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Emblème de la Bandera Jeanne d'Arc.

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Uniformes du Tercio à cette époque.

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Requetés de l'Armée navarraise.

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Tercio et carlistes repoussant une attaque.

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Medalla de sufrimientos por la patria (attribuée aux blessés).

La Bandera Jeanne d'Arc, Bandera Juana de Arco, est une unité de la Légion Étrangère espagnole (Tercio) regroupant des volontaires francophones, désireux de se battre du côté franquiste, qui est créée en 1937, à la demande de différents partis nationalistes français[1].


Cette unité se veut la réponse de la droite française aux Brigades Internationales. Ils voient dans cette participation à la guerre civile espagnole le banc d’essai d'une future guerre civile française[2].

La Bandera est recrutée sous l'impulsion du Général Lavigne-Delville[3]. Cet officier de cavalerie, héros de la Première guerre mondiale, naguère titulaire de la rubrique militaire de L'Action française, fait aussi partie de ''La Cagoule''[4]. Certes il se défendra d'avoir appartenu à cette organisation terroriste, mais il précise en 1945 que Deloncle lui a demandé d'établir des plans et des études tactiques concernant l'action concomitante des forces supplétives[5]. Paul-Louis-Alexandre Lavigne-Delville est assisté dans sa tâche de recrutement par Charles Trochu, dirigeant du Front National d'alors et président de l'Association des Officiers Anciens combattants.

Si le gouvernement de Front Populaire soutient les Républicains, la plupart de nos généraux soutiennent les Nationalistes[6]. D'abord organisée sous le nom de Phalange Jeanne d'Arc, cette unité est majoritairement française, mais elle comprend aussi quelques Belges et quelques Suisses. Elle est d'abord commandée par le capitaine Henri Bonneville de Marsangy. Selon, une autre source, François Duprat, au début de 1937, c'est le capitaine français Henri Bonneville de Marsangy qui constitue la Phalange Jeanne d'Arc, qui va devenir la Bandera Francesa der Tercio, regroupant environ 500 volontaires[7]. C'est peu comparé aux 179.068 étrangers, venus de 61 nations, qui rejoignent le camp national au sein du Tercio, de la Phalange, des Requetès carlistes, ou des Regulares...

Le faible nombre des volontaires français, comparativement aux Français engagés aux côtés des rouges, s'explique d'abord par l'insuffisance de propagande et de recrutement en France, ensuite par les difficultés créées par le gouvernement français de Front populaire, enfin par la dispersion de ces Français, généralement des intellectuels[8], dans les unités de leur choix. Cette Bandera a des effectifs qui varient entre le bataillon et la compagnie[9].

La Jeanne d'Arc est l’objet d’une rivalité pour son contrôle entre ''La Cagoule'' et l'Action française, ainsi qu'un enjeu dans les luttes entre les différentes Puissances impliquées dans la crise espagnole et leurs services de renseignement (trafic d’armes,terrorisme, etc.). Les volontaires, eux, sont motivés par des idéologies différentes. L'historien Sylvain Roussillon relate les dissensions permanentes au-delà des Pyrénées entre les membres de l’Action française, des Croix-de-Feu, de la Cagoule... d’où une certaine inefficacité militaire[10]. Une partie d'entre eux sont des aventuriers qui se retrouveront parfois à la L.V.F. aux côtés parfois d'anciens brigadistes attirés par la bagarre et la solde :

Archivistiquement, les fonds documentaires concernées par le sujet (archives nationales françaises, archives départementales de Paris, archives diplomatiques de Mantes, archives militaires d'Avila, archives militaires de Ségovie, archives de la guerre civile espagnole à Salamanque, archives de l’Institut d'Histoire sociale d’Amsterdam, archives nationales italiennes) n'ont jamais vraiment fait l'effet de recherches croisées, alors que sa dimension internationale l’exige. Historiographiquement, la bandera Jeanne d'Arc a été l'objet à la fois d'une mythification, par l’extrême-Droite française, et d'une occultation, du fait du culte inverse rendu aux brigades internationales. Il faut donc commencer par mesurer l'ampleur de l'engagement dans ses rangs, la part réelle qu’elle a prise aux opérations militaires, avant de faire l'histoire du devenir de ses membres après 1939: il est allé de l'engagement dans la Collaboration, voire dans les divisions Azul, Wallonie et Charlemagne, jusqu'à la participation à la Résistance[11].

En effet une partie d'entre eux vont se retrouver à la L.V.F. sur le front russe. Parmi ces derniers, le lieutenant de réserve Noël de Tissot, qui est fait prisonnier lors de combats en Galicie, par l'Armée Rouge[12]. Il est éliminé par les Russes, selon la Wikipédia polonaise. Et puis on trouve aussi le trop célèbre Jean Herold-Paquis, qui va terminer pendant des années toutes ses chroniques de Radio-Paris par ce leitmotiv : l'Angleterre comme Carthage doit être détruite[13].

A l'inverse les Français des forces carlistes, Michel de Camaret et Auguste-Pierre Combe, se retrouvent ensuite dans la Résistance et la France libre ! Le Camelot du Roi Luc Robert estime, lui, que son engagement aux côtés des Nationaux espagnols contre le communisme, puis dans la Résistance contre les nazis, relevait de la même logique, celle d’un homme engagé contre la barbarie, d’où qu’elle vienne[14]. Il ne faut pas oublier, Luc Robot, bientôt grand résistant, déporté à Neuengamme... et d'autres mort dans l'anonymat.

La Bandera au combat Modifier

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1936 Modifier

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La réplique : armée, royalistes, fascistes et élites unis.

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Requetés del Tercio.

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Campagne d'Extramadure (1936).

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Requetés del Tercio Navarra en Talavera de la Reina.

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Fin du siège de l'Alcazar.

C’est dans les rangs des Requetés que Henri Bonneville de Marsangy combat d'abord, à la tête de la 2e compagnie du bataillon San Fernando. L’armée navarraise est principalement carliste. Elle va comprendre en son sein pas mal de volontaires français. Il est pourtant très difficile d'aller combattre les communistes dans la France du Front Populaire.

Ayant franchi les Pyrénées dès le début du conflit, Henri Bonneville de Marsangy (1895 - 1937) va très vite troquer la plume du journaliste contre le fusil du combattant. S'étant engagé dans le Tercio, la fameuse Légion étrangère espagnole, il va s'efforcer de former une unité de volontaires français. Il combat avant cela sous les ordres du lieutenant-colonel Helí Rolando de Tella y Cantos. Marsangy participe à la campagne d'Estrémadure, dans l'une des colonnes qui se déplacent de Séville à Madrid et sont sous la direction du colonel Juan Yagüe. Son groupe lors de la bataille de Mérida prend la ville le 10 août de 1936. Les milices républicaines, renforcées par des Asaltos (police politique du Frente Popular), venus de Madrid, contre-attaquent et essaient de récupérer Mérida, mais Tella les met en fuite. Puis c'est la victoire de Badajoz, les 13 et 14 août.

Après cette victoire l'avance reprend vers la capitale, mais cette armée se réduit aux trois troupes de combat de Tella. Malgré leur petit nombre ils prennent Navalmoral, et atteignent ainsi la vallée du Tage[15].

Le 17 août, le colonel Tella s'empare de Trujillo et traverse le Tage à Almaraz. À Medellin, une section de la colonne nationaliste est surprise et attaquée par l'aviation républicaine.

Le 27 août, trois colonnes se lancent à l'attaque, le 3 septembre 1936, sur Talavera de la Reina. La victoire nationaliste leur ouvre la route de Madrid. Franco décide toutefois de faire obliquer les troupes vers Tolède où, depuis le 18 juillet, le général José Moscardó résiste à un siège dans l'Alcázar de Tolède. Le 22 septembre, l'armée franquiste s'approche de Tolède. Au soir du 27 septembre, à 19 heures, les éclaireurs des Regulares du général José Enrique Varela entrent dans la ville. Le lendemain, à l'aube, le général Varela, ganté de blanc, est salué sur l'esplanade par les combattants rangés en carré.

En 1936, les volontaires français sont répartis dans diverses unités, sans constituer d’unités précises. Sur 1.000 hommes environ[16], les uns portent la chemise verte du Tercio, la légion étrangère espagnole, les autres la chemise bleue de la Phalange, les militants de l’Action Française rejoignent les unités carlistes de Navarre, les Requetés. Une fois en Espagne, les volontaires étrangers sont maltraités par les franquistes. Un certain Gaston Penaud, officier d'artillerie, ne reçoit pas de solde. Lui et ses compagnons errent de caserne en caserne. Pour survivre ils demandent de l'argent à de riches Espagnols ou à une Française, tenancière de maison close. Penaud passe quatre mois en Espagne et ne participe à aucune action militaire[17]. Il est même emprisonné et c'est l'agent consulaire français de Saragosse qui doit le faire libérer, si l'on en croit Le Populaire. Rentré en France, l'officier de réserve est arrêté et condamné pour infraction à la loi de non-intervention.

Parmi les officiers français qui s'engagent dans la Légion, on trouve, en novembre 1936, un capitaine surnommé Majardou qui, avant de s'engager, le 7 de ce mois, déclare à des officiers espagnols bourrés de préjugés sur les Français : Pas tous les Français sont comme Léon Blum[18].

Henri Bonneville de Marsangy, héros de la Première Guerre mondiale, et de la campagne du Maroc, va s'efforcer de former, dès novembre 1936[19], une unité de volontaires français. Il explique :

Lorsque les nationalistes entreront à Madrid, il ne faut pas qu'il y ait seulement aux côtés du drapeau espagnol, les drapeaux italien et allemand, mais aussi le drapeau français.


Marsangy ne s'appelle pas Bonneville de Marsagny, comme le répète en boucle les historiens anglo-saxons. Hugh Thomas le dit colonel[20].

1937 Modifier

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Requetés del Tercio au combat.

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Finalement les Russes blancs ne combattent pas avec les Français.

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Soldats des brigades navarraises du Tercio acclamé par la population de Gijon.

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Les volontaires sont formés à Talavera (vignette de Talavera datant de 1937 pour l'armée).

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Cet hiver 1937-1938 est très froid à Teruel.

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Herold-Paquis lors de son procès.

Henri Bonneville de Marsangy réussit à former la Phalange Jeanne d'Arc, autorisée à combattre dans les rangs du Tercio, malgré l'hostilité du gouvernement nationaliste et des chefs de la Légion. Les volontaires viennent principalement de l'A.F., de ''La Cagoule'', mais aussi du Parti Social Français, du P.P.F., des Jeunesses Patriotes et des Francistes[21]. La Bandera française Juana de Arco se constitue à la base de la Légion à Talavera de la Reina, sur les rives du Tage. Certaines sources parlent de 30 hommes, mais Jacques Delperrié de Bayac, historien de gauche, écrit 500[22]. Dans leur Histoire de la Guerre d’Espagne, Robert Brasillach et Maurice Bardèche, signalent que la Bandera Juana de Arco compte quelques 300 hommes, plus quelques volontaires venus de Suisse et de Belgique.

Trochu et son secrétaire, Jacques Pecheron, s'arrangent pour que ces hommes se rendent à Bordeaux afin de rejoindre le bataillon Jeanne d'Arc[23]. Jean Herold-Paquis va parler en 1943 de ces débuts difficiles. Ils sont juste quelques centaines de volontaires, venus de métropole, d'Algérie et du Maroc. Leur âge varie entre 15 et 50 ans. Ils viennent d'autres unités de la Falange et des Requetés ou viennent de s'engager[24]. Ils sont soutenus par des intellectuels et dirigeants nationalistes français qui sont très bien accueillis en Espagne. Mais l'Espagne franquiste est franchement francophobe et les volontaires sont plutôt maltraités. Comme en France ces militants d'extrême-droite sont divisés en factions franchement hostiles[25].

Au début la Légion pense compléter cette Bandera Juana de Arco avec des volontaires russes blancs. La plupart viennent de Paris et parlent très bien le français. Leurs officiers toutefois rejettent catégoriquement d'obéir à des Français. Ils expliquent aux dirigeants du Tercio que les Français sont des agents des soviétiques. Les Espagnols, par haine viscérale des Français, les écoutent. Finalement très peu d'exilés russes combattent avec les Français. Les Russes ont leur propre unité[26].

Seigneur de la guerre, Henri Bonneville porte sur sa voiture son fanion personnel : le fanion tricolore avec une fleur de lys sur le blanc du drapeau. Présent dans tous les combats - et toujours au premier rang - il devient très vite et pour peu de temps une figure légendaire de la Croisade anticommuniste.

Le 10 février 1937, Marsangy monte à l'assaut lors la prise de la ville de Llanes, dans les Asturies. Le capitaine tombe héroïquement au combat, à la tête de ses hommes. Georges Penaud, déserteur et escroc, emprisonné, puis expulsé d'Espagne, dont on va voir plus loin le côté non fiable des accusations, suggère que Marsagny a peut-être été tué par des franquistes mécontents, dans ses articles intitulés La Bandera fantôme, publiés par Le Populaire, quotidien de propagande socialiste[27]. La femme du capitaine décédé a l'autorisation de venir se recueillir sur la tombe de son mari.

Le major Victor Monnier le remplace[28]. Ses hommes, au printemps 1937, après leurs classes, participent à de nombreux combats autour de Madrid[29]. L'ensemble de la Bandera Jeanne d'Arc est envoyée sur le front de la Jarama[30], à la fin de la bataille du Jarama (26 et 27 février 1937). Curieusement, la brigade internationale à grande majorité française trouve en face d'elle, parmi les légionnaires du Tercio, les quelques rares Français qui combattent dans les rangs franquistes, ceux de la Phalange Jeanne d'Arc[31].

De juillet 1937 à octobre 1938 le comité de non intervention essaie de limiter la participation d'étrangers à la guerre civile. Franco propose de renvoyer chez eux les volontaires de la Bandera Jeanne d'Arc et de limiter le nombre d'étrangers dans le Tercioe[32].

Lors de la contre-attaque nationaliste le 16 octobre 1937 les légionnaires français participent au refoulement de la XIVe brigade internationale[33].

Les volontaires sont au repos dans une caserne à Saragosse. Le major Victor Monnier est tué dans un bombardement à Getafe. Leur commandant en second, le capitaine Jean Courcier, devient leur chef et va les commander lors de la bataille de Teruel, puis au repos à Calatayud[34].

Sans le journal d’opérations de la 13e division nationale il est écrit que le 12 décembre 1937, la Bandera Juana de Arco est déplacée de Saragosse à Cosuenda, et le 29 du même mois il est signalé que la VIe Bandera de la Légion est constituée en partie de la Bandera Juana de Arco. Il participe à la contre-offensive des généraux José Enrique Varela, et Aranda[35].

L'unité française prend part à la bataille de Teruel, agissant le 6 février 1938 dans une opération en association avec la 21e Compagnie de la Légion. Elle subit de lourdes pertes. Il s'agit entre autres de la mort de Raul Reul, Belge, qui est tué en faisant feu avec une mitrailleuse, et parmi les blessés, Edouard Schmitlein-Gastinel, Marcel Caseau et Jean Harold-Paquis (1912 - 1945)[36].

Jean Herold-Paquis, ancien employé de la compagnie d'assurances l'Urbaine et la Seine[37] est réformé pour maladie grave et va de ce fait continuer à servir le camp nationaliste, mais en animant L'heure française sur Radio Saragosse[38]. Il fonde également l'Association des amis de Radio-Saragosse, qui compte jusqu'à 18.000 membres. En 1945, Herold-Paquis laisse sa place dans un avion pour l'Espagne au frère d'Abel Bonnard. Il est fusillé comme collaborateur.

Edouard Schmitlein-Gastinel, enrôlé le 13 juillet 1937, a rejoint la VIe Bandera de la Legion à Teruel. Il a les pieds gelés cet hiver là[39].

André Bondis aussi est tué à Teruel. Thierry de Beaupré est blessé mais survit à la guerre, comme Gérard Simiani[40].

1938 Modifier

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Bataille de Teruel (PACO-Wikimedia commons)

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Ce que les nationalistes découvrent en libérant Teruel.

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Caserne de Calatayud.

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Yagüe.

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Attaque nationaliste dans les rues de Lleida.

Les combats se déroulent autour de Teruel jusqu'au 22 février 1938[41]. Il fait très froid et la neige est abondante[42].

Après la bataille de Teruel, l'unité française est regroupée à Calatayud (ville près de Saragosse). Beaucoup de volontaires sont hospitalisés.

Le séjour à l'arrière du front fait que trois volontaires désertent pour essayer de retourner au pays. L'un d'eux a 17 ans.Ils sont, parait-il, mécontents de leur commandant, le capitaine Courcier, pourtant militaire de carrière. Le commandement supérieur franquiste ouvre une enquête sur sa conduite au front et son comportement. Le 4 mars 1938, conformément au rapport du Service de renseignement militaire, les chefs du Tercio demande la dissolution de la Bandera. Ses volontaires doivent être répartis dans d'autres unités. Jean Courcier est accusé de pas avoir su maintenir la discipline de ses hommes et de n’être pas très efficace en raison de son âge et son manque de préparation militaire. Un certain Jean de Morène se plaint d'avoir été détenu sans raisons à Talavera à cause de Courcier. En réalité il est prison pour avoir déserté et espionné les armées franquistes. Après la guerre les historiens vont découvrir que ces informations sont fournies par des adversaires politiques du capitaine[43]. Les dénonciations viennent toutes d'agents de l'Action Française. Courcier est du Parti Social Français, et ils demandent aux monarchistes espagnols son remplacement.

Toutefois l'état-major de Franco n'est pas composée que de monarchistes fanatiques et le Parti Social Français y a des contacts. Le 13 mars les ordres de Yagüe, Commandant Général du Tercio, de dissoudre la Bandera arrivent. Mais le 15, deux jours plus tard, l'état-major de Franco envoie un télégramme comme quoi cet ordre est annulé[44].

Officiellement l’enquête continue. Il faut vérifier les allégations des accusateurs. Finalement, les enquêteurs signalent dans un rapport le comportement bizarre des plaignants. Le 15 avril le commandement de la Bandera confirme que le capitaine Jean Courcier, sur le au front, à la tête de sa compagnie a traversé l’Ebre le 2 mars et il s'est comporté ce jour et la journée suivante avec un grand courage, et montrant des qualités exceptionnelles de courage et d’'esprit militaire. Il est blessé le 3 mars... Par conséquent, il lui demande de continuer à appartenir à la Légion.

Le capitaine Jean Courcier attend en vain 600 volontaires recrutés par le P.S.F. à Oran, sa ville natale. Mais c'est juste 25 recrues qui arrivent... mais de Nancy. Jean Courcier rencontre un nouveau problème avec les dirigeants de l'Action Française, notamment Maurras et Real de Sarte, qui contactent les généraux espagnols pour leur demander le retour de volontaires, fils de notables, en France. C'est le cas avec le jeune Maurice Barbarin, dont le père est colonel[45]. Engagé dans la Bandera Jeanne d'Arc, l'adolescent n'a aucune envie de retourner en France. Par la suite, Maurice Barbarin va avoir à cœur de défendre la mémoire et l'honneur de ses camarades de combat. Pour ce faire, il crée l'Association des mutilés et anciens combattants français de la Révolution nationale d'Espagne, avec le comte de Simiane et André Infernet.

Le financement vient principalement de France et de ressortissants français vivant au Portugal. La rivalité entre l'Action Française et la Ligue d'Union Latine entraîne l’accusation mutuelle de détournement des grandes quantités d'argent envoyées régulièrement par des entreprises commerciales et industrielles françaises installées en Espagne pour le soutien de la Bandera Juana de Arco.

Yagüe décide que les volontaires doivent restés groupés et former la compagnie 67 de la XVIIe Bandera de la Légion, une nouvelle unité formée à Talavera en janvier. On va les retrouver sur les fronts d'Aragón, puis de Cataluña, commandé par le Capitaine Vázquez Salas.

La Bandera Jeanne d'Arc franchit l'Ébre les 2 et 3 mars 1938. La compagnie 67 de la XVIIe Bandera, qui lui succède participe à l'offensive d'Aragon, une grande campagne militaire de la guerre civile espagnole, qui commence à peine trois semaines après la fin des hostilités de la bataille de Teruel. L'armée franquiste compte 100.000 hommes. Pourtant c'est eux qui attaquent les 150.000 républicains et membres des Brigades internationales. L'offensive commence le 7 mars. Les Nationalistes percent en profondeur les lignes républicaine, malgré le courage des combattants adverses.

1939 Modifier

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Avancée des volontaires nationalistes.

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Libération de Barcelone.

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Défilé de la victoire franquiste.

En 1939, la Légion compte désormais 20 banderas de la taille d'un bataillon, dont la XVIIe[46]. Le 19 avril 1939 l'armée franquiste arrive sur les bords de la Méditerranée, isolant la Catalogne du reste des zones tenues par les Républicains. Cette campagne a permis d'anéantir une partie des forces républicaines de l'armée de l'Est. Outre la division du territoire républicain elle provoque une grave crise au sein du gouvernement Negrin et la chute du ministre de la Défense nationale, Prieto, accusé à tort de défaitisme. A ce moment, il semble que la fin de la guerre approche, étant donné la gravité de la défaite des Républicains.

Néanmoins la compagnie 67 de la XVIIe Bandera va devoir libérer la Catalogne d'un ennemi qui a encore des effectifs importants et du matériel, et qui bénéficie du soutien d'une partie de la population catalane, malgré les règlements de compte sanglants entre les nationalistes, les marxistes et les anarchistes.

Les volontaires après parfois deux années de guerre se plaignent de la rigidité du contrat qu’ils ont du signer pour éviter la prison. Inscrits pour la durée de la campagne, ils ne peuvent se reposer qu'une fois blessés, à l'hôpital. Les permissions et les rapatriements sont refusés. Il existe de nombreux témoignages de déserteurs arrêtés à Irun, soit par les autorités franquistes, soit par les françaises, une fois traversée la frontière. Cela se sait et les milieux nationalistes de ce fait ne sont pas capables de fournir un bataillon de volontaires - au moins 650 hommes - à Franco. Par contre l’extrême-droite fournit des armes, fait une vingtaine d'attentats, de la propagande...[47].

Il n'y a pas de drapeau français lors du défilé de la victoire franquiste. Les 2.000 volontaires français sont victimes de l'ingratitude du dictateur. Beaucoup d'anciens combattants espagnols, puis Italiens vont en pâtir à leur tour. Après les massacres de la Guerre Civile les exécutions continuent et des maquis républicains se forment dans les Sierras


Joseph Nugent Palmer Bull (1908 - 1940) est le seul Australien à se battre pour les nationalistes pendant la guerre civile espagnole. Ne sachant pas l'espagnol, il se retrouve avec les volontaires bénévoles français de la Bandera Jeanne d'Arc, car il a appris le français. Bull est blessé lors de la la bataille pour Teruel à la fin de 1937. Ayant subi une grave blessure au genou, il n'est plus apte pour combattre dans l'infanterie, et devient chauffeur et s'occupe des enterrements pour les volontaires français[48].

Combattants français dans d'autres unités Modifier

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Michel de Camaret, Compagnon de la Libération.

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Rodolphe de Hemricourt de Grunne devant son Fiat CR.32.

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Bandera du Tercio carliste Nuestra Señora de Montserrat

Parmi ceux-ci on peut citer :


Le lieutenant Decker de Lespinasse, six fois blessé au combat, sert dans le Tercio. On le retrouve par la suite, lors de la campagne d'Italie, dans l'état-major du général Juin.

Le député européen du Front national, du temps de Jean-Marie Le Pen, Michel de Camaret, sert comme volontaire dans le Tercio carliste San Ignacio[49]. Il est par la suite capitaine des Forces françaises libres, décoré de la Légion d'honneur, de la croix de guerre, de la médaille de la résistance et Compagnon de la Libération.

Le fils de Georges Bernanos, Yves Bernanos, combat dans les milices de la Phalange espagnole des J.O.N.S.[50].

On estime qu'il y a entre 250 et 300 volontaires monarchistes français, des Camelots du roi de l’Action française, au sein des troupes carlistes.

Le Comte Rodolphe Henricourt de Grunne est le fils du prince Charles de Grunne et d'une Française, Marie de Montalembert. Il s’engage d’abord dans la 1re Bandera phalangiste de Palencia, plus précisément la Centuria Argentina. Blessé, comme il sait piloter, et aristocrate, il devient pilote espagnol en janvier 1937. Rodolphe Henricourt de Grunne devient vite un des as de l’aviation espagnole, avec près de 425 missions à son actif. Il est décoré de la Croix de Guerre, de deux Croix du Mérite Militaire, de la Médaille de la Campagne et même de la Croix de Fer allemande avec Épées de 3e classe. En 1940, il essaie de combattre dans l’aviation belge durant la courte campagne de mai-juin. Leurs avions sont détruits. Il gagne le sud de la France, puis l’Angleterre où, comme volontaire dans la Royal Air Force, il participe à la bataille d’Angleterre et remporte trois victoires contre l’aviation nazie. Le 21 mai 1941, son Spitfire est abattu au dessus de la Manche[51].

Isidore Clamagiraud qui, né de père français et de mère espagnole, pâtissier de son état, appartient à Renovacion española, groupe de royalistes alphonsistes qui portent la boina verde (béret vert) et qui, pour cette raison, sont surnommés les piments verts (par opposition aux piments rouges, les Requetés carlistes qui portent, eux, la boina roja). Il participe à la défense de l'Alcazar et, capturé par les Rouges, est condamné à mort. Mais une intervention du Consul de France à Tolède lui sauve la vie.

Un Vendéen meurt glorieusement en Espagne dans les rangs carlistes. Il s'agit du Baron Florent Sarrebourse de la Guillonnière, Chevalier du Saint-Sépulcre de Jérusalem, Camelot du roi, le 5 avril 1937. C'est à Orleata, front de Biscaye. Il a 26 ans[52]. Florent Sarrebourse de la Guillonnière a le droit à des obsèques grandioses dans la cathédrale de Saint-Sébastien. Un Grand d'Espagne fait son éloge et les assistants crient tous Viva Francia !!![53].

Auguste-Pierre Combes, du Tercio carliste Nuestra Señora de Montserrat, est pendu à Tulle par les nazis.


La presse nationaliste arabe du Rif, ce protectorat espagnol, signale que plusieurs milliers de volontaires arabes ont à leurs risques et périls quitté les zones sous contrôle français (Maroc, Algérie, Tunisie) pour aller combattre avec les troupes franquistes [54].


Rappelons que par une décision de justice arbitraire, les Français volontaires qui se rangent aux côtés des Républicains bénéficient d'une carte d'ancien combattant, avec le versement qui va avec. Alors que les volontaires français qui se rangent aux côtés des franquistes n'ont rien.

RÉFÉRENCES Modifier

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  1. Romuald Jacopin, Bouthillon Fabrice, La bandera Jeanne d'Arc : le volontariat armé dans les rangs franquistes, au carrefour des relations internationales des extrêmes-droites européennes (1936-1945), Centre de Recherche Bretonne et Celtique 2013.
  2. Romuald Jacopin, Bouthillon Fabrice, La bandera Jeanne d'Arc : le volontariat armé dans les rangs franquistes, au carrefour des relations internationales des extrêmes-droites européennes (1936-1945), Centre de Recherche Bretonne et Celtique 2013.
  3. BTNG, Volume 18, Centre d'études et de documentation "Guerre et sociétés contemporaines" (Belgium), Éditeur SOMA-CEGES., 1987.
  4. Les Cagoulards dans la guerre, Philippe Bourdrel, Albin Michel 2009-11-04.
  5. Henri d'Orléans, comte de Paris (1908-1999) : le prince impossible, Histoire (Editions Odile Jacob), Bruno Goyet, Odile Jacob, 2001.
  6. Le Mystérieux Docteur Martin: (1895-1969), Pierre Péan, Fayard, 1993.
  7. La croisade antibolchévique, François Duprat, Les Sept couleurs, 1974.
  8. La traînée blanche, François Raimondi, L'Harmattan, 2006.
  9. Fighting for Franco: International Volunteers in Nationalist Spain During the Spanish Civil War, 1936-39, Judith Keene, Continuum, 2007.
  10. Sylvain Roussillon, Les « Brigades internationales » de Franco. Les volontaires étrangers du côté national, préface de Pascal Le Pautremat, Via Romana, Versailles, 2012.
  11. Romuald Jacopin, Bouthillon Fabrice, La bandera Jeanne d'Arc : le volontariat armé dans les rangs franquistes, au carrefour des relations internationales des extrêmes-droites européennes (1936-1945), Centre de Recherche Bretonne et Celtique 2013.
  12. La croisade antibolchevique, François Duprat, Les Sept couleurs, 1974, qui se trompe en parlant de Poméranie.
  13. Les Brigades internationales, Collection marabout université, Jacques Delperrié de Bayac, Fayard, 1968.
  14. Sylvain Roussillon, Les « Brigades internationales » de Franco. Les volontaires étrangers du côté national, préface de Pascal Le Pautremat, Via Romana, Versailles, 2012.
  15. Thomas, Hugh, La Guerra Civil Española, Barcelona: Ed. Grijalbo 1976.
  16. Sylvain Roussillon, Les « Brigades internationales » de Franco. Les volontaires étrangers du côté national, préface de Pascal Le Pautremat, Via Romana, Versailles, 2012.
  17. Judith Keene. Fighting for Franco: International Volunteers in Nationalist Spain During the Spanish Civil War, 1936-39. London and New York: Leicester University Press, 2001.
  18. Los otros internacionales: voluntarios extranjeros desconocidos en el Bando Nacional durante la Guerra Civil, 1936-1939, Colección Documento, José Luis de Mesa, Barbarroja, Editorial, 1998.
  19. Los otros internacionales: voluntarios extranjeros desconocidos en el Bando Nacional durante la Guerra Civil, 1936-1939, Colección Documento, José Luis de Mesa, Barbarroja, Editorial, 1998.
  20. Thomas, Hugh, La Guerra Civil Española, Barcelona: Ed. Grijalbo 1976.
  21. Les Droites dans la rue: nationaux et nationalistes sous la Troisième République, Francis Bergeron, Philippe Vilgier, Dominique Martin Morin, 1985.
  22. Les Brigades internationales, Collection marabout université, Jacques Delperrié de Bayac, Fayard, 1968.
  23. Pike, David Wingeate (2011). France Divided: The French and the Civil War in Spain. Sussex Academic Press.
  24. Los otros internacionales: voluntarios extranjeros desconocidos en el Bando Nacional durante la Guerra Civil, 1936-1939, Colección Documento, José Luis de Mesa, Barbarroja, Editorial, 1998.
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  51. Sylvain Roussillon, Les « Brigades internationales » de Franco. Les volontaires étrangers du côté national, préface de Pascal Le Pautremat, Via Romana, Versailles, 2012.
  52. Les Chevaliers du Saint-Sépulcre de Jérusalem, Volume 2, Partie Jean-Pierre de Gennes, Editions Hérault, 1995 et homas, Hugh, La Guerra Civil Española, Barcelona: Ed. Grijalbo 1976.
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  54. Sylvain Roussillon, Les Brigades internationales de Franco. Les volontaires étrangers du côté national, préface de Pascal Le Pautremat, Via Romana, Versailles, 2012.

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