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Bataille de Bouvines

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Bataille de Bouvines entre Philippe Auguste et l'empereur Otton IV (1214).

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Représentation de la bataille de Bouvines. Giovanni Villani , Nuova Cronica, XIVe siècle, Biblioteca Apostolica Vaticana, Rome Cod. Chigi VIII L 296, fol.

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Bataille de Bouvines, Testard Robinet (actif de 1475 à 1523), enlumineur.

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Un des timbres commémorant la bataille de Bouvines (1214).

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Bouvines : L'ancien champ de bataille.

La bataille de Bouvines se déroule, le dimanche 27 juillet 1214, près du village de Bouvines, entre Lille et Tournai, dans le comté de Flandre (aujourd'hui dans le département du Nord), en France.


La bataille de Bouvines oppose les troupes royales françaises de Philippe Auguste, renforcées par quelques milices communales, à une coalition constituée de princes et seigneurs français, menée par l'empereur romain germanique Othon IV (1176 - 1218). Avec Philippe-Auguste se construit contre les Anglais, mais aussi l'Empire. Notre Roi veut être considéré comme princeps in regno suo, donc exempt de l'Empire[1]. La victoire est emportée par le roi de France. Jean sans Terre (1166-1216), duc d'Aquitaine, de Normandie et roi d'Angleterre, ne dirige pas la coalition ce jour là c'est son neveu l'empereur.

Dans cette plaine du Nord se déroule une bataille qui est un acte fondateur de la Nation française encore balbutiante. Georges Bordonove, dans Les Rois qui ont fait la France, Philippe II Auguste: Le Conquérant, écrit :

On ne saurait nier le retentissement énorme qu'eut la victoire de Bouvines, ni que jamais roi ne fut plus aimé ni plus admiré que Philippe Auguste en cette période de son règne. Bien entendu, la légende s'empara de Bouvines, s'amplifia avec le temps[2].

Cette bataille de Bouvines termine la guerre anglo-française (1202-1214) et permet la conquête de la Flandre. Elle ôte tout espoir à Jean sans Terre (1166-1216) de regagner ses territoires perdus[3].

Elle joue un rôle capital dans le développement précoce de la France en confirmant à la couronne française la souveraineté sur les terres angevines, la Bretagne et la Normandie.

Elle marque le début du déclin de la prédominance seigneuriale.

Robert Garnier écrit :

Bouvines, 1214, c'est d'abord une manifestation heureuse - momentanée, hélas ! - de l'autorité capétienne pour mater certains féodaux turbulents ou peu sûrs. C'est la soumission obtenue par Philippe Auguste de vassaux puissants, les féaux, dont beaucoup violaient impunément la foi donnée à leur suzerain, voire l'agressait dans l'intention de lui arracher un titre ou des privilèges, de conquérir une terre ou une province. C'est l'acte de naissance de notre nation, la France, qui va devenir très vite la plus puissante du monde et le rester jusqu'en 1814[4].

Comme le constatent Les actes du colloque organisé a Aix-en-Provence par le Centre Méridional d'Histoire Sociale, les 16, 17 et 18 sept. 1983, la bataille de Bouvines n'est plus présenté depuis peu de temps comme une victoire nationale dans les manuels scolaires.


Philippe Auguste dit le jour de Bouvines :

Seigneurs je ne suis qu'un homme
Mais roi de France est cet homme[5].


Après la bataille, Philippe Auguste écrit à l’Université de Paris :

Louez Dieu car nous venons d’échapper au plus grave danger qui nous ait pu menacer… .
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Philippe Auguste à la bataille de Bouvines, le 27 juillet 1214, par Vernet Horace.

LES CAUSES DE CETTE BATAILLE Modifier

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Riches plaines et plateaux agricoles français.

Les raisons de cette bataille sont nombreuses.

La principale est que la France, est le pays que Grotius (1583-1646) va nommer le plus beau royaume après celui du ciel. Les barbaresques, les Germains, les Anglais, vivant dans des landes ou des déserts, veulent envahir cette terre si fertile en moissons, si féconde en grands hommes.

Il va suffire dans notre histoire que quelqu'un se dresse pour que le bon peuple suive. Là c'est Philippe Auguste. C'est un élan populaire, ni prémédité, ni ordonné, qui sauve le royaume. Ce roi est plus à l'origine de la naissance de notre nation qu'Hugues Capet.

Bouvines c'est l'équivalent de la bataille de Tanennberg pour les Polonais ou Las Navas de Tolosa pour les Espagnols. Un peuple uni repoussant une invasion de barbares.

Épisode d'une première guerre de cent ans (1159-1259) Modifier

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Philippe Auguste.

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L'évolution du territoire sous Philippe Auguste.

La bataille de Bouvines (1214) fait partie d'une série de conflit entre Capétiens et Plantagenêts, qui dure de 1159 à 1259.

Au début du XIIIe siècle, la France n’est pas encore la France... Le conflit entre le le roi Philippe Auguste (1165 - 1223), qui essaie de bâtir la France et Jean sans Terre (1166-1216), roi d'Angleterre, mais aussi du tiers de notre actuel territoire national.

En 1202, Philippe Auguste confisque à Jean sans Terre (1166-1216) l'ensemble de ses fiefs situés dans le royaume de France pour avoir refusé de rendre la justice de façon équitable à l'un de ses vassaux. Philippe Auguste (1165-1223) s'empare de la Normandie en 1204, puis des terres des pays de la Loire dans les années suivantes. Après les campagnes victorieuses du roi de France, Jean sans Terre ne contrôle plus qu'une petite portion de territoire autour de l'Aquitaine.

La fin de la dynastie carolingienne et l'élection d'Hugues Capet en 987 font que l'empire franc de l'Ouest se réduit désormais à l’Île-de-France. Certes le roi se tient au sommet de la pyramide féodale, mais beaucoup de ses vassaux ont des principautés si puissantes que la suprématie des rois n'est plus que formellement reconnu.

En 1066, un grand vassal, le duc de Normandie est couronné roi d'Angleterre. Le royaume anglo-normand est né. L’unité nationale est une utopie. Presque tous les grands seigneurs de l'ouest et du sud-ouest de notre hexagone moderne négocient à loisir avec les Plantagenêts, dynastie princière issue de la première lignée des comtes d'Anjou, les Ingelgériens, et de la Maison de Châteaudun. Ses membres sont aussi comtes du Maine, puis par mariage rois d'Angleterre, ducs de Normandie et finalement ducs d'Aquitaine. On ne peut pas encore parler d'ennemi anglais.

Au milieu du XIIIe siècle, aux prétentions en partie justifiées des Plantagenêts, dynastie princière issue de la première lignée des comtes d'Anjou, succèdent celles d'un Empire anglo-normand qui annexe la Principauté d'Aquitaine en parlant d'extensions de l'Empire angevin.

Les rois d'Angleterre, seigneurs des îles britanniques, dominent l'ensemble de l'ouest et du sud de la France. La monarchie française est en passe d'être dominée par ses anciens vassaux.

Bouvines marque la fin de la Guerre anglo-française (1202-1214) Modifier

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Philippe Auguste traversant la Loire en 1204 (Grandes Chroniques de France, XIVe ‑ XVe siècle).

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En même temps qu'il mène la Guerre anglo-française (1202-1214), Philippe renforce le pouvoir royal (prise du château de Tournoël en 1212) et combat les hérétiques (bataille de Muret du 12 septembre 1213).

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Bataille de la Roche-aux-Moines (2 juillet 1214) : Montjoie ! Saint-Denis !.

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Philippe Auguste doit combattre les coalisés sur deux fronts.

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Victoire de La Roche-aux-Moines (2 juillet 1214).

Le Roi Philippe II s’oppose à la puissance des Plantagenêts. La mort de Richard Cœur de Lion en 1199 va lui permettre de faire de son petit royaume un grande nation. Le frère cadet de Richard, Jean sans Terre, n'est pas en mesure de maintenir son autorité même sur ses propres vassaux.

Philippe II lui fait la guerre après que Jean ait violé à plusieurs reprises les lois féodales françaises, en 1202. Le roi Philippe II déclare que par décision de justice tous les territoires des Anglais en France sont confisqués.

Côté Anglais, Renaud de Dammartin, comte de Boulogne, ancien favori du monarque français, bâtit une coalition formée de Guillaume Ier comte de Hollande, le fils cadet du roi de Portugal Ferrand comte de Flandre, Henri Ier duc de Brabant, Thiébaud Ier duc de Lorraine, Henri III duc de Limbourg et surtout l'empereur romain germanique Othon IV. L'objectif c'est un ambitieux encerclement du domaine royal par le sud et par le nord.

Dans le Sacrum Romanum Imperium[6], les Hohenstaufen s'opposent aux Guelfes pour devenir empereur. L'Empire est déclaré indépendant face à la papauté. Othon IV est couronné, grâce au soutien de Jean sans Terre, empereur en 1209, mais est excommunié par Innocent III. Le Pape soutient Frédéric II auquel tous les Impériaux se rallient[7]. Cet empereur renouvelle, le 19 novembre 1212, à Vaucouleurs, l'alliance des Hohenstaufen et des Capétiens contre l'Angleterre et l'empereur Othon IV. Philippe Auguste a soutenu son homonyme Hohenstaufen, mais en 1208 il est assassiné à Bamberg. Othon se retire à Cologne. Puis, en mai 1214, il épouse, à Maastricht, Marie de Brabant (1190 - 1270). Il décide d'attaquer avec son beau-père et d'autres vassaux du roi de France renégats, dont le roi d'Angleterre, le royaume de France.

En 1204, Philippe-Auguste envahit l'ensemble de la Normandie en deux ans de campagne. Rouen capitule après 40 jours de siège en constatant que le secours de Jean n'arrive pas. Philippe se tourne alors vers la Loire, il prend Poitiers en août 1204, puis Loches et Chinon, en 1205. Jean et Philippe conviennent d'une trêve à Thouars, à compter du 13 octobre 1206. Pour Philippe Auguste l'objectif est de stabilises ses conquêtes rapides.

En avril 1213, le roi Philippe Auguste décide d'attaquer Jean sans Terre excommunié par le Pape. Il réunit une armée à Boulogne pour tenter une invasion de l'Angleterre. L'attaque doit être annulée, car le roi d'Angleterre se soumet au pape. Philippe Auguste retourne alors l’ost contre le comte de Flandre qui se prépare à l'attaquer. Le roi envahit ses états en mai 1213. Ferrand appelle au secours ses alliés, qui lui envoient le comte de Salisbury, accompagné de Renaud de Dammartin, brouillé avec le roi de France. L’expédition anglaise débarque à Damme, où Ferrand jure fidélité au roi Jean, mais doit se replier. Philippe prend Lille et Gand. Les Anglais anéantissent la flotte française dans le port de Damme (31 mai 1213).

En février 1214, Jean débarque enfin sur le continent, à La Rochelle, espérant prendre Philippe à revers.

A partir de juillet 1214 Othon part de son palais impérial d'Aix pour la Flandre. Le 12 juillet, il est à Nivelles. Le 21 juillet, les armées des comtes de Flandre et de Boulogne ainsi qu'un contingent anglais sous le comte de Salisbury se joignent à lui.

Dans le sud Jean sans Terre après avoir récupéré des partisans parmi les barons du Limousin et dans le Poitou, et remontes jusqu'à la vallée de la Loire doit affronter le jeune prince héritier français Louis devant la forteresse de la Roche-aux-Moines. À son approche, Jean est pris de panique : le soutien des barons poitevins vacille, tandis qu'on annonce que Louis est accompagné de 800 chevaliers et de 14.000 hommes. La percée méridionale du roi d’Angleterre, Jean sans Terre, est donc arrêtée par le Dauphin Louis à La Roche-aux-Moines le 2 juillet 1214. Il reste donc à Philippe Auguste à repousser l’invasion venue du nord.

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La bataille de la Roche-aux-Moines. (Miniature du XIVsup>e siècle).

AVANT LA BATAILLE (1214) Modifier

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Les Français Modifier

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Le roi de France, Grand Armorial équestre de la Toison d'Or.

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Le rendez-vous général de l’armée de France est à Péronne.

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L'armée de Philippe Auguste.

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Nos communiers se rendant à la bataille applaudis par les villageois.

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A côté du roi marche l'évêque de Senlis, nommé Guérin, homme pieux, sage et vaillant.

Le roi revient à Paris et organise une seconde armée, pour aller combattre l'Empereur et les Flamands dans le Nord. Mais, avant de se mettre en route, Philippe se rend solennellement à l'abbaye de Saint-Denis et invoque la très-sainte Vierge. Muni des sacrements, le roi part pour la Flandre. Fin stratège, Philippe Auguste n'attend pas l’arrivée des renforts lorrains et allemands de la coalition. Le rendez-vous général de l’armée de France est à Péronne.

Les chevaliers français viennent de la région nord, mais surtout de Picardie, les Laonnois, ou de Bourgogne et de Champagne. Le ban et l'arrière-ban de la France du nord marchent sous la bannière royale pour défendre les frontières menacées. Toutefois, la majorité des chevaliers de l’Île-de-France ne sont pas là. Ils sont à la croisade contre les Albigeois.

Par contre les chevaliers normands ne sont pas là, juste une petite escouade. Cette province a toujours appartenu jusqu'en 1204 aux Plantagenêts. Les chevaliers d'Anjou et de Touraine sont encore impliqués avec le prince héritier Louis dans les luttes contre Jean sans Terre. Une partie d'entre eux combattent avec les Anglois. D'autres se disent neutres.

L'infanterie est composée là-encore des milices de seize municipalités picardes : Noyon, Amiens, Soissons, Beauvais, Arras, Mont Didier, Montreuil, Hesdin, Corbie, Roye, Compiègne, Bruyeres, Cerny, Grandelain et Vailly.

Le roi de France a environ 4.000 chevaliers montés, de nombreux serviteurs et sergents, et un peu plus de 11.000 combattants à pied. Mais le royaume de France est seul et son peuple divisé. A la coalition de toute l'Europe se joignent des seigneurs français. On assiste déjà à la trahison d'un partie des élites. Voici ce qu'en dit Jacques Bainville, dans son Histoire de France :

Philippe Auguste s’occupait d’en finir avec les alliés que Jean Sans Terre avait trouvé en Flandre, lorsque l’Empereur Othon s’avisa que la France grandissait beaucoup. Une coalition des rancunes et des avidités se forma: le Plantagenêt, l’empereur allemand, les féodaux jaloux de la puissance capétienne, c’était un terrible danger national.

Philippe Auguste exhorte ses barons à combattre vaillamment, et leur dit :

Notre espérance est en Dieu ; l'empereur Othon et son armée sont excommuniés du Souverain Pontife comme ennemis et détracteurs des choses saintes ; l'argent qui sert à les entretenir est le patrimoine des pauvres, des églises qu'ils ont pillées. Quant à nous, qui n'avons jamais renié la foi de nos pères, nous nous réjouissons d'être en communion avec l'Église, et nous ne prenons les armes que pour défendre la liberté et le bon droit. Ayons la confiance que, tout pécheurs que nous sommes, Dieu nous accordera aujourd'hui la victoire sur ses ennemis et les nôtres.

Ces guerriers médiévaux sont très pieux. Ayant cessé de parler, le roi bénit l'armée, et prie encore Dieu de leur accorder la victoire. A côté du roi marche l'évêque de Senlis, nommé Guérin, homme pieux, sage et vaillant. Il joint une exhortation à celle de Philippe ; mais, non content d'user des moyens terrestres, il lève les yeux plus haut. Il les dirige vers la Vierge puissante, la Tour de David, vers la bien aimée de celui qui s'appelle lui-même le Dieu des batailles. Ému par les dangers de la France, il joint ses vœux à ceux du roi, et promet, si la victoire favorise les armes françaises, d'élever à Senlis une abbaye en l'honneur de la Mère de Dieu.

Les sergents d'armes du roi promettent également de construire une maison en l'honneur de la sainte Vierge et de sainte Catherine. Les prières pour le salut de la patrie commune, s'unissent. Celles d'un roi, d'un prélat et de quelques obscurs soldats, dont l'histoire ne va pas conserver les noms, doivent leur permettre d'être favorablement écoutées de Dieu et gagner la bataille.

Malgré l’infériorité numérique de son armée, Philippe, ainsi qu’il a été décidé au parlement de Soissons, n’attend pas l’attaque, et le lendemain de la Madeleine (23 juillet) il se met en mouvement, quitte Péronne et entre dans la Flandre, portant partout le fer et la flamme, sans que les alliés essaient de l’arrêter. Détail important, la cause de la France est aussi celle de la chrétienté. Car Othon IV et Jean sont tous deux l'objet des censures de l'Église, et notamment du pape Innocent III. Ce même Pape déclare :

De notoriété publique le roi de France ne reconnaît aucune autorité au-dessus de lui [8].

La coalition Modifier

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Le duc de Brabant, Grand Armorial équestre de la Toison d'Or. Il est beau-père d’0thon et gendre de Philippe Auguste.

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Carte du nord de la France en 1180.

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Conseil de guerre de Valenciennes : les coalisés (Flamands , Saxons, Allemands) se partagent la France avant la bataille.

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La bataille de Bouvines. (Darstellung aus La Toison d’or de Guillaume Fillastre, 15. Jahrhundert.)

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Grand Armorial équestre de la Toison d'Or : Comte de Flandres.

Othon doit occuper la Flandre et se lancer à la conquête de Paris. Il prend Valenciennes. L'armée des alliés compte dans ses rangs plus de 150.000 hommes, dit la légende. Le chiffre de 25.0000 est certainement plus proche de la réalité[9]. La cavalerie de l'empereur, contrairement à la légende, n'est que légèrement plus forte, mais il a cependant une nette supériorité en infanterie.

En face, Othon IV a des troupes que viennent de la Saxe, du nord de la Lotharingie, ces régions de l'empire qui sont le plus fidèles dans sa querelle de succession. Mais le gros de ses troupes est formé par les armées de ses alliés. On y trouve des chevaliers flamands, les milices locales, des chevaliers de l'Artois, Rainald de Dammartin et ses chevaliers renégats français, les Brabançons, ces bandes de mercenaires, qu'on appelle également Routiers, Écorcheurs... Coterelli. Le comte de Salisbury y ajoute un contingent de chevaliers anglais.

On compte dans cette ligue le duc de Limbourg, le comte Pierre de Namur, Othon de Mecklembourg, Bernard de Hotzmar. Les villes de Gand, de Bruges, d'Ypres envoient leurs bourgeois aguerris... 30.000 Anglais, commandés par le comte Salisbury... Rainald de Dammartin et ses chevaliers renégats français, les Brabançons, ces bandes de mercenaires, qu'on appelle également Routiers, Écorcheurs... Coterelli.

Déjà l’empereur Othon installe son camp sur les bords de l’Escaut et à Mortagne. Mais comme cette ville ne peut contenir toutes les forces féodales qui se rendent sous le gonfanon de leur suzerain, les autres chefs placent leurs tentes de jonc et de paille dans des lieux plus éloignés. Les uns se protègent contre le soleil ou la pluie, seulement par des branches d’arbres; les autres s’emparent des cabanes dans les campagnes, après en avoir chassé les habitants.

Sur la frontière même de la Flandre est campé le duc de Brabant, Henri, tout à la fois beau-père d’0thon et gendre de Philippe Auguste. Il commande à mille lances fournies par le Brabant, dont le peuple est terrible dans les combats et accoutumé au maniement des armes.

Derrière ce premier camp s‘étendent les chevaliers des deux Lorraines, hommes à l’air simple, mais à l’esprit rempli de finesse et de fourberie, sortis de la belle et fertile contrée située entre le pays des Gaules et celui des Teutons, de ces lieux où la Moselle, voisine de la Meuse, arrose de ses eaux limpides les villes de Toul, de Metz et de Trèves.

Henri III, duc de Limbourg et sire des Ardennes, conduit de nombreux soldats, habiles tireurs d’arbalètes; mais son fils Galerand n’a point suivi les étendards de l’Empereur, il a embrassé la cause du roi de France.

Les lourds gens d’armes de la Saxe marchent avec leur duc Albert. C’est avec orgueil qu’ils voient Othon, leur compatriote, élevé à l’Empire; aussi sont-ils tous prêts à verser leur sang pour sa défense.

Les enfants de la Westphalie et des contrées que baigne la Roer obéissent à Conrad, sire de Dortmund.

Le MeckleMbourg a envoyé le comte Othon, et le pays d’Utrecht Guillaume le Velu, comte de Frise et de Hollande, dont les hardis et barbares chevaliers se promettent le pillage du plantureux pays de France.

Un parent du roi, Philippe de Courtenay, comte de Namur, encore à la fleur de l’âge, a aussi amené son contingent aux confédérés. Ce prince va recevoir plus tard de la main du pape le diadème impérial, sans parvenir à s’asseoir sur le trône sacré de Constantinople.

Hugues de Boves, préférant l’exil aux douceurs de la paix, conduit les bandes nombreuses des routiers endurcis aux armes. Il est étroitement uni au comte de Boulogne, que la confiscation de ses fiefs et châtellenies a empêché de faire ses convocations féodales.

90.000 Anglais, chevaliers, archers, hommes des communes et servants de bataille, ont, paraît-il, débarqué sur les côtes de Flandre. Ils attendent avec impatience le moment d’inonder la France de leurs épais bataillons, et de venger les défaites successives du fils de Henri II.

Le comte de Flandre réunit sous ses bannières tous ses chevaliers possédant fiefs et châtellenies et les courageuses milices des communes d’Ypres, de Gand, de Lille, de Bruges, d’0udenarde et de Courtrai, et les Belges et les Blavotins furieux, et les terribles Isengrins. Ces villes et ces peuples n’ont point oublié la dévastation de leur pays par le roi de France et les châtiments qu’ils en ont reçus l’année précédente, en retour de leurs fautes.

Les forces réunies des confédérés s'élèvent, selon les chroniqueurs, à plus de 200.000 combattants. Elles sont suivies d’un grand nombre de chariots, parmi lesquels plusieurs sont remplis de cordes et de chaînes destinées aux vaincus.

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La bataille de Bouvines.

LA BATAILLE Modifier

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L'arrivée des deux armées Modifier

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Serment de fidélité des chevaliers au roi avant la bataille de Bouvines.

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Philippe Auguste avant la bataille de Bouvines (1214).

L'armée française atteint le matin du 27 juillet, Mortagne à dix kilomètres au sud de Tournai. Philippe Auguste veut attaquer l'ennemi, mais ses conseillers pensent qu'il faut retourner défendre Lille, qui risque d'être une porte ouverte vers le cœur de la France.

Pour rejoindre Lille, Philippe doit faire passer à son armée le pont de Bouvines, la vallée de la Marque étant large et très marécageuse. Mais Philippe n'a pas ses chevaliers, juste un détachement de cavalerie légère et des archers.

A environ deux lieues de là, l'armée de l'Empereur s’arrête et hésite quelque temps à prendre l’offensive.

Le roi propose d’aller les attaquer. Mais son conseil l’en dissuade, vues la situation avantageuse de leur camp et la supériorité de leurs forces. Le duc de Brabant, qui ne se trouve qu’à regret dans les rangs de la ligue, l’a d’ailleurs informé, par un courrier, de la difficulté des chemins, que d’épaisses plantations de saules et un marais fangeux rendent impraticables aux chevaux et aux chariots. Il est donc ordonné qu’on retourne en arrière et que l’on prenne la route du Hainaut, afin d’obliger les confédérés de quitter leur camp pour voler à la défense de cette province.

Philippe est aussi inquiet, car son infanterie qui est déjà sur la rive gauche de la Marque n'aurait pas l'appui de la cavalerie en cas d'attaque surprise. Le Roi ordonne à son infanterie de reculer.

Instruit de ce mouvement, l'Empereur s’imagine que les Français s’abandonnent à la fuite, et veut qu’on les poursuive en ordre de bataille (27 juillet).

Trois corps d'armées Modifier

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Plan d'avant la bataille de Bouvines en juillet 1214.

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Plan de la bataille de Bouvines en juillet 1214. Entre les Français du roi Philippe II Auguste et les coalisés commandés par l'empereur Othon IV.

L'armée française est divisée comme d'habitude en trois corps d'armées.

  • Le roi se tient au centre avec la bannière de lys et les chevaliers de sa maison. Leure chef est le Grand Sénéchal Guillaume des Barres (1169-1234). Le comte de Bar, malgré sa plus haute noblesse est à ses côtés, parce qu'il encore trop jeune pour commander. Les chevaliers se tiennent, au premier rang, tandis que l'infanterie des milices locales avec des oriflammes est placée derrière eux.
  • L'aile gauche est composée des quelques chevaliers de l’Île-de-France ou de Normandie, et ceux nombreux du comte Robert II de Dreux.
  • Sur l'aile droite se rassemblent les chevaliers de Bourgogne et de Champagne sous le duc Eudes III de Bourgogne.


Nos ennemis sont ainsi divisés :

  • Au centre l'empereur Othon avec ses chevaliers saxons et les fantassins, les contingents des princes allemands.
  • Sur son aile gauche, les chevaliers et les milices flamandes, les Anglais et les chevaliers français renégats commandés par les comtes de Boulogne et de Salisbury, puis les Brabançons.

Le rôle de l'évêque Guérin Modifier

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L'évêque Guérin montrant l'arrivée des ennemis, avant la bataille, le 27 juillet 1214.

Pendant que les troupes de Philippe Auguste défilent par la route de Lille et que les ennemis s’avancent avec précipitation, Guérin, frère profès de l’hôpital de Saint—Jean de Jérusalem et évêque de Senlis, homme rempli de prudence et de valeur, s’écarte du gros de l’armée, a la tête de trois mille sergents à cheval et arbalétriers. Suivi du vicomte de Melun, il va examiner quelle est la marche des confédérés. Du haut d’un tertre il aperçoit une multitude de soldats qui se répandent avec ardeur dans la plaine. Il lui est impossible de les embrasser d’un seul coup d’œil. L’éclat des boucliers et les casques répètent la lumière du soleil, et le balancement des gonfanons agite l’air. Alors Guérin dit au vicomte de Melun :

Ils viennent, croyant ne pouvoir nous atteindre assez vite au gré de leurs désirs: toi, reste ici, pour mieux reconnaître leurs mouvements et leurs intentions, tandis que j’irai prévenir le roi, qui n’a confiance qu’en moi.

L'évêque de Senlis craint que la majorité des barons trahissent et rejoignent les forces ennemies.

Dernières incertitudes avant l'attaque Modifier

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Le pont de Bouvines.

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CPA Philippe Auguste reçoit la bénédiction avant Bouvines

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Bataille de Bouvines, Horace Vernet

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Les marais de la Marque ne sont guère franchissables à cette époque.

A la nouvelle que l’ennemi s’avance en masse, Philippe Auguste donne ordre de s’arrêter et mande les barons afin de prendre leur conseil. Ils disent qu’il ne faut pas songer à livrer bataille un jour de dimanche, qui n’est pas destiné à répandre du sang, que les confédérés n’oseront pas violer par une bataille le saint temps de repos.

Philippe Auguste exclut de perdre le soutien du Saint-Siège en combattant un dimanche, mais il pousse l’ennemi à l’attaquer afin de pouvoir se défendre et riposter. Othon IV, excommunié en 1210, décide de passer à l'offensive, espérant surprendre l'ennemi sur ses arrières.

Le roi chevauche jusqu'au pont de Bouvines, entre le lieu appelé Sanghin et la ville de Cisoing. Déjà la plus grande partie de ces troupes passe ce pont, qui traverse la rivière la Marque.

Le roi, fatigué de la marche, a défait son armure et se repose un peu sous l’ombrage d’un frêne, près d’une petite chapelle dédiée à monseigneur saint Pierre. Arrivent haletants deux messagers de l’arrière-garde, criant à merveilleux cris que l’ennemi vient, que le vicomte de Melun et les hommes légèrement armés sont en grand péril, et qu’ils ne pourront soutenir longtemps la vive attaque des confédérés. Le Roi entre un instant dans cette église de Bouvines et implore la protection du Très Haut et le suffrage de Marie, et puis, se couvrant de son armure, il s'élance à cheval avec joie.

Les hérauts d’armes crient de toutes parts dans la plaine : Aux armes, barons! aux armes! Les trompettes et les clairons commencent à retentir. On rappelle l’oriflamme de Saint-Denis, qui devait marcher en avant de toutes les autres bannières au front de la bataille. Mais, comme elle tarde, on ne l’attend point.

Philippe Auguste, ayant observé le terrain lors de son avancée, fait mine de se replier sur Lille. Les chevaliers qui ont déjà passé le pont, reviennent sur leurs pas. Othon pense qu'il veut éviter la bataille.

L'armée française se dirige vers le pont sur la Marque, pont que l'intendance franchit. Arrivée proche d'un étang sur sa droite et d'un bois sur sa gauche, un véritable entonnoir, l'armée française, après une pause, se retourne brusquement. Étang à gauche et bois à droite. On ne peut pas se battre ni dans l'un, ni dans l'autre. Elle se déploie en ligne, et sur cette ligne, l'infériorité numérique est effacée. Une perfection tactique. L'armée d'Othon, en effet, n'a plus l'espace nécessaire pour déployer ses effectifs, donc son surnombre. Entravée dans ses manœuvres, devenue bien trop nombreuse pour ne pas être obligée de se gêner, puis de se piétiner, elle subit le retournement.

A midi, ce 27 juillet, les deux armées se battent sur un front de 1,5 km de largeur. Nous sommes un dimanche, la trêve de Dieu (= dimanche de la paix) n'est pas respectée pour la première fois depuis presque 200 ans. Le chroniqueur anglais Roger de Wendover nous rapporte que seul le comte de Boulogne essaie en vain de décourager ses alliés de combattre ce jour-là.

Les combats du Roi Modifier

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Philippe Auguste attaquant les coalisés.

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Philippe Auguste à la bataille de Bouvines en 1214.

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Bataille de Bouvines : charge de cavalerie.

Le roi part à grande course de cheval et se place à la première ligne, de sorte qu’il n’y a personne entre lui et les ennemis.

Othon et les siens semblent surpris et effrayés de la subite volte-face des Français. Ils se replient sur la droite et s’étendent vers l’ouest. Ils couvrent la partie la plus élevée de la plaine. Ils sont au nord de l’armée du roi, de sorte qu’ils ont le soleil dans les yeux.

Philippe déploie ses troupes au sud de celles de l’ennemi, front à front, le soleil à dos, sur une ligne de mille quarante pas de long, à peu près égale à celle des confédérés. Au centre et en première ligne se tient le roi, près duquel sont présents rangés côte à côte Guillaume des Barres, Barthélemy de Roye, Gauthier le Jeune, Pierre de Mauvoisin, Gérard Latruie, Étienne de Longchamp, Guillaume de Mortemar, Jean de Rouvray, Guillaume de Garlande, Henri comte de Bar, et beaucoup d’autres, tous gens de cœur et dont plusieurs se sont unis par un serment solennel pour défendre jusqu'à la mort la personne du roi.

A la droite du champ on distingue Eudes duc de Bourgogne, le comte de Beaumont, et Gaucher de Châtillon, comte de Saint-Pol, l’un des plus grands capitaines de son siècle, le vicomte de Melun et l’évêque de Senlis, Guérin, à qui Philippe a confié le soin de ranger les bataillons.

L'évêque de Senlis conduit 150 serviteurs du roi à cheval, sur l'aile droite, contre les Flamands. Les chevaliers flamands attaquent alors les chevaliers français. Eustache de Maldeghem est le premier chevalier tué et Jean Buridan de Ghistelles le premier à être fait prisonnier par les Français. Alors commence la lutte ouverte.

L'empereur se retrouve en face du vicomte de Melun qui fonce sur ses troupes. Au son des trompettes se mêle la voix des chapelains du roi qui chantent les psaumes, et dont l'ardente prière est souvent interrompue par des sanglots.

Les premiers moments du combat paraissent défavorables aux Français, dont l'aile gauche est accablée par le nombre et par la bouillante valeur des soldats ennemis. Philippe ordonne la retraite de son infanterie et la préparation du reste de son armée à la bataille. Othon, privé de l'élément de surprise, demande à son armée de s'arrêter et d'attendre les troupes qui viennent de Tournai.

Incertitudes sur l'issue de la bataille Modifier

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Philippe Auguste combattant Othon IV.

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Bouvines 1214, publicité Solmon.

Toute l'aile droite des Français se précipite dans la bataille. Le duc de Bourgogne est tué sous la selle de son cheval. D'autres chevaliers sont eux-aussi désarçonnés et combattent à pied. L'aile droite française s'engage contre les chevaliers flamands, conduits par Ferrand.

Puis, au centre, Philippe et Othon se font face. Ceux des gens d'armes d'Othon qui ne voient pas et comprennent pas ce qui se passe en première ligne, commencent à voir des fuyards se débander. Enfin, sur l'aile gauche, les partisans de Philippe viennent à bout de Renaud de Dammartin, capturé après une longue résistance.

Othon exerce sur les Français la vigueur d'un bras indomptable. Au centre de la bataille l'infanterie française attaque à nouveau mais est repoussée avec de lourdes pertes par les chevaliers saxons de l'Empereur.

Bientôt la mêlée devient générale. Philippe Auguste, combattant comme un simple chevalier, ne doit la vie qu'à la solidité de son armure. Guillaume des Barres protège le roi avec ses hommes contre la fureur des Teutons. Néanmoins, l'infanterie saxonne, dans la mêlée, encercle le roi Philippe. Avec des lances et des houes en fer, ils réussissent à le désarçonner. Mais avant qu'ils puissent le tuer, plusieurs chevaliers tuent ces Saxons. Alors le roi Philippe remonte à cheval et attaque les chevaliers impériaux. Étienne de Longchamps est tué à côté du roi.

La stratégie de l'empereur et de ses alliés est de tuer Philippe Auguste. Raynald, comte de Boulogne, dirige en conséquence l’avance de ses troupes au centre du dispositif français vers le roi et ses chevaliers. Il réussit à le menacer, cependant il est repoussé à nouveau par un chevalier royal. Le roi de France doit à Guillaume des Barres d'avoir la vie sauve dans une lutte engagée corps à corps avec l’empereur Othon.

Une autre tentative pour tuer le roi échoue. Le comte de Dreux place ses troupes entre le Philippe Auguste et le comte de Boulogne et ses mercenaires.

Le tournant décisif de la bataille Modifier

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Bouvines 1214

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Barthélemy de Roye, chevalier et conseiller du roi de France Philippe II Auguste.

Après le comte de Boulogne, c’est au tour du comte Ferrand de Flandre de se jeter avec son aile droite sur le centre français. Ses chevaliers sont massacrés par les Bourguignons et les Champenois durant cette attaque. Le comte est tué aux côtés d'Arnaud d’Audenarde. Un poignard pénètre dans les fentes de son casque. C’en est fini des chevaliers des comtés de Boulogne et de Flandre. Le maréchal du comte de Flandre, Hellin de Wavrin, est capturé par le plus jeune des frères de Gavre.

Ferrand, blessé plusieurs fois se rend à Hugues et Jean de Mareuil[10]. Les chevaliers survivants et non prisonniers prennent la fuite. L'aile gauche de l'armée impériale a cessé d’exister.

Les chevaliers du roi Philippe ont le dessus sur ceux de l'empereur. Ils réussissent à se frayer un chemin jusqu'à l'empereur.

Ce dernier est attaqué par les Français. Le chevalier Pierre de Mauvoisin prend les rênes du cheval de l'empereur, mais est incapable de le capturer. Girard la Truie donne un coup de poignard en direction de la poitrine d’Othon. L'armure de l'Empereur le protège. Le cheval du chef de nos ennemis se cabre, puis s’effondre raide mort. Quand Othon essaie de monter sur son deuxième cheval, le sénéchal Guillaume II des Barres (1169-1234) tente à deux reprises de l'attraper par le cou. Mais ses chevaliers saxons le sauvent et désarçonnent le sénéchal français, le brave des braves.

Pendant ce temps, les chevaliers Barthélemy de Roye et Guillaume de Garlande décident d'emmener le roi Philippe hors des combats. Les guerriers saxons qui attaquent Guillaume des Barres sont pourchassés par Thomas de Saint-Valéry et 50 chevaliers qui changent les rapports de force sur le champ de bataille.

Bien que l'empereur Othon soit à cheval et ses chevaliers continuent de défendre leurs positions, il décide de quitter le champ de bataille. Les chroniqueurs médiévaux expliquent cela différemment. Alors que presque tous les rapports français parlent de fuite, les chroniques anglaises et allemandes présentent cela comme une retraite forcée par les méthodes sournoises des chevaliers français en nombre significativement supérieur. Il semble que l'empereur se voit vu réellement en danger de mort et se soit évadé du piège français.

De l'armée de l'empereur après son évasion il reste sur le champ de bataille un groupe de Brabançons. Le roi Philippe commande à Thomas de Saint-Valéry et ses 50 chevaliers de les vaincre. Ce qui est fait ! Renaud de Dammartin, le comte de Boulogne, est écrasé sous le corps de son cheval après avoir été blessé. Le chevalier flamand Arnaud d'Audenarde essaie de le libérer de sa position, mais il est capturé. Plusieurs chevaliers français tels que Jean de Nesle essaient de capturer le comte de Boulogne, mais finalement c'est l'évêque de Senlis, qui y arrive.

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La chute de Philippe Auguste et la fuite de Hugues de Boves (Matthieu Paris, Chronica Majora II, vers 1250).

APRÈS LA BATAILLE Modifier

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Le champ de bataille Modifier

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Guillaume II des Barres (1169-1234).

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Mathieu de Montmorency et ses 12 drapeaux pris à l’ennemi.

Malgré ses forces supérieures, malgré le courage et la fidélité de ses guerriers, malgré ses nombreux et puissants alliés, l’empereur Othon fuit, complètement vaincu. Il quitte le champ de bataille, poursuivi par Guillaume des Barres[11]. Son armée est défaite, ses alliés morts ou prisonniers.

Le comte de Boulogne se retire en dernier avec six chevaliers. Un serviteur français, lui arrache son casque et inflige une blessure au visage. Arnaud d'Audenarde est capturé. Plusieurs chevaliers français, tels que Jean de Nesle essaient de faire prisonnier le comte de Boulogne, mais c’est finalement l'évêque de Senlis, Guérin, qui le capture. Le comte de Salisbury, un demi-frère du roi Jean, se rend à l'évêque de Beauvais. Autour du drapeau avec l'aigle impérial, des chevaliers et des manants essaient d'éviter qu'il soit pris. Un chevalier français réussit néanmoins à s'en emparer[12].

Autour du roi sont détenus ses prisonniers, parmi lesquels on voie cinq comtes, vingt-cinq chevaliers portant bannière, et un nombre innombrable de soldats. L'aigle impériale d'Othon gis comme un trophée au pied de l'oriflamme. Les livres de comptes, les listes de prisonniers et celles de ceux qui sont les garants de rançons, soit environ 300 personnes qui participent à cette bataille et qui sont identifiés par leur nom, nous montrent qu'ils sont nobles.

Les vaincus fuient encore aux quatre points de l'horizon. S’unissant aux actions de grâces du roi, des chapelains chantent le Te Deum et les paroles de David : Béni soit Dieu qui a exercé mes mains au combat !

Les plaines de Bouvines sont jonchées de cadavres. Les soldats allemands, anglais, brabançons font que les moissons sont rouges. Les Français ont remporté cette éclatante victoire, malgré l'extrême infériorité de leur nombre. Le soleil couchant voit Philippe-Auguste rendant grâce au Dieu qui, selon les hommes de ce temps, l'a si visiblement protégé.


La bataille de Bouvines termine la guerre anglo-française (1202-1214)[13].

Le retour du roi à Paris Modifier

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Le roi Philippe Auguste revenant de la victoire de Bouvines.

Les chevaliers Barthélemy de Roye et Guillaume de Garlande décident d’emmener le roi Philippe hors de la bataille, pour le conduire vers un lieu sûr à l’arrière de la bataille.

L'armée française revient à Paris avec ses prisonniers enchaînés et 25 bannières prises à l'ennemi. Toutes les villes, tous les villages que traverse le roi, sont décorés de tapis ou d'arcs de verdure. La joie des Parisiens égale celle des provinciaux, et le peuple, épousant la querelle de Philippe Auguste, regarde la victoire de Bouvines comme une des grandes époques de la gloire nationale naissante. Le comte de Boulogne et celui de Flandre sont malmenés par les villageois.

Aux portes de Paris, les représentants des citoyens, le clergé et les corporations d'étudiants reçoivent les vainqueurs et les escortent dans la ville.

CONSÉQUENCES Modifier

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La Nation, le peuple et leur Roi Modifier

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Le Roi et ses chevaliers.

La nouvelle de cette victoire se répand rapidement dans tout le royaume, mais aussi dans toute l'Europe[14]. Il est vrai que c'est la première fois qu'un ennemi se retrouve en face pas seulement de chevaliers et de mercenaires, mais de miliciens des communes. Le peuple en armes bien avant les volontaires de l'an II.

Après 300 ans d'époque féodale où les paysans souffrent des querelles seigneuriales, des hommes très différents ont le sentiment d’appartenir à une même communauté de destin, à un seul et même peuple. Selon la définition de Renan :

une grande agrégation d’hommes, saine d’esprit et chaude de cœur, crée une conscience morale qui s’appelle une nation.

Le peuple de France découvre les capacités de son roi à le protéger contre les agressions extérieures, lui assure la paix et la prospérité. C’est la naissance du mythe du bon roi qui perdure jusqu'à la décapitation de Louis XVI en 1793.

Pour la première fois dans l’histoire de notre pays, des hommes si différents ont le sentiment d’appartenir à une même communauté de destin, à un seul et même peuple.

Conséquences en Franciæ Modifier

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Miniature (vers 1400) représentant la reddition de ses adversaires au roi Philippe II Auguste (à gauche) à l'issue de la bataille de Bouvines.

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Le Roi et un membre des milices bourgeoises.

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Philippe Auguste revenant de Bouvines.

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Insignes pris aux ennemis.

Une armée de Francs, un dimanche, va livrer une bataille qui est à l'origine de bien d'autres pendant sept siècles. Des troupes qui viennent de la France entière, le plus souvent pauvres, sur un plateau qui domine d’une dizaine de mètres les marécages de Flandres, près de Lille, sont à l'origine de la naissance de notre nation. Philippe Auguste est le premier roi qui fait porter sur ses actes, Rex Franciæ, roi de France, au lieu de Rex Francorum, roi des Francs. Bouvines du fait du rôle des milices communales va inciter les rois de France à accorder plus de pouvoir aux communes.

La victoire de Bouvines permet à Philippe II et ses successeurs de renforcer le pouvoir royal sur toutes les régions de leur royaume. La seule référence juridique et politique légitime devient le Roi. On parle à la fois de centralisme pré-jacobin, mais aussi de naissance de l'absolutisme.

Pourtant du temps de la monarchie absolue et de la contre réforme le souvenir de la bataille de Bouvines doit faire place à la vénération de Saint Louis, de Bertrand du Guesclin et de Jeanne d'Arc.

Bouvines n'est remise à l'honneur que pas la Monarchie de Juillet (1830-1848) comme un élément fondateur de notre nation. L'émergence du romantisme et le rôle des milices communales font la monarchie bourgeoise la fête. Guizot décrit le roi Philippe II, comme le premier vrai roi français, un monarque qui veut améliorer les conditions de vie de ses sujets et est juste. Pour cet historien les milices locales battent une armée ennemie, datant des guerres féodales, bien supérieure en nombre et armement. Apparaît le mythe fondateur de la victoire du roi et son peuple, en raison de l'union de toutes les classes.

Charles Saint-Prot écrit dans La pensée française: pour une nouvelle résistance:

Du fond des âges vient la nation française. Depuis plus de 2.500 ans, il existe une exception française. Balbutiante au temps de la Gaule, elle s'est exprimée de plus en plus nettement à partir des Capétiens jusqu'à Charles de Gaulle. Souveraineté de l'État, indépendance de la nation face aux empires, réduction des oligarchies et des féodalités, libertés des citoyens, opposition de la nation, qui est la mesure parfaite, au gigantisme des agrégations conjoncturelles, artificielles et matérielles ou au tribalisme des communautés a-historiques : voici toutes les lois de la politique française[15]. Bouvines est le moment magique où l'on assiste à la naissance de notre nation.

Si Maurras parle des quarante rois qui ont fait la France, les manuels de la IIIe république n'en voit que dix et Philippe Auguste est considéré comme l'un des grands Français. Le rôle des milices communales sur le champ de bataille n'est pas oublié et il est même amplifié. Certains manuels parlent de 30.000 morts.

Les historiens actuels parlent de 2.000 morts, dont 170 chevaliers. Ces chiffres pour l'époque sont importants. D'ailleurs un cartulaire, datant de 1214, nous dit que les moines de Cysoing pendant des jours et des jours enterrent des milliers des deux camps[16].

Bouvines remplit le peuple d'enthousiasme et de joie. Elle assure à la fois l'indépendance de la patrie, la destruction des ennemis au dehors et l'abaissement d'ennemis plus redoutables encore, de ces grands vassaux, danger intérieur encore plus à craindre que l'invasion étrangère. Je veux parler d’hommes et de femmes qui pour leurs intérêts personnels ou ceux de leurs clans sont prêts à trahir la France et les intérêts de son peuple. Bouvines annonce le déclin de la féodalité. En tous les cas, les volontaires des milices bourgeoises et la célébration de cette victoire dans tout le royaume nous montrent qu'il naît alors une conscience nationale[17].

Conséquences en Europe Modifier

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Le roi Philippe Auguste revenant de la victoire de Bouvines.

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Frédéric II Hohenstaufen, le nouvel empereur est l'allié de Philippe Auguste.

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Jean sans Terre signant la Magna Charta.

Philippe Auguste est le grand rassembleur de la terre française en partie du fait de la journée de Bouvines de 1214, où l'empereur germanique Othon est terrassé et Ferrand ferré[18].

Parmi les chefs ennemis prisonniers amenés à Paris se trouvent les comtes de Boulogne et Ferrand de Flandre, des félons qui rendent hommage au roi Jean sans Terre. Selon les lois applicables le roi Philippe II doit les condamner à mort, puis les faire exécuter. Mais il les emprisonne à la Tour du Louvre, puis leur pardonne[19].

La bataille de Bouvines fait qu'Henri de Brabant abandonne Othon, nous dit Georges Duby. Bouvines a plus d'importance pour l'Empire, où elle signe la défaite d'Othon IV[20]. L’empereur Othon IV, après la défaite, se réfugie dans un prieuré près de Valenciennes[21]. Puis, il va à Cologne, puis se retire sur ses terres du Brunswick. C'est là qu'il meurt, abandonné de tous, en mai 1218. Après la bataille de Bouvines la plupart des princes allemands reconnaissent l’allié de Philippe Auguste, Frédéric II Hohenstaufen, comme leur roi. Le roi Frédéric II, en 1220, est couronné empereur à Rome.

Le comte anglais de Salisbury est remis par l'évêque de Beauvais au comte de Dreux, afin qu'il puisse l’échanger avec son fils Robert Gasteblé. Les autres sont parfois échangés contre de simples rançons.

Après avoir reçu les nouvelles de la défaite de son neveu, le roi Jean sans Terre demande par l'intermédiaire du vicomte de Thouars au roi Philippe II, une trêve. John vaincu à La Roche-aux-Moines, dans le Poitou, est constamment poursuivi par le prince Louis. Le 18 septembre 1214, il est à Chinon et signe un renoncement à tous les territoires français de sa famille au nord de la Loire. Il doit en outre payer 60.000 livres au roi de France. Il ne conserve que l'Aquitaine.

Jean retourne en Angleterre. Là, le roi est confronté à une révolte de ses barons, qui lui reproche le coût de sa défaite contre le roi de France. En 1215, John doit signer la Magna Carta Liberatum, à Runnymede, qui va être à l'origine du parlementarisme et des constitutions démocratiques. Donc, la victoire de Bouvines fait que les monarchies vont devenir par la suite constitutionnelle et parlementaire. Elle a une influence significative et positive également en Amérique et donc dans le monde civilisé.

La victoire de Bouvines, et c'est aussi très important, est à l'origine de la mise en place progressive d'une conscience nationale insulaire. Les nobles normands et la famille royale après perdu cette bataille oublient la patrie de leurs ancêtres. Ils s’intègrent 150 ans après Hastings à la population anglo-saxonne.

L'abbaye de la Victoire Modifier

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Ruines de l'abbaye de La Victoire, près Senlis.

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Gravure du prieuré de Sainte Catherine du Val des Écoliers, en 1229.

La première donation au profit de l’abbaye de Senlis date de 1149 et l’appellation grangia Fulchereto apparaît en 1166. L'abbaye est fondée par lettres-patentes. pour fêter la double victoire, en 1214, du roi Philippe Auguste contre Othon IV à Bouvines, et de son fils Louis VIII, contre Jean Sans Terre, à La Roche aux Moines. Le roi lui donne le nom de La Victoire. Guérin, garde des sceaux et évêque de Senlis, lors de la bataille de Bouvines, assomme avec une massue le duc de Salisbury, demi-frère du Plantagenêt[22]. C'est lui qui donne le terrain pour construire l'abbaye, pendant de son château de Mont-l'Évêque. Le roi le charge également de la surveillance les travaux. Les lettres patentes de Philippe Auguste, pour la construction du monastère, et pour la dotation des religieux, sont datées du 8 mars 1221.

On y envoie douze religieux de Saint-Victor qui passent alors pour très régulier, avec la permission de Jean abbé de ce monastère situé à Paris. Ils vont dans cette nouvelle maison sous la conduite de Menend, qui après avoir été pénitencier de l'église Notre Dame de Paris est l'architecte de l'abbaye. Mais il ne veut point accepter la qualité d'abbé, et se contente de celle de prêtre. Il fait beaucoup de bien à ce nouvel établissement, et lui fournit une bibliothèque assez importante pour le temps.

Le roi Louis IX (= Saint Louis) et les sergents d'armes de sa garde font construire à Paris l'église Sainte-Catherine-du-Val-des-Écoliers en mémoire de son grand-père, Philippe II, et des souffrances dues à la victoire de Bouvines.

Église et monument commémorant la bataille 1214-1914 Modifier

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Bouvines : Eglise et monument commémorant la bataille 1214-1914.

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Bouvines : un anniversaire peu fêté du fait de politiciens en rien patriotes.

En juin 1914, la construction d'un monument national sur le champ de bataille qui contenir une monumentale statue équestre du roi Philippe II est décidée.

Le projet échoue du fait du déclenchement de la Première Guerre mondiale, quelques semaines plus tard.

Après la Seconde Guerre mondiale Bouvines devient un symbole de la pensée nationale pour des politiciens apatrides partisans d'une Europe dominée par une Allemagne revancharde.

Après la guerre franco-allemande de 1870 à 1871, la commémoration de la bataille de Bouvines et celle d'Alésia réconfortent notre peuple humilié. Dans les manuels de la fin du XIXe et début du XXe siècle, la bataille est aussi décrite comme une victoire du peuple français sur le système féodal. Ernest Lavisse parle en 1894 dans ses Cours de la première victoire nationale. Blanchet, puis Periard en 1901 insistent sur le rôle à nouveau le rôle crucial des milices des villes picardes dans cette victoire. En 1903, Calvet constate que Bouvines est la première victoire sur les Allemands.

Commémorer Bouvines ce n’est pas seulement célébrer une victoire, c’est fêter la Nation, c’est défendre notre communauté nationale. Qu’est ce que la France sans les femmes et les hommes qui décident de s’associer pour la bâtir ensemble ? La Nation est le lien qui nous unit, il nous rend plus fort dans un monde hostile. Se souvenir de Bouvines c’est se rappeler qui nous sommes et d’où nous venons.

Hélas, dans les manuels français Bouvines ne figure plus dans les manuels scolaires et est peu étudiée par les historiens universitaires.

NOTES ET RÉFÉRENCES Modifier

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  1. La Ligne de Mire: Discours Aux Citoyens Européens: Tome II 1988-1995, Volumes 2 à 3 de Codesria Book Series, La bibliothèque du XXIe siècle, Alain de Benoist, Editions du labyrinthe, 1995. p.66.
  2. Les Rois qui ont fait la France, Philippe II Auguste: Le Conquérant, Georges Bordonove, Flammarion 1983.
  3. WAR' OF BOUVINES
  4. Bouvines, Robert Garnier, Fernand Lanore, 1996.
  5. Les Rois qui ont fait la France, Philippe II Auguste: Le Conquérant, Georges Bordonove, Flammarion 1983.
  6. Gerhard Krause, Gerhard Müller, Siegfried M. Schwertner, Theologische Realenzyklopädie. Band 28. Pürstinger-Religionsphilosophie, Walter de Gruyter, 1997, p. 447.
  7. Joseph Rovan, Histoire de l'Allemagne des origines à nos jours, Paris, 1999, p. 84.
  8. Critiques, théoriques, Alain de Benoist, L'AGE D'HOMME, 2003. p. 459.
  9. Xenophon Group
  10. Bouvines, ou, L'aube d'une nation: 27 juillet 1214 : en direct du champ de bataille, Robert Garnier, Fernand Lanore, 1996.
  11. Bouvines, ou, L'aube d'une nation: 27 juillet 1214 : en direct du champ de bataille, Robert Garnier, Fernand Lanore, 1996.
  12. Bouvines, ou, L'aube d'une nation: 27 juillet 1214 : en direct du champ de bataille, Robert Garnier, Fernand Lanore, 1996.
  13. WAR' OF BOUVINES
  14. Bouvines, ou, L'aube d'une nation : 27 juillet 1214 : en direct du champ de bataille, Robert Garnier, Fernand Lanore, 1996.
  15. La pensée française: pour une nouvelle résistance, Libres mobiles, Charles Saint-Prot, L'AGE D'HOMME, 2002.
  16. Bouvines, ou, L'aube d'une nation: 27 juillet 1214 : en direct du champ de bataille, Robert Garnier, Fernand Lanore, 1996.
  17. La pensée française: pour une nouvelle résistance, Libres mobiles, Charles Saint-Prot, L'AGE D'HOMME, 2002.
  18. Les collections de L'histoire, Numéros 42 à 45, Société d'éditions scientifiques, 2009.
  19. Les rois de France: enfants chéris de la République, Claude Lelièvre, Bartillat, 1999.
  20. Frédéric II, 1194-1250, et l'héritage normand de Sicile: actes du colloque de Cerisy-la-Salle, 25-28 septembre 1997, Anne-Marie Flambard Héricher, Presses universitaires de Caen, 2001.
  21. Bouvines, ou, L'aube d'une nation: 27 juillet 1214 : en direct du champ de bataille, Robert Garnier, Fernand Lanore, 1996.
  22. Bouvines, ou, L'aube d'une nation: 27 juillet 1214 : en direct du champ de bataille, Robert Garnier, Fernand Lanore, 1996.

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