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                                   Banu Qasi 




Aabq6

Banu Qasi est désormais aussi une marque.

Ateo10

Après la défaite (711).

A925

Les Banu Qasi sont des godos muwalladun o muladíes[1].

Aabq11

En l'an 872, les Banu Qasi de Saragosse capture le gouverneur de Monzon et occupa bientôt la ville et le château de Monzon.

Aabq1

Couverture du livre : Bani Qasi, les enfants de Casio, de Carlos Aurensanz.

La dynastie des Banu Qasi, بنو قاسي, Banu Kasi, Beni Casi (fils de Cassius), ou Banu Musa (fils de Musa), constitue une puissante lignée d'origines gothes ou plutôt hispano-romaines[2], voir Basques, convertie à l'islam, dirigeant une principauté défendant la Marca Superior d’al-Andalus (frontière nord d'al-Andalus)[3], entre les VIIIe et Xe siècles[4].


Selon les nouveaux historiens espagnols les textes des anciens historiens musulmans parlent à tort d'une continuité des élites avant et après la conquête musulmane, dont Cassius serait un exemple[5]. Mais ils oublient les trahisons d'Egilona, veuve du roi Rodéric d'Hispanie (688-711), ou de l'episcopus Oppa, fils du Roi Egica qui essaie de livrer Pelayo des Asturies aux moros[6].

Les Banu Qasi, originaires de Tudela (sud de la Navarre), sont les descendants d'un Wisigoth, le Comte Cassius de Borja, qui se convertit à l'islam et prend le nom de Qasi, peu de temps après l'invasion maure en 711/12[7]. Devenus muwallades (convertis), ils jouent un rôle politique et militaire de premier plan dans la al-Tagr al-Ala (Marche supérieure d’al-Andalus), pendant les premières guerres de la Reconquista et lors des nombreux soulèvements que connaît l’émirat de Cordoue. Leur conversion illustre le philoarabisme des seigneurs de la partie est de la Tarraconaise[8]. Les Banu Qasi vont s'allier avec les Quraysh (famille du Mahomet) et les dynasties chrétiennesd'origines gothes[9].

Avant l'an mille, les rapports entre les royaumes se font parfois sous la forme d'alliances matrimoniales. Les mieux connus sont ceux qui lient les souverains de Pampelune aux Banu Qasi installés à l'ouest autour d'Ejea[10]. Sobrarbe et Asturies sont séparés par la Navarre aux mains des Banu Qasi. Ces derniers s'installent à Pampelune, en 812[11]. Ils participent au début de 824, à la Troisième bataille de Roncevaux[12]. Ces liens de tous types entre les Banu-Qasi et les gouvernants de Pampelune montrent le caractère très perméable de la frontière[13].

L'ambivalence culturelle du Banu Qasi est également démontrée par leur utilisation mélangée des prénoms : par exemple, l'arabe (Muhammad, Musa, Abd Allah), le latin (Oria, Lubb) ou le basque (Garsiya)[14].

Musa ibn Musa (788 - 862) (Moïse fils de Moïse) est demi-frère d'Iñigo Arista (822 - 852), roi de Pampelune. Les deux pays se protègent mutuellement contre les attaques des plus grands Etats chrétiens et musulmans[15]. Musa ibn Musa est considéré comme un troisième roi d'Espagne[16].

Mais les Banu Qasi, gouverneurs de la Marca, selon l’historien musulman Al-Udri, représentent aussi le meilleur espoir de l'émirat de Córdoba de poursuivre son expansion territoriale au nord[17]. Divers membres de la famille Banu Qasi sont dits wali (gouverneur), au sens de roi des villes de Tudela et de Saragosse par les émirs de Córdoba au cours de la seconde moitié du IXe siècle et au début du Xe siècle. Cependant, ce sont des vassaux indisciplinés, parfois alliés des princes chrétiens. Ces alliances sont confirmées par plusieurs mariages mixtes[18].

Les sources arabes recensent quatre cas de membres de la famille Banu Qasi qui se sont reconvertis au christianisme au début du Xee siècle: Fortun ibn Lubb, Fortun ibn Abd Allah et les frères Abd Allah et Ismail ibn Mutarif. Lubb c'est la forme arabe de Loup, Lope et de son équivalent en basque Ochoa[19].

Le roi Alphonse III s'efforce de ramener dans sa mouvance les Banu Qasi, d'origines officiellement gothes. Il négocie un accord avec cette puissante famille qui gouverne la région du cours supérieur de l'Èbre. Grâce à cet accord, le prince Ordoño est élevé en partie à Saragosse, au début du IXe siècle, par les Banu Qasi[20].

Au Xe siècle, après avoir perdu Saragosse et Tudela, les Banu Qasi disparaissent de l'histoire de la Navarre et de l'Aragon. De nombreuses références à la famille Banu Qasi se trouvent dans les œuvres du Xe au XIIIe siècles des historiens musulmans espagnols, corroborées par des passages dans les sources chrétiennes, telles que la Chronique d'Alphonse III, la Chronicon Sébastiani, la Albeldense Chronicon, et le Codex de Roda. La principale source primaire pour la reconstruction de la famille est l'historien, du XIe siècle, al-Udri. La famille est étudiée en détail, en 1980, par Alberto Cañada Justa, puis par Jesús Jiménez Lorenzo[21].

L'influence de cette famille dans l'histoire de la Navarre et de l'Aragon est considérable.

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Les Banu Qasi et la frontière nord d'al-Andalus vers l'an 900.

LES ORIGINES DE LA DYNASTIE DES BANU QASI Modifier

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A cette époque, il convient de rappeler que la plupart des vieilles familles patriciennes de la Tarraconensis soutiennent des aristocrates rebelles luttant contre le roi Rodéric d'Hispanie (688-711). Ils collaborent dès le début avec les forces d'occupation maures, commandées par Musa ibn Nusayr (640 - 716)[22][23].

Olite (forteresse wisigothique d’Ologicum) Modifier

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Aabq12

Olite (ville wisigothique d’Ologicum)[24].

Alberto Cañada Juste, dans El posible solar originario de los Banu Qasi (1977), suggère que les Banu Qasi (714 - 924) descendent d'un comte défendant Olite[25].. San Isidoro de Sevilla, dans son Historia de regibus gothorum, nous offre la première référence écrite sur Olite. Selon cet évêque, le roi wisigoth Suintila fonde la ville d'Oligicus ou Ologite, au sud de Pampelune, en 621, et la fortifie pour la protéger des Vascones. Suintila y installe un comte qui défend et administre Olite et sa région,

Ces comtes sont, d'après Alberto Cañada Juste, les ancêtres de Comes Cassius Fortunius de Borja et des Arista ou des Banu Wannaqo. Ils sont seigneurs de tafalla, d'Ujué et de toutes les villes et forteresses situées dans la région montagneuse qui commence à Olite[26].

Cette thèse s'appuie en partie sur un texte de Lévi-Provençal qui dit que les principales villes de la seigneurie des Banu Qasi, sont Tudela, Wunat et Arnedo. Wunat selon Cañada doit se traduire de l'arabe en Olite[27].

VIIe SIÈCLE Modifier

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Ire génération Modifier

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Les Borja sont les seigneurs de l'actuelle Ribera Navarra (Tudela).

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Le château de Borja est une construction fortifiée située sur un socle de roche qui appartient aux Banu Qasi.

Aabq14

Egilona, veuve du roi Rodéric d'Hispanie (688-711), puis du gouverneur, Abd al-Aziz ibn Musa bin Nusair est la nièce du comte Casio et leurs enfants se marient ensemble[28].

Le second comte de Borja est appelé en arabe Kumis Qasi ibn Furtun (comte Qasi, fils de Fortun). Comme le nom en arabe du fils du Comes Cassius Fortunius de Borja est فرتون بن قازي بن فرتون (Furtūn ibn Qāsī ibn Furtūn), on peut en déduire que le nom de son père est le même que son fils Fortunius. Il succède à son père comme seigneur de Tudela, Tarazona et Borja[29].

Fortunato de Borja (ca 650 - 70?) est un comes (comte) du royaume wisigoth, vivant à la fin du VIIe siècle. Fait intéressant, on a toujours insisté pour que les Banu Qasi soient définis comme des Goths, descendants de Casio. Mais le nom de ce personnage est latin, comme celui de beaucoup de ses descendants: Fortunius, Lupus, etc. Il faut en déduire donc que nous sommes devant une lignée de racines évidentes hispano-romaines[30], et en partie basques, compte tenu des liens nombreux de ses premiers descendants avec les princes de Pampelune.

L'origine gothe de l'éponyme Banu Qasi - qui n'est pas expressément mentionnée par Ibn Hazm, bien qu'elle puisse être déduite du texte - apparaît dans une chronique chrétienne, celle d'Alphonse III :

Muzza quidam, nation nominée Gotus sed ritum Mamenian cum omni gentis poursuivre en justice, quos Caldei uocitant Benikazzi[31][32].

Mais cela prouve juste qu'ils ne sont pas Arabes ou Berbères, mais pas obligatoirement d'origines gothes. Ibn al-Qūṭiyya († 977), historien de Cordoue, écrit que selon une chronique, les Banu Qasi sont seigneurs sur le cours supérieur de la vallée de l'Èbre, à Tudela, Tarazona, Borja, et, éventuellement Ejea... Le comté est de dimensions relativement importantes, et situé aux confins de plusieurs provinces du royaume wisigoth : la Tarraconensis (à l’est), la Basconia et la Cantabria (au nord), sans oublier la Celtiberia (au sud). De récentes études les voient installés aussi dans la région de Ejea de Los Caballeros. Cañada y inclut Olite, à 42 km au sud de Pampelune[33].

A l’époque, vers 68O, où naît le fils célèbre de Fortunius,Cassius Fortunius de Borja, un comte Flavius Ervigius usurpe le trône pendant sept années. Son gendre, roi de l'Espagne wisigothique de 687 à 702, persécute violemment la noblesse et les juifs. Ces derniers, dès 694, appellent les Musulmans d'Afrique du Nord à envahir ce royaume hispano-wisigothique décadent. La noblesse se rebelle et, leur chef, un certain Sunifred, est probablement couronné roi, à Tolède, par l'archevêque Sisbert de Tolède. L'invasion musulmane ne va pas mettre fin aux affrontements complexes des factions hispaniques[34].


Fortunato de Borja (ca 650 - 70?) a très certainement un autre fils, père de Egilona, veuve du Roi Rodéric d'Hispanie (688-711), puis du gouverneur, Abd al-Aziz ibn Musa bin Nusair. Lorsque le duc de Bética, Rodrigo, accède au trône wisigothique, il tente d'établir des alliances stratégiques lui permettant de rester au pouvoir. Ainsi, rien de plus naturel qu'une alliance, scellée par un mariage, avec la famille hispano-wisigothique des gouverneurs de Saragosse. Le comte s’appelle alors Casio[35]. Aya Bint Abd al Aziz bint Abd-al-Aziz (714 - 7??), leur fille se marie avec son cousin, Fortun ibn Qasi (avant 714 - 7??)[36].
A522

Les derniers rois wisigoths : Egica, Witiza, Rodéric d'Hispanie (688-711).

VIIIe SIÈCLE Modifier

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Les Banu Qasi deviennent des seigneurs musulmans comme les autres.

Les descendants du Comte Comes Cassius Fortunius de Borja (ca 680 - 720/725) sont mieux connus que lui grâce aux longs développements que leur accordent Ibn Hazm et un autre historien hispano-musulman Ahmad ibn Umar al-Udri dans leurs écrits.

Du temps des premiers Banu Qasi, la région du cours supérieur de l'Èbre forme une principauté semi-autonome. Ils doivent lutter contre les Basques, les Francs et surtout l'expansion progressive du royaume asturien. De son côté, le califat de Cordoue ne renonce pas à imposer vraiment son autorité aux petits royaumes du nord de la péninsule, mêmes musulmans.

Les Banu Qasi sont des clients du califat et bénéficient de l’appui des populations et d'autres dynasties de muladíes de la vallée de l'Èbre. Toutefois leurs liens avec le califat ne vont pas les empêcher de conclure parfois des alliances avec les rois chrétiens et de faire de nombreux mariages avec des filles ou fils de nobles basques. Dans un premier temps, au cours du VIIIe siècle, les Banu Qasi accroissent leur pouvoir, grâce à l’aide des émirs de Cordoue, alors en prise à des luttes internes entre Arabes et Berbères et ayant besoin d’alliés.

Selon Lévi-Provençal de nombreux Banu Qasi sont polygames[37].

IIe génération Modifier

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Cassius Fortunius de Borja (ca 680 - 720/725) Modifier

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ATEO3

Musa ibn Nusayr réprimandant Tariq. Musa ibn Nusayr (640 - 716) accompagne Cassio à Damas Sa petite-fille se marie avec Fortun ibn Qasi (avant 714 - 7??).

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Bataille de Guadalete (711).

Acom28

Abd al-Rahman, émir de Cordoue (al-Andalus).

Comes Cassius Fortunius de Borja (ca 680 - 720/725) (espagnol : Casio ; arabe: قسى قومس , Kasi Kumis ou Qasi Shahr-e Qumis, est le fils de Fortunius de Borja. Selon l'historien Muwallad d'origines gothes du dixième siècle, Ibn al-Qūṭiyya, le comte Cassius se convertit à l'islam en 714, peu après la conquête par les Omeyyades de Hispania, en tant que client (mawali) des Omeyyades. Sa famille va finir par s'appeler les Banu Qasi (بنو قَسِىّ, les fils ou descendants de Cassius). Cassius se convertit du fait de l'Arabe Hassan ibn Yassar al-Hudhali, qadi à Saragosse au moment de l'arrivée d'Abd al-Rahman dans la péninsule, afin de préserver ses terres et son pouvoir politique. Le Comes Cassius Fortunius de Borja se joint à Musa ibn Nusayr (640 - 716) et Tariq ibn Ziyad. Il se rend à Damas, avec Musa ibn Nusayr (640 - 716),pour prêter serment d'allégeance au calife omeyyade al-Walid qui règne de 705 à 715[38][39].

Dans un texte bien connu, inclus dans son traité sur les généalogies, Ibn Hazm, en 1064, nous informe que les Banu Qasi (appelés muwalladun ou muladi) sont les descendants d'un comte du nord de l'Ibérie, du temps des Wisigoths, nommé Casio (Qasi)[40].

Lors de son avancée militaire sur Saragosse en direction de Astorga (714), cette trahison permet aux envahisseurs de traverser sans rencontrer de résistance le bassin moyen et supérieur de l'Ebre[41]. Des études relativement récentes, menées par Juste Cañada, montrent que Casius commande les troupes wisigothes qui protègent un limes des incursions basques. D’autres historiens le disent aussi gouverneur de la moyenne vallée de l'Èbre. L’historien arabe, du XIe siècle, Ibn Hazm indique que Casius est un comte Kumisal-Tagr (comte d’une marche). Il le reste jusqu’à ce qu’une expédition des musulmans, allant envahir les Asturies, l’oblige à se soumettre à eux. Agissant comme un opportuniste, non seulement il ne les combat pas, mais il s’allie, comme beaucoup d'autres seigneurs, avec eux.

Le Comes Cassius Fortunius de Borja se convertit à l’Islam dès 714, à la demande du qadi de Saragosse Hassan ibn Yassar al-Hudhali. Il adopte les modes de vie islamiques. Cette conversion lui permet conserver ses terres et son rang. Il redevient même un important seigneur, muladí des Omeyyades (ou Umayyades). Casius joint ses troupes à celles de Musa ibn Nusayr (640 - 716) et de Tariq ibn Ziyad. Il se rend à Damas et fait allégeance au calife Al-Walid (668 - 715), avant sa mort, le 25 février 715[42].

Comme il a quatre fils après sa conversion, donc avec des prénoms musulmans, contrairement à Fortun, il n'est décédé que vers 720/725.

Les fils de Casius de Borja Modifier

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Acom45

Diète à Paderborn (777) : Charlemagne reçoit des chefs musulmans d'al-Andalus, sont Abou Taur de Huesca.

Acps0

Charlemagne traversant les Pyrénées.

A528

L'expédition de Charlemagne dans la Marca Superior (778).

Aabq11

Los Banu Qasi[43].

Aabq45

Los moros de Huesca.

Toujours selon Ibn Hazm, Comes Cassius Fortunius de Borja (ca 680 - 720/725), marié vers 710, a cinq fils :


Fortun ibn Qasi (avant 714 - après 745 (Fortuné, fils de Casius), son aîné, qui suit. Il est né avant la conversion de son père, en 714, et est donc le seul à avoir un prénom chrétien.


Abu Taur de Huesca (ca 715 - après 797), Abou Tawr ibn Qasi, est l'Abitaurus des chroniques latines[44]. Les Annales regni francorum nous disent que son deuxième fils, Abou Taur de Huesca, wali (gouverneur) de Huesca, qui se rend, en 777, jusqu’à Paderborn pour proposer à Charlemagne une alliance destinée à mettre fin au règne de l’émirat de Cordoue sur la vallée de l'Èbre. Le roi reçoit l'année suivante des otages d’Abou Taur de Huesca et de Sulayman ben Yaqzan ibn al-Arabi, gouverneur de Barcelone[45]. La Chronique de Moissac nous dit clairement que quand l'armée des Francs arrive à Pampelune, Taurus, saracenorum rex, en fait déjà le siège.

Abou Taur de Huesca reconnaît comme son maître le roi Charles, et lui donne en otage un de ses frères et son fils : ... ibi Taurus, Sarracenorum rex, venit ad eum et tradidit et civitates quas habuit, et dedit et obsides fratrem suum et filium...[46]. En 790, toujours gouverneur de Huesca, Abu Taur va à une réunion à Toulouse, avec des ambassadeurs qui viennent de donner l'Aquitaine au roi Louis le Pieux. Il fait des cadeaux et conclut la paix avec les Francs. Il propose une alliance contre l’émir Abd al-Rahman : ... Abu Taurus sarracenorum dux cum reliquis regno Aquitano conlimitantibus ad eum nuntios misit, pacem petens et regia dona mitens ...[47]. Toute la région se soulève et cette révolte dure encore lors des expéditions des troupes de Cordoue contre Gérone et Narbonne en 793. Les preuves des contacts du wali de Huesca avec les Francs ne sont connus que par les sources franques, tandis que les écrivains espagnols et musulmans parlent d'Abou Taur de Huesca seulement comme un éminent gouverneur de l'émir de Cordoue, Abd al-Rahman.


Abu-Salama ibn Qassi, son troisième fils, est l'auteur de la sous-branche des Banu Qasi, les Banu Salama qui, au VIIIe siècle, contrôlent de vastes possessions dans la Marca Superior d’al-Andalus (frontière nord d'al-Andalus). Ils sont apparentés à Musa ibn Fortún Ibn Qasi (avant 745 - Zaragoza 788, wali de Saragosse et au reste des Banu Qasi qui règnent sur le cours supérieur de la vallée de l'Èbre, entre les VIIIe et Xe siècles[48]. Quelques années après la conquête musulmane de Waixqa (nom arabe de Huesca), les Banu Salama se révoltent et s'emparent de la ville et la conservent pendant presque tout le VIIIe siècle. Leur règne est marqué par la tyrannie et les habitants de Waixqa n'en veulent plus. En l'an 181 de l'Hégire (797–798), le chef militaire Bahlul ibn Marzuq se soulève dans la Marche nord d'al-Andalus (al-Thaghr al-Aqsa), c'est-à-dire la vallée de l'Èbre, et s'empare de Saragosse. Il parvient à étendre son pouvoir à l'Aragon actuel, et prend la tête d'une révolte destinée à mettre un terme au pouvoir tyrannique des Banu Salama de Huesca. Bahlul ibn Marzuq dépose Abu Taur de Huesca et met fin à leur règne[49]. Pour affirmer sa position, il entre en contact avec les Francs, peut-être avec Guillaume de Gellone, comte de Toulouse, marquis de Septimanie et duc d'Aquitaine[50]. En 183 AH (799–800), il chasse les Banu Salama de Huesca et s'empare de la ville. L'année suivante, les Banu Salama reprennent le contrôle de Huesca avant d'en être de nouveau chassés.
Yunus ibn Qasi


Yahya ibn Qasi.
A524

Mosquée des Omeyyades à Damas.

IIIe génération Modifier

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Ateo8

Rodéric d'Hispanie (688-711), mari de Egilona est tué à la bataille du Guadalete (19 juillet 711).

Aabq1

Musa ibn Nusayr (640 - 716) accompagne Cassio à Damas Sa petite-fille se marie avec Fortun ibn Qasi (avant 714 - 7??).

Egilona

Egilona, mère de la femme de Fortun ibn Qasi (avant 714 - après 745).

Fortun ibn Qasi (avant 714 - après 745), Furtūn ibn Qāsī ibn Furtūn, fils aîné du Comes Cassius Fortunius de Borja (ca 680 - 720/725), vient au monde avant la conversion de son père, et donc au contraire de ses frères, qui naissent après 714, et qui portent des prénoms musulmans, il se prénomme Fortun, comme son grand-père[51].

En 715 son père va à Damas, avec le puissant Musa Ibn Noçaïr, gouverneur et général musulman. Mais, le calife Sulaiman condamne à mort ce Musa pour malversations. La peine est commuée en paiement d’une rançon énorme. L’ancien gouverneur ne peut pas la payer. Il meurt assassiné dans une mosquée de Damas.

Son père, Comes Cassius Fortunius de Borja (ca 680 - 720/725), à son retour désire honorer sa promesse faite à Musa Ibn Noçaïr de marier Fortun ibn Qasi (avant 714 - 7??), son aîné, avec la petite-fille du vieillard, Aya Bint Abd al Aziz bint Abd-al-Aziz (716 - 7??).

Aya est la fille de Abd al-Aziz ibn Musa bin Nusair et d’Egilona, dernière reine de l'Espagne wisigothe, veuve du Roi Rodéric d'Hispanie (688-711) et Abd al-Aziz.

Son père, assassiné, Musa Ibn Noçaïr est le fils Musa Ibn Noçaïr (ca 640 - 717), général arabe conquérant du Maghreb et d'al-Andalus. Son arrière-grand-père maternel est Marwan, quatrième calife omeyyade. Il fonde la maison dirigeante des Marwanid. Marwan est un aḥābī (un compagnon du prophète). Il descend comme Mahomet de Ibn Abd Manaf Qasi. Cette alliance fait de Fortun ibn Qasi (avant 714 - après 745 le cousin des émirs Omeyades de Cordoue.

Il semble qu'à la mort de son père le Comes Cassius Fortunius de Borja (ca 680 - 720/725), Fortun hérite des possessions des terres entre Saragosse, Najera, Tudela et Tarazona et est nommé Wali de Saragosse, par le Calife omeyyade de Damas.

Aya Bint Abd al Aziz bint Abd-al-Aziz (714 - 7??) et Fortun ibn Qasi (avant 714 - après 745), mariés avant 745, sont cousins[52]..

Fortun ibn Qasi (avant 714 - après 745) et Àïxa bint Abd-al-Aziz (714 - 7??) sont les parents de :


Musa ibn Fortún Ibn Qasi (745 - Zaragoza 788, qui suit.


Dhàhir ibn Fortun. La parenté des Banu Qasi avec la famille navarraise est renforcée par le mariage de quelques filles de Zahir ibn Fortun avec des princes de cette Maison[53]. Maymona, fille de Zahir Ibn Fortun, est la mère du fils de Musa ibn Musa, Ismaïl ibn Musa[54].
Aabq13

Les ancêtres illustres de la femme de Fortun.

IVe génération Modifier

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Aabq15

Gustave Doré, Roland à Roncevaux (778).

Musa ibn Fortún Ibn Qasi (745 - Zaragoza 788) est le petit-fils de Cassius et le fils de Fortun. Ibn Hazm nomme Musa et Zahir, comme fils de Fortun. Al-Udri confirme cette filiation lorsqu'il nomme son descendant Muhammad ibn Lubb ibn Muhammad ibn Musa ibn Musa ibn Fortun ibn Garsiya[55].

Musa ibn Fortún Ibn Qasi (745 - Zaragoza 788

Ses mariages et sa descendance Modifier

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Le roi arabe de Saragosse, qui occupa la plupart des terres de Navarre ou des Basques et de la Rioja, demande aux tribus de Vascones de l'aider à vaincre l'arrière-garde de l'armée de Charlemagne, ce qui se produit lors de la bataille d'Orreaga ou de Roncesvalles, et cela est rappelé par la légende du gentleman préféré de l'empereur, Rolando.

Saragosse en 772 Modifier

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Le premier émir indépendant de Cordoue, Abd al-Rahman Ier, un Banu Umayya, donc son cousin, l’aide probablement à soumettre Saragosse en 772. Après plusieurs victoires, il obtient plus d’indépendance pour sa principauté.

Musa ibn Fortún Ibn Qasi (745 - Zaragoza 788) est gouverneur d’Arnedo, de Tarazona et de Saragosse.


En 788, l'émir de Cordoue Abd al-Rahman Ie meurt, ce qui entraîne une lutte entre ses trois enfants : Sulaiman, Hicham et Abd-Allah pour sa succession. Musa ibn Fortun aide Hicham Ier. Bien entendu quand celui-ci est proclamé émir, Musa gagne en influence et pouvoir. Il aide l’émir Hicham pendant la révolte anti-Umayyades qui se propage de Saragosse à Tortosa.

Lucas de Tuy enregistre cette " ex-Chaldeis duos magnos tyrannos… Hienchaza… [et] Alporu cum filio suo Azeth " a capturé " Muza [et] filius eius Lupus " dans une bataille, datant de l'événement sous le règne de " Carolus… magnus Franciæ Rex "(alors avant qu'il soit couronné empereur en 800). cependant,genere eiusdem Muzæ… Garsia ", qui semble faire référence au gendre de Musa ibn Musa tué au combat en 859. Il est donc incertain de savoir si Lucas de Tuy se réfère à Musa ibn Fortun ou Musa ibn Musa.

En 788, à l'occasion de la lutte entre les deux fils d'Abderramán Ier, Sulayman et Hisam, le petit-fils de Casius prit le deuxième, battit les Yéménites et pénétra triomphalement à Saragosse. Mais il a été tué par un affranchi du chef ennemi. Les souverains de Cordoue ont favorisé leurs loyalistes, et un fils de Muza b. Fortun, appelé Mutarrif, a régné à Pampelune à la fin de la s. VIII. Bien que les Pamplones soient montés contre lui et l’ont tué en 798.

Ibn Idari rapporte que Musa ibn Fortun expulse le rebelle Said ibn al-Husayn Yahya Ansari de Saragosse le 10 juin 788. . Ibn al-Athir rapporte que Musa ibn Fortun a été assassiné par Chahdar, disciple de Said ibn al. -Husayn AH 173 [789] [394]

Al-Udri rapporte que " [Musa ibn Fortun] " s'est rebellé à Saragosse contre " el imam al-Hakam " mais est mort dans la même ville " en du l-hiyya " AH 186 [ Déc 802] [395] .

Ses mariages et sa descendance Modifier

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Aabq14

Íñigo Arista ou Íñigo Íñiguez (ca. 770 - 851), son beau-fils.

Sa seule épouse connue, Oneca ou Iñiga de Gascogne (765-770 - 816), est fille du Duc Loup II de Gascogne (dux Vasconum ou princeps)[56], selon La Noblesse du Midi carolingien de Christian Settipani.

Oneca ou Iñiga de Gascogne est veuve d'Iñigo Jiménez (751 - 780)[57], comte de Sobrarbe et de Bigorre[58]. Elle a un fils :

Íñigo Arista ou Íñigo Íñiguez (ca. 770 - 851), fondateur de la dynastie Arista-Íñiga, comte de Bigorre et premier roi de Pampelune. Al-Udri l'appelle Yannaqo ibn Wanniqo[59].

Oneca ou Iñiga de Gascogne se remarie avec Musa ibn Fortún Ibn Qasi (745 - Zaragoza 788, après 780.


Banu Qasi Musa ibn Musa, dit le troisième roi d'Espagne.

hermano de madre de Musa ibn Musa " [396] . Ibn Hayyân nomme " Musa et son allié Garsiya ibn Wannaqo, émir des Gascons (d'autres dissident que son fils était Furtun ibn Wannaqo, son frère frère utérin) " et rapporte dans un passage ultérieur que " Musa ibn Musa al-Qasawi… fut par son frère utérin, le chef de Pampelune, ibn Wannaqo ".

[Le Livre de Regla du monastère de Leire, établi en 1076, enregistre la mort de " re DCCV " de " rex Enneco Garseanes ", ajoutant que sa femme était " Eximena " [399] . Cette source est confuse et contredite par de nombreuses autres sources primaires dans bon nombre des détails qu’elle enregistre. Il n'est pas certain de savoir à qui " Enneco Garseanes " fait référence. Il a été décidé de ne pas inclure " Jimena " dans le nom de l'épouse de "Íñigo", compte tenu du nombre d'incertitudes dans le texte.] Musa a eu cinq enfants d'inconnus [femmes / concubines]:

L'un des caudillos basques est Eneko El Fuerte et le premier de la dynastie des Iñigo.


Fortun ibn Musa, est à l'origine et le chef de la révolte contre le général Amrus ibn Yusuf en 802, pendant laquelle il est tué.


et Mutarrif ibn Musa, wali musulman de Pampelune, tué en 799, Ibn Hazm cite Musa ibn Musa, Mutarrif, Yunus, Yuwartas, Lubb y Garsiya, comme les fils de Musa ibn Fortun. Ibn Hayyan écrit que les habitants de Pampelune accusent Mutarrif ibn Musa de trahison et le tue en 799[60].

En 781, une alliance se crée entre Iñigo Jimenez, le père du premier roi de Pampelune, et les Banu Qasi. L’alliance avec les Basques est facilitée par des liens familiaux qui se créent. Musa ibn Fortun de Tudela (ca 745 - 788) se marie, vers 781, avec Iñiga de Gascogne (ca 765 - 8??),

Ils sont les parents de Eneko Arista (790 - 851), premier roi de Pampelune, grâce à son beau-père Musa ibn Fortun de Tudela (ca 745 - 788)[61].

Toujours selon La Noblesse du Midi carolingien de Christian Settipani et la plupart des auteurs arabes, Musa ibn Fortún Ibn Qasi (avant 745 - Zaragoza 788décède en 788[62]. Ibn al-Athir nous dit que Musa ibn Fortun est assassiné par Chahdar, un disciple de Saïd ibn al-Husayn en 789.

Musa ibn Fortún Ibn Qasi (avant 745 - Zaragoza 788 et Oneca ont cinq fils :


  • Garsia ibn Musa


  • Lubb ibn Musa (Loup), comte de Borja (Aragon). Pendant quelques années, les Banu Qasi sont fidèles à Cordoue, mais, en 882, Muhammad envoie une armée commandée par Abd Hashim ibn al-Aziz contre eux. Muhammad ibn Lubb, neveu de Musa ibn Musa, marche contre Hashim[63].
  • Musa ibn Musa, qui suit.
A524

Grande Mosquée des Omeyyades de Damas, édifiée par Al-Walid Ier (668-715).

IXe SIÈCLE Modifier

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Musa ibn Musa (789 - 862) ou Musa II, le Moro Muza des chansons enfantines espagnoles, né posthume, est le plus important des personnages du clan Banu Qasi. Il est le fils de Musa ibn Fortun et d’Oneca ou Iñiga de Gascogne.

Ve génération Modifier

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La jeunesse de Musa ibn Musa Modifier

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Musa

Statue de Musa ibn Musa à Tudela.

Aabq8

La Navarre et l'Aragon au IXe siècle.

En 799 des Vascons pro-carolingiens assassinent son jeune demi-frère aîné, le gouverneur de Pampelune, Mutarrif ibn Musa (770 - 799). Les Cordouans envoient, en 802, le général Amrus ibn Yusuf fait la guerre à sa famille et à tous les insoumis de la Marche supérieure d’al-Andalus. Il prend Saragosse, et Huesca, et expulse Bahlul Ibn Marzouq. Il fortifie Tudela et y installe son fils, Yusuf ibn Amrus.

Saragosse se rebelle à nouveau en décembre 802, cette fois du fait de Fortun ibn Musa, son autre demi-frère. Amrus ibn Yusuf est capturé en 803 par une coalition de Basques et troupes des Banu Qasi. Amrus est néanmoins, en 804, nommé gouverneur de Saragosse. En 806, les Navarrais se mettent sous la protection des Carolingiens afin d'échapper aux armées de l'émirat de Cordoue venues réduire les Banu Qasi et leurs alliés Vascons. Il se crée ainsi, pour un temps, une marche franque en Espagne. En 807, Amrus ibn Yusuf étouffe une rébellion à Tudela.

Les faits et gestes des premières années de la vie de Musa ibn Musa ne nous sont pas connus. Il est souvent confondu avec l'émir Marsile, qui est cité dans La Chanson de Roland.

Musa ibn Musa et ses troupes aident les Basques contre les Francs lors de la troisième bataille de Roncevaux, bataille qui donne naissance au royaume de Pampelune. Cette bataille a lieu en 824. Les comtes Francs chrétiens sont à nouveau battus. Ebles est envoyé comme cadeau à l’émir Abd ar-Rahman II. Le rôle de Musa ibn Musa dans cet affrontement et la création de ce royaume chrétien est décisif.

En 839, son fils Fortun ibn Musa, bien qu’encore très jeune, va défendre Medinaceli contre le Roi Alphonse[64]. Il mène une campagne qui a comme conséquence une déroute du roi des Galiciens Loderik. Il rase les défenses d'Alava.

Rébellions et alliances de Musa ibn Musa Modifier

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A530

Le château comtal de Musa ibn Musa à Arnedo, en 1898.

Aabq5

Eneko Arista est le demi-frère de Musa ibn Musa.

En 840, Musa ibn Musa vit dans son château d'Arnedo, dans La Rioja. En réponse aux attaques du royaume de son demi-frère, Íñigo Arista, et à l'expulsion de son parent Abd al-Yabbar ibn Qasi par les gouverneurs cordouans de Zaragoza et Tudela, Al-Udri note que Musa ibn Musa se rebelle contre Abd el-Rahman II, qui a nommé Abd Allah ibn Kulaybe comme wali de Saragosse et Amir ibn Kulayb comme wali de Tudela en 840/841[65]. Le gouverneur de Tudela détruit et pille les biens des Banu Qasi. Musa ibn Musa refuse de continuer à dépendre de la souveraineté de l'émir. Mais il est dédommagé pour les dommages causés et l'émir le nomme gouverneur de Tudela[66].

En 841, l'émir envoie une expédition contre la Sardaigne. Il semble que Musa ibn Musa, gouverneur de Tudela, commande les troupes de l'avant-garde. Pourtant suite à des désaccords, Musa ibn Musa refuse en 841 de participer à l’expédition contre le royaume de Pampelune, dirigée par al-Mutarrif, fils de l'émir Abd ar-Rahman II (822 - 852). Il se repose de toutes ses guerres dans son château d'Arnedo, mais finalement envoie son fils Fortun à la tête d'une unité de cavalerie. Al-Mutarrif, irrité, trouve le comportement de Musa déloyal et refuse cette aide.

L'étroite amitié entre la famille Arista et le clan des Banu Qasi protège les premiers des attaques musulmanes, mais les soumet aux aléas de la politique de leurs alliés. Jusqu'en 841, les Banu Qasi ont de bonnes relations avec l'émir et Pampelune jouit de la paix, les expéditions musulmanes se dirigent vers l'Alaba. Mais lorsque deux nouveaux walis sont nommés à Saragosse et à Tudela, la situation change et les attaques se multiplient contre les possessions des Arista et des Banu Qasi[67].

En 842, la campagne contre les Navarrais terminée un général cordouan, Harit ibn Bazi, wali de Saragosse, attaque la principauté de Musa. Musa ibn Musa est battu à Borja et Tudela. A la fin de l'année néanmoins, avec son neveu, García Íñiguez de Pampelune, ils battent l’armée de l’émir. Le général ennemi est blessé et fait prisonnier lors de son passage de l'Ebre.

Ces circonstances provoquent la campagne d'Abd al Rahman II en mai 842, puis 843, contre Pampelune. Le roi de Navarre, Fortun Íñiguez[68], frère d'Iñigo Arista, demi-frère de Musa ibn Musa, est tué lors de cette bataille et Galindo Íñiguez de Navarre († 851), fils d'Iñigo Arista, blessé. Une partie de la population navarraise à proximité de Pampelune est emmenée en esclavage dans les pays musulmans[69].

Iñigo Arista doit payer 700 dinars annuels d'impôt et rendre les prisonniers. Mais la rupture du pacte par le camp Arista provoque l'année suivante une nouvelle campagne, à l'issue de laquelle les chrétiens sont vaincusi[70]. Musa ibn Musa et Íñigo peuvent s’échapper, mais des centaines de nobles du royaume de Pampelune sont tués. Peu de temps après Musa proclame l’indépendance de son royaume. Toutefois quand Muhammad Ier, fils de l'émir Abd ar-Rahman II (822 - 852), prend Tudela, il doit donner son fils Lubb ibn Musa et son neveu Galindo Íñiguez comme otages... et obéir. Selon le chroniqueur Ibn Hayyan, nombreuses furent les personnalités de Pampelune qui passent au camp de l'émir et demandent sa protection[71].

Les incursions vikings (844) Modifier

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A531

Attaque viking.

Le 20 Août de 844, l'arrivée des Vikings à Lisbonne battu sur les côtes asturiennes fait que Abd ar-Rahman II (822 - 852) demande l'aide de Musa ibn Musa. Les Normands remontent le Guadalquivir, saccage Séville. Musa ibn Musa va à Séville avec une nombreuse armée, mais craignant quelque trahison de la part des troupes de l'émir, il laisse une partie de ses troupes à Cordoba. De là, il décide de tendre une embuscade à l'ennemi près de Séville.

La victoire de la Qasi Banu est obtenue le 11 novembre par les troupes de l'émir dans Tablada. Les Normands fuient Séville et doivent échanger des captifs détenus, des vêtements et le fruit de leurs razzia fournitures, en échange de leur liberté. Ils quitté les côtes hispaniques.

Musa ibn Musa est couvert d'honneurs par l'émir et ses vizirs. Il est accueilli triomphalement dans ses anciennes possessions de la vallée de l'Ebre, qui lui sont restituées.

Cette soumission ne dure pas longtemps. L’émir Abd ar-Rahman II (822 - 852) est forcé de lancer des campagnes punitives contre Musa ibn Musa, en 847. Musa et Íñigo Arista sont encore alliés lors de ce soulèvement. Ils perdent la guerre et Musa doit donner comme otage un autre de ses fils, Ismail.

Musa ibn Musa attaque avec le prince Muhammad les terres du royaume de Pampelune. Puis l'armée musulmane fait des razzias dans le Leon, récemment repeuplé par le roi Ramiro Ier. Musa ibn Musa commande aussi les armées de l’émir qui ravagent la Septimanie en 850.

En juin-juillet 850, Musa ibn Musa, ayant rejeté de nouveau la suzeraineté de Cordoue, met à mal le territoire de Tudela et fait dévaster les environs de Tarazona et de Borja par ses propres troupes et les contingents fournis par ses alliés navarrais[72].

Musa ibn Musa, Wali de la Marca Superior (852) Modifier

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ASTURIES ORDONO

Le roi Ordoño Ier d'Oviedo.

A533

Musa est nommé Wali de Saragosse, le 14 octobre 852, par l'émir Muhammad Ier. Le château des moros à Saragosse.

En 851, les Francs envahissent le royaume de Pampelune. Ils sont repoussés par Musa ibn Musa et ses troupes, du fait de la première bataille de Albelda, à l'été 851. L'année islamique 237 (fin 851/début 852) joue un grand rôle dans la vie de Musa ibn Musa. Iñigo Arista qui est à la fois son demi-frère, son beau-père et son allié, meurt. Son émir, Abd ar-Rahman II (822-852) décède lui aussi. Al-Udri note que Muhammad Ier nomme Musa ibn Musa wali de Tudela, en 852, et, le 14 octobre 852, wali de Zaragoza, puis de la Marca Superior. 'année suivante, du fait de cette victoire à Albelda, les pouvoirs de Musa sur sa principauté et ses liens avec l'émirat sont plus clairement définis.

Dans la décennie qui suit, ses pouvoirs sont encore plus étendus. Il dirige les régions de Zaragoza, Tudela, Huesca. Il gouverne un immense taïfa (royaume vassal), s'étendant de Najera à Zaragoza et Calatayud. La taille de cette principauté est telle qu’elle est l’équivalent de l'émirat de Cordoue ou du royaume des Asturies, Musa est souvent désigné comme le troisième roi d'Espagne, tertium regem in Spania. Musa ibn Musa vit comme un souverain et échange des cadeaux avec Charles le Chauve (823 - 877) ou d’autres rois.

En 854, les mozarabes (chrétiens des régions musulmanes) de la région de Tolède, dirigés par Eugenio, contestent le gouverneur musulman et conquièrent la forteresse de Calatrava. Ils demandant son appui militaire à Ordoño Ier d'Oviedo, roi des Asturies et à García Íñiguez. Les chrétiens envoient le comte Gatón du Bierzo, qui met en échec les partisans de l’émir à Andújar en 853. Les troupes asturiennes sont en revanche battues lors de la bataille de Guadalacete, au sud-ouest de Tolède. Musa II combat aux côtés des troupes de l’émir de Cordoue.

Le Banu Qasi essaie ensuite de s’emparer de la totalité de la vallée de l'Èbre et de La Rioja. En 855, il attaque Alava et restaure les fortifications d'Albelda. À la vue de la menace que fait peser cette forteresse sur les territoires orientaux de son royaume, Ordoño Ier d'Oviedo lance une offensive contre Albelda. En 857, Ordoño Ier d'Oviedo doit repousser les troupes envoyées par le gouverneur de Tolède.

La fin de la vie de Musa ibn Musa Modifier

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A531

La bataille de Clavijo, par Martin Schongauer.

A532

Izraq Ibn Muntil.

En 859, Musa ibn Musa permet à une armée viking de passer par ses terres pour attaquer Pampelune. Ils capturent son neveu, gendre et allié García Íñiguez de Pampelune. Les Vikings demandent une rançon de 80.000 dinars d'or. Après le paiement de cette très importante rançon le roi retourne à Pampelune. Bien entendu la vieille alliance entre les Vascons et les Banu Qasi est désormais rompue. García devient l’allié du royaume des Asturies et attaque les terres de Musa ibn Musa.

Ordoño Ier d'Oviedo s'avance avec une nombreuse armée sur Logroño et se prépare à assiéger Albelda. Musa II accourt à la tête d'une armée considérable pour délivrer la forteresse. Ordoño Ier d'Oviedo ne lève point le siège. Il divise son armée en une partie pour maintenir le blocus de la ville et une autre à la tête de laquelle il marche au-devant de Musa ibn Musa. Les troupes d'Ordoño Ier, bien qu'inférieures en nombre, emportent la victoire. Dix mille musulmans et une foule de chrétiens, entre autres Garcia, le gendre de Musa, restent sur le champ de bataille. Musa ibn Musa lui-même est grièvement blessé, et ne parvient à se sauver qu'avec l'aide d'un ami dans l'armée asturienne qui lui fournit une monture. Cette défaite des musulmans est connue chez les chrétiens sous le nom de bataille de Clavijo.

La victoire chrétienne d’Albelda provoque la fin de l'autonomie de Musa. Dès 860, l'émir retire à Musa II ses fonctions de wâli (gouverneur).

Muhammad Ier commande lui-même une armée qui occupe les terres de Musa et mène une campagne punitive qui dure plusieurs mois contre le royaume de Pampelune. L’émir capture le prince Fortun de Navarre, dit le moine, neveu de Musa. En 861, Muhammad Ier demande à Musa II de jouer un rôle mineur dans une campagne contre Barcelone.

L'année suivante, Musa ibn Musa essaie de récupérer un peu de sa puissance passée par une expédition militaire contre son gendre, le Berbère Izraq ibn Muntil, Wali de Guadalajara. Il attaque Guadalajara, mais y reçoit plusieurs blessures et ne peut plus monter à cheval. Musa ibn Musa se retire à Tudela, où il meurt le 26 septembre 862 de ses blessures.

La mort de Musa ibn Musa coïncide avec la lente disparition de la scène politique des membres de cette famille. Ils se retrouvent seigneurs d’une petite principauté coincée entre les puissances montantes du califat au sud et du royaume chrétien au nord. Les Banu Toujibi vont progressivement les remplacer.

Mariages et descendance de Musa ibn Musa Modifier

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Eneko Arista

Le roi de Navarre, Iñigo Arista, demi-frère de Musa ibn Musa.

Musa ibn Musa (Moïse fils de Moïse) se marie vers 812 avec sa nièce, Assona Íñiguez, fille de son demi-frère Iñigo Arista, futur roi de Pampelune et de son épouse Oneca, fille d'un seigneur de Pampelune. Le Codex de Roda cite Garsea Enneconis et Domna Assona... les enfants de Enneco cognomento Aresta, indiquant que Assona mariée à Domno Muza Qui tenuit Borza et Terrero[73]. Plus tard, devenu veuf il va prendre comme seconde épouse, sa cousine Maymona, fille de Zahir Ibn Fortun, qui est la mère de son fils Ismaïl[74]. Le Codice de Roda nous dit que Musa ibn Musa et Assona Íñiguez ont plusieurs enfants :

Lubb ibn Musa (ca 820 - 875), qui suit (VIe génération).


Mutarrif ibn Musa, gouverneur de Huesca, qui meurt crucifié avec ses trois fils à Cordoue. Il prend Tudela en décembre 871, mais est capturé par l'émir Muhammad qui le fait exécuter à la prison de Al-Duwayra à Córdoba[75].


Fortun ibn Musa (voir chapitre : DESCENDANTS DE IBN MUSA)


Oria bint Musa se marie à un prince basque García (- 859) et est mère d'un Aurea[76]. García est un fils de García Galíndez le Mauvais, comte d'Aragon, et Oria et lui ont pour fille Oria (Aurea) épouse de Fortún Garcés, troisième roi de Navarre[77]. Ibn Hazm cite Awriya comme la fille de Musa ibn Musa, et ajoute qu'elle se marie avec Garsiya rey de los Vascos et appelle son fils Musa ibn Garsiya[78]. Selon Settipani ils ont une fille mariée au roi des Navarrais Fortun Garci (838-906)[79].

Et une autre fille mariée avec le Berbère Izraq ibn Muntil.

A la fin de sa vie Musa ibn Musa se remarie avec l’une de ses cousines, Maymuna Zahir ibn Fortun ibn Fortun et ils ont un fils :

Ismail ibn Musa (8??-889), gouverneur de Zaragoza, prend Saragosse le 16 janvier 872. Al-Udri nous dit qu'il tue son beau-père, Abd Allah ibn Jalaf capturé deans sa villa, Barbastro. La Chronicon Albeldense parle de Zmael Iben Muiza qui défend Cæsaraugustam (Saragosse) contre l'attaque d'Almundar, fils de l'émir Mahomat Regis filius, en 882. est capturé, puis libéré et transféré au château de Valtierra. Al-Udri nous dit qu'Almundar après avoir récupéré Saragosse, Tudela y Valtierra envoie Ismail ibn Musa au château de Monzón, en 872, capture le gouverneur de cette ville, puis occupe la ville de Monzon, tandis que son frère Mutarrif s'empare de Huesca. La réaction de Cordoue, en 873, amène Khalaf, seigneur de Barbitaniya, à prendre Monzon et à livrer à l'émir Ismail. Ismail veut épouser la fille de Khalaf et à le tuer et à massacrer ses huit frères, nous dit le chroniqueur al-Udri. Ismail est emprisonné jusqu'à sa mort le 10 octobre 889 et il est enterré dans ce château de Monzon.

VIe génération Modifier

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Abderraman II

Abderramán II (822 - 852).

Aabq17

Lubb ibn Musa (ca 820 - 875) reconstruit le château de Viguera, après 845.

Aabq

Lubb est vassal d'Ordoño.

Alfonso III le grand

pUIS Lubb est vassal d'Alfonso III des Asturies.

Aabq20

Le château de Lubb ibn Musa, dans la Rioja, Arnedo.

Après une décennie d'éclipse, les Banu Qasi réapparaissent de façon tumultueuse lorsqu'en 872 les quatre fils de Musa ibn Musa prennent le pouvoir à Tudela, Huesca, Saragosse et Monzón.


Lubb ibn Musa (ca 820 - 875) est fait prisonnier, en 842, par l'armée de l’émir qui occupe Borja. Lubb (Loup) est envoyé à Cordoue, à la cour de l'émir, où il reste captif jusqu'en 844. Cette année-là les Vikings ravagent les côtes atlantiques de la péninsule ibérique. Abderramán II (822 - 852) ordonne à Lubb de se mettre à la tête d’une armée pour y faire face. Lubb revient peu après à Cordoue victorieux des Normands. L'émir lui accorde alors la liberté et lui offre une esclave appelée Ayab al-Bulatiya.

Lubb ibn Musa (ca 820 - 875) retourne sur ses terres et reconstruit le château de Viguera[80].

En 852, les Banu Qasi, alliés d'Arista de Navarra avec à leur tête le père de Lubb, Musa ibn Musa, se révoltent contre Córdoba et affirment leur indépendance. Lubb ibn Musa (ca 820 - 875) trahit sa famille père. Il semble que Lubb serve d'intermédiaire entre son père, Musa II, et l'émir [Mohamed Ier de Cordoue (852 - 886)] pour essayer de le faire amnistier à nouveau. Mais en 860, Mohamed envahit la région de Navarre, ruinant et dévastant tout le territoire, devenant propriétaire de plusieurs châteaux, dont celui de Falah'san (Falces). Ainsi, il réussit à soumettre les Banu Qasi. Du fait de son attitude envers son père Lubb, en 859, est nommé wâli de Tolède. Du temps où il occupe le pouvoir sur cette puissante ville se produit la défaite musulmane de Clavijo.

Lubb ibn Musa (ca 820 - 875) se met immédiatement au service du roi des Asturies, Ordoño Ier d'Oviedo[81].

En 866, Alphonse III le Grand, son successeur, maintient cette alliance après la mort de son père. Comme vassal des chrétiens, Lubb participe à plusieurs razzias en territoire musulman. Lors de ces raids il réussit à capturer l'aristocrate Ibn Hamza. Il l'échange contre ses deux frères Mutarrif et Fortun, prisonniers de l'émir [Mohamed Ier de Cordoue (852 - 886)] depuis 860. Lubb cherche à s'agrandir vers le Sud par une attaque contre Ibn Salim[82].

En 871, Lubb ibn Musa (ca 820 - 875) soulève son fief d'Arnedo contre l'émir de Cordoue. Avec ses frères ils réoccupent tous les anciens territoires de leur père Musa ibn Musa. Alphonse III des Asturies prête son appui à toutes ces luttes. Lubb et Ismaïl prennent Saraqusta (Saragosse). Mutarrif entre à Osca et Fortun conquiert Tudela en 872.

Immédiatement après, l’émir et les Banu Toujibi organisent une expédition depuis Cordoue pour rétablir la paix. Tout d’abord ils reprennent Saraqusta. Le fils de Lubb, Muhammad ibn Lubb (845 - 898), défend la ville. L'émir décide d'aller rétablir l'ordre à Osca. En arrivant devant la cité pyrénéenne, Muhammad Ie capture le rebelle Mutarrif ibn Musa et l’emprisonne. Après les Cordouans vont jusqu'à Ejea et pillent les environs de Pampelune. Quand il revient à Cordoue, l'émir fait crucifier Mutarrif ibn Musa et ses trois fils Muhammad, Musa et Lubb.

Au lieu de faire la paix, les autres enfants de Musa ibn Musa se disputent. Fortun et Ismaïl attaquent Lubb ibn Musa (ca 820 - 875) en son château d’Arnedo. En 874, celui-ci désireux d’éviter que les familles arabes importantes de Saragosse se soulèvent contre lui les invite en son château de Viguera et les fait exécuter dans ce qui va devenir le pré des Arabes. Ce crime creuse encore plus le fossé entre les descendants d’Arabes et les muladíes.

A cette époque l’ensemble de la Marche supérieure passe aux Banu Qasi. Mais plusieurs membres de ce lignage sont massacrés par d’autres clans ou les troupes de l’émir. Lubb ibn Musa (ca 820 - 875) connait un destin tragique : après avoir mené un raid à Saragosse, où il capture un bon nombre de musulmans qu'il fait exécuter dans une prairie de Viguera en 873, il meurt. En effet, le 27 avril 875, Lubb ibn Musa (ca 820 - 875) va chasser et, en poursuivant un cerf se blesse. Il meurt sur la Tierra de Cameros, mais est enterré à Viguera.

Lubb ibn Musa (ca 820 - 875) est marié avec Ayab al-Bulatiya (ca 820 - 898), une esclave non musulmane, prise de guerre. Elle fait partie du harem de l'émir Abderramán II (792 - 852) qui lui offre après 844. Elle est assassinée, le 2 octobre 898, à Arrabal de Zaragoza. Ils sont les parents de :


Muhammad ibn Lubb, wâli de Tolède, qui a une nombreuse descendance, qui suit.


Issa ibn Lubb,


Mutarrif ibn Lubb.

VIIe génération Modifier

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Aarc24

Munio Núñez de Castille chargé de la défense de Castrogeriz doit abandonner la place.

Aabq13

Uracca, fille de Muhammad ibn Lubb (840 - 898) se marie avec le roi Fruela II de León.

Muhammad ibn Lubb (845 - 898) est un des grands caudillos de la lignée des Banu Qasi, petit-fils de Musa ibn Musa. En colère contre ses propres parents, il capture son oncle Ismail ibn Musa à Zaragoza et prend le château de Valtierra et capture à Calahorra (882) ses cousins ​​les fils de Fortún ibn Musà. Il prend Tudela et le château de San Esteban (Monjardín). Il se couvre de gloire dans la lutte avec les chrétiens de Pampelune et les expulse les châteaux d'Aibar (vers 882) et de Sibrana (891). Il meurt au siège de Saragosse contre le Tuchibí Muhammad.

hérite de Viguera à la mort de son père[83]. Pendant la fin de la décennie qui suit les décès de son père et de ses deux oncles, essaie de devenir le chef de la famille. Il brise les bonnes relations établies de longue date avec la cour de Leon et celle de Pampelune au début des années 880[84]. Sans protecteur, il résiste en 879 et 882 aux campagnes des Cordouans, mais doit se rendre. Muhammad ibn Lubb juge opportun de renouveler son allégeance à l'émir[85]. La lutte continue cette fois-ci contre les Navarrais. La première phase des combats oppose Sancho aux forces musulmanes. Les premiers affrontements avec les Musulmans ont lieu sur la frontera de la Marca Superior[86].

Muhammad tente alors de persuader le général commandant les armées musulmanes de s’unir à lui contre les Asturiens d’Alphonse III. Il y réussit. En remontant l'Èbre, les musulmans se dirigent d'abord sur Cellorigo, défendue par Vela Jiménez. La ville résiste à cette attaque lors de la bataille de Cellorigo. Quelques jours après ils avancent sur Pancorvo, défendue par Diego Rodriguez, qui les repousse lui-aussi. En voyant que l'entrée par les Montes Obarenes est impossible, ils se dirigent alors vers une zone récemment occupée par les Castillans. Muhammad estime que les nouvelles forteresses des bords de l'Arlanzón ne sont pas suffisamment organisées. Et effectivement Munio Núñez de Castille chargé de la défense de Castrogeriz doit abandonner la place.

Muhammad ibn Lubb s'allie, par la suite, avec les rois de Pampelune et des Asturies. C'est apparemment lui qui est à l’origine de la rébellion du futur roi Ordoño II de León, prince qu’il élève à Saragosse.

Dans le même temps la lutte pour devenir le chef du clan des Banu Qasi s’aggrave. En 882, Muhammad ibn Lubb combat, près de Calahorra, une force de 7.000 hommes commandée par son oncle Ismail ibn Musa. Durant ses luttes fratricides suivantes, quatre fils de Fortun de Navarre sont tués et Ismail ibn Musa doit se retrancher dans son château de Monzon.

Muhammad ibn Lubb reconstruit Lérida et repousse une armée envoyée par Wilfred de Barcelone. Il récupère la majorité des terres des Banu Qasi du temps de Musa II.

En 883, l'émir a le tort de lui demander la remise de la ville de Saragosse et celle des membres de sa famille que les Banu Qasi maintiennent prisonniers. Muhammad ibn Lubb refuse avec indignation. Certes, il libère les parents, mais demande l’aide d’Alphonse III des Asturies. L’émir envoie, en 884, une armée qui prend Saragosse. Le chroniqueur ibn Hayyan affirme que Muhammad vend la ville au comte Raymond du Pallars. Après cette défaite, les Banu Qasi se replient sur leurs terres et châteaux autour d'Arnedo, de Borja, de Calahorra et de Viguera. De son côté, Ismail ibn Musa possède une sorte d’enclave à l'est, autour de Monzon et de Lérida. Selon le témoignage d'Ibn Khaldoun, il s’installe à Lérida et fortifie la ville. Le comte de Barcelone attaque Ismail ibn Musa, mais subit de sévères pertes.

En 885 et 886, Muhammad ibn Lubb lance des attaques contre la Castille, et tue peut-être le comte Diego Rodríguez Porcelos, lors de la deuxième attaque sur Alava, dans laquelle beaucoup de chrétiens sont tués. L'émir Muhammad de Cordoue meurt lui aussi.

Muhammad ibn Lubb (845 - 898) teste les réactions du nouvel émir. Celui-ci essaie encore d'équilibrer la puissance des Banu Qasi dans la région, donnant Saragosse aux Banu Toujibi et Huesca à Muhammad ibn Abd al-Malik al-Tawil, du clan muladí des Banu Shabrit. Ismail ibn Musa meurt en 889. Muhammad ibn Lubb récupère ses terres grâce au nouvel émir qui doit supprimer au moins 30 foyers d’insurrections.

Une période de paix et de collaboration entre Muhammad ibn Lubb et al-Tawil commence. En 891, Muhammad ibn Lubb (845 - 898) défait une armée chrétienne à Castro Sibiriano. Toutefois, il consacre la plupart de ses efforts pendant les dernières années de sa vie à lutter contre les Banu Toujibi. Il commence le siège de Saragosse, siège qui va durer 17 ans. En 897, les habitants de Tolède s’insurgent et demandent à Muhammad devenir leur chef. Mais celui-ci étant occupé avec Saragosse y envoie son fils Lubb. Il prend possession de Tolède et après la mort de son père s'intitule roi jusqu'à ce que les habitants de la ville le missent à mort en 906[87].

Muhammad ibn Lubb est tué, lors de ce siège de Saragosse, le 8 octobre 898. Sa tête est envoyée par les Banu Toujibi à l’émir de Cordoue, et elle exposée devant le palais pendant huit jours avant d'être enterrée avec les honneurs dus à un ennemi courageux. Muhammad a six fils qui continuent la politique menée par leur père, bien que les luttes fratricides aient déjà bien affaibli les Banu Qasi :

Lope ibn Mohammed, qui suit.


Mohamed ibn Mohamed


Musa ibn Mohamed


Yusuf ibn Mohamed


Abdullah ibn Muhammad, wali de Tudela, a une fille Urraca, mariée avant le 8 janvier à 917, avec Fruela II de León (ca 874 - 925), roi des Asturies[88]. Elle a un fils qui est l'ancêtre direct côté maternel du Cid, Rodrigo Diaz de Vivar. Son frère cadet Ramiro semble avoir épousé la reine veuve Urraca bint Qasi et avoir utilisé le titre royal, sans succès finalement.


Yunus ibn Mohamed


Mutarrif ibn Mohamed.


En 898, le Banu Qasi Lubb ibn Muhammad libère son prisonnier Al-Tawil et lui permet de maintenir le gouvernement de la ville de Huesca, en échange de la somme de 100 000 dinars, dont la moitié est immédiatement créditée à , brides, selles, épées et autres biens ".41 En 875, le père de Lubb avait compensé le transfert de Saragosse à l'émir en 15 000 dinars.42 Cela donne une idée du volume de fortune accumulé dans l'impôt Emirat par les dirigeants des frontières, en grande partie grâce au blocus des taxes qui auraient dû aller à Córdoba[89].

VIIIe génération Modifier

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Aes0

Futures esclaves avec les têtes de leurs maris, parents et amis.

Aarc13

Burgos au Xe siècle.

Aabq3

Un village islamique de la vallée de l’Èbre (Xe-XIe siècle) : Las Sillas (Marcén).

Lubb ibn Muhammad (865 - 907), fils aîné de Muhammad, est wâli (gouverneur) de Lérida en 890. En 896, il reconstruit les fortifications de Monzon. Al-Tawil de Huesca l’attaque avec une grande armée bien mieux équipée que celle de Lubb. Mais celui-ci les met en déroute et capture le frère de son ennemi. En janvier 897, il va à Tolède pour commander les insurgés.

La ville de Lleida est fortifiées par les Banu Qasi. L'historien Ibn al-Athir dit que les musulmans font un grand carnage parmi des assaillants, conduits par Wilfred de Barcelone. Le successeur de Ismail, Lubb attaque Barcelone quelques années plus tard, et Wifred meurt au combat le 11 Août 897.

Retournant à Tolède en 898, il fonce sur Jaén, avec l'intention de former une coalition avec un autre rebelle, Umar ibn Hafsun. Mais avant qu'Umar ait atteint Jaén, la nouvelle de la mort de son père à Saragosse le contraint à retourner à Tudela. Il reconnaît qu’il est le vassal de l'émir, Abd Allah, et en échange devient le gouverneur de Tudela et de Tarazona. Trois semaines après la mort de son père, Lubb ibn Muhammad capture al-Tawil dans une escarmouche. Pour racheter sa liberté, al-Tawil lui cède des terres entre Huesca et Monzon, et accepte de payer 100.000 dinars or. Ne pouvant en payer que 50.000 immédiatement, il donne son fils Abd al-Malik et sa fille Sayyida, comme otages, pour garantir assurer le paiement de la deuxième moitié. Lubb se radoucit, fait cadeau de la dette restante et retournant les otages excepté Sayyida, qu'il épouse.

Lubb ibn Muhammad continue le siège de Saragosse commencé par son père. Vers l’an 900, le roi Alphonse III des Asturies allié à Fortun de Navarre, dit le Moine, lancent une incursion contre Tarazona, dans le royaume de Lubb, qui la stoppe rapidement. En 903, Tolède se rebelle contre Cordoue et demande à Lubb de venir les commander. Il y envoie son frère Mutarrif. Ce Banu Qasi prend le titre de roi de Tolède, mais est détrôné en 906 par son cousin Muhammad ibn Ismail, qui est assassiné par les Tolédans, peu de temps après.

Alphonse III des Asturies attaque à nouveau les terres de Lubb. Cette menace neutralisée, en 904, Lubb s'empare du Pallars, ravageant les terres, tuant des centaines de chrétiens et en prenant mille comme esclaves. Parmi eux Isarno, le fils du comte Raymond du Pallars, qui va être prisonnier, à Tudela, pendant une décennie avant d'être libéré.

En 905, une coalition du roi des Asturies, des comtes d'Aragon et du Pallars, et de Lubb ibn Muhammad met sur le trône Sanche Ier de Navarre à la place de Fortun de Navarre. Deux ans après, Lubb lance une attaque sur Pampelune, mais à Liedena,le 30 septembre 907, les armées des Banu Qasi sont battues. Lubb est tué.

Cette importante bataille est une victoire qui fait de Sanche Ier de Navarre un grand roi. Elle marque aussi la fin de la dynastie des Banu Qasi. Al-Tawil hérite des biens de Lubb ibn Muhammad et est nommé wâli (gouverneur) de Lérida.

En 919, les deux chefs des Banu Qasi, Muhammad ibn Abd Allah et Muhammad ibn Lubb, attaquent al-Tawil. En vain ! Le roi Sanche Ier de Navarre s'allie avec son cousin Bernard de Ribagorza et al-Tawil. Ensemble ils attaquent et brûlent Monzon, qui est donc perdu pour les Banu Qasi. Ceux-ci sont dépouillés peu à peu de tous leurs biens et sont déportés à Cordoue. Puis, en 929, Muhammad ibn Lubb, fils de Lubb, déjà privé de son héritage, est tué dans une embuscade par son beau-frère Raymond de Pallars.

Xe SIÈCLE Modifier

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Sancho Garces (905-925) forge le royaume de Navarre en s'opposant aux Musulmans. Il arrive à reconquérir les terres riches occupées par les Banu Qasi, et c'est alors l'Ebre qui sert de frontière après la conquête du château de Monjarden, de Los Arcos, Andosilla, Carcar et Milagro[90].

VIIIe génération Modifier

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Aabc100

Statue d'Ibn Qasi à Mértola, Portugal.

En 1151, le dernier des Banu Qasi, Abu'l Qasim Ahmad ben al-Husayn al-Qasi, qui règne sur un petit taïfa (royaume vassal), est tué par ses propres gardes. Les sources arabes mentionnent quatre cas de membres de la famille Banu Qasi convertis au christianisme au début du IXe siècle :

Fortun ibn Lubb,
Fortun ibn Abd Allah,
et les frères Abd Allah ibn Ismail et Mutarif.

Il n'y a aucune information sur leurs descendants, mais il est probable que tout ou partie de ces personnes sont des ancêtres de la noblesse du royaume de Navarre. À cet égard, les noms Fortuné et Lubb sont particulièrement importants, le premier étant enregistrées fréquemment parmi la noblesse navarraise et celui-ci étant probablement transformé en même commune Lope et son équivalent basque Ochoa[91].

LES DESCENDANTS DE FORTUN IBN MUSA Modifier

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Musa ibn Musa qui a plusieurs fils qui lui survivent : Lubb, Ismail, Mutarrif y Fortun

VIe génération Modifier

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Aabq16

Madinat Salim (Medinaceli).

Aabq15

Décès de García Iñiguez et de son épouse Urraca, fille de Fortun ibn Musa.

Fortun ibn Musa (809 - 874) est un wâli de Tudela et un général victorieux.

Ibn Hayyan´s Muqtabis écrit que el bárbaro Ludriq attaque Madinat Salim (Medinaceli), en 838, et Musa ibn Musa y envoie son fils, Fortun, qui le bat et le tue. L’armée commandée par Fortun ibn Musa assiège et rase une forteresse construite par les Alavans à leur frontière, en 839[92]..

Al-Udri nous dit que Fortun ibn Musa se rebelle mais est capturé par el imam Muhammad, qui l'emprisonne avec son frère Mutarrif ibn Musa à la prison al-Duwayra à Córdoba. Al-Udri nous dit qu'il meurt à Tudela le 23 mars 874[93].

Al-Udri nous dit que Musa ibn Musa "s'est rebellé contre" Al-Mutarrif, le hijo d'Abd al-Rahman ibn Hakam… et le castillo d'Arnedo "et envoyé " su hijo Fortun ibn Musa " pour diriger la cavalerie AH 227 [841/42]. Al-Udri enregistre que " Lubb [ ibn Musa ]" accorda à " el mando de Tudela " le " su hermano Fortun ibn Musa ". , après sa capture, Tudela " el domingo 4 de rabi I " AH 258 [19 janvier 872]. Le chroniqueur Albeldense rapporte que « Fortunio Iben Muza”A tenu“ Tutelam castrum ”en 882. Al-Udri rapporte que " Fortun ibn Musa " s'est rebellé mais a été capturé par " el imam Muhammad " qui l'a emprisonné et par " Mutarrif ibn Musa… dans la prison de Duwayra en Córdoba ” . Al-Udri enregistre la mort de « Tudela… el domingo ltimo día de yumada I » 260 [23 mars 874] de « Fortun » .

gouverneur de Huesca en 862

Fortun a eu quatre enfants:

Ismail ibn Fortun. Ibn Hazm nomme " Ismail, Musa, Muhammad y Lubb " comme étant les fils de " Fortun ibn Musa " [486] . Le chroniqueur Albeldense rapporte qu'Ababdella, filius Jub s'est allié à l'émir al-Mundhir et a été attaqué par « tius suus Zmael et suus congermanus… Zmael Ibem Furtum » qu'il a capturé et emprisonné au château de Viguera à [882] [487] . Après que Mohammed eut rompu ses relations avec l'émir, Ismail fut libéré et transféra la ville de Tudela, ainsi que le château de San Esteban de Deyo, à Mohammed [488] . Al-Udri enregistre que " Muhammad ibn Lubb " capturé "Ismail ibn Musa y a sus primos [corrigé par le traducteur en " sobrinos "] … Ismail et Lubb ne font pas semblant de fortun ibn Musa "à" Calahorra… le mois de novembre II "AH 270 [15 nov. 883] et les a libérés seulement après " Zaragoza , Tudela y Valtierra " lui ont été transférés [489] .


MUSA ibn Fortun. Ibn Hazm nomme " Ismail, Musa, Muhammad y Lubb " comme étant les fils de " Fortun ibn Musa " [490] .


MUHAMMAD ibn Fortun. Ibn Hazm nomme " Ismail, Musa, Muhammad y Lubb " comme étant les fils de " Fortun ibn Musa " [491] .


Lubb ibn Fortun. Avec ses frères, il est vaincu par son cousin Muhammad ibn Lubb (ca 840 - 898), qui reprend Tudela et le château de San Esteban (Monjardín). Al-Udri nous dit que Muhammad ibn Lubb capture Ismail ibn Musa et ses neveux Ismail et Lubb. Fortun ibn Musa à Calahorra dans la nuit 15 novembre 883 les libère seulement après que Zaragoza, Tudela et Valtierra lui soient transférées[94].

Notes et références Modifier

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