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Astyages (à gauche) transperçant un lion, détail d'un fourreau d'or; au British Museum.

Astyages est vers 610 av. J.-C. et mort vers 540. Il devient roi après la mort de son père, Cyaxares et règne selon Hérodote 35 ans, de 584 à 550 av. J.-C.. Il est le père de Mandane, vers 590 av. J.-C.. Selon Hérodote, à la suite d'un rêve où du ventre de sa fille Mandane sort une vigne vierge qui couvre l’Asie entière, il marie celle-ci à l'un de ses vassaux, le roi perse d'Anshan, Cambyse Ier, de la famille des Achéménides, vers 575 av. J.-C..

En 550 av. J.-C. le souverain perse Cyrus II le Grand, son petit-fils, bat ses armées. Il reprend l'offensive contre les Mèdes et prend Ecbatane où Astyage a trouvé refuge. Astyages compte sur ​​les fortifications de la ville pour mettre en place une longue résistance[1]. Mais la garnison se mutine et le livre pieds et poings liés à Cyrus II. Ce roi l'emprisonne et pille les richesses des Mèdes. Il devient roi de l'empire des Mèdes et son gendre[2]. Astyages n'est pas torturé car le Perse aime sa fille Amytis.

Les sources antiques ne nous disent presque rien d'Astyages. Ce roi y est présenté par Hérodote comme un souverain cruel et despotique, mais sous un jour plus sympathique par Ctésias et Histoire de Perse ou Persica. Eschyle ne mentionne même par son nom[3].

Nom et étymologie Modifier

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La Chronique de Nabonide' (529 av. J.-C.) est la seule source sérieuse sur Astyages. British Museum.

Le nom est attesté en grec Astuágēs (Hérodote, etc.) et Astuígas ou Astuigâs (dans les extraits de Photius de Ctésias). Ces formes sont supposées refléter une expression ancienne iranienne, Rishta Vaiga, qui signifie lanceur de javelot[4][5][6].

La forme grecque commune est évidemment transformée. Selon une version de la langue grecque, son nom signifie Destructeur des villes. En langue kurde il est appelé Azhdihak ou Ajdihak et en persan ایشتوویگو (= Ištovigu)[7].

Famille Modifier

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Cyaxares.

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Mandane, reine consort du roi Cambyse et mère de Cyrus le Grand.

Il n'y a pas de raisin de douter d'Hérodote quand il écrit qu'Astyages est le fils de Cyaxares. Nous savons à partir d'un texte cunéiforme que celui-ci est déjà roi en 614, quand il détruit Aššur, le centre religieux des Assyriens. Cyaxares est encore en vie à l'été 285 av. J.-C., quand il signe un traité de paix avec les Lydiens, avec qui il se bat depuis cinq ans selon Livius.org[8], six selon d'autres sources.

Astyages est le neveu de Nabuchodonosor II, roi de Babylone, et du roi lydien Crésus, du fait de son mariage avec Aryenis de Lydie. Ces mariages, avec les pays les plus riches et les plus puissants du Moyen-Orient, garantissent à Astyages et aux Mèdes une longue période de paix et de bien-être.

De ce mariage en 584 av. J.-C. ne naît pas Mandane. Une fille née de cette union ne peut avoir épouser le roi perse Cambyse qui règne de 580 à 559 av. J.-C.[9].

Aryenis n'est donc pas la première femme de Astyages et la mère de Mandane. Or le futur roi Cyrus le Grand est né vers 576 av. J.-C.. Astyages et Aryenis de Lydie, mariés en 584, ne peuvent être ensemble ses grands-parents. Il semble inévitable de supposer que Mandane est la fille d'Astyage et d'une autre femme. Selon Ctésias et la plupart des historiens Cyrus se marie à Amytis, une fille d'Astyages, qui est donc sa tante. C'est très inhabituel chez les Perses[10].

Cyrus le Grand va tard renverser le trône d'Astyages, qui est à la fois son grand-père et son beau-père.

La guerre contre la Perse Modifier

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Harpagus protège Cyrus Modifier

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Harpagus ne tue pas Cyrus, malgré les ordres de Astyages.

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Soldat mède offrant un bouc. Cyrus est élevé par des bergers mèdes.

La Perse est un royaume vassal de l'empire des Mèdes depuis la fin du VIIe siècle av. J.-C.. Lorsque les Mèdes alliés à Babylone conquièrent l'Empire assyrien et ses territoires vassaux, parmi lesquels se trouve la Perse.

Avant le règne de Cyrus le grand la Perse a encore le statut de vassal et ce prince est élevé par le roi des Mèdes, Astyages.

Selon Hérodote, Astyages a fait un rêve sur le fils de sa fille Mandane et son mari Cambyse, Cyrus, que son prêtre prend comme un mauvais présage. Par conséquent, Astyage ordonne à l'un des membres de la famille royale à son service, Harpagus, de tuer le jeune garçon[11].

Mais Harpagus secrètement le donne à un berger du roi et lui ordonne de laisser l'enfant mourir dans les montagnes. Heureusement pour Cyrus, le berger et son épouse décident de ne pas tuer le bébé, mais de l'accepter comme leur propre fils[12].

Quand le garçon est âgé de dix ans, il devient évident qu'il n'est pas le fils d'un berger. Son comportement est trop noble, selon Hérodote. Astyages interroge le garçon et remarque qu'il lui ressemble. Il demande à Harpagus de lui expliquer ce qu'il a fait avec le bébé. Comme le courtisan lui avoue tout, Astyages le force à manger son propre fils. Cyrus est rendu à ses parents, Cambyse et Mandane[13].

La vengeance d'Harpagus Modifier

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Carte de l'empire mède à son apogée.

Selon Hérodote, Harpage cherche à se venger. Lorsque Cyrus est en âge de se battre, Harpagus réussit à le convaincre que les Mèdes sont prêts à se révolter contre leur roi, qui est devenu un despote[14].

Cyrus organise la révolte d'une fédération de dix tribus perses. Astyages fait armer tous les Mèdes[15] et aveuglé par la providence divine, il nommé Harpagus comme chef de ses armées, nous dit Hérodote[16].

Bien sûr, Harpagus ne va tarder à changer d'allégeance et permettre la victoire de Cyrus[17].

La victoire de Cyrus Modifier

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Cyrus le Grand.

Les seules sources classiques sur la lutte entre Astyages et Cyrus sont celles de Nicolas de Damas et Justin. Ils rapportent qu'ils ont vu trois batailles en tout. Cyrus et son armée perse sont deux fois vaincus et mis en fuite. Ils ne sont victorieux que lors de la troisième bataille, dans les montagnes près de Pasargades. Aucune mention de cette guerre dans la biographie, Cyropédie, certes en partie fictive, selon Heleen W.A.M. Sancisi-Weerdenburg (1944 - 2000), du souverain perse Cyrus II, rédigée autour de 370 av. J.-C., par Xénophon[18].

Toutefois, un compte-rendu authentique et contemporain de ces événements est donnée, malheureusement dans un texte très court trouvé dans deux inscriptions du roi babylonien Nabonide[19].

En 553-52 av. J.-C., Cambyse et Cyrus, rois de Anzan, vassaux de Astyages, roi de l'Empire des Mèdes, se révoltent contre leur souverain[20]. Selon Nicolas de Damas c'est Cyrus qui dirige le soulèvement.

En 550-49 av. J.-C. l'armée se mutine. L'armée unie des Mèdes et des Perses rebelles marche sur la capitale et le roi est capturé. Il est remis à Cyrus, qui le traite comme un prisonnier et l'emmène dans son pays natal. Il emporte aussi l'or, l'argent, et les autres trésors de Ecbatane.

Avec la chute de Ecbatane les Mèdes cessent d'être une nation indépendante dominant le Moyen-Orient. Ils sont gouvernés par des empereurs perses[21].

La vie après la défaite Modifier

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L'Empire achéménide à l'époque de Cyrus le grand.

Astyages n'est pas torturé, car le roi perse aime sa fille, Amytis. Les Perses désormais dominent les Mèdes. Néanmoins, Cyrus le Grand traite généreusement les anciens serviteurs d'Astyages. Il le laisse en vie et en fait son conseiller personnel, et promet d'agir comme son successeur légitime.

Ecbatane, capitale des Mèdes, en raison de sa grande importance stratégique en Asie centrale devient un temps la capitale de la dynastie achéménide.

En 547 av. J.-C., du fait de l'éviction d'Astyage, son beau-frère, Crésus de Lydie, déclenche une guerre contre Cyrus le Grand, dans l'espoir de venger son parent et d'étendre son empire à l'est. Cela se termine par une terrible défaite. La Lydie passe sous domination perse. Pour Astyages on suppose qu'il est mort vers 540 av. J.-C..

NOTES Modifier

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  1. From Cyrus to Alexander: A History of the Persian Empire, Pierre Briant, Éditeur Eisenbrauns, 2002.
  2. Astyages
  3. Encyclopædia Iranica
  4. É. A. Grantovskiĭ, Rannyaya istoriya iranskikh plemyon peredneĭ Azii, Moscou, 1970, pp. 330.
  5. M. Mayrhofer, Onomastica Persepolitana, Vienne, 1973, p. 171.
  6. W. Hinz, Altiranisches Sprachgut der Nebenüberlieferungen, Wiesbaden, 1975, p. 208
  7. Encyclopædia Iranica
  8. Astyages
  9. Astyages
  10. Astyages
  11. Astyages
  12. Astyages
  13. Astyages
  14. Astyages
  15. Soit 1.205.000 soldats, mais la plupart ne vont pas combattre
  16. Astyages
  17. Astyages
  18. Encyclopædia Iranica
  19. Encyclopædia Iranica
  20. Encyclopædia Iranica
  21. Encyclopædia Iranica

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