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Antoine Herlaut (ca 1500-1573)

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Eglise cathédrale de Chalons.

Antoine Herlaut
est né à Mareuil-La-Motte, au diocèse de Beauvais, entre 1498 et 1503. Son patronyme s'écrit aussi Herlau, Erlaut ou Erlault... et même Arlaud (!). Antoine est prieur de la Sorbonne et Docteur en théologie de la Faculté de Paris. Hospes en 1533, Socius en 1536, docteur en 1540, il est choisi, cette dernière année, avec Démocharès, pour professer au collège. C'est alors qu'il commente Pierre Lombard. Recteur de l'Université de Paris il est choisi pour être le Confesseur & premier Aumônier de la reine Catherine de Médicis. Prédicateur du Roi Charles IX, il est nommé évêque de Chalon-sur-Saône (1561-1573), malgré l'opposition du chancelier de l'Hôpital, qui veut placer sur ce siège son propre frère. Il assiste au colloque de Poissy (1561), où il joue un certain rôle, en sauvegardant les intérêts de la foi catholique, que certains prélats semblent vouloir compromettre. Il réconcilie, le 17 mars 1562, l'église de Saint-Médard de Paris, qui avoit été profanée par les novateurs. Envoyé par le roi au concile de Trente, il est arrêté près de Troyes par le sieur de Traves de Saint-Léger , Gentilhomme huguenot, qui le détient jusqu'à la fin de ce concile. II retourne à la Cour, ou il passe presque toute sa vie, abandonnant le soin de son diocèse à ses Grands-Vicaires. Le second Edit de pacification ayant laissé respirer les François, Erlaut vint prendre possession de son évêché le 7 mai 1564, & trois jours après il reçut le Roi Charles IX qui faisoit la visite de son royaume. A la cour il se charge des nombreuses fondations, qui ont pour objet l'entretien dans les collèges de Paris de boursiers des diocèses de Beauvais, Noyon, Soissons. Herlaut édite, en 1536, les Commentaires d'Alexandre d'Aphrodisie sur la Métaphysique d'Aristote. Il est l'un des plus grands prédicateurs de son temps.

Antoine est l'un des personnages de Wann-Chlore, un roman d'Honoré de Balzac, publié en 1825, sous le pseudonyme Horace de Saint-Aubin et réédité sous le nom d'Honoré de Balzac avec le titre Jane la pâle, selon Catherine de Medicis et son temps dans La Comédie humaine, de Nicole Cazauran (1976).



Sa familleModifier

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CPA de l'église de Mareuil-La-Motte.

Son père s'appelle Mahieu Erlault ou Herlaut (1470-1540), selon le baron Xavier de Bonnaut d'Houet, auteur d'Un Picard, Antoine Erlault, confesseur de Catherine de Médicis (1894) Les francs-archers de Compiègne (1897). Sa mère d'après un autre auteur a comme nom Hélène Crombat. Mahieu est laboureur et marguillier de sa paroisse. Ses origines sont donc modestes. Antoine a deux frères : Florent, laboureur comme son père, et Jean qui, entre dans les Ordres, puis devient curé de Margny-sur-Matz, village voisin de Mareuil. Le baron Xavier de Bonnaut d'Houet pense qu'Estienne Erlault, de Bienville, franc-archer de Compiègne, qui prend part, en 1477, aux mémorables campagnes de Bourgogne et d'Artois, est de sa famille. Mais le prénom Antoine, le patronyme que est orthographié parfois différemment à Paris et en Picardie, les fonctions, le blason commun... tout cela peut nous amener à penser que les Erlaut-Herlaut de Paris et ceux de Compiègne sont une même famille. L'Armorial de Rietstap’s nous dit cependant que les Herlaut sont de Paris et portent : D'or, au chevron d'azur, accompagné de trois roses de gueules. Il est fort possible que les Erlaut de Paris aident leur cousin d'une branche relativement pauvre à être étudiant.


Voici la Prosographie des Erlaut-Herlaut .


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Blason Herlaut-Herlau-Erlaut (d'Hozier).

Recteur de l'Université de Paris (1538-1544)Modifier

Antoine Erlault est boursier dans un collège de Paris, puis il ait ses études de théologie à la Sorbonne, dont il est prieur. On le retrouve recteur de l'Université de Paris le 10 octobre 1538. Il passe avec succès ses examens de théologie en 1540 et devient Docteur en Sorbonne.

La suite de la Cour lui estoit une croix, et vivre simplement à la table des boursiers de Sorbonne lui estoit singulier contentement.


Confesseur de la reine Catherine de Médicis Modifier

En 1544, il devient le confesseur et Premier Aumonier de la reine Catherine de Médicis aux appointements de 500 livres par an et reste jusqu'en 1561.

EVÊQUE DE CHALON (1561—1573)Modifier

Colloque de PoissyModifier

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Le colloque de Poissy (septembre 1561).

Antoine est nommé évêque de Chalon-sur-Saône, le 14 avril 1561. Il prend possession par procureur, mais ne s'empresse pas de se rendre dans sa ville épiscopale.

La même année, il assiste au colloque de Poissy, où il joue un certain rôle, en sauvegardant les intérêts de la foi catholique, que certains prélats semblent vouloir compromettre. Il y acquiert tant de réputation que le roy Charles IX le députe au concile de Trente. Il estoit en chemin pour y aller, lorsqu'il fut pris par le sieur de Traves, seigneur de Saint-Léger, qui estoit Huguenot. Ce malheur lui arrive près de Troyes. Il est si longtemps tenu en prison, que le concile s’achève avant qu'il soit remis en liberté. Sa rançon est taxée à six cent écus. Il ne la paie pas, car l'Edit de pacification estant là dessus survenu, il fut déclaré que toutes les rançons estaient nulles.


Progrès du protestantismeModifier

Pendant la captivité de l'évêque le protestantisme fait de grands progrès à Chalon. Le 5 mai 1562, les Réformés de la ville chassent les Carmes, font le prêche dans leur église et dans celle de Saint-Jean de Maizel, pillent l'église Saint-Pierre, puis ouvrent les portes de la cité à Charles Du Puy de Montbrun, et logent ses soldats chez les chanoines. Ils saccagent ensuite la cathédrale Saint-Vincent, le prieuré de Saint-Marcel et les abbayes de Maizières et de La Ferté. A la nouvelle des dévastations commises par Montbrun, Gaspard de Saulx, comte de Tavannes, vient, avec un petit corps de troupes, camper dans les bois de Menuse, attire à lui la cavalerie huguenote, la défait, et Montbrun ne songe plus qu'à plier bagage et se retire à petit bruit.


L'édit de pacification de 1563Modifier

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Blason Herlaut-Herlau-Erlaut (d'Hozier).

L'édit de pacification de 1563 arrête les fureurs de la guerre civile. Il rend sa liberté à l'évêque Antoine Herlaut. Mais, abandonnant le soin du diocèse à ses grands Vicaires, il retourne à la Cour où il reste plus d'une année. Cependant, quoique absent, le prélat profite de cet édit de pacification pour racheter les biens qui ont été aliénés pour payer la part du diocèse dans la contribution du Clergé. L'évêque rachète donc, pour 9.000 livres, les domaines de Fontaines et de Farges au baron de Rully, et, à l'avocat Gaillard, les prés de Chalon et de Crissey. Cette conduite de l'évêque est d'autant plus admirée que son voisin l'abbé de Saint-Pierre ne l'imite pas .

C’est seulement le 27 mai 1564 que le prélat arrive à Chalon, après avoir couché au château de Champforgeuil. Il fait son entrée sans pompe, sans cérémonie, à cause des troubles. Le lendemain, il donne les Ordres dans son palais épiscopal et prêche deux fois dans la cathédrale de Saint-Vincent. S'il toucha les coeurs par son éloquence et par son bien dire, les exemples de sa bonne vie firent encore plus de fruit. Il estoit de ces Prélats qui n'ont pas moins de probité que de science, et qui se servent également bien de ces deux excellentes qualités pour la gloire de Dieu et la bonne édification des peuples.

L'évêque donne bientôt, dans la ville et dans tout son diocèse, l'exemple d'une grande piété, de douceur, de modestie et d'humanité. Antoine Herlault précède de quelques jours l'arrivée de Charles IX à Chalon. Le Roi fait son entrée, accompagné de la Cour et des Grands du royaume, dans cette ville le 1er juin 1564 et y séjourne jusqu'au 3 juin. Il est reçu à l'entrée de la cathédrale par l'évêque. Mais, comme une épidémie sévit à Chalon, Charles IX est empêché de toucher les malades des écrouelles. Cependant le Roi visite les travaux de la citadelle commencée l'année précédente sur l'emplacement de l'abbaye de Saint-Pierre et des terres environnantes.

Prétextant ses obligations de confesseur de la Reine, selon d'autres sources, Antoine préfère rester à la Cour et laisser son diocèse en proie à l'hérésie et en abandonner l'administration à ses grands vicaires.


La Saint-BarthélémyModifier

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Catherine de Médicis, Saint Barthélémy, Louvre.

La guerre civile recommence en 1567 et dure plusieurs années. Pendant ce temps, le Chalonnais est ravagé par les Huguenots. Par suite de ces troubles, la misère est grande à Chalon. Les échevins visitent les maisons et trouvent cinq cents malheureux réduits à la plus extrême détresse. Dans une assemblée générale, tenue en 1571 et à laquelle les ecclésiastiques sont invités, le grand vicaire Agron offre, au nom de l'évêque Herlaut, de nourrir vingt pauvres par jour. Le doyen et le Chapitre de Saint-Vincent se chargent de pourvoir aux besoins de quarante, le doyen et les chanoines de Saint-Georges six. Les bourgeois et les habitants de Chalon, toujours libéraux envers les pauvres, assurent la nourriture et l'entretien des autres.

L'année suivante, le 24 août 1572, a lieu l'horrible massacre de la Saint-Barthélemy. A Chalon, sur un commandement des échevins, les protestants se constituent prisonniers au palais épiscopal, où ils ne subissent aucun mauvais traitement.


La fin de sa vieModifier

Sentant le poids de la vieillesse, il veut se donner un coadjuteur, avec future succession, dans la personne de Jacques Fourré. Si ses désirs ne peuvnt se réaliser, ce dernier, néanmoins, est son successeur.

Dans les commencements del'année 1573, Antoine Erlault tombe malade à Paris. les médecins l'envorent respirer l'air du pays natal et il vient chez son frère, le curé de Margny-sur-Matz. C'est là qu'il meurt le 28 septembre 1575, et où il est enterré ; mais son coeur est rapportéà Mareuil, où il repose à côté des restes de son père Mahieu et de son frère Florent. Une pierre, placée dans cette église, porte, avec les effigies de l'évêque Erlault, de son père et de son frère, l'inscription suivante : Icy est inhumé le coeur de Révérend Père en Dieu messire Anthoine Erlault, en son vivant prebtre, natif de Maroeul, docteur de Paris, evesque de Chalon sur la Sonne, et confesseur de la royne de France: lequel a fondéen l'église de céans tous les derniers vendredy des mois, à tous jours, ung obit à diacre et soubdiacre. Outre la figure de l'évêque Antoine Erlault, la pierre posée dans l'église de Mareuil porte aussi l'écusson de l'évêque de Chalon. Cet écusson est entièrement différent des armes données par le Père Perry. Nous ne pouvons blasonner l'écusson gravé au trait sur la pierre de l'église de Mareuil, ni les émaux, ni les couleurs n'étant indiqués.


Dans son testament, l'évêque Antoine Erlault oublie complètement son Eglise de Chalon. De même cette Eglise ne conserve aucun monument, mausolée ou épitaphe, rappelant le nom et le souvenir de ce prélat.



Guy de Rambaud janvier 22, 2012 à 17:57 (UTC)

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