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                                  Les Balthes



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Détail de la couronne votive du Recesvinto (Trésor de Guarrazar).

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Détail d'Odin-Gaut, leur ancêtre chevauchant Sleipnir sur la pierre de Tjängvide.

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Les Goths.

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Migration des Goths.

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Itinéraire des Wisigoths.

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Trésor wisigoth de Guarrazar.

Les Balthes (signifie audacieux en langue gotique), Baltungs, Balthings... sont, avec les Amales, la dynastie régnante chez les Gretungi, les deux grands lignages gothiques se disant issus du Dieu Gaut. Les Ostrogoths sont encore connus à cette époque sous le nom de Gretungi, les habitants de la steppe[1]. C'est l'un des nombreux noms eddaïques d'Odin, le dieu principal de la mythologie nordique. Les Balthes sont une famille, originaire de la Scandza, qui règne sur l'Hispanie et le sud-ouest de la Gaule du fait de la décadence de l'Empire romain d'Occident. Pour les Wisigoths les Balthes sont des Ases, des demi-dieux[2].

Le Reidgotalan des sagas de la mythologie nordique désigne la terre où ont vécu les Goths. Baltia est une île légendaire dans la mythologie romaine, censée se trouver au nord de l'Europe. L'île est mentionnée par Xénophon d'après l'Histoire Naturelle de Pline l'Ancien. On peut ainsi admettre l'identité de ce peuple avec les Gotones, signalés par Tacite, au Nord-Est de la Germanie[3].

Des recherches récentes parlent d'ethnogenèse dans le delta de la Vistule[4]. En effet, des sagas retracent les premières zones de peuplement en Pologne, la Gothiscandza, puis en Ukraine lorsque les Goths amorcent leur Völkerwanderung, quittant leurs terres d'origine de Scandinavie. Venus du sud le la Suède, au début de notre ère, les Goths sont une aristocratie guerrière conduite par les rois de la famille des Balthes. Ils mesurent en moyenne entre 1.70 et 1.80. Il y a même des squelettes de 1,90 et plus encore. Les légionnaires romains font entre 1.60 et 1.70.

Les Goths sont à l'origine de la culture de Wielbark, puis traversent les régions les plus variées, côtoient bien des peuples, Celtes, Slaves, Scythes ou Grecs, auxquels ils font de nombreux emprunts.

Les Wisigoths sont connus à cette époque sous le nom de Tervingi, Thervingues[5], rois des forêts, du gotique triu qui signifie arbre. Vingi est une appellation flatteuse qu'ils s'attribuent eux-mêmes, dont le sens évoque la notion d'élite[6].

Les Goths fondent un empire qui s'étend, au IVe siècle, de la Theiss au Don[7]. Cet empire va donner la culture de Tcherniakhov entre les IIe et Ve siècles de notre ère dans une vaste zone de l'Europe de l'Est, d'abord dans ce qui constitue aujourd'hui l'Ukraine, la Moldavie, et en partie le Belarus[8][9].

Leur longue et fructueuse migration scelle leur légende, de Constantinople (dont l'empereur est vaincu en 378 à Andrinople), à Rome où ils pénètrent en 410. Leur valeur guerrière, confirmée dans leurs guerres espagnoles, incite l'Assemblée des Gaules du Sud à les appeler pour assurer la défense du Sud-Ouest en 418. Provinciaux de Gaule et Goths vivent alors au sein d'un royaume qui, de Saintes à Bordeaux, Eauze et Toulouse, s'appuie sur ses forteresses, ses lois, ses coutumes. Une civilisation propre aux Gaules s'étend bientôt des Pyrénées à la Loire et au Rhône, puis à la Provence[10].

En Espagne, au même moment, les Goths prennent la place laissée libre par les Romains défaillants. De Tours aux Colonnes d'Hercule, le plus grand royaume d'Occident rassemble à la cour du roi Euric Balthes (ca 430-484), des ambassadeurs venus de partout pour solliciter l'aide des Goths[11].

L'aventure d'un peuple défini par sa religion homéenne, sa langue, son écriture, ses exploits et ses revers, et vivant parmi les habitants du Sud-Ouest nicéens et romanisés, est unique en cette période. Les Goths marquent l'histoire du Sud-Ouest et laissent à la France un héritage important. Par bien des côtés (la vassalité guerrière), ils sont l'aube médiévale de la France[12].


Autres articles :


Jordanès écrit :

Votre noble lignée a été seulement dépassé par les Amali, parce qu'elle venait de la famille des Balthi, qui, par leur courage et leur audace avaient longtemps reçu entre leur race le nom Baltha, c'est à dire audace[13].
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Arbre généalogique des Balthes.

Origines de la dynastie des Balthes Modifier

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Balissa (le pays des rois) Modifier

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Carte de la Scandza, avec les peuples qui la composent.

Les Balthes se disent issus du Dieu Gaut. C'est l'un des nombreux noms eddaïques d'Odin, le dieu principal de la mythologie nordique. Les Balthes sont une famille d'origines scandinaves, de la Scandza, selon l'historien romain Jordanes[14]. L'île des origines, scandinave, est appelée Scandza, mais certains auteurs antiques la qualifient de royale, Balissa (le pays des rois) ou balthe, nous dit Pline.

Jordanès, dans la Getica, nous parle des héros légendaires à l'origine des rois goths : Gapt/Gaut, engendre Humal, qui à son tour engendre Augis. Ce dernier est le père de Amal, qui donne son nom à la dynastie ostrogothe. Pour les Wisigoths les Balthes sont des Ases, des demi-dieux[15].

L'épée nommée Terving est donnée directement au premier ancêtre des Balthes par le dieu de la guerre, Gaut (le Mars des Romains). Elle est un instrument de combat victorieux et de justice triomphante. Elle est transmise de génération en génération et symbolise l'origine du pouvoir royal. Elle incarne la guerre, mais aussi la terre (gards) et le peuple (la thuida) des Goths.

Les Balthes, avant d'être des rois en Hispanie et dans le sud de la Gaulle sont des juges et des sages, partageant le pouvoir Goth, avec la famille Royale des Amales. Ces derniers et les Balthes sont la mémoire des origines[16].

Gutis et Goths ??? Modifier

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Existe t'il un lien entre les Gutis et les Goths ?

A la fin du XIXe siècle, l'assyriologue Julius Oppert cherche à relier les Gutis, Indo-Europées des monts Zagros, dans le voisinage de la Mésopotamie à la fin du IIIe} millénaire av. J.-C. et durant les siècles suivants. Au IVe siècle av. J.-C., Pythéas, le navigateur marseillais, rencontre les Goutones en Europe du nord. Plusieurs auteurs grecs ou romains signalent les Goutonset les Goutis des deux côtés de la Baltique. Or, Gutis en Mésopotamie se prononce gouti. Ptolémée parle de Gutis, une tribu de Scandia. La théorie de Oppert sur ​​cette connexion est reprise par certains Indo-Européistes. Les Goths soient les mêmes que les Guttons de la presqu'île scandinave[17].

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Age du bronze : navires de pierre sur l'île de Gotland.

Rois de Gotland, puis de la Vistule (ca 30) Modifier

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Du temps du roi Berig (première moitié du Ier siècle) Modifier

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Guerrier goth.

Les Goths sont partis de Scandinavie, sous la conduite de leur roi Berig, selon une légende de leur peuple, nommée Origo gentis. La raison de cette migration est encore un mystère (pression d'un autre peuple, pas assez de terres fertiles, refroidissement du climat... ?). Selon Jordanes, Berig conduit une partie de son peuple sur trois navires de la Scandza (Scandinavie) à l'embouchure de la Vistule. Ils fondent la Gothiscandza (la côte des Goths, Gotisk Anja, devenue Gdansk), au cours de la première moitié du Ier siècle après J.C.[18].

Aussitôt après avoir quitté leurs navires et mis pied à terre, les Goths ne tardent pas à s'avancer vers les établissements des Ulmerugii, les Rugiens (une tribu germanique arrivée dans la zone avant les Goths) et repoussent leurs nouveaux voisins, les Vandales [19].

La culture proto-historique de Wielbark Modifier

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Reconstitution d'une longue maison goth à Masłomęcz.

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Un cercle de pierre dans le nord de la Pologne (culture de Wielbark).

Des recherches récentes parlent d'ethnogenèse dans le delta de la Vistule[20]. Les Goths sont à l'origine de la culture proto-historique de Wielbark dans la vallée de la basse Vistule, en Poméranie Orientale. La recherche archéologique récente démontre cependant, que la transition de la culture Oksywie à la culture de Wielbark est pacifique et son calendrier coïncide avec l'apparition de la nouvelle population des origines scandinaves dans une zone précédemment inhabitée (la terre de personne) entre les zones de culture Oksywie et Przeworsk.

Les archéologues, cependant, se méfient d'attribuer uniquement aux Goths les origines et les influences de cette culture. Si l'influence des Goths joue un rôle, l'étendue géographique et l'utilisation persistante des cimetières Oksywie suggèrent que la culture de Wielbark émerge de précédents établissements humains dans la région, liés à de nouveaux groupes d'immigrants scandinaves. Toutefois tout cela ressemble beaucoup aux coutumes funéraires scandinaves dans le Gotland et Götaland. Cette culture apparaît à la fin du Ier siècle après J.C. entre la Vistule et la région kachoube et celle des Lacs.

Des analyses odontologiques révèlent néanmoins que les populations de culture de Wielbark de la période romaine et les premières populations slaves occidentales se confondent en termes de traits dentaires non-métriques, ce qui ne exclut pas la possibilité d'origines génétiquement différentes.

L’archéologie reconnaît dans la culture de Luboszyce (Oder-Neisse) attribuée aux Burgondes, des convergences importantes avec la culture de Wielbark attribuée aux Goths.

La légende de Dag le Sage peut transmettre les traditions d'attaques par les Suiones au IIe ou IIIe siècle. Dans les sources scandinaves, le territoire est appelé Reidgotaland, un nom qui suit les Goths lors de leurs migrations dans les sagas nordiques.

Du temps du roi Filimer (175) Modifier

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Expansion territoriale de la culture goth de Wielbark avant la migration vers la Mer Noire.

Selon Arne Søby Christensen, Cassiodorus, Jordanes and the History of the Goths: Studies in a Migration Myth (2002) :

Filimer est le fils de Gadarig et le cinquième roi après Berig. Berig, Gadarig et Filimer sont très certainement de "vrais" rois goths[21].

Du fait de la croissance démographique, leur roi Filimer décide, en 175 après J.C, d'aller chercher de meilleures terres. Quelques clans remontent donc la Vistule en direction du Danube et de la mer Noire, accompagnés des Gépides, un autre peuple germanique[22]. Leur déplacement se fait progressivement, sur plusieurs générations.

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À proximité de l'embouchure de la Vistule.

Royaume goth de Scythie (180) Modifier

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Nouvelle migration des Goths Modifier

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Wohnstallhaus.

Les liens entre la culture de Wielbark et la culture de Tcherniakhov démontrent que cette migration germanique de la Vistule bassin à l'Ukraine est bien réelle[23].

Les Goths conduits par leur Roi Filimer (ca 160-ca 230) arrivent dans une nouvelle région nommée Oium (Scythie), vers 180. La saga Ynglinga décrit l'installation des Goths au nord de la mer Noire. Oium vient de aujō ou auwō, ce qui signifie prairie bien arrosé ou île.

Selon Jordanes, les Goths réclament ces riches terres pour eux-mêmes, après avoir vaincu les habitants précédents, les Sarmates. Ils libèrent leurs esclaves, dit scythes, qu’ils intègrent. Jordanès s’approprie leur histoire. Agobard de Lyon, au IXe siècle, nomme Scythes les Goths de l’Empire carolingien.

Un empire de la Theiss au Don Modifier

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La culture goth de Tcherniakhov vers le IIIe siècle.

Les Goths fondent un empire qui s'étend, au IVe siècle, de la Theiss au Don, embrassant une série d'autres peuples germaniques qui recouvrent ou acquièrent plus tard une existence indépendante : les Hérules, Rugiens, Scires, Turcilinges, Vandales, Gépides, Peucines, et les Carpes ou les Boranes, qui eux ne sont pas des Germains[24].

L'empire des Goths, sur les bords de la mer Noire, va donner la culture de Tcherniakhov entre le IIe et le Ve siècles de notre ère dans une vaste zone de l'Europe de l'Est, d'abord dans ce qui constitue aujourd'hui l'Ukraine, la Moldavie, et en partie la Belarus. Cette culture est le résultat d'un mélange culturel avec les Sarmates et les populations slaves de ces régions. Du temps des soviétiques l'association de cette culture de Tcherniakhov avec les Goths est très controversée, mais les progrès méthodologiques importants ont mis fin aux autres hopothèses[25][26].

Premiers raids contre l'Empire romain Modifier

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Poterie (culture de Tcherniakhov).

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Une scène de la saga Hervarar, Orvar-Odd et Hjalmar se disent adieu, par Mårten Eskil Winge (1866).

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Le roi geat Gyzur haranguant les Huns.

Sur les berges du Dniestr, les combats contre les Sarmates sont plus violents, mais ces derniers, proportionnellement peu nombreux, finissent par s’entendre avec les envahisseurs. Sarmates et Goths s’associent souvent pour des expéditions de pillage chez les Grecs. C’est pendant ces alliances que les Ostrogoths adoptent l’équipement lourd, cuirassé, des cavaliers Sarmates, alors que les Wisigoths restent fidèles à la cavalerie légère qu’ils tiennent des Scythes[27].

Les Goths d'Oium (Scythie) font une deuxième migration vers la Mésie, la Dacie et la Thrace, mais finalement retournent au nord de la mer Noire. À leur retour, sous la poussée des Huns, les rois Balthes descendent la côte ouest de la mer noire, tandis que les Amales (Ostrogoths) font face aux Huns, qui les déciment.

Dans la Saga Hervarar, l'histoire légendaire gothique nous parle de batailles avec les Huns. La saga transmet les noms des endroits où ils vivent en Ukraine au cours de la période c. 150-450[28]. La capitale des Goths est Árheimar, sur les bords du Danpar (Dniepr). Le nom de lieu Árheimar est lié au nom Oium, selon Heinzel et Schütte[29].

Dans cette légende, Heidrek usurpe le trône gothique du Reidgotaland. Heidrek semble établir un premier contact avec les Huns en kidnappant la princesse hunnique Sifka, qu'il viole et renvoie aux Huns enceinte de Hlöd. Lorsque Heidrek meurt dans les Carpates, son fils, Angantyr, lui succède. Cependant, son second fils Hlöd, qui a grandi avec les Huns, revendique son héritage et les attaque avec une horde des Huns comprenant 187.200 guerriers à cheval.

Les Goths sont aidés par le vieux roi des Geats, Gizur, et la guerre se termine dans une bataille épique dans les plaines du Danube, où Angantyr tue son frère Hlod.

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La mort de Hervor, fille d'Angantyr dans la steppe.

Les Wisigoths en Dacie (230) Modifier

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Au Roi Filimer (ca 160-après 230) succèdent Argaith et Gunterich.


Du temps d'Argaith et Gunterich (230-250) Modifier

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La Porte romaine Porolissu fait partie du limes censé protéger l'Empire des barbares.

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Guerre contre les Wisigoths.

En 230, des Goths envahissent l'Asie Mineure et la péninsule des Balkans. En 236, Maximin marche vers l'est contre les Daces libres, les Sarmates et les Wisigoths. Il transfère son quartier général à Sirmium (Pannonie).

En mai 238, à l'annonce de la proclamation de Gordien, Maximin le Thrace fait marcher ses troupes des bords du Danube vers l’Italie. Après le retrait des troupes romaines, les Goths, venus de l'Oium (Scythie), franchissent pour la première fois le Danube à Istros, qui est pillée, à moins que cela ne soit Olbia, sur le Boug méridional[30]. The Cambridge Medieval History écrit que Tyras aussi est pillée. Le Procurator leur promet le paiement d'un tribut annuel, car il est incapable de sécuriser la frontière[31].

Le 20 mai ou le 24 juin 238 : Maximin le Thrace est assassiné par ses soldats devant Aquilée. Pupien avance alors sur le Danube pour sécuriser la frontière. Les Goths ont profité du retrait des troupes romaines pour envahir la Mésie inférieure et les Carpes (des Daces) la Pannonie. Ils sont battus. Pupien rentre à Rome pour célébrer son triomphe[32].

Dans les quatre ans après la défaite à Aquilée (238), les Goths commencent leurs raids réguliers le long du Danube. D'autres attaques sont menées de la mer ainsi que des fleuves. Les Goths tuent, pillent, saccagent tout. Une façon d'empêcher les raids est - on l'a vu - de verser de l'argent annuellement aux barbares, ou d'en faire des mercenaires. Déjà en 243, nous avons des Goths dans des unités d'auxiliaires romains contre les Perses.

Mais en 248, les Goths renouvellent leurs attaques sur la frontière romaine en alliance avec le Taifalis, Asdingis, Bastarnes et les Gépides[33]. Sous la direction de Argaith et Gunterich leurs bandes font à nouveau irruption dans la Mésie inférieure, mais ne prennent pas la ville fortifiée de Marcianople[34].

Du temps de Kniwa/Cniva (deuxième moitié du IIIe siècle) Modifier

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Gutthiuda, le royaume des Wisigoths.

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Le Grand sarcophage Ludovisi représente une bataille entre les Goths et les Romains.

Le raid le plus remarquable au début des années 250 est mené par le Roi Kniwa/Cniva à la tête d'une armée puissante. Cniva pénètre en Mésie, prend Philippopolis (250), puis livre en se retirant une bataille décisive. En 250, les Carpes envahissent la Dacie.

La bataille d'Abritus, également connue sous le nom de bataille Forum Terebronii, a lieu dans la province romaine de Mésie inférieure (Bulgarie), probablement en juillet 251, entre l'Empire romain et une fédération de peuples sous le commandement roi goth Kniwa/Cniva. Les Romains sont battus. Les empereurs romains Dèce et son fils, Herennius Etruscus, sont tous les deux tués pendant la bataille. Ce sont les premiers empereurs romains tués lors d'une bataille par un ennemi étranger. La bataille marque généralement le début d'une période d'instabilité politique et militaire dans l'Empire romain, bien que les symptômes de la crise sont déjà apparus dans les décennies précédentes.

Après 256, les tribus daces épargnées par la conquête romaine (essentiellement les Carpes) s'allient avec les Goths et les Sarmates dans une fédération de peuples barbares, constituée autour des Wisigoths.

Après le règne de Kniwa/Cniva Modifier

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La colonne des Goths commémore la victoire de Naïssus (269).

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Fibules de bronze, boucles de ceinture et peignes d’os provenant du cimetière goth de Marosszentanna.

Mais peu après les victoires du roi Kniwa/Cniva, d'autres raids Goths échouent. Les Romains développent une stratégie de lutte contre ces raids. Ils emploient de la cavalerie lourde. Néanmoins, en 257, les Goths attaquent avec des navires sur la mer Noire.

En 267, les Goths pillent la Thrace, la Macédoine et la Grèce. Claude II le Gothique, empereur romain (268-270), rassemble toutes les forces disponibles et marche sur les Balkans, menacés par une invasion de Goths qui sévissent déjà dans les provinces danubiennes. Il remporte en 269 la bataille de Naïssus en Mésie supérieure (aujourd'hui Nish en Serbie) une victoire très difficilement acquise et peu décisive. Mais elle est fort habilement exploitée par la propagande impériale, ce qui permet à l'empereur Claude de gagner son glorieux surnom de Gothique. La colonne des Goths, toujours visible à Istanbul, commémore cette victoire. Cependant, il faut encore aux légions romaines plusieurs mois de dures campagnes et d'escarmouches sanglantes pour liquider les bandes errantes de barbares et détruire la flotte avec laquelle les Goths ravageaient les côtes de Grèce et d'Asie Mineure. Ce n'est finalement que vers l'année 270 que les Goths sont refoulés à l'est du Danube.

Tacite vainc les Goths en Cilicie, en 275. L'invasion par les Goths de l'Anatolie par l'est qui affecte le Pont, la Cappadoce et la Cilicie, combattue par Tacite puis par Probus (275-276)[35] est certainement menée par les Goths de l'est.

Les Goths de l'ouest, battus par les Romains, souffrent de la faim. Ils se font la guerre. En 295 Aurélien se rend sur le bas Danube. Il abandonne la Dacie aux Carpes pour pouvoir résister aux attaques des Goths qui font des alliances avec les Carpes. En 280 les Bastarnes doivent émigrer du fait de la misère dans l'Empire romain.

En 296, Dioclétien et Galère passent le Danube pour lutter contre les Carpes et les Bastarnes. Ces derniers, vaincus, sont déplacés en Thrace et en Pannonie après une reddition totale[36].

A fin du IIIe siècle, les Tervinges, Goths vivant à l'ouest du Dniestr et les Greuthungues, Goths vivant à l'est, forment deux peuples aux destinées différentes.

Vers l'an 300, la culture de Tcherniakhov s'étend en Roumanie. Son existence est attestée par un millier de sites archéologiques.

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Les Goths en Dacie, 270-376/80 : 1 – les forteresses frontalières de Dacie avant l’évacuation 2 – les sites et cimetières des Tervingi-Wisigoths de la culture de Marosszentanna, 3 – population romaine présumée sous la domination des Goths, 4 – monnaies et trésors goths enfouis entre 376-380, 5 – Gépides avant la domination des Huns, 6 – monnaies d’or de Théodose à Honorius, 379-424, 7 – les trésors gépides cachés dans les années 420, 8 – territoire habité par les Goths, 9 – territoire habité par les Gépides dans le Nord et l’Est de la Plaine.

Les Balthes au IVe siècle Modifier

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Avant le foedus (avant 332) Modifier

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Guerriers goths dans les forêts des Balkans.

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Les Taïfales sont un peuple allié des Wisigoths.

En 305, Sévère installe son quartier général en Pannonie pour surveiller la frontière du Danube. Ariaric (ca 270-après 332) est le premier roi de la dynastie des Balthes dont on connaît la descendance. Il est dit en son temps juge et pas roi. Il est païen.

Les Tervinges sont toujours à la recherche de provisions régulières pour nourrir leur peuple qui est de plus en plus nombreux. Jusqu'à 323 les bords du Danube connaissent une paix relative.

En 324 Constantin, profitant de l'âge avancé de Licinius et de rumeurs de corruption, lui déclare la guerre. Les Goths servent comme unités auxiliaires dans les deux camps. Licinius est battu à la bataille navale d'Andrinople le 3 juillet 324.

En 328, Constantin, fils de l'empereur, fait construire un pont sur le Danube et des fortifications en Valachie et en Olténie. Les Tervinges et les Taïfales doivent donc se déplacer alors vers la Tisza contrôlée par les Sarmates.

Durant l'hiver 332, les combats entraînent la mort de près de 100.000 Goths, du fait de la famine qui en résulte et des grands froids. Le 18 février 332, les Romains avec à leur tête le futur Constantin II, venus au secours des Sarmates de la plaine de la Tisza, battent les Goths dans la région de Temes[37]. Les Grecs du Bosphore dit cimmérien, alliés des Romains, attaquent conjointement les Goths par l'est.

En 332 Constantin et le juge tervingien, Ariaric, concluent un traité ou foedus[38]. Les Goths deviennent un peuple fédéré contre la promesse de subsides annuels. Le roi s'engage à fournir un corps de 40.000 auxiliaires pour protéger les frontières du Danube et des campagnes militaires contre l'Empire sassanide.

Les Goths deviennent un peuple fédéré (332) Modifier

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Wulfila (311-383) explique les Évangiles aux Goths.

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Athaulf.

Aoric (300-362) est otage du fait de ce traité à Constantinople. Une statue y est érigée en son honneur. Ce traité de paix rend les Romains si joyeux qu'ils organisent de nouvelles fêtes, les jeux gothiques du 4 au 9 février à Byzance.

Les Goths Tervinges s'installent dans l'ancienne province romaine de Dacie, au nord du Danube. Sous le commandement de Gébéric - leur roi, qui est parent d'Aoric - ils battent les Vandales Hasdings, en 334 sur la Mureș, dans la région danubienne[39].

Les Limigantes, esclaves des Sarmates, se révoltent contre leurs maîtres, qui les ont armés pour résister aux Goths. Les Agaragantes, la minorité dirigeante sarmate, doivent se réfugier dans l'empire romain où Constantin les établit comme colons ou soldats. Une partie d'entre eux s'allie aux Vandales[40].

L'historiographie actuelle suggère la possibilité d'une persécution en territoire des Goths Tervinges dès 340, qui oblige les chrétiens à une migration dans l'Empire[41]. En 341, Ulfila/Wulfila est nommé évêque des Goths Tervinges. C'est le commencement de leur conversion au christianisme (sous sa version arienne). Le succès de la propagande chrétienne effraie le roi des Goths, Aoric (300-362), et une persécution a lieu, selon Auxentius de Durostorum, entre 347 et 350, faisant se réfugier Wulfila dans l'Empire où l'accueille.

Aoric (300-362) a deux fils :

  • Rocesthes (320-399), Rothesteus, Rothesteos, Rothestes, également Radistis, surnommé le dépopulateur[42], est co-roi avec son frère. Il est le père du roi Alaric (370-410)[43] selon Christian Settipani, et le père de Afarid, qui est à l'origine de l'assassinat de saint Sabas le Goth, en 372. On a aussi Walia qui est la seconde épouse de son cousin germain le roi Athaulf. Alaric est né vers 370, sur une île connue sous le nom Peuké, dans le delta du Danube, au castrum de Platei Pegiae[44].

Du temps du roi Athanaric (362-381) Modifier

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Athanaric, un roi de la famille des Balthes

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367 : Athanaric et ses Tervinges restés païens se réfugient dans les Carpathes.

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Athanaric traite avec Valens en 370, lors d'une rencontre sur un bateau au milieu du Danube.

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376 : Les Tervinges traversent le Danube et s'installent dans l’Empire romain

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Wisigoths.

Vers 370, le roi des Tervinges est Athanaric (318-381), qui reste attaché à la religion gothe païenne et persécute les convertis. C'est au début des années 60 du IVe siècle. Athanaric est devenu le seul chef militaire des Wisigoths. L'année exacte de son arrivée au pouvoir est inconnue. La Chronique des rois wisigoths, datant du VIIe nous donne 362/363[45]. En 363, à la fin de la dynastie constantinienne, avec la mort de Julien le roi qui soutient l'usurpateur Procope c'est Athanaric (318-381) et pas son père, Aoric (300-362).

Pourtant ce dernier avait fait jurer à Athanaric de ne jamais mettre le pied sur le territoire romain et rester, lui et les siens, libres et indépendants de toute influence étrangère.

À l'été de 365, l'empereur Valens apprend de ses commandants de troupes à la frontière que les Goths s'apprêtent à attaquer la Thrace. Il y envoie des unités d'élite. A Constantinople, Procope, avec leur aide, se proclame empereur. Procope est soutenu par les Wisigoths. Athanaric envoie à l'usurpateur ses 3.000 meilleurs guerriers. Cependant Procope est vaincu et exécuté. Les guerriers wisigoths, retournant vers leurs bords du Danube, sont arrêtes et emprisonnés dans différentes villes de Thrace. Leur roi, Athanaric, à cette occasion proteste, mais Valens ne rend pas les prisonniers. Les deux camps se préparent à la guerre.

Sous Athanaric le royaume des Wisigoths s'étend depuis le Danube inférieur jusqu'au Dniestr, et compren la Moldavie, la Valachie et une partie de la Podolie d'aujourd'hui.

Au printemps de 367, Valens commence les hostilités. Les Romains traversent le Danube en Tutrakanet (Bulgarie), et pénètrent en territoire wisigoth. Athanaric et ses Tervinges restés païens se réfugient dans les Carpates. Les Romains dévastent le pays à la poursuite de ces barbares. Mais comme ils subissent des embuscades un peu partout ils préfèrent se replier vers le limes.

En 368 Valens ne peut pas traverser le Danube.

Lors de la troisième année de la guerre (369) Valens attaque à partir du futur comté de Tulcea, à proximité des Monts Măcin (Dobrogea). Il affronte d'abord les Ostrogoths, venus peut-être pour aider les Wisigoths. Les cavaliers ostrogoths se replient, et les troupes impériales occupent le terrain. Elles vont jusqu'à la zone située entre le Prut et le Dniestr. Étonnamment, Athanaric (318-382) combat les troupes impériales avec une partie seulement des guerriers de son peuple. Il sait qu'une grande bataille ne peut se traduire que par l'anéantissement des Goths et leurs alliés.

Après un repli tactique Athanaric (318-382) entame des négociations avec les Romains. Réalisant que les tentatives pour encercler un groupe très mobile de tribus et leur infliger une défaite décisive sont vouées à l'échec, Valens accepte les propositions de paix d'Athanaric. Athanaric (318-382) traite avec Valens en 370, lors d'une rencontre sur un bateau au milieu du Danube l'empereur d'Orient[46]. Athanaric respecte ainsi son serment de ne pas franchir la frontière.

La fin des hostilités met fin à la famine des Goths. Ils commercent avec les Romains. La victoire de l'empereur Valens accentue la division des Tervinges entre partisans d'Athanaric, païens et ceux du Duc Fritigern, des ariens[47]. Ulfila/Wulfila, évêque des Goths Tervinges, établit un alphabet gothique. Athanaric (318-382) perçoit cette religion, qui n'a rien à voir avec les anciennes religions de l'Europe, comme un danger. Les chrétiens sont persécutés, en Dacie, entre 369 et 372[48]. Sabas le Goth est, en 372, noyé dans la rivière Mouséon (aujourd'hui Buzau).

En 375, les Greuthungues se soumettent aux Huns et attaquent ensuite avec eux le pays des Tervinges. Suite à la poussée des Huns du khan Balamber, en 376, la majeure partie du peuple wisigoth suit Fritigern et entre dans l'Empire romain tandis qu'Athanaric (318-381) et ses fidèles se réfugient dans les Carpates. Il en chasse quelques tribus sarmates et y reste longtemps sans être inquiété.

La bataille d’Andrinople (378) Modifier

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Goths traversant une rivière par Évariste-Vital Luminais.

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378 : Bataille d’Andrinople.

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Fin de la bataille d’Andrinople.

Lupicinus est le commandant de la Thrace lorsque d'autres Goths tentent d'entrer dans l'Empire. En 376, Valens autorise les Goths à traverser le Danube pour se réfugier en Mésie face aux attaques des Huns. Dans les faits, le traité ne s'applique pas, du fait de la corruption de l'administration romaine. Elle revend à un prix exorbitant les matières premières et les ressources alimentaires que l'Empire a mis à disposition des Goths. Cela oblige les barbares à vendre leurs enfants comme esclaves pour pouvoir se nourrir[49].

Le sort des Goths devenus chrétiens dans l'Empire est tout tracé. Thémistius, rhéteur et philosophe, raconte ainsi qu'avant même 369, les officiers militaires du Danube se sont tous convertis en trafiquants d'esclaves. L'évêque de Ptolémaïs (Cyrénaïque), épistolier, philosophe grec néoplatonicien, Synésios de Cyrène, écrit :

Toute famille jouissant ne serait-ce que d'un peu d'aisance a son esclave goth. Dans toutes les maisons, les Goths sont ceux qui dressent les tables, qui s'occupent des fours, qui portent les amphores ; et parmi les esclaves de compagnie, ceux qui portent sur leurs épaules les tabourets pliants sur lesquels leurs maîtres peuvent s'asseoir dans la rue sont tous des Goths[50].

Du fait de la misère beaucoup d'esclaves et de pauvres, dits romains, rejoignent les bandes armées de Goths et même des unités militaires romaines, car à la fin de l'Empire les armées romaines comptent beaucoup de Barbares.

En 377, un incident se produit à Marcianopolis, lors d'un banquet chez Lupicinus qui fait massacrer les Goths et fait tuer Alaviv. Le Duc chrétien Fritigern s'en échappe, mais au lieu de trahir il dirige la révolte. Ses troupes chassent Lupicinus de la Thrace.

Les guerriers goths s'équipent ainsi d'armes romaines. Pendant deux ans, les Goths ravagent les provinces de Thrace et de Mésie.

Valens forme en 378 l'une des plus grandes armées de toute l'histoire de l'Empire romain. Mais ils ne sont que 56.000 face à 150.000 Goths. Ces derniers battent l'armée impériale lors de cette bataille à Andrinople. Il s'agit d'un des plus grands désastres militaires romains du IVe siècle, comparable à la défaite de Cannes. L’empereur Valens est tué.

De la bataille d’Andrinople au règne d'Alaric (378-395) Modifier

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Des Wisigoths et des esclaves en fuite saccagent une villa romaine.

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Les Wisigoths combattent les troupes d'Eugène aux côtés de celles de Théodose.

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Ville gallo-romaine saccagée par les Huns.

Les Wisigoths continuent leurs pillages et décidèrent de commencer par Andrinople, très proche, où se trouvait le trésor impérial et où se sont réfugiés un tiers de l'armée de Valens, soit environ 20.000 hommes.

Mais, la conséquence principale de cette défaite est la vacance du trône de Constantinople. Avant que le chaos ne s'empare de l'Orient, l'empereur d'Occident Gratien, neveu du défunt, attribue le trône au général Théodose, originaire d'Hispanie, qui est couronné en 379

Théodose dirige une nouvelle campagne contre les Goths, qui dure deux ans, et au terme de laquelle il parvient à les vaincre et négocie un traité avec leur roi, Athanaric, en 382. Les Goths, chassés de leurs montagnes, recouvrent leur statut de fœderati des Romains en Mésie. Athanaric (318-382) meurt à Constantinople une quinzaine de jours après son arrivée.

Néanmoins, après Andrinople, les Wisigoths sont pleinement conscients de leur force et continuent à extorquer de l'argent aux Romains. Il est probable que la pression croissante des Huns pousse à partir de 391 quelques clans wisigoths à migrer vers le sud.

C'est dans ce contexte que Fravitta, chef de tribu loyal à Rome, assassine son rival Eriulf. En 391-392, des Wisigoths se manifestent de nouveau sous la direction d'Alaric (370-410), qui occupe pourtant une charge importante au sein de l'administration de l'Empire d'Orient. Mais ces bandes sont neutralisées par Théodose et acceptent de se mettre au service de l’empereur.

En 394, les Goths d'Alaric (370-410), qui apparaît maintenant comme le principal chef wisigoth, sont parmi les soutiens de Théodose, sous les ordres de son commandant en chef Stilicon, dans la guerre contre l'usurpateur Eugène, nommé Auguste pour l’Occident. Eugène perd la vie dans une bataille sanglante qui se livre près d'Aquilée. Cependant, les Goths ressentent l'attitude impériale lors de cette bataille comme une trahison; n'ayant ni ravitaillement, ni soutien des Romains. Ils rejoignent la Mésie en pillant sur leur passage.

A l'époque où l'empereur Valens conclut la paix du Danube avec les Goths (376), une innombrable masse de hordes sauvages et nomades franchit la frontière de l'orient. Ces nouveaux venus portent le nom de Huns. En 394, les Goths se retrouvent face à ces hordes asiatiques qui viennent de franchir le Danube.

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Le Danube.

Les Balthes au Ve siècle Modifier

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Du temps d'Alaric (395-410) Modifier

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Les Goths ravagent le sud des Balkans Modifier

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Alaric défilent dans Athènes après avoir conquis la ville, en 395.

En janvier 395, les Huns traversent le Danube gelé. Il profitent de la faiblesse de la frontière à l’est et sur le Danube inférieur, l'empereur Théodose ayant amené en Italie les Wisigoths. À la nouvelle de l’attaque hunnique, les bandes de Goths qui ravagent l’Illyricum, la Mésie et la Thrace déplacent avant la fin de l’hiver leurs campements vers le sud des Balkans, à l’intérieur de l’Empire[51].

On dit en Orient : il faut regarder les Goths comme des hommes, et les Romains comme des femmes. Effectivement, Alaric (370-410) dévaste impunément la Thrace et la Macédoine. Stilicon reçoit l'ordre de s'éloigner avec ses troupes. Les Wisigoths traversent les Thermopyles, imposent un tribut à Athènes, puis pillent le Péloponnèse[52] : Corinthe, Argos, et la vallée de l'Eurotas, dont Sparte, sont mises à sac, puis Mycènes et Olympie.

Au printemps 397, Stilicon refoule les Wisigoths vers l’Épire. Comme il a agi sans ordres il est déclaré ennemi public de l’empire d'Orient[53].

Alaric et l'Italie Modifier

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Alaric.

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Défaite d'Alaric à Vérone (402).

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Alaric prend Rome en 410.

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Sac de Rome

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Alaric en Italie (408-410).

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Une femme Romaine demande la vie sauve pour son mari.

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La cour d'Alaric.

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Galla Placidia.

Alaric (370-410) est nommé, en 398, par Arcadius maître de la milice en Illyrie orientale (préfecture du prétoire d'Illyricum)[54].

Proclamé solennellement roi des Wisigoths, Alaric (370 - 410), du fait de cette double autorité, et posté sur les limites de deux empires, vend alternativement ses trompeuses promesses aux deux empereurs. Mais, finalement, Alaric envahit l'empire d'Occident. Les provinces orientales sont épuisées ; celles de l'Asie inaccessibles ; et Constantinople du fait de ses murailles est imprenable. L’opulente Italie, qu'il a visitée deux fois, tente son avidité.

Le 12 juillet 400, les Goths sont expulsés de Constantinople après avoir été massacrés.

En novembre 401, Alaric (370-410) envahit l'Italie. Il pille Aquilée et vient mettre le siège à Milan, la résidence impériale d'Honorius. Des unités romaines venues de Grande-Bretagne et du Rhin rejoignent la petite armée que Stilicon a réussi à assembler en Italie en 402[55]. Alaric quitte alors Milan et se dirige vers Asti à travers la plaine du Pô. Stilicon le rattrape et le défait à la bataille de Pollentia (6 avril 402). Si les armées d'Alaric ne sont pas détruites, Stilicon pille son campement militaire et récupère le trésor des Wisigoths. La bataille de Vérone (403) permet aux Romains de chasser les Wisigoths d'Italie après deux ans de guerre. Alaric se retire en Illyrie[56]. Les batailles à Pollentia et à Vérone font que le poète Claudien loue les efforts de Stilicon dans ses panégyriques sur les guerres gothiques[57].

Stilicon achète le départ des Wisigoths d’Alaric d’Italie pour 4.000 livres d’or[58]. Puis le 1er mai 408, Arcadius meurt. Alaric obtient le titre de Maître des Milices des Gaules. Stilicon veut l'envoyer combattre Constantin III en Gaule[59].

Quelques mois plus tard, Honorius, jaloux du pouvoir de son ambitieux général et influencé par ses favoris, fait tuer Stilicon et ses proches. Dans la confusion qui s'ensuit, les troupes romaines massacrent les familles des fœderati, qui rejoignent alors en grand nombre les troupes Alaric (370-410). En septembre 408, Alaric franchit de nouveau les Alpes, pille Aquilée, Concordia, Altino et Crémone, puis assiège Rome[60]. Les habitants affamés finissent par accepter de payer plus de 5.000 livres d'or, 30.000 livres d'argent, 3.000 livres de laine, 3000 livres de poivre, 4.000 robes de soie et 3.000 peaux teintes en pourpre. Le sénateur d'origine espagnole Basilius est envoyé au camp d'Alaric, qui accorde une trêve[61].

Alaric (370-410) établit un camp permanent en Toscane et organise son armée. Il est rejoint par Athaulf (360-415), son beau-frère et ses cavaliers, venant de la région du Danube, mais qui est battu à Pise.

Le barbare Generidus, commandant des forces romaines en Norique, envoie 10.000 mercenaires huns à Ravenne pour renforcer l'empereur Honorius. Ce sont donc des bandes de barbares asiatiques qui massacrent tout sur leur passage qui défendent l'Empire. Il est vrai Alaric (370-410) est rejoint par 40.000 esclaves chassés de Rome par la famine.

Alaric demande à s'installer en Vénétie, Norique et Dalmatie, en plus d'un tribut et d'un ravitaillement annuel et le titre de magister militum. Le co-empereur Honorius refuse, et Alaric dirige donc son armée à nouveau sur Rome[62].

En novembre 409, Alaric, rejoint par son beau-frère Athaulf (360 - 415) avec les forces gothiques de Pannonie, rompt les négociations de Rimini avec Honorius et investit les magasins à grains du Portus, près de Rome. Il fait proclamer empereur le sénateur Attale qui le hausse au grade de Magister utriusque militiae praesentialis (= maître de la milice)[63].

Alaric installe ses cantonnements en Étrurie, trahit Attale pour se rapprocher d’Honorius, lui demandant un établissement en Norique pour son peuple. Il a affaire à un ingrat. Honorius refuse[64]. Lors de la conférence de paix, Sarus, ennemi juré Athaulf (360 - 415), attaque les Goths. Alaric y voit une trahison et marche de nouveau contre Rome [65].

Du 24 au 27 août 410, c'est le sac de Rome. Alaric pille Rome, emmène avec lui Galla Placidia, sœur de l’empereur. Suite au sac de Rome de nombreux Romains se réfugient en Orient et en Afrique. Le Roi Alaric prend Naples, mais meurt à Cosentia, à la fin de l’année, en tentant de passer en Sicile, pour aller conquérir la riche province d’Afrique.

Son beau-frère, Athaulf (360 - 415), Athaulf lui succède et part vers la Gaule.

Alaric (370-410) se marie avec une fille du Prince Modares (ca 330- après 382), cousin d'Athanaric (318-382), commandant de l'armée de Thrace, au IVe siècle[66]. Elle est la sœur du successeur d'Alaric Athaulf (360-415), qui suit. Ils sont les parents de :

  • Pélagie (390-après 440) est la femme du comte Boniface, puis du Généralissime de l'Empire Romain, Aetius.
  • Pédauque est l'épouse de Théodoric (390-451), roi des Wisigoths et lui donne deux fils Thorismond et Théodoric II, à leur tour rois des Wisigoths.


Alaric (370-410)[67] a un fils illégitime, Théodoric I Balthes (ca 400-451), roi des Wisigoths 418-451, qui suit.

Du temps d'Athaulf (410-415) Modifier

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Athaulf.

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Les Wisigoths d'abord vêtus de peaux de bêtes sont de plus en romanisés.

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Athaulf s'empare de Narbonne en 414 et s'y marie avec Galla Placida.

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Mariage d'Athaulf et Galla Placida.

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Galla Placida, veuve d'Athaulf, se remarie avec Constance III.

Alaric a comme successeur Athaulf, un homme décrit par Jordanes comme beau et intelligent. Athaulf (360-415) est le fils du Prince Modares (ca 330-après 382), un cousin d'Alaric et le beau-frère du précédent roi. Comme les Balthes privilégient les mariages consanguins il se marie avec la sœur d'Alaric (370-410). Selon la Chronica regum Wisigotthorum (chronique des rois wisigoths), Ataulphus règne six ans.

Vers 408 ou 409, Alaric est rejoint par Athaulf et ses cavaliers qui descendent du Danube, où ils protégeaient le limes contre les Huns. Après la mort de son beau-frère, en 410, dans le sud de l'Italie, Athaulf renonce au projet de conquête du nord de l'Afrique.

Les Wisigoths remontent vers le Nord de l'Italie. Athaulf emmène avec lui l'ex-empereur Attale et Galla Placidia, demi-sœur de Honorius qui est détenue comme otage.

Jovin, usurpateur romain en Gaule de 411 à 412, opposé à l'empereur Flavius Honorius, autorise en 412 Athaulf à franchir le col du Mont-Genèvre, avec 10.000 Wisigoths. Honorius, l'empereur légitime, promet alors à Athaulf du blé dont il a un grand besoin[68].

Athaulf (360-415) change de camp. Il enlèvent aux usurpateurs Jovin et son frère Sébastien la Provence, assiège Valence, capture Jovin et le livre au Préfet des Gaules.

Le roi des Wisigoths prend Narbonne en 413, puis Toulouse. Quand ils arrivent à Bordeaux la ville ouvre ses portes à eux sans un combat. Athaulf épouse Galla Placidia, sœur de l'empereur, à Narbonne, avec beaucoup de pompe le premier jour de 414. Athaulf croit que son union va l'autoriser à revendiquer légitimement le pouvoir en Occident pour la descendance de Théodose. Honorius refuse toutefois de traiter avec lui. Athaulf, incapable de se faire conférer à lui-même la dignité impériale refait Priscus Attale Auguste d’occident, à Bordeaux, en 414, pour mieux le manipuler[69].

L'aristocratie, les commerçants et les hauts fonctionnaires gallo-romains sont contents car avec les Wisigoths l'anarchie romaine cesse[70]. Les Romains commencent à adopter la politique de la soi-disant hospitalitas pour accueillir les différentes tribus germaniques venues en Gaule. Cela implique que les propriétaires gallo-romains de grandes propriétés et villas donnent une partie de leurs terres et de leurs biens aux vainqueurs. Parfois cela représente les deux tiers de leurs terres ou accepter de leur payer la proportion équivalente de leur revenu.

Mais le mariage d'Athaulf avec Placidia, sœur d'Honorius, n'amène point la paix. Son rival Constance III le bat près de Narbonne. A l'automne 414 le blocus des côtes méditerranéennes, par la flotte impériale dirigée par Constantius, provoque une disette en Aquitaine. Athaulf et son peuple doivent s'installer dans le nord de Hispania, où ils prennent Barcelone. La garnison de Bordeaux incendie la ville avant son départ[71].

Galla Placidia voyage avec Ataulf. Leurs fils, Théodose, meurt en bas âge en Hispania et est placé dans un cercueil argenté. Sa mort élimine ainsi une opportunité pour une ligne romano-wisigothique.

En septembre 41, à Barcelone, l'un des officiers d'Athaulf, pour venger son ancien chef, le général Sarus, et à l'instigation de Sigéric, tire son épée et le blesse mortellement dans ses écuries au palais de Barcelone.

Son successeur Sigéric, frère du général Sarus, ordonne le meurtre de six enfants d'Athaulf (360-415) ​​pour empêcher qu'il est des descendants. Galla Placidia, veuve de Ataúlfo, sœur de l'empereur Honorius, est contrainte à marcher avec d'autres prisonniers devant son cheval durant 20 k jusqu'à la ville de Barcelone. Sigéric veut en plus faire la paix avec les Romains. Cette situation créé une grande colère parmi les partisans de Wallia (ca 380-418), qui l'assassine le septième jour de son règne, au nom de la faide (= vendetta germanique).

Du temps de Wallia (415-418) Modifier

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Wallia.

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Ricimer militum magister. Solidus ca. 461-467.

Wallia (ca 380-418) succède à Athaulf comme roi des Wisigoths. Affamé par le blocus des ports, Wallia cherche à passer en Afrique, mais est rejeté sur le littoral par une tempête[72].

Constance III traite avec Wallia (ca 380-418) au début de l'année 416. Il accepte ce traité (foedus) proposé par le gouvernement ouest-romaine. Galla Placidia retourne à Ravenne. Il reçoit de l’empereur 600.000 mesures de blé et lui abandonne l'usurpateur Priscus Attale. Il est mutilé de sa main droite et exilé aux îles Lipari. Galla Placidia, en 417, à l'instigation d'Honorius, se remarie avec l'ennemi implacable des Goths, Constance III.

Les Wisigoths continuent leur conquête de l'Espagne. Leur roi, Wallia (ca 380 - 418), pousse une pointe vers la province de Carthagène[73]. A la tête de 100.000 hommes, combat les Alains et les Vandales pour le compte d'Honorius (416-429). Les Alains essuient une défaite, dans laquelle ils perdent leur roi. Les Vandales Silingues sont exterminés en Bétique (418), tandis que les Alains, les Suèves et les Vandales Asdingues sont regroupés dans le nord-ouest de la péninsule.

Après leur victoire, les Wisigoths obtiennent de Constantius de s'établir comme fédérés en Aquitaine seconde et choisissent Toulouse pour capitale.

Après la mort de Wallia peu de temps après son arrivée à Toulouse, Théodoric I Balthes (ca 400-451) devient roi des Wisigoths.


Wallia (ca 380-418) est roi des Wisigoths de 415 à 419. Il épouse une femme de la famille des Balthes. Ils ont au moins deux filles :

  • N qui épouse Rechila, roi du royaume suève de 441 jusqu'à sa mort en 448. Ils sont les parents de :
    • Fille qui épouse Gunderic, roi des Burgondes.

Du temps de Théodoric (415-418) Modifier

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Les Wisigoths sont alors établis presque à l'extrémité de l'Europe occidentale; leurs frères et anciens voisins, les Ostrogoths, étaient encore dans leurs anciennes demeures sur les limites orientales de cette partie du monde.


Théodoric I Balthes (ca 400-451)


Théodoric I Balthes (ca 400-451)


Alaric II Balthes (458-507)


476 : Fin de l’Empire d’Occident ; le Skire Odoacre devient roi d’Italie 488 : L’Ostrogoth Théodoric le Grand, au service de l'empereur d'Orient Zénon, vainc Odoacre et devient roi d’Italie

Timbre rendant hommage à Clovis, représenté ici durant la bataille de Vouillé en 507, une victoire décisive contre les Wisigoths d'Alaric.

Il faut bientôt faire des préparatifs plus sérieux; après dix ans de repos, les Wisigoths avaient de nouveau rompu la paix. Aétius fait venir des mercenaires hunniques. Mais Litorius, qui voulut attaquer et vaincre avant lui, fut défait, et tout le pays jusqu'au Rhône se trouva par ce fait ouvert aux Goths. Leur roi Théoderich conclut avec le gouverneur des Gaules, Avituô, une paix avantageuse. D'un autre-côte, Aétius abandonna aux Alains,qui étaient restés en Gaule, Valence et le pays situé sur la rive gauche du Rhône, pour qu'ils servissent de boulevard contre les Goths

Avant que les Goths fussent pacifiés, le roi des Vandales, Genserich, passa en Afrique et détruisit non-seulement Carthage , où il commit les plus affreuses cruautés, mais il menaça môme la Sicile , la Sardaigne, et se rendit aussi redoutable sur mer que les Carthaginois l'avaient été autrefois. Après le départ des Vandales, les Suèves s'étendirent en Espagne sous leur roi Hermanrich, et battent Aétius, qui marche contre eux. D'un autre côté, Avitus (446), repousse le roi des Franks, Chlodio, qui s'était avancé jusqu'à Cambray 4. Vers le même temps,les Huns envahirent la Thrace et empêchèrent non-seulement Théodose d'envoyer ries secours à l'empereur d'Occident (443) i ma's ils menacèrent même bientôt l'Illyrie5. Attila, après la mort de son dernier frère Bléda (445-447 ) a réuni en lui toute la puissance; il régnait alors seul sur toute la nation. Le moment était venu où il allait faire usage de toute cette puissance. Si Aétius n'avait pas craint d'introduire dans l'empire des auxiliaires humiiques, d'autres qui étaient menacés ou mécontens, jetèrent à leur tour les yeux sur Attila. l»e roi des Vandales , Genserich, lui envoya un message, et l'on croit qu'il fut déterminé à cette démarche par la crainte que les Wisigoths ne s'unissent avec les Romains contre lui, parce que, dans un accès de méfiance, il avait soupçonné sa belle-fille d'avoir voulu l'empoisonner, lui avait coupé le nez et les oreilles, et l'avait renvoyée ainsi mutilée à son père Théoderich. • ..tM^tn* Ces mêmes Vandales, qui cinquante ans auparavant s'étaient avancés du fond de la Germanie orientale jusqu'en Espagne et avaient ensuite passé en Afrique , envoyèrent alors proposer une alliance an roi des Huns, sur les frontières orientales de l'Europe. Quel immense circuit ils avaient parcouru

Attila accueillit avec joie cette proposition; il avait déjà jeté ses vues sur l'Occident. Honoria, sœur de l'empereur Valentinien, mécontente que celui-ci ne se fût pas occupé de lui procurer une alliance convenable , avait envoyé, dit-on, un message secret au roi barbare pour lui offrir sa main. Maisson premier regard resta fixé sur le royaume des Wisigoths ; il voulut le» détacher des Romains, et dans cette vue il fit proposer, un traité de partage au roi Théoderich; mais en même temps il écrivit à l'empereur que les Huns voulaient, comme anciens- amis et alliés des Romains, chasser les Wjsigoths de la Gaule et de l'Espagne, et rétablir ainsi les anciennes limites de l'empire.

LES PEUPLES GERMANIQUES SÉPARÉS EN DEUX MOITIÉS SUR LES CHAMPS CATALAUNIQUES Modifier

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L'empereur Valentinien découvrit les projets d'Attila; il reconnut la grandeur du péril, et mit tout en œuvre pour réunir les princes et les peuples de l'Occident contre la puissance envahissante des Huns. 11 écrivit au roi Théoderich : « Lève-toi, noble » prince des Wisigoths ; nous t'avons donné une de » nos plus belles provinces; combats pour nous et » pour toi. » Le roi Théoderich lui répondit : « Jamais une guerre juste n'a paru trop diflicile à » un roi des Wisigoths, il n'a jamais connu la » crainte. Ainsi pensent les grands de mon royaume; » tout le peuple des Wisigoths saisit avec joie sesarJ) mes toujours victorieuses. » Valentinien s'adressa dans les mêmes termes au roi des Alains , Sambiba ou Sangipan , auquel on avait accordé le pays de la rive gauche du Rhône ; il manda en outre le roi des Hurgundes, les cités fédérées de la Gaule et les princes des Franks établis dans le Pays-Bas.

Attila remonta le Danube et traversa la Germanie avec une armée d'environ sept cent mille combattants de différentes nations , chaque tribu conduite par ses prines, mais toutes soumises à son autorité suprême. Plusieurs peuplades marchent avec lui; on comptait les Ostrogoths sous Trois chefs, Walamir, Theudemir et Widimir, tons trois frères; les Gépides sous Artharich; on prétend que celui-ci et le Goth Walamir avaient spécialement sa confiance. La langue gothique était même fréquemment parlée à sa cour. Sidonius, auteur contemporain, cite de plus les Rugiens et les Scythes, les Torings, les Bruktères et les Franks. On voit que tous les peuples transrhénans marchaient sous Attila et s'avançaient en Gaule contre leurs frères, à l'exception des Saxons, qui, immobiles au milieu de ce grand ébranlement, poursuivaient leurs courses sur mer et s'établissaient dans la Bretagne, un an avant qu'Attila se mît en marche pour l'Occident '. Deux princes fraiiks, qui étaient frères , se disputaient le pouvoir; l'un alla implorer du secours à Rome près d'Aétius1; l'autre réclama l'appui d'Attila. La division se mit donc aussi dans là ligue des Franks, et c'est même cette dernière dissension qui donna un motif à Attila pour'envahir le territoire des Franks et la Belgique. Il battit ensuite ce roi des Burgundes, Gundichar , et s'avance sans rencontrer d'obstacles jusqu'aux frontières des Wisigofhs

C'est alors qu'Aétius apparaît avec une armée romaine. Les Wisigoths, de leur côté, s'étaient prépaies de leur mieux. Les Romains n'étaient pas nombreux , mais ils avaient dans leurs rangs beaucoup d'auxiliaires de la Gaule et de la Germanie, que nous avons déjà fait connaître. Attila (451) rétrograde jusqu'aux champs catalauniques (les plaines de Chalons-en-Champagne); il s'y arrêta et s'y prépara à livrer bataille '. Lui-même commandait le centre, qui faisait sa principale force; les Wisigoths forment une aile; les Gépides forment l'autre avec le reste des auxiliaires.

Aétius et Théoderich,de leur côté,placèrent au centre le roi des Alains, dans lequel ils n'avaient pas une très-grande confiance; puis, Aétius prit le commandement de l’aile gauche, Théoderich celui de l'aile droite. Tous les peuples teutiques se trouvaient donc en face les uns des autres, une partie avec les Romains , l'autre avec les Huns, et cette journée devait décider si la Teutschland et peut-être l'Europe appartiendraient aux Huns. Attila commanda aux siens de tomber de toute leur force sur les Wisigoths et les Alains, parce qu'en eux reposait toute la puissance de l'ennemi. Le roi Théoderich, avec ses deux fils aînés, combat courageusement à la tête de son peuple; il tombe frappé par l'Ostrogoth Andagis; mais ses braves Wisigoths ne cèdent pas. Le carnage dura jusqu'à la nuit , et rien ne paraissait être décidé. Mais Attila redoutait une surprise, et il résolut ; si tout espoir lui était enlevé, de se donner la mort sur un monceau de selles, auquel il mettrait le feu. Les VVisigoths brûlaient de venger leur roi; mais son tils ainé, Thorismond, craignant qu'un de ses plus jeunes frères ne s'emparât de l'héritage paternel, se hâta de retourner à Toulouse. Aétius trouva qu'il était prudent de laisser partir Attila, afin de pouvoir un jour l'employer au besoin contre les Wisigoths. Aétius était dans une si grande sécurité, qu'il ne songea pas même à faire occuper les passages d'Italie. Tout-à-coup Attila fil volte-face, assiégea et détruisit Aquilée, et pilla toutes les villes de l'Italie supérieure. Ces événements troublèrent tellement Aétius, qu'il conseilla à l'empereur de prendre la-fuite. Cependant des messages de paix furent envoyés à Attila; le pape Léon lui-même va le trouver.

Attila accepte enfin la paix; il parait qu'il voulait marcher contre l'empereur d'Occident, parce que celui-ci ne pavait pas les tributs qu'il avait promis. Mais bientôt il se retourna encore une fois vers la Gaule, d'où l'on pourrait conclure que les Romains lui avaient promis de ne plus soutenir ces peuples. Attila tomba d'abord sur les Alains; mais Thorismond, roi des Wisigoths n'attendit pas que le danger fût venu jusqu'à lui, il courut au secours des Alains et "défit les Huns pour la deuxième fois; Altila résolut y tors d'abandonner tout-à-fait l'Occident'.

C'était donc à ce même peuple, qui jadis est soumis au joug des Huns sur les limites de l'Orient, qu'il est réservé de délivrer l'Occident de leur joug. Le nom des Wisigoths s'est enfin perdu; mais leur gloire s'est maintenue,

RÉTABLISSEMENT DE L'ANCIEN ÉTAT DE CHOSES APRÈS L'INVASION DES HUNS Modifier

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Les derniers rois Balthes : Egica, Witiza, Rodrigo.

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Guerriers wisigoths.

Quelques changements qu'eut produits la première invasion des Huns d'orient en occident, elle ne laissa pas de traces après elle. Tout rentra promptement dans son ancien état, et Attila s:'en retourna comme il était venu. La confédération des peuples, formée par les Romains, fut dissoute en sa présence, il est vrai, par la perfidie d'Aétius, mais les peuples eux-mêmes restèrent dans les établissements qu'ils avaient occupés jusque là. Le prince des Franks, qui avait réclamé le secours des Romains, fut même rétabli dans son pouvoir après la retraite d'Attila. Les Teutsches cisrhénans, que la puissance supérieure des envahisseurs avait entraînés et réunis sous une seule domination, se séparèrent de nouveau, lorsque les hordes hunniques se furent retirées.Faute 'le documents, on ne peut que faire des conjectures sur l'état intérieur de la Teutschland à cette époque; on ne peut même reconnaître le chemin que suivit Attila à son passage et à son retour. Comme il n'y avait point encore de villes dans le pays et que les habitants s'étaient pour la plupart joints aux Huns, les barbares n'y exercèrent point les mêmes ravages que dans la Gaule et l'Italie. Ces nations ne paraissent pas même avoir perdu beaucoup en population dans la grande bataille qui termina l'invasion, puisque bientôt après elles reparaissent en plus grand nombre à l'ouest et au sud. Les peuples germaniques, troublés dans leurs rapports par ce grand événement, reprirent bientôt la même assiette qu'ils avaient auparavant.

Edward Gibbon au chapitre 30 de son Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain écrit :

Cette lignée illustre continua à s'étendre en France, dans la province gothique de Septimanie, ou Languedoc ; sous l'appellation impropre de Baux ; et un rameau de cette famille s'installa ensuite dans le royaume de Naples. Les seigneurs des Baux, près d'Arles et auprès de soixante-dix neuf lieux dits restèrent indépendants des comtes de Provence.

NOTES ET RÉFÉRENCES Modifier

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  5. The Cambridge Medieval History, J. M. Hussey, CUP Archive, 1985.
  6. Wolfram, Histoire des Goths , trans. TJ Dunlop (Berkeley, University of California Press, 1988), p.25.
  7. Les Goths
  8. The Cambridge Ancient History, Vol. 13: The Late Empire, p. 488 (1998)
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  11. Les Goths, Renée Mussot-Goulard, Atlantica, 1999
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