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                         La bataille de Covadonga


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Bataille de Covadonga (été 722).

Pelayo0

Pelayo.

La bataille de Covadonga a lieu le 28 mai 722 à côté de Cangas de Onis, dans les Asturies[1].

Le Akhbar Madjmu'a, recueil de récits historiques (XIe siècle) prétend qu'Uqba ibn al-Hachchach al-Saluli, seizième wali de Al-Andalus (734-741), conquiert Narbonne et la Galice, Álava et Pampelune, à l'exception de la sierra, en la cual se había refugiado con 300 hombres un rey llamado Belay, que les musulmans vont constamment harceler jusqu'à ce que leur nombre soit réduit à 30 hombres, que no tenian 10 mujeres[2].

Pelayo et ses guerriers affrontent sans cesse les Sarrasins :

Sur la Deva, rivière de Guipuzcoa, Pelayo remporte sa première sur les Arabes en 719[3].

28 mai 722 : Pelayo défait les forces maures de Cordoue à la bataille de Covadonga.

De là il poursuit les Maures jusqu'au León.

Le Simposio de Covadonga, en 2001, a une nouvelle vision des débuts de la Reconquista :

La bataille de Covadonga n'est pas le fait d'un peuple astur nouveau, par opposition aux anciens dominateurs wisigoths, mais bien comme l'affirme les chroniques asturiennes celles de nobles wisigoths et que la résistance de Pelayo doit se concevoir comme une actuation propre à un ancien domaine de l'ancien royaume de Tolède[4].

Pourtant pour des légendes datant du XXe siècle se répandent en notre début de siècle. Pelayo est dit soit d'origines soit cantabres, soit hispano-romaines. Ces soi-disant historiens se fient à Al Maqqari (1591 - 1632), l'équivalent de nos hagiographes, vivant au XVIIe siècle. Il sait - parait-il - que Pelayo est d'origine asturienne, et le premier d'entre eux. Comme pour la Bataille de Poitiers (732) ce propagandiste décrit la Bataille de Covadonga comme une embuscade, une escarmouche contre le Djihad. Ses soi-disant historiens se réjouissent que Al Maqqari Ibn Khaldoun compare Pelayo l'asturien, à un âne sauvage. Il s'agit là d'écrits haineux rédigés à une époque où 722 est huit siècles plus tard bien oubliée en Egypte. Al Maqqari (1591 - 1632) ne comprend rien à l'aristocratie gothe et peste contre un ennemi du Djihad. Les plumitifs qui pensent que son surnom, el-Rumi, le romain, correspond à des origines romaines sont des ignares. Pour les Sarrasins les roumis désignent tous les Européens et même des séfarades ont comme patronyme Roumi.

Pelayo des Asturies est Wisigoth et la Bataille de Covadonga pas une escarmouche ou une légende, mais une bataille dont le récit est établi par la Crónica de Alfonso III (887) et les études approfondies de Claudio Sanchez Albornoz[5].

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Lac de Enol, Lacs de Covadonga, Parque Nacional de Picos de Europa, Asturias.

BATAILLE DE COVADONGA (722) Modifier

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Avant la bataille Modifier

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Accès au Lagos de Covadonga (Macizo Occidental, Picos de Europa).

Le fils de Favila, et ses compagnons, prêchent la révolte aux frustes populations des Monts cantabriques contre les exactions des garnisons berbères le long de la côte atlantique[6]. Comme ils ont servi dans les armées de Roderic ils ont sur les rudes montagnards de Cangas, à égalité de courage, l'avantage de la tactique et de la science militaire. Pelayo des Asturies essaie de régler leur valeur indisciplinée, et de faire des soldats de ces hardis partisans, plus habitués à affronter le danger face à face qu'à en triompher par de savantes manœuvres[7].

Munuza envoie une armée maure commandée par le général berbère Alqama, accompagné de traîtres chrétiens et de l'archevêque de Séville Oppas. Le plus zélé des collaborateurs des djihadistes est chargé de négocier la reddition des Asturiens[8].

Après l’échec des négociations, les Omeyyades, mieux organisés et plus nombreux, se mettent à pourchasser Pelayo et ses hommes. Les Asturiens, au fil des escarmouches, attirent les Omeyyades petit à petit au cœur des montagnes, jusqu’à atteindre Covadonga, dans une étroite vallée aisément défendable des Picos de Europa, alors qu’ils ne sont - paraît-il - plus que quelque centaines d’hommes. Les sources chrétiennes parlent de 187.000 ennemis, chiffre lui-aussi faux.

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Macizo (= massif) Occidental de Picos de Europa (Cangas de Onis).

La bataille (28 mai 722)Modifier

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Al Qama et Pelayo.

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Montaña Auseva

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Don Pelayo à la bataille de Covadonga (image du XIIe siècle, Corpus Pelagianum).

Pelayo

Statue de Pelayo à Covadonga.

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Victoire de Covadonga.

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Pelayo, la grotte de Covadonga, et des retranchements au dessus de la vallée.

Faustino de Borbón reprenant les sources musulmanes nous dit que la Bataille de Covadonga a lieu le 9 juin 722[9]. Mais dans la réalité elle commence avant cette date et dure plusieurs jours. Le Roi des Asturies et ses hommes prennent position sur le mont Auseva, où ils attendent les troupes musulmanes. Munuza demande encore des renforts pour mettre fin à cette résistance.

Le général Alqama part avec une armée dans les Asturies. Par où y pénètre-t-il ? Par la Galice, en tournant le mont Médullius (qui domine le cours du Minho) de l'ouest au nord-est, ou par les montagnes de Burgos à l'ouest ?

Quoi qu'il en soit, averti de l'approche de l'armée de Alqama, Pelayo des Asturies n'essaie point de lui tenir tête inutilement. Il les ralentit d'abord à Qama Bres (Piloña), puis dans le bourg de Canicas (= Cangas) et se retire avec tout le peuple de ce coin des Monts cantabriques, vieillards, femmes, enfants, vers un mont appelé Mont Auseva, éloigné de deux lieues de Canicas, à l'extrémité orientale des Asturies, à l'endroit où cette région confine avec la partie de l'ancienne Cantabrie qu'on va nommer un temps Asturies de Santillanne.

Les femmes, les vieillards, les enfants gagnent les lieux les plus difficiles d'accès de ces montagnes, et s'y abritent comme ils peuvent, s’apprêtant à mourir ou à être fait prisonnier et devenir esclaves des Maures.

Tous les hommes sont armés soit de massues, soit de glaives, les archers et les frondeurs, restent avec Pelayo des Asturies pour les défendre dans les moyennes montagnes, où il est possible aux Arabes de pénétrer.

On a quelques détails assez précis sur le théâtre du premier exploit de Pelayo. A l'est du mont Auseva, un énorme rocher, au pied duquel prend sa source la petite rivière appelée Deva, s'élève au fond de la vallée étroite et sombre qui y mène et en ferme tout-a-coup l'issue. Dans ce rocher il y a une caverne assez profonde, qui, alors comme aujourd'hui, s'appelle Covadonga, avec une ouverture naturelle à quelques pieds du sol, laquelle peut contenir environ deux cents hommes. C'est là que se retire Pelayo des Asturies avec ceux qui le suivent.

Il met dans la caverne tout ce qu'elle peut tenir de soldats, et s'y enferme avec eux, fait placer le reste en embuscade dans les bois qui couvrent le revers escarpé des deux monts qui se dressent et se resserrent de plus en plus des deux côtés de la vallée à mesure qu'on avance vers la source de la Deva; et, ainsi retranché, attend bravement les ennemis.

La troupe d'Alkhamah, instruite de la retraite de Pelayo, se voit anéantir cette petite armée ennemie. Elle n'hésite pas à se laisser entraîner sur ses traces, et à s'engager dans cette gorge, où un petit nombre d'hommes peut suffire à mettre en déroute toute une armée.

Arrivés près de la caverne de Pelayo des Asturies, où ses combattants se tiennent cachés, les musulmans commencent le combat, mais leurs flèches rebondissent du rocher, et, mêlées aux traits des ennemis, retombent sur eux-mêmes et portent la mort dans leurs rangs. L’armée omeyyade met le siège et emploie des machines de guerre.

Les flancs des deux montagnes semblent s'ébranler et combattre contre eux. Comme leurs voisins basques à Roncevaux les paysans asturiens font dégringoler des rochers. Ils coupent des arbres et les font rouler sur les Sarrasins de toutes parts. Au pic de la Bataille de Covadonga, Pelayo des Asturies mène en personne ses hommes et descend vers la vallée. Les Omeyyades, incapables de manœuvrer dans ce lieu exigu, décident de se retirer, mais un groupe d’Asturiens leur coupe la retraite, et la vallée étroite embarrasse leur fuite.

Une tempête survient pendant la lutte, dans ces montagnes où le moindre orage suffit à grossir les torrents d'une façon extraordinaire[10]. Les chrétiens sur les hauteurs redoublent d'efforts et les accablent.

Un auteur arabe, Abdallâh ibn 'Abder Rahmân, rend compte comme il suit de cet événement :

Le gouverneur de la Péninsule pour le khalife ayant appris que les chrétiens avaient assemblé une armée dans les montagnes du septentrion, envoya contre eux Alkhamah. Bélay, fort de sa position et de son audace, tomba sur les Musulmans, dont il fut tué près de trois mille. Leurs dards s'égarèrent, une tempête éclata, et l'armée fut submergée. Bélay survint qui fit d'eux un grand carnage. Alqama et ses compagnons demeurèrent parmi les morts.

La Crónica de Alfonso III (887) raconte qu'à la Bataille de Covadonga un chevalier blanc et lumineux parait au milieu de la mêlée et jette la panique chez les musulmans. Le personnage du Matamore est née. Saint Jacques le majeur est vénéré dès 870 à Saint-Jacques de Compostelle[11].

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Asturias de Santillana.

LA TRAQUE DES VAINCUS Modifier

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Carte de la bataille de Covadonga et des autres combats après la victoire.

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Ruta del Cares.

Gaudiosa

Gaudiosa, épouse de Pelayo.

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Guerrier asturien se servant d'une fronde.

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Chemin du Valdolayés.

Les musulmans sont obligés d'entreprendre un marche pénible dans la région des Picos de Europa, passant par les lacs de Enol, Vega Mayor, Oston, Culiembro, Ruta del Cares, Amuesa, Bulnes, Pandébano, Aliva ...[12].

De nombreux villageois prennent les armes et attaquent les troupes restantes maures. Ils leur infligent de lourdes pertes et rendent leur fuite longue et délicate au sein de ce labyrinthe de montagnes. Durant deux jours et deux nuits, les Sarrasins franchissent cinq cols, situés entre 1.200 et 1.500 m d’altitude, et couvrent près de 50 km à pied, sans cesse en butte aux embuscades.

Gaudiosa, femme de Pelayo des Asturies, craignant que son mari soit vaincu n'est pas restée inactive. Malgré le risque de vengeance implacable contre elle, ses enfants et ses proches la Reine recrute une troupe de volontaires à Cosgaya prêt à défendre leurs villages et leurs fermes contre l'envahisseur. Après avoir reçu de bonnes nouvelles de son mari vainqueur près des sources de la Deva, Gaudiosa mobilise ses guerriers et part harceler les fuyards musulmans. Elle anéantit un groupe de Maures dans un endroit près d'Espinama, aujourd'hui connu sous le nom Campos de la Reina, en son honneur.

Le Monte Subiedes est une montagne mythique, située à côté de Cosgaya et Liébana. Les musulmans, vaincus à la Bataille de Covadonga, tentent de s'échapper le long de la rivière Deva, mais du fait d'un important argayo (= chute de pierres et de terre) ils sont presque tous tués. Dame Nature cause la destruction finale de l'armée musulmane de Alqama. Dans cet endroit appelé Monte Subiedes, se termine la bataille commencée à Covadonga.

Selon la Chronicon Albeldense (883) :

Les Sarrasins qui avaient survécu à l'épée, virent s'écrouler une montagne à Liébana et furent enterrés par le jugement de Dieu.

Pour certains historiens la grotte de Covadonga, et le cours de la Deva, ont un caractère rituel marqué. Ainsi, ces sites sont liés au culte de Deva, déesse en langue celte. La rivière jaillit de la grotte et malgré un processus clair de christianisation (Santina") les lieux sont ceux d'un culte païen.

L'archevêque de Séville Oppas est à Covadonga en compagnie des forces sous commandement arabe, pour faire face au danger posé par Pelayo[13]. Pelayo le fait prisonnier, torturer, et mettre à mort.

Après la bataille, Munuza (6??-722) tente de s'échapper de la région de Covadonga. Il craint que la population de Gijon, sa capitale régionale, se révolte, ou que les troupes asturo-wisigothes prennent la ville. Il ne pense certainement pas avoir affaire uniquement à 30 hombres, que no tenian 10 mujeres[14], comme l'affirme le Akhbar Madjmu'a, ce recueil de récits historiques, au XIe siècle. Munuza parvient à Gijon.

Munuza voit les fonctionnaires quitter la ville par la mer. Lui et ses troupes choisissent de fuir par voie de terre. Les troupes victorieuses venant de Covadonga coupent sa retraite. Munuza est de nouveau battu à la bataille du Valdolayes, à côté de Santo Adriano et Proaza. Ses troupes sont anéanties lors de cette embuscade[15].. Munuza (6??-722) est tué, paraît-il par Pelayo[16]. Selon Claudio Sanchez Albornoz :

Après ce nouveau désastre, il n'y a plus un musulman en vie dans les Monts Cantabriques[17].

Les morts de Munuza, gouverneur du nord de la péninsule ibérique, du général Alqama et du plus perfide des traîtres wisigoths, l'archevêque de Séville Oppas sont considérées comme d'importance par les dirigeants musulmans.

Certes les propagandistes d'un bord parlent de trente ânes sauvages... se nourrissant de miel, et ceux de l'autre bord de centaines de milliers de morts arabes et voient des interventions divines partout, mais la victoire de Covadonga est totale et c'est comme la Bataille de Toulouse (721) une grande victoire à l'origine de la Reconquèsta occitane et de la Reconquista espagnole.

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Avec la bataille de Covagonga commence la Reconquista de l'Espagne sur les Maures.

NOTES ET RÉFÉRENCES Modifier

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  1. Histoire de l'Espagne: Des origines à nos jours, Philippe Nourry, Joseph Pérez, Tallandier 2013.
  2. Ajbar Machmua, p.38.
  3. Dictionnaire des grandes batailles dans le monde européen, Claude Merle, Flammarion.
  4. J. Montenegro et A Del Castillo, Pelayo y Covadonga: una revisión historiográfica, en La época de la monarquía asturiana (Simposio de Covadonga 2001), Oviedo, 2002.
  5. Histoire de l'Espagne: Des origines à nos jours, Philippe Nourry, Joseph Pérez, Tallandier 2013.
  6. Histoire de l'Espagne: Des origines à nos jours, Philippe Nourry, Joseph Pérez, Tallandier 2013.
  7. Histoire d'Espagne depuis les premiers temps historiques jusqu'à la mort de Ferdinand VII, Volume 2, Eugène François Achille Rosseeuw Saint-Hilaire, F.G. Levrault 1837. p.299.
  8. Thomas Andrew Archer, Charles Lethbridge Kingsford et Henry Edward Watts, The Story of the Crusades, BiblioBazaar,‎ 2010.
  9. Carta ilustrativa sobre la época del reynado de D. Pelayo y batalla de Covadonga : primera que dirige al señor Don Francisco Masdeu, Faustino de Borbón, 1794.
  10. Histoire de l'Espagne: Des origines à nos jours, Philippe Nourry, Joseph Pérez, Tallandier 2013.
  11. L'Espagne au Moyen Âge, Béatrice Leroy, Albin Michel, 1988.
  12. El inicio de la Reconquista (Siglo VIII)
  13. Mozarabs in Medieval and Early Modern Spain: Identities and Influences, Richard Hitchcock, Ashgate Publishing, Ltd., 2008. p.22.
  14. Ajbar Machmua, p. 38.
  15. Histoire de l'Espagne: Des origines à nos jours, Philippe Nourry, Joseph Pérez, Tallandier 2013.
  16. KINGS of ASTURIES 718-914 (Foundation Medieval Genealogy)
  17. Histoire de l'Espagne: Des origines à nos jours, Philippe Nourry, Joseph Pérez, Tallandier 2013.

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