Martel et l'Église Modifier

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Prêtre bénissant les troupes de Charles Martel.

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Sarrasins.

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Puvis de Chavannes, Charles Martel, l'Eglise et les prisonniers sarrasins, en 732.

Charles Martel est menacé en 732 d'excommunication, mais paradoxalement est reconnu par l'Église comme son principal protecteur.

Cette victoire est considérée comme une grande victoire de la chrétienté. Charles Martel fait figure de sauveur de l'Europe. Après avoir remporté la victoire, il écrit au pape Grégoire III lui annonçant l'heureuse nouvelle. C'est de là que vient à Charles Martel le titre de Très Chrétien, accordé par le pape et auquel ont droit tous ses successeurs. Le Pape le nomme subregulus ce qui est un statut proche de souverain[49]. C'est probablement à cette occasion que le chef des Francs gagne le surnom de Martel. C’est sans doute une allusion au Judas Macchabée (= marteau) de la Bible qui défendit son peuple avec vaillance.

Après la Bataille de Poitiers, c'est à cet homme nouveau, libéré de ses complexes neustriens et germains, que le pape va s'adresser directement. Et Charles Martel tourne dès lors ses regards vers la Bourgogne, la Provence et la Narbonnaise arabe. C'est comme une révélation pour le Saint-Siège qui voit en Charles Martel le champion d'une politique anti-arabe et méditerranéenne, la seule qui puisse prétendre à la conduite prépondérante de l'Occident[50]. Les combats de Charles Martel au sud de la Francie sont nombreux.





LA RECONQUESTA DU SUD-EST DE LA GAULE Modifier

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Guerres au sud de la Francie.

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Les campagnes de Charles Martel en Aquitaine.

Contrairement aux idées reçues la Bataille de Poitiers (732) n’arrête pas les raids musulmans sur la Gaule. Cette victoire des Francs arrête l'avance des Arabes en Europe de l'Ouest, mais Charles doit aller déloger les Arabes de Bourgogne, de Provence et de Septimanie[51]. Ces campagnes vont permettre à Charles Martel de réunir ces provinces par la suite françaises, notamment l'Aquitaine (736), la Bourgogne et la Provence (736-738), à la Francie.

Les musulmans en pillant et essayant d’annexer le sud de la Gaule, obligent Charles Martel à intervenir et châtier ces envahisseurs venus du sud et surtout les traîtres qui leur ont permis de s'implanter. Leurs biens sont distribués aux vainqueurs. L'aristocratie franque soumet la Provence à partir de 739.

Charles Martel réunit l'Aquitaine au royaume (736) Modifier

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Hunald d'Aquitaine.

Uqba ibn al-Hajjaj al-Salūlī (en arabe, عقبة بن الحجاج السلولي), s'impose wâlî de Al-Andalus (734-741). Il veut consolider le contrôle des Omeyyades sur l'ensemble de al-Andalus. Uqba conduit son armée à la frontière Nord, et prend Pampelune. Les dirigeants navarrais et les Francs fuient avant l'entrée des Arabes. Un cinquième des terres des Navarrais et des Basques vont au Trésor et les autres sont réparties entre les musulmans qui ont pris part à la campagne.

Au nord, en Aquitaine la distribution des cartes change en 735 en raison de la mort d'Eudes d'Aquitaine, qui a été forcé de reconnaître, quoique avec réserve, la suzeraineté de Charles en 719. Il se rend maître de l'Aquitaine jusqu'à la Garonne, puis de la Gascogne. Le Franc demande aux Aquitains de lui rendre hommage, la noblesse proclame duc le fils de Eudes, Hunald d'Aquitaine. Comme les Omeyyades envahissent la Provence, en 736 il prête serment de fidélité à Charles Martel et ses deux fils, Carloman et Pépin[52]. Car il ne peut espérer repousser les musulmans tout seul.


Charles Martel annexe la Bourgogne et la Provence (733-738) Modifier

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Les Sarrasins chassent les moines nîmois de leurs couvents (724).

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Les arènes d'Arles au début moyen-âge sont fortifiées du fait des attaques des musulmans.

Craignant une attaque des Sarrasins, en 733, Charles pénètre en Bourgogne, et soumet à son obéissance Lyon, et plusieurs autres villes. Il veut aussi réduire des principautés épiscopales nées de la désagrégation du pouvoir central au VIIModèle:Exp siècle[53].

Charles Martel met temporairement ses différents avec Hunald en attente. Il attaque les bastions provençaux des Omeyyades. La Provence, morcelée en une foule de petites seigneuries indépendantes, débris de l'ancien royaume de Burgundie, est facile à conquérir. Aussi Charles, dès 733, dirigeant ses armes de ce côté, s'est-il avancé sans obstacles jusqu'à la Durance, après s'être emparé chemin faisant de Lyon et d'Avignon. Mais il s'est arrêté devant Arles et Marseille, rappelé en Aquitaine par la mort d'Eudes d'Aquitaine. Selon la Chronique de Frédégaire, en 733, lorsque Charles Martel lance cette offensive dans le Lyonnais et la Provence il gagne, moyennant des postes stratégiques, le soutien de quelques grands aristocrates de la région. Parmi eux se trouve Abbon.

Les Arabes sont maîtres du sud de la Gaule jusqu'au Rhône. Mauronte, un des seigneurs les plus puissants de la Provence, qui apparaît dans la Chronique de Frédégaire en tant que duc de Marseille, appelle à l'aide le Sarrasin Yusuf ibn 'Abd al-Rahman al-Fihri, wali de Narbonne contre Charles Martel, et le fait venir en Provence (734)[54].

La Chronique de Moissac l'accuse d'avoir pillé les trésors de la ville et ravagé toute la province. Même si les chrétiens souffrent du fait de leur religion, Mauronte et d'autres chrétiens sont les alliés des mahométans. Ils les incitent à occuper des places fortes le long de la vallée du Rhône. Mauronte et ses pareils n’empêchent pas selon le Continuateur de Frédégaire la population avignonnaise de se défendre. En représailles la région est dévastée. Le gouverneur, Yusuf ibn 'Abd al-Rahman al-Fihri, prend l’année d’après Arles et pendant des années, il dépeuple la ville et ravage toute la province d’Arles, selon la Chronique de Moissac.

Les Arabes ont pourtant promis à la Provence paix et protection.

Mais ils ne se sont point interdit de faire sur les possessions franques au delà de la Durance de ces lucratives excursions qui forment alors la solde des armées. Grâce à des traîtres chrétiens, ils s'emparent sans coup férir d'Avignon, appelée par eux la roche d'Anyoun, parce que la ville n'occupe alors que la colline où s'élève aujourd'hui le Palais des Papes. Ils chassent les faibles garnisons bandes de Charles Martel de leurs domaines et dévastent tout le pays. Ils envoient des troupes qui traversent le Rhône, du fait de la trahison du duc de Marseille, Mauronte. Joignant à la force des armes, les ressources de la politique, le wâlî de Al-Andalus (734-741) se ménage des alliances, à la faveur desquelles les Musulmans pénètrent en Provence, en Dauphiné, et jusques dans le Lyonnais[55].


736 Modifier

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Liutprand, roi des Lombards, vient chasser les musulmans du sud de la Gaule.

Au printemps de 736, Charles Martel se met en route, au moment où les Arabes font des préparatifs pour une expédition en Aquitaine. Les Arabes ayant presque abandonné Lyon, situé hors des limites naturelles de leur domination en Gaule, Charles s'en empara sans coup férir.

Mais la garnison arabe se replie sur Avignon, qui, défendue d'ailleurs par sa position sur un roc escarpé, fait une vigoureuse résistance. En 736, Liutprand, roi des Lombards d'Italie, traverse les Alpes avec une armée pour aider Charles expulser les Maures d'Aix-en-Provence, Arles et Montfrin. A Arles ils brûlent la ville pour éviter son utilisation comme un bastion pour l'expansion des Omeyyades[56]. Nîmes, Agde et Béziers, tenues par l'Islam depuis 725, sont aussi reprises et leurs forteresses sont détruites.

Charles Martel libère les riches campagnes de la Septimanie, et marche droit sur Narbonne, pour attaquer ainsi dans son centre la puissance arabe dans les Gaules. Narbonne est assiégée par les Francs. Le wâlî Uqba ibn al-Hajjaj al-Salūlī envoie une armée qui met fin au siège. L'invasion arabe vient de la mer et secourt Narbonne. Ils cherchent aussi à se venger de la Bataille de Poitiers (732) et tentent une autre invasion de la Gaule[57]. Uqba dit fournir des secours aux fils d'Eudes d'Aquitaine contre les chrétiens.


737-738 Modifier

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La Citadelle assiégée, Commentaire d'Ezéchiel (Manuscrit carolingien).

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Les invasions arabes en France.

A peine Charles Martel a t-il quitté la Septimanie que Mauronte et les Arabes d'Arles, repassent la Durance et reprennent, au début de l'année 738, Avignon, que défend faiblement sa garnison franque. Tout le pays d'Avignon retombe au pouvoir des Arabes; il est même probable qu'ils poussent leurs conquêtes plus loin, pendant que les Francs sont occupés sur la frontière du nord à repousser les Saxons.

Toujours En 737, Childebrand est envoyé par son frère, pour reprendre la Provence. Il appelle en même temps à nouveau à son secours Liutbrand. Les deux chefs germains, rejoints par Charles, réunissent leurs forces devant Avignon. Charles a amené toutes les machines nécessaires pour un siège. La ville est emportée d'assaut. Les Francs la livrent aux flammes, après avoir passés au fil de l'épée les musulmans et les traîtres.

A défaut des chroniques franques, les traditions du pays nous apprennent qu'Arles ne cède pas sans résistance. Les Arabes chassés d'Arles repassent le Rhône, dont ils abandonnent aux Francs toute la rive gauche, pour se réfugier en Septimanie. Quelques bandes indisciplinées se retirent avec Mauronte à l'extrémité de la Provence. Charles les anéantit.

Charles partage à ses leudes une partie des riches domaines qu'ils viennent de conquérir. Mais les Provençaux qui n'ont pas aidé les djihadistes récupèrent leurs terres et celles des traitres.


Les Sarrasins vont revenir en Provence et n’être chassés que du temps de Guillaume le libérateur. Mais après cette reconquête les corsaires et pirates barbaresques vont continuer à attaquer régulièrement les populations côtières et les marins qui font des transports de marchandises ou de personnes et les pêcheurs. Ces attaques qui ne se limitent pas au bassin occidental de la Méditerranée vont amener un grand développement du commerce des esclaves européens dans le monde musulman, esclaves castrés souvent d'origines occitanes.


Les papes implorent la protection de Charles Martel Modifier

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Le Pape Grégoire III implore la protection de Charles Martel.

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Charles Martel.

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Le Pape Grégoire III présente à Charles Martel les clés du Saint-Sépulcre.

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Charles Martel à cheval.

En 729, les troupes de Luitprand et d’Eutychius se présentent devant Rome. Grégoire II (715-731) écrit à Charles Martel pour lui demander du secours, en vain[58].

Le Pape Grégoire III (731-741) écrit régulièrement au chef des Francs, comme son prédécesseu pour lui demander protection et l'assistance[59].

En 739, l'empereur Léon III tente de réduire l’autorité du Saint-Siège. Dans ce but, il envoie une flotte en Italie pour combattre les villes non soumises à ses ordres. Il étend les droits du patriarche de Constantinople sur toutes les régions (districts) de l’Italie du Sud et ne laisse au pape que la région du Nord que les Lombards ne cessent d'assaillir.

Alors, le pape invoque le secours de Charles Martel, pour repousser les Lombards, il met sous la protection des Francs toutes ses propriétés et leur demande de reconquérir l'Italie.

Toutefois, Charles n'a aucune envie d'aller combattre ses alliés contre les Sarrazins et ignore la demande papale. Néanmoins, les pouvoirs pontificaux pour la protection des Francs, le risque d'excommunication, et l'avenir de son fils et ses petit-fils, sans oublier la volonté d'agrandir le royaume en Italie font qu'il obéit à la papauté, et la protège.

C'est de là que vient à Charles Martel le titre de très chrétien accordé par le pape et auquel ont droit tous ses successeurs.

L'an 741, Charles reçoit deux nonces du pape Grégoire III (731-741), qui lui apportent les clefs du sépulcre de Saint-Pierre, avec d'autres présents considérables. Ils lui remettent en même temps une lettre de Grégoire de Mayence, par laquelle ce pontife le conjure de venir à nouveau au secours de la papauté, menacée par le roi Liutprand, en lui promettant de leur part de le créer consul, c'est-à-dire patrice de Rome, et de se soustraire à l'obéissance de l'empereur, pour se soumettre à lui. L'Annaliste de Metz dit même que Grégoire joint à sa lettre le décret des Romains qui réalise ces promesses.

Charles, après avoir fait un accueil très honorable à ces nonces, les fait accompagner, à leur retour, par l’abbé de Corbie, et Sigebert, reclus de Saint- Denis, chargés de riches présents pour le pape.

Le Pape écrit une lettre à Charles Martel, prince des Francs :

Je connais tes dispositions religieuses; tu les a prouvées, ô fils chéri en Jésus-Christ dans beaucoup d'occasions. Je montre donc à ta dignité chérie de Dieu que Boniface, éprouvé par sa foi et ses mœurs, a été consacré évêque par moi, et qu'il est désormais destiné à prêcher les peuples de la Germanie qui, vivant dans des contrées différentes, à l'est du Rhin, sont encore enveloppées dans les erreurs du paganisme; dans ce but, nous le recommandons à ta glorieuse bienveillance, afin que vous lui fournissiez tout ce qui est nécessaire, et que vous le défendiez de la manière la plus énergique contre tous les ennemis auxquels vous êtes supérieur avec Dieu.

Charles Martel répond à cette lettre par une ordonnance aux évêques, ducs, comtes, vicaires et autres fonctionnaires de l'empire[60].


Charles Martel est donc un fidèle défenseur de la papauté, un homme très pieux, qui avec ses armées, son peuple et leurs alliés luttent contre les païens et le musulmans. Voulant financer en partie ses guerres avec une infime partie des biens de l'Eglise il va avoir affaire à des ingrats le condamnant à la damnation éternelle.


Cette Bataille de Poitiers (732) permet à Charles Martel d'étendre son autorité à d'autres provinces françaises, notamment l'Aquitaine (736), la Bourgogne et la Provence (736 - 738)[61].

La Bataille de la Berre (737) est l’événement principal de cette Reconquesta.

Les rapports entre Charles de Herstal et l'Église sont très compliqués. La victoire sur les païens, celle sur les païens, les papes qui implorent et obtiennent la protection de Charles Martel, n'empêche l'Eglise de France de plus le haïr que les djihadistes.

En 739, le pape, certainement car il a presque chassé les musulmans de la Gaule, lui offre le titre de Consul, mais Charles refuse. Charles Martel est condamné à la damnation éternelle car il distribue une partie des biens des églises à sa noblesse qui défend en permanence le royaume.

NOTES ET RÉFÉRENCES Modifier

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  1. Histoire de l'Espagne: Des origines à nos jours, Philippe Nourry, Joseph Pérez, Tallandier 2013.
  2. Michel Rouche, L'Aquitaine : des Wisigoths aux Arabes, 418-781, naissance d'une région, Editions de l'EHESS (Paris) - Editions Jean Touzot (Paris) (1re éd. 1979), 776 p., ISBN 2-7132-0685-5 et 2-86433-006-7, p. 114-115, 361, 458.
  3. Coppée, Henry (1881/2002). History of the Conquest of Spain by the Arab Moors, With a Sketch of the Civilization Which They Achieved, and Imparted to Europe. Vol II. Gorgias Press. ISBN 1-931956-94-4.
  4. Leopold von Ranke History of the Reformation in Germany, George Routledge & Sons, 1905.
  5. Michel Dillange, Les comtes de Poitou, ducs d'Aquitaine : 778-1204, Mougon, Geste éd., coll. Histoire,‎ 1995.
  6. Anne Le Stang, Histoire de Toulouse illustrée, Toulouse, Le Pérégrinateur éditeur 2006.
  7. Histoire de l'Espagne: Des origines à nos jours, Philippe Nourry, Joseph Pérez, Tallandier 2013.
  8. Ajbar Machmua, p.38.
  9. Dictionnaire des grandes batailles dans le monde européen, Claude Merle, Flammarion.
  10. J. Montenegro et A Del Castillo, Pelayo y Covadonga: una revisión historiográfica, en La época de la monarquía asturiana (Simposio de Covadonga 2001), Oviedo, 2002.
  11. Histoire de l'Espagne: Des origines à nos jours, Philippe Nourry, Joseph Pérez, Tallandier 2013.
  12. Poitiers AD 732: Charles Martel Turns the Islamic Tide, Volume 190 de Campaign (Osprey Publishing), Volume 190 de Campaign Series, David Nicolle, Illustré par Graham Turner, Osprey Publishing, 2008. p.45.
  13. Matthew Bennett The Hutchinson Dictionary of Ancient & Medieval Warfare 1579581161 1998 p.319.
  14. EDWARD SHEPHERD CREASY, Chapter VII, THE BATTLE OF TOURS, A.D. 732
  15. Senac Philippe, Musulmans et Sarrasins dans le sud de la Gaule du VIIIe au XIe siècle, Le sycomore 1980.
  16. Poitiers AD 732: Charles Martel Turns the Islamic Tide, Volume 190 de Campaign (Osprey Publishing), Volume 190 de Campaign Series, David Nicolle, Illustré par Graham Turner, Osprey Publishing, 2008. p.45.
  17. Poitiers AD 732: Charles Martel Turns the Islamic Tide, Volume 190 de Campaign (Osprey Publishing), Volume 190 de Campaign Series, David Nicolle, Illustré par Graham Turner, Osprey Publishing, 2008. p.45.
  18. Poitiers AD 732: Charles Martel Turns the Islamic Tide, Volume 190 de Campaign (Osprey Publishing), Volume 190 de Campaign Series, David Nicolle, Illustré par Graham Turner, Osprey Publishing, 2008. p.45.
  19. La bataille de Poitiers : Naissance d’une figure héroïque: 50 minutes pour comprendre la bataille de Poitiers et ses enjeux, Volume 13 de Grandes Batailles, Aude Cirier, 50 Minutes, 2014. p.22.
  20. L'Histoire de France Pour les Nuls, Jean-Joseph JULAUD, Edi8 - First Editions, 2010.
  21. Poitiers AD 732: Charles Martel Turns the Islamic Tide, Volume 190 de Campaign (Osprey Publishing), Volume 190 de Campaign Series, David Nicolle, Illustré par Graham Turner, Osprey Publishing, 2008. p.45.
  22. Poitiers AD 732: Charles Martel Turns the Islamic Tide, Volume 190 de Campaign (Osprey Publishing), Volume 190 de Campaign Series, David Nicolle, Illustré par Graham Turner, Osprey Publishing, 2008. p.45.
  23. Poitiers AD 732: Charles Martel Turns the Islamic Tide, Volume 190 de Campaign (Osprey Publishing), Volume 190 de Campaign Series, David Nicolle, Illustré par Graham Turner, Osprey Publishing, 2008. p.45.
  24. La bataille de Poitiers : Naissance d’une figure héroïque: 50 minutes pour comprendre la bataille de Poitiers et ses enjeux, Volume 13 de Grandes Batailles, Aude Cirier, 50 Minutes, 2014. p.22.
  25. Senac Philippe, Musulmans et Sarrasins dans le sud de la Gaule du VIIIe -IXe siècle, Le sycomore 1980.
  26. Sophie Chautard, Les grandes batailles de l’histoire, Studyrama, 2005.
  27. Senac Philippe, Musulmans et Sarrasins dans le sud de la Gaule du VIIIe au XIe siècle, Le sycomore 1980.
  28. Senac Philippe, Musulmans et Sarrasins dans le sud de la Gaule du VIIIe au XIe siècle, Le sycomore 1980.
  29. Poitiers AD 732: Charles Martel Turns the Islamic Tide, Volume 190 de Campaign (Osprey Publishing), Volume 190 de Campaign Series, David Nicolle, Illustré par Graham Turner, Osprey Publishing, 2008. p.45.
  30. Moussais (86): la bataille de Poitiers en 732
  31. Senac Philippe, Musulmans et Sarrasins dans le sud de la Gaule du VIIIe au XIe siècle, Le sycomore 1980.
  32. Les carolingiens et al-Andalus: VIIIe -IXe siècles, Philippe Sénac, Maisonneuve & Larose, 2002.
  33. La France avant la France, Geneviève Bührer-Thierry et Charles Mériaux. "Histoire de France", collection en 13 volumes, sous la direction de Joël Cornette, Belin, 2014. p.297 et suivantes.
  34. Les carolingiens et al-Andalus: VIIIe -IXe, Philippe Sénac, Maisonneuve & Larose, 2002.
  35. Michel Rouche, L'Aquitaine des Wisigoths aux Arabes, 418-781 : naissance d'une région, Riché Pierre, Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, 1981, Volume 36, Numéro 6; pp. 1056-1057.
  36. Sophie Chautard, Les grandes batailles de l'histoire, Studyrama, coll. « Perspectives »,‎ 19 septembre 2005, p. 70.
  37. Le Gihad dans l'Islam médiéval, Alfred Morabia, Albin Michel, 2013, p.89.
  38. Mémoires de la Société des antiquaires de l'Ouest, 1845.
  39. Berbères et Arabes: la Berbérie est un pays européen, Bibliothèque historique, Édouard Brémond, Payot, 1950.
  40. Les grandes batailles de l'histoire, Volume 621 de Studyrama perspectives, Sophie Chautard, Studyrama, 2005. p.70.
  41. Élisabeth Carpentier, Les Batailles de Poitiers. Charles Martel et les Arabes, Geste Éditions, coll. « En 30 questions »,‎ 2000, p.16.
  42. Adriaan Vehulst, La construction carolingienne tiré de Histoire de la France des origines à nos jours, sous la direction de Georges Duby, Larousse, 2007, page 194.
  43. André Clot, L'Espagne musulmane, Perrin, 2004, ISBN 2-262-02301-8, p.33.
  44. La légende de la Fosse au Roi
  45. Les légendes populaires associées à la bataille
  46. La légende de la Fosse au Roi
  47. 52 Balades à vélo en Poitou-Charentes, Petit futé. Thématique guide, Jean-Paul Labourdette, Dominique Auzias. Petit Futé, 2006.
  48. La France avant la France, Geneviève Bührer-Thierry et Charles Mériaux. "Histoire de France", collection en 13 volumes, sous la direction de Joël Cornette, Belin, 2014. p.297 et suivantes.
  49. Sophie Chautard, Les grandes batailles de l'histoire, Studyrama, coll. « Perspectives »,‎ 19 septembre 2005, p.71.
  50. Charles Martel, Jean DEVIOSSE, Tallandier (2006).
  51. Sophie Chautard, Les grandes batailles de l'histoire, Studyrama, coll. « Perspectives »,‎ 19 septembre 2005, p.71.
  52. Michel Dillange, Les comtes de Poitou, ducs d'Aquitaine : 778-1204, Mougon, Geste éd., coll. « Histoire »,‎ 1995, p. 19.
  53. La France avant la France, Geneviève Bührer-Thierry et Charles Mériaux. "Histoire de France", collection en 13 volumes, sous la direction de Joël Cornette, Belin, 2014. p.297 et suivantes.
  54. Geary, Patrick J. Before France and Germany. Oxford University Press: 1988.
  55. L'Art de vérifier les dates depuis l'année 1770 jusqu'à nos jours, formant la continuation [de l'art de vérifier les dates], Arthus-Bertrand, 1821.
  56. Battle of Tours, John C. Scott, eBookIt.com, 2011.
  57. Battle of Tours, John C. Scott, eBookIt.com, 2011.
  58. Jules Zeller, Abrégé de l'histoire de l'Italie, Hachette, 1865.
  59. Pope Gregory III - Appeal to Charles Martel, 739.
  60. Fastes de La France ou Faits chronologiques, synchroniques et géographiques de l'histoire de France précédés de l'histoire de la Gaule depuis l'arrivée de la race Celtique en Europe jusqu'à l'établissement des Franks., C. Mullié, Bertin, 1859. p.191 et suivantes.
  61. Généalogie de Charles Martel sur le site Medieval Lands.

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